Au cœur des Préalpes suisses, dans une vallée du canton de Schwyz longtemps couverte d'une « forêt sombre », se dresse l'un des plus grands sanctuaires baroques au nord des Alpes : l'abbaye d'Einsiedeln, Notre-Dame des Ermites. Sa façade monumentale, ses deux tours et la grande place où jaillit une fontaine mariale forment, depuis trois siècles, le décor d'un pèlerinage que les Suisses, les Allemands du Sud, les Alsaciens et les Italiens du Nord n'ont cessé de fréquenter, à l'exception de l'interruption des processions zurichoises en 1524 et de l'exil de 1798-1803.[1][2]
Cet article traite du lieu : le site de l'ermitage de Meinrad, la fondation bénédictine du Xᵉ siècle, la légende de la consécration angélique, le statut de principauté, les incendies et reconstructions, l'église baroque de Caspar Moosbrugger et des frères Asam, la chapelle des grâces qui abrite la Vierge noire, l'épreuve révolutionnaire de 1798, puis la vie actuelle du sanctuaire — la fontaine, la bibliothèque, le Grand Théâtre du Monde, le collège et la communauté. La mariologie de la Vierge noire, le détail de la spiritualité bénédictine ou la biographie complète de saint Meinrad relèvent d'autres dossiers : on ne les aborde ici que pour comprendre comment un ermitage de forêt est devenu un sanctuaire d'État.
Einsiedeln : un lieu dans les Préalpes
Le site de la « forêt sombre »
Le nom même du lieu dit son origine : Einsiedeln signifie en allemand « les ermitages », « le lieu de l'ermite ». Avant l'abbaye, il n'y avait là qu'une forêt d'altitude, le Finstrer Wald (« forêt sombre »), sur le versant qui domine le lac de Sihl, à l'écart des routes.[3] C'est cette solitude qui attira, au IXᵉ siècle, un moine venu chercher Dieu loin du monde.
Le sanctuaire se trouve aujourd'hui à environ 900 mètres d'altitude, dans une cuvette préalpine du canton de Schwyz, l'un des trois cantons primitifs de la Confédération suisse. Le bourg d'Einsiedeln s'est développé autour de l'abbaye, comme tant de villes monastiques d'Europe centrale : c'est le couvent qui a fait le village, et non l'inverse.
L'ermitage de saint Meinrad (vers 828-861)
Le premier occupant du site fut Meinrad, moine bénédictin formé à l'abbaye de Reichenau, sur le lac de Constance.[4] Vers 828, il quitta sa communauté pour mener la vie érémitique sur les pentes du mont Etzel, puis s'enfonça plus profondément dans la forêt, à l'emplacement actuel du sanctuaire. La tradition rapporte qu'il emporta avec lui une statue de la Vierge reçue de l'abbesse Hildegarde du Fraumünster de Zurich — c'est de cette dévotion mariale primitive que le lieu tirera plus tard tout son sens.[5]
Meinrad fut assassiné par deux brigands le 21 janvier 861, venus convoités les offrandes laissées par les visiteurs.[6] Son ermitage ne fut pas abandonné : d'autres solitaires s'y succédèrent, et le souvenir du martyre fixa sur ce coin de forêt une réputation de sainteté qui ne s'effaça plus.
Les corbeaux de Meinrad, emblème du lieu
La légende attachée au site veut que deux corbeaux, que Meinrad avait nourris et apprivoisés, aient poursuivi ses meurtriers jusqu'à Zurich en croassant au-dessus d'eux, attirant l'attention et permettant leur arrestation.[7] Vraie ou enjolivée, l'histoire a marqué le lieu plus durablement qu'on ne l'imagine : les deux corbeaux sont devenus l'emblème héraldique de l'abbaye. On les retrouve aujourd'hui sculptés et dorés dans l'église baroque, où une horloge dorée flanquée de deux corbeaux, symboles de Meinrad, surmonte la chaire.[8] Le lieu porte ainsi, jusque dans son décor du XVIIIᵉ siècle, la mémoire de son premier ermite.
