Saint Joseph Moscati (1880-1927)

Saint Joseph Moscati (1880-1927), médecin napolitain et chercheur en biochimie resté célibataire par vœu, soignait gratuitement les pauvres en voyant en eux le Christ souffrant. Mort subitement à quarante-six ans, il fut canonisé en 1987 par Jean-Paul II et reste le grand saint patron des médecins.

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Giuseppe Moscati — francisé en Joseph Moscati — (1880-1927) est un médecin napolitain, chercheur en biochimie et professeur d'université, resté toute sa vie laïc célibataire par un vœu explicite, et mort subitement à quarante-six ans. Chef de service à l'hôpital des Incurables de Naples et pionnier de l'introduction de l'insulinothérapie en Italie, il est resté dans l'histoire de la médecine pour ses travaux sur le glycogène et les néphrites, et dans celle de la sainteté pour une charité inlassable envers les pauvres, qu'il soignait gratuitement en voyant en eux, disait-il, le Christ souffrant.

Fils d'un magistrat et septième de neuf enfants, il traversa trois épreuves historiques majeures de son temps — l'éruption du Vésuve de 1906, l'épidémie de choléra de 1911 et la Première Guerre mondiale — en risquant sa vie pour ses patients. Renonçant à une carrière universitaire plus prestigieuse pour rester au chevet des malades, il unissait à chaque consultation la prescription de remèdes et l'invitation discrète à la confession et à l'Eucharistie, persuadé que l'âme et le corps se soignent ensemble.

Béatifié le 16 novembre 1975 par le pape Paul VI et canonisé le 25 octobre 1987 par saint Jean-Paul II, Moscati est devenu l'un des grands modèles catholiques de la sainteté laïque au cœur de la science moderne — une figure de proue pour les médecins, aux côtés d'autres figures contemporaines de la même génération de sainteté comme sainte Gianna Beretta Molla ou saint Pier Giorgio Frassati. Cet article retrace sa biographie, sa carrière scientifique, sa spiritualité eucharistique et le chemin qui le mena de la salle d'autopsie des Incurables jusqu'aux autels de Saint-Pierre.

En quelques dates

La vie de Giuseppe Moscati tient en quarante-six années, mais elle traverse l'histoire de Naples et de l'Italie de plein fouet : une jeunesse studieuse dans une famille de magistrats, une carrière médicale et scientifique de tout premier plan, trois catastrophes affrontées en première ligne, et une vie intérieure d'une exigence austère, tenue secrète jusqu'à sa mort.

  1. 25 juillet 1880
    Naissance à Bénévent

    Giuseppe Moscati naît à Bénévent, septième des neuf enfants du magistrat Francesco Moscati et de Rosa De Luca dei Marchesi di Roseto. La famille suit le père à Ancône en 1881, puis s'établit définitivement à Naples en 1884.

  2. 1897
    Baccalauréat avec mention

    Il obtient son diplôme de fin d'études secondaires au lycée Vittorio Emanuele II de Naples, où il a notamment pour professeur le volcanologue Giuseppe Mercalli.

  3. 4 août 1903
    Diplôme de médecine

    Il obtient sa licence en médecine et chirurgie à l'Université de Naples avec une thèse sur l'uréogenèse hépatique, mention maximale.

  4. 1903-1904
    Entrée aux Incurables

    Premier au concours de coadjuteur, il entre à l'hôpital Santa Maria del Popolo, dit « des Incurables ». Son frère Alberto meurt des suites d'un accident de cheval en juin 1904.

  5. Avril 1906
    Éruption du Vésuve

    Il dirige l'évacuation complète de l'hôpital de Torre del Greco, menacé par la coulée volcanique, jusqu'au dernier malade.

  6. 1911
    Choléra et libera docenza

    Réquisitionné par l'inspection sanitaire pendant l'épidémie de choléra de Naples, il obtient la même année sa libera docenza (habilitation à enseigner) en chimie physiologique.

  7. 1914
    Vœu de chasteté et mort de sa mère

    Devant l'image de la Madone du Bon Conseil, dans l'église des Sacramentines de Naples, il fait vœu de chasteté. Sa mère meurt la même année, le 25 novembre.

  8. 1915-1918
    Grande Guerre

    Sa demande de service militaire volontaire est refusée : jugé plus utile comme médecin, il soigne plus de trois mille blessés et malades aux Incurables.

  9. 1919
    Médecin-chef des Incurables

    Il devient primario, dirigeant les services d'anatomie pathologique, de tuberculose et les unités militaires de l'hôpital.

  10. 1922
    Insulinothérapie et clinique médicale

    Il introduit parmi les premiers en Italie le traitement du diabète par insuline, importée d'Amérique, et obtient sa libera docenza en clinique médicale générale.

  11. 12 avril 1927
    Mort subite à Naples

    Après sa messe et sa communion quotidiennes, ses visites hospitalières puis ses consultations chez lui, il meurt en fin d'après-midi dans un fauteuil de son cabinet.

  12. 10 mai 1973
    Décret sur les vertus héroïques

    La Congrégation pour les causes des saints le déclare Vénérable.

