Pape Benoît IV (Benedictus IV) gouverne l'Église romaine de la première moitié de 900 à l'été 903. Le Saint-Siège le présente comme le 117e pape de l'Église catholique, né à Rome, avec un pontificat commencé entre janvier et mai 900 et terminé en juillet 903.[1]
Son pontificat appartient à l'une des zones les plus instables de l'histoire pontificale : Rome sort du concile du Cadavre, de la querelle autour de Formose, des morts rapides de plusieurs papes, et cherche encore un protecteur impérial capable de contenir les factions romaines. Benoît IV est clairement du camp formosien : les sources contemporaines le donnent comme ordonné par Formose, et ses interventions à Langres et Naples continuent la ligne de réhabilitation ouverte par Théodore II puis Jean IX.[2][3]
L'acte le plus visible de son pontificat est le couronnement de Louis l'Aveugle comme empereur à Rome, le 22 février 901. Mais son importance réelle se lit surtout dans des dossiers plus techniques : restauration canonique d'Argrin de Langres, validation de l'élection de Stéphane à Naples, confirmation des privilèges de Fulda, soutien à un évêque oriental réfugié, et défense concrète de la justice ecclésiastique malgré l'extrême fragilité du pouvoir pontifical.[4][5]
« Nous sommes prêts à nous réjouir avec tous dans la prospérité, et à porter secours dans les nécessités. » — Benoît IV au clergé et au peuple de Langres, 31 août 900[6]
Pourquoi Benoît IV compte-t-il ?
Un pape court, mais pas un simple nom dans une liste
Benoît IV ne ressemble pas aux grands papes doctrinaux dont l'œuvre remplit des volumes. Il n'a pas laissé d'encyclique doctrinale au sens moderne, de concile universel, de réforme monumentale, ni même une notice développée dans le Liber Pontificalis. (La troisième lettre conservée est bien intitulée encyclica dans l'édition de Migne, mais c'est une simple lettre circulaire de recommandation, pas un enseignement doctrinal.) Treccani souligne au contraire que, comme pour d'autres papes de cette période, le recueil pontifical ne conserve presque rien : la natio, le nom du père et la durée du pontificat.[7]
Cette pauvreté documentaire ne signifie pas que le pontificat soit vide. Elle dit d'abord la crise de Rome. Les années 897-904 concentrent une instabilité exceptionnelle : annulation et réhabilitation de Formose, fuite de Serge, pontificats très courts, lutte entre aristocratie romaine et clergé, puis explosion violente après la mort de Benoît IV avec Léon V, Christophe et Serge III.[8]
Le continuateur de Jean IX
Jean IX avait tenté de stabiliser Rome par deux moyens : réhabiliter l'héritage de Formose et rattacher l'élection pontificale à une présence impériale capable d'empêcher les violences de faction. Benoît IV reprend cette ligne, mais dans un contexte plus fragile encore : l'empereur Lambert de Spolète est mort le 15 octobre 898, et le trône impérial est vacant au moment où Benoît arrive au pouvoir.[9]
Le nouveau pape ne peut donc pas appliquer pleinement la règle voulue au synode romain de 898, qui prévoyait la présence de missi impériaux (les envoyés de l'empereur) lors des élections et consécrations pontificales. La solution passe par un nouveau protecteur impérial : Louis de Provence, appelé en Italie par des grands du royaume contre Bérenger I, puis accueilli à Rome par Benoît.[10]
Un pape formosien au milieu d'une guerre de mémoire
La querelle formosienne n'est pas un détail de sacristie. Si les ordinations conférées par Formose étaient tenues pour nulles, des prêtres, évêques et décisions ecclésiales entières devenaient contestables. Benoît IV est lui-même concerné : dans son plaidoyer pour Stéphane de Naples, le prêtre formosien Auxilius rapporte le grief antiformosien selon lequel Benoît IV « était de l'ordination conférée par le pape Formose » — un grief qu'il cite pour le réfuter, en défendant la validité des ordinations formosiennes.[11]
Ses décisions à Langres et Naples ont donc un poids doctrinal et institutionnel : il ne se contente pas de défendre des personnes ; il défend la continuité sacramentelle et juridique de l'Église contre une logique de revanche politique.
