Jacques Alberione — en italien Giacomo Alberione — (San Lorenzo di Fossano, 1884 — Rome, 1971) est un prêtre piémontais, fondateur de la Famille paulinienne, qui compte dix instituts[1]. Ordonné prêtre en 1907, il fonde en 1914 la Société Saint-Paul, puis en 1915 les Filles de Saint-Paul, avec l'idée alors radicalement nouvelle que la presse est une chaire moderne pour prêcher l'Évangile[2][3] — les disques, le cinéma, la radio et la télévision s'y ajouteront ensuite, à partir de 1938.
Toute sa vie tient dans une intuition reçue, selon son propre récit, au terme d'une nuit d'adoration eucharistique entre le 31 décembre 1900 et le 1ᵉʳ janvier 1901 : il fallait « servir l'Église avec les moyens nouveaux offerts par l'intelligence humaine »[4][5]. De cette intuition naquirent une théologie du Christ Maître, Voie, Vérité et Vie, une œuvre éditoriale colossale (Famiglia Cristiana, Il Giornalino, des millions de bibles et d'évangiles diffusés) et une longue lutte pour faire reconnaître par Rome qu'un institut religieux puisse avoir pour unique apostolat la presse et les médias, sans « dégénérer en entreprise industrielle »[6].
Déclaré vénérable le 25 juin 1996, il est béatifié le 27 avril 2003 place Saint-Pierre par Jean-Paul II, au terme d'un long procès canonique et de la reconnaissance d'une guérison inexpliquée obtenue par son intercession[7][8]. Arrivé en tête d'un sondage proposant un patron de l'internet (2003) — titre jamais officialisé par le Vatican[9] —, sa figure demeure la référence obligée de toute théologie catholique des médias : le décret conciliaire Inter Mirifica (1963), qui ne le nomme pas, reprend une conviction qu'il défendait depuis un demi-siècle[10][11].
Une enfance piémontaise et un appel précoce (1884-1900)
Naissance à San Lorenzo di Fossano
Giacomo Alberione naît le 4 avril 1884 à San Lorenzo di Fossano, dans la province de Cuneo, au Piémont — alors au diocèse de Fossano (aujourd'hui Cuneo-Fossano)[12]. Il est l'un des six enfants d'une famille paysanne pauvre mais profondément chrétienne, composée du père Michele Alberione et de la mère Teresa Allocco (orthographiée aussi Olocco)[13]. La famille déménage ensuite à Cherasco (paroisse San Martino, diocèse d'Alba), où le curé don Montersino soutient l'adolescent[14][15]. Le foyer, marqué par le dur travail de la terre piémontaise, transmet à l'enfant une piété simple et une habitude de la prière commune qui structureront toute sa vie intérieure.
À l'âge de six ans, interrogé sur ce qu'il voulait devenir plus tard, le petit Giacomo répond sans détour : « Je serai prêtre ! »[16]. Cette réponse d'enfant, rapportée par ses biographes comme une préfiguration de toute sa vocation, annonce une trajectoire qui ne se démentira jamais, malgré des études d'abord laborieuses et une santé fragile depuis la naissance[17].
Le séminaire de Bra puis d'Alba
Alberione entre d'abord au petit séminaire de Bra, où il passe quatre années scolaires, du 25 octobre 1896 au 7 avril 1900[18]. Selon le Dizionario Biografico (Treccani), il en sort à la suite d'une crise spirituelle, née peut-être de son insatiable soif de lectures[19]. En octobre 1900, à seize ans, il entre au séminaire diocésain d'Alba, où il rencontre le chanoine Francesco Chiesa (1874-1946), qui deviendra son directeur spirituel et son plus proche conseiller pendant quarante-six ans[20]. C'est le chanoine Chiesa qui l'oriente vers une lecture assidue de l'encyclique Tametsi futura prospicientibus de Léon XIII, publiée le 1ᵉʳ novembre 1900 — un texte qui allait devenir la matrice théologique de toute son œuvre[21][22].
La nuit de lumière : 31 décembre 1900 — 1ᵉʳ janvier 1901
Quatre heures devant le Saint-Sacrement
Le tournant décisif de la vie d'Alberione survient dans la nuit du 31 décembre 1900 au 1ᵉʳ janvier 1901. Après avoir participé à la messe solennelle de la cathédrale d'Alba, le jeune séminariste de seize ans passe quatre heures en adoration devant le Saint-Sacrement exposé[23][24]. Il rapportera plus tard avoir reçu, au cours de cette veillée, une « lumière particulière » venue de l'hostie, qui le laissa « profondément obligé de faire quelque chose pour le Seigneur », en utilisant « les moyens nouveaux offerts par l'ingéniosité humaine »[25][26]. Il verra dans cette nuit l'événement décisif d'où naîtront la mission et l'esprit propres de la Famille paulinienne[27][28].