  13. 16 novembre 1975
    Béatification par Paul VI

    Le pape Paul VI le béatifie place Saint-Pierre, sur la base de deux guérisons attribuées à son intercession.

  14. 25 octobre 1987
    Canonisation par Jean-Paul II

    Saint Jean-Paul II le canonise place Saint-Pierre, soixante ans après sa mort.

Un fils de magistrat dans le Naples de la fin du XIXᵉ siècle

Naissance à Bénévent et installation à Naples

Giuseppe Moscati naît le 25 juillet 1880 à Bénévent, en Campanie, septième des neuf enfants de Francesco Moscati, magistrat réputé, et de Rosa De Luca dei Marchesi di Roseto, de naissance noble[1]. La famille quitte Bénévent pour Ancône en 1881, au gré des affectations professionnelles du père, avant de s'établir définitivement à Naples en 1884[2]. C'est dans cette ville, alors seconde capitale intellectuelle et médicale de l'Italie unifiée, que Giuseppe grandit et passe l'essentiel de sa vie.

Il achève sa scolarité élémentaire en 1889, puis entre au lycée Vittorio Emanuele II de Naples, où il obtient en 1897 un diplôme de fin d'études secondaires avec mention[3]. Parmi ses professeurs figure le sismologue et volcanologue Giuseppe Mercalli, dont l'enseignement scientifique rigoureux marquera durablement sa formation intellectuelle[4] — une rencontre que l'histoire chargera d'ironie, puisque Moscati affrontera lui-même, quelques années plus tard, une éruption volcanique majeure.

Le choix de la médecine

Giuseppe s'inscrit à la faculté de médecine de l'Université de Naples deux mois avant la mort soudaine de son propre père[5]. Il y suit l'enseignement de maîtres éminents, notamment Giulio Albini en physiologie expérimentale et Pasquale Castellino en clinique médicale[6]. Selon la tradition biographique la plus constante, ce choix d'études n'était pas un simple projet de carrière : Moscati disait avoir choisi la médecine par « compassion envers les souffrants »[7], et l'accident de cheval qui laissa son frère aîné Alberto handicapé quelque temps avant sa mort, en juin 1904, aurait renforcé cette vocation de soignant[8].

Le 4 août 1903, il obtient sa licence en médecine et chirurgie avec une thèse sur l'uréogenèse hépatique (la formation de l'urée par le foie), soutenue avec la mention maximale[9][10]. Quelques mois plus tard, il se classe premier au concours de coadjuteur pour l'hôpital Santa Maria del Popolo, plus connu sous son nom populaire d'hôpital des Incurables, où il entame en 1903-1904 une carrière hospitalière qui ne le quittera plus jusqu'à sa mort[11].

Une carrière scientifique de tout premier plan

L'ascension à l'hôpital des Incurables

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Entre 1906 et 1911, Moscati est assistant volontaire en physiologie à l'Université de Naples, avant de devenir assistant ordinaire à l'institut de chimie physiologique en 1908[12]. À l'hôpital, il gravit méthodiquement les échelons — coadjuteur ordinaire puis directeur de salle — jusqu'à devenir, en 1919, médecin-chef (primario) des Incurables, où il dirige alors les services d'anatomie pathologique, de tuberculose et les unités réservées aux militaires[13][14]. Sa carrière universitaire progresse en parallèle : libera docenza (habilitation à enseigner) en chimie physiologique en 1911, suppléances en physiologie et en chimie physiologique pendant la guerre (1916-1920), professorat ordinaire de chimie clinique en 1919, puis libera docenza en clinique médicale générale en 1922[15].

Le chercheur du glycogène et des néphrites

Entre 1906 et 1911, la quasi-totalité de ses publications scientifiques porte sur les réactions chimiques du glycogène et d'autres substances dans l'organisme humain, une spécialisation précoce en biochimie qui lui vaut une reconnaissance dans les revues médicales italiennes et internationales[16]. Ses recherches en néphrologie, distinguant plusieurs types de néphrites, comptent parmi ses contributions les plus citées par ses collègues de l'époque[17]. En 1911, année de l'épidémie de choléra napolitaine, il participe au congrès international de physiologie de Vienne et devient membre de la Royal Academy of Surgical Medicine[18].

Pionnier de l'insulinothérapie en Italie

Le fait scientifique le plus souvent retenu de sa carrière est son rôle de pionnier de l'insulinothérapie en Italie. Découverte à Toronto par Frederick Banting et Charles Best au début de l'année 1922 — le prix Nobel de médecine 1923 récompensera Banting et John Macleod pour cette découverte (Best, écarté du palmarès, reçut de Banting la moitié de la somme) —, l'insuline demeure alors un traitement expérimental d'accès très difficile en Europe[19]. Moscati fait partie des tout premiers médecins italiens à s'en procurer et à l'administrer à ses patients diabétiques, en déterminant lui-même le bon dosage thérapeutique, une contribution saluée par ses pairs européens[20]. Le 18 juillet 1923, il est invité au congrès international de physiologie d'Édimbourg[21].