La fondation de l'abbaye (934-965)
Benno, Eberhard et le monastère bénédictin
L'ermitage devint un véritable monastère au début du Xᵉ siècle. Deux figures sont à l'origine de cette transformation : Benno, chanoine puis évêque qui se retira sur le site, et surtout Eberhard, ancien prévôt du chapitre de Strasbourg, qui organisa la communauté et en devint le premier abbé vers 934.[9] Les moines adoptèrent la Règle de saint Benoît : Einsiedeln entrait ainsi dans la grande famille bénédictine, à laquelle il appartient sans interruption depuis bientôt onze siècles.
La nouvelle abbaye fut rapidement dotée et protégée. Dès 965, le troisième abbé, Grégoire, fut élevé à la dignité de prince d'Empire par l'empereur Otton Iᵉʳ — premier signe de la place que ce monastère de forêt allait tenir dans la chrétienté germanique.[10]
La légende de la consécration angélique (948)
Le récit fondateur du sanctuaire est celui de l'Engelweihe, la « consécration par les anges ». Selon cette tradition, lorsque l'évêque Conrad de Constance vint, le 14 septembre 948, consacrer la nouvelle chapelle élevée sur l'ermitage de Meinrad, il découvrit que la cérémonie avait déjà eu lieu : la nuit précédente, le Christ lui-même, entouré d'anges et des grands docteurs de l'Église, avait consacré le sanctuaire.[11] Une voix céleste aurait interrompu l'évêque au moment où il s'apprêtait à commencer le rite.
« Arrête, frère : la chapelle a été consacrée par Dieu. » — Parole attribuée à l'ange par la légende de l'Engelweihe, telle que la rapporte la tradition d'Einsiedeln[12]
La maison d'Einsiedeln elle-même invite à distinguer la piété que ce récit nourrit et son statut historique : la légende de la consécration miraculeuse ne fut mise par écrit que vers le milieu du XIIᵉ siècle, soit deux siècles après les faits, et doit être lue d'un regard critique.[13] La prudence n'efface pas la dévotion : depuis des siècles, le 14 septembre demeure la grande fête du sanctuaire, célébrée par une illumination de l'église et du monastère.[14] Le pape Léon VIII aurait examiné le récit, et Pie VI confirma le privilège de la fête en 1793.[15]
Une principauté d'Empire
Le rang d'Einsiedeln ne cessa de croître. En 1274, Rodolphe de Habsbourg érigea l'abbaye en principauté indépendante, dotée d'une juridiction temporelle et spirituelle propre.[16] L'abbé d'Einsiedeln était à la fois supérieur religieux et prince souverain d'un petit État, statut qu'il conserva jusqu'à la Révolution française. Sur le plan ecclésiastique, l'abbaye relève directement du Saint-Siège : c'est une abbaye territoriale (nullius dioecesis), exempte de toute juridiction diocésaine, situation rarissime qui perdure aujourd'hui.
Le sanctuaire à travers les siècles
Pèlerinage médiéval et chemin de Saint-Jacques
Dès le Moyen Âge, Einsiedeln fut une étape majeure sur les routes de pèlerinage d'Europe centrale, et notamment sur l'un des grands itinéraires menant vers Saint-Jacques-de-Compostelle.[17] Les pèlerins venus de Souabe, d'Alsace, de Suisse et d'Italie du Nord faisaient halte devant la Vierge noire avant de poursuivre vers la Galice (voir le sanctuaire de Compostelle). La ville de Zurich organisait chaque année un pèlerinage qui rassemblait, dit-on, jusqu'à 1 500 à 1 800 personnes sur une population de cinq mille habitants — jusqu'à ce que la Réforme protestante interrompe ces processions à l'été 1524.[18]
Cette inscription dans le réseau jacquaire fait d'Einsiedeln le cousin alpin d'autres grands sanctuaires de pèlerinage que l'on retrouve ailleurs dans l'encyclopédie : la Vierge noire de Częstochowa en Pologne, ou les sanctuaires-reliques d'Italie comme Manoppello et Monte Sant'Angelo.
