Brigham Young (1801-1877) est un charpentier américain de la Nouvelle-Angleterre devenu, à la mort de Joseph Smith en 1844, le second président de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours — le mormonisme[5]. Converti en 1832, entré en 1835 au Collège des Douze Apôtres[6], il prend la tête du mouvement dans une crise de succession ouverte, puis conduit l'exode de plusieurs milliers de fidèles chassés de l'Illinois jusqu'à la vallée du Grand Lac Salé, où il fonde en 1847 Salt Lake City[7].
Pendant les trente années qui suivent, Young gouverne l'Utah comme un royaume théocratique : premier gouverneur du territoire fédéral, chef religieux incontesté, organisateur de plus de 350 localités entre l'Idaho et l'Arizona, il bâtit une économie coopérative autosuffisante tout en enseignant, du haut de son autorité prophétique, des doctrines depuis désavouées par sa propre Église — l'identification d'Adam à Dieu le Père, dénoncée comme fausse par Spencer W. Kimball en octobre 1976[8], et l'« expiation par le sang » (l'idée que certains péchés graves exigeraient la mise à mort du coupable pour que son sang expie sa faute), aujourd'hui présentée par l'Église comme une rhétorique dépassée plutôt que comme une pratique institutionnelle[9]. Sous son gouvernorat, en septembre 1857, une milice mormone massacre plus de cent vingt émigrants civils au lieu-dit Mountain Meadows, dans l'un des épisodes les plus sombres de l'histoire de l'Ouest américain — un massacre dont le degré exact de responsabilité personnelle de Young reste débattu par les historiens plus d'un siècle et demi après les faits[10].
Époux de cinquante-cinq femmes scellées (le « scellement » mormon unit les époux « pour le temps et l'éternité », parfois sans vie commune — voir le § polygamie ; jusqu'à cinquante-six selon certains décomptes[11]) et père de cinquante-sept enfants, Young meurt à Salt Lake City le 29 août 1877, laissant derrière lui la structure économique, politique et religieuse qui façonnera l'Utah pour des générations[12]. L'historiographie mormone la plus officielle en fait un second Moïse, l'« American Moses » qui a conduit son peuple vers la Terre promise[13] ; l'historiographie critique y voit, avec la même admiration pour son sens de l'organisation, un « despote théocratique » dont l'autorité religieuse a couvert des décisions d'une gravité extrême.
Cet article retrace la vie de l'homme — sa jeunesse, sa conversion, son apostolat, sa gouvernance de l'Utah, ses doctrines personnelles, sa polygamie, sa mort — à partir des sources primaires et de l'historiographie académique la plus rigoureuse, y compris mormone. Il ne reprend pas en détail l'examen doctrinal général du mormonisme (nature de Dieu, canon rouvert, pluralité des dieux, Livre d'Abraham, validité du baptême), déjà traité dans l'article Ignispedia Les mormons, ni la crise de succession d'août 1844, développée dans Joseph Smith (1805-1844), vers lesquels on renverra systématiquement.
Un charpentier du « Burned-over District »
Naissance et famille à Whitingham
Brigham Young naît le 1ᵉʳ juin 1801 à Whitingham, dans le sud du Vermont, neuvième enfant de John Young et d'Abigail Howe[14]. La famille, pauvre et nombreuse, déménage à plusieurs reprises dans l'ouest de l'État de New York. Son instruction formelle reste minimale ; sa mère meurt de tuberculose en 1815, alors que Brigham a quatorze ans[15]. Cette enfance rurale et laborieuse, sans instruction formelle prolongée, contraste nettement avec l'aisance intellectuelle et l'autorité organisationnelle que Young déploiera plus tard : il restera toute sa vie un homme d'action plus qu'un théologien de formation, préférant — selon une formule rapportée dans un recueil de ses discours — des prières et des sermons courts qui aillent droit au but[16].
Le métier de charpentier, vitrier et peintre
Vers 1817, Young quitte le foyer familial et fait son apprentissage dans les métiers du bâtiment : charpentier, vitrier et peintre[17]. Il exerce ces métiers pendant plus d'une dizaine d'années, jusqu'à sa conversion au mormonisme. En 1824, il rejoint l'Église méthodiste — première étape d'une quête religieuse qui le conduira jusqu'au mormonisme naissant[18].
Premier mariage et veuvage
En octobre 1824, Brigham Young épouse Miriam Works. Le couple s'installe à Mendon, dans le comté de Monroe (État de New York), où naît leur première fille, Elizabeth, le 26 septembre 1825[19]. C'est en 1830 que le frère de Young, Phineas Howe Young, lui procure un exemplaire du Livre de Mormon, récemment publié par un jeune prédicateur de la région voisine nommé Joseph Smith — Young le lit, le relit, mais attend près de deux ans avant de se décider à franchir le pas du baptême, prenant le temps, selon son propre témoignage ultérieur, de vérifier la cohérence de la nouvelle doctrine avec l'Écriture[20].
La conversion au mormonisme (1830-1835)
Le baptême du 14 avril 1832
En 1831, cinq missionnaires de l'Église naissante — parmi lesquels Eleazer Miller — viennent prêcher à Mendon. Après plusieurs mois d'hésitation, Brigham Young se fait baptiser par Miller le 14 avril 1832, dans le ruisseau de son propre moulin, alors recouvert de glace[21]. Rentré chez lui à pied sur près de trois kilomètres par un temps de neige, avant même que ses vêtements ne soient secs, il est ordonné ancien le jour même par Miller[22]. Trois semaines plus tard, son épouse Miriam se fait baptiser à son tour — mais elle meurt de phtisie (tuberculose) le 8 septembre 1832, laissant Brigham veuf avec deux petites filles[23].
L'apostolat : membre du Collège des Douze (1835)
Ordonné ancien en 1832, Young sert ses premières missions dans l'État de New York et au Haut-Canada, puis rencontre Joseph Smith à Kirtland (Ohio) en septembre de la même année, devenant rapidement l'un de ses soutiens les plus résolus[24]. Le 14 février 1835, il est nommé membre du Collège des Douze Apôtres, l'organe dirigeant collégial nouvellement créé de l'Église, et se remarie en février 1834 avec Mary Ann Angell[25]. Dans les années qui suivent, il devient le président de fait du Collège — fonction qu'il occupera formellement du 14 avril 1840 au 27 décembre 1847[26].
Kirtland, Missouri, Nauvoo : l'apôtre de Joseph Smith (1835-1844)
Les quatorze années qui séparent la conversion de Young de la mort de Joseph Smith sont celles de la formation de l'Église naissante à travers l'effondrement financier de Kirtland, la guerre mormone du Missouri et l'apogée théocratique de Nauvoo. Ces épisodes concernent d'abord la biographie de Joseph Smith lui-même et sont développés en détail dans l'article Ignispedia Joseph Smith (1805-1844) ; on n'en retient ici que ce qui façonne directement la trajectoire de Brigham Young.
La mission des Douze en Angleterre (1839-1841)
En 1839, alors que la jeune Église se réinstalle à Nauvoo après son expulsion violente du Missouri, Young reçoit avec huit autres apôtres la charge d'une mission d'évangélisation en Grande-Bretagne. Les missionnaires débarquent à Liverpool le 6 avril 1840 ; Young, malade durant la traversée, pousse en posant le pied sur le quai un « hosanna » retentissant de reconnaissance[27]. En un an, les Douze baptisent entre sept et huit mille convertis britanniques, impriment cinq mille exemplaires du Livre de Mormon — la première édition jamais publiée hors des États-Unis, le 21 février 1841 — ainsi que trois mille recueils de cantiques et cinquante mille tracts[28]. Cette mission constitue le premier grand succès d'organisation missionnaire de Young : il en tire l'expérience logistique et le sens de la coordination de masse qu'il redéploiera six ans plus tard pour organiser l'exode vers l'Ouest. Avant son départ d'Angleterre en avril 1841, il fait porter à la reine Victoria un exemplaire du Livre de Mormon[29].
Le mariage plural : Lucy Ann Decker (juin 1842)
De retour à Nauvoo, Young contracte en juin 1842 son premier mariage plural, avec Lucy Ann Decker, alors que la pratique demeure strictement secrète et n'est codifiée par une « révélation » officielle de Joseph Smith qu'en juillet 1843[30]. Cette pratique, que Young lui-même qualifiera plus tard de « croix » difficile à porter avant de s'y engager pleinement, se généralise dans son foyer dans les années suivantes : au moment de la mort de Smith en 1844, Young a déjà pris plusieurs épouses plurales, en plus de Mary Ann Angell.
La crise de succession et l'investiture du Collège des Douze (1844)
Le retour de Nauvoo et l'assemblée du 8 août 1844
Le 27 juin 1844, Joseph Smith et son frère Hyrum sont tués par une foule armée dans la prison de Carthage (Illinois)[31]. Young, alors en mission dans le New Hampshire, apprend la nouvelle le 16 juillet et revient à Nauvoo début août, convaincu que l'autorité du Collège des Douze Apôtres, et non celle d'un conseiller isolé comme Sidney Rigdon, doit désormais gouverner l'Église[32]. Le 8 août 1844, lors d'une assemblée générale des Saints, Young s'impose face aux prétentions de Rigdon ; plus de cent témoignages, recueillis pour l'essentiel bien après les faits, rapporteront que sa voix et son apparence auraient alors miraculeusement rappelé celles de Joseph Smith — un phénomène que l'historien Richard Van Wagoner juge dénué de « la moindre trace de preuve contemporaine irréfutable »[33]. Le récit détaillé de cette crise, de ses acteurs et de ses conséquences ecclésiales figure dans l'article Joseph Smith (1805-1844).