« Ce n'est pas la science, mais la charité, qui a transformé le monde. » — Giuseppe Moscati, parole restée célèbre[22]

La phrase se poursuit ainsi dans sa forme complète : très peu d'hommes sont passés à l'histoire pour leur science, mais tous pourront demeurer impérissables, symboles de l'éternité de la vie — où la mort n'est qu'une étape, une métamorphose vers une plus haute élévation — s'ils se consacrent au bien[23]. Ce mot, chez un chercheur reconnu de son vivant, n'est pas un renoncement à la science : c'est la hiérarchie exacte que Moscati vivait, plaçant la charité au sommet de tout ce que son intelligence lui avait permis d'acquérir.

Le renoncement à la carrière universitaire

Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, Moscati aurait pu privilégier une carrière académique plus prestigieuse, éloignée du contact quotidien avec les malades les plus pauvres. En 1917, alors que ses titres universitaires lui ouvraient des perspectives d'avancement, il renonce à une chaire et à un enseignement universitaire à plein temps pour continuer son travail hospitalier et rester proche des malades, en particulier des blessés qui affluaient du front[24]. Entre l'enseignement magistral et le service direct des pauvres, il choisit systématiquement le second — un choix cohérent avec toute sa vie, où la fonction la plus prestigieuse n'était jamais préférée à la proximité du malade[25].

Sous le feu de l'histoire : Vésuve, choléra, guerre

L'évacuation de l'hôpital de Torre del Greco

Le Vésuve après l’éruption de 1906. Giuseppe Mercalli, reproduit dans le Bulletin de la Société astronomique de France, 1913, p. 339, fig. 142. Wikimedia Commons, domaine public ; sans modification.

En avril 1906, le Vésuve entre en éruption avec une violence inhabituelle : des coulées de lave menacent directement la ville de Torre del Greco, au pied du volcan, où se trouve un hôpital rempli de malades incapables de se déplacer seuls. Moscati, alors jeune médecin, se rend sur place et dirige l'évacuation complète de l'établissement, patient après patient, jusqu'à ce que le dernier soit mis à l'abri — quelques instants à peine, selon le récit le plus répandu, avant que le toit ne s'effondre entièrement sous le poids des cendres et la structure ne cède[26]. Dans son propre rapport sur l'événement, Moscati ne mentionne jamais son rôle personnel, en attribuant tout le mérite au dévouement collectif du personnel hospitalier[27] — un trait de modestie qui restera constant dans toute sa vie publique.

L'épidémie de choléra de Naples (1911)

En 1911, une épidémie de choléra frappe Naples. Le gouvernement fait appel à l'expertise de Moscati, qui est requis par l'inspection sanitaire pour les contrôles de santé publique et la recherche épidémiologique[28]. Il collecte les données de terrain avec méthode et présente un rapport détaillé sur les travaux de réhabilitation urbaine nécessaires pour endiguer la maladie, dont une partie sera effectivement mise en œuvre par les autorités municipales[29]. Cette même année 1911 marque aussi, sur le plan universitaire, l'obtention de sa libera docenza en chimie physiologique et son entrée à la Royal Academy of Surgical Medicine[30] — l'homme de science et l'homme de terrain progressent alors du même pas.

Le service des blessés de la Grande Guerre

Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, Moscati présente une demande de service militaire volontaire, mais celle-ci est rejetée : les autorités le jugent plus utile comme médecin hospitalier, chargé d'assister et de réconforter spirituellement les blessés revenant du front[31]. Il supervise les unités militaires de l'hôpital des Incurables et, selon les estimations biographiques les plus courantes, y soigne plus de trois mille blessés et malades militaires au cours du conflit[32]. Cette période de guerre coïncide, en 1914, avec un tournant personnel majeur : la mort de sa mère et son vœu de chasteté, dont il sera question plus loin.

Une sainteté vécue au chevet des pauvres

« Que celui qui le peut mette quelque chose, que celui qui en a besoin prenne »

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Dans la salle d'attente de son cabinet privé, où il recevait aussi bien de riches patients que des indigents, Moscati faisait afficher une inscription qui réglait, à sa manière, la question des honoraires :

« Que celui qui le peut mette quelque chose, que celui qui en a besoin prenne. » — inscription affichée dans le cabinet de Giuseppe Moscati, Naples[33]

Ce n'était pas une formule creuse : Moscati ne faisait jamais payer les pauvres, leur donnait souvent gratuitement les médicaments qu'il prescrivait, et il n'était pas rare qu'un malade retrouve, glissé dans le flacon rapporté à la maison, un billet de cinquante lires destiné à couvrir les frais de subsistance de la famille[34]. Il visitait lui-même les quartiers les plus pauvres de Naples, montait les escaliers des immeubles insalubres, et rentrait parfois chez lui à pied faute d'avoir gardé de quoi payer le tramway, après avoir tout donné à un patient[35].

Lorsqu'un malade guéri le complimentait ou lui attribuait le mérite d'une guérison, Moscati refusait systématiquement la reconnaissance personnelle et répondait simplement :

« C'est le Seigneur. » — Giuseppe Moscati, réponse habituelle aux compliments de ses patients[36]

Cette humilité rejoint celle d'autres grandes figures de sainteté laïque du XXᵉ siècle, comme saint Pier Giorgio Frassati, dont la charité envers les pauvres de Turin resta elle aussi ignorée de son propre entourage jusqu'à sa mort.