C'est au cours de cette même nuit, selon son propre récit, qu'il reçoit la première intuition de sa mission : « opporre stampa a stampa, organizzazione ad organizzazione » — opposer presse à presse, organisation à organisation[29].
L'encyclique Tametsi futura de Léon XIII
L'encyclique de Léon XIII, publiée à la charnière du siècle, appelait la chrétienté à ne pas fragmenter le Christ mais à le recevoir intégralement comme Voie, Vérité et Vie, selon la parole de Jean 14, 6[30]. Alberione soulignera l'importance décisive de ce texte, qui donnait selon lui à la chrétienté, et même à l'humanité, l'orientation chrétienne et religieuse à suivre au commencement du nouveau siècle[31]. Ce triptyque — Voie, Vérité, Vie — deviendra le noyau de toute la spiritualité paulinienne, près d'un demi-siècle avant que le concile Vatican II ne reprenne à son compte l'exigence d'une théologie intégrale du Christ.
Formation sacerdotale et premiers ministères (1900-1914)
Ordination et vicariat à Narzole
Giacomo Alberione est ordonné prêtre le 29 juin 1907, en la fête des saints Pierre et Paul, au séminaire d'Alba[32][33]. Il obtient ensuite un diplôme de théologie du Collège théologique de Gênes en 1909[34]. Nommé bref temps vice-curé à Narzole, dans la province de Cuneo, il y rencontre le jeune Giuseppe Timoteo Giaccardo (1896-1948), qui deviendra son plus proche collaborateur et le premier prêtre paulinien, béatifié en 1989[35]. Alberione enseigne également la théologie dogmatique au séminaire d'Alba et s'implique dans les œuvres pastorales diocésaines de son évêque.
La Gazzetta d'Alba et l'intuition de la presse
Le 8 septembre 1913, en la fête de la Nativité de Marie, l'évêque d'Alba Mgr G. Francesco Re lui confie la direction du journal diocésain Gazzetta d'Alba[36][37]. Il y met en œuvre le programme né dès le 31 décembre 1900 : opposer presse à presse, organisation à organisation. Convaincu que le mal se répand par les moyens modernes de communication — la presse anticléricale et socialiste de l'Italie giolittienne inonde alors les campagnes piémontaises — Alberione en conclut que le bien doit se répandre par les mêmes canaux, avec la même intensité et le même professionnalisme technique[38].
La fondation de la Famille paulinienne (1914-1926)
20 août 1914 : la Petite École typographique
Le 20 août 1914 — jour même de la mort du pape saint Pie X —, Don Alberione achète une presse d'imprimerie et fonde à Alba la « Petite École typographique du Petit Ouvrier » (Scuola Tipografica Piccolo Operaio), noyau de ce qui deviendra la Pia Società San Paolo, ou Société Saint-Paul[39]. Le projet est radical pour l'époque : former ensemble, dans une même maison religieuse, de jeunes garçons destinés au sacerdoce et de jeunes apprentis typographes, tous voués à l'apostolat de l'imprimé — de la presse seule, alors.
1915 : les Filles de Saint-Paul et Teresa (Tecla) Merlo
Ayant très tôt compris le rôle irremplaçable des femmes dans l'apostolat de la diffusion, Alberione fonde le 15 juin 1915 les Filles de Saint-Paul (Figlie di San Paolo), avec pour première supérieure Teresa Merlo (1894-1964), en religion Tecla, qui gouvernera la congrégation pendant près d'un demi-siècle[40]. Les Filles de Saint-Paul se consacrent en propre à la rédaction, l'impression et surtout la diffusion porte-à-porte des évangiles et de la littérature catholique, un apostolat itinérant alors sans précédent pour des religieuses.
« La vie que je vis maintenant, ce n'est plus moi qui la vis, c'est le Christ qui vit en moi. » — Galates 2, 20, verset qu'Alberione adoptait comme devise personnelle de toute sa vie apostolique[41]
La maladie de 1923 et « Saint Paul m'a guéri »
En juillet 1923, alors que l'œuvre naissante traverse une crise de croissance aiguë, Don Alberione tombe gravement malade, au point que son entourage craint pour la survie même de la jeune congrégation[42][43]. Il se rétablit contre toute attente et attribue sa guérison à l'intercession de saint Paul, patron de son œuvre — « Saint Paul m'a guéri »[44]. C'est de cette période que date, dans les chapelles pauliniennes, l'inscription de la parole que le Divin Maître lui aurait adressée en songe ou en révélation, et que son directeur spirituel lui demanda de prendre comme programme de vie :
« Non temete — Io sono con voi — Di qui voglio illuminare — Abbiate il dolore dei peccati. » — parole du Divin Maître rapportée par Alberione (Abundantes divitiae gratiae suae, §§ 151-157) : « N'ayez pas peur — je suis avec vous — d'ici je veux éclairer — ayez la douleur des péchés »[45][46]
Cette parole condense la double conviction qui commandera toute son œuvre : la certitude d'une présence divine soutenant son projet, et l'exigence d'une conversion personnelle permanente comme condition de toute fécondité apostolique.
