Saint Jacques de la Marche (mort en 1476)

Saint Jacques de la Marche, né Dominique Gangala à Monteprandone en 1393, est un franciscain de l'Observance, prédicateur itinérant et légat en Europe centrale. Mort le 28 novembre 1476 à Naples, il combattit les Fraticelles, fonda des monts de piété et refusa l'archevêché de Milan. Canonisé en 1726.

Ignispedia

Saint Jacques de la Marche (en italien Giacomo della Marca), né Dominique Gangala le 1er septembre 1393 (ou vers 1391-1392) à Monteprandone, dans les Marches d'Ancône, et mort le 28 novembre 1476 à Naples, est un franciscain de l'Observance, prédicateur itinérant, légat en Europe centrale et inquisiteur. Il est l'une des grandes figures de la réforme franciscaine du XVe siècle, aux côtés de saint Bernardin de Sienne et de saint Jean de Capistran.[1][2]

Pendant près de cinquante ans, il prêche à travers l'Italie et l'Europe centrale, promouvant la dévotion au Saint Nom de Jésus, combattant les Fraticelles, fondant des monts de piété, et négociant l'unité de l'Église face au hussitisme. Il fut proposé comme archevêque de Milan en 1460 et refusa. Il est béatifié en 1624 puis canonisé le 10 décembre 1726 par le pape Benoît XIII.[3][4]

Un jeune homme des Marches

Naissance et vocation

Dominique Gangala naît le 1er septembre 1393 (la notice anglaise donne vers 1391-1392) à Monteprandone, dans les Marches d'Ancône, d'une famille pauvre. Le prénom de religion qu'il reçoit en entrant en religion est Jacques (Jacobus).[5][6]

Avant d'entrer en religion, il fait de brillantes études de droit : la Catholic Encyclopedia le dit docteur en droit civil à l'université de Pérouse (le recueil franciscain du P. Habig y ajoute le droit canon), puis précepteur dans une noble famille de Florence, où il exerce aussi comme juge. Il songe d'abord à rejoindre les chartreux contemplatifs, puis choisit la vie active à l'école de saint François.[7][8]

Il est reçu dans l'ordre des Frères Mineurs le 26 juillet 1416, dans la chapelle de la Portiuncule à Assise. (Certaines sources donnent 1415 ; la date du 26 juillet 1416 est la plus précise et la plus souvent retenue.) Il fait son noviciat au couvent des Carceri, ermitage franciscain sur les hauteurs d'Assise.[9]

Formation sous saint Bernardin de Sienne

Après le noviciat, il étudie la théologie à Fiesole, sous la direction de saint Bernardin de Sienne, en compagnie de saint Jean de Capistran. Les deux compagnons de formation deviendront les trois grandes voix de l'Observance franciscaine au XVe siècle.[10][11]

Jacques pratique alors une ascèse très rigoureuse : il jeûne neuf mois par an et, selon le recueil franciscain du P. Habig, ne dort pas plus de trois heures, sur le sol nu, porte un cilice, se discipline chaque jour et observe sept carêmes de quarante jours par an au pain et à l'eau. Bernardin de Sienne lui demande de « modérer ses pénitences » pour ménager ses forces. Il est ordonné prêtre le 13 juin 1420 (certaines sources donnent 1422).[12][13]

Un prédicateur itinérant

Cinquante ans de prédication

Dès son ordination, Jacques se consacre à la prédication. Pendant près de cinquante ans, il parcourt la Toscane, les Marches et l'Ombrie, prêchant la conversion, la pénitence et la dévotion au Saint Nom de Jésus (le monogramme IHS popularisé par Bernardin de Sienne).[14][15]

Sa parole est celle d'un prédicateur populaire : il s'adresse aux villes italiennes, aux foires, aux places publiques. La dévotion au Saint Nom de Jésus, qu'il partage avec Bernardin, devient l'un des traits de la prédication franciscaine de l'époque.