Les sources principales
Tableau des témoins
| Source | Date | Ce qu'elle apporte | Prudence |
|---|---|---|---|
| Saint-Siège | liste actuelle | 117e pape, début entre janvier et mai 900, fin juillet 903, origine romaine | Notice très brève |
| Liber Pontificalis | tradition romaine, éd. Duchesne | Origine romaine, père Mammole/Mammale, durée, épitaphe transmise | Pas de vraie biographie narrative |
| Lettres de Benoît IV | août 900 (22 et 31 août selon les souscriptions) et sans date | Langres ; Malacène, évêque oriental réfugié ; style pastoral et juridiction romaine | Textes conservés par Migne/Mansi/Mabillon, pas dossier complet |
| Treccani / Ottorino Bertolini | 1966 | Synthèse critique la plus dense : Formose, Louis l'Aveugle, Langres, Naples, Fulda, Malacène, épitaphe | Source secondaire principale |
| Catholic Encyclopedia / New Advent | 1907 | Résumé catholique classique : Mammalus, Louis, Langres, Naples, Reims, Amasée, Fulda, sépulture | Ancienne, à croiser avec Treccani |
| Flodoard de Reims | Xe siècle | Mémoire de l'épitaphe et jugement élogieux ; dossier de Reims | Accès ici par Treccani/New Advent |
Une documentation maigre, mais précise
Le dossier de Benoît IV est paradoxal : peu de sources, mais plusieurs actes très concrets. La notice moderne de New Advent tient en quelques lignes, mais elle énumère presque tous les dossiers : couronnement de Louis l'Aveugle, appui à Argrin de Langres, cause de Stéphane de Naples, excommunication de l'assassin de Foulques de Reims, aide à Malacène, évêque oriental réfugié, privilèges accordés à Fulda et à d'autres monastères.[12]
Treccani complète cette ossature par un contexte politique très dense. L'article d'Ottorino Bertolini montre que Benoît IV n'est compréhensible qu'entre trois foyers : Rome, où les factions s'affrontent ; le royaume d'Italie, secoué par Bérenger I, Louis de Provence et les raids hongrois ; les Églises locales, qui continuent d'appeler Rome comme juridiction suprême malgré la faiblesse matérielle du pape.[13]
Les trois lettres conservées
La tradition imprimée conserve trois lettres de Benoît IV dans la Patrologia Latina 131 : deux lettres de la fin août 900 sur l'affaire d'Argrin de Langres, et une lettre circulaire sans date (intitulée encyclica dans l'édition) recommandant Malacène, évêque réfugié venu d'Orient, et ses compagnons maltraités par des ennemis qualifiés de "Sarrasins" dans le texte latin.[14]
Ces lettres sont précieuses parce qu'elles donnent la voix du pape. Benoît y parle comme évêque de Rome, mais aussi comme serviteur des Églises locales : il convoque un synode au Latran, examine les documents, corrige une sentence antérieure "en mieux" pour cause de nécessité et d'utilité, ordonne l'obéissance au pasteur légitime, et demande l'hospitalité chrétienne pour des réfugiés orientaux.[15][16]
Avant le pontificat : Rome après Formose
Le traumatisme du concile du Cadavre
Pour comprendre Benoît IV, il faut repartir de Formose. Après la mort de ce pape en 896, Étienne VI fit juger son cadavre dans un synode resté célèbre comme le concile du Cadavre. Le corps de Formose fut exhumé, revêtu des ornements pontificaux, puis condamné ; ses ordinations furent attaquées, et le corps fut finalement jeté dans le Tibre selon les récits traditionnels.[17]
Les successeurs immédiats ne purent éviter la fracture. Théodore II, en 897, eut le temps de réhabiliter Formose et de faire replacer sa dépouille à Saint-Pierre. Jean IX, au début de 898, poursuivit cette restauration par un synode romain. Benoît IV hérite donc d'une Rome où la question n'est pas seulement : "qui gouvernera ?" mais : "les actes sacramentels des années précédentes sont-ils encore tenus pour valides ?".[18]
La vacance impériale après Lambert
Jean IX avait mis ses espoirs dans Lambert de Spolète, probablement parce que l'autorité impériale pouvait contenir les violences romaines. Mais Lambert meurt brusquement le 15 octobre 898. Quand Benoît IV succède à Jean IX, la dignité impériale est donc vacante, et le mécanisme protecteur imaginé en 898 ne fonctionne plus.[19]
Treccani insiste sur un point de méthode : les catalogues pontificaux ne permettent pas de fixer avec certitude le mois exact de la consécration de Benoît IV. Selon les calculs, elle oscille entre janvier-début février 900 et mai 900 : seules les dates portées par des actes documentés sont donc assurées.[20]
Une succession dont le calme reste impossible à prouver
On ne connaît pas de désordre explicite lors de l'élection de Benoît IV. Mais l'absence de récit ne suffit pas à démontrer une succession paisible. Les sources sont trop maigres, et l'incertitude sur les mois empêche de savoir si la transition fut rapide ou si un intervalle de plusieurs mois signale des tensions.[21]
La seule certitude solide est que Benoît IV appartient au camp formosien. C'est décisif pour comprendre la suite : ses décisions ne sont pas neutres dans la guerre de mémoire romaine, mais elles cherchent à rétablir un ordre canonique plutôt qu'à nourrir la vengeance.
Le couronnement de Louis l'Aveugle
L'Italie après la défaite de Bérenger
L'arrière-plan politique est violent. Bérenger I, rival de Lambert, reparaît comme roi d'Italie après la mort de celui-ci. Mais le 24 septembre 899, il subit sur la Brenta une défaite humiliante face aux Hongrois. Les envahisseurs ravagent alors une partie de l'Italie du Nord, tandis que Bérenger reste prudemment enfermé dans Pavie puis négocie leur départ.[22]
À l'automne 900, plusieurs grands du royaume d'Italie, dont le puissant marquis de Toscane Adalbert II, appellent Louis de Provence. Celui-ci est acclamé roi d'Italie à Pavie en octobre. Benoît IV semble favorable à cette solution, même si les sources ne permettent pas de détailler son rôle exact.[23]
Le 22 février 901 à Rome
Le fait sûr est que Benoît IV accueille Louis à Rome et le couronne empereur le 22 février 901. Le geste répond à une urgence : la papauté romaine cherche à nouveau un titulaire de la dignité impériale capable de protéger le siège pontifical contre les factions et de restaurer une forme d'ordre public.[24]
Ce couronnement ne doit pas être lu comme une démonstration de force pontificale triomphante. Il est presque l'inverse : Benoît IV a besoin d'un protecteur parce que sa position dans Rome même est précaire. La faiblesse du pape n'annule pas la portée du geste ; elle l'explique.
