Au XIIᵉ siècle, tandis que l'ordre cistercien naissant couvre l'Europe de ses abbayes blanches, l'Angleterre se donne son grand maître spirituel : saint Aelred de Rievaulx. Né en 1110 dans une lignée de prêtres de la frontière anglo-écossaise, formé à la cour raffinée du roi David Ier d'Écosse où il lut Cicéron, il abandonna tout à vingt-quatre ans pour se jeter dans la pauvreté cistercienne de Rievaulx, fille de Clairvaux. Devenu abbé, il dirigea pendant vingt ans une communauté qui compta jusqu'à environ six cent quarante âmes, et écrivit des traités d'une telle profondeur qu'on l'appela le « second Bernard ».
Mais ce que la postérité a surtout retenu de lui, c'est sa doctrine de l'amitié et de la charité. Là où la culture antique avait fait de l'amitié un idéal humain, Aelred en a fait un chemin vers Dieu : « Voici, toi et moi, et j'espère un troisième, le Christ, au milieu de nous. » Cet article retrace le saint lui-même — sa jeunesse, sa conversion, son gouvernement, son œuvre, sa spiritualité, sa maladie héroïque et son culte —, et montre comment ce moine malade et tendre est devenu l'un des plus sûrs maîtres de la vie intérieure que l'Occident ait connus.
L'enfant de la frontière (Northumbrie)
Une lignée de prêtres de Hexham
Aelred — de son nom anglo-saxon Æthelred, « noble conseil » — naît en 1110 à Hexham, en Northumbrie, terre rude de la frontière entre l'Angleterre et l'Écosse.[1] Sa famille n'est pas ordinaire : elle appartient à la vieille élite ecclésiastique anglo-saxonne. Son père, Eilaf, est le dernier d'une lignée de prêtres héréditaires desservant l'église Saint-André de Hexham ; son grand-père, également nommé Eilaf, avait été trésorier de la cathédrale de Durham et gardien des reliques de saint Cuthbert.[2] Que des clercs anglais soient encore mariés et transmettent leur charge de père en fils n'a rien d'exceptionnel dans l'Angleterre d'avant la pleine application de la réforme grégorienne.[3]
Cette ascendance marque Aelred profondément. Il grandit dans la mémoire des saints du Nord — Cuthbert, Wilfrid, les évêques de Hexham — et gardera toute sa vie l'amour de cette tradition : devenu abbé, il écrira lui-même un traité Sur les saints de l'église de Hexham.[4]
Une terre entre deux royaumes
Le contexte importe pour comprendre l'homme. Le nord de l'Angleterre, au début du XIIᵉ siècle, est une zone disputée entre la couronne anglaise des Normands et celle d'Écosse. Aelred sera, par sa naissance même, un homme des deux mondes : anglo-saxon de souche, formé à l'écossaise, écrivant en latin pour toute la chrétienté. Cette position de passeur explique en partie le rayonnement de son œuvre historique, où il s'emploiera à relier la vieille royauté saxonne, la maison d'Écosse et les nouveaux maîtres normands.
À la cour du roi David Ier d'Écosse
Le jeune intendant
Vers l'âge de quatorze ans, Aelred est envoyé à la cour de David Ier, roi d'Écosse (1124-1153), l'un des princes les plus pieux et les plus réformateurs de son temps, fils de sainte Marguerite d'Écosse.[5] L'enfant y est élevé aux côtés de Henri de Northumberland, fils du roi, et de Waldef (le futur saint Waltheof, abbé de Melrose), beau-fils de David. Remarqué pour sa douceur et son intelligence, il gravit les échelons jusqu'à devenir echonomus — intendant, sénéchal, maître de la maison royale —, charge de confiance qui le place au cœur du gouvernement.[6]
Cicéron et le désir d'amitié
C'est à la cour que se forme le futur écrivain. Aelred y lit les classiques, et surtout le De amicitia (« De l'amitié ») de Cicéron, qui le bouleverse.[7] Le jeune homme y découvre une analyse de l'amitié qui répond à une soif déjà présente en lui. Mais il sentira plus tard ce que ce livre, si beau soit-il, ne pouvait pas donner : la source véritable de l'amitié. Devenu moine, il jugera avec lucidité l'enthousiasme de sa jeunesse.
« Cicéron ignorait la vertu de la véritable amitié, puisqu'il en ignorait totalement le principe et la fin, qui sont le Christ. » — saint Aelred, L'Amitié spirituelle[8]
L'épreuve de la cour et le tournant
La cour n'est pas seulement une école de lettres ; c'est un lieu d'ambition, de plaisirs et d'attachements désordonnés. Aelred lui-même, dans le Miroir de la charité, confessera plus tard les affections déréglées de sa jeunesse, ces amours humaines où il chercha le bonheur sans le trouver.[9] Il fut aussi, selon son biographe, en butte à l'hostilité d'un chevalier de la cour — épreuve d'humiliation qui prépara intérieurement sa rupture.[10]
Le tournant vient en 1134. Envoyé par le roi en mission dans le nord de l'Angleterre, Aelred entend parler d'une nouvelle abbaye, fondée trois ans plus tôt dans une vallée sauvage du Yorkshire : Rievaulx. Il s'y rend, en est saisi, et choisit de tout quitter. Le récit de sa découverte du cloître restera l'un des plus émouvants témoignages de conversion du Moyen Âge.