Dix instituts pour une seule mission
Entre 1914 et 1960, Don Alberione fonde dix instituts formant ensemble la Famille paulinienne — cinq congrégations religieuses, quatre instituts séculiers et une association de laïcs, les approbations pontificales définitives s'échelonnant jusqu'au 19 mars 1993 —, tous voués à la même devise : « Vivre et donner au monde Jésus-Christ, Voie, Vérité et Vie, par les instruments de la communication sociale. »[47]
| Institut | Nature | Fondation / approbation | Mission propre |
|---|---|---|---|
| Société Saint-Paul (SSP) | Prêtres et frères religieux | 20 août 1914 | Rédaction, édition, apostolat de la presse et des médias |
| Filles de Saint-Paul (FSP) | Religieuses | 15 juin 1915 | Diffusion de la littérature catholique, presse, cinéma, disques |
| Pieuses Disciples du Divin Maître (PDDM) | Religieuses contemplatives | 10 février 1924 | Adoration eucharistique perpétuelle, liturgie, service sacerdotal |
| Sœurs de Jésus Bon Pasteur (Pastorelles) | Religieuses | 7 octobre 1938 | Collaboration pastorale paroissiale |
| Sœurs Reine des Apôtres pour les vocations (Apostolines) | Religieuses | 8 septembre 1959 | Promotion des vocations sacerdotales et religieuses |
| Institut Saint-Gabriel-Archange | Institut séculier (hommes) | Approbation pontificale : 8 avril 1960 | Consécration séculière au service de l'apostolat paulinien |
| Institut Marie-Très-Sainte-Annonciade | Institut séculier (femmes) | Approbation pontificale : 8 avril 1960 | Consécration séculière au service de l'apostolat paulinien |
| Institut Jésus-Prêtre | Institut séculier (prêtres diocésains) | Approbation pontificale : 8 avril 1960 | Vie évangélique séculière pour prêtres diocésains |
| Institut Sainte-Famille | Institut séculier (familles) | Approbation pontificale : 19 mars 1993 | Sanctification des familles dans l'esprit paulinien |
| Coopérateurs pauliniens | Association de laïcs | 30 juin 1917 | Collaboration laïque à l'apostolat des éditions |
Lecture du tableau : les cinq premières lignes sont des congrégations religieuses à vœux publics ; les quatre suivantes sont des instituts séculiers — les trois premiers approuvés le 8 avril 1960, l'Institut Sainte-Famille le 19 mars 1993 — ; la dernière ligne est l'association laïque des Coopérateurs, fondée le 30 juin 1917.[48]
Une reconnaissance canonique disputée (1923-1949)
« Dégénérer en entreprise industrielle » : les réticences romaines
L'histoire de la reconnaissance canonique de la Société Saint-Paul fut, selon le mot de l'historien G. Maggi (Dizionario Biografico degli Italiani), « assez tourmentée »[49]. La Congrégation des Religieux hésitait longuement à admettre l'idée même d'une société religieuse ayant pour unique objet l'apostolat par la presse, redoutant qu'une telle œuvre ne « dégénère en une entreprise à caractère industriel ou commercial »[50]. Alberione, relève ce même historien, montrait par ailleurs une certaine désinvolture à ignorer les lois canoniques lorsque celles-ci entravaient ses projets — comme lors de la fondation, non pleinement autorisée dans les formes, d'une maison paulinienne à Rome —, ce qui ne facilita pas la dissipation des réserves romaines[51].
L'approbation diocésaine puis pontificale
Après plus d'une décennie d'existence de fait, la Société Saint-Paul reçoit l'approbation diocésaine le 12 mars 1927, suivie par celle de la branche féminine des Filles de Saint-Paul en 1929[52]. Il faudra encore attendre vingt-deux ans pour que l'approbation pontificale définitive soit accordée par Pie XII, le 27 juin 1949[53][54].
Le quatrième vœu d'obéissance au pape
Une fois l'approbation obtenue, Don Alberione dote ses religieux d'un quatrième vœu, en plus des trois vœux traditionnels de pauvreté, chasteté et obéissance : un vœu spécial de fidélité et d'obéissance au Souverain Pontife, garantissant que l'immense entreprise éditoriale paulinienne resterait toujours strictement soumise au Magistère romain[55]. Par ce choix — une rigoureuse fidélité hiérarchique, sur un modèle d'empreinte jésuitique —, Alberione répondait à la crainte exprimée par la Congrégation des Religieux : que son œuvre ne dégénère en entreprise industrielle ou commerciale[56].
