Bienheureux Solanus Casey (1870-1957)

Le bienheureux Solanus Casey (1870-1957), capucin américain jugé trop faible pour devenir prêtre ordinaire, devint l'humble portier du couvent de Détroit et enseignait à remercier Dieu d'avance. Béatifié en 2017, il est, en novembre 2017, le deuxième prêtre né aux États-Unis élevé aux autels, après Stanley Rother (béatifié le 23 septembre 2017).

Ignispedia

Solanus Casey — né Bernard Francis Casey (Oak Grove, 1870 — Détroit, 1957) — est un prêtre capucin américain, l'une des grandes figures de la sainteté nord-américaine du XXᵉ siècle.[1][2] Fils d'immigrés irlandais, sixième de seize enfants, il fut jugé trop faible en latin et en allemand pour devenir un prêtre ordinaire : on l'ordonna prêtre simplex, sans le droit de prêcher de sermons doctrinaux ni de confesser.[3][4] De cette limitation, Dieu fit un chemin de gloire.

Pendant un demi-siècle, ce prêtre « empêché » fut portier de monastère — à New York, à Yonkers, à Harlem, puis une vingtaine d'années à Détroit[5]. Assis à la porte du couvent Saint-Bonaventure, il reçut d'innombrables visiteurs — selon l'estimation d'un collègue du couvent rapportée par Franciscan Media, cent cinquante à deux cents personnes en moyenne venaient le voir chaque jour au bureau d'accueil pour une bénédiction, un conseil, une guérison.[6] Des milliers de faveurs et de guérisons lui furent attribuées de son vivant ; il les consigna scrupuleusement, avec une humilité méfiante d'elle-même, dans sept « Cahiers des faveurs » liés à l'Association séraphique des messes.[7][8]

Sa spiritualité tient en une formule devenue célèbre, qu'on lui attribue : « Remerciez Dieu d'avance. » Avant même de savoir comment Dieu répondrait, Solanus Casey rendait grâce — certain que tout dessein de Dieu est miséricordieux.[9][10] Cofondateur de la soupe populaire des Capucins pendant la Grande Dépression, il mourut le 31 juillet 1957 en murmurant ces paroles que les témoignages lui attribuent dans leur forme complète : « J'offre mes souffrances pour que tous soient un. [...] Je donne mon âme à Jésus-Christ. »[11] Vingt mille personnes défilèrent devant son cercueil.[12][13]

Déclaré vénérable par Jean-Paul II en 1995, béatifié à Détroit le 18 novembre 2017 devant soixante à soixante-dix mille fidèles, il est, à cette date de novembre 2017, le deuxième prêtre né aux États-Unis élevé à la gloire des autels, après le bienheureux Stanley Rother, béatifié à Oklahoma City le 23 septembre 2017.[14][15]

Le sixième de seize enfants : une Amérique irlandaise et catholique (1870-1891)

Naissance à Oak Grove, Wisconsin (25 novembre 1870)

Bernard Francis Casey naît le 25 novembre 1870 à Oak Grove, dans le comté de Pierce, au Wisconsin, et est baptisé le 18 décembre suivant.[16] Il est le sixième de seize enfants de Bernard James Casey et Ellen Elizabeth Murphy, deux immigrés irlandais qui ont fui la misère pour bâtir une ferme dans le Midwest américain. La famille, profondément catholique, prie en commun, travaille la terre et vit dans la pauvreté digne des pionniers.

En 1878, une épidémie de diphtérie emporte deux de ses frères et sœurs et laisse au jeune Bernard une voix abîmée pour toujours — séquelle qui pèsera plus tard sur ses études et sa prédication.[17] Plusieurs déménagements suivent : Hudson, puis Burkhardt, au gré des terres à cultiver. L'école est sporadique ; Bernard la quitte tôt, à l'automne 1882, pour aider la famille.

Une jeunesse de petits métiers

Dès 1887, l'adolescent enchaîne les métiers les plus rudes de l'Amérique laborieuse : bûcheron, garçon d'hôpital, gardien à la prison d'État du Minnesota, et enfin conducteur de tramway à Superior, dans le Wisconsin.[18] Il connaît le monde des travailleurs, des pauvres, des marginaux — celui-là même qu'il servira toute sa vie. Sa foi, héritée d'une mère pieuse, reste vive ; mais l'appel au sacerdoce ne s'impose pas encore clairement.

La scène fondatrice : le marin ivre et la femme à terre

Selon les récits biographiques, un jour, aux commandes de son tramway, Bernard doit s'arrêter brusquement : sur les rails, un marin ivre, un couteau à la main, se tiendrait au-dessus d'une femme ensanglantée.[19] La violence brute de la scène, telle qu'elle est rapportée, le bouleverse. Il y lit le visage d'un monde sans Dieu, et la nécessité d'y porter le Christ. Cette secousse achève de mûrir en lui une décision longtemps différée : devenir prêtre, non pour briller, mais pour réparer.