L'entrée à Rievaulx (1134)
Rievaulx, fille de Clairvaux
L'abbaye de Rievaulx avait été fondée en 1132 dans la vallée du Rye, par des moines envoyés directement de Clairvaux par saint Bernard : c'était la première implantation cistercienne durable du nord de l'Angleterre, sous la conduite de l'abbé Guillaume, ancien secrétaire de Bernard.[11] L'idéal y était celui de Cîteaux dans toute sa rigueur primitive : silence, travail manuel, pauvreté, liturgie dépouillée, retour à la lettre de la Règle de saint Benoît telle que l'avaient voulue saint Étienne Harding et les fondateurs de l'ordre.
Le saut dans le cloître
Aelred entra à Rievaulx en 1134, à environ vingt-quatre ans, abandonnant honneurs et avenir.[12] Le contraste fut total : du palais de Roxburgh aux cabanes humides d'une vallée du nord, de la table royale au pain noir des Cisterciens. Pourtant il y trouva aussitôt ce qu'il avait cherché en vain à la cour : un amour qui ne déçoit pas. Sa description du cloître de Rievaulx est demeurée célèbre.
Aelred confia plus tard qu'à Rievaulx il n'avait trouvé personne qu'il n'aimât, se sentant lui-même aimé de tous — ainsi le rapporte Walter Daniel.[13]
Ce témoignage dit tout du génie d'Aelred : il a fait de l'expérience même de la vie commune cistercienne — où des hommes très divers vivent ensemble pour Dieu — le laboratoire de sa doctrine de la charité fraternelle.
Maître des novices, puis abbé de Revesby (1143)
Sa valeur fut vite reconnue. Après un voyage à Rome (vers 1142) pour les affaires de l'ordre, Aelred fut nommé maître des novices de Rievaulx — charge décisive, qui consiste à former les jeunes moines à la vie intérieure.[14] C'est dans ces années qu'il composa, sur l'ordre de saint Bernard lui-même, son premier grand traité, le Speculum caritatis (vers 1142-1143).
En 1143, on lui confia la fondation d'une nouvelle abbaye, fille de Rievaulx : Revesby, dans le Lincolnshire, dont il fut le premier abbé.[15] Il y conduisit douze moines selon la coutume cistercienne — image des douze apôtres autour du Christ — et gouverna cette jeune maison pendant quatre ans, jusqu'à ce que la mort de l'abbé Maurice le rappelle vers la maison mère.
Abbé de Rievaulx (1147-1167)
Le « second Bernard » d'Angleterre
En 1147, Aelred fut élu abbé de Rievaulx, charge qu'il garda jusqu'à sa mort, vingt ans plus tard.[16] Sous son gouvernement, l'abbaye devint le centre spirituel du monachisme anglais. Conseiller des évêques, des abbés et des rois, médiateur dans les conflits, prédicateur recherché, écrivain admiré jusque sur le continent, Aelred mérita le surnom de « second Bernard » : ce que Bernard de Clairvaux avait été pour la France et pour l'Église entière, Aelred le fut, à sa mesure, pour l'Angleterre.[17]
Une abbaye qui « doubla tout »
La croissance de Rievaulx sous Aelred fut spectaculaire. Walter Daniel, son biographe, affirme que l'abbé « doubla tout » : les bâtiments — église, salle du chapitre, chambre des novices, infirmerie, cloître —, les troupeaux, les revenus, et surtout les hommes.[18] À sa mort, la communauté comptait environ cent quarante moines de chœur et près de cinq cents frères convers et serviteurs, soit environ six cent quarante âmes : Rievaulx était devenue l'une des plus grandes abbayes d'Angleterre.[19]
| Rievaulx sous l'abbé Aelred (1147-1167) | |
|---|---|
| Moines de chœur | environ 140 |
| Frères convers et serviteurs | environ 500 |
| Total de la communauté | environ 640 |
| Durée de l'abbatiat | 20 ans |
| Grands chantiers | église, chapitre, noviciat, infirmerie, cloître |
Le cloître comme maison de la charité
Le trait le plus caractéristique du gouvernement d'Aelred ne fut ni le nombre ni les bâtiments, mais un style de charité. Contre une certaine rigueur cistercienne qui pouvait rejeter les faibles, Aelred fit de Rievaulx un lieu d'accueil pour les fragiles, les malades, les inadaptés.