Légations en Europe centrale

À partir de 1427, il est envoyé en légation dans les pays germaniques et danubiens pour combattre l'hérésie et prêcher la croisade contre les Ottomans. Son action s'étend à l'Allemagne, l'Autriche, la Suède, le Danemark, la Bohème, la Pologne, la Hongrie et la Bosnie.[16] Les années 1427 et 1428, il prêche notamment à Vienne, Augsbourg, Ratisbonne, Ulm, Limbourg, Brandebourg et Leipzig, et les foules sont si grandes que les églises ne suffisent plus : il prêche sur les places publiques.[17] Il y prêche aussi plusieurs croisades contre les Turcs.[18]

Plusieurs épisodes marquent cette période :

  • Inquisiteur en Bosnie (1432-1433), puis vicaire de Bosnie (1435-1439). Il s'oppose au roi Tvrtko II et à la reine Dorothée, qu'il accuse de tentatives d'empoisonnement.[19] En Bosnie, il est aussi commissaire des Frères Mineurs.[20] Le pape Martin V l'avait nommé inquisiteur pour extirper les sectes hérétiques qui grandissaient en Italie.[21]
  • À Bâle, il soutient la tentative d'union avec les hussites.
  • À Ferrare-Florence, il participe au mouvement d'union avec l'Église orthodoxe. En 1438, il assiste au concile de Florence et travaille à la réconciliation des Églises d'Orient et d'Occident.[22]
  • Il fonde plusieurs monastères en Bohême, en Hongrie et en Autriche.[23]
  • En 1456, il succède à Jean de Capistran en Hongrie, dans le sillage de la défense de Belgrade.
  • En 1457, il rencontre le roi de Danemark Christian Ier.[24]
  • En 1455, il sert d'arbitre entre les Conventuels et les Observants de l'ordre franciscain.[25]

Les monts de piété

Jacques de la Marche fonde plusieurs monts de piété (montes pietatis), institutions de crédit charitable créées par les franciscains pour protéger les pauvres de l'usure, en leur prêtant sur gage à un taux modique. Cette œuvre sociale est l'une des marques de la prédication franciscaine du XVe siècle.[26][27] Santi e Beati en rappelle le ressort : orateur ardent contre l'avarice et l'usure, Jacques imagine des maisons où les pauvres engagent leurs biens à un intérêt minime, au lieu du taux écrasant exigé par les usuriers privés.[28]

Controverses et combats

Contre les Fraticelles

Jacques est envoyé comme inquisiteur contre les Fraticelles, mouvement spirituel radical que la papauté a condamné. Il compose à cette occasion le Dialogus contra Fraticellos (« Dialogue contre les Fraticelles »), publié plus tard dans le recueil de Baluze-Mansi.[29][30]

Son action contre les Fraticelles s'inscrit dans le mouvement plus large de condamnation des dissidences spirituelles au XVe siècle, et dans la volonté de ramener à l'unité de l'Église les groupes qui refusaient l'autorité pontificale.

La controverse du Précieux Sang à Brescia (1462)

Le lundi de Pâques 1462, prêchant à Brescia, Jacques relaie l'opinion de théologiens selon laquelle le Précieux Sang du Christ, répandu pendant la Passion, n'était pas uni à la divinité du Christ pendant les trois jours passés au tombeau. Un inquisiteur dominicain, Jacques de Brescia, le fait citer. Jacques refuse de comparaître et en appelle à Rome.[31]

L'affaire est entendue à Noël 1462 devant le pape Pie II et les cardinaux. Aucune décision n'est jamais rendue. L'épisode montre la vivacité des débats théologiques médiévaux sur le Précieux Sang et les mystères du Christ mort.[32]