La longue épreuve des études (1891-1904)

Le séminaire et l'échec en latin et en allemand

En janvier 1891, Bernard entre au séminaire mineur Saint-Francis, près de Milwaukee.[20] L'épreuve commence : les cours sont donnés en latin et en allemand, deux langues qui lui résistent, d'autant que sa scolarité a été décousue et sa voix fragilisée. Ses résultats restent médiocres. Ses professeurs, sans méchanceté, concluent qu'il ne pourra pas suivre le cursus exigeant du clergé diocésain et lui conseillent d'entrer dans un ordre religieux.

Loin d'être une anecdote, cet échec scolaire est la clé de toute sa vie. La sainteté de Solanus Casey naîtra précisément de ce que les hommes avaient pris pour une disqualification. Aleteia résume bien le paradoxe : ces limites, « plutôt que de le décourager, ont favorisé une grandeur et une sainteté qu'il n'aurait peut-être jamais eues d'une autre manière ».[21]

« Va à Détroit » : l'entrée chez les Capucins (1897)

Un prêtre ordinaire pouvait prêcher et confesser ; Solanus Casey, ordonné prêtre simplex, célébrait la messe, bénissait et écoutait, mais ne prêchait pas de sermons doctrinaux et ne confessait pas. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Hésitant entre plusieurs ordres, Bernard prie longuement devant une statue de la Vierge Marie. Selon les récits biographiques, il aurait entendu intérieurement une parole simple et nette : « Va à Détroit. »[22] Il y postule auprès des Frères mineurs capucins, fils de saint François réputés pour leur austérité et leur amour des pauvres. Il est reçu le 14 janvier 1897.

Frère Solanus, le violon et saint François Solano

À sa prise d'habit, on lui donne le nom de religion de Solanus, en l'honneur de saint François Solano (1549-1610), franciscain missionnaire d'Amérique du Sud et joueur de violon comme lui.[23][24] Toute sa vie, frère Solanus grattera son violon — souvent des airs irlandais — avec plus de ferveur que de talent, parfois seul la nuit devant le tabernacle, pour chanter Dieu et la Vierge. Il prononce ses vœux le 21 juillet 1898.

L'ordination du 24 juillet 1904 : un prêtre simplex

Le 24 juillet 1904, à l'église Saint-François-d'Assise de Milwaukee, Bernard — désormais frère Solanus — est ordonné prêtre par l'archevêque Sebastian Messmer.[25] Mais à cause de ses résultats jugés insuffisants en théologie morale et en prédication, ses supérieurs l'ordonnent prêtre simplex (sacerdos simplex).

Ordonné avec des facultés restreintes, il peut célébrer la messe et donner des bénédictions, mais ne peut ni prêcher publiquement de sermons doctrinaux ni entendre les confessions pour absoudre : c'est le statut dit de prêtre simplex.[26][27][28] Précision de date : en 1904, le Code de droit canonique de 1917 n'existe pas encore — il ne sera promulgué qu'en 1917 et n'entrera en vigueur qu'en 1918. Ce statut relève donc de la discipline alors en usage, non d'une application de ce Code. C'est une prêtrise « diminuée » aux yeux du monde. Et pourtant, à son ordination, l'un de ses supérieurs aurait prophétisé :

« Pour les gens, il sera une sorte de curé d'Ars. » — prédiction rapportée lors de l'ordination de Solanus Casey[29]

Il célèbre sa première messe le 31 juillet 1904 à Appleton, dans le Wisconsin, en présence de sa famille.[30] Désormais, le prêtre qui ne peut ni prêcher ni confesser n'aura qu'une seule arme : la porte du couvent, et l'écoute infinie des pauvres.

Le portier de Dieu (1904-1945)

Vingt ans à New York, Yonkers et Harlem

Pendant vingt ans, le P. Solanus exerce dans les couvents capucins de l'État de New York : au couvent du Sacré-Cœur de Yonkers, à l'église Saint-Jean de Manhattan, puis à Notre-Dame-Reine-des-Anges, dans le quartier pauvre de Harlem.[31] Partout, on lui confie les fonctions humbles de sacristain et de portier — celui qui ouvre la porte. C'est précisément là, au seuil du monastère, que se nouera son apostolat.

L'Association séraphique des messes et les « Cahiers des faveurs »

À Harlem, le P. Solanus devient le promoteur de l'Association séraphique des messes (Seraphic Mass Association, aujourd'hui Solanus Mission Association), une œuvre par laquelle les fidèles font célébrer des messes, notamment pour les missions et les défunts, en confiant à Dieu leurs intentions.[32][33] Il y inscrit les malades, les désespérés, les familles en détresse, et leur promet la prière de l'Église.