Selon Walter Daniel, la gloire propre de la maison de Rievaulx était d'enseigner par-dessus tout la patience envers les faibles et la compassion, afin que tous — forts ou faibles — y trouvent un lieu de paix.[20]
Cette miséricorde était l'application concrète de sa doctrine : un monastère n'est pas une caserne d'athlètes spirituels, mais une école de charité où le fort porte le faible. Aelred y voyait l'image même de l'Église et du Ciel.
L'œuvre écrite
Un double génie : la spiritualité et l'histoire
Aelred laisse une œuvre considérable, partagée entre traités spirituels, écrits historiques et sermons. Son latin, nourri de l'Écriture, de saint Augustin et de Cicéron, est d'une grande beauté. Il dictait souvent, malade, à ses secrétaires — dont Walter Daniel.
| Œuvre | Titre français | Date (env.) | Genre |
|---|---|---|---|
| Speculum caritatis | Le Miroir de la charité | v. 1142-1143 | Traité spirituel |
| De Iesu puero duodenni | Jésus à douze ans | v. 1153-1157 | Méditation |
| De institutione inclusarum | La Vie de recluse | v. 1160-1162 | Règle de vie |
| De spiritali amicitia | L'Amitié spirituelle | v. 1164-1167 | Dialogue spirituel |
| De anima | De l'âme | v. 1165-1167 | Traité (inachevé) |
| Oratio pastoralis | Prière pastorale | v. 1163-1167 | Prière |
| Genealogia regum Anglorum | Généalogie des rois d'Angleterre | 1153-1154 | Histoire |
| Relatio de Standardo | La Bataille de l'Étendard | v. 1153-1154 | Histoire |
| Vita S. Eduardi regis | Vie de saint Édouard le Confesseur | 1161-1163 | Hagiographie |
| Vita S. Niniani | Vie de saint Ninian | v. 1154-1160 | Hagiographie |
| Homeliae de oneribus | Homélies sur Isaïe | 1163-1164 | Sermons |
Les traités spirituels
Le cœur de l'œuvre est spirituel. Le Speculum caritatis (« Miroir de la charité »), écrit à la demande de saint Bernard, est une grande synthèse sur l'amour : le repos de l'âme en Dieu, le « sabbat » du cœur, la guérison des affections désordonnées.[21] La De institutione inclusarum (« La Vie de recluse »), rédigée pour sa sœur recluse, deviendra l'un des manuels de vie érémitique les plus diffusés d'Europe, jusqu'en France et en Flandre.[22] Le De Iesu puero duodenni (« Jésus à douze ans ») médite tendrement l'épisode de l'Enfant Jésus retrouvé au Temple. Enfin l'Oratio pastoralis (« Prière pastorale ») est la supplication d'un abbé qui tremble pour les âmes confiées à sa charge — l'un des plus beaux textes de spiritualité sacerdotale du Moyen Âge.
Dans cette prière, l'abbé confesse devant Dieu son désir d'aimer les âmes confiées à sa charge tout en craignant de ne pas les aimer assez, et lui demande de se dépenser pour elles sans compter — tel est l'esprit de l'Oratio pastoralis de saint Aelred.[23]
Les écrits historiques
Aelred fut aussi un historien de premier plan. Sa Relatio de Standardo raconte la bataille de l'Étendard (1138), où les Anglais repoussèrent l'armée écossaise ; sa Genealogia regum Anglorum retrace la lignée des rois anglais jusqu'à Henri II, qu'il exhorte à incarner la continuité entre la vieille royauté saxonne et la nouvelle dynastie ; sa Vita S. Eduardi regis, vie de saint Édouard le Confesseur écrite pour la translation des reliques du roi à Westminster en 1163, fixa pour des siècles l'image du saint roi anglais.[24] Aelred met ainsi son talent d'écrivain au service de la réconciliation des peuples et de la sanctification du pouvoir.
Les sermons
Restent enfin de nombreux sermons liturgiques et un cycle d'homélies sur les prophéties d'Isaïe (Homeliae de oneribus propheticis Isaiae), témoins de sa prédication d'abbé.[25]
La spiritualité d'Aelred : la charité et l'amitié
Le Miroir de la charité : le sabbat de l'âme
Toute la pensée d'Aelred part d'une conviction : l'homme a été créé pour le bonheur, et ce bonheur est l'amour de Dieu. Là où les autres créatures ont reçu d'être, d'être bonnes et d'être belles, l'homme a reçu en plus d'être heureux — capable de connaître et d'aimer son Créateur.[26]
Selon saint Aelred, dans Le Miroir de la charité, il n'est pour la créature raisonnable de vrai bonheur que d'adhérer à Dieu.[27]
Le péché a brisé ce repos en dispersant le cœur dans des amours désordonnées ; la charité le restaure en rassemblant toutes les affections vers Dieu. Aelred appelle ce repos retrouvé le sabbat de l'âme — un thème qu'il développe en triple sabbat : l'amour de soi rendu droit, l'amour du prochain, et l'amour de Dieu.