Le placitum de février 901
Un document original de février 901 montre Louis, devenu "très serein empereur auguste", tenant un placitum (une assemblée judiciaire solennelle) avec le pape dans la grande loggia du palais contigu à la basilique Saint-Pierre. L'affaire concerne l'évêque Pierre de Lucques, qui cherche à récupérer pour son Église des biens dont un citoyen lucquois s'était approprié la possession.[25]
Treccani relève un détail important : onze juges romains participent à la procédure, avec leurs noms. Parmi eux figurent un Théophylacte et un Crescentius. Bertolini discute plusieurs identifications possibles : pour Crescentius, y voir la souche de la grande famille romaine de ce nom ne soulève pas de difficulté particulière ; pour Théophylacte, en revanche, il ne tient pas pour acquise l'identification avec le futur duc et sénateur, et préfère y voir un fonctionnaire pontifical plus modeste. Les noms sont attestés ; les identifications prosopographiques restent des hypothèses. Le placitum laisse donc entrevoir la haute aristocratie et l'administration pontificale au moment où elles vont devenir décisives.[26]
| Dossier | Date | Acteurs | Ce que cela révèle |
|---|---|---|---|
| Couronnement impérial | 22 février 901 | Benoît IV et Louis de Provence | Rome cherche une protection impériale après Lambert |
| Placitum de Saint-Pierre | février 901 | Louis, Benoît, juges romains, évêque de Lucques | Coopération judiciaire entre empereur, pape et élites romaines |
| Diplôme pour Arezzo | 2 mars 901 | Louis, sur intercession pontificale | Benoît agit comme intercesseur ecclésial auprès de l'empereur |
| Départ rapide de Louis | mars 901 | Louis retourne à Pavie | La protection impériale reste trop brève pour stabiliser Rome |
Une espérance immédiatement fragile
Louis date encore de Rome un diplôme du 2 mars 901 en faveur de l'Église d'Arezzo, accordé sur l'intercession de Benoît IV. Mais neuf jours plus tard, il est déjà de retour à Pavie. Son action romaine dure trop peu pour produire un effet durable sur les factions de la ville.[27]
La suite confirmera l'échec : Louis sera finalement vaincu et aveuglé par Bérenger à Vérone en 905, après la mort de Benoît IV. Pour le pape, l'expérience de 901 montre la difficulté tragique de l'époque : Rome a besoin d'un protecteur, mais les protecteurs italiens ou provençaux sont eux-mêmes instables.
Langres : le primat romain au service d'un évêque contesté
Argrin contre Teutbold
L'affaire de Langres est l'un des dossiers les mieux documentés du pontificat. Depuis plus d'une décennie, la succession épiscopale de Langres oppose Argrin à Teutbold. Argrin avait été installé en 888, puis contesté ; Teutbold avait été soutenu par l'archevêque Foulques de Reims et consacré avec l'appui de Stéphane V ; Argrin avait ensuite obtenu de Formose le pallium (l'insigne liturgique de l'autorité métropolitaine), avant d'être déposé par l'antiformosien Étienne VI.[28]
Jean IX avait déjà restauré Argrin en mai 899, à la demande du clergé et du laïcat de Langres. Mais l'affaire n'était pas close. Argrin envoie donc à Benoît IV ses représentants, avec les documents concernant son élection, sa consécration et son intronisation.[29]
Un synode au Latran
Benoît IV ne tranche pas seul dans une formule autoritaire. Sa première lettre explique qu'il a convoqué un synode d'évêques au palais du Latran, examiné les documents et confirmé la ligne de Jean IX. La sentence de Stéphane VI est modifiée "en mieux", non pour humilier un prédécesseur, mais pour cause de nécessité et d'utilité canonique.[30]
« Nous avons convoqué un saint synode dans le palais du Latran [...] et nous lui avons rendu ses droits ecclésiastiques. » — Benoît IV aux évêques et princes des Gaules, 22 août 900[31]
La phrase est capitale. Elle montre un pape faible politiquement, mais encore capable d'exercer une juridiction reconnue au-delà des Alpes. Les Églises de Gaule n'ignorent pas Rome parce que Rome est instable ; elles continuent de porter leurs causes devant le Siège apostolique.
L'obéissance demandée à Langres
La seconde lettre, adressée au clergé et au peuple de Langres, est plus pastorale. Benoît rappelle que les institutions apostoliques et évangéliques obligent Rome à porter la sollicitude de toutes les Églises. Il cite même l'ordre du Christ à Pierre : "Pais mes brebis".[32]
« Nous accordons qu'Argrin, votre pasteur, élu et demandé unanimement par vous, vous préside canoniquement. » — Benoît IV au clergé et au peuple de Langres, 31 août 900[33]
Benoît IV défend ici à la fois l'autorité romaine et la réalité de l'élection locale. Argrin n'est pas imposé contre son Église ; il est reconnu parce que clergé et peuple l'ont demandé, que les documents le prouvent, et que Rome confirme canoniquement son droit.