Le vœu de chasteté à la Madone du Bon Conseil

Moscati ne se maria jamais et vécut comme laïc célibataire consacré. En 1914, année où meurt sa mère, il fait un vœu de chasteté devant une image de la Madone du Bon Conseil, vénérée dans l'église des Sacramentines de Naples[37]. Ce vœu, discret et jamais présenté publiquement comme un exploit ascétique, s'inscrit dans la même logique que le reste de sa vie : donner sans retenue, sans se réserver de vie privée qui aurait fait concurrence à sa disponibilité totale envers les malades.

La « cure eucharistique » : soigner l'âme et le corps ensemble

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Le trait le plus singulier de la médecine de Moscati est sans doute sa manière d'associer, sur une même ordonnance, remèdes pharmaceutiques et sacrements. Il est resté dans la mémoire napolitaine pour avoir, à plusieurs reprises, rédigé sur son ordonnancier une véritable prescription eucharistique :

« Cure eucharistique : une communion par jour pendant sept jours. » — prescription attribuée à Giuseppe Moscati sur une ordonnance médicale[38]

Selon la tradition biographique, le malade concerné suivit cette prescription à la lettre et se trouva guéri au huitième jour[39]. Pour Moscati, la confession et l'Eucharistie n'étaient pas des compléments pieux extérieurs à son art : il les considérait comme de véritables instruments thérapeutiques qui, agissant d'abord sur l'âme, avaient aussi une incidence sur la guérison du corps[40]. Cette vision s'inscrit dans la grande tradition catholique de l'Eucharistie comme remède du corps et de l'âme,nourriture de vie éternelle bien avant d'être un simple soutien moral.

Sa dévotion quotidienne était réglée avec la même rigueur que sa pratique médicale : messe et communion chaque matin, souvent en servant lui-même le prêtre à l'autel, rosaire porté en permanence, dévotion particulière à la Madone du Rosaire de Pompéi et à sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus[41]. Il considérait sa profession médicale elle-même comme une forme de sacerdoce laïc, exercé au service des âmes autant que des corps[42].

Le crucifix de la salle de dissection

Directeur du service d'anatomie pathologique des Incurables, Moscati fit placer, en hauteur, un crucifix dominant toute la salle où l'on pratiquait les autopsies. Une inscription en latin l'accompagnait, tirée du prophète Osée :

« Je serai ta mort, ô mort » (Osée 13, 14).

Cette parole biblique, que Moscati fit graver au-dessus des tables de dissection, résume toute sa manière de regarder la mort : non comme l'ennemie absolue à laquelle la médecine se heurterait sans espoir, mais comme un adversaire déjà vaincu par le Christ ressuscité[43]. Sur un autre mur de la même salle, il avait fait inscrire une formule dans le même esprit, rappelant que ce lieu où l'on dissèque les morts peut aussi, moyennant l'étude scientifique la plus rigoureuse, servir la vie[44].

Une mort subite

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Le 12 avril 1927, Moscati suit exactement le rythme de ses journées ordinaires. Il assiste à la messe du matin, y reçoit la communion — comme chaque jour de sa vie d'adulte —, puis passe la matinée à l'hôpital des Incurables auprès de ses patients[45]. De retour chez lui, il se consacre à ses consultations privées jusque vers trois heures de l'après-midi[46]. Se sentant alors fatigué, il s'assied dans un fauteuil de son cabinet — et meurt peu après, sans agonie apparente, à quarante-six ans[47]. Rien, dans cette dernière journée, ne distinguait le médecin d'un jour de travail ordinaire : c'est cette normalité radicale de sa fin qui frappera ensuite ses biographes, à l'image du secret que sa charité avait su garder toute sa vie.

Le chemin vers les autels

La reconnaissance des vertus héroïques

Après une procédure canonique menée sur plusieurs décennies, la Congrégation pour les causes des saints promulgue, le 10 mai 1973, le décret reconnaissant les vertus héroïques de Giuseppe Moscati, qui reçoit alors le titre de Vénérable[48]. La cause avait été formellement introduite à Rome dès le 6 mars 1949[49], après un long travail d'instruction diocésaine mené par la Curie de Naples.

Les trois guérisons attribuées à son intercession

Trois guérisons jugées médicalement inexplicables ont jalonné la reconnaissance officielle de la sainteté de Moscati : deux pour la béatification, une troisième pour la canonisation.

BénéficiairePathologieDate de la guérisonCirconstance
Costantino NazzaroMaladie d'Addison contractée en 19231954Après quatre mois de prières régulières au Gesù Nuovo, il rêve que Moscati l'opère et se réveille guéri[50]
Raffaele PerrottaMéningite cérébro-spinale méningococciqueNuit du 7 au 8 février 1941Sa mère place une photo de Moscati sous son oreiller ; l'enfant se rétablit en quelques heures[51]
Giuseppe MontefuscoLeucémie aiguë myéloblastique, diagnostiquée en 1978 à vingt ans1979Sa mère rêve d'un médecin en blouse blanche identifié par un prêtre comme Moscati ; guérison en moins d'un mois de prières[52]

Ce tableau résume les trois cas retenus par l'Église, chacun instruit avec la rigueur médicale et canonique habituelle des procès de canonisation : experts médicaux consultés, dossiers cliniques examinés, exclusion des explications naturelles connues avant toute reconnaissance officielle du caractère miraculeux[53].