Incendies et reconstructions
L'histoire matérielle du lieu est une longue suite de destructions et de relèvements. Le monastère fut ravagé par le feu à plusieurs reprises au cours des siècles, chaque incendie emportant ornements, livres et manuscrits.[19] À chaque fois, la communauté reconstruisit. Cette résilience explique que l'édifice visible aujourd'hui ne soit pas un monument médiéval figé, mais une création baroque du XVIIIᵉ siècle, élevée sur des fondations mille fois plus anciennes — un peu comme à Manoppello, dont l'aspect actuel date d'une reconstruction tardive.
L'épreuve révolutionnaire (1798-1803)
La plus grave crise du sanctuaire fut la Révolution française et l'invasion de la Suisse. En mai 1798, les troupes françaises occupèrent Einsiedeln et pillèrent l'abbaye.[20] Mais les moines avaient anticipé : avant l'arrivée des soldats, ils avaient mis la Vierge noire à l'abri. La statue fut d'abord cachée dans l'Alpthal, puis enfouie sur le Haggenegg, avant d'être conduite au monastère de Saint-Pierre de Bludenz, au Vorarlberg autrichien, et confiée à la prévôté de Saint-Gérold.[21]
La statue ne revint qu'après la pacification. Grâce à l'Acte de médiation de 1803, qui restaura l'abbaye, la Vierge noire regagna Einsiedeln le 29 septembre 1803, après cinq années d'exil.[22] Le sanctuaire avait failli disparaître ; il était sauvé, et son image la plus précieuse retrouvait sa chapelle.
L'église baroque (1704-1735)
Caspar Moosbrugger, l'architecte moine
L'église actuelle est l'œuvre d'un frère convers du monastère lui-même : Caspar Moosbrugger (1656-1723), maçon de formation devenu l'un des grands architectes du baroque du Vorarlberg.[23] La reconstruction, décidée par l'abbé Maurus von Roll, commença en 1704 et se poursuivit jusqu'en 1735.[24] Moosbrugger conçut un ensemble grandiose articulant l'église, la grande place et les ailes conventuelles : l'un des plus vastes complexes baroques au nord des Alpes.
L'édifice est immense : l'église mesure environ 113 mètres de long, avec une nef large de 41 mètres et une coupole culminant à 37 mètres.[25] La grande place en arc de cercle (le Klosterplatz) qui la précède, fermée par des arcades, fut pensée pour accueillir les foules de pèlerins et reste l'une des plus belles places monastiques d'Europe.
Les frères Asam et le décor
Le décor intérieur fut confié aux frères Asam, les maîtres bavarois du baroque tardif : Cosmas Damian Asam pour les fresques, Egid Quirin Asam pour les stucs.[26] Cosmas Damian Asam peignit les fresques des voûtes de l'église de pèlerinage entre 1723 et 1726 ; l'ensemble — fresques, stucs dorés, marbres — compte parmi les plus accomplis du baroque d'Allemagne du Sud.[27] Le visiteur qui entre est saisi par l'explosion de lumière, d'or et de couleurs, voulue comme une image anticipée du Ciel.
La coupole octogonale et la consécration de 1735
Le sommet du programme décoratif est la grande coupole octogonale qui surplombe l'entrée. Sa fresque représente précisément la scène fondatrice du lieu : la descente du Christ pour consacrer le sanctuaire, entouré des évangélistes et des saints — autrement dit l'Engelweihe mise en peinture, juste au-dessus de la chapelle des grâces.[28] L'église achevée fut consacrée le 3 mai 1735, sous l'abbé Nicolas Imfeld.[29] Le décor unit ainsi l'architecture et la légende : on entre dans l'église par l'image même de la consécration miraculeuse.
