Saint Richard de Chichester (1197-1253)

Saint Richard de Chichester (v. 1197-1253), orphelin du Worcestershire devenu chancelier d'Oxford puis de saint Edmond de Cantorbéry, fut élu évêque de Chichester contre la volonté d'Henri III et privé de son temporel plus d'une année durant. Réformateur austère de son clergé, il mourut en 1253 en prêchant la croisade de saint Louis, canonisé en 1262.

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Au milieu du XIIIᵉ siècle, tandis que la royauté anglaise multipliait les empiétements sur les droits de l'Église et que le roi Henri III tentait d'imposer ses créatures aux sièges épiscopaux vacants, un orphelin du Worcestershire — qui avait préféré labourer lui-même les champs de son frère plutôt que de le déposséder de son héritage — devint malgré la couronne évêque de Chichester. Saint Richard de Chichester, disciple et chancelier de saint Edmond de Cantorbéry avant de recevoir lui-même la charge épiscopale, dut attendre plus d'une année sans palais ni revenus, vivant de la charité d'un simple curé de campagne, avant que le roi ne cède sous la menace d'excommunication.[1] Une fois en charge, il réforma son clergé avec une exigence rare, vécut d'une austérité de moine, et mourut le 3 avril 1253 à Douvres en prêchant la croisade que saint Louis conduisait alors en Orient.[2] Canonisé neuf ans à peine après sa mort, il reste attaché, huit siècles plus tard, à une prière de dernière heure devenue mondialement célèbre par une voie qu'il n'aurait jamais imaginée : une comédie musicale de Broadway. Cet article retrace le saint lui-même : son enfance de laboureur, ses études de pauvre, son amitié avec saint Edmond, son élection contestée, son épiscopat réformateur, sa mort et son culte.

Un orphelin qui laboure la terre plutôt que d'en hériter

Naissance à Wyche, vers 1197

Richard naît vers 1197 à Wyche, aujourd'hui Droitwich, dans le Worcestershire, dont il tirera son nom de famille : de Wyche.[3] Il est le second fils de Richard et Alice de Wyche, une famille de petite noblesse rurale (gentry) sans grande fortune.[4] Son père meurt alors qu'il est encore un enfant, laissant le domaine familial dans un état de délabrement avancé.[5]

Le refus de déposséder son frère

Droitwich, ancienne Wyche : High Street en 2009. CaveyCoUk / Wikimedia Commons, CC BY 3.0.

À la mort de leur père, c'est l'usage médiéval qui aurait dû prévaloir : l'aîné hérite, le cadet s'en va. Mais la situation s'inverse ici de façon frappante. Selon les sources hagiographiques, l'aîné offrit lui-même de céder l'héritage au jeune Richard, jugé plus capable de le faire prospérer — et Richard refusa.[6] Il accepta seulement d'en assurer la gestion, et redressa en quelques années la fortune familiale, avant de la rendre intacte à son frère.[7]

Le noble qui laboure ses propres champs

La notice anglophone de Wikipédia précise que Richard, plutôt que de vivre du produit d'un héritage qui n'était pas le sien, travailla lui-même sur la ferme de son frère — labourant, semant, menant les bêtes — avant de partir étudier.[8] Ce détail, en apparence mineur, dessine déjà tout un caractère : un homme né dans la petite noblesse qui choisit le travail manuel plutôt que la rente, et qui portera cette même logique de dépouillement volontaire jusque sur le siège épiscopal de Chichester.

« Bienheureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. » — Jésus, selon saint Matthieu 5, 3[9]

L'étudiant si pauvre qu'il partage un manteau

Un seul manteau pour trois étudiants, à Oxford

Infographie originale Ignispedia créée par IA. Source : Catholic Encyclopedia, St. Richard de Wyche, citée dans l’article. Les scènes et bâtiments sont symboliques.

Ayant remis le domaine en ordre, Richard part étudier à Oxford. Il y vit, avec deux compagnons d'étude, dans un dénuement resté proverbial : selon la Catholic Encyclopedia, les trois jeunes gens « vivaient dans une telle pauvreté qu'ils n'avaient à eux trois qu'une seule tunique et un seul manteau à capuchon, qu'ils portaient à tour de rôle pour assister aux cours ».[10] Selon la notice de Catholic Online, il y aurait reçu l'enseignement du grand théologien Robert Grosseteste, futur évêque de Lincoln et l'un des esprits les plus puissants de l'Oxford du XIIIᵉ siècle — un détail que d'autres notices ne précisent pas, mais qui situe bien Richard dans le milieu intellectuel le plus exigeant de son temps.[11]

Paris, la maîtrise ès arts

De cette pauvreté studieuse, Richard tire une formation solide. Il se rend ensuite à Paris, où il obtient sa maîtrise ès arts.[12] Paris demeure, au XIIIᵉ siècle, le grand centre théologique de la chrétienté ; y étudier atteste déjà d'une ambition intellectuelle réelle, chez un jeune homme qui n'avait rien d'un héritier fortuné.