Le Christ Voie, Vérité et Vie : une théologie pour les médias
Jean 14, 6 relu à la lumière de Léon XIII
Toute la spiritualité paulinienne s'organise autour d'une seule parole du Christ : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6). Sans un sou vaillant, Alberione disait n'avoir à offrir que le Christ Voie, Vérité et Vie — et résumait cette pauvreté par sa maxime : commencer toujours « comme dans une crèche » (iniziare sempre da un presepio)[57].
Pour Alberione, ce triptyque n'est pas une simple formule pieuse : il désigne trois dimensions intégrales de l'unique Personne du Christ, appelées à nourrir les trois grandes facultés de l'âme humaine — la volonté (le Christ Voie), l'intelligence (le Christ Vérité) et le sentiment/l'affectivité (le Christ Vie)[58]. D'où l'expression que ses biographes retiennent pour désigner sa théologie : celle du « Christ intégral », ou du « Divin Maître », qui refuse de fragmenter le Sauveur en ne retenant de lui qu'une doctrine morale, qu'un donné dogmatique, ou qu'une simple source de consolation affective.
« Prêcher l'Évangile avec les moyens du temps »
De cette théologie découle un principe missionnaire d'une simplicité redoutable, qu'Alberione développe dans son autobiographie spirituelle Abundantes divitiae gratiae suae, rédigée en 1953 : annoncer et diffuser le même Évangile avec les moyens les plus efficaces du temps[59].
Ce texte autobiographique, rédigé à la demande de ses collaborateurs les plus anciens qui souhaitaient qu'il consigne par écrit l'histoire charismatique de la Famille paulinienne, tire son titre de saint Paul lui-même — « les richesses surabondantes de sa grâce » (Ep 2, 7)[60]. Alberione y précise explicitement qu'il ne prétend pas raconter ce que lui-même a accompli, mais fixer l'attention du lecteur sur la pédagogie de la grâce divine qui a voulu se servir de lui — geste d'humilité délibéré, cohérent avec toute sa spiritualité de l'instrument au service de Dieu[61].
L'apostolat intégral : presse, cinéma, radio, télévision
En avril 1960, alors que la télévision commence tout juste sa diffusion de masse en Europe, Alberione écrit ces lignes, restées sa formulation la plus citée :
« La presse, le cinéma, la radio, la télévision sont aujourd'hui les instruments les plus rapides et les plus efficaces de l'apostolat catholique, dont l'emploi s'impose de toute urgence. » — Bienheureux Jacques Alberione, lignes écrites en avril 1960[62]
Cette conviction, formulée près d'un demi-siècle avant l'avènement d'internet, explique pourquoi la Famille paulinienne est aujourd'hui considérée comme la matrice historique de toute théologie catholique de la communication, et pourquoi son fondateur est régulièrement invoqué comme un précurseur et un intercesseur des communicateurs numériques catholiques.
L'apôtre des médias catholiques
Famiglia Cristiana et la presse populaire
Sous l'impulsion d'Alberione, la Famille paulinienne construit en quelques décennies l'un des plus vastes réseaux éditoriaux catholiques du monde. Parmi ses publications les plus durables figurent Il Giornalino (pour la jeunesse) et surtout Famiglia Cristiana, lancé en 1931, qui deviendra l'un des hebdomadaires catholiques les plus diffusés d'Italie[63][64]. À ces titres s'ajoutent des revues pour le clergé comme Pastor Bonus (1937, en latin) et des collections bibliques traduisant et diffusant à des millions d'exemplaires les Évangiles et la Bible en langue courante[65][66].
Le cinéma : San Paolo Film et le Pinocchio de Comencini
Convaincu que le cinéma est un « ambon » — une chaire — au même titre que la presse, Alberione lance l'apostolat du film dès le 6 janvier 1938, puis fonde le 13 mai 1939 la Romana Editrice Film (REF), future San Paolo Film[67]. Sous ce label paulinien sera notamment coproduit, avec la Rai, le célèbre feuilleton télévisé Les Aventures de Pinocchio réalisé par Luigi Comencini — cinq épisodes diffusés sur le Programme national du 8 avril au 6 mai 1972, quelques mois après la mort du fondateur[68] — signe que l'apostolat paulinien des médias ne se limitait pas à la production explicitement religieuse, mais visait à imprégner d'un esprit sain l'ensemble de la production culturelle destinée aux familles.
Radio San Paolo et l'expansion missionnaire
L'expansion internationale de l'œuvre commence en août 1931, avec l'envoi des premiers missionnaires pauliniens hors d'Italie : au Brésil, en Argentine et aux États-Unis[69]. Une seconde vague suit en 1934-1935, avec des fondations en Espagne, en Pologne et en Extrême-Orient asiatique : Chine, Japon, Inde et Philippines[70]. Alberione encourage également l'usage systématique de la radio pour l'évangélisation : la radio paulinienne « Radio San Paolo » — sans lien avec Radio Vatican — émet pour la première fois à Noël 1948 : vœux de Noël aux Fils et Filles proches et lointains, messe célébrée pendant la nuit, bilan de l'année écoulée et bénédiction finale[71]. En 1936, il installe définitivement le centre de gouvernement de la Famille paulinienne à Rome, quittant Alba où tout avait commencé[72].