Président du Collège des Douze à la tête de l'Église
À l'issue de cette assemblée, les Saints reconnaissent l'autorité collective du Collège des Douze Apôtres, dont Young reste le président. Il conduit dès lors l'Église de fait, sans porter immédiatement le titre de président : ce n'est que le 27 décembre 1847, à Winter Quarters (Nebraska), en pleine migration vers l'Ouest, qu'il est formellement soutenu comme second président de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours[34]. Entre 1844 et 1847, sa priorité absolue devient l'organisation de l'exode d'une communauté désormais menacée d'extermination en Illinois.
L'exode vers l'Ouest : la marche vers Sion (1846-1847)
Le départ de Nauvoo et Winter Quarters
Sous la pression croissante des milices de l'Illinois et l'incertitude sur l'avenir de Nauvoo, Young organise à partir de février 1846 le départ massif des Saints vers l'ouest, à travers l'Iowa jusqu'aux rives du Missouri, où la communauté établit un campement d'hivernage — Winter Quarters — à l'emplacement actuel d'Omaha (Nebraska)[35]. Cette traversée hivernale, marquée par la faim, le froid et une mortalité élevée, forge l'image durable des « pionniers mormons » dans la mémoire de l'Église.
- 1ᵉʳ juin 1801Naissance à Whitingham (Vermont)
Brigham Young naît neuvième enfant de John Young et Abigail Howe.
- 14 avril 1832Baptême à Mendon (New York)
Young se fait baptiser par le missionnaire Eleazer Miller dans le ruisseau de son moulin, recouvert de glace.
- 14 février 1835Entrée au Collège des Douze Apôtres
Young devient l'un des douze apôtres fondateurs de l'Église naissante.
- 6 avril 1840Débarquement à Liverpool
Début de la mission des Douze en Grande-Bretagne, qui baptise entre sept et huit mille convertis en un an.
- Juin 1842Premier mariage plural
Young épouse secrètement Lucy Ann Decker, un an avant la révélation officielle du mariage pluriel.
- 8 août 1844Investiture du Collège des Douze
Après la mort de Joseph Smith, Young s'impose face à Sidney Rigdon à la tête de l'Église.
- Février 1846Départ de Nauvoo
Début de l'exode massif des Saints vers l'ouest, via l'Iowa et Winter Quarters.
- 24 juillet 1847Arrivée dans la vallée du Grand Lac Salé
Young découvre le site où sera fondée Salt Lake City.
- 27 décembre 1847Investiture comme second président
Young est formellement soutenu président de l'Église à Winter Quarters.
- 3 février 1851Gouverneur du territoire de l'Utah
Le président Millard Fillmore nomme Young premier gouverneur civil du territoire.
- 11 septembre 1857Massacre de Mountain Meadows
Une milice mormone tue plus de cent vingt émigrants civils dans le sud de l'Utah.
- 1857-1858La guerre de l'Utah
Confrontation sans effusion de sang entre la milice de Young et l'armée fédérale envoyée par le président Buchanan.
- Avril 1858Fin du gouvernorat civil
Young cède le gouvernorat territorial à Alfred Cumming.
- 29 août 1877Mort à Salt Lake City
Young meurt d'une péritonite consécutive à une rupture de l'appendice.
« C'est la bonne place » : l'arrivée dans la vallée du Grand Lac Salé
Le 24 juillet 1847, Brigham Young — encore affaibli par la « fièvre des montagnes » qui le tenait alité depuis deux semaines — pénètre en chariot dans la vallée du Grand Lac Salé, conduit par l'apôtre Wilford Woodruff[36]. La tradition mormone rapporte qu'à la vue de la vallée, il aurait prononcé la phrase devenue célèbre :
« C'est assez. C'est la bonne place. En avant. » — parole attribuée à Brigham Young, 24 juillet 1847[37]
Un examen historique honnête impose toutefois une précision : Wilford Woodruff, dont le chariot transportait Young ce jour-là, n'a laissé aucune mention de cette phrase dans son propre journal tenu sur le moment ; c'est seulement en 1880, trente-trois ans plus tard, lors d'un discours du Pioneer Day, que Woodruff rapporte publiquement ces mots pour la première fois[38]. La phrase reste néanmoins le socle fondateur de la mémoire mormone de la colonisation de l'Utah, gravée depuis 1947 sur le monument This Is the Place qui domine aujourd'hui l'entrée orientale de Salt Lake City.
Sustenu deuxième président de l'Église
Après avoir fait tracer les premiers plans de la future Salt Lake City et organisé les semis des premières récoltes, Young repart pour Winter Quarters où, le 27 décembre 1847, une conférence générale le soutient formellement comme second président de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, avec Heber C. Kimball et Willard Richards comme conseillers[39]. Il ne rejoindra définitivement l'Utah, avec l'essentiel de sa famille, qu'au cours de l'année 1848.
Le bâtisseur d'un royaume théocratique dans le désert (1847-1858)
Le gouvernorat du territoire de l'Utah
Le 3 février 1851, le président Millard Fillmore nomme Brigham Young premier gouverneur civil du nouveau territoire fédéral de l'Utah, avec un traitement annuel de 1 500 dollars, complété de 1 000 dollars supplémentaires pour ses fonctions de surintendant des affaires indiennes[40]. Young cumule ainsi, dans la même personne, l'autorité religieuse suprême et l'autorité politique et judiciaire du territoire — une confusion des pouvoirs que l'historien mormon D. Michael Quinn décrit comme l'établissement d'une véritable théodémocratie, où les décisions de l'Église font loi de fait dans la vie quotidienne des colons[41]. Young occupe cette fonction jusqu'au début avril 1858, lorsqu'il la transmet, à l'issue de la guerre de l'Utah, au gouverneur fédéral Alfred Cumming.
Une colonisation systématique : plus de 350 localités fondées
Sous la direction de Young, l'Église organise la colonisation méthodique du Grand Bassin : des groupes de familles, choisis pour leurs compétences complémentaires (agriculteurs, forgerons, meuniers, tisserands), sont envoyés fonder de nouvelles implantations selon un plan concerté, depuis le sud de l'Idaho jusqu'au nord de l'Arizona et au Nevada. Sur les trente années de sa présidence, plus de 350 localités de l'Ouest américain doivent directement leur fondation à cette politique de colonisation dirigée[42]. Cette œuvre de bâtisseur, saluée même par les historiens les plus critiques de Young, en fait l'un des grands organisateurs territoriaux de l'histoire américaine du XIXᵉ siècle.
L'économie du Royaume : ZCMI, le télégraphe et l'université
Young cherche systématiquement à affranchir l'Utah de sa dépendance aux marchands non mormons de la côte Est, jugés hostiles et coûteux. Le 28 février 1850, le gouvernement provisoire de l'« État de Deseret » charte l'Université de Deseret — le futur Université de l'Utah —, l'une des premières institutions d'enseignement supérieur de l'Ouest américain[43]. En 1866-1867, il fait établir le Télégraphe Deseret, réseau contrôlé par l'Église reliant les principales communautés de Salt Lake City à Fillmore, réduisant à quelques heures des délais de communication qui se comptaient auparavant en semaines[44]. En octobre 1868, il fonde et préside la Zion's Cooperative Mercantile Institution (ZCMI), entreprise de vente au détail financée par la dîme et les souscriptions des fidèles, qui centralise les achats, fabrique localement une partie des biens vendus et parvient à vendre farine et tissus jusqu'à 20 % moins cher que ses concurrents — l'un des tout premiers grands magasins de l'histoire américaine[45]. Cette politique coopérative culmine dans son discours de février 1869 sur l'autosuffisance économique du « Royaume » :
| Institution | Fondation | Fonction |
|---|---|---|
| Université de Deseret | 28 février 1850 | Premier établissement d'enseignement supérieur de l'Utah |
| Télégraphe Deseret | 1866-1867 | Réseau de communication contrôlé par l'Église entre les colonies |
| Zion's Cooperative Mercantile Institution (ZCMI) | Octobre 1868 | Coopérative commerciale destinée à réduire la dépendance aux marchands extérieurs |
| Brigham Young Academy | 16 octobre 1875 | Établissement d'enseignement à Provo, devenu l'université Brigham Young |
Cette dernière fondation, la Brigham Young Academy, créée le 16 octobre 1875 par cession de bâtiments et de terrains à Provo, deviendra après plusieurs transformations l'actuelle Brigham Young University, l'une des plus grandes universités confessionnelles des États-Unis[46].
La tragédie des compagnies de charrettes à bras (1856)
Pour réduire le coût du transport des convertis européens vers l'Utah, Young propose en 1855 — notamment dans une lettre à son gendre Edmund Ellsworth — de remplacer les chariots tirés par des bœufs par des charrettes à bras tirées à la force humaine[47]. Parties trop tard dans la saison 1856, deux compagnies — 500 émigrants sous les ordres du capitaine James Willie, 665 sous ceux d'Edward Martin — s'engagent sur la piste[48]. Prises par des chutes de neige précoces dans le Wyoming, elles perdent plus de 210 personnes avant qu'un sauvetage d'urgence, décidé par Young dès l'arrivée d'un exprès le 3 novembre et organisé depuis Salt Lake City, ne parvienne à extraire les survivants — la compagnie Willie entre à Salt Lake City le 9 novembre[49][50]. Plusieurs historiens, dont Wallace Stegner, estiment que la responsabilité de la tragédie revient d'abord au plan lui-même, dont Young est l'auteur[51].