La notice de la Catholic Encyclopedia consacrée à Jacques de Brescia précise le cadre du débat : peu avant, Pie II avait déclaré, par une bulle écrite à Tivoli, qu'il n'était pas contraire à la foi de tenir que le Christ n'avait pas repris une partie du sang versé pendant la Passion. La dispute solennelle de Noël 1462 oppose trois théologiens dominicains aux champions mineurs, dont François de la Rovère, futur pape Sixte IV. Après trois jours de débats et une consultation du pape et des cardinaux, aucune décision définitive n'est prononcée ; le 1er août 1464, deux semaines avant sa mort, Pie II interdit toute dispute ultérieure sur le sujet.[33]

L'épiscopat de Milan refusé

En 1460, le pape propose à Jacques de la Marche le siège d'archevêque de Milan. Il refuse, fidèle à sa vocation de prédicateur itinérant et à la pauvreté franciscaine. Ce refus est l'un des traits de son portrait traditionnel : l'homme qui fuit les honneurs.[34][35] Le recueil franciscain du P. Habig rapporte la réponse par laquelle il décline :

« Je n'ai sur terre d'autre désir que de faire pénitence et de prêcher la pénitence en pauvre franciscain. »[36]

Dernières années et mort à Naples

Les trois dernières années de sa vie, Jacques se retire à Naples, où il meurt le 28 novembre 1476, à l'âge de quatre-vingt-trois ans.[37][38]

Son corps est d'abord enseveli à Naples. En 2001, il est transféré à Monteprandone, sa ville natale, où il est aujourd'hui vénéré. La tradition rapporte que le corps serait resté incorrupt.[39] Le recueil du P. Habig le décrit conservé incorrupt dans une châsse de cristal, dans l'église franciscaine de Naples.[40]

Santi e Beati rapporte ses dernières paroles :

« Gesù, Maria. Benedetta la Passione di Gesù » (« Jésus, Marie. Bénie soit la Passion de Jésus »).[41]

Le Martyrologe romain l'inscrit en ces termes : « À Naples, dépôt de saint Jacques de la Marche, prêtre de l'Ordre des Mineurs, insigne par sa prédication et par l'austérité de sa vie ».[42]

Écrits

Page de titre de La confessione (vers 1476), Bibliothèque BEIC, domaine public. Wikimedia Commons.

Les écrits de Jacques de la Marche n'ont jamais été entièrement collectés. Une partie de ses autographes et de sa bibliothèque est conservée à la municipalité de Monteprandone. Parmi les œuvres attribuées :[43][44]

  • Dialogus contra Fraticellos (imprimé dans Baluze-Mansi)
  • Sermons inédits
  • Un traité sur les Miracles du Nom de Jésus
  • Un Itinerarium (carnet de route)
  • Regula confitendi peccata (« Règle pour confesser les péchés »), réimprimée en latin et en italien aux XVe et XVIe siècles
  • De Sanguine Christi effuse (« Du Sang du Christ répandu »), laissé en manuscrit

La Catholic Encyclopedia de 1910 donne l'état précis de cette œuvre dispersée : le Dialogus est imprimé dans le recueil Baluze-Mansi, Miscellanea, tome II (Lucques, 1761) ; les nombreux sermons restent inédits, et certains, avec le traité des Miracles du Nom de Jésus, sont signalés par le P. Candido Mariotti (Fano, 1909) ; le carnet de route (Itinerarium) est décrit par le P. Luigi Tasso en 1886 ; la bibliothèque et les autographes de Monteprandone sont inventoriés par Crivellucci (Livourne, 1889).[45] La page de titre reproduite ci-dessus appartient à l'exemplaire de La confessione numérisé par la BEIC et diffusé sur Wikimedia Commons dans le domaine public.[46]

Béatification, canonisation et mémoire

Béatification et canonisation

Jacques de la Marche est béatifié le 12 août 1624 par le pape Urbain VIII, puis canonisé le 10 décembre 1726 par le pape Benoît XIII.[47][48]