En 1923, le provincial, le P. Benno Aichinger, lui demande de tenir un registre de ces intentions et des grâces obtenues. Solanus achète un cahier et inscrit en tête :

« 8 novembre 1923… Le Père Provincial souhaite que l'on prenne note des faveurs spéciales rapportées par l'Association séraphique des messes. » — premier des Cahiers des faveurs de Solanus Casey[34]

Jusqu'en 1956, il remplira sept de ces « Cahiers des faveurs » de plus de six mille entrées : guérisons, conversions, emplois retrouvés, réconciliations, grâces de toutes sortes.[35][36] Lui-même, prudent, n'y voyait jamais une preuve de son pouvoir, mais le fruit de la prière de l'Église et de la foi des demandeurs.

Détroit, Saint-Bonaventure : la porte ouverte à tous

En août 1924, le P. Solanus est envoyé au couvent Saint-Bonaventure de Détroit, où il restera une vingtaine d'années — vingt ans effectifs, du 1er août 1924 au 23 juillet 1945 selon la chronologie officielle du Solanus Casey Center, chiffre que plusieurs sources secondaires arrondissent à « 21 ans ».[37] C'est là que sa réputation explose. Devenu « le portier » (The Doorkeeper), il se tient à la porte de sept heures du matin à dix heures du soir, toujours prêt à écouter « n'importe qui, à n'importe quelle heure ».[38][39]

Selon Franciscan Media, qui cite l'estimation d'un collègue du couvent, cent cinquante à deux cents personnes en moyenne venaient le voir chaque jour au bureau d'accueil : malades, chômeurs, couples en crise, mères inquiètes, pécheurs en quête de paix.[40] Il les bénit, prie avec eux, les inscrit à l'Association séraphique, et leur murmure de remercier Dieu d'avance. Le mercredi après-midi, il tient un office pour les malades, où affluent des foules. Le prêtre que l'on avait jugé incapable de prêcher est devenu l'un des plus grands directeurs d'âmes de l'Amérique catholique.

La soupe populaire des Capucins (1929)

Quand la Grande Dépression s'abat sur Détroit en 1929, jetant à la rue des dizaines de milliers d'ouvriers de l'automobile, les Capucins ouvrent une soupe populaire (Capuchin Soup Kitchen) pour nourrir les affamés. Le P. Solanus en est l'un des inspirateurs et fondateurs.[41][42]

Pour Solanus, la charité concrète et la confiance en la Providence ne faisaient qu'un. La soupe populaire des Capucins existe toujours à Détroit et nourrit encore aujourd'hui des milliers de personnes — héritage direct du petit frère portier.

« Remerciez Dieu d'avance » : une spiritualité de la gratitude et de la confiance

Gratitude, confiance, humilité et appréciation : quatre mots pour résumer la spiritualité de Solanus Casey. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Toute la sainteté de Solanus Casey peut se lire comme une école de gratitude anticipée. Il ne demandait pas seulement aux gens de remercier Dieu après la grâce reçue, mais avant — comme un acte de foi pure dans la bonté de Dieu.

Remercier Dieu d'avance

Sa formule la plus connue résume sa doctrine spirituelle tout entière :

« Ayez foi en Dieu, secouez les soucis excessifs, et remerciez Dieu d'avance ! » — formule attribuée au bienheureux Solanus Casey[43]

Et encore, dans une formulation plus développée qu'il aimait répéter :

« Dieu sait ce qui est le meilleur ; et, tout en espérant encore une heureuse surprise, nous ne pouvons guère mieux faire que non seulement nous résigner à tout ce que Dieu permet, mais le remercier d'avance pour ses desseins pleins de miséricorde et d'amour. » — propos attribués au bienheureux Solanus Casey[44]

Bénir Dieu dans tous ses desseins

La confiance de Solanus n'était pas un optimisme naïf : elle reposait sur la certitude que rien de ce que Dieu permet n'est sans amour. D'où l'autre grande devise de sa vie :

« Béni soit Dieu dans tous ses desseins. » — devise attribuée au bienheureux Solanus Casey[45]

Devant la maladie, le deuil, l'échec, il invitait toujours à chercher non pas d'abord la délivrance, mais le dessein d'amour caché dans l'épreuve — sans pour autant cesser d'espérer le miracle.

« Ce pauvre pécheur Solanus » : l'humilité

Submergé de demandes et entouré de guérisons, le P. Solanus se gardait avec soin de tout retour sur lui-même. Il s'écrivait à lui-même des avertissements :

« Garde-toi de te féliciter des grâces opérées par ton intermédiaire. » — note attribuée au bienheureux Solanus Casey (notes personnelles citées par Franciscan Media)[46]

Il se désignait volontiers comme « ce pauvre pécheur Solanus », et demandait qu'on prie pour sa propre conversion :

« Dites une petite prière pour la conversion du pauvre pécheur Solanus, qui fait si peu de progrès dans la foi, l'espérance et la charité. » — prière attribuée au bienheureux Solanus Casey[47]

Apprécier le don de Dieu

Aucun mot ne lui était plus cher que celui d'apprécier. Il répétait : « Si seulement nous appréciions le don de Dieu pour nous… », persuadé que l'ingratitude est la racine de la tristesse, et la reconnaissance la porte de la joie.[48] Sa spiritualité, sans grand système ni traité, rejoint ainsi la voie d'enfance de Thérèse de Lisieux : tout recevoir comme un don, tout rendre comme une action de grâces.

