Comment expliquer la Rédemption simplement ?

Le mot « rédemption » signifie tout simplement « racheter » : par amour, Dieu s'est fait homme et a payé de sa propre vie le prix qui nous rend libres et nous ramène à lui. Trois images selon l'auditoire, les grandes images bibliques, les écueils à éviter et une formule prête à dire en une minute.

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« Tu peux m'expliquer ce que veut dire la Rédemption ? » La question tombe un soir, posée par un enfant, par un ami qui ne croit pas, par un adulte qui revient vers la foi. Et souvent, le croyant le mieux intentionné se fige. Le mot est si grand, si chargé d'histoire, qu'on a peur de mal le dire — alors on bredouille « c'est quand Jésus est mort pour nos péchés », sans savoir comment aller plus loin sans réciter un cours de théologie.

Cet article ne répète pas le dossier doctrinal complet — il existe déjà : voir Qu'est-ce que la rédemption ?. Son but est différent et très pratique : donner les mots, les images et les écueils pour expliquer la Rédemption simplement, sans la trahir. Car le plus beau message du christianisme ne doit pas rester prisonnier d'un vocabulaire technique.

La clé tient en un seul mot, et c'est une bonne nouvelle : racheter. Tout le reste — la rançon, le sacrifice, la réconciliation, la victoire sur la mort — n'est qu'une manière de déplier cette image très concrète. Nous verrons d'abord pourquoi le mot fait peur, puis la définition la plus simple, trois manières de la dire selon la personne qui écoute, les grandes images de l'Écriture, ce qu'il ne faut surtout pas dire, et enfin comment résumer tout cela en une minute.

Pourquoi le mot « rédemption » fait-il peur ?

Un mot d'un autre temps

Rédemption ne s'emploie presque plus dans la vie courante. On le croise dans une chanson, dans un film de gangsters qui cherche sa « rédemption », mais on ne sait plus ce qu'il désignait à l'origine. Résultat : le mot sonne solennel, vaguement culpabilisant, comme s'il parlait d'une dette obscure qu'on aurait contractée sans le savoir. Beaucoup de gens entendent « rédemption » et comprennent « punition ». C'est exactement le contre-sens à défaire.

La bonne nouvelle cachée dans le mot

« Rédemption » = racheter. Le latin redimere et le grec lutron désignent le rachat d'un captif pour lui rendre la liberté. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le mot vient du latin redimere, qui veut dire très concrètement « racheter », « acheter pour libérer »[1]. Dans le monde antique, racheter avait un sens immédiat : on payait une somme — la rançon — pour faire sortir un prisonnier de sa geôle ou un esclave de sa servitude. Le grec du Nouveau Testament emploie le mot lutron, « rançon », et apolutrôsis, « rachat, libération »[2]. Rédemption n'est donc pas d'abord un mot de tribunal ; c'est un mot de libération. Expliquer la Rédemption, c'est annoncer à quelqu'un : « tu étais prisonnier, et quelqu'un a payé pour te rendre libre. » Voilà le ton juste — celui d'une délivrance, pas d'une condamnation.

La définition la plus simple : « racheter »

Racheter un captif, lui rendre la liberté

La phrase la plus courte et la plus exacte que l'on puisse retenir vient de la bouche de Jésus lui-même :

« Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. » — Jésus, Évangile selon saint Marc 10, 45[3]

Donner sa vie en rançon : l'image est limpide. Nous étions captifs — captifs du péché, du mal, de la mort, de tout ce qui nous éloigne de Dieu et nous abîme. Jésus paie le prix de notre libération. Et ce prix, ce n'est pas de l'or : c'est lui-même, sa vie donnée par amour. Le Catéchisme résume la Rédemption exactement par ce verset :

« En ceci consiste la rédemption du Christ : il "est venu donner sa vie en rançon pour la multitude" (Mt 20, 28), c'est-à-dire "aimer les siens jusqu'à la fin" (Jn 13, 1) pour qu'ils soient "affranchis de la vaine conduite héritée de leurs pères" (1 P 1, 18). » — Catéchisme de l'Église catholique, § 622[4]

Saint Pierre dit la même chose avec une autre image, celle du prix payé : « Vous avez été affranchis... non par des choses corruptibles, argent ou or, mais par un sang précieux, comme d'un agneau sans reproche et sans tache, le Christ »[5]. Le « prix » de notre rachat, c'est l'amour du Christ allant jusqu'au don total de lui-même.

Une rançon — mais payée à qui ?