La guerre de l'Utah et le massacre de Mountain Meadows (1857-1858)
« La bévue de Buchanan » : la guerre de l'Utah
Au printemps 1857, le président James Buchanan, alarmé par des rapports de fonctionnaires fédéraux dénonçant la théocratie de Young et l'insubordination des tribunaux locaux, décide de le remplacer au poste de gouverneur et dépêche vers l'Utah une expédition de plusieurs milliers de soldats fédéraux[52]. Ni Young ni la communauté mormone ne sont officiellement informés de ce changement de gouverneur avant l'arrivée des nouvelles de la colonne militaire en approche : convaincu d'une reprise des persécutions qui avaient chassé les Saints du Missouri puis de l'Illinois, Young mobilise la milice territoriale, la Légion de Nauvoo, pour retarder l'avancée fédérale par des tactiques de harcèlement sans effusion de sang — brûlant des trains de ravitaillement, dispersant du bétail[53]. Après plusieurs mois de confrontation tendue mais non meurtrière, Young cède le gouvernorat civil à Alfred Cumming au début avril 1858 ; l'armée du général Johnston traverse le 26 juin 1858 une Salt Lake City désertée par ses habitants avant de s'installer à Camp Floyd, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest, mettant fin à ce que l'historiographie surnomme, à cause des malentendus qui l'ont déclenché, « la bévue de Buchanan »[54].
Le massacre du 11 septembre 1857
C'est dans ce climat d'exaltation religieuse et de peur de l'invasion — période que les historiens mormons désignent eux-mêmes comme la « Réforme » de 1856-1857, marquée par une intensification des prédications sur le péché et le châtiment divin — que survient l'épisode le plus grave de toute la présidence de Young. Le 11 septembre 1857, au lieu-dit Mountain Meadows, dans le sud du territoire de l'Utah, une milice mormone locale — une cinquantaine d'hommes, épaulés par des auxiliaires amérindiens — massacre l'intégralité d'une caravane d'émigrants civils en route vers la Californie — la caravane dite Baker-Fancher, originaire pour l'essentiel de l'Arkansas —, ne laissant en vie que dix-sept enfants de six ans et moins : environ cent vingt morts au total[55][56].
La responsabilité de Brigham Young en débat historiographique
La question du degré exact d'implication de Brigham Young dans la décision du massacre demeure, plus d'un siècle et demi après les faits, l'objet d'un débat historiographique non tranché. L'historien indépendant Will Bagley, dans son ouvrage primé Blood of the Prophets, soutient sur la base d'un ensemble d'indices circonstanciels — au premier chef une entrée du journal de l'interprète mormon auprès des Indiens, Dimick Huntington — que Young aurait directement orchestré ou à tout le moins couvert l'opération après coup[57]. D'autres historiens, tout en reconnaissant la responsabilité collective de la hiérarchie locale de l'Église dans le sud de l'Utah et l'implication directe de plusieurs dirigeants de la milice, estiment que les preuves documentaires ne permettent pas d'établir avec certitude un ordre direct de Young avant les faits, et situent la décision au niveau des chefs de milice locaux, agissant dans un climat d'exaltation qu'il avait néanmoins contribué à créer par sa prédication[58].
Le silence, l'exécution de John D. Lee et les excuses de 2007
Un seul milicien, John D. Lee, est finalement jugé et exécuté : condamné à mort à l'automne 1876, il est passé par les armes sur les lieux mêmes du massacre le 23 mars 1877 — le seul des participants à payer de sa vie, quelques mois avant la mort de Young lui-même[59]. Dans ses mémoires, Lee se présente comme un bouc émissaire sacrifié[60]. L'historienne mormone Juanita Brooks consacre à l'affaire, en 1950, la première étude académique rigoureuse, fondée sur des archives longtemps restées inaccessibles[61].
Cent cinquante ans après les faits, le 11 septembre 2007, l'apôtre Henry B. Eyring, mandaté par la Première Présidence de l'Église, se rend sur les lieux mêmes du massacre pour y lire une déclaration officielle exprimant un « profond regret » :
« Ce qui a été fait ici, il y a longtemps, par des membres de notre Église, représente un écart terrible et inexcusable par rapport à l'enseignement et à la conduite chrétiens. » — Henry B. Eyring, déclaration de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, Mountain Meadows, 11 septembre 2007[62]
Le porte-parole de l'Église précisera cependant que l'institution évite délibérément le mot « excuses » (apology), préférant celui de « regret »[63] — une nuance qui, pour de nombreux observateurs, laisse la question de la responsabilité historique de la hiérarchie de l'époque, et donc de Brigham Young lui-même, toujours ouverte.
Un prophète qui enseigne au nom de Dieu : les doctrines propres à Brigham Young
Au-delà de son rôle de bâtisseur et de gouverneur, Brigham Young exerce pendant trente ans une autorité doctrinale suprême, en tant que « prophète, voyant et révélateur » de son Église. Plusieurs des enseignements qu'il a lui-même professés du haut de son autorité prophétique, consignés dans le recueil officiel de ses sermons, le Journal of Discourses, ont été depuis explicitement désavoués par l'institution qu'il dirigeait — un fait qui intéresse directement l'examen de la nature du « prophétisme vivant » mormon, traité de façon systématique dans Les mormons.
La doctrine Adam-Dieu
Lors de la Conférence générale du 9 avril 1852, Brigham Young enseigne publiquement que le patriarche biblique Adam n'est autre que Dieu le Père lui-même, venu sur cette terre avec un corps déjà glorifié :
« Lorsque notre Père Adam entra dans le jardin d'Éden, il y entra avec un corps céleste, et il amena Ève, l'une de ses épouses, avec lui. [...] Il est notre PÈRE et notre DIEU, et le seul Dieu avec qui NOUS ayons affaire. » — Brigham Young, discours du 9 avril 1852[64]
Young enseignera cette doctrine, connue sous le nom d'« Adam-Dieu », pendant plus de vingt ans, la présentant comme reçue directement du Seigneur. Le président de l'Église Spencer W. Kimball la déclarera publiquement fausse plus d'un siècle plus tard, en octobre 1976[65] ; l'institution mormone contemporaine la range aujourd'hui parmi les enseignements privés et erronés d'un prophète, non parmi la doctrine officielle de l'Église[66]. Seuls certains groupes mormons fondamentalistes séparés de l'Église principale continuent de la tenir pour vraie.
L'« expiation par le sang »
Entre 1856 et 1857, en pleine période de « Réforme » puritaine du mormonisme utahien, Young enseigne à plusieurs reprises que certains péchés graves — meurtre, adultère, rupture des alliances du temple — ne peuvent être remis par le seul sacrifice du Christ, mais exigent que le coupable soit lui-même mis à mort pour que son propre sang puisse « monter vers le ciel en offrande » :
« Il existe des péchés qu'un sacrifice offert sur un autel, comme aux temps anciens, peut expier ; et il existe des péchés que le sang d'un agneau, d'un veau ou de tourterelles ne peut effacer, mais qui doivent être expiés par le sang de l'homme lui-même. » — Brigham Young, discours prononcé sous la Bowery, Great Salt Lake City, 21 septembre 1856[67]
Quelques mois plus tard, le 8 février 1857, également reproduit dans le Deseret News du 18 février suivant, Young précise cette doctrine à propos de l'adultère : « si un homme était reconnu coupable d'adultère, il devait avoir le sang répandu »[68]. L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours désavoue aujourd'hui explicitement cette doctrine de l'« expiation par le sang » et la présente comme une rhétorique rigoriste de l'époque plutôt que comme une pratique institutionnelle — tout en admettant, dans son essai officiel sur le sujet, que la plupart des accusations extravagantes de la presse de l'époque sont réfutables mais qu'« il est probable que dans au moins un cas, quelques Saints des derniers jours aient agi sur la base de cette rhétorique »[69].
L'exclusion raciale de la prêtrise
Young est également l'auteur, en 1852, de l'annonce publique de l'interdiction faite aux hommes d'ascendance africaine noire d'accéder à la prêtrise mormone et aux ordonnances du temple — une politique restée en vigueur jusqu'en 1978 et justifiée à l'époque par des arguments théologiques aujourd'hui répudiés par l'Église elle-même. L'examen complet de cette politique, de sa justification doctrinale et de ses conséquences théologiques pour la crédibilité du « prophétisme vivant » mormon, est développé dans l'article Les mormons.
Le mari de cinquante-cinq femmes : la polygamie personnelle de Brigham Young
Combien d'épouses, combien d'enfants
Le nombre exact des épouses de Brigham Young varie selon les études, en raison de la nature même du mariage mormon du XIXᵉ siècle, où un « scellement » pouvait être conclu « pour le temps et l'éternité » ou seulement « pour l'éternité » sans cohabitation ni relation conjugale effective[70]. L'étude académique de référence sur la question, publiée par l'historien Jeffery Ogden Johnson dans la revue Dialogue: A Journal of Mormon Thought, retient cinquante-cinq femmes scellées à Young : seize d'entre elles lui donnent cinquante-sept enfants — signe, selon Johnson, qu'un « nombre significatif de ces scellements n'étaient probablement pas conjugaux »[71].
| Source | Estimation | Nature de la source |
|---|---|---|
| Andrew Jenson, historien officiel de l'Église (XIXᵉ s.) | Recension partielle | Interne, première recension officielle |
| Jeffery Ogden Johnson, Dialogue (1987) | 55 femmes scellées, 16 mères de 57 enfants | Étude académique de référence |
| List of Brigham Young's wives, synthèse encyclopédique contemporaine | 56 épouses recensées | Compilation secondaire, incluant un cas discuté (Maria Lawrence) |
Neuf de ces épouses avaient déjà été scellées à Joseph Smith : huit de son vivant — Emily Dow Partridge, Louisa Beaman, Eliza R. Snow, Olive Gray Frost, Mary Elizabeth Rollins Lightner, Zina Diantha Huntington, Rhoda Richards et Maria Lawrence —, scellées à Smith pour l'éternité (Young tenant lieu de procurateur) et à Young pour le temps, plus une neuvième, Olive Andrews, scellée à Smith par procuration après sa mort et à Young pour le temps[72]. Cette pratique de « lévirat spirituel » était destinée, selon la théologie mormone de l'époque, à maintenir les liens de parenté céleste par le scellement plutôt qu'à fonder une simple union conjugale.