Naples : défendre une ordination formosienne
La mort d'Athanase II
À Naples, l'évêque et duc Athanase II meurt en 898. Le clergé et les principaux de la cité invitent son oncle paternel, Stéphane, ancien évêque de Sorrente, à accepter la succession épiscopale. Stéphane avait été expulsé de Sorrente environ trente ans plus tôt par une faction adverse et vivait à Naples dans une situation précaire.[34]
Stéphane est déjà évêque — chassé de Sorrente par une faction adverse — et un tel transfert d'un siège à un autre pose une difficulté canonique que Rome seule peut trancher : il subordonne donc son acceptation à l'avis du Siège apostolique. (L'attaque antiformosienne contre cette décision, elle, ne viendra que plus tard, en 904, et visera l'autorité de Benoît IV lui-même, ordonné par Formose.)
Une décision énergique de Benoît IV
Benoît IV répond avec force. Treccani rapporte qu'il approuve l'élection avec sa propre autorité, avec le consentement et la souscription du clergé de la sainte Église romaine : il a donc tenu un concile spécial. Puis il envoie deux évêques, Romain et Cosmas, comme légats du Siège apostolique pour introniser Stéphane à Naples.[35]
Ce dossier confirme la ligne formosienne. Quand Serge III, en 904, fera proclamer à Rome la nullité des ordinations de Formose et de ceux qu'il avait ordonnés, Auxilius rédigera le Libellus in defensionem Stephani episcopi. Le cas napolitain devient ainsi une pièce de la grande défense canonique contre l'annulation rétroactive des ordinations.[36]
Pourquoi l'affaire compte
Naples n'est pas une anecdote locale. C'est une ville importante de l'Italie méridionale byzantine, à la frontière d'intérêts politiques, familiaux et ecclésiastiques. En validant Stéphane, Benoît IV affirme que l'Église ne peut pas être livrée à une logique de purge permanente.
Il y a ici une leçon très actuelle pour l'histoire de l'Église : lorsque des factions veulent refaire le passé pour annuler sacramentellement leurs adversaires, le rôle du Siège romain est de protéger la continuité, la justice et la paix canonique.
Reims : l'excommunication de l'assassin de Foulques
L'assassinat du 17 juin 900
L'archevêque de Reims Foulques (Folco) s'opposait depuis huit ans aux prétentions du comte de Flandre Baudouin II, qui voulait obtenir du roi la concession des abbayes de Saint-Bertin et de Saint-Vaast. Le 17 juin 900, Foulques est assassiné par Winemaro (Guinemer), un vassal de Baudouin II.[37]
La réponse de Benoît IV
Benoît IV excommunie l'assassin — Winemaro lui-même, et non le comte Baudouin — puis écrit à tous les évêques de France pour qu'ils condamnent à leur tour, eodem modo (de la même manière), le meurtrier sacrilège. Le dossier est connu par Folcwin de Lobbes (mort en 990), historien des abbés de Saint-Bertin ; la notice classique renvoie aussi à Flodoard (Histoire de l'Église de Reims, IV, 10).[38][39]
L'affaire montre Rome intervenant directement dans le royaume de France dès les premiers mois du pontificat : un archevêque assassiné, et c'est au Siège apostolique que l'on demande la sanction spirituelle.
Fulda et l'Orient chrétien
La confirmation des privilèges de Fulda
Le 18 mai 901, Benoît IV répond à une demande de l'abbé Huoggo de Fulda et confirme les privilèges du grand monastère fondé dans la tradition de saint Boniface. Treccani note que c'est l'unique privilège de ce type conservé pour Benoît IV, connu par une copie gardée à Fulda.[40]
Fulda n'est pas un monastère quelconque. Il est lié à la mémoire de l'apôtre de la Germanie, à la fidélité à Rome et à la formation intellectuelle du monde carolingien. En confirmant ses privilèges, Benoît IV maintient une tradition déjà attestée sous Benoît III et Jean VIII.[41]
Malacène, un évêque oriental réfugié
La troisième lettre conservée de Benoît IV est une lettre circulaire de recommandation pour Malacène et ses compagnons. Le texte pontifical le présente comme un évêque vénérable de l'Église de Jérusalem (venerabilis episcopus Hierosolymitanae Ecclesiae), dépouillé par les Sarrasins : il ne nomme ni Amasée ni la Cappadoce. Le rattachement à Amasée vient du dossier transmis par le patriarche de Jérusalem Élie III : Malacène cherchait de l'aide pour racheter trente moines prisonniers ; vingt autres auraient préféré être tués plutôt que de fouler la Croix.[42] L'identification à Amasée vient du dossier transmis par le patriarche ; à la retenir, Amasée ne relèverait toutefois pas de la Cappadoce mais de l'Hélénopont, dont elle était la métropole.