La chapelle des grâces et la Vierge noire
La Gnadenkapelle, cœur du sanctuaire
Au centre de l'église, et non dans le chœur, se trouve le véritable cœur du sanctuaire : la chapelle des grâces, la Gnadenkapelle. C'est elle qui marque l'emplacement supposé de l'ermitage de Meinrad et de la chapelle consacrée par les anges. La chapelle baroque ayant été détruite à la Révolution, l'édicule actuel fut reconstruit dans un style néoclassique entre 1815 et 1817, en marbre noir et clair.[30] C'est dans cet écrin, posé comme un reliquaire au milieu de la nef, qu'est vénérée la Vierge noire.
La statue : bois de poirier, XVᵉ siècle
La statue elle-même est une sculpture de bois de poirier d'environ 119 centimètres de haut, datée du XVᵉ siècle — la statue primitive de Meinrad ayant disparu dans l'un des incendies.[31] Elle représente la Vierge debout, portant l'Enfant Jésus. Selon l'usage des grands sanctuaires marials, elle est habituellement revêtue d'un riche manteau d'apparat brodé, dont la garde-robe est renouvelée au fil de l'année liturgique, ce qui en fait l'une des « Vierges habillées » les plus célèbres d'Europe centrale.
Pourquoi la Vierge est-elle noire ?
La couleur sombre de la statue n'était pas voulue à l'origine : le visage et les mains, d'abord peints en teinte claire, noircirent peu à peu sous la suie des innombrables cierges brûlés devant elle.[32] En 1803, lors du retour d'exil, un restaurateur tenta de rendre à la statue sa carnation claire primitive ; mais ce nouvel aspect déplut aux pèlerins, qui ne reconnaissaient plus « leur » Vierge noire. On décida donc de repeindre en noir les parties visibles, pour rendre à l'image l'apparence sous laquelle elle était aimée.[33][34] Le choix fut pastoral autant qu'esthétique : la statue revenue en 1803 devait ressembler à celle qui était partie en 1798.[35]
La dévotion aux Vierges noires, loin d'être une curiosité, traverse toute l'Europe catholique — de Częstochowa à de nombreux sanctuaires de France et d'Espagne. Einsiedeln en est l'un des foyers les plus vénérés au nord des Alpes.
La vie du sanctuaire aujourd'hui
Le Salve Regina quotidien
Chaque jour, à la tombée du soir, les moines d'Einsiedeln se rassemblent devant la chapelle des grâces pour chanter le Salve Regina, l'antienne mariale par excellence.[36] Cette prière quotidienne, ininterrompue depuis des siècles, est le geste liturgique central du lieu : ce n'est pas un musée que les pèlerins découvrent, mais une communauté priante.
« Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre douceur et notre espérance, salut. Vers toi nous crions, fils d'Ève, exilés. » — Antienne Salve Regina, chantée chaque jour devant la Vierge noire d'Einsiedeln[37]
La fontaine aux quatorze jets
Sur la grande place, devant l'église, s'élève la fontaine de Notre-Dame (Frauenbrunnen), qui capte les eaux de la source de Meinrad.[38] Une tradition veut que le pèlerin boive successivement à chacun de ses quatorze jets en approchant de l'église, sans savoir lequel correspond à la source où, dit-on, le Christ aurait bu lors de la consécration angélique.[39] Ce geste populaire, encore vivant, ancre la dévotion dans un rite simple et concret, accessible à tous.
La bibliothèque et les archives
Einsiedeln n'est pas seulement un sanctuaire : c'est l'un des grands foyers de culture monastique de Suisse. Sa bibliothèque, dont les fonds remontent au Xᵉ siècle, conserve environ 230 000 ouvrages imprimés, près de 1 230 manuscrits et plus de 1 000 incunables.[40] Parmi les pièces les plus précieuses figurent des manuscrits médiévaux du milieu du Xᵉ siècle, témoins de l'activité du scriptorium dès les premières décennies de l'abbaye.[41] Les archives, quant à elles, conservent la mémoire écrite de plus de mille ans de vie monastique.