Le témoignage à charge d'Ann Eliza Young, « épouse n° 19 »
L'une des dernières épouses de Young, Ann Eliza Webb, obtient le divorce en 1875 et entame contre lui une campagne publique retentissante, racontée l'année suivante dans son autobiographie[73]. Sa déposition devant le Congrès des États-Unis en 1874 intervient l'année même où le Congrès vote le Poland Act (juin 1874), qui renforce la capacité du gouvernement fédéral à poursuivre en justice les polygames mormons de l'Utah[74][75]. En 1876, elle publie son autobiographie, Wife No. 19, dont l'introduction est signée par la militante abolitionniste Mary A. Livermore ; elle y décrit sans détour la condition qu'elle a connue :
« [J'ai le] désir d'impressionner le monde sur ce qu'est réellement le mormonisme ; de montrer la condition pitoyable de ses femmes, retenues dans un système de servitude plus cruel que ne l'a jamais été l'esclavage africain, puisqu'il prétend tenir à la fois le corps et l'âme. » — Ann Eliza Young, Wife No. 19, or The Story of a Life in Bondage, Dustin, Gilman & Co., Hartford, 1876[76]
Le retentissement du témoignage d'Ann Eliza Young dans la presse nationale, au moment où le Congrès durcit la législation antipolygamie, précipite le déclin final de la pratique, officiellement suspendue par l'Église en 1890[77][78].
Mort et succession (29 août 1877)
Brigham Young meurt à Salt Lake City le 29 août 1877, à l'âge de soixante-seize ans, d'une péritonite consécutive à la rupture de son appendice, précédée de plusieurs jours de douleurs abdominales sévères diagnostiquées à l'époque comme un « choléra morbus »[79]. Selon une tradition rapportée ultérieurement, ses dernières paroles auraient été « Joseph ! Joseph ! Joseph ! », invoquant le nom de Joseph Smith ; le compte rendu contemporain du Deseret Evening News (1ᵉʳ septembre 1877) rapporte pour sa part comme dernières expressions : « You are all so good »[80]. Ses funérailles, le 2 septembre suivant, réunissent entre douze et quinze mille personnes dans le Tabernacle selon le New York Times ; le Deseret News, organe de l'Église, compte pour sa part au moins 15 000 personnes à l'intérieur du bâtiment, des milliers d'autres dans les jardins et les rues, soit environ 30 000 personnes au total[81]. Sa fortune personnelle, estimée à environ 600 000 dollars de l'époque, atteste l'ampleur de son succès matériel autant que religieux[82].
Le 4 septembre 1877, le Collège des Douze Apôtres se réunit et choisit John Taylor comme président du Collège, qui assure la direction de l'Église jusqu'à son soutien officiel comme troisième président, le 10 octobre 1880[83]. Young laisse derrière lui une Église bâtie pour durer : selon une estimation rapportée par Church News le 9 juin 2016, il comptait alors quelque 30 000 descendants[84].
Portrait d'un homme : bâtisseur, despote, ou les deux ?
Deux lectures historiographiques opposées
L'historien mormon Leonard J. Arrington, auteur de la biographie de référence Brigham Young: American Moses (1985)[85], y voit un second Moïse américain ; l'historien John G. Turner, dans Brigham Young: Pioneer Prophet (2012), dresse un portrait plus nuancé : interrogé en octobre 2020 par Times & Seasons sur la personnalité de son sujet, il la résume lui-même par « son esprit vif et son sens de l'humour », « sa persévérance », « son esprit créatif », « son adaptabilité », « sa foi », mais aussi « sa combativité »[86] — un homme capable, dans le même temps, d'une générosité personnelle réelle (son foyer accueille aussi des orphelins, que la famille prend en charge[87]) et d'une dureté que Turner, revendiquant une biographie « sans fard », ne dissimule pas[88].
Ce qu'un tel parcours laisse derrière lui
Cette tension entre le bâtisseur visionnaire et le théocrate autoritaire traverse toute l'historiographie de Brigham Young : nul ne conteste sérieusement son génie d'organisateur — colonisation méthodique de tout le Grand Bassin, économie coopérative, institutions d'enseignement, infrastructures de communication —, mais cette même autorité absolue, exercée sans contrepoids institutionnel réel pendant trente ans, a rendu possibles à la fois des enseignements doctrinaux aujourd'hui répudiés par sa propre Église et une tragédie comme Mountain Meadows, dont le poids moral continue de peser sur la mémoire de son gouvernorat.
Le regard catholique sur Brigham Young
Ce que l'on peut reconnaître dans son œuvre de bâtisseur
Un jugement catholique honnête sur Brigham Young reconnaît d'abord ce qui est objectivement admirable dans sa trajectoire : le courage et l'endurance déployés lors de l'exode de 1846-1847, le sens organisationnel qui transforme un désert aride en un ensemble prospère de villes et d'institutions, la générosité personnelle envers de nombreux orphelins et nécessiteux, la ténacité d'un homme parti d'une enfance pauvre et sans instruction. L'Église catholique n'a jamais eu de difficulté à reconnaître, chez des figures extérieures à elle, des qualités humaines réelles de courage et d'organisation — sans que cette reconnaissance implique une quelconque approbation doctrinale.
Un prophétisme vivant qui se contredit lui-même
Le cas de Brigham Young éclaire cependant, de façon particulièrement nette, la fragilité structurelle du modèle mormon du « prophète vivant » qui ne peut, selon sa propre théologie officielle, « conduire l'Église dans l'erreur »[89]. Young a enseigné pendant plus de vingt ans, du haut de son autorité prophétique et en affirmant l'avoir reçue directement de Dieu, une doctrine — l'identification d'Adam à Dieu le Père — que l'Église elle-même a fini par déclarer fausse ; il a enseigné, dans la même période, une doctrine de l'expiation par le sang aujourd'hui présentée comme une rhétorique dépassée ; il a annoncé et justifié théologiquement une exclusion raciale de la prêtrise que l'Église a dû abroger et désavouer publiquement en 1978. Si un homme investi, selon sa propre doctrine, d'une autorité prophétique garantie contre l'erreur a pu enseigner pendant des décennies, au nom de Dieu, des doctrines aujourd'hui répudiées par ses propres successeurs, la question se pose nécessairement : qu'est-ce qui garantit alors que les autres enseignements « prophétiques » de la même chaîne d'autorité sont eux-mêmes exacts ? Cette question structurelle, et l'ensemble du dossier doctrinal qu'elle ouvre, sont développés systématiquement dans Les mormons.
Le canon clos de la Révélation face à la théocratie de Brigham Young
L'Église catholique enseigne, à l'inverse du principe mormon de révélation continue incarnée dans un homme unique, que la Révélation publique s'est achevée avec la mort du dernier apôtre et la clôture du dépôt de la foi[90]. Le Concile Vatican II le rappelle sans ambiguïté :
« L'économie chrétienne, étant l'Alliance Nouvelle et définitive, ne passera donc jamais et aucune nouvelle révélation publique n'est dès lors à attendre avant la manifestation glorieuse de notre Seigneur Jésus Christ (cf. 1 Tm 6, 14 ; Tt 2, 13). » — Concile Vatican II, constitution dogmatique Dei Verbum, n° 4[91]
Cette clôture du dépôt révélé n'exclut ni le développement doctrinal organique ni le magistère vivant de l'Église, mais elle interdit précisément ce que Brigham Young a incarné : l'ajout, par la seule autorité personnelle d'un homme vivant, de doctrines nouvelles présentées comme révélation directe, sans aucun garde-fou théologique capable d'en empêcher la dérive ni d'en garantir la cohérence dans le temps. Le magistère catholique, à l'inverse, ne prétend jamais recevoir de nouvelles révélations publiques : il explicite et défend un dépôt reçu une fois pour toutes, dans des conditions d'engagement (infaillibilité pontificale ou conciliaire) strictement définies et rarissimes — l'exact opposé du régime sous lequel Brigham Young a professé, chaque dimanche pendant trente ans, des enseignements présentés comme paroles de Dieu.
Un jugement qui distingue la personne et l'œuvre
L'Église catholique, en vertu du Responsum de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 5 juin 2001, déclare invalide le baptême conféré dans l'Église fondée sur l'autorité de Joseph Smith et perpétuée par Brigham Young, faute de forme, d'intention et de doctrine trinitaire conformes à la foi chrétienne[92]. Ce jugement doctrinal, rigoureux et sans concession sur le fond, n'implique aucun mépris pour les millions de Saints des derniers jours sincères qui, aujourd'hui comme hier, cherchent Dieu à travers l'héritage laissé par Brigham Young : leur bonne foi personnelle, à l'instar de celle de nombreux membres de communautés issues de la Réforme, demeure entièrement distincte de l'examen objectif de la validité doctrinale du système religieux qu'ils ont reçu en héritage.