« Dieu est amitié »
Le chef-d'œuvre d'Aelred est le De spiritali amicitia (« L'Amitié spirituelle »), dialogue écrit à la fin de sa vie, où il reprend et christianise le traité de Cicéron.[28] Là où l'Antiquité voyait dans l'amitié un sommet purement humain, Aelred ose une formule audacieuse, mise dans la bouche du jeune moine Yves (Ivo) et reçue par l'abbé :
« Oserai-je dire de l'amitié ce que Jean, l'ami de Jésus, dit de la charité : "Dieu est amitié" ? […] Ce qui est vrai de la charité, je n'hésite pas à l'accorder à l'amitié : celui qui demeure dans l'amitié demeure en Dieu, et Dieu en lui. » — saint Aelred, L'Amitié spirituelle, I, 69-70[29]
L'amitié spirituelle n'est donc pas un simple sentiment : c'est, pour Aelred, une participation à la vie même de Dieu, qui est amour. Il distingue soigneusement trois sortes de liens : l'amitié charnelle (née de la complicité dans le vice), l'amitié mondaine (née de l'intérêt), et l'amitié spirituelle (née entre les justes par une ressemblance de vie et de désirs), seule digne du nom d'amitié vraie.[30]
De l'ami à l'Ami : l'amitié comme chemin vers le Christ
L'originalité d'Aelred est de faire de l'amitié non un détour mais une voie d'ascension vers Dieu. Aimer vraiment un ami pour le Christ, c'est déjà commencer à aimer le Christ ; et de cet amour, l'âme s'élève sans rupture jusqu'à l'amitié avec Dieu lui-même.
« La montée n'est ni trop raide ni contre nature, du Christ inspirant l'amour dont nous aimons notre ami, jusqu'au Christ se donnant lui-même à nous comme notre Ami. » — saint Aelred, L'Amitié spirituelle, III[31]
Cette doctrine culmine dans la phrase la plus célèbre d'Aelred, ouverture de son dialogue, où deux amis qui s'entretiennent de Dieu découvrent une présence :
« Voici, toi et moi, et j'espère un troisième, le Christ, au milieu de nous. » — saint Aelred, L'Amitié spirituelle, I, 1[32]
Pour Aelred, le Christ est le centre vivant de toute amitié vraie : non pas un tiers de trop, mais le bien commun qui unit les amis et les rend plus proches l'un de l'autre à mesure qu'ils s'approchent de lui — écho de la promesse évangélique : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux » (Mt 18, 20).
Une amitié chaste et christique, non sentimentale
La chaleur du langage d'Aelred, son aveu des attachements de jeunesse et l'intensité de ses affections monastiques ont conduit, à l'époque contemporaine, à des lectures anachroniques qui voudraient en faire le patron d'une sexualité que sa doctrine condamne expressément.[33] Or rien n'est plus contraire à sa pensée. Aelred a précisément écrit pour purifier l'affection humaine, non pour la flatter : il confesse comme des fautes les amours déréglées de sa jeunesse, exalte la chasteté comme condition de l'amitié vraie, et subordonne tout sentiment au Christ et à la charité.
L'amitié spirituelle, chez lui, est exigeante : elle suppose la vertu, exclut le péché, et n'a de sens que si elle conduit à Dieu. « Je suis convaincu, écrit-il, que la véritable amitié ne peut exister entre ceux qui vivent sans le Christ. »[34] Lire Aelred comme un héraut des passions désordonnées, c'est inverser exactement son propos : il fut le médecin des affections, non leur complice. Sa tendresse n'est jamais sensualité ; elle est l'épanouissement, dans la grâce, d'un cœur entièrement tourné vers Dieu.
La maladie, la mort et la sainteté
Un corps brisé, une âme rayonnante
Les dix dernières années d'Aelred furent un long martyre physique. Il souffrait d'arthrite, de calculs rénaux, de goutte, et de graves affections pulmonaires ; en 1157, le chapitre général cistercien l'autorisa exceptionnellement à vivre à l'infirmerie et à y manger, contre la règle ordinaire, tant son état était grave.[35] Walter Daniel, qui le soigna, en a laissé un témoignage saisissant.
Walter Daniel, qui le soignait, raconte l'avoir vu, tant il était éprouvé, suspendu dans un drap de lin tenu aux quatre coins pour soulager ses souffrances.[36]
Pourtant, dans ce corps en ruine, l'âme rayonnait. Les moines venaient s'asseoir autour de son lit ; on rapporte que parfois une vingtaine d'entre eux l'entouraient, le touchaient, parlaient librement, tant la douceur de leur père les attirait. L'abbé malade gouvernait par l'amour.
La mort (12 janvier 1167)
Peu avant sa mort, selon le récit de Walter Daniel, un moine pris de folie attaqua le vieil abbé impotent et le jeta dans le feu de l'âtre. Loin de se plaindre, Aelred excusa et bénit son agresseur.