Le texte latin de Benoît IV dit que Malacène a été dépouillé par les "Sarrasins", que des chrétiens ont été tués parce qu'ils ne voulaient pas célébrer leur foi, et que trente autres restent retenus en captivité. Il demande alors aux évêques, abbés, comtes, juges et fidèles orthodoxes de l'accueillir, de l'aider, de le laisser passer de ville en ville sans oppression ni rapine.[43]
« Pour l'amour du Dieu tout-puissant [...] venez-leur en aide, afin qu'ils puissent aller saufs de cité en cité, sans aucune oppression. » — Benoît IV, lettre circulaire pour Malacène[44]
Une charité romaine malgré l'ignorance géographique
Treccani relève une nuance intéressante : la lettre du patriarche parlait de "Turcs", peuples des zones voisines de la mer Caspienne, tandis que la lettre pontificale parle de "Sarrasins". L'Occident romain ne distinguait pas clairement les groupes ethniques qui menaçaient les régions arméno-anatoliennes ; le mot "Sarrasins" était plus familier et frappait davantage l'imagination occidentale.[45]
Cette imprécision géographique n'enlève rien à l'essentiel : Benoît IV fait fonctionner la communion chrétienne comme réseau d'hospitalité. Un évêque oriental exilé vient aux seuils de Pierre et Paul ; le pape demande qu'on l'accueille "pour l'amour de Dieu" et par révérence envers les princes des apôtres.
Mort, sépulture et succession
Une mort à l'été 903
Le Saint-Siège donne la fin du pontificat en juillet 903. New Advent parle de l'été 903. Une charte ravennate du 26 juillet 903 (Fantuzzi, t. I, n. VIII), datée de la quatrième année de Benoît IV comme de la troisième année impériale de Louis III (26 juillet, 6e indiction — faisceau convergent vers 903), permet de le tenir encore vivant à cette date, ou au moins de situer très tardivement sa dernière phase.[46][47][48]
Benoît IV est enterré devant Saint-Pierre, près de la porte de Guido. Son épitaphe, transcrite par Flodoard lors d'un voyage à Rome vers 936, le qualifiait de "grand pontife" et de "prélat excellent".[49][50]
« Que tu règnes avec le Christ Dieu, ô Benoît ! » — Épitaphe de Benoît IV à Saint-Pierre, transmise par Flodoard[51]
La mémoire de Flodoard
Flodoard de Reims ne se contente pas de transcrire l'épitaphe. Il consacre aussi à Benoît IV des vers élogieux dans son De triumphis Christi apud Italiam (livre XIV, chapitre 7) — un poème distinct de l'épitaphe elle-même. New Advent rappelle qu'il le loue pour sa haute naissance, sa générosité et son zèle pour le bien public, en lui donnant le titre de "Grand".[52]
Treccani invite cependant à la prudence : les épitaphes pontificales sont souvent élogieuses selon l'usage, et la brièveté du pontificat ne permet pas de mesurer exactement la part d'éloge conventionnel et la part de souvenir historique.[53]
Après Benoît IV : l'explosion de 903-904
Si les conflits romains semblent contenus sous Benoît IV, ils explosent immédiatement après lui. Léon V devient pape, puis est renversé ; Christophe intervient ; Serge III, ancien diacre antiformosien déjà acclamé en 898 puis chassé, revient finalement en janvier 904.[54]
Cette succession violente confirme rétrospectivement le drame du pontificat de Benoît IV. Il n'a pas résolu la crise romaine, mais il a maintenu, pendant un peu plus de trois ans, une ligne de continuité formosienne, de juridiction canonique et de charité ecclésiale dans une ville prête à basculer.
Que retenir de Benoît IV ?
Cinq repères
| Repère | Contenu | Sens historique |
|---|---|---|
| Pape romain | Romain, fils de Mammole/Mammale | Origine romaine attestée, sans indication de milieu social |
| Pape formosien | Ordonné par Formose, continuateur de Jean IX | Défend la validité sacramentelle contre la revanche antiformosienne |
| Pape impérial | Couronne Louis l'Aveugle en 901 | Cherche une protection pour Rome dans une Italie instable |
| Pape juge | Langres et Naples | Rome reste juridiction d'appel malgré sa faiblesse politique |
| Pape de charité | Malacène, évêque oriental réfugié | La communion chrétienne dépasse l'Occident latin |
Une papauté faible, mais encore universelle
Benoît IV n'a pas les moyens d'un Grégoire le Grand, d'un Nicolas Ier ou d'un Léon IX. Pourtant, son pontificat montre une vérité importante : même quand Rome est politiquement fragile, les Églises continuent de lui demander jugement, confirmation et secours.
Langres regarde vers Rome. Naples demande Rome. Fulda demande Rome. Un évêque oriental réfugié passe par Rome. Louis de Provence vient recevoir la couronne impériale à Rome. La ville est instable, mais le Siège de Pierre demeure un centre de communion.
Pour aller plus loin
- Pape Jean IX — prédécesseur formosien, synode de 898 et tentative de stabilisation impériale.
- Pape Formose — centre de la querelle canonique qui structure le pontificat de Benoît IV.
- Pape Benoît III (855-858) — autre pape du haut Moyen Âge confronté aux violences politiques romaines.
- Pape Léon V — successeur immédiat, rapidement renversé dans la crise de 903.
- Pape Serge III — chef du retour antiformosien en 904.
Notes et références
Saint-Siège, fiche officielle "Benedetto IV", page vérifiée directement (HTTP 200) : 117° Papa della Chiesa Cattolica, Inizio pontificato ...I-V.900 (entre janvier et mai 900), Fine pontificato ...VII.903 (juillet 903), Nascita Romano. Contrôle renouvelé le 4 octobre 2026 (HTTP 200) : champs inchangés. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/it/holy-father/benedetto-iv.html.