Concile Vatican II et dernières années (1962-1971)
Un Père conciliaire au service d'Inter Mirifica
Don Alberione participe aux quatre sessions du concile Vatican II (1962-1965) comme Père conciliaire, invité le 3 octobre 1962 au titre des supérieurs généraux — il signe « sup. gen. S.S.P. »[73][74]. Âgé de 78 ans à l'ouverture du concile — 80 ans en avril 1964 —, il n'y prend jamais la parole, mais y dépose cinq interventions écrites, recensées par l'historien Damino (2005). Il voit avec une joie profonde le concile consacrer, dans le décret Inter Mirifica sur les moyens de communication sociale — promulgué le 4 décembre 1963 —, une conviction qu'il défendait, souvent à contre-courant, depuis un demi-siècle : la nécessité pour l'Église d'investir pleinement les moyens modernes de communication au service de l'Évangile[75][76]. Ce décret, qui ne le nomme pas, reprend ainsi une intuition portée par lui depuis 1900 — « Désormais vous ne pouvez plus avoir de doutes. L'Église a parlé », dira-t-il aux siens[77].
Souffrance physique et gouvernement centralisé
Les dernières années d'Alberione sont marquées par une scoliose sévère, source de douleurs constantes, qu'il porte sans jamais ralentir son gouvernement de l'œuvre[78]. Les historiens relèvent par ailleurs un style de gouvernement fortement centralisé, allié à une pauvreté personnelle rigoureuse, et une confiance inébranlable en la Providence pour couvrir les dettes considérables accumulées par l'expansion continue de ses œuvres éditoriales[79].
La visite du pape Paul VI et la mort (26 novembre 1971)
Le 28 juin 1969, reçu en audience par le pape Paul VI avec le chapitre général de la Société Saint-Paul, Alberione s'entend décrire par le pontife comme humble, silencieux, infatigable, toujours vigilant — « umile, silenzioso, instancabile, sempre vigile » —, lui qui a donné à l'Église de nouveaux instruments pour s'exprimer[80]. Il reçoit à cette occasion la croix Pro Ecclesia et Pontifice[81]. Deux ans plus tard, alors qu'il décline rapidement, Paul VI lui rend une visite personnelle à peine une heure avant sa mort — geste rarissime d'un pape envers un simple prêtre, qui dit l'estime exceptionnelle portée par Rome à l'œuvre paulinienne[82]. Don Alberione s'éteint le 26 novembre 1971, à 87 ans, dans la maison généralice de la Société Saint-Paul, via Alessandro Severo, à Rome[83]. Selon la tradition paulinienne, une Bible fut placée sous sa tête lorsqu'il fut exposé en chapelle ardente, en hommage à sa dévotion eucharistique et scripturaire indissociable[84].
La cause de béatification et la reconnaissance de l'Église
L'ouverture de la cause et la déclaration d'héroïcité des vertus
Le 4 mai 1981, le nulla osta romain autorisant l'ouverture de la cause de béatification est accordé ; le procès diocésain s'ouvre formellement à Alba le 19 juin 1982[85]. Quatorze ans plus tard, le 25 juin 1996, le pape Jean-Paul II signe le décret reconnaissant l'exercice héroïque des vertus théologales et cardinales de Don Alberione, le déclarant vénérable[86][87].
Le miracle de María Librada González Rodríguez
Restait à obtenir la reconnaissance canonique d'un miracle. La postulation de la cause soumit à la Congrégation pour les Causes des Saints la guérison de María Librada González Rodríguez, membre de l'Institut Marie-Très-Sainte-Annonciade — un institut séculier —, née le 7 septembre 1931 à Guadalajara (Jalisco, Mexique) et professe perpétuelle depuis le 17 avril 1982[88]. Le 4 avril 1989, une chute lui occasionne un traumatisme au pied droit nécessitant une immobilisation plâtrée. Le 20 mai 1989, en pleine crise respiratoire aiguë de trente minutes accompagnée de fortes douleurs à l'épaule — consécutive à une embolie pulmonaire —, elle invoque l'intercession du vénérable Don Alberione et retrouve instantanément une respiration normale, sans plus jamais avoir besoin d'oxygène[89].
L'enquête diocésaine, instituée par la curie de Guadalajara, fut ouverte en 1994 et juridiquement validée par la Congrégation pour les Causes des Saints par décret du 10 novembre 1995[90]. La consulte médicale du 14 février 2002 reconnut que la guérison avait été « relativement rapide, complète, durable et inexplicable en l'état actuel des connaissances scientifiques »[91]. Le 20 décembre 2002, Jean-Paul II signa le décret reconnaissant le miracle et autorisant la béatification du vénérable Don Giacomo Alberione[92].