Les guérisons et le discernement de l'Église

Des foules à la porte du couvent

De son vivant, le P. Solanus passa pour un thaumaturge : on lui attribua d'innombrables guérisons physiques et spirituelles. Franciscan Media rapporte l'estimation d'un collègue du couvent : cent cinquante à deux cents personnes en moyenne venaient le voir chaque jour au bureau d'accueil pour une bénédiction, un conseil ou une guérison.[49] Mais il refusait absolument d'être tenu pour un faiseur de miracles : il inscrivait simplement les malades à l'Association séraphique des messes, leur faisait promettre une œuvre pour plaire à Dieu, et les renvoyait à la foi et à la patience.

« Faites quelque chose pour plaire au bon Dieu. » — conseil habituel attribué à Solanus Casey par ses visiteurs[50]

La prudence du frère et des supérieurs

L'Église, comme toujours, fit preuve de prudence. Les supérieurs de Solanus veillèrent à ce que sa réputation ne tourne ni au culte de la personnalité, ni au sensationnel. Lui-même attribuait tout à Dieu, à la Vierge, aux messes célébrées, jamais à sa propre personne. C'est cette humilité tenace, plus encore que les faveurs rapportées, qui frappa les enquêteurs de sa cause : un homme entouré de prodiges et qui n'en tirait aucune gloire.

Les guérisons elles-mêmes furent passées au crible du naturel avant tout jugement surnaturel : pour le miracle retenu en vue de la béatification, l'enquête diocésaine de Détroit examina la guérie en 2015, biopsies à l'appui, sans trouver d'explication médicale[51]. L'enquête, validée par la Congrégation pour les causes des saints en octobre 2015, franchit ensuite chaque étape romaine : les experts médicaux en septembre 2016 (avis du 22 septembre, relayé par Catholic News Service), les consulteurs théologiens — les théologiens chargés d'examiner le dossier pour le dicastère — en janvier 2017 (avis du 19 janvier, relayé par la même source), puis la session ordinaire de la Congrégation — la réunion plénière des cardinaux et évêques membres du dicastère — le 2 mai 2017[52][53]. Ce n'est qu'au terme de ce parcours que le pape François, en audience avec le cardinal Angelo Amato, reconnut le miracle le 4 mai 2017[54][55]. Dans la documentation consultée, aucun contradicteur public nommé ne s'est élevé contre la cause : l'examen critique est passé par la procédure médicale et canonique elle-même, fidèle à la prudence que Solanus pratiquait déjà de son vivant.

La mort et la gloire (1945-2017)

Dernières années et maladie

En 1945, affaibli, le P. Solanus quitte Détroit ; il passe par le couvent de Brooklyn, puis, en 1946, est envoyé au noviciat Saint-Félix de Huntington, dans l'Indiana, pour raison de santé — il souffre d'un eczéma sévère et d'érysipèle.[56] Malgré la maladie, il continue de prier des nuits entières devant le tabernacle, de jouer du violon et de recevoir ceux qui le cherchent. En 1956, gravement atteint à la peau, il est hospitalisé à Détroit.

« Je donne mon âme à Jésus-Christ » (31 juillet 1957)

Réadmis une dernière fois à l'hôpital Saint-Jean de Détroit le 2 juillet 1957, le P. Solanus s'éteint le 31 juillet 1957, à l'âge de 86 ans, emporté par l'érysipèle.[57][58][59] Sa sœur Marthe avait récité le chapelet avec lui. Ses dernières paroles, dignes de toute sa vie d'abandon, nous sont parvenues dans cette forme complète, rapportée par le frère Richard Merling, directeur de la Guilde Solanus Casey, en ouverture de la messe de béatification :

« J'offre mes souffrances pour que tous soient un. [...] Je donne mon âme à Jésus-Christ. » — dernières paroles de Solanus Casey, 31 juillet 1957, dans leur forme complète rapportée (les points de suspension signalent la coupe médiane telle que rapportée)[60]

Il mourut, fait remarquable, le jour anniversaire de sa première messe (31 juillet 1904) et en la fête de saint Ignace de Loyola.[61] Sa fête liturgique est fixée au 30 juillet.[62]

Vingt mille personnes devant son cercueil

Tombeau du bienheureux Solanus Casey au couvent Saint-Bonaventure de Détroit. Photo : Nheyob, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