Bologne et le droit canon

Il complète cette formation à Bologne, alors la première école de droit d'Occident, où il acquiert une grande réputation en droit canon.[13] Cette compétence juridique, rare et recherchée, lui vaudra bientôt d'être appelé aux plus hautes responsabilités administratives de l'Église d'Angleterre — et de savoir, le moment venu, défendre en droit ses propres droits d'évêque face à la couronne.

Chancelier de l'université d'Oxford (1235)

De retour en Angleterre en 1235, Richard est élu chancelier de l'université d'Oxford.[14] Il tient là l'une des charges intellectuelles les plus prestigieuses du royaume — l'équivalent, pour son temps, d'une direction d'université pontificale. Rien ne le destinait pourtant à s'y arrêter longtemps : sa réputation de science et de vertu allait bientôt attirer l'attention du plus haut personnage de l'Église d'Angleterre.

Au service de saint Edmond de Cantorbéry

Chancelier de l'archevêque (1237-1240)

Pontigny, lieu de l’exil d’Edmond accompagné par Richard. Michel Foucher / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Le nouvel archevêque de Cantorbéry, Edmond Rich — que l'Église canonisera sous le nom de saint Edmond de Cantorbéry —, choisit Richard comme son chancelier.[15] Richard, selon la Catholic Encyclopedia, « accepta l'offre de l'archevêque et devint dès lors l'ami intime et le disciple de saint Edmond ».[16] Cette proximité n'est pas seulement administrative : les deux hommes partagent le même idéal de réforme du clergé et le même refus de laisser le pouvoir royal disposer des biens et des sièges de l'Église comme de sa propre chasse gardée.[17]

L'exil à Pontigny et la mort de saint Edmond (1240)

Quand Edmond, en conflit avec la couronne et son propre chapitre, choisit l'exil plutôt que la compromission, Richard l'accompagna à l'abbaye cistercienne de Pontigny, en Bourgogne — le même lieu qui, un siècle plus tôt, avait déjà accueilli un autre archevêque de Cantorbéry en délicatesse avec son roi, saint Thomas Becket.[18] Richard était présent à ses côtés lorsque Edmond mourut à Soissy, près de Pontigny, en 1240, et il fit de lui, dès ce moment, un modèle pour toute sa vie.[19]

« Il n'est de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. » — Jésus, selon saint Jean 15, 13[20]

Orléans, les Dominicains, et l'ordination sacerdotale

Après la mort de son maître, Richard se retire à la maison des Dominicains d'Orléans, où il étudie la théologie deux années durant.[21] C'est là qu'il est ordonné prêtre, vraisemblablement en 1243.[22] Fidèle à la mémoire de celui qui l'avait formé, il fait fonder à Orléans une chapelle en l'honneur de saint Edmond, avant de rentrer en Angleterre.[23] De retour au pays, il exerce d'abord un ministère paroissial modeste : il devient vicaire de Deal et recteur de Charing, dans le Kent — loin, en apparence, des grandeurs épiscopales qui l'attendent pourtant déjà.[24]

Élu évêque de Chichester malgré le roi (1244-1246)

La mort de Ralph Neville et la manœuvre de Robert Passelewe

Infographie originale Ignispedia créée par IA. Source : Catholic Encyclopedia, St. Richard de Wyche. Les scènes et bâtiments sont symboliques.

En 1244, l'évêque de Chichester Ralph Neville meurt, laissant vacant l'un des sièges du sud de l'Angleterre.[25] Le roi Henri III, qui tenait Neville pour un favori, pousse la candidature de son propre protégé, Robert Passelewe, archidiacre de Chichester et haut fonctionnaire royal.[26] Mais l'élection de Passelewe est cassée lors d'un synode tenu le 3 juin 1244 par Boniface de Savoie, l'archevêque de Cantorbéry alors nouvellement désigné.[27]

L'élection par le chapitre

Sur la recommandation de Boniface, le chapitre de Chichester élit Richard, confirmé sans délai par l'archevêque.[28] Le choix n'est en rien une formalité : il oppose de front deux logiques — celle d'un roi habitué à distribuer les sièges épiscopaux à ses fidèles administrateurs, et celle d'une Église qui entend élire ses pasteurs selon le mérite et la sainteté. Richard, sans l'avoir cherché, devient le symbole de cette seconde logique.