Fête

Il est fêté le 28 novembre, date de sa mort (ordre franciscain ; Martyrologe romain).[49][50] Santi e Beati l'inscrit au 28 novembre, et la chronique AnaStpaul le porte en saint du jour du 28 novembre.[51][52]

Patronage et attributs

  • Patron de Monteprandone et co-patron de Naples. Santi e Beati y ajoute le patronage des Marches, et AnaStpaul celui des enfants.[53][54]
  • Invoqué contre la goutte.
  • Attribut iconographique : un calice d'où sort un serpent, allusion aux tentatives d'empoisonnement qu'il aurait subies de la part d'hérétiques (la tradition y voit parfois aussi une référence à la controverse du Précieux Sang, mais cette seconde lecture est moins assurée).[55]

Iconographie

L'iconographie le représente :

  • En franciscain, en habit de l'Observance, souvent avec un livre ou un crucifix.
  • Avec le calice et le serpent, attribut de ses tentatives d'empoisonnement.
  • Parfois en train de prêcher, ou debout devant un mont de piété.

La peinture de Francisco de Zurbarán (« Saint Jacques de la Marche ») en conserve une représentation significative.

Ce que l'on peut affirmer, et ce qui reste incertain

Le noyau historique est solide : un franciscain italien nommé Jacques de la Marche (Dominique Gangala) a vécu entre le XIVe et le XVe siècle, a prêché pendant un demi-siècle à travers l'Italie et l'Europe centrale, a combattu les Fraticelles, a fondé des monts de piété, a refusé l'archevêché de Milan, et est mort à Naples en 1476. Sa béatification (1624) et sa canonisation (1726) sont datées et documentées.[56][57]

Ce que l'on ne peut pas affirmer avec certitude :

  1. La date de naissance : 1er septembre 1393 (notice FR), vers 1391-1392 (notice EN), 1394 (Santi e Beati) ou 1er septembre 1391 (AnaStpaul).[58][59]
  2. La date d'entrée dans l'ordre : 1415 ou 26 juillet 1416.
  3. La date d'ordination : 1420 (13 juin) ou 1422.
  4. L'état du corps : le recueil du P. Habig le décrit incorrupt dans sa châsse de Naples, et AnaStpaul reprend cette affirmation, tandis que la notice FR rapporte le transfert du corps à Monteprandone en 2001.[60][61][62]
  5. L'interprétation de l'attribut du calice et du serpent (empoisonnement, ou référence au Précieux Sang).

Nous n'avons ajouté aucun détail au dossier : ni discours inventé, ni miracle rapporté au-delà de ce que les sources citent.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Wikipédia (FR), « Jacques de la Marche » : fr.wikipedia.org. Notice : né le 1er septembre 1393 à Monteprandone (Dominique Gangala), franciscain de l'Observance, prédicateur, légat en Europe centrale, inquisiteur contre les Fraticelles, monts de piété, refus de l'archevêché de Milan (1460), controverse du Précieux Sang à Brescia (1462), mort le 28 novembre 1476 à Naples, transfert du corps à Monteprandone en 2001, béatification 1624, canonisation 1726, fête 28 novembre, patron de Monteprandone et co-patron de Naples, invoqué contre la goutte.

    1 3 6 11 15 27 30 35 38 39 47 49 56 62
  2. Wikipédia (EN), "James of the Marches" : en.wikipedia.org. Notice : born c. 1391-1392 at Monteprandone (Dominic Gangala), received into the Friars Minor on 26 July 1416 at the Portiuncula, novitiate at the Carceri, theology at Fiesole under Bernardine of Sienne with John of Capistran, ordained 13 June 1420, preached for fifty years, legations in Central Europe (Bohemia, Bosnia, Hungary, etc.), inquisitor against the Fraticelli, montes pietatis, declined the bishopric of Milan (1460), Brescia controversy on the Precious Blood (1462, heard before Pius II, no decision), writings (Dialogus contra Fraticellos, sermons, Regula confitendi peccata, De Sanguine Christi effuse), died 28 November 1476 in Naples, beatified 1624 by Urban VIII, canonized 1726 by Benedict XIII, feast 28 November, attribute: chalice with a snake.