Selon Walter Daniel, Aelred pria ses fils de ne pas le priver de ce vêtement de souffrance, assurant qu'il allait bien et que celui qui l'avait jeté au feu l'avait purifié plutôt que détruit.[37]
Il s'éteignit à Rievaulx le 12 janvier 1167, entouré de ses moines, après vingt ans d'abbatiat et environ cinquante-sept ans de vie.[38] Walter Daniel rapporte que, lorsqu'on lava le corps, les moines n'avaient jamais vu l'abbé bien-aimé aussi apaisé dans son dernier repos.[39]
| Repères chronologiques | Date |
|---|---|
| Naissance à Hexham (Northumbrie) | 1110 |
| À la cour du roi David Ier d'Écosse | vers 1124 |
| Entrée à l'abbaye de Rievaulx | 1134 |
| Maître des novices ; Miroir de la charité | vers 1142-1143 |
| Premier abbé de Revesby (Lincolnshire) | 1143 |
| Abbé de Rievaulx | 1147 |
| L'Amitié spirituelle (dernière grande œuvre) | vers 1164-1167 |
| Mort à Rievaulx | 12 janvier 1167 |
| Confirmation du culte chez les Cisterciens | 1476 |
La Vita de Walter Daniel
Tout ce que nous savons d'Aelred dans le détail vient de la Vita Aelredi écrite, peu après sa mort, par Walter Daniel, moine de Rievaulx qui fut son secrétaire et son infirmier pendant une dizaine d'années.[40] Cette Vie, complétée d'une Lettre à Maurice où l'auteur répond aux critiques, est une source primaire de premier ordre : portrait intime, tendre et précis d'un saint que l'auteur avait connu et aimé. C'est elle qui a fixé l'image durable d'Aelred — le père doux, l'ascète éprouvé, le maître de l'amitié.
Le culte de saint Aelred
Un culte cistercien
Aelred n'a pas connu de procès de canonisation au sens où l'entendra le droit ultérieur ; comme beaucoup de saints du haut Moyen Âge, son culte s'est imposé par la vénération des fidèles et de son ordre. Les Cisterciens le tinrent très tôt pour saint, et l'ordre confirma officiellement son culte en 1476.[41] Son nom est inscrit au Martyrologe romain au 12 janvier, jour où l'Église catholique fait sa mémoire ; les calendriers de la Communion anglicane et de l'Église épiscopalienne le célèbrent aussi à cette date.[42]
« Docteur de la charité et de l'amitié »
La postérité a retenu Aelred comme le grand docteur de la charité et de l'amitié de la tradition occidentale. Son Amitié spirituelle n'a cessé d'être lue, traduite et méditée, jusqu'à connaître au XXᵉ et au XXIᵉ siècle un regain d'intérêt considérable. Sa leçon traverse les siècles : il existe une manière d'aimer les créatures qui ne détourne pas de Dieu mais y conduit, pourvu que le Christ soit « au milieu ».
Pourquoi lire saint Aelred aujourd'hui ?
Dans un monde qui parle sans cesse de relations tout en souffrant d'une solitude inédite, saint Aelred est d'une étonnante actualité. Il enseigne d'abord que l'amitié est sérieuse : non un divertissement, mais une réalité spirituelle qui engage l'âme et qui peut être un chemin de sainteté. Il rappelle ensuite que toute affection demande à être purifiée : on n'aime vraiment qu'en aimant pour le Christ et en lui. Il montre enfin que la faiblesse n'exclut pas de la grâce — lui-même, abbé malade et porté dans un drap, gouverna par la seule douceur, et fit de son monastère une maison où les fragiles trouvaient place.
« Voici, toi et moi, et j'espère un troisième, le Christ, au milieu de nous. » — telle pourrait être, en une phrase, la leçon que saint Aelred laisse à tout chrétien : ne jamais aimer un ami sans inviter le Christ à s'asseoir entre les deux.[43]
Pour aller plus loin
- Saint Bernard de Clairvaux — le grand abbé cistercien qui commanda à Aelred son Miroir de la charité et dont Aelred fut surnommé le « second ».
- Saint Étienne Harding — le fondateur anglais de Cîteaux et de la Charte de charité, à l'origine de l'ordre auquel Aelred consacra sa vie.
- Saint Benoît de Nursie — le père du monachisme occidental, dont la Règle structurait la vie de Rievaulx.
- Saint Anselme de Cantorbéry — l'autre grand maître de la vie intérieure de l'Angleterre médiévale, un peu antérieur à Aelred.
- Saint Thomas Becket — l'archevêque martyr de Cantorbéry, contemporain exact d'Aelred dans l'Angleterre d'Henri II.
- Sainte Hildegarde de Bingen — la grande mystique et docteur du XIIᵉ siècle, contemporaine d'Aelred sur le continent.