Béatifié par Jean-Paul II le 27 avril 2003
La cérémonie de béatification eut lieu le 27 avril 2003, place Saint-Pierre à Rome, présidée par Jean-Paul II lui-même — précisément le jour du dimanche de la Divine Miséricorde, fête instituée par ce même pape quelques années plus tôt[93]. Sa fête liturgique paulinienne fut fixée au jour anniversaire de sa mort, le 26 novembre.
| Étape | Date | Autorité |
|---|---|---|
| Nulla osta pour l'ouverture de la cause | 4 mai 1981 | Congrégation pour les Causes des Saints |
| Ouverture officielle du procès diocésain | 19 juin 1982 | Diocèse d'Alba |
| Décret d'héroïcité des vertus (« Vénérable ») | 25 juin 1996 | Jean-Paul II |
| Validation juridique du miracle | 10 novembre 1995 | Congrégation pour les Causes des Saints |
| Consulte médicale sur le miracle | 14 février 2002 | Congrégation pour les Causes des Saints |
| Décret de reconnaissance du miracle | 20 décembre 2002 | Jean-Paul II |
| Béatification | 27 avril 2003 | Jean-Paul II, place Saint-Pierre |
Lecture du tableau : entre l'ouverture officielle du procès (1982) et la béatification (2003) se sont écoulées près de vingt et une années.[94]
Un jugement historique nuancé
L'historiographie sur Don Alberione n'est pas unanimement hagiographique. Le Dizionario Biografico degli Italiani, ouvrage de référence académique italien, relève qu'à l'exception d'une biographie critique publiée par Rolfo en 1974, la plupart des travaux consacrés à Alberione restent de facture apologétique[95]. Les points que cette historiographie critique met en avant ne portent pas sur l'orthodoxie de sa doctrine — jamais mise en cause par le Saint-Siège, qui a au contraire officiellement approuvé chacun de ses dix instituts — mais sur des tensions internes de gouvernement : un style de direction jugé très centralisé, une pédagogie qui laissait parfois peu de temps à la formation culturelle et théologique approfondie de ses jeunes religieux, focalisés très tôt sur la production éditoriale, et un recours massif à l'endettement pour financer l'expansion continue de l'œuvre, compensé par une confiance affichée en la Providence[96].
Ces observations, loin de disqualifier la sainteté reconnue par l'Église, s'inscrivent dans la logique même du discernement catholique des causes de béatification : le décret du 25 juin 1996 reconnaît l'héroïcité de l'ensemble des vertus — théologales et cardinales, la prudence comprise —, c'est-à-dire la sainteté personnelle du fondateur : son humilité, sa foi, sa charité, sa persévérance dans l'épreuve[97][98]. Il ne garantit pas pour autant chacune de ses décisions de gouvernement, par nature faillibles et humaines : l'Église distingue précisément, dans tout procès de canonisation, la fidélité surnaturelle à la grâce reçue — seule véritablement en jeu dans la déclaration d'héroïcité — des choix prudentiels et administratifs, toujours susceptibles de perfectibilité humaine.
Héritage aujourd'hui : la Famille paulinienne dans le monde
Un siècle après la fondation de la première maison d'Alba, la Famille paulinienne rassemble prêtres, religieuses, consacrés séculiers et coopérateurs laïcs sur les cinq continents[99]. Les Filles de Saint-Paul tiennent toujours des librairies religieuses dans plusieurs pays, dont le Québec (« Librairies Paulines » de Montréal, Trois-Rivières et Sherbrooke)[100], perpétuant l'intuition originelle d'une diffusion directe, au contact du public, de la littérature chrétienne. La Société Saint-Paul continue de publier revues, livres et contenus numériques dans l'esprit défini par son fondateur.
C'est pourquoi son nom revient régulièrement dans les discussions ecclésiales contemporaines sur l'évangélisation numérique et les réseaux sociaux, où il est spontanément invoqué comme un précurseur et un intercesseur naturel.
Pour aller plus loin
- Les dix instituts de la Famille paulinienne : Société Saint-Paul, Filles de Saint-Paul, Pieuses Disciples du Divin Maître, Sœurs de Jésus Bon Pasteur, Sœurs Reine des Apôtres, quatre instituts séculiers et l'association des Coopérateurs pauliniens.
- Le décret conciliaire Inter Mirifica (1963) sur les moyens de communication sociale, qui reprend une conviction défendue par Alberione depuis un demi-siècle.
- L'encyclique Tametsi futura prospicientibus de Léon XIII (1900), matrice théologique du triptyque « Voie, Vérité, Vie » qui structure toute la spiritualité paulinienne.