La consécration par Innocent IV à Lyon (5 mars 1245)

Henri III, furieux qu'on lui préfère Richard à son favori, refuse de remettre à Richard le temporel de son siège — c'est-à-dire les terres, les revenus et le palais épiscopal attachés à la fonction.[29] Richard porte alors l'affaire devant le pape Innocent IV, qui tranche en sa faveur et le consacre lui-même évêque à Lyon, le 5 mars 1245, avant de le renvoyer en Angleterre.[30] Mais, note sobrement la Catholic Encyclopedia, « le roi resta inébranlable ».[31]

Plus d'une année sans palais ni revenus : la charité de Simon de Tarring

Pendant plus d'une année, Richard est ainsi évêque sans en avoir les moyens matériels : sans palais, sans revenus diocésains, il dépend entièrement de la charité de son propre clergé. L'un de ses prêtres, Simon de Tarring, partage avec lui le peu qu'il possède.[32] On rapporte que Richard parcourt alors son diocèse à pied ou à dos de monture empruntée, confirmant les fidèles et gouvernant ses paroisses avec les moyens d'un mendiant plutôt que d'un prince de l'Église — situation qui, loin de l'amoindrir aux yeux du peuple, fonde déjà sa réputation de sainteté.

« Le Fils de l'homme n'a pas où reposer la tête. » — Jésus, selon saint Luc 9, 58[33]

La menace d'excommunication et la reddition du roi (1246)

La situation ne se dénoue qu'en 1246 : le pape menace le roi d'excommunication s'il persiste à retenir les biens du siège de Chichester, et Henri III, « induit par les menaces du pape », finit par céder le temporel à son évêque légitime.[34] Richard peut enfin gouverner pleinement son diocèse — plus d'une année après sa consécration.

Un pasteur austère et réformateur

Les statuts synodaux de Chichester

Une fois maître de son siège, Richard déploie une œuvre de réforme méthodique. Il rédige un ensemble de statuts synodaux qui règlent en détail la vie de son clergé : la célébration du culte divin, l'administration des sacrements, la tenue vestimentaire des prêtres, la résidence des recteurs dans leurs paroisses, la perception des dîmes.[35] Une copie de ces statuts devait être conservée par chaque prêtre du diocèse et présentée lors du synode épiscopal.[36]

Contre la pluralité des bénéfices et le relâchement clérical

Les statuts s'attaquent frontalement aux abus les plus répandus de l'époque : le cumul de plusieurs bénéfices par un même clerc absentéiste, le concubinage de certains prêtres, le port d'une tenue et d'une coiffure imitant celle des laïcs.[37] Selon la notice anglophone de Wikipédia consacrée au saint, Richard se montra « sans pitié pour les usuriers, le clergé corrompu et les prêtres qui bredouillaient la messe ».[38] Les archidiacres devaient visiter régulièrement les paroisses pour vérifier que les vases sacrés, les ornements liturgiques et le canon de la messe étaient dûment respectés ; un prêtre qui expédiait ou avalait les paroles sacrées encourait la suspension.[39]

Domaine visé par les statutsExigence de Richard
Discipline personnelle du clergéTenue distincte des laïcs, chasteté, fin du concubinage
Célébration de la messeLecture distincte et complète du canon, ornements et vases en bon état
SacrementsAdministration gratuite, sans perception de taxes indues
Bénéfices et résidenceInterdiction du cumul abusif, résidence effective des recteurs
Vie matérielle du diocèseCollecte annuelle pour l'entretien de la cathédrale à Pâques ou à la Pentecôte

La messe dite dignement, les sacrements donnés sans taxe

Infographie originale Ignispedia créée par IA. Sources : Catholic Encyclopedia et statuts cités dans l’article. Les scènes et bâtiments sont symboliques.

Richard veut un culte digne et des sacrements accessibles : il instaure une collecte annuelle, à Pâques ou à la Pentecôte, dans chaque paroisse du diocèse, pour l'entretien de la cathédrale, mais entend en contrepartie que les sacrements eux-mêmes soient administrés sans exiger de rétribution des fidèles.[40] Les ordres mendiants, en particulier les Dominicains, reçoivent de lui un encouragement particulier — cohérence naturelle chez un homme formé et ordonné chez eux à Orléans.[41]

La charité envers les pauvres et l'austérité personnelle

Cette rigueur envers le clergé a pour contrepartie une vie personnelle d'une grande austérité : Richard « vivait dans une grande austérité, donnant en aumônes la plus grande partie de ses revenus ».[42] Il « insista sur une discipline stricte parmi le clergé, aida les pauvres, et dénonça sans crainte la corruption et les vices de l'Église contemporaine comme de la cour royale ».[43] L'évêque qui avait vécu plus d'une année sans palais n'oublia jamais, une fois pourvu, ce que signifiait manquer du nécessaire.

La prédication de la croisade et la mort à Douvres (1253)

Prédicateur de la croisade de saint Louis

Infographie originale Ignispedia créée par IA. Source : Catholic Encyclopedia, St. Richard de Wyche. Les scènes et bâtiments sont symboliques.