Le Grand Théâtre du Monde
Depuis 1924, la grande place de l'abbaye sert de scène, à intervalles de quelques années, au Grand Théâtre du Monde (Das grosse Welttheater), adaptation du drame allégorique de Calderón de la Barca (1655).[42] L'initiative en revient à l'abbé Ignatius Staub et à un cercle d'érudits.[43] De 1924 à 1992, on joua la traduction de Joseph von Eichendorff ; depuis 2000, des auteurs suisses contemporains en proposent de nouvelles versions.[44] Joué en plein air devant la façade baroque, ce spectacle populaire fait du parvis lui-même un acteur du sanctuaire.
Le collège et la communauté
L'abbaye abrite enfin un collège réputé (Stiftsschule), héritier d'une longue tradition d'enseignement : il accueille aujourd'hui autour de 400 élèves, encadrés par une cinquantaine d'enseignants.[45] La communauté monastique compte, dans les années récentes, une quarantaine de moines bénédictins, qui assurent à la fois la prière liturgique, l'accueil des pèlerins, l'enseignement et la garde du sanctuaire.[46] Le lieu reste donc ce qu'il fut dès l'origine : une maison de moines, organisée autour de la Vierge.
Fréquentation et rayonnement
Einsiedeln demeure le premier sanctuaire marial de Suisse et l'un des plus fréquentés d'Europe centrale. Les estimations varient selon les époques et les modes de comptage : les sources anciennes parlaient de 150 000 à 200 000 pèlerins par an, tandis que les présentations contemporaines évoquent jusqu'à un million de visiteurs et pèlerins annuels, en comptant le tourisme culturel.[47][48]
Le rayonnement du lieu a aussi essaimé : en 1854, des moines d'Einsiedeln fondèrent l'abbaye de Saint-Meinrad, dans l'Indiana, aux États-Unis, point de départ d'une congrégation bénédictine américaine qui comptait déjà plusieurs monastères au début du XXᵉ siècle.[49] De la forêt sombre du IXᵉ siècle à ses fondations d'outre-Atlantique, le sanctuaire des ermites n'a cessé de transmettre, avec la Règle de saint Benoît, la dévotion à Notre-Dame.
Pour aller plus loin
- Le sanctuaire de Compostelle — Einsiedeln fut une grande étape sur les chemins de Saint-Jacques.
- Le sanctuaire de Częstochowa — l'autre grande Vierge noire de l'Europe catholique.
- Le sanctuaire du Mont-Carmel — un autre haut lieu marial et monastique.
- Le sanctuaire de Manoppello et Monte Sant'Angelo — sanctuaires de pèlerinage italiens reconstruits autour d'un trésor.
Notes et références
World History Encyclopedia, « Einsiedeln Abbey » (worldhistory.org) : fondation par saint Meinrad vers 835, ermitage dans la forêt, mort de Meinrad en 861, légende des deux corbeaux, situation dans les Préalpes, étape médiévale vers Saint-Jacques-de-Compostelle, pèlerinage zurichois interrompu en 1524, dimensions de l'église (113 m de long, nef de 41 m, coupole de 37 m), fréquentation de 150 000 à 200 000 pèlerins.
1 3 6 7 17 18 25Documentation dévotionnelle et historique sur la Vierge noire d'Einsiedeln : mise à l'abri de la statue en 1798 (Alpthal, Haggenegg, puis monastère de Saint-Pierre de Bludenz au Vorarlberg et prévôté de Saint-Gérold) ; retour à Einsiedeln le 29 septembre 1803 après l'Acte de médiation ; décision pastorale de repeindre la statue en noir pour qu'elle ressemble à l'image aimée des pèlerins ; chant quotidien du Salve Regina devant la chapelle des grâces ; fontaine de Notre-Dame (Frauenbrunnen) aux quatorze jets, où le pèlerin boit successivement à chaque jet.