Notes et références
Alberione.org, page « Le fondazioni » (les dix instituts de la Famille paulinienne) : alberione.org/fondazioni. Liste et dates exactes des dix institutions : Società San Paolo (20 août 1914), Figlie di San Paolo (15 juin 1915), Pie Discepole del Divin Maestro (10 février 1924), Suore di Gesù Buon Pastore (7 octobre 1938), Istituto Regina degli Apostoli (8 septembre 1959), instituts séculiers San Gabriele Arcangelo / Maria SS. Annunziata / Gesù Sacerdote (approbation pontificale le 8 avril 1960), Istituto Santa Famiglia (approbation le 19 mars 1993), association des Cooperatori Paolini (30 juin 1917). Devise commune : « vivere e dare al mondo Gesù Cristo Via, Verità e Vita, attraverso gli strumenti della comunicazione sociale ».
1 39 40 47 48Saint-Siège, biographie officielle pour la béatification de Jacques Alberione, 27 avril 2003 : vatican.va. Naissance le 4 avril 1884 à San Lorenzo di Fossano ; ordination le 29 juin 1907 ; nuit d'adoration du 31 décembre 1900 et appel à « servir l'Église avec les moyens nouveaux offerts par l'intelligence humaine » ; fondation de la Société Saint-Paul (20 août 1914) et des Filles de Saint-Paul (1915) ; décret d'héroïcité des vertus du 25 juin 1996 ; mort le 26 novembre 1971.
2 4 8 12 14 23 26 27 32 42 44 83 86 98Alberione.org (site officiel de la cause, Filles de Saint-Paul), « Biography » : alberione.org/biography. Enfance à San Lorenzo di Fossano ; parents Michele Alberione et Teresa Allocco ; réponse enfantine « Je serai prêtre » à six ans ; séminaire de Bra (1896-1900) puis Alba (octobre 1900) ; rencontre du chanoine Francesco Chiesa, directeur spirituel pendant 46 ans ; nuit du 31 décembre 1900 et « lumière particulière » de l'hostie ; vicariat à Narzole (1908) et rencontre de Giuseppe Timoteo Giaccardo ; fondations chronologiques 1914-1959 ; expansion missionnaire à partir de 1931 (Brésil, Argentine, Extrême-Orient) ; Radio San Paolo (1948) ; apostolat cinématographique (REF/Sampaolo Film, 1939) ; participation à Vatican II ; croix Pro Ecclesia et Pontifice (1969) ; mort le 26 novembre 1971 ; ouverture de la cause en 1982 ; vénérable en 1996 ; béatification en 2003.
3 5 15 16 18 20 24 25 28 36 43 45 58 64 65 67 69 70 71 99Istituto dell'Enciclopedia Italiana Treccani, Dizionario Biografico degli Italiani, notice « Giacomo Alberione » : treccani.it/enciclopedia/giacomo-alberione_(Dizionario-Biografico). Naissance à Fossano de parents métayers Michele et Teresa Olocco ; séminaire de Bra puis d'Alba — sortie de Bra après une crise spirituelle née de son insatiable soif de lectures ; expérience spirituelle du 31 décembre 1900 ; ordonné prêtre en 1907 ; diplôme de théologie du Collège théologique de Gênes (1909) ; formule programmatique « opporre alla stampa la stampa, all'organizzazione l'organizzazione » ; fondation de la Scuola Tipografica Piccolo Operaio (août 1914), noyau de la Pia Società San Paolo ; réticences de la Congrégation des Religieux craignant une dérive « industrielle ou commerciale » ; approbation diocésaine le 12 mars 1927, branche féminine en 1929 ; approbation pontificale définitive le 27 juin 1949 ; institution d'un quatrième vœu d'obéissance spéciale au pape ; gouvernement centralisé, endettement compensé par la confiance en la Providence ; expansion missionnaire à partir de 1931 ; San Paolo Film (1938) ; mort à Rome le 26 novembre 1971 ; jugement historiographique nuancé, seule biographie critique celle de Rolfo (1974), le reste de la littérature étant de facture apologétique.
6 13 19 29 33 34 37 38 49 50 51 52 53 55 56 66 72 78 79 95 96Dicastère des Causes des Saints, notice officielle « Giacomo Alberione (1884-1971) » : causesanti.va. Béatification le 27 avril 2003 par Jean-Paul II ; mémoire liturgique le 26 novembre ; fondateur de la Pia Società di San Paolo Apostolo (1914).
7 54 85 87 93 94 97Santi e Beati, fiche « Beato Giacomo Alberione » (Mariella Lentini) : santiebeati.it/dettaglio/90002. « Protagonista silenzioso, ma molto attento » du concile Vatican II, présent quotidiennement aux quatre sessions ; 4 décembre 1963 (Inter Mirifica) : « Ora non potete più avere dubbi. La Chiesa ha parlato » ; maxime « iniziare sempre da un presepio » ; considéré comme « l'apostolo del XX secolo e il patrono di Internet » (formule journalistique, titre jamais officialisé) ; décret d'héroïcité des vertus signé le 25 juin 1996.