La béatification par Paul VI

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Sur la base des guérisons de Costantino Nazzaro et de Raffaele Perrotta, le pape Paul VI béatifie Giuseppe Moscati le 16 novembre 1975, place Saint-Pierre[54]. Dans son homélie, le pape trace le portrait d'un saint résolument moderne, laïc et savant :

« C'est un laïc, qui a fait de sa vie une mission parcourue avec authenticité évangélique. » — Paul VI, homélie de béatification, 16 novembre 1975[55]

« C'est un médecin, qui a fait de sa profession une palestre d'apostolat, une mission de charité. » — Paul VI, homélie de béatification, 16 novembre 1975[56]

Paul VI insiste sur l'harmonie entre science et foi qui caractérisait toute la personne de Moscati, et sur cette « floraison inlassable, cachée, héroïque, de charité » qui faisait la réputation du professeur Moscati bien avant sa mort[57]. Le pape note aussi la sobriété de cette existence : consacrer sa vie tout entière aux autres, en faisant du bien aux pauvres, en soignant les corps — jusqu'à ce que la mort le surprenne au milieu même de ses visites à ses malades préférés[58].

Le second miracle et la canonisation par Jean-Paul II

Le miracle retenu pour la canonisation fut la guérison de Giuseppe Montefusco, jeune homme de vingt ans atteint d'une leucémie aiguë myéloblastique en 1978 et guéri en 1979 après une neuvaine de prières adressées à Moscati[59]. La canonisation eut lieu le 25 octobre 1987, place Saint-Pierre, devant environ cent mille fidèles, soixante ans après la mort du saint[60]. Dans son homélie, Jean-Paul II reprend et prolonge le portrait tracé douze ans plus tôt par Paul VI :

« Moscati voyait le Christ lui-même dans le malade, qui, dans sa faiblesse, dans sa misère... » — saint Jean-Paul II, homélie de canonisation, 25 octobre 1987[61]

« ...la chaleur humaine avec laquelle Moscati visitait avec sollicitude les malades, spécialement les plus pauvres et abandonnés... » — saint Jean-Paul II, homélie de canonisation, 25 octobre 1987[62]

Le pape souligne également l'intégrité professionnelle du nouveau saint — « homme intègre et chrétien cohérent, il n'hésitait pas à dénoncer les abus »[63] — et rappelle que Moscati trouvait dans son rapport constant avec Dieu la lumière nécessaire pour mieux comprendre sa vocation de médecin[64]. Jean-Paul II présente enfin Moscati comme « une réalisation concrète de l'idéal du chrétien laïc »[65] — la formule même qui résume tout l'enjeu apologétique de cette canonisation : montrer qu'un grand scientifique reconnu par ses pairs peut être, dans le même mouvement, un saint au sens le plus exigeant du terme.

Les reliques et le témoin muet de 1943

Depuis 1930, le corps de Giuseppe Moscati repose dans l'église du Gesù Nuovo à Naples ; en 1977, ses restes furent placés dans une urne de bronze, au centre d'une chapelle qui lui est dédiée[66]. Un objet conservé dans cette même église raconte, à sa manière, la protection dont ce sanctuaire fut l'objet : le 4 août 1943, en pleine guerre, une bombe incendiaire tomba sur le Gesù Nuovo lors d'un raid aérien, ricocha sur le transept gauche et s'ouvrit sans exploser devant l'autel de saint François-Xavier, tandis que l'église voisine de Santa Chiara fut, elle, détruite par le bombardement puis reconstruite[67]. L'engin, rendu inerte, est aujourd'hui exposé dans les espaces attenants à la chapelle Moscati, comme un mémorial silencieux de la guerre et un rappel de la paix[68].

Un modèle de sainteté laïque et scientifique

Giuseppe Moscati occupe, dans l'histoire des saints du XXᵉ siècle, une place particulière : celle d'un chercheur reconnu par ses pairs, publiant dans les revues scientifiques internationales de son temps, et en même temps d'un homme de prière quotidienne et de charité héroïque envers les plus pauvres. Sa sainteté ne s'exerce pas malgré sa science, mais littéralement à travers elle : chaque diagnostic, chaque prescription devient l'occasion d'un acte de charité concrète, jamais dissociée de la vie spirituelle du patient qu'il soigne. En 1923, ce médecin déjà renommé se rendit à Lourdes, où il se fit enregistrer comme médecin au Bureau Médical[69] — un geste qui dit tout de sa manière de tenir ensemble la science et la foi : venu non en thaumaturge mais en confrère, pour observer et servir là où l'Église vérifie avec rigueur ce qu'elle n'affirme jamais à la légère.