1 46Ottorino Bertolini, "Benedetto IV, papa", Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 8, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, 1966 : dossier de référence sur l'origine romaine, le contexte formosien, Louis l'Aveugle, Langres, Naples, Fulda, Malacène et la mort de Benoît IV. Texte intégral relu directement le 4 octobre 2026 (HTTP 200) : notice inchangée. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-benedetto-iv_%28Dizionario-Biografico%29/.
2 13 50Auxilius, Libellus in defensionem Stephani episcopi, ch. VI, in E. Dümmler, éd., Auxilius und Vulgarius, Leipzig, 1866 : les adversaires antiformosiens objectent « papa Benedictus neminem inthronizare potuit, eo quod fuerit de ordinatione, quam papa Formosus instituit » (« le pape Benoît n'a pu introniser personne, parce qu'il était de l'ordination que le pape Formose a conférée ») — formule qu'Auxilius rapporte pour la réfuter. Passage vérifié directement le 4 octobre 2026 sur le scan archive.org (identifiant auxiliusundvulga00dm). Cité par O. Bertolini, "Benedetto IV, papa", Treccani DBI, 1966, sous la forme « de ordinatione papae Formosi », « de ordinatione quam papa Formosus instituit » (texte Treccani relu directement le 4 octobre 2026, HTTP 200) ; voir aussi H. K. Mann, "Pope Benedict IV", Catholic Encyclopedia (1907) : Formose « who had ordained him priest » (New Advent, relu directement le 4 octobre 2026, HTTP 200).
3 11O. Bertolini, "Benedetto IV, papa", Treccani DBI, 1966, texte relu directement le 5 octobre 2026 (HTTP 200) : appel de Louis de Provence par les grands d'Italie, accueil à Rome et « e qui lo incoronò imperatore il 22 febbr. 901 » — le quantième du 22 février 901 est donc donné par Treccani, pas seulement le mois.
4 10 23 24Horace K. Mann, "Pope Benedict IV", The Catholic Encyclopedia, vol. 2, New York, Robert Appleton Company, 1907, transcription New Advent : naissance inconnue, mort à l'été 903, fils de Mammalus, couronnement de Louis l'Aveugle, Langres, Naples, Reims, Amasée, Fulda, sépulture à Saint-Pierre. Page relue directement le 4 octobre 2026 (HTTP 200) : contenu conforme, dont le renvoi à Flodoard (Hist. Remensis, IV, 10) pour Reims. URL : https://www.newadvent.org/cathen/02428a.htm.
5 12 39 47 52Benoît IV, seconde lettre sur Langres (Ep. II, Ad clerum et populum Lingonensem : BENEDICTUS episcopus, servus servorum Dei, clero et plebi sanctae Lingonensis Ecclesiae), portant dans le texte imprimé Data II Kalend. Septembris (31 août 900), in Patrologia Latina, t. 131, col. 43, texte latin vérifié directement sur Wikisource, Epistolae (Benedictus IV), relu le 5 octobre 2026. Passage cité : « Cujus auctoritate et vicaricatione divina dispositione freti, cunctis et in prosperitatibus congaudere, et in necessitatibus opem ferre parati sumus » (d'où la traduction littérale « avec tous » : cunctis, sans mention des Églises dans cette clause — le soin de « toutes les Églises », omnium Ecclesiarum curam, appartient à la phrase précédente) ; puis confirmation d'Argrin comme pasteur canoniquement préposé. URL : https://la.wikisource.org/wiki/Epistolae_%28Benedictus_IV%29.
6 32 33O. Bertolini, Treccani DBI, 1966 : absence de notice biographique développée dans le Liber Pontificalis pour Benoît IV ; conservation seulement de la natio, du nom du père et de la durée du pontificat. Référence donnée par Bertolini : L. Duchesne, éd., Le Liber pontificalis, t. II, Paris, 1892, p. 233 (« Mammolus ») ; la formule BENEDICTUS, natione Romanus, ex patre Mammolo, sedit ann. III m. VI d. XV et la n. 1 (Auxilius, App. : Post hunc quoque Iohannem fuit Benedictus, filius Mammali) sont citées ici au second degré via Bertolini — le scan archive.org du t. II de Duchesne n'a pas pu être recoupé directement dans ce run (exemplaire en prêt restreint, vérifié le 4 octobre 2026).
7O. Bertolini, Treccani DBI, 1966 : après la mort de Benoît IV, les violences romaines se manifestent avec Léon V, Christophe et Serge III entre août 903 et janvier 904.
8 54O. Bertolini, Treccani DBI, 1966, texte relu directement le 5 octobre 2026 (HTTP 200) : « Il sinodo romano dell'898 aveva ribadito il principio che alle elezioni e consacrazioni papali fossero presenti missi imperiali, che garantissero il rispetto dell'ordine pubblico e della persona dell'eletto. Ma quando a Giovanni IX succedette B. IV, il principio non poté essere applicato perché perdurava la vacanza del trono imperiale, apertasi con la repentina morte di Lamberto il 15 ott. 898. » ; impossibilité d'appliquer pleinement ce dispositif sous Benoît IV.
9 19Benoît IV, Epistolae, in Patrologia Latina, t. 131, col. 39-44, éd. J.-P. Migne, Paris, 1853 ; texte latin vérifié directement sur Wikisource, d'après l'encodage Corpus Corporum / Université de Zurich. La page conserve trois lettres : deux sur Argrin de Langres et une lettre circulaire intitulée encyclica dans l'édition, recommandant Malacène et ses compagnons (le texte pontifical ne nomme pas Amasée). Texte relu directement le 4 octobre 2026 (HTTP 200). URL : https://la.wikisource.org/wiki/Epistolae_%28Benedictus_IV%29.