La nouvelle de sa mort souleva une émotion populaire immense. Environ vingt mille personnes défilèrent devant son cercueil au couvent Saint-Bonaventure avant ses funérailles.[63][64] Le « simple portier » était devenu, sans l'avoir cherché, le prêtre le plus aimé de Détroit. Il fut inhumé dans son monastère ; ses restes furent exhumés et transférés en 1987 dans une chapelle du couvent, puis de nouveau en 2017 pour le prélèvement des reliques.[65]

Vénérable (1995) et le miracle de Paula Medina Zárate

La cause de béatification s'ouvre à Détroit dès 1976.[66] Après l'examen d'une positio — le volumineux dossier officiel rassemblant témoignages, documents et études sur sa vie et ses vertus — en trois volumes, préparée sous la direction du frère Léo Wollenwebber, OFMCap, le pape Jean-Paul II promulgue le 11 juillet 1995 le décret sur l'héroïcité de ses vertus et le déclare vénérable.[67] Reste à obtenir un miracle.

En septembre 2012, Paula Medina Zárate, catéchiste panaméenne de Chepo, atteinte depuis sa naissance d'une ichtyose vulgaire incurable qui couvrait sa peau de squames et la faisait saigner, se rend pour la première fois au tombeau du P. Solanus, au couvent Saint-Bonaventure de Détroit.[68][69] Agenouillée, elle rédige quatorze intentions de prière pour sa mère, ses frères et les habitants de sa paroisse — aucune pour elle-même. En se relevant, elle entend une voix :

« Et toi, de quoi as-tu besoin ? » — voix entendue par Paula Medina Zárate au tombeau du P. Solanus, septembre 2012[70]

Bouleversée, elle demande alors la guérison de ses jambes et de ses bras, et ressent aussitôt un courant de chaleur dans tout le corps. Peu après, dans la salle de bain du monastère, elle découvre que ses squames « se sont mises à tomber, sans saignement »[71], remplacées par une peau saine — un processus qui se poursuit le jour suivant. En 2015, dans le cadre de l'enquête diocésaine, trois médecins de la région de Détroit, dont une spécialiste de l'ichtyose, l'examinent, biopsies à l'appui, sans trouver aucune explication médicale[72]. Le dossier, validé à Rome en octobre 2015, passe les experts médicaux en septembre 2016, les consulteurs théologiens en janvier 2017, puis la session ordinaire de la Congrégation le 2 mai 2017[73][74].

Le 4 mai 2017, au terme d'une audience avec le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation, le pape François reconnaît le miracle.[75][76][77][78] L'archevêque de Détroit, Mgr Allen Vigneron, salue aussitôt la nouvelle :

« La béatification du Père Solanus Casey est une grâce incomparable pour l'Église de l'archidiocèse de Détroit et pour toute la communauté du Sud-Est du Michigan. Il est, pour nous tous catholiques — et pour tous —, une inspiration de la puissance de la grâce à transformer une vie. » — Mgr Allen Vigneron, archevêque de Détroit, 4 mai 2017[79]

ÉtapeDateAutorité
Ouverture de la cause à Détroit1976Archidiocèse de Détroit
Déclaré vénérable (héroïcité des vertus)11 juillet 1995Jean-Paul II
Validation de l'enquête diocésaineoctobre 2015Congrégation pour les causes des saints
Avis favorable des experts médicauxseptembre 2016Congrégation pour les causes des saints
Avis favorable des consulteurs théologiensjanvier 2017Congrégation pour les causes des saints
Approbation du miracle (session ordinaire)2 mai 2017Congrégation pour les causes des saints
Reconnaissance du miracle4 mai 2017Pape François
Béatification18 novembre 2017Cardinal Angelo Amato, légat

Béatifié à Détroit (18 novembre 2017)

Le 18 novembre 2017, au stade Ford Field de Détroit, devant soixante à soixante-dix mille fidèles, le cardinal Angelo Amato, envoyé du pape François, proclame bienheureux le P. Solanus Casey.[80][81][82] La ville qui l'avait accueilli, pauvre et inconnu, le célèbre désormais comme l'un de ses plus grands fils.

Le deuxième prêtre né aux États-Unis béatifié

Solanus Casey a une place singulière dans l'histoire de l'Église américaine : il est, à cette date de novembre 2017, le deuxième prêtre né aux États-Unis à être béatifié, après Stanley Rother (Oklahoma City, 23 septembre 2017).[83][84] Avant lui, des saints américains comme Élisabeth Ann Seton ou Frances Cabrini avaient été canonisés, mais aucun autre prêtre natif du pays n'avait été élevé aux autels, avant Stanley Rother. Sa fête est fixée au 30 juillet.[85]

Ce que le Bienheureux Solanus Casey enseigne aujourd'hui

L'histoire de Solanus Casey est un renversement évangélique : Dieu choisit ce que le monde tient pour faible pour confondre ce qu'il tient pour fort (cf. 1 Co 1, 27). Le prêtre jugé incapable de prêcher devint, par la porte et l'écoute, l'un des plus grands prédicateurs silencieux de son temps. Trois leçons demeurent :

  • La sainteté ne dépend pas des dons naturels. Solanus n'avait ni éloquence, ni science théologique, ni santé robuste. Il avait la fidélité au moment présent, la prière et la charité — et cela suffit à Dieu.
  • La gratitude précède la grâce. « Remercier Dieu d'avance » n'est pas une formule pieuse : c'est un acte de foi qui désarme l'angoisse et ouvre le cœur à la Providence.
  • Les humbles services sont des chemins de gloire. Ouvrir une porte, servir une soupe, écouter un désespéré : Solanus a sanctifié ces gestes minuscules au point d'en faire un apostolat universel.