Il rejoint ainsi, dans la mémoire catholique contemporaine, d'autres grandes figures de sainteté laïque exercée au cœur d'une profession exigeante : sainte Gianna Beretta Molla, médecin elle aussi, morte en donnant la vie à son enfant plutôt que d'interrompre sa grossesse ; saint Pier Giorgio Frassati, jeune laïc turinois à la charité tout aussi discrète envers les pauvres ; ou encore saint Josemaría Escrivá, apôtre de la sanctification du travail ordinaire. Chacun, à sa manière, incarne cette conviction que la sainteté n'exige pas de quitter le monde, mais de le transformer de l'intérieur par la charité — patronage que Moscati exerce aujourd'hui explicitement pour les médecins, les chercheurs en biochimie et tous ceux qui exercent une profession scientifique exigeante sans renoncer à leur vie intérieure.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Dizionario Biografico degli Italiani, Istituto della Enciclopedia Italiana (Treccani), notice « Giuseppe Moscati, santo » : naissance à Bénévent le 25 juillet 1880 ; scolarité au lycée Vittorio Emanuele II (1889/90-1897, diplôme avec mention) ; études de médecine auprès de G. Albini et P. Castellino ; entrée à l'université deux mois avant la mort de son père ; choix de la médecine par « compassion envers les souffrants » ; licence le 4 août 1903 (thèse sur l'uréogenèse hépatique, mention maximale) ; carrière hospitalière aux Incurables (primario en 1919, services d'anatomie pathologique, tuberculose, unités militaires) ; carrière universitaire (assistant volontaire 1906-1911, assistant ordinaire 1908, libera docenza en chimie physiologique 1911, suppléances 1916-1920, professeur ordinaire de chimie clinique 1919, libera docenza en clinique médicale générale 1922) ; publications 1906-1911 sur les réactions chimiques du glycogène ; contexte du Vésuve (avril 1906, évacuation de l'hôpital de Torre del Greco), du choléra (1911, inspection sanitaire, rapport de réhabilitation urbaine), de la Grande Guerre (supervision des unités militaires des Incurables) ; vœu de chasteté en 1914 devant la Madone du Bon Conseil, dans le contexte du positivisme et du naturalisme scientifique dominant alors la faculté de médecine ; refus des honoraires des pauvres et des prêtres, salaire intégralement remis à sa sœur ; mort le 12 avril 1927 à Naples par épuisement lié à un travail incessant ; translation des reliques à l'église du Gesù Nuovo le 16 novembre 1930 ; béatification 1975 par Paul VI, canonisation le 25 octobre 1987 par Jean-Paul II. URL : treccani.it/enciclopedia/santo-giuseppe-moscati_(Dizionario-Biografico).

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  2. Notice biographique de référence sur Giuseppe Moscati (Wikipedia anglophone, recoupée avec les notices Vatican et Dizionario Biografico Treccani) : né le 25 juillet 1880 à Bénévent, septième des neuf enfants de Francesco Moscati (avocat et magistrat) et Rosa De Luca dei Marchesi di Roseto ; frère Alberto mort le 2 juin 1904 des suites d'un accident de cheval ; scolarité élémentaire achevée en 1889 ; lycée Vittorio Emanuele II (professeur : le volcanologue Giuseppe Mercalli) ; diplôme de fin d'études secondaires en 1897 ; doctorat en médecine à l'Université de Naples en 1903 (thèse sur l'uréogenèse hépatique) ; postes d'assistant à l'hôpital des Incurables dès 1903 ; évacuation héroïque de l'hôpital de Torre del Greco lors de l'éruption du Vésuve de 1906 ; professeur assistant de chimie physiologique en 1908 ; congrès international de physiologie de Vienne en 1911 ; inspecteur de santé publique lors de l'épidémie de choléra de Naples en 1911 ; membre de la Royal Academy of Surgical Medicine en 1911 ; pionnier de l'introduction de l'insulinothérapie en Italie et recherches en diabétologie ; médecin-chef de l'hôpital des Incurables en 1919 ; qualification de libre enseignant en clinique médicale générale en 1922 ; vœu de chasteté perpétuelle ; messe quotidienne ; refus de tout paiement des malades pauvres ; distribution d'argent et de lait aux enfants nécessiteux ; crucifix avec inscription d'Osée 13, 14 placé dans la salle d'autopsie de l'hôpital ; mort subite le 12 avril 1927 après la messe du matin, la communion et les visites hospitalières puis privées jusque vers quinze heures ; cause formellement ouverte le 6 mars 1949 ; béatifié le 16 novembre 1975 par Paul VI ; canonisé le 25 octobre 1987 par Jean-Paul II ; fête liturgique le 16 novembre ; trois miracles reconnus (Costantino Nazzaro 1954, Raffaele Perrotta 1941, Giuseppe Montefusco 1979) ; dépouille inhumée d'abord au cimetière de Poggioreale (1927), exhumée en 1930 et transférée à l'église du Gesù Nuovo de Naples, placée sous l'autel de la chapelle de la Visitation en 1977 ; sanctuaire principal : église du Gesù Nuovo, Naples ; patronage : biochimie, médecins, célibataires. Source de synthèse : en.wikipedia.org/wiki/Giuseppe_Moscati.