14Benoît IV, lettre aux évêques, princes et fidèles des Gaules, portant dans le texte imprimé Data XI Kal. Septemb. (22 août 900), in Patrologia Latina, t. 131, col. 39-41, texte Wikisource : convocation d'un synode au palais du Latran, restitution des droits ecclésiastiques d'Argrin, confirmation du pallium reçu de Formose, défense du privilège apostolique. La date du 31 août 900 parfois donnée pour cette première lettre est celle des répertoires, qui regroupent les deux lettres de Langres (Bertolini, Treccani, les date toutes deux du 31 août 900) ; elle ne traduit pas la souscription imprimée de la première — Data XI Kal. Septemb. (22 août 900), vérifiée directement sur le texte en ligne et relue le 4 octobre 2026 — contrairement à la seconde qui porte Data II Kal. Septembris (31 août 900), également vérifiée directement.
15 30 31Benoît IV, lettre circulaire (intitulée encyclica dans l'édition) recommandant Malacène et ses compagnons, in Patrologia Latina, t. 131, col. 43-44, texte vérifié directement sur Wikisource et relu le 4 octobre 2026. Original : « iste praesens Malagenus venerabilis episcopus Hierosolymitanae Ecclesiae » (aucune mention d'Amasée) ; « a Saracenorum gentibus » ; « alii triginta Christiani... in custodia retinentur » (trente chrétiens retenus) ; « adjutorium illis faciatis » (« venez-leur en aide ») ; demande aux évêques, archevêques, abbés, comtes, juges et fidèles de les accueillir, les héberger et les laisser passer sains et saufs de cité en cité.
16 43 44O. Bertolini, Treccani DBI, 1966, mise en contexte : Théodore II réhabilite Formose en décembre 897 après le synode du Cadavre ; Jean IX poursuit la restauration formosienne au début de 898.
17O. Bertolini, Treccani DBI, 1966 : Jean IX cherche dans la tutelle de Lambert un moyen de soustraire le siège pontifical aux luttes d'intérêts et d'ambitions personnelles ou de groupes à Rome.
18O. Bertolini, Treccani DBI, 1966, texte relu directement le 5 octobre 2026 (HTTP 200) : « lascia oscillare la data della sua consacrazione fra il gennaio - inizi del febbraio (Duchesne) e il maggio (Jaffé-Löwenfeld) del 900 » — l'article suit donc la liste du Saint-Siège (...I-V.900, entre janvier et mai 900) et signale l'incertitude au lieu de reprendre la date précise du 1er février 900 retenue par Wikipedia (qui correspond à la borne basse de la tradition Duchesne).
20 21O. Bertolini, Treccani DBI, 1966 : défaite de Bérenger I face aux Hongrois sur la Brenta le 24 septembre 899, ravages du nord de l'Italie et appel ultérieur à Louis de Provence.
22O. Bertolini, Treccani DBI, 1966, texte relu directement le 4 octobre 2026 : placitum de février 901 dans la loggia du palais proche de Saint-Pierre, avec Louis empereur, Benoît IV et onze juges romains nommés (Stefano, Teofilatto, Gregorio, Graziano, Adriano, Teudero, Leone, Crescenzio, Benedetto, Giovanni, Anastasio) ; pour Théophylacte, Bertolini suit l'avis Gerstenberg (1933) — un fonctionnaire pontifical modeste (saccellarius), non le futur duc et sénateur ; pour Crescentius, aucune difficulté à y voir la souche des Crescentii. Édition indiquée : C. Manaresi, éd., I placiti del "regnum Italiae", t. I, Rome, 1955, n. 111, p. 410-414 — édition non retrouvée en ligne (recherche archive.org négative, vérifiée le 4 octobre 2026) : l'édition Manaresi reste donc citée au second degré, mais le récit de Bertolini est vérifié directement.
25 26O. Bertolini, Treccani DBI, 1966 : diplôme du 2 mars 901 de Louis III en faveur de l'Église d'Arezzo, accordé sur l'intercession de Benoît IV, puis départ rapide de Louis vers Pavie.
27O. Bertolini, Treccani DBI, 1966, texte relu directement le 4 octobre 2026 : dossier d'Argrin de Langres, opposition de Teutbold, interventions de Formose, Étienne VI, Jean IX et Benoît IV ; deux lettres de Benoît IV que Bertolini date toutes deux du 31 août 900, alors que les souscriptions imprimées portent XI Kal. Sept. (22 août) pour la première et II Kal. Sept. (31 août) pour la seconde — voir les deux notes suivantes.
28 29O. Bertolini, Treccani DBI, 1966 : dossier de Stéphane de Naples après la mort d'Athanase II, approbation de Benoît IV avec l'autorité apostolique et le consentement du clergé romain, envoi des évêques Romain et Cosmas comme légats ; lien avec le Libellus in defensionem Stephani episcopi d'Auxilius.