En 1250, Richard est nommé collecteur de la subvention destinée aux croisades ; deux ans plus tard, en 1252, le roi lui-même — malgré leurs anciens différends — le charge de prêcher la croisade à Londres.[44] Cette croisade est celle du roi de France saint Louis, engagé depuis 1248 dans la septième croisade en Égypte puis en Terre sainte. Richard déploie des efforts soutenus pour susciter l'enthousiasme des fidèles dans les diocèses de Chichester et de Cantorbéry.[45]

La consécration de l'église Saint-Edmond de Douvres

C'est en route pour Douvres, où il doit consacrer une nouvelle église dédiée à saint Edmond — fidélité, jusqu'au bout, à la mémoire de son maître et ami —, que Richard tombe malade.[46] Arrivé à Douvres, il se rend néanmoins à l'hospice appelé Maison-Dieu (Maison Dieu), y célèbre la cérémonie de consécration le 2 avril 1253, et meurt le lendemain matin.[47]

La prière du lit de mort

La tradition rapporte qu'entouré du clergé de son diocèse, Richard prononça sur son lit de mort une prière d'action de grâce, transcrite en latin par son confesseur, le dominicain Ralph Bocking, et conservée dans les Acta Sanctorum.[48] Le texte original commence ainsi :

« Gratias tibi ago, Domine Jesu Christe, de omnibus beneficiis quae mihi praestitisti ; pro poenis et opprobriis quae pro me pertulisti. » « Je te rends grâce, Seigneur Jésus-Christ, pour tous les bienfaits que tu m'as accordés ; pour les peines et les opprobres que tu as endurés pour moi. » — Saint Richard de Chichester, prière du lit de mort, transcrite par Ralph Bocking[49]

Miracles, canonisation et culte

  1. 3 avril 1253
    Mort à Douvres

    Richard meurt à la Maison-Dieu de Douvres, le lendemain de la consécration de l'église Saint-Edmond, en route pour prêcher la croisade.

  2. 1253-1262
    Miracles au tombeau

    Son tombeau, à la cathédrale de Chichester, devient un lieu de pèlerinage réputé pour de nombreux miracles.

  3. 1262
    Canonisation par Urbain IV

    Le pape Urbain IV canonise solennellement Richard dans l'église franciscaine de Viterbe, neuf ans seulement après sa mort.

  4. 16 juin 1276
    Translation des reliques

    L'archevêque Kilwardby transfère les reliques dans un nouveau reliquaire, en présence du roi Édouard Ier.

  5. 1538
    Destruction du sanctuaire

    Sous Henri VIII, les commissaires de Thomas Cromwell détruisent le sanctuaire lors de la dissolution des monastères et de la suppression des pèlerinages.

  6. 1930
    Restauration du sanctuaire

    Le doyen Duncan Jones fait rétablir un sanctuaire moderne à la mémoire du saint dans la cathédrale de Chichester.

Les miracles au tombeau

Infographie originale Ignispedia créée par IA. Source : Catholic Encyclopedia, St. Richard de Wyche. Le tombeau se trouve à Chichester. Les scènes et bâtiments sont symboliques.

Dès sa mort, le tombeau de Richard, dressé dans la cathédrale de Chichester, devient un centre de pèlerinage réputé pour les guérisons qui s'y multiplient — assez pour rivaliser, dans l'Angleterre du XIIIᵉ siècle, avec le sanctuaire bien plus célèbre de saint Thomas Becket à Cantorbéry.[50]

La canonisation par Urbain IV (1262)

La nef de Chichester, cathédrale où Richard fut enseveli. JackPeasePhotography / Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

Après enquête sur les miracles et la réputation de sainteté du défunt, le pape Urbain IV canonise solennellement Richard, dans l'église franciscaine de Viterbe, en 1262 — neuf ans à peine après sa mort, délai remarquablement court pour l'époque.[51]

La translation des reliques et la destruction du sanctuaire

En 1276, l'archevêque Kilwardby procède à la translation solennelle des reliques du saint dans un nouveau reliquaire, en présence du roi Édouard Ier lui-même.[52] Le sanctuaire connaît ensuite plusieurs siècles de vénération populaire, jusqu'à ce que la Réforme henricienne y mette fin brutalement : en 1538, sous Henri VIII, les commissaires de Thomas Cromwell détruisent le sanctuaire dans le cadre de la dissolution des monastères et de la suppression des pèlerinages jugés superstitieux.[53] Un sanctuaire moderne, à la mémoire du saint, ne sera rétabli dans la cathédrale de Chichester qu'en 1930, sous l'impulsion du doyen Duncan Jones.[54]

Fête liturgique et patronage

La fête de saint Richard est célébrée le 3 avril, jour anniversaire de sa mort ; depuis 2007, certaines commémorations locales associent aussi la date du 16 juin, jour de la translation de 1276, à la célébration civile du Sussex Day.[55] Il est vénéré comme patron du diocèse de Chichester et du Sussex, ainsi que, par une tradition plus tardive, comme patron des cochers — et, par extension moderne, des chauffeurs de taxi.[56]

La postérité inattendue de la prière « Day by Day »

Un texte latin authentique, transcrit par un témoin

Infographie originale Ignispedia créée par IA. Sources : Catholic Culture et Liber locorum communium, cités dans l’article. Les scènes et bâtiments sont symboliques.