Pour aller plus loin
- Joseph Smith (1805-1844) — la biographie complète du fondateur du mormonisme, dont Brigham Young fut l'apôtre le plus proche puis le successeur.
- Les mormons — l'examen doctrinal et apologétique complet de l'Église : nature de Dieu, canon des Écritures, Livre d'Abraham, interdiction raciale de la prêtrise, réponse catholique intégrale.
- Pourquoi n'y aurait-il pas plusieurs dieux ? — l'examen théologique de la doctrine mormone de la pluralité des dieux, à laquelle se rattache la doctrine Adam-Dieu de Brigham Young.
- William Booth (1829-1912) — pour comparer la trajectoire d'un fondateur religieux du XIXᵉ siècle resté, à la différence de Young, dans le cadre du christianisme historique.
- John Wesley (1703-1791) — un autre grand organisateur religieux anglophone, dont le méthodisme influença indirectement la jeunesse religieuse de Brigham Young.
Notes et références
Jeffery Ogden Johnson, « Determining and Defining "Wife": The Brigham Young Households », Dialogue: A Journal of Mormon Thought, vol. 20, n° 3, automne 1987, p. 57-70. Compte de cinquante-cinq femmes scellées : p. 58 (« fifty-five women were sealed to Brigham Young ») ; quatre scellements du vivant de Smith (juin 1842-mai 1844, dont Lucy Ann Decker, mariée par Smith lui-même le 17 juin 1842) : p. 60 ; quinze scellements de septembre 1844 à mai 1845, dont quatre veuves de Smith scellées à Smith pour l'éternité avec Young comme procurateur (Emily Dow Partridge, Louisa Beaman, Eliza R. Snow, Olive Gray Frost) : p. 61 ; dix-neuf scellements au temple de Nauvoo (7 janvier-6 février 1846), dont six à des maris défunts pour l'éternité (trois à Smith), Young tenant lieu de procurateur : pp. 61-62 ; cas de Zina D. H. Huntington Jacobs (scellée à Smith avant sa mort, scellements confirmés au temple avec Young comme procurateur, 2 février 1846) : pp. 63-64 ; tableau nominatif complet : pp. 65-68. Seize de ces femmes donnent à Young cinquante-sept enfants : « Sixteen women gave birth to Brigham Young's fifty-seven children » (texte intégral en ligne, dialoguejournal.com/.../determining-and-defining-wife, vérifié en octobre 2026). Total de cinquante-cinq corroboré par John G. Turner lui-même : « 55, by my count. There are a couple of cases that I consider ambiguous, but I go with 55 » (entretien Mormon Stories, mormonstories.org/john-turner-brigham-young-pioneer-prophet). L'auteur y relève que « où il passait ses nuits n'était apparemment pas un sujet de discussion domestique » et qu'un nombre significatif des scellements n'étaient probablement pas conjugaux.
1 12 30 70 71Périmètre : huit femmes scellées à Joseph Smith de son vivant, puis scellées à Young pour le temps après la mort de Smith (Emily Dow Partridge, Louisa Beaman, Eliza R. Snow, Olive Gray Frost — Johnson, 1987, p. 61 ; Mary Elizabeth Rollins Lightner, qui écrit : « I was also sealled to B. Young as proxy for Joseph » — Johnson, 1987, p. 61 ; Zina D. H. Huntington — Johnson, 1987, pp. 63-64 ; Rhoda Richards et Maria Lawrence — tableau nominatif, Johnson, 1987, pp. 65-68 ; sur Maria Lawrence, voir aussi Todd Compton, In Sacred Loneliness: The Plural Wives of Joseph Smith, Signature Books, 2001, p. 474, cité par la notice biographique du Joseph Smith Papers Project), plus une neuvième, Olive Andrews, scellée à Smith pour l'éternité par procuration posthume (15 janvier 1846) et à Young pour le temps : George D. Smith, Nauvoo Polygamy: « but we called it celestial marriage », Signature Books, 2011, pp. 635-636. L'inscription de Maria Lawrence parmi les épouses de Young reste discutée dans les synthèses : l'écart d'une unité entre les cinquante-cinq scellées de Johnson et les cinquante-six recensées par la synthèse « List of Brigham Young's wives » (Wikipedia — compilation secondaire ; neuf ex-épouses plurielles de Smith), tient à ces cas limites. Total retenu dans cet article : cinquante-cinq femmes scellées du vivant de Young (Johnson, 1987, p. 58 ; Turner, « 55, by my count ») ; les cinquante-sept enfants nés de seize d'entre elles sont attestés par Johnson (voir [^johnson-1987]). Le chiffre de quarante-six enfants parvenus à l'âge adulte, avancé sans source académique vérifiable, est retiré.
2 11 72Le 4 septembre 1877, les apôtres se réunissent et conviennent que John Taylor sera président du Collège des Douze (« September 4, 1877 — Apostles meet and agree that John Taylor will be President of the Quorum of the Twelve Apostles ») : Wilford Woodruff Papers, chronologie (« Timeline », journaux primaires), entrée du 4 septembre 1877 (wilfordwoodruffpapers.org/timeline, page vérifiée en octobre 2026) ; corroboré par le Religious Studies Center (BYU), « Precept upon Precept: The Succession of John Taylor » (rsc.byu.edu/.../precept-upon-precept-succession-john-taylor), qui cite le journal de Woodruff à cette date, et par le manuel officiel « A Decade of Persecution, 1877–87 » (chap. 33), Church History in the Fulness of Times (churchofjesuschrist.org/study/manual/church-history-in-the-fulness-of-times/chapter-thirty-three) — « In a meeting of this body on 4 September 1877, three important decisions [were made] [...] that Elder John Taylor should be appointed as president of that quorum » — ainsi que par le Presidents of the Church Student Manual, chap. 3, « John Taylor: Third President of the Church » (« Formally sustained on 4 September 1877, the Twelve, with John Taylor as Quorum President, stood in place of the First Presidency until the First Presidency was formally reorganized on 10 October 1880 »). Soutien officiel de John Taylor comme troisième président le 10 octobre 1880, lors de la première assemblée solennelle de ce type : Gordon B. Hinckley, « Solemn Assembly and Sustaining of Church Officers », Ensign, mai 1986 (« Dating from October 10, 1880, when John Taylor was sustained to succeed Brigham Young as prophet, seer, revelator, and President of the Church » — formulation reprise à l'identique dans Ensign, mai 2008, et par la Conférence générale d'avril 2018).
3 83Quelque 30 000 descendants estimés en 2016 — compteur daté, susceptible d'avoir évolué depuis : « Descendants, including General Authority, Observe Brigham Young's Birthday at His Gravesite », Church News, Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, 9 juin 2016 (thechurchnews.com/2016/6/9/23214303) — « Several of President Young's estimated 30,000 descendants gathered [...] on June 1 », à l'occasion du 215ᵉ anniversaire de sa naissance (1ᵉʳ juin 2016). En 1902, le New York Times dénombrait déjà plus de 1 000 descendants directs (« Descendants of Brigham Young to Hold Annual Mass Meetings », 22 juin 1902).
4 84Religious Studies Center, Brigham Young University, Six Days in August: Brigham Young and the Succession Crisis of 1844, rsc.byu.edu/firm-foundation/six-days-august-brigham-young-succession-crisis-1844, consulté en juillet 2026 — mort de Joseph et Hyrum Smith à Carthage le 27 juin 1844 ; retour de Sidney Rigdon à Nauvoo le 3 août 1844 et revendication de succession prononcée le 4 août devant environ six mille fidèles ; retour de Brigham Young le 6 août 1844 ; assemblée du 8 août 1844 ; plus de cent témoignages du phénomène dit du « manteau de Joseph » recueillis a posteriori. Appréciation critique de l'historien Richard Van Wagoner citée : « there is not a shred of irrefutable contemporary evidence » d'une manifestation surnaturelle. Pour le récit complet de la crise de succession, voir joseph-smith.
5 31 32 33Premières missions (État de New York et Haut-Canada), ordination comme ancien (1832), mariage avec Mary Ann Angell (18 février 1834), ordination au Collège des Douze par les Trois Témoins (14 février 1835), présidence du Collège (14 avril 1840) : chronologie officielle du manuel Presidents of the Church Student Manual, chap. 2, « Brigham Young: Second President of the Church » (churchofjesuschrist.org/study/manual/presidents-of-the-church-student-manual/chapter-2, consulté en octobre 2026) — « He married Mary Ann Angell (18 Feb. 1834) » ; « He was ordained one of the original members of the Quorum of the Twelve Apostles by the Three Witnesses (14 Feb. 1835) » ; « He was sustained as President of the Quorum of the Twelve (14 Apr. 1840) » ; rencontre avec Joseph Smith à Kirtland en septembre 1832 (« In September of that year [...] he traveled to Kirtland, Ohio, to meet the Prophet »). Corroboré par le Doctrine and Covenants Student Manual, chap. 49 (« He was ordained a member of the Quorum of the Twelve Apostles in Kirtland, Ohio, on February 14, 1835, and later became the president of that Quorum on April 14, 1840 » ; missions « throughout Upper Canada and in New York » durant ses cinq premières années dans l'Église) et par « The Work of God Rolls Forward », history.churchofjesuschrist.org (« Brigham Young was ordained an Apostle on February 14, 1835, in Kirtland, Ohio » ; « sustained as President of the Quorum of the Twelve Apostles on April 14, 1840 »). La page d'Alexander (2019, p. 27) et celles de Turner (2012, pp. 35-36) précédemment citées, relayées du sourçage encyclopédique sans vérification dans les ouvrages, sont retirées.