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  3. Aleteia, « A volcano, a plague, a war: This doctor-saint has an amazing story », 20 novembre 2020 : évacuation de l'hôpital de Torre del Greco lors de l'éruption du Vésuve d'avril 1906, le toit s'effondrant peu après le dernier malade évacué ; rapport de Moscati attribuant tout le mérite à l'équipe hospitalière sans mentionner son propre rôle ; réquisition par l'inspection sanitaire lors de l'épidémie de choléra de 1911 ; demande de service militaire volontaire rejetée au début de la Première Guerre mondiale, les autorités le jugeant plus utile comme médecin hospitalier ; plus de trois mille blessés et malades soignés aux Incurables pendant le conflit ; refus systématique de tout paiement des patients pauvres, avec des billets de cinquante lires parfois glissés dans les flacons de médicaments rapportés à leur domicile. URL : aleteia.org/2020/11/20/a-volcano-a-plague-a-war-this-doctor-saint-has-an-amazing-story.

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  4. Sur l'introduction de l'insulinothérapie par Moscati en Italie : l'insuline est découverte à Toronto par Frederick Banting et Charles Best au début de 1922 ; Banting et John Macleod reçoivent le prix Nobel de médecine dès 1923 (Best, écarté du palmarès, reçoit de Banting la moitié de la somme) ; Moscati compte parmi les tout premiers médecins italiens à se procurer le produit depuis l'Amérique et à l'administrer à ses patients diabétiques, en déterminant lui-même la posologie ; le 18 juillet 1923, il est invité au congrès international de physiologie d'Édimbourg. Sources recoupées : spels.it, « Il dott. (San) Giuseppe Moscati » ; federagione.org, « Giuseppe Moscati: uomo di fede, uomo di scienza », 11 avril 2019 ; ildiabeteonline.it, dossier du centenaire de l'insuline (2022).

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  5. Giuseppe Moscati, parole restée célèbre, largement reprise dans les recueils de citations catholiques italiens (le-citazioni.it ; it.wikiquote.org, page « Giuseppe Moscati ») : texte original italien intégral : « Non la scienza, ma la carità ha trasformato il mondo, in alcuni periodi; e solo pochissimi uomini son passati alla storia per la scienza; ma tutti potranno rimanere imperituri, simbolo dell'eternità della vita, in cui la morte non è che una tappa, una metamorfosi per un più alto ascenso, se si dedicheranno al bene. »

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  6. Sur le renoncement de Moscati, en 1917, à une chaire universitaire à plein temps pour continuer son travail hospitalier direct auprès des malades pendant la Première Guerre mondiale : notices biographiques recoupées (ilquadrantenews.it, « 12 aprile: San Giuseppe Moscati, medico » ; storienapoli.it, « Giuseppe Moscati, la storia del medico santo che morì aiutando i poveri », 26 octobre 2020 ; personalreporternews.it, « Giuseppe Moscati, una vita per i poveri », 12 avril 2021).

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  7. Sur la mort de Rosa De Luca, mère de Giuseppe Moscati, emportée par le diabète dans la nuit du 25 novembre 1914, et sur la demande de service militaire volontaire de Moscati au déclenchement de la Première Guerre mondiale — refusée car son travail était jugé nécessaire à l'hôpital pour l'assistance médicale et le réconfort spirituel des blessés revenant du front : notices biographiques recoupées (il-viaggiatore.it ; biografieonline.it ; Dizionario Biografico Treccani).

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  8. Saint-Siège, notice biographique officielle pour la canonisation du 25 octobre 1987, « Giuseppe Moscati (1880-1927) — biografia » : carrière hospitalière et universitaire, dévouement gratuit envers les pauvres, texte original de l'inscription affichée dans la salle d'attente de son cabinet : « Chi può metta qualcosa, chi ha bisogno prenda », réglant informellement la question des honoraires médicaux. URL : vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_19871025_moscati_it.html.

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  9. ACI Stampa, « San Giuseppe Moscati: un medico di frontiera » : visites quotidiennes des quartiers pauvres de Naples ; dons d'argent aux malades pour financer leurs médicaments ; refus des honoraires élevés ; premier arrivé et dernier parti à l'hôpital ; réponse habituelle aux compliments de ses patients guéris — texte original : « è il Signore » ; messe et communion quotidiennes, service de l'autel ; port constant du chapelet ; dévotion à la Madone du Rosaire de Pompéi et à sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus ; conception de la profession médicale comme un sacerdoce laïc. URL : acistampa.com/story/13706/san-giuseppe-moscati-un-medico-di-frontiera-13706.

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  10. Sur la prescription dite « cura eucaristica » : selon la tradition biographique napolitaine (ACI Stampa ; Puntofamiglia, « San Giuseppe Moscati, medico: una volta prescrisse a un malato l'Eucaristia », 16 novembre 2023), Moscati rédigea sur une ordonnance médicale la prescription : « Cura eucaristica: una comunione al giorno per sette giorni » (« Cure eucharistique : une communion par jour pendant sept jours »), pour un patient qui se trouva guéri au huitième jour. Moscati considérait la confession et l'Eucharistie comme des instruments thérapeutiques agissant d'abord sur l'âme puis, par ricochet, sur le corps.