Le noyau latin de la prière — l'action de grâce pour les bienfaits reçus et les souffrances endurées par le Christ — est bien attesté : transcrit par le confesseur du saint, Ralph Bocking, il figure dans les Acta Sanctorum, la grande collection hagiographique bollandiste.[57] Sur ce point, la provenance historique est solide : un témoin direct, dominicain, a consigné les paroles du mourant.

Le triplet anglais « Day by Day » : une paraphrase du XXᵉ siècle

Le célèbre triplet anglais popularisé sous le nom de saint Richard — « May I know Thee more clearly, love Thee more dearly, follow Thee more nearly, day by day » (« Que je te connaisse plus clairement, que je t'aime plus tendrement, que je te suive plus fidèlement, jour après jour ») — n'appartient pas au texte médiéval original.[58] Une analyse détaillée de la transmission du texte montre que des variantes anonymes de ce triplet circulaient déjà dans la littérature dévotionnelle anglophone dès 1892, mais que sa première attribution documentée à saint Richard n'apparaît qu'en 1913, dans le Churchman's Prayer Manual de G. R. Bullock-Webster.[59] Autrement dit : la prière authentique de Richard existe bel et bien, mais le vers qui l'a rendue mondialement célèbre est une composition anglaise tardive, greffée sur son nom près de sept siècles après sa mort.

De Percy Dearmer à la comédie musicale Godspell

C'est sous cette forme anglaise du triplet que la prière connaît, au XXᵉ siècle, une fortune inattendue : elle est mise en musique en 1971 par le compositeur Stephen Schwartz pour la comédie musicale Godspell, sous le titre Day by Day, devenue depuis un standard populaire bien au-delà des cercles catholiques.[60] Ainsi un évêque anglais austère du XIIIᵉ siècle, mort en prêchant la pauvreté évangélique, se retrouve, malgré lui, l'auteur nominal d'une chanson de Broadway — clin d'œil involontaire à la providence, qui sait rendre populaires les intentions les plus discrètes d'un saint.

La spiritualité de saint Richard

Le noble devenu laboureur

Infographie originale Ignispedia créée par IA. Synthèse des trois traits développés dans cette section. Les scènes et bâtiments sont symboliques.

Le trait le plus constant de la vie de Richard est un même geste, répété à trois reprises sous des formes différentes : renoncer à ce qui lui revenait de droit pour le bien d'autrui ou pour Dieu. Il refuse l'héritage qui l'aurait enrichi aux dépens de son frère ; il vit dans le dénuement le plus complet à Oxford quand rien ne l'y obligeait ; il gouverne plus d'une année son diocèse sans en percevoir les revenus, plutôt que de transiger avec un roi injuste. La sainteté de Richard tient tout entière dans cette cohérence du dépouillement, du champ labouré de sa jeunesse jusqu'au siège épiscopal de Chichester.

L'évêque qui refusa le silence devant l'injustice

Second trait : le courage pastoral. Richard n'a jamais confondu la patience chrétienne avec la lâcheté devant l'abus de pouvoir. Il tient bon plus d'une année entière face à un roi qui le prive de tout moyen matériel, jusqu'à ce que Rome elle-même tranche par la menace d'excommunication. Une fois en charge, il applique à son propre clergé la même exigence qu'il a réclamée pour lui-même : pas de complaisance envers les usuriers, les prêtres corrompus ou les célébrations bâclées.

« Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. » — Jésus, selon saint Matthieu 6, 33[61]

La gratitude jusque dans la souffrance

Troisième trait, révélé par sa dernière prière : une gratitude qui ne s'arrête pas au seuil de la mort. Richard ne demande rien pour lui-même dans ses derniers instants ; il rend grâce — pour les bienfaits reçus, mais aussi pour les souffrances et les opprobres que le Christ a lui-même endurés. Cette action de grâce finale, authentiquement médiévale avant d'être habillée sept siècles plus tard d'un habit anglais et musical, résume à elle seule tout l'homme : un cœur qui, jusqu'au dernier souffle, regarde moins ce qu'il endure que ce qu'il a reçu.

Pourquoi (re)lire saint Richard aujourd'hui ?