6 24 25 26Départ massif de Nauvoo à partir de février 1846, traversée de l'Iowa et hivernage à Winter Quarters (aujourd'hui nord d'Omaha, Nebraska) : « Winter Quarters: Church Headquarters, 1846–1848 », Ensign, septembre 1997 (churchofjesuschrist.org/study/ensign/1997/09/winter-quarters-church-headquarters-1846-1848, consulté en octobre 2026) — « The advance party, the "Company of the Twelve," began crossing the Mississippi River on 4 February 1846 » ; « Winter Quarters (today's north Omaha, Nebraska) » ; « 5 April 1847—Members of the advance, exploratory company head west. 21–24 July 1847—Advance, exploratory company enters the Great Basin ». Chronologie officielle : « 1847, April President Brigham Young's pioneer company left Winter Quarters on the journey west » et « 1847, July 24 President Brigham Young entered the Salt Lake Valley » (« Church History Chronology and Maps », manuel officiel de l'Église, churchofjesuschrist.org/.../church-history-chronology-and-maps). La référence à Alexander (2019) précédemment citée sans page, relayée du sourçage encyclopédique, est retirée.
7 35Spencer W. Kimball, discours de clôture de la session générale de la prêtrise, Conférence générale d'octobre 1976, reproduit dans Church News (supplément du Deseret News), 9 octobre 1976, sous le titre « Adam-God Theory Denounced » : « We warn you against the dissemination of doctrines which are not according to the scriptures and which are alleged to have been taught by some of the General Authorities of past generations. Such, for instance, is the Adam-God theory. We denounce that theory and hope that everyone will be cautioned against this and other kinds of false doctrine. » (« Nous vous mettons en garde contre la diffusion de doctrines qui ne sont pas conformes aux Écritures et dont on prétend qu'elles ont été enseignées par certaines Autorités générales des générations passées. Telle est, par exemple, la théorie Adam-Dieu. Nous dénonçons cette théorie [...]. ») Recontrôlé en ligne en octobre 2026 : texte et référence (CR, oct. 1976, 115) corroborés mot à mot par la page officielle « Church Response to Jon Krakauer's Under the Banner of Heaven », Newsroom de l'Église (newsroom.churchofjesuschrist.org/article/church-response-to-jon-krakauers-under-the-banner-of-heaven).
8 65Essai officiel « Peace and Violence among 19th-Century Latter-day Saints », Gospel Topics Essays, Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (churchofjesuschrist.org) : le concept d'« expiation par le sang » (Brigham Young, Journal of Discourses 4:53-54 ; Heber C. Kimball, Journal of Discourses 7:16-21) y est décrit comme un morceau de choix de la rhétorique anti-mormone du XIXᵉ siècle ; « While many of the exaggerated claims that appeared in the popular press are easily disproven, it is likely that in at least one instance, a few Latter-day Saints acted on this rhetoric » (« Bien que la plupart des affirmations extravagantes parues dans la presse populaire soient facilement réfutables, il est probable que dans au moins un cas, quelques Saints des derniers jours aient agi sur la base de cette rhétorique ») ; la plupart des Saints y virent, selon l'historien Paul Peterson cité par l'essai, une « hyperbole » destinée à effrayer pour ramener à l'obéissance.
9 69Will Bagley, Blood of the Prophets: Brigham Young and the Massacre at Mountain Meadows, University of Oklahoma Press, Norman, 2002, xxii + 493 p. ISBN 978-0-8061-3439-4. Ouvrage récompensé par le Spur Award (Western Writers of America), le Bancroft History Prize (Denver Public Library) et le Caughey Book Prize (Western History Association). Thèse controversée selon laquelle Brigham Young aurait orchestré ou couvert le massacre : chap. 13, entrée du journal de l'interprète mormon Dimick Huntington sur la rencontre du 1ᵉʳ septembre 1857 citée pp. 114 et 379 (« Young “encouraged his Indian allies to attack the Fancher Party to make clear to the nation the cost of war with the Mormons” », p. 379). Lecture contestée : W. Paul Reeve et Ardis E. Parshall, recension dans Mormon Historical Studies, printemps 2003 (sur le journal Huntington et le mot « allies » substitué à « grain »).
10 56 57Leonard J. Arrington, Brigham Young: American Moses, Alfred A. Knopf, New York, 1985, xviii + 522 p. ISBN 978-0-394-51022-2. Biographie académique de référence, rédigée par l'ancien historien officiel de l'Église (« Church Historian »). Ouvrage cité ici pour ce statut et pour son sous-titre même — l'« American Moses » repris dans cet article ; la caractérisation développée dans sa préface (« paradoxe américain », Rockefeller/Emerson/Nightingale) est retirée du présent article, sa page exacte n'ayant pu être vérifiée dans l'ouvrage.
13 85Naissance le 1ᵉʳ juin 1801 à Whitingham (comté de Windham, Vermont), de John et Abigail Howe Young : chronologie officielle du manuel Presidents of the Church Student Manual, chap. 2, « Brigham Young: Second President of the Church » (churchofjesuschrist.org/study/manual/presidents-of-the-church-student-manual/chapter-2, consulté en octobre 2026) — « was born 1 June 1801 in Whitingham, Windham County, Vermont, to John and Abigail Howe Young » ; « His mother died; he began to earn his own living and eventually became a carpenter (1815) ». Neuvième de onze enfants, déménagements fréquents dans l'ouest de l'État de New York, instruction formelle minimale, apprentissage (charpentier, peintre, vitrier), adhésion à l'Église méthodiste en 1824 : Newell G. Bringhurst, « Young, Brigham », Utah History Encyclopedia (1994), en ligne sur History to Go (historytogo.utah.gov/post/young-brigham) — « He was the ninth of eleven children » ; « frequent family moves to various communities throughout upstate New York » ; « His formal education was minimal and he was apprenticed to be a carpenter, painter, and glazier » ; « he formally joined the Methodist Church in 1824 ». Départ du foyer à seize ans, deux ans après la mort de sa mère (tuberculose) : notice officielle « Brigham Young », Church History Topics (churchofjesuschrist.org/study/history/topics/brigham-young) — « Brigham left home at the age of 16, two years after his mother's death from tuberculosis ». Mariage avec Miriam Works (8 octobre 1824) : manuel des présidents, chap. 2 — « He married Miriam Works (8 Oct. 1824) ». Les pages de Turner (2012, pp. 9-36) et d'Arrington (1985, pp. 15-16) précédemment citées pour ces faits, relayées du sourçage encyclopédique sans vérification dans les ouvrages, sont retirées au profit de ces sources officielles.
14 15 17 18Formule rapportée dans « Brigham Young Quotes with Historical Citations », compilation de citations adossées au Journal of Discourses, consultée en juillet 2026 — le volume et la page exacts du Journal of Discourses n'ayant pu être vérifiés, la formule est reprise ici en paraphrase, présentée comme telle. Texte original anglais de la formule rapportée : « Let your prayers and sermons always be short, right to the point. »
16Source primaire : Manuscript History of Brigham Young, 1801-1844 — « April 14th, 1832, I was baptized by Eleazer Miller, who confirmed me at the water's edge. We returned home, about two miles, the weather being cold and snowy; and before my clothes were dry on my back he laid his hands on me and ordained me an elder, at which I marvelled » (baptême le 14 avril 1832, retour d'environ deux miles — près de trois kilomètres — par temps froid et neigeux, ordination comme ancien le jour même, avant même que ses vêtements ne soient secs). Corroboré par « Brigham Young in Mendon, New York: Conversion and Early Life », BYU Church History Sites, Religious Studies Center, Brigham Young University, byujourneys.byu.edu/new-york/brigham-young-in-mendon-new-york-conversion-and-early-life, consulté en juillet 2026 — baptême par Eleazer Miller le 14 avril 1832 dans le ruisseau du moulin de Young, alors gelé ; ordination comme ancien le jour même ; baptême de Miriam Works environ trois semaines plus tard ; mort de Miriam par phtisie le 8 septembre 1832. Mariage avec Miriam Works en octobre 1824, naissance de leur fille Elizabeth le 26 septembre 1825, découverte du Livre de Mormon en 1830 par l'intermédiaire de son frère Phineas Howe Young. Variante : « Living in a Chapter of History », Ensign, octobre 2007, donne le 15 avril 1832 (« On April 15, 1832, a cold and snowy day, Eleazar Miller [...] baptized Brigham Young in his own mill stream ») — le 14 avril, date du témoignage primaire de Young lui-même, est retenu ici.
19 20 21 22 23« Chapter Eighteen: The Mission of the Twelve », Church History in the Fulness of Times, manuel officiel de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, churchofjesuschrist.org/study/manual/church-history-in-the-fulness-of-times/chapter-eighteen, consulté en juillet 2026 — débarquement des Douze Apôtres à Liverpool le 6 avril 1840 ; entre sept et huit mille baptêmes en un an ; impression de cinq mille exemplaires du Livre de Mormon (première édition hors des États-Unis, disponible le 21 février 1841), trois mille recueils de cantiques, deux mille cinq cents volumes du Millennial Star et cinquante mille tracts ; exemplaire du Livre de Mormon remis à l'intention de la reine Victoria avant le départ de Young en avril 1841.