« Béni soit Dieu dans tous ses desseins. » — devise attribuée au bienheureux Solanus Casey[86]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Wikipedia (EN), "Solanus Casey" : en.wikipedia.org/wiki/Solanus_Casey. Né Bernard Francis Casey le 25 novembre 1870 à Oak Grove (comté de Pierce, Wisconsin), baptisé le 18 décembre 1870 ; sixième de seize enfants d'immigrés irlandais Bernard James Casey et Ellen Elizabeth Murphy ; diphtérie en 1878 ; petits métiers (bûcheron, garçon d'hôpital, gardien de prison, conducteur de tramway) ; scène du marin ivre ; séminaire Saint-Francis (Milwaukee) en janvier 1891, difficultés en latin/allemand ; reçu chez les Capucins le 14 janvier 1897, nom Solanus (d'après saint François Solano), vœux le 21 juillet 1898 ; ordonné prêtre simplex le 24 juillet 1904 par Mgr Sebastian Messmer ; première messe le 31 juillet 1904 à Appleton ; portier à Yonkers, Manhattan, Harlem puis Saint-Bonaventure de Détroit (1924-1945) ; cofondateur de la Capuchin Soup Kitchen (1929) ; Huntington, Indiana (1946) ; mort de l'érysipèle le 31 juillet 1957 à l'hôpital Saint-Jean de Détroit (86 ans) (cf. [^stjohn]), dernières paroles dans leur forme complète rapportée « I am offering my suffering that all might be one. ... I give my soul to Jesus Christ » (cf. [^derniers-mots]) ; ~20 000 personnes devant son cercueil ; exhumations 1987 et 2017 ; vénérable le 11 juillet 1995 (Jean-Paul II) ; miracle de Paula Medina Zárate (ichtyose, 2012) reconnu le 4 mai 2017 ; béatifié à Ford Field, Détroit, le 18 novembre 2017 par le cardinal Angelo Amato devant 60 000 à 70 000 personnes selon les sources (cf. [^foule]) ; deuxième homme né aux États-Unis béatifié (après Stanley Rother, 23 septembre 2017) ; fête le 30 juillet. Cursus romain du miracle : enquête diocésaine validée en octobre 2015 ; experts médicaux en septembre 2016 ; consulteurs théologiens en janvier 2017 ; approbation de la Congrégation le 2 mai 2017 ; approbation pontificale le 4 mai.

    1 3 12 16 17 18 19 20 22 23 25 26 30 31 41 52 56 57 61 63 65 66 73 75 80
  2. Solanus Casey Center / Capucins (province Saint-Joseph), biographie officielle "About Blessed Solanus Casey" : solanuscasey.org. « The Doorkeeper » de Saint-Bonaventure, toujours prêt à écouter « n'importe qui, à n'importe quelle heure » ; promoteur de l'Association séraphique des messes (aujourd'hui Solanus Mission Association) à Notre-Dame-Reine-des-Anges (Harlem) ; volumes de cahiers documentant les personnes rencontrées ; soupe populaire ; spiritualité de la gratitude (« attitude of gratitude », « Thank God ahead of time »), amour du violon et de saint François Solano.

    2 24 32 39 42 48
  3. Aleteia (FR), "Solanus Casey, le « cancre » devenu bienheureux" (20 novembre 2017) : fr.aleteia.org. Difficultés au séminaire Saint-Francis de Milwaukee ; prêtre simplex sans droit de prêcher ni confesser ; prédiction à son ordination « Pour les gens il sera une sorte de curé d'Ars » ; ses limites favorisant « une grandeur et une sainteté qu'il n'aurait peut-être jamais eues d'une autre manière ». (Le chiffre de cent cinquante à deux cents visiteurs, un temps adossé à cet article, n'a pas été retrouvé en l'état dans cette source : il est désormais attribué à son degré vérifié en [^franciscanmedia].)

    4 21 27 29
  4. Solanus Casey Center / Capucins (province Saint-Joseph), page « Capuchin Life » : « He was assigned to St. Bonaventure Monastery in Detroit where he ministered as porter for 20 years from August 1, 1924 to July 23, 1945 » (solanuscasey.org) — soit 20 ans et près de 12 mois, d'où l'arrondi usuel à « 21 ans (1924-1945) » repris par Angelus News (« For 21 years he was porter at St. Bonaventure Monastery in Detroit ») et Integrated Catholic Life (« twenty-one years from 1924-1945 »). La mention « twenty-two years » du magazine capucin Mosaic (automne 2017, p. 11) compte vraisemblablement les années civiles touchées (1924 à 1945) ; la durée de service effective est de vingt ans (1er août 1924 – 23 juillet 1945), arrondie à « 21 ans » par plusieurs sources secondaires.