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  11. Sur le crucifix de la salle d'autopsie de l'institut d'anatomie pathologique des Incurables, placé en hauteur par Moscati avec l'inscription latine « Ero mors tua, o mors » (Osée 13, 14 : « Je serai ta mort, ô mort »), et sur une seconde inscription murale du même lieu rappelant que la mort étudiée scientifiquement peut « aider la vie » : notices biographiques recoupées (scuolacattolicaoggi.org, « S. Giuseppe Moscati il Santo Medico » ; daddydoctorgym.com).

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  12. Dicastère pour les causes des saints (causesanti.va), fiche « Giuseppe Moscati (1880-1927) » : béatification le 16 novembre 1975 par Paul VI ; canonisation le 25 octobre 1987 par Jean-Paul II, place Saint-Pierre ; mémoire liturgique au 12 avril et au 16 novembre. Complété par les notices biographiques recoupées (scuolacattolicaoggi.org, spels.it, unitreaugusta.it) sur le décret des vertus héroïques du 10 mai 1973 (titre de Vénérable) et la translation des reliques à l'église du Gesù Nuovo, dans une urne de bronze depuis 1977. URL : causesanti.va/it/santi-e-beati/giuseppe-moscati.html.

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  13. Grandenapoli.it, « I tre miracoli del medico santo Giuseppe Moscati » : (1) Costantino Nazzaro, maréchal des agents de garde d'Avellino atteint de la maladie d'Addison depuis 1923, guéri en 1954 après quatre mois de prières régulières au Gesù Nuovo, à la suite d'un rêve où Moscati l'opérait ; (2) Raffaele Perrotta, méningite cérébro-spinale méningococcique grave depuis l'enfance, guéri dans la nuit du 7 au 8 février 1941 après que sa mère eut placé une photographie de Moscati sous son oreiller ; (3) Giuseppe Montefusco, leucémie aiguë myéloblastique diagnostiquée en 1978 à vingt ans, guéri en 1979 après qu'un prêtre eut identifié Moscati comme le médecin en blouse blanche vu en rêve par la mère du malade, à la suite de moins d'un mois de prières. Les deux premiers cas furent retenus pour la béatification (1975), le troisième pour la canonisation (1987).

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  14. Pape Paul VI, homélie de béatification de Giuseppe Moscati, place Saint-Pierre, 16 novembre 1975. Texte original italien (extraits) : « È un Laico, che ha fatto della sua vita una missione percorsa con autenticità evangelica » ; « la sua vita è stata lineare e sublime, quotidiana e straordinaria » ; « È un Medico, che ha fatto della professione una palestra di apostolato, una missione di carità » ; « È uno Scienziato d'alta scuola, noto per i suoi contributi scientifici di livello internazionale » ; « La fama del Professor Moscati brilla per questa fioritura instancabile, nascosta, eroica, di carità » ; « spendere tutto per gli altri, nel beneficare i poveri, nel curare i corpi » ; « la morte lo colse durante le visite dei prediletti malati ». Texte de référence : vatican.va/content/paul-vi/it/homilies/1975/documents/hf_p-vi_hom_19751116.html.

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  15. Saint Jean-Paul II, homélie de canonisation de Giuseppe Moscati, place Saint-Pierre, 25 octobre 1987. Texte original italien (extraits) : « Giuseppe Moscati, medico primario ospedaliero, insigne ricercatore, docente universitario » ; « il Moscati vedeva Cristo stesso nel malato, che, nella sua debolezza, nella sua miseria » ; « il calore umano con cui il Moscati visitava premurosamente i malati, specie i più poveri » ; « Uomo integro e cristiano coerente, non esitava a denunziare gli abusi » ; « Nel costante rapporto con Dio, il Moscati trovava la luce per meglio comprendere » ; « si presenta a noi come un'attuazione concreta dell'ideale del cristiano laico ». Texte de référence : vatican.va/content/john-paul-ii/it/homilies/1987/documents/hf_jp-ii_hom_19871025_canonizzaz-moscati.html.

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  16. Sur la bombe incendiaire non explosée du 4 août 1943 : lors d'un raid aérien allié sur Naples, l'engin tomba sur l'église du Gesù Nuovo, ricocha sur le transept gauche et s'ouvrit sans exploser devant l'autel de saint François-Xavier, tandis que l'église voisine de Santa Chiara fut détruite par le bombardement puis reconstruite ; l'engin, rendu inerte, est conservé et exposé dans les espaces attenants à la chapelle de Giuseppe Moscati au Gesù Nuovo. Source : storienapoli.it, « La chiesa del Gesù Nuovo, un edificio salvo dalle bombe per miracolo », 25 février 2015 ; viaggi-religiosi.it, « Chiesa del Gesù Nuovo a Napoli: Storia, Leggenda e il Culto di San Giuseppe Moscati ».

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  17. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, Paris, 2000, p. 76 : parmi les médecins enregistrés au Bureau Médical figurent deux Italiens portés sur les autels, « Joseph Moscati, venu à Lourdes en 1923, mort quatre ans plus tard, canonisé par Jean-Paul II en 1987, et Gianna Beretta-Molla, venue à Lourdes en 1952 [...] ». Aucun miracle allégué : une visite de médecin, enregistrée au Bureau, qui illustre la synthèse foi-science de toute sa vie.

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