Notes et références
Aelred naît en 1110 à Hexham, en Northumbrie (nord de l'Angleterre). Son nom anglo-saxon est Æthelred (« noble conseil »), latinisé en Ailredus, francisé en Aelred ou Ælred. Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » (« Born 1110, Hexham, Northumberland ») ; Wikipédia, « Ælred de Rievaulx » (« début de 1110 à Hexham »).
1Son père, Eilaf, était le dernier d'une lignée de prêtres héréditaires de Saint-André de Hexham ; son grand-père, également nommé Eilaf, avait été trésorier de Durham. Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » : « His father Eilaf was priest of St Andrew's at Hexham; his grandfather Eilaf was treasurer of Durham. »
2Le mariage des clercs et la transmission héréditaire des charges ecclésiastiques étaient encore fréquents en Angleterre aux XIᵉ-XIIᵉ siècles, avant la pleine application de la réforme grégorienne. Wikipédia FR, « Ælred de Rievaulx » : « Fils d'un prêtre marié, caractéristique fréquente en Angleterre aux XIe-XIIe siècles. »
3Aelred composa un opuscule sur les saints et les miracles de l'église de Hexham (De sanctis ecclesiae Haugustaldensis / De miraculis Hagustaldensis ecclesiae, v. 1155). Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx », liste des œuvres historiques.
4Vers quatorze ans, Aelred fut envoyé à la cour de David Ier d'Écosse (roi 1124-1153), fils de sainte Marguerite d'Écosse, où il fut élevé avec le fils du roi, Henri de Northumberland, et avec Waldef (saint Waltheof). Cf. C.S. Lewis Institute, « Profiles in Faith: Aelred of Rievaulx » ; English Heritage, « Aelred of Rievaulx » (« served King David I of Scotland before joining Rievaulx »).
5Aelred s'éleva à la cour jusqu'au rang d'echonomus (intendant / maître de la maison royale, Master of the Household). Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » : « rising to the rank of echonomus (steward or Master of the Household). »
6À la cour, Aelred étudia les classiques, et en particulier le De amicitia de Cicéron, qui marqua durablement sa pensée. Cf. Wikipédia FR, « Ælred de Rievaulx » (« Il y étudie les œuvres de Cicéron ») ; C.S. Lewis Institute, « Profiles in Faith » (« he studied Cicero's On Friendship »).
7Aelred, L'Amitié spirituelle : « It is clear that Cicero did not know the virtue of true friendship, since he was totally ignorant of its source and object, namely Christ » (« Cicéron ignorait la vertu de la véritable amitié, puisqu'il en ignorait totalement le principe et la fin, qui sont le Christ »). Cf. C.S. Lewis Institute, « Profiles in Faith: Aelred of Rievaulx », citations de Spiritual Friendship.
8Dans le Speculum caritatis, Aelred confesse les affections désordonnées de sa jeunesse à la cour. Cf. C.S. Lewis Institute, « Profiles in Faith » ; le récit de conversion d'Aelred évoque sa déception devant les lectures et les amours qui « ne plaisaient plus » faute d'être « adoucies par le miel de Jésus » (Spiritual Friendship).
9Walter Daniel rapporte qu'Aelred subit à la cour le harcèlement d'un chevalier. Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » : « He experienced personal harassment from a knight during this period. »
10L'abbaye de Rievaulx fut fondée en 1132 dans la vallée du Rye (Yorkshire), par des moines envoyés de Clairvaux par saint Bernard, sous l'abbé Guillaume, ancien secrétaire de Bernard. Cf. C.S. Lewis Institute, « Profiles in Faith » (« the Cistercian monastery at Rievaulx... founded by William, formerly Bernard of Clairvaux's secretary ») ; English Heritage, « Rievaulx Abbey ».
11Aelred entra à Rievaulx en 1134, à environ vingt-quatre ans, abandonnant sa carrière à la cour. Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » : « Entered Rievaulx Abbey in 1134 at age twenty-four. » (Wikipédia FR donne 1133 ; le C.S. Lewis Institute, 1132 ; la date communément retenue par la critique est 1134.)
12Épisode de l'entrée à Rievaulx (1134) rapporté par Walter Daniel, biographe d'Aelred ; résumé ici en paraphrase, sans citation littérale, faute de référence vérifiée (livre/chapitre/page) dans l'éd. Powicke & Freeland (Cistercian Fathers 57). Cf. English Heritage, « Aelred of Rievaulx ».
13Après un voyage à Rome (v. 1142), Aelred fut nommé maître des novices de Rievaulx. Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » : « Became novice master after returning from Rome in 1142. »
14En 1143, Aelred fut envoyé fonder l'abbaye de Revesby (Lincolnshire), fille de Rievaulx, dont il fut le premier abbé. Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » : « Appointed abbot of Revesby Abbey (daughter house) in 1143 » ; Wikipédia FR, « Ælred de Rievaulx » (« Fonde avec douze moines l'abbaye de Revesby »).