    5 37
  5. Franciscan Media, "Thank God Ahead of Time — A Look at Solanus Casey" : franciscanmedia.org. Citation développée sur la résignation et l'action de grâce anticipée (« God knows best… thank Him for His mercifully loving designs ») ; avertissement personnel « Beware of congratulating thyself on the blessings wrought through thy medium » ; « poor sinner Solanus » et demande de prière pour sa propre conversion ; conseil « do something to please the Dear Lord » ; ministère de portier de 7 h à 22 h. Fréquentation, au degré exact rapporté : « A co-worker estimates that on the average day 150 to 200 people came to see Father Solanus in the front office » — soit l'estimation d'un collègue du couvent, en moyenne, chaque jour, au bureau d'accueil. Durée du ministère à Détroit : « porter and sacristan for 20 years at St. Bonaventure Monastery » (cf. dates exactes en [^detroit-dates]).

    6 10 38 40 44 46 47 49 50
  6. Catholic News Agency, "Thank God ahead of time: What Blessed Solanus Casey teaches about a spirituality of gratitude" : catholicnewsagency.com. Citations « Have faith in God, shake off excessive worry, and thank God ahead of time! » et « Blessed be God in all His designs » ; visite du provincial Benno Aichinger en 1923 ; première entrée du cahier datée du 8 novembre 1923 (« Father Provincial wishes notes to be made of special favors reported through the Seraphic Mass Association ») ; sept cahiers, plus de 6 000 entrées en 1956 ; béatification 18 novembre 2017. Textes originaux : « Have faith in God, shake off excessive worry, and thank God ahead of time! » ; « Blessed be God in all His designs » ; « Father Provincial wishes notes to be made of special favors reported through the Seraphic Mass Association » (tête du premier cahier, 8 novembre 1923).

    7 9 33 34 35 43 45 76 82 86
  7. Michael H. Crosby, OFM Cap, Thank God Ahead of Time: The Life and Spirituality of Solanus Casey, 1re éd. Franciscan Herald Press, 1985 ; rééd. Franciscan Media, 2009, 288 p. (ISBN 978-0-86716-919-5). Biographie de référence du postulateur capucin : vie, ministère de portier, Association séraphique des messes, sept « Notebooks of Favors Reported » remplis de plus de 6 000 entrées entre 1923 et 1956, spiritualité de la gratitude anticipée.

    8 36
  8. Dernières paroles de Solanus Casey, 31 juillet 1957, dans leur forme complète rapportée par le frère Richard Merling, OFMCap, directeur de la Guilde Solanus Casey, en ouverture de la messe de béatification (Ford Field, Détroit, 18 novembre 2017). National Catholic Register, « Solanus Casey, "a Humble and Faithful Disciple of Christ," Beatified in Detroit », 18 novembre 2017 : « He recounted Blessed Solanus' last words: "I am offering my suffering that all might be one. ... I give my soul to Jesus Christ." » (ncregister.com). Catholic World Report, 18 novembre 2017, rapporte la même déclaration avec le membre central : « "I am offering my suffering that all might be one. If only I could see the conversion of the whole world… I give my soul to Jesus Christ." » (catholicworldreport.com). Le corps de l'article donne la traduction française ; l'original anglais figure ici ; les points de suspension signalent la coupe médiane telle que rapportée par ces sources.

    11 60
  9. Archidiocèse de Détroit (Archdiocese of Detroit), dossier sur la béatification de Solanus Casey : aod.org. Béatification le 18 novembre 2017 à Ford Field (Détroit) — foule estimée de 60 000 à 70 000 selon les sources (cf. [^foule]) ; vénérable depuis 1995 ; ~20 000 personnes aux funérailles de 1957 ; deuxième homme né aux États-Unis béatifié (après Stanley Rother).

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  10. Cardinal Angelo Amato, homélie de la béatification du P. Solanus Casey, Ford Field (Détroit), 18 novembre 2017 : aod.org. « It is, in fact, the second Beatification of a priest born in America, after that of the missionary Stanley Francis Rother, which took place last September twenty-third in Oklahoma City. » Le cardinal Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints et légat du pape François pour la cérémonie, atteste ainsi que Solanus Casey est le deuxième prêtre né en Amérique béatifié, après Stanley Rother (Okarche, Oklahoma ; béatifié le 23 septembre 2017 à Oklahoma City). Le National Catholic Register confirme ce rang daté : « the second American-born male to be beatified this fall » (18 novembre 2017).