    2 4 5 9 10 12 14 16 19 24 25 26 29 31 32 34 37 43 48 50 55 57
  3. Catholic Encyclopedia (1910), « St. James of the Marches » (L. Oliger) : newadvent.org. Notice : docteur en droit civil à Pérouse, précepteur à Florence, reçu dans l'ordre le 26 juillet 1416 à la Portiuncule, noviciat aux Carceri, théologie à Fiesole sous Bernardin, ordination le 13 juin 1420, cinquante ans de prédication, miracles et conversions, légations dès 1427 (Allemagne, Autriche, Suède, Danemark, Bohême, Pologne, Hongrie, Bosnie), commissaire en Bosnie, Bâle et Ferrare-Florence, croisades contre les Turcs, successeur de Capistran en Hongrie (1456), Fraticelles, monts de piété, Milan 1460, état des écrits (Baluze-Mansi, Mariotti, Tasso, Crivellucci) et bibliographie (Wadding, Sbaralea, Léon de Clary).

    7 18 20 44 45
  4. Roman-Catholic-Saints.com, « Saint James of the March », d'après The Franciscan Book of Saints (P. Marion Habig OFM) : roman-catholic-saints.com. Notice : docteur en droit civil et canon à Pérouse, tentation chartreuse, austérités du noviciat (trois heures de sommeil, cilice, sept carêmes annuels), missionnaire pendant plus de cinquante ans (tournée de 1427-1428 : Vienne, Augsbourg, Ratisbonne, Ulm, Limbourg, Brandebourg, Leipzig), prédication sur les places, Milan 1460 et réponse rapportée, mort à Naples le 28 novembre 1476, sépulture franciscaine et corps incorrupt, canonisation par Benoît XIII en 1726.

    8 13 17 36 40 60
  5. AnaStpaul, « Saint of the Day, 28 November, Saint James of the Marches OFM (1391-1476) » : anastpaul.com. Notice : né le 1er septembre 1391 à Monteprandone, mort le 28 novembre 1476 à Naples, inquisiteur nommé par Martin V, concile de Florence en 1438, fondateur de monastères en Bohême, Hongrie et Autriche, patronages (Monteprandone, co-patron de Naples, enfants), corps incorrupt.

    21 22 23 52 54 59 61
  6. Santi e Beati, « San Giacomo della Marca » : santiebeati.it. Fiche : fête le 28 novembre, naissance à Monteprandone en 1394, mort à Naples le 28 novembre 1476, texte du Martyrologe romain, disciple de Bernardin, habit reçu à 22 ans, prédication en Italie, Pologne, Bohême, Bosnie et Hongrie par ordre du pape, combat contre l'avarice et l'usure, invention des Monts de Piété, dernières paroles « Gesù, Maria. Benedetta la Passione di Gesù », patron des Marches.

    28 41 42 51 53 58
  7. Catholic Encyclopedia (1910), « James of Brescia » : newadvent.org. Notice : sermon de Brescia pendant la semaine de Pâques 1462, doctrine proscrite par Clément VI en 1351, citation devant le tribunal, bulle de Pie II écrite à Tivoli, dispute solennelle à Noël 1462 (François de la Rovère, futur Sixte IV, parmi les champions mineurs), trois jours de débats sans décision définitive, constitution du 1er août 1464 interdisant toute dispute ultérieure.

    33
  8. Wikimedia Commons, fichier « Giacomo della Marca, La confessione, circa 1476, BEIC IE7271616 » : commons.wikimedia.org. Page de titre imprimée de La confessione (vers 1476), exemplaire numérisé par la BEIC, domaine public.

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