2 21 22 34 35 36 38 39Catholic Encyclopedia (1909), « Abbey of Einsiedeln » (newadvent.org/cathen/05367a.htm) : formation de Meinrad à Reichenau, statue reçue de l'abbesse Hildegarde de Zurich, mort en 861 ; fondation par Eberhard, ancien prévôt de Strasbourg, vers 934 ; consécration légendaire de 948 confirmée par Léon VIII et ratifiée par Pie VI en 1793 ; Grégoire fait prince d'Empire en 965 par Otton Iᵉʳ ; principauté indépendante créée par Rodolphe de Habsbourg en 1274 ; reconstruction de l'église sous l'abbé Maurus à partir de 1704 ; fondation de Saint-Meinrad (Indiana) en 1854 ; pèlerins « de 150 000 à 200 000 ».
4 5 9 10 15 16 24 47 49Sur le décor baroque : Cosmas Damian Asam (fresques) et Egid Quirin Asam (stucs) réalisent l'ornementation de l'église de pèlerinage ; fresques des voûtes peintes par Cosmas Damian Asam entre 1723 et 1726 ; coupole octogonale figurant la descente du Christ pour consacrer le sanctuaire ; horloge dorée flanquée des deux corbeaux de Meinrad au-dessus de la chaire ; église consacrée le 3 mai 1735 sous l'abbé Nicolas Imfeld. Sources : Wikipedia « Cosmas Damian Asam » ; notices sur l'église abbatiale d'Einsiedeln.
8 26 27 28 29Sur la légende de l'Engelweihe (consécration angélique du 14 septembre 948) : l'évêque Conrad de Constance trouve la chapelle déjà consacrée par le Christ, entouré d'anges et des docteurs de l'Église ; la voix angélique interrompt le rite. La maison d'Einsiedeln souligne que le récit ne fut mis par écrit que vers le milieu du XIIᵉ siècle et doit être lu de façon critique ; la fête est célébrée chaque 14 septembre par une illumination de l'abbaye. Sources : présentations historiques d'Einsiedeln et notices de référence sur l'Engelweihe.
11 12 13 14Wikipédia (fr), « Abbaye territoriale d'Einsiedeln » : architecte Caspar Moosbrugger, reconstruction baroque 1704-1735 ; incendies successifs ayant détruit ornements, livres et manuscrits ; pillage par les troupes françaises en 1798 et mise à l'abri de la Vierge ; chapelle des grâces reconstruite en style néoclassique (1815-1817) ; Vierge noire de bois de poirier, 119 cm, XVᵉ siècle, noircie par la suie des cierges puis repeinte en noir après 1803 ; statut d'abbaye territoriale (nullius dioecesis) ; fréquentation évaluée jusqu'à environ un million de pèlerins et touristes par an.
19 20 23 30 31 32 33 48Antienne mariale Salve Regina, prière de l'Église chantée chaque soir par les moines devant la Vierge noire ; texte latin : « Salve, Regina, Mater misericordiae, vita, dulcedo et spes nostra, salve. Ad te clamamus, exsules filii Hevae. » Traduction française dans le corps de l'article.
37Wikipedia (en), « Einsiedeln Abbey » : bibliothèque d'environ 230 000 ouvrages imprimés, 1 230 manuscrits, plus de 1 000 incunables, manuscrits médiévaux du milieu du Xᵉ siècle ; collège (Stiftsschule) accueillant environ 400 élèves et une cinquantaine d'enseignants ; communauté d'une quarantaine de moines (chiffres 2023).
40 41 45 46Sur le Grand Théâtre du Monde (Das grosse Welttheater) : adaptation du drame de Pedro Calderón de la Barca (1655), jouée sur la place de l'abbaye à intervalles depuis 1924 à l'initiative de l'abbé Ignatius Staub et d'un cercle d'érudits ; traduction de Joseph von Eichendorff de 1924 à 1992 ; nouvelles versions d'auteurs suisses contemporains depuis 2000. Sources : Wikipedia (de) « Das große Welttheater » ; site du Welttheater Einsiedeln.
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