15Aelred fut élu abbé de Rievaulx en 1147 et le resta jusqu'à sa mort (1167), soit vingt ans. Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » : « elected abbot of Rievaulx in 1147, a position he held until death » ; English Heritage (« its third abbot in 1147, leading it for 20 years »).
16Aelred fut surnommé le « second Bernard » d'Angleterre, en raison de son rayonnement comparable à celui de saint Bernard de Clairvaux. Cf. C.S. Lewis Institute, « Profiles in Faith » : « earning the title 'the second Bernard'. »
17Walter Daniel affirme qu'Aelred « doubla tout » à Rievaulx (bâtiments, troupeaux, revenus, moines). Cf. English Heritage, « Aelred of Rievaulx » : « According to Walter Daniel, Aelred 'doubled everything'. »
18À la mort d'Aelred, Rievaulx comptait environ 140 moines de chœur et 500 frères convers et serviteurs, soit environ 640 hommes au total (English Heritage : « reaching 640 men »). Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » : « the abbey grew to approximately 140 monks and 500 conversi and laymen » ; English Dominicans, « St Aelred of Rievaulx and friendship ».
19Éloge de Rievaulx par Walter Daniel dans la Vie d'Aelred (maison de patience envers les faibles et de compassion, lieu de paix pour forts et faibles, trad. F. M. Powicke) ; résumé ici en paraphrase, sans citation littérale, faute de référence vérifiée (livre/chapitre/page) dans l'éd. Powicke & Freeland (Cistercian Fathers 57).
20Le Speculum caritatis (« Miroir de la charité »), première grande œuvre d'Aelred, fut écrit à la demande de saint Bernard (v. 1142-1143). Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » (« Speculum caritatis... c. 1142 », écrit à la requête de Bernard de Clairvaux).
21La De institutione inclusarum (« La Vie de recluse »), écrite pour sa sœur recluse (v. 1160-1162), connut une large diffusion européenne. Cf. Wikipédia FR, « Ælred de Rievaulx » : « Son texte La Vie de recluse inspire un mouvement... se répandant en Europe (Grande-Bretagne, France, Flandres). »
22L'Oratio pastoralis (« Prière pastorale », v. 1163-1167), supplication d'un abbé pour les âmes qui lui sont confiées ; le propos en est résumé ici en paraphrase, sans citation littérale, le texte exact n'ayant pu être rattaché à une édition et une page vérifiables. Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx », liste des œuvres spirituelles ; tradition cistercienne.
23Œuvres historiques d'Aelred : Relatio de Standardo (bataille de l'Étendard, 1138), Genealogia regum Anglorum (1153-1154), Vita S. Eduardi regis et confessoris (vie de saint Édouard le Confesseur, 1161-1163, pour sa translation à Westminster). Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx », liste des œuvres historiques ; Wikipédia FR.
24Aelred laissa de nombreux sermons liturgiques et les Homeliae de oneribus propheticis Isaiae (homélies sur Isaïe 13-16, 1163-1164). Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » : « Homeliae de oneribus propheticis Isaiae... 31 sermons on Isaiah 13–16. »
25Pour Aelred, Dieu a donné à l'homme, au-delà de l'être, du bien et du beau, d'être heureux (capable d'aimer Dieu). Cf. Wikipédia FR, « Ælred de Rievaulx » : « En créant l'univers, Dieu n'a pas seulement donné à l'homme d'être, d'être bon, d'être beau... mais, en plus, il lui a donné d'être heureux. »
26Idée maîtresse du Speculum caritatis (« Miroir de la charité ») : pour la créature raisonnable, le vrai bonheur est d'adhérer à Dieu (cf. Ps 72, 28). Résumé ici en paraphrase, sans guillemets : la formulation française souvent citée n'a pu être rattachée au livre et au chapitre précis d'une édition vérifiable. Cf. Wikipédia FR, « Ælred de Rievaulx » (spiritualité d'Aelred).
27Le De spiritali amicitia (« L'Amitié spirituelle », v. 1164-1167), dialogue inspiré du De amicitia de Cicéron, est tenu pour son chef-d'œuvre. Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » : « De spirituali amicitiâ... considered to be his greatest work, is a Christian counterpart of Cicero's De amicitia. »
28Aelred, L'Amitié spirituelle, I, 69-70 : dialogue avec Yves (Ivo) — « Shall I say of friendship what John... says of charity: "God is friendship"?... he that abides in friendship, abides in God, and God in him... Therefore, God is friendship » (« Dieu est amitié »). Cf. Church Life Journal (University of Notre Dame), « God Is Friendship Itself » (réf. 1.70) ; English Dominicans, « St Aelred of Rievaulx and friendship ».
29Aelred, L'Amitié spirituelle, I, 38 : « The carnal is created by a conspiracy in vice, the worldly is enkindled by hope of gain, and the spiritual is cemented among the righteous by a likeness of lifestyles and interests » (amitié charnelle / mondaine / spirituelle). Cf. English Dominicans, « St Aelred of Rievaulx and friendship ».