Saint Richard de Chichester parle à une époque qui confond souvent l'autorité avec le privilège et la réussite avec l'accumulation. Il rappelle qu'un homme né avec des droits légitimes — un héritage, une carrière universitaire brillante, une consécration épiscopale en règle — peut choisir, à chaque étape, de s'en dépouiller plutôt que d'en abuser. Face à des chrétiens tentés de céder par lassitude devant l'injustice, il montre qu'on peut tenir plus d'une année entière sans rien céder d'essentiel, dans la pauvreté matérielle mais sans jamais renoncer au droit de l'Église. Et à travers l'étrange destin de sa prière, transformée en chanson populaire sans que son nom même soit toujours reconnu, il enseigne, à sa manière, que la sainteté véritable n'a pas besoin d'être comprise pour porter du fruit : il suffit qu'elle soit vécue jusqu'au bout, « day by day » — jour après jour.

Pour aller plus loin

  • Saint Thomas Becket — l'archevêque martyr qui, avant Richard, défendit à Pontigny même les droits de l'Église contre la couronne d'Angleterre.
  • Saint Anselme de Cantorbéry — un autre archevêque anglais contraint à l'exil pour avoir refusé de céder la liberté de l'Église au pouvoir royal.
  • Saint Guillaume de Bourges — contemporain de Richard, dont l'élection épiscopale fut de même contestée par le pouvoir civil avant qu'il ne l'accepte par obéissance.
  • Saint Louis — le roi de France dont la croisade de Terre sainte était précisément celle que Richard prêchait lorsqu'il mourut à Douvres en 1253.

Notes et références

  1. En 1244, l'évêque de Chichester Ralph Neville meurt ; « the election of Robert Passelewe, Archdeacon of Chichester, to the vacant see, was quashed by Boniface at a synod of his suffragans, held 3 June, 1244, and on his recommendation the chapter elected Richard » (« l'élection de Robert Passelewe, archidiacre de Chichester, au siège vacant, fut cassée par Boniface lors d'un synode de ses suffragants, tenu le 3 juin 1244, et sur sa recommandation le chapitre élut Richard »). « Henry III was indignant, as Robert Passelewe was a favourite, and he refused to surrender to Richard the temporalities of his see » (« Henri III fut indigné, Robert Passelewe étant un favori, et il refusa de remettre à Richard le temporel de son siège »). Cf. Catholic Encyclopedia (New Advent), « St. Richard de Wyche ».

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  2. En 1250, Richard fut nommé « one of the collectors of the subsidy for the crusades » (« l'un des collecteurs de la subvention pour les croisades ») ; en 1252, le roi « appointed him to preach the crusade in London » (« le chargea de prêcher la croisade à Londres »). Il « made strenuous efforts to rouse enthusiasm for the cause in the Dioceses of Chichester and Canterbury, and while journeying to Dover, where he was to consecrate a new church dedicated to St. Edmund, he was taken ill. Upon reaching Dover, he went to a hospital called "Maison Dieu", performed the consecration ceremony on 2 April, but died the next morning » (« déploya des efforts soutenus pour susciter l'enthousiasme pour la cause dans les diocèses de Chichester et de Cantorbéry, et en route pour Douvres, où il devait consacrer une nouvelle église dédiée à saint Edmond, il tomba malade. Arrivé à Douvres, il se rendit à un hospice appelé "Maison Dieu", accomplit la cérémonie de consécration le 2 avril, mais mourut le lendemain matin »). Cf. Catholic Encyclopedia (New Advent).

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  3. Richard « b. about 1197 at Droitwich, Worcestershire, from which his surname is derived » (« né vers 1197 à Droitwich, Worcestershire, d'où son nom de famille »), second fils de Richard et Alice de Wyche ; à la mort prématurée de son père, le domaine familial se délabra, et son frère aîné « offered to resign the inheritance to him, but Richard refused the offer, although he undertook the management of the estate and soon restored it to a good condition » (« offrit de lui céder l'héritage, mais Richard refusa l'offre, tout en se chargeant de la gestion du domaine qu'il redressa bientôt »). Cf. Catholic Encyclopedia (New Advent), « St. Richard de Wyche » ; CatholicSaints.Info, « Saint Richard of Chichester » (« second son of Richard and Alice de Wych »).

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  4. Selon l'article Wikipédia anglophone consacré au saint, orphelin de la petite noblesse, Richard « worked on his brother's farm rather than inheriting estates » (« travailla sur la ferme de son frère plutôt que d'hériter des domaines »), détail qui prolonge et précise l'anecdote de la Catholic Encyclopedia sur son refus de l'héritage.

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  5. Évangile selon saint Matthieu 5, 3 : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. » Verset des Béatitudes cité en écho au choix de pauvreté volontaire de Richard, dès sa jeunesse.

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  6. À Oxford, Richard et deux compagnons « lived in such poverty that they had only one tunic and hooded gown between them, in which they attended lectures by turns » (« vivaient dans une telle pauvreté qu'ils n'avaient à eux trois qu'une seule tunique et un manteau à capuchon, qu'ils portaient à tour de rôle pour assister aux cours »). Cf. Catholic Encyclopedia (New Advent), « St. Richard de Wyche ».