27 28 29Soutien formel comme second président de l'Église le 27 décembre 1847 à Winter Quarters, avec Heber C. Kimball et Willard Richards comme conseillers : « Winter Quarters: Church Headquarters, 1846–1848 », Ensign, septembre 1997 (churchofjesuschrist.org/study/ensign/1997/09/winter-quarters-church-headquarters-1846-1848, consulté en octobre 2026) — « 27 December 1847—Presidents Brigham Young, Heber C. Kimball, and Willard Richards sustained as the First Presidency » ; l'article précise que la décision, mûrie le 5 décembre 1847 (« their deliberations culminated in the prayerful action of sustaining Brigham Young as President of the Church, with Elders Heber C. Kimball and Willard Richards [...] as President Young's counselors »), fut soumise au vote unanime de plus de 1 000 Saints en conférence spéciale. Corroboré par « Church History Chronology and Maps », manuel officiel de l'Église : « 1847, December 27 Brigham Young sustained as President of the Church » (churchofjesuschrist.org/.../church-history-chronology-and-maps). La référence à Alexander (2019) précédemment citée sans page, relayée du sourçage encyclopédique, est retirée.
34 39« The Mormon Trail: A Photographic Exhibit », History to Go, Utah Division of State History, historytogo.utah.gov/post/mormon-trail-exhibit (consulté en octobre 2026) — « Nothing was mentioned in Woodruff's journal at the time about Brigham's having said, "This is the place" » ; « Thirty-three years later, in recalling the 1847 event, Woodruff said that Young [...] said: "It is enough. This is the right place, drive on." » ; et Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, This Is the Right Place, churchofjesuschrist.org/inspiration/this-is-the-right-place — « Our first recorded account of the historic declaration [...] comes from Elder Wilford Woodruff [...]. Speaking at a Pioneer Day celebration in July 1880, Elder Woodruff recounted: "On the 24th, I drove my carriage, with President Young lying on a bed in it, into the open valley..." » (page en erreur serveur — HTTP 500 — lors du recontrôle live d'octobre 2026, réessayée à trois reprises ; contenu cité corroboré par l'index public de la page et par History to Go ci-dessus) Arrivée de Young dans la vallée du Grand Lac Salé le 24 juillet 1847, dans le chariot de l'apôtre Wilford Woodruff, malade et alité depuis deux semaines d'une « fièvre des montagnes » — voir aussi le récit dialogué « This Is the Place », Liahona, juillet 2006 (d'après la vie du président Wilford Woodruff : « But you're too sick! [...] Just lay me in the back of your carriage »). Texte original anglais de la phrase attribuée : « It is enough. This is the right place. Drive on. » Monument dédié le 24 juillet 1947, année du centenaire de l'entrée dans la vallée : Newsroom de l'Église (images de la dédicace du 24 juillet 1947) et Deseret News, 24 juillet 2012 (« dedicated in the pioneer-centennial year of 1947 »).
36 37 38Nomination comme premier gouverneur civil du territoire de l'Utah (entrée en fonction le 3 février 1851), traitement de 1 500 dollars plus 1 000 dollars comme surintendant des affaires indiennes : Newell G. Bringhurst, « Young, Brigham », Utah History Encyclopedia (1994), en ligne sur « Brigham Young », History to Go, Utah Division of State History, historytogo.utah.gov/post/young-brigham ; sur la cession du gouvernorat civil à Alfred Cumming au début avril 1858, voir Richard D. Poll, « The Utah War », Utah History Encyclopedia (1994), en ligne sur History to Go (historytogo.utah.gov/post/utah-war) — « Kane and Cumming came to the Mormon capital in early April. Young immediately surrendered the gubernatorial title ».
40John G. Turner, Brigham Young: Pioneer Prophet, Belknap Press of Harvard University Press, Cambridge (Massachusetts), 2012, xii + 500 p. ISBN 978-0-674-04967-3. Biographie académique indépendante. Sur la théodémocratie de l'Utah territorial, voir également D. Michael Quinn, The Mormon Hierarchy: Extensions of Power, Signature Books, Salt Lake City, 1997, ISBN 978-1-56085-060-1. Les traits de personnalité repris dans cet article suivent le résumé qu'en donne l'auteur lui-même : entretien avec John Turner, Times & Seasons, octobre 2020 (archive.timesandseasons.org/2020/10/john-turner-on-brigham-young, consulté en octobre 2026) — « his sharp wit and sense of humor, his perseverance, his creative mind, his adaptability, his faith, and his combativeness » ; la page exacte de ces traits dans le livre n'ayant pu être vérifiée, ils sont présentés ici comme le résumé de l'auteur, non comme des citations paginées de l'ouvrage. Le même entretien revendique une biographie « sans fard » (« wart-and-all biography ») qui montre aussi « the darker side of President Young ».
41 86 88Plus de 350 colonies fondées à sa mort : manuel officiel Our Heritage: A Brief History of the Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, chap. 7, « Establishing an Ensign to the Nations » : « By 1877, when Brigham Young died, more than 350 colonies had been established » (churchofjesuschrist.org/study/manual/our-heritage/chapter-seven, consulté en octobre 2026). La référence à Alexander (2019) précédemment citée sans page, relayée du sourçage encyclopédique, est retirée.
42« Zion's Cooperative Mercantile Institution », Religious Studies Center, Brigham Young University, rsc.byu.edu/business-religion/zions-co-operative-mercantile-institution, et « Zion's Cooperative Mercantile Institution », Encyclopedia.com, consultés en juillet 2026 — charte de l'Université de Deseret par le gouvernement provisoire de l'« État de Deseret » le 28 février 1850 ; établissement du Télégraphe Deseret reliant Salt Lake City, Provo et Fillmore en 1866-1867 ; fondation de la ZCMI en octobre 1868 avec Brigham Young comme premier président, réduction des prix de vente jusqu'à 20 % sur la farine et le tissu par rapport aux marchands concurrents ; cession de bâtiments et de terrains pour la Brigham Young Academy le 16 octobre 1875.
43 44 45 46« Go and Bring Them In », Ensign, décembre 2006, Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (churchofjesuschrist.org/study/ensign/2006/12/go-and-bring-them-in, consulté en octobre 2026) — proposition de Young en 1855, mise en œuvre pour la première fois cette année-là (« wrote President Brigham Young in 1855 to Edmund Ellsworth [...] This was not the first time President Young had considered using handcarts, but it was the first time he had acted on it ») ; saison 1856 partie trop tard (« not fully prepared for such a large number of immigrants so late in the season of 1856 ») ; à Iowa City, 500 émigrants dans la compagnie Willie, 665 dans la compagnie Martin ; exprès de Grant arrivé le 3 novembre (« On November 3, when the express team delivered Grant's letter to President Young telling of the desperate state of the companies, Brigham Young immediately sent... ») ; entrée de la compagnie Willie à Salt Lake City le 9 novembre (« The Willie company entered Salt Lake City on November 9 »). Les dates de départ détaillées et l'enchaînement des reproches internes, précédemment adossés à une compilation encyclopédique, sont retirés au profit de ce degré corroboré.
47 48 50Bilan humain et sauvetage d'après l'historiographie académique : LeRoy R. Hafen et Ann W. Hafen, Handcarts to Zion, University of Nebraska Press, 1981, pp. 127-131 (compagnie Willie : 68 morts) et pp. 134-138 (compagnie Martin : plus de 145 morts, soit plus de 210 au total) ; Peter D. Bartholomew et Leonard J. Arrington, Rescue of the 1856 Handcart Companies, Brigham Young University, 1993, pp. 17-19 et 28-37 (sauvetage organisé depuis Salt Lake City) ; Wallace Stegner, The Gathering of Zion: The Story of the Mormon Trail, McGraw-Hill, New York, 1964.
49 51« The Utah War », History to Go, Utah Division of State History, historytogo.utah.gov/post/utah-war (consulté en octobre 2026, URL vérifiée) — traversée d'une Salt Lake City désertée par l'armée de Johnston le 26 juin 1858, puis construction de Camp Floyd à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest ; et « The Utah War » (chap. 29), Church History in the Fulness of Times, manuel officiel de l'Église, churchofjesuschrist.org/.../chapter-twenty-nine. Historiographie académique : William P. MacKinnon, At Sword's Point, Part I: A Documentary History of the Utah War to 1858, University of Oklahoma Press, 2008 (décision de Buchanan de remplacer Young comme gouverneur, expédition fédérale, réactions défensives-agressives de Young).
52 53 54Le 11 septembre 1857, « some 50 to 60 local militiamen in southern Utah, aided by some American Indian[s], massacred about 120 emigrants who were traveling by wagon to California » ; « spared only 17 children age six and under » ; lieu-dit Mountain Meadows, « roughly 35 miles southwest of Cedar City » ; victimes « most of them from Arkansas » : essai officiel « Mountain Meadows Massacre », Gospel Topics Essays, Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, churchofjesuschrist.org/study/manual/gospel-topics/mountain-meadows-massacre (consulté en octobre 2026, URL vérifiée) ; repris par Richard E. Turley Jr., « The Mountain Meadows Massacre », Ensign, septembre 2007, pp. 14-21, et la notice « Background on the Mountain Meadows Massacre », Newsroom de l'Église, newsroom.churchofjesuschrist.org/article/mountain-meadows-massacre. Le superlatif (« attaque la plus meurtrière des pistes de l'Oregon et de la Californie »), précédemment adossé à une compilation encyclopédique, est retiré.