30Aelred, L'Amitié spirituelle, III, 20-21 : « Not too steep or unnatural does the ascent appear from Christ, as the inspiration of the love by which we love our friend, to Christ giving himself to us as our Friend. » Cf. Church Life Journal (University of Notre Dame), « God Is Friendship Itself ».
31Aelred, L'Amitié spirituelle, I, 1 : « Here we are, you and I, and I hope a third, Christ, is in our midst » (« Voici, toi et moi, et j'espère un troisième, le Christ, au milieu de nous »). Écho de Mt 18, 20. Cf. Church Life Journal (University of Notre Dame), « God Is Friendship Itself » (réf. 1.1) ; St Peter's Anglican Church, « Aelred of Rievaulx: God is Friendship ».
32 43Certaines lectures contemporaines, s'appuyant sur la chaleur du langage d'Aelred et sur l'aveu de ses attachements de jeunesse, ont voulu en faire un patron des relations homosexuelles — interprétation anachronique qui contredit sa doctrine explicite de la chasteté et son éloge de l'amitié « dans le Christ ». Cf. la lecture critique de cette appropriation chez les commentateurs cisterciens ; l'œuvre elle-même (Speculum caritatis, De spiritali amicitia) subordonne toute affection à la chasteté et à la charité.
33Aelred, L'Amitié spirituelle : « I confess that I am convinced that true friendship cannot exist among those who live without Christ » (« la véritable amitié ne peut exister entre ceux qui vivent sans le Christ »). Cf. C.S. Lewis Institute, « Profiles in Faith: Aelred of Rievaulx ».
34Dans ses dernières années, Aelred souffrit d'arthrite, de calculs rénaux, de goutte et d'affections pulmonaires ; le chapitre général cistercien l'autorisa en 1157 à résider et manger à l'infirmerie. Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » : « suffered from kidney stones and arthritis. The Cistercian General Council allowed him infirmary accommodations in 1157 » ; English Heritage (« arthritis, shingles, kidney stones, gout and serious lung disease »).
35Épisode de la maladie d'Aelred rapporté par Walter Daniel, qui le soignait (drap de lin tenu aux quatre coins) ; résumé ici en paraphrase, sans citation littérale, faute de référence vérifiée (livre/chapitre/page) dans l'éd. Powicke & Freeland (Cistercian Fathers 57). Cf. English Heritage, « Aelred of Rievaulx ».
36Épisode rapporté par Walter Daniel dans la Lettre à Maurice (le moine qui jeta l'abbé impotent dans le feu de l'âtre, et la réponse d'Aelred) ; résumé ici en paraphrase, sans citation littérale, faute de référence vérifiée (livre/chapitre/page) dans l'éd. Powicke & Freeland, The Life of Aelred of Rievaulx and the Letter to Maurice (Cistercian Fathers 57). Cf. C.S. Lewis Institute, « Profiles in Faith ».
37Aelred mourut à Rievaulx le 12 janvier 1167, âgé d'environ cinquante-sept ans, après vingt ans d'abbatiat. Les ouvrages anciens donnent parfois « 12 janvier 1166 (ou 1167) » (ancien style) ; la critique actuelle retient le 12 janvier 1167. Cf. English Heritage, « Aelred of Rievaulx » (« Aelred died on 12 January 1167 ») ; Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » (« Died 12 January 1167 »).
38Toilette du corps d'Aelred rapportée par Walter Daniel ; résumé ici en paraphrase, sans citation littérale, faute de référence vérifiée (livre/chapitre/page) dans l'éd. Powicke & Freeland (Cistercian Fathers 57). Cf. C.S. Lewis Institute, « Profiles in Faith ».
39La Vita Aelredi (« Vie d'Aelred ») fut écrite peu après sa mort par Walter Daniel (Walter de Rievaulx), moine de Rievaulx qui fut son secrétaire et son infirmier une dizaine d'années ; complétée d'une Lettre à Maurice. C'est la source primaire de sa biographie. Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » ; Walter Daniel, The Life of Aelred of Rievaulx, trad. F. M. Powicke & J. P. Freeland (Cistercian Fathers 57).
40Le culte d'Aelred, vivace dès sa mort dans l'ordre cistercien, fut officiellement confirmé en 1476. Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » : « became center of cult officially recognized by Cistercians in 1476 » ; English Heritage (« immediately venerated as a saint, with his feast day celebrated since 1476 »).
41Aelred est inscrit au Martyrologe romain au 12 janvier ; les calendriers de l'Église d'Angleterre et de l'Église épiscopalienne le commémorent aussi au 12 janvier. Cf. Wikipedia, « Aelred of Rievaulx » : « Commemorated as saint on 12 January in the Roman Martyrology. Listed in Church of England and Episcopal Church calendars » ; Wikipédia FR (« Fête liturgique : 12 janvier »).
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