9 11 57 73 76 77Concile Vatican II, décret Inter Mirifica sur les moyens de communication sociale, 4 décembre 1963 : vatican.va. Texte intégral : aucune occurrence d'« Alberione ».
10 75Daughters of St. Paul, « Blessed James Alberione — A Biographical Sketch » : daughtersofstpaul.com. Naissance le 4 avril 1884 ; parents Michael Alberione et Teresa Allocco ; devise personnelle tirée de Galates 2, 20 (« The life I live now is not my own; Christ is living in me ») ; mort le 26 novembre 1971 à 87 ans ; visite personnelle du pape Paul VI une heure avant sa mort ; béatification le 27 avril 2003 par Jean-Paul II.
17 35 41 82Abbaye Saint-Joseph de Clairval, lettre du 23 mai 2010 sur le bienheureux Jacques Alberione : clairval.com/documents/AN-2010-05-23.pdf. Père conciliaire (1962-1965), empêché par sa santé de prendre part personnellement aux débats ; Famiglia Cristiana, hebdomadaire familial lancé en 1931 ; Tametsi futura (Léon XIII, 1ᵉʳ novembre 1900), « deep impression » sur le jeune Alberione ; lignes écrites en avril 1960 : « the press, the cinema, radio, television are today the most rapid, most effective instruments of Catholic apostolate requiring urgent employment ».
21 31 62 63 74Léon XIII, encyclique Tametsi futura prospicientibus, 1ᵉʳ novembre 1900 : vatican.va. Source primaire de l'appel à recevoir le Christ intégralement comme Voie, Vérité et Vie, matrice théologique reprise par Alberione.
22 30Opera Omnia Alberione (archive numérique officielle des écrits d'Alberione), Abundantes divitiae gratiae suae : operaomnia.alberione.org/en/opere/abundantes-divitiae-gratiae-suae-eng. Texte autobiographique rédigé de la main d'Alberione fin 1953 à la demande de ses collaborateurs les plus anciens ; titre tiré d'Éphésiens 2, 7 ; intention explicite de fixer l'attention du lecteur sur la pédagogie de la grâce divine plutôt que sur ses propres réalisations ; chap. V « Charismatic Resources », §§ 151-157 : parole du Divin Maître reçue en songe en 1923 (« Non temete — Io sono con voi — Di qui voglio illuminare… »).
46 59 60 61Edizioni San Paolo, notice sur Le avventure di Pinocchio : edizionisanpaolo.it. San Paolo Film coproduit le feuilleton télévisé de Luigi Comencini (coproduction RAI / ORTF / Bavaria Film / San Paolo Film), diffusé sur le Programme national en avril-mai 1972.
68Paul VI, discours au chapitre général de la Pieuse Société Saint-Paul, 28 juin 1969 : vatican.va. « Eccolo : umile, silenzioso, instancabile, sempre vigile… il nostro Don Alberione ha dato alla Chiesa nuovi strumenti per esprimersi » ; remise de la croix Pro Ecclesia et Pontifice. Aucune occurrence de « meraviglia della nostra epoca » dans ce texte officiel.
80 81Daughters of St. Paul, « Blessed James Alberione, SSP » : daughtersofstpaul.com. Vision missionnaire centrée sur les médias modernes ; dévotion eucharistique et scripturaire ; tradition d'une Bible placée sous sa tête lors de son exposition en chapelle ardente en 1971.
84Siate Perfetti (documentation de la Postulation sur le miracle de la béatification) : siateperfetti.altervista.org/cappella-alberione/alberione-miracolo-beatificazione. Guérison de María Librada González Rodríguez (née le 7 septembre 1931 à Guadalajara, Jalisco, Mexique), membre de l'Institut Marie-Très-Sainte-Annonciade (institut séculier), professe perpétuelle depuis le 17 avril 1982 ; chute et traumatisme du pied le 4 avril 1989 ; crise respiratoire aiguë par embolie pulmonaire le 20 mai 1989, guérison instantanée après invocation de Don Alberione ; enquête diocésaine de Guadalajara ouverte en 1994, validée juridiquement par décret du 10 novembre 1995 ; consulte médicale du 14 février 2002 concluant à une guérison rapide, complète, durable et scientifiquement inexplicable ; décret de reconnaissance du miracle signé par Jean-Paul II le 20 décembre 2002.
88 89 90 91 92Librairies Paulines du Québec (Filles de Saint-Paul / Médiaspaul) : « Librairie Paulines », 2653 rue Masson, Montréal et 940 Notre-Dame Centre, Trois-Rivières ; « Librairie Mediaspaul », Sherbrooke. Aucune librairie paulinienne confirmée en France.
100