55 58Juanita Brooks, The Mountain Meadows Massacre, University of Oklahoma Press, Norman, 1950 (éd. révisée 1962), xxi + 316 p. ISBN 978-0-8061-2318-3. Première étude académique rigoureuse du massacre, fondée sur des archives longtemps restées inaccessibles. Faits retenus dans cet article au degré prouvé par les sources primaires et officielles : Lee, seul des participants à être jugé puis exécuté — exécuté par un peloton d'exécution le 23 mars 1877 sur les lieux mêmes du massacre, « the only person to pay with his life for this notorious crime » (« Courageous Emma Lee Endured Many Hardships in Pioneer Utah », History to Go, Utah Division of State History, historytogo.utah.gov/post/emma-lee, consulté en octobre 2026) ; Lee se présentant dans ses mémoires comme un bouc émissaire sacrifié (« I have been sacrificed in a cowardly, dastardly manner ») : John D. Lee, Mormonism Unvailed (mémoires, source primaire), 1877, pp. 225-226 ; condamnation à mort : Deseret News, « Territorial Dispatches: The Sentence of Lee », 18 octobre 1876, p. 4. Les conclusions propres de Brooks (responsabilité de la milice locale, Lee bouc émissaire commode de la hiérarchie) sont retirées de cet article, leurs pages exactes n'ayant pu être vérifiées dans l'ouvrage.
59 60 61Henry B. Eyring, déclaration de la Première Présidence de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours lue lors de la cérémonie commémorative du 150ᵉ anniversaire du massacre, Mountain Meadows (Utah), 11 septembre 2007. Texte rapporté par « LDS Church issues apology over Mountain Meadows », Deseret News, 12 septembre 2007, et « 150th Anniversary of Mountain Meadows Massacre », Newsroom, Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, newsroom.churchofjesuschrist.org/article/150th-anniversary-of-mountain-meadows-massacre. Le porte-parole de l'Église Mark Tuttle a précisé à l'Associated Press que l'institution évitait délibérément le terme « apology », préférant « profound regret ». Texte original anglais de la citation : « What was done here long ago by members of our church represents a terrible and inexcusable departure from Christian teaching and conduct. »
62 63Brigham Young, discours du 9 avril 1852, Conférence générale, Great Salt Lake City, dans Journal of Discourses, vol. 1, p. 50, éd. F. D. et S. W. Richards, Liverpool, 1855. Texte transcrit et référencé par l'Institute for Religious Research, mit.irr.org/adam-god-doctrine, consulté en juillet 2026. Doctrine désavouée publiquement par le président de l'Église Spencer W. Kimball en octobre 1976 (voir [^kimball-1976]) ; tenue aujourd'hui pour un enseignement personnel erroné de Young, non pour une doctrine officielle de l'Église. Pour l'examen théologique complet de la doctrine mormone de la pluralité des dieux à laquelle se rattache cet épisode, voir Pourquoi n'y aurait-il pas plusieurs dieux ?. Texte original anglais : « When our Father Adam came into the garden of Eden, he came into it with a celestial body, and brought Eve, one of his wives, with him. [...] He is our FATHER and our GOD, and the only God with whom WE have to do. »
64 66Brigham Young, discours prononcé sous la Bowery, Great Salt Lake City, 21 septembre 1856, dans Journal of Discourses, vol. 4, p. 53-54, éd. F. D. et S. W. Richards, Liverpool, 1857. Texte transcrit par la Mormonism Research Ministry, jod.mrm.org/4/51, consulté en juillet 2026. Doctrine de l'« expiation par le sang » aujourd'hui désavouée par l'Église comme rhétorique rigoriste de l'époque de la « Réforme » mormone (1856-1857), non comme pratique institutionnelle — avec la nuance officielle rappelée en [^essai-violence]. Texte original anglais : « There are sins that can be atoned for by an offering upon an altar, as in ancient days; and there are sins that the blood of a lamb, of a calf, or of turtle doves, cannot remit, but they must be atoned for by the blood of the man. »
67Brigham Young, discours du 8 février 1857, Tabernacle mormon, Great Salt Lake City, reproduit dans le Deseret News du 18 février 1857 et dans Journal of Discourses, vol. 4, p. 219-220, éd. F. D. et S. W. Richards, Liverpool, 1857. Texte transcrit par la Utah Lighthouse Ministry, utlm.org/onlineresources/sermons_talks_interviews/jofdvol4p215_221brighambloodatonement.htm, consulté en juillet 2026. Texte original anglais : « if a man was found guilty of adultery, he must have his blood shed. »
68Ann Eliza Young, Wife No. 19, or The Story of a Life in Bondage, Being a Complete Exposé of Mormonism, and Revealing the Sorrows, Sacrifices and Sufferings of Women in Polygamy, introduction de John B. Gough et Mary A. Livermore, Dustin, Gilman & Co., Hartford (Connecticut), 1876, 605 p. — récit primaire de sa campagne publique de 1874-1875 contre la polygamie. Texte original anglais de la citation : « [I have a] desire to impress upon the world what Mormonism really is; to show the pitiable condition of its women, held in a system of bondage that is more cruel than African slavery ever was, since it claims to hold body and soul alike. »
73 74 76 77« In June 1874, however, the Poland Law was passed » : « A Decade of Persecution, 1877–87 » (chap. 33), Church History in the Fulness of Times, manuel officiel de l'Église, churchofjesuschrist.org/.../chapter-thirty-three (consulté en octobre 2026, URL vérifiée) ; « Congress passed the Poland Act in 1874, which strengthened enforcement of the Morrill Act by giving federal judges jurisdiction over antipolygamy prosecution in Utah » : « Antipolygamy Legislation », Church History Topics, churchofjesuschrist.org/study/history/topics/anti-polygamy-legislation.
75Wilford Woodruff, Manifeste officiel (« Déclaration officielle 1 »), 24 septembre 1890, texte canonique publié à la fin de l'édition actuelle de Doctrine et Alliances de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Texte original anglais de la doctrine du « prophète qui ne peut égarer l'Église » : « The Lord will never permit me or any other man who stands as President of this Church to lead you astray. » Pour l'examen complet de cette doctrine à la lumière de l'interdiction raciale de la prêtrise décrétée par Brigham Young en 1852, voir Les mormons.
78 89Mort le 29 août 1877 à Salt Lake City, « des complications résultant d'une appendicite aiguë apparente » (« died [...] on 29 August 1877 of complications resulting from apparent acute appendicitis ») : Newell G. Bringhurst, « Young, Brigham », Utah History Encyclopedia (1994), en ligne sur History to Go (historytogo.utah.gov/post/young-brigham). Le compte rendu contemporain du Deseret Evening News (1ᵉʳ septembre 1877, « Death of President Brigham Young ») décrit un « choléra morbus » complété d'une inflammation des intestins, avec vomissements et crampes pendant plusieurs jours ; il rapporte comme dernières expressions : « You are all so good » — la tradition des « Joseph ! Joseph ! Joseph ! » relève d'un témoignage rapporté ultérieurement.
79 80Funérailles le 2 septembre 1877 au Tabernacle : « Brigham Young's Funeral », The New York Times, 3 septembre 1877 (entre 12 000 et 15 000 personnes) ; compte rendu primaire du Deseret Evening News, 1ᵉʳ septembre 1877 (« Death of President Brigham Young ») : au moins 15 000 personnes à l'intérieur du bâtiment, des milliers d'autres dans les jardins et les rues, environ 30 000 personnes au total et près de 25 000 passées devant la dépouille. Voir aussi Saints, vol. 2, chap. 30, « A Steady, Onward Movement » (histoire officielle de l'Église : le tabernacle rempli pour les funérailles, des milliers d'autres dehors).
81Fortune personnelle calculée à 600 000 dollars à sa mort, faisant de lui l'homme d'affaires le plus fortuné de l'Utah de son temps (« his personal fortune was calculated at $600,000 making him the most successful Utah businessman up to that time » — phrase vérifiée mot à mot sur la page en octobre 2026) : Newell G. Bringhurst, « Young, Brigham », Utah History Encyclopedia (1994), en ligne sur History to Go, Utah Division of State History (historytogo.utah.gov/post/young-brigham).
82La famille Young accueille des orphelins au foyer : histoire officielle Saints, vol. 2, chap. 23, « One Harmonious Whole » (« Sometimes the family also took in orphans, including Ina Maybert, a girl from India ») ; notice biographique officielle « Brigham Young », Church History Topics (churchofjesuschrist.org : « Many of Brigham's children, as well as orphans taken into the family, recorded fond memories of his paternal presence »). Le chiffre précis de cent vingt-quatre orphelins précédemment avancé n'a pas pu être rattaché à une page exacte de Turner (2012) ; il est donc retiré au profit de ce degré prouvé.
87Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum sur la Révélation divine, 18 novembre 1965, n° 4 — « L'économie chrétienne, étant l'Alliance Nouvelle et définitive, ne passera donc jamais et aucune nouvelle révélation publique n'est dès lors à attendre avant la manifestation glorieuse de notre Seigneur Jésus Christ (cf. 1 Tm 6, 14 ; Tt 2, 13). » (texte repris mot à mot de la page vatican.va, revérifiée en ligne en octobre 2026 — l'ancienne formulation de cette note en était une paraphrase, désormais corrigée).
90 91Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Responsum ad propositum dubium de validitate baptismatis apud communitatem « The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints », 5 juin 2001, signé par le cardinal Joseph Ratzinger (préfet) et Tarcisio Bertone (secrétaire), approuvé par saint Jean-Paul II. Publié dans Acta Apostolicae Sedis 93 [2001] 476. Texte intégral sur vatican.va. Commentaire officiel : Cardinal Luis F. Ladaria, S.J., Considerations on the answer of the Congregation for the Doctrine of the Faith concerning the validity of baptism conferred by The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, called « Mormons », L'Osservatore Romano, édition hebdomadaire anglaise, 1ᵉʳ août 2001, p. 4.
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