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  7. Selon Catholic Online, « St. Richard of Chichester », Richard aurait étudié à Oxford sous l'enseignement du théologien Robert Grosseteste (futur évêque de Lincoln, ✝ 1253). Ce détail, absent de la Catholic Encyclopedia et de CatholicSaints.Info, est rapporté ici avec la prudence qu'impose une source unique.

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  8. Après Oxford, Richard « went to Paris and on his return proceeded Master of Arts. At Bologna he studied canon law, in which he acquired a great reputation and was elected Chancellor of the University of Oxford » (« se rendit à Paris et, à son retour, obtint la maîtrise ès arts. À Bologne il étudia le droit canon, dans lequel il acquit une grande réputation, et fut élu chancelier de l'université d'Oxford »). Cf. Catholic Encyclopedia (New Advent). Wikipédia précise le retour en Angleterre et l'élection comme chancelier en 1235.

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  9. Richard, remarqué par Edmond Rich, archevêque de Cantorbéry (futur saint Edmond de Cantorbéry), « accepted the archbishop's offer and thenceforward became St. Edmund's intimate friend and follower » (« accepta l'offre de l'archevêque et devint dès lors l'ami intime et le disciple de saint Edmond »). Il « accompanied him in his exile to Pontigny, was present at Soissy when he died, and made him a model in life » (« l'accompagna dans son exil à Pontigny, fut présent à Soissy lors de sa mort, et fit de lui un modèle de vie »). Cf. Catholic Encyclopedia (New Advent). Wikipédia situe la charge de chancelier de 1237 à 1240 et la mort d'Edmond vers 1240.

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  10. Selon Wikipédia, Richard « shared Edmund's ideals of clerical reform and supported papal rights even against the king » (« partageait les idéaux de réforme cléricale d'Edmond et soutenait les droits pontificaux même contre le roi »).

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  11. Évangile selon saint Jean 15, 13 : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. » Cité en écho à la fidélité de Richard envers Edmond, jusqu'à son exil et sa mort.

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  12. Après la mort d'Edmond, Richard « retired to the house of the Dominicans at Orléans » (« se retira à la maison des Dominicains d'Orléans ») où il « studied theology, was ordained priest, and, after founding a chapel in honour of St. Edmund, returned to England where he became Vicar of Deal and Rector of Charring » (« étudia la théologie, fut ordonné prêtre, et, après avoir fait fonder une chapelle en l'honneur de saint Edmond, retourna en Angleterre où il devint vicaire de Deal et recteur de Charing »). Cf. Catholic Encyclopedia (New Advent).

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  13. Selon Catholic Online, « St. Richard of Chichester », Richard « was ordained there in 1243 » (« y fut ordonné en 1243 »), après deux années d'étude de la théologie chez les Dominicains d'Orléans.

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  14. Richard « took his case to Innocent IV, who consecrated him in person at Lyons, 5 March, 1245, and sent him back to England. But Henry was immovable » (« porta son affaire devant Innocent IV, qui le consacra lui-même à Lyon, le 5 mars 1245, et le renvoya en Angleterre. Mais Henri resta inébranlable »). Pendant plus d'une année, Richard resta « dependent on the charity of his clergy, one of whom, Simon of Tarring, shared with him the little he possessed » (« dépendant de la charité de son clergé, dont l'un, Simon de Tarring, partagea avec lui le peu qu'il possédait »), jusqu'à ce qu'en 1246 Henri, « induced by the threats of the pope » (« sous la menace du pape »), délivre enfin le temporel du siège. Cf. Catholic Encyclopedia (New Advent).

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  15. Évangile selon saint Luc 9, 58 : « Le Fils de l'homme n'a pas où reposer la tête. » Verset cité en écho à la condition de Richard, évêque sans palais ni revenus durant plus d'une année.

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  16. Richard rédigea « a number of statutes which regulate in great detail the lives of the clergy, the celebration of Divine service, the administration of the sacraments » (« un certain nombre de statuts qui règlent en grand détail la vie du clergé, la célébration du culte divin, l'administration des sacrements »), avec « a yearly collection to be made in every parish of the diocese on Easter or Whit Sunday » pour l'entretien de la cathédrale ; les ordres mendiants, « particularly the Dominicans, received special encouragement from him » (« reçurent de lui un encouragement particulier »). Cf. Catholic Encyclopedia (New Advent). Le détail sur les archidiacres visitant les paroisses et sur la suspension des prêtres qui expédiaient le canon de la messe est corroboré par la section « Episcopal statutes » de Wikipédia, qui renvoie elle-même à W. R. W. Stephens, Memorials of the See of Chichester, p. 87-93 — référence académique non consultée directement ici, mais citée par Wikipédia comme source primaire de ces statuts.