34 35 36O. Bertolini, "Benedetto IV, papa", Treccani DBI, 1966, texte relu directement le 5 octobre 2026 (HTTP 200) : « sappiamo che il papa scomunicò un vassallo del conte di Fiandra Baldovino II, un certo Winedmaro (Guinemer), che il 17 giugno 900 aveva barbaramente trucidato l'arcivescovo di Reims Folco (Foulques), venuto in odio al suo signore perché da otto anni si opponeva alle sue pretese di ottenere dal re la concessione delle abbazie di St. Bertin e di Saint-Vaast » — c'est donc bien l'assassin Winemaro qui est excommunié, non le comte Baudouin ; lettre de Benoît IV à tous les évêques de France pour condamner eodem modo le meurtrier. Source indiquée : Folcwin de Lobbes (m. 990), Gesta abbatum S. Bertini Sithiensium, éd. O. Holder-Egger, MGH Script. XIII, 1881, p. 624 s. — pages MGH non consultées dans leur édition (restent citées via Bertolini) ; le renvoi à Flodoard (Hist. Remensis, IV, 10) est celui de New Advent, vérifié comme référence le 4 octobre 2026 et confirmé en substance par la notice (qui écrit : « excommunicated the assassin of Fulk »).
37 38O. Bertolini, Treccani DBI, 1966, texte relu directement le 5 octobre 2026 (HTTP 200) : « B. IV accolse l'istanza con atto del 18 maggio 901, che conosciamo nella copia conservata a Fulda, unico dei suoi documenti di questa natura che sia giunto sino a noi » — date du 18 mai 901 retenue d'après le corps de l'article ; à noter une divergence interne à Treccani, dont la note bibliographique du même article imprime « conferma del 3 maggio 901 per Fulda » (Jaffé-Löwenfeld, n. 3529) : c'est la date du corps (18 mai) qui est suivie ici.
40 41O. Bertolini, Treccani DBI, 1966, texte relu directement le 4 octobre 2026 : lettre du patriarche Élie III de Jérusalem, Malacène (rattaché par Bertolini à Amasée, « in Cappadocia » — identification ancienne et conjecturale), trente moines prisonniers des Turcs, vingt tués plutôt que de fouler la Croix, rachat de Malacène pour 120 besants ; différence entre "Turcs" dans le dossier oriental et "Sarrasins" dans la lettre pontificale. Le texte pontifical lui-même (relu directement sur Wikisource le 4 octobre 2026) présente Malacène comme évêque de l'Église de Jérusalem, sans nommer Amasée. Amasée, à la retenir, était métropole de l'Hélénopont (Diospontos/Hélénopont), non de la Cappadoce propre.
42 45O. Bertolini, Treccani DBI, 1966, texte relu directement le 4 octobre 2026 : charte ravennate du 26 juillet 903 datée de la quatrième année de Benoît IV, « che lo può far ritenere ancora vivente in quel mese » (formule prudente de Bertolini, qui tient par ailleurs Benoît IV pour déjà mort en août 903). Charte localisée et vérifiée directement le 4 octobre 2026 : M. Fantuzzi, Monumenti ravennati de' secoli di mezzo, t. I, Venise, 1801 (Bertolini imprime « 1501 » par coquille), n. VIII (fonds Archiv. Archiep. Rav.) : « An. 903. Jul. 26... anno... Pontificatus Dni Benedicti Summi Pontificis et Pape in apostolica... sede quarto... anno tertio... die vigesimo sexto Mense Julio Indictione sexta Ravenne » — 4e année de Benoît IV, 3e année impériale de Louis III, 6e indiction : faisceau convergent vers 903.
48Flodoard de Reims, transcription de l'épitaphe de Benoît IV à Saint-Pierre (voyage à Rome vers 936, transcription avec d'autres épitaphes papales). Texte de l'épitaphe vérifié directement dans le Liber Pontificalis, éd. Duchesne, t. II, p. 233, note 2 (d'après P. Mallius / de Rossi, Inscr., t. II, p. 211 ; tombeau pl. 123), scan relu le 4 octobre 2026 : Membra Benedicti hic quarti sacrata quiescunt... / ...Inspector tumuli compuncto dicito corde : / Cum Christo regnes, o Benedicte, Deo. À distinguer de l'éloge poétique que Flodoard consacre par ailleurs à Benoît IV : De triumphis Christi apud Italiam, XIV, 7, in Patrologia Latina, t. 135, col. 831 — comme l'indique Bertolini (« lib. XIV, cap. VII ») : le poème compte quatorze livres (E. Roberts, Flodoard of Rheims and the Writing of History in the Tenth Century, Cambridge UP : fourteen books), la mention de Bertolini est donc correcte et non une coquille ; le chapitre VII De sanctis Joanne, Sergio, Benedicto, Leone atque Christophoro couvre la séquence 898-904, logique au dernier livre. L'incipit « Tum sacra consurgunt Benedicti regmina quarti, Pontificis magni... » et la colonne exacte n'ont pas pu être recoupés au texte dans ce run (tome 135 de Migne non accessible en ligne le 4 octobre 2026). La formule finale « Cum Christo regnes, o Benedicte, Deo » appartient à l'épitaphe transcrite, non à ce passage poétique ; Deo (ablatif, comme Christo régi par cum, le vocatif o Benedicte étant intercalé selon l'hyperbate poétique ordinaire) y est lu en apposition à Christo (le Christ, qui est Dieu).
49 51O. Bertolini, Treccani DBI, 1966 : prudence sur la portée historique des éloges funéraires, malgré les formules pontifex magnus et praesul eximius.
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