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  11. Foule de la béatification (Ford Field, 18 novembre 2017) — fourchette 60 000 à 70 000 : National Catholic Register, « Solanus Casey, "a Humble and Faithful Disciple of Christ," Beatified in Detroit », 18 novembre 2017 : « a crowd of 60-70,000 gathered for the Nov. 18 beatification Mass at Detroit's Ford Field stadium » (ncregister.com) ; CNA / EWTN News, 19 novembre 2017 : « more than 60,000 people […] filled the domed stadium » (catholicworldreport.com) ; Capucins, province Saint-Joseph, bulletin spécial n° 1117, 29 novembre 2017 : « Over 60,000 individuals were present for the Mass, including over 500 concelebrants » ; Solanus Casey Center (site officiel des Capucins), page « Beatification Mass » : « More than 70,000 people attended Mass » (solanuscasey.org).

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  12. Angelus News (reprenant Catholic News Agency), « Fr. Solanus Casey: the American priest who will be beatified next week » : « in 1904 was ordained a "sacerdos simplex" — a priest who can say Mass, but not publicly preach or hear confessions » (angelusnews.com).

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  13. Daniel Meloy, "'The scales began to fall': Woman recounts miracle that led to beatification", Detroit Catholic, 14 novembre 2017 : detroitcatholic.com. Paula Medina Zárate, catéchiste de Chepo (Panama), atteinte d'ichtyose vulgaire depuis la naissance ; visite au tombeau en septembre 2012 avec le P. Joe Timmers, OFMCap ; quatorze intentions écrites ; voix entendue en se relevant : « And you, what do you need? » ; guérison ressentie comme un « courant de chaleur » ; squames tombées sans saignement : « the scales began to fall off, with no blood » ; examen par trois médecins de la région de Détroit en 2015 (dont la dermatologue Dr Lisa Manz-Dulac), biopsies, aucune explication médicale trouvée ; dossier transmis à la Congrégation pour les causes des saints, approuvé par le pape François en mai 2017.

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  14. Catholic News Service (via The Central Minnesota Catholic), « Father Solanus Casey recalled as beloved friar who showed mercy to others », septembre 2017 : « Sept. 22, 2016, a panel of medical experts approved a miraculous healing attributed to Father Casey. A panel of theological advisers concurred Jan. 19… » (thecentralminnesotacatholic.org).

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  15. Diane Montagna, "American priest said to read souls on the way to being named a saint", Aleteia (édition anglaise), 4 mai 2017 : aleteia.org. Annonce du décret du 4 mai 2017 à l'issue de l'audience du pape François avec le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints ; citation de Mgr Allen Vigneron, archevêque de Détroit : « The beatification of Father Solanus Casey is an incomparable grace for the Church in the Archdiocese of Detroit and for the whole community of Southeast Michigan. He is an inspiration to all us Catholics – and to all – of the power of grace to transform one's life. »

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  16. Catholic News Agency / EWTN News, 4 mai 2017 : le pape François, en audience avec le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, reconnaît le miracle attribué à l'intercession du vénérable Solanus Casey (catholicworldreport.com).

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  17. Solanus Casey Center (site officiel des Capucins, province Saint-Joseph), page « Significant Dates » : « Gives up his soul to God at St. John Hospital, Detroit » (solanuscasey.org). Detroit Free Press, « A time line of Father Solanus Casey », 12 novembre 2017 : « July 31, 1957: Dies at St. John Hospital, Detroit ». Integrated Catholic Life, « On the Road to the Beatification of Father Solanus Casey in Detroit », novembre 2017 : « In 1956, Father returned to Detroit for medical treatments and died at St. John Hospital in Detroit on July 31, 1957 ».

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  18. Solanus Casey Center (site officiel des Capucins), neuvaine annuelle « culminating with the Feast of Solanus Casey on July 30 » (solanuscasey.org) ; Archidiocèse de Détroit : neuvaine « culminating on his feast day on July 30th » (aod.org).

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  19. Father Solanus Guild (site officiel de la cause), page « History » : la positio de la cause est étudiée et approuvée par la Congrégation pour les causes des saints en 1995 et, « on July 11 of that year St. Pope John Paul II promulgated the Decree of Heroic Virtue […] and declared him "Venerable" » (solanuscasey.org) ; Detroit Catholic (chronologie de la cause) : « 1995 – St. John Paul II proclaims Fr. Solanus Casey to have "heroic virtue" […] on July 11, 1995 ». La positio en trois volumes avait été préparée sous la direction du frère Léo Wollenwebber, OFMCap (Catholic News Service, 4 mai 2017).

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  20. Detroit Free Press, « A Detroit miracle: Did Father Solanus Casey help cure a Panamanian woman? », 12 novembre 2017 : la guérison de l'affection cutanée de Paula Medina Zárate après sa prière au tombeau du P. Solanus en 2012, reconnue par le décret pontifical de mai 2017 (wisfarmer.com).

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