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  17. Selon Wikipédia, « Richard of Chichester », Richard fut « merciless to usurers, corrupt clergy and priests who mumbled the Mass » (« sans pitié pour les usuriers, le clergé corrompu et les prêtres qui bredouillaient la messe »).

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  18. Comme évêque, Richard « lived in great austerity, giving away most of his revenues as alms » (« vécut dans une grande austérité, donnant en aumônes la plus grande partie de ses revenus »). Il « insisted upon strict adherence to discipline among the clergy, aided the poor, and fearlessly denounced the corruption and vices of the contemporary Church and the royal court » (« insista sur une discipline stricte parmi le clergé, aida les pauvres, et dénonça sans crainte la corruption et les vices de l'Église contemporaine et de la cour royale »). Cf. Catholic Online, « St. Richard of Chichester ».

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  19. Le texte latin de la prière du lit de mort de Richard fut « transcribed, in Latin, by his confessor Ralph Bocking, a Dominican friar » (« transcrit, en latin, par son confesseur Ralph Bocking, un frère dominicain »), et publié ensuite dans les Acta Sanctorum. Le texte relevé sur la copie manuscrite se lit : « Gratias tibi ago, Domine Jesu Christe, de omnibus beneficiis quae mihi praestitisti; pro poenis et opprobiis, quae pro me pertulisti; propter quae planctus ille lamentabilis vere tibi competebat. Non est dolor sicut dolor meus. » Cf. Catholic Culture, « Saint Richard of Chichester's Deathbed Prayer ».

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  20. Le tombeau de Richard, à la cathédrale de Chichester, devint « a popular shrine noted for its miracles until the Reformation » (« un sanctuaire populaire réputé pour ses miracles jusqu'à la Réforme »). Cf. Catholic Online, « St. Richard of Chichester ». Wikipédia précise que ce sanctuaire rivalisa en popularité avec celui de saint Thomas Becket à Cantorbéry.

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  21. Richard fut « canonized in 1262 » (« canonisé en 1262 »), lors d'une cérémonie tenue « by Pope Urban IV in the Franciscan church at Viterbo » (« par le pape Urbain IV dans l'église franciscaine de Viterbe »). Cf. Catholic Encyclopedia (New Advent) ; Catholic Online.

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  22. La translation des reliques de Richard eut lieu le « 16 June, 1276, when the translation was performed by Archbishop Kilwardby in the presence of Edward I » (« 16 juin 1276, translation accomplie par l'archevêque Kilwardby en présence d'Édouard Ier »). Cf. Catholic Encyclopedia (New Advent).

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  23. En 1538, sous le règne d'Henri VIII, « Thomas Cromwell » fit détruire le sanctuaire de Richard à la cathédrale de Chichester, dans le cadre plus large de la suppression des sanctuaires et pèlerinages lors de la dissolution des monastères. Un sanctuaire commémoratif « was re-established in 1930 by Dean Duncan Jones » (« fut rétabli en 1930 par le doyen Duncan Jones »). Cf. Wikipédia, « Richard of Chichester ».

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  24. La fête de Richard est fixée au 3 avril, jour de sa mort. Selon Wikipédia, l'Église anglicane célèbre depuis 2007 la commémoration de la translation des reliques le 16 juin, jour coïncidant avec le Sussex Day, fête civile du comté du Sussex.

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  25. Richard est vénéré comme patron du diocèse de Chichester et du comté du Sussex, ainsi que, selon une tradition plus tardive rapportée notamment par CatholicSaints.Info, comme patron des cochers (« coachmen ») — patronage étendu dans la dévotion populaire contemporaine aux chauffeurs de taxi.

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  26. Une analyse détaillée de la transmission textuelle de la prière (blog Liber locorum communium, « Pseudo-St. Richard of Chichester ») montre que le triplet anglais « know thee more clearly, love thee more dearly and follow thee more nearly, day by day » ne figure pas dans le texte latin médiéval transcrit par Ralph Bocking. Des variantes anonymes de ce triplet circulaient déjà dans la littérature dévotionnelle anglophone dès 1892 ; sa première attribution documentée à saint Richard de Chichester apparaît dans G. R. Bullock-Webster, The Churchman's Prayer Manual (1913).

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  27. Le triplet anglais fut mis en musique par le compositeur Stephen Schwartz pour la comédie musicale Godspell (1971), sous le titre Day by Day, devenue un standard populaire indépendamment de son origine hagiographique. Cf. Wikipédia, « Richard of Chichester », section consacrée à la postérité de la prière.

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  28. Évangile selon saint Matthieu 6, 33 : « Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. » Cité en écho au choix constant de Richard de préférer le droit de l'Église aux compromis avec le pouvoir royal.

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