C'est l'objection que pose toujours un esprit attentif : « si Jésus paie une rançon, à qui la paie-t-il ? À Dieu ? Au diable ? » La réponse simple, qui évite des siècles de débats compliqués, est celle-ci : l'image de la rançon dit le prix, pas le destinataire. Elle veut dire que notre libération a coûté infiniment cher au Christ ; elle ne veut pas dire que Dieu aurait versé une somme au démon, comme s'il fallait négocier avec lui. Saint Grégoire de Nazianze a écarté cette lecture dès le IVᵉ siècle : à qui le Christ aurait-il versé une rançon ? Ni au démon — qui recevrait ainsi « Dieu lui-même » en échange — ni au Père, qui ne nous tenait pas captifs (Discours 45, 22)[6]. Le langage de la rançon exprime la gravité de notre situation et la générosité de celui qui paie — rien de plus. Pour qui veut creuser la mécanique de ce « paiement », l'article Qu'est-ce que la substitution pénale ? expose les modèles théologiques et leurs limites.

Trois manières de le dire, selon la personne qui écoute

À qui je parle, quelle image je choisis, quel écueil j'évite : trois portes d'entrée vers la même vérité. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

On n'explique pas la Rédemption de la même façon à un enfant de huit ans, à un adolescent sceptique et à une personne brisée par la vie. Le contenu est le même ; l'image change. Le tableau ci-dessous donne, pour chaque interlocuteur, une formule qui marche — et l'écueil à éviter.

À qui je parleL'image qui parleCe que je disL'écueil à éviter
Un enfantLe berger qui ramène la brebis perdue« Tu t'étais perdu loin de la maison ; Jésus est venu te chercher et te ramener, même si ça lui a coûté très cher. »Faire peur avec le péché et la punition
Un ami qui ne croit pasLa dette payée à ta place« Imagine une dette que tu ne peux pas rembourser ; quelqu'un qui t'aime la paie entièrement, et il le fait librement. »Le jargon (« expiation », « propitiation »)
Une personne blesséeLe prix qui révèle ta valeur« Regarde ce que tu vaux à ses yeux : il a donné tout son sang pour toi. Tu n'es pas un déchet, tu es un trésor racheté. »Moraliser au lieu de consoler

À un enfant : « Jésus est venu te ramener à la maison »

Pour un enfant, l'image juste est celle du Bon Pasteur. Tout le monde comprend une brebis qui se perd et un berger qui part la chercher dans la nuit. Jésus lui-même l'a choisie : « Ainsi, on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits ne se perde »[7]. On peut dire : « Nous nous étions éloignés de Dieu ; Jésus est venu nous reprendre sur ses épaules pour nous ramener à la maison. » On insiste sur l'amour qui cherche, jamais sur la faute qui condamne.

À un ami qui ne croit pas : « il a payé la dette à ta place »

À un adulte qui ne partage pas la foi, l'image de la dette fonctionne parce qu'elle est universelle. On doit quelque chose qu'on ne peut pas rendre ; un autre le rend pour nous. Le point délicat — et capital — est d'ajouter aussitôt : ce n'est pas un Dieu créancier qui exige son dû, mais Dieu lui-même qui se fait payeur. C'est lui qui, dans le Christ, acquitte la dette. Saint Paul le dit d'une formule renversante : « C'est Dieu qui, dans le Christ, se réconciliait le monde »[8]. On évite à tout prix le vocabulaire technique : un ami non croyant décroche au mot « propitiation ».

À une personne blessée : « tu vaux le prix de tout son sang »

À quelqu'un qui se sent sans valeur, écrasé par sa vie ou par ses fautes, la Rédemption n'est pas d'abord une doctrine : c'est une mesure de son prix. Saint Paul ose la formule : « Vous avez été rachetés à grand prix »[9]. L'idée à transmettre est bouleversante de simplicité : Dieu a estimé que tu valais la peine qu'il donne tout. La Rédemption répond à la question la plus secrète d'un cœur blessé — « est-ce que je vaux quelque chose ? » — par un oui écrit dans le sang du Christ. Ici, on console avant de moraliser.

Les grandes images de la Rédemption dans l'Écriture

Les quatre grandes images : racheter le captif, réconcilier les ennemis, offrir le sacrifice qui purifie, vaincre le mal et la mort. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Une fois la définition acquise — racheter —, on peut montrer que la Bible la déplie en plusieurs images complémentaires. Aucune ne dit tout à elle seule ; ensemble, elles forment le tableau complet. En connaître quatre suffit pour expliquer la Rédemption avec justesse.

Le rachat : libérer ce qui était perdu

C'est l'image-source, déjà vue. L'Écriture annonçait la Rédemption « comme un mystère de rédemption universelle, c'est-à-dire de rachat qui libère les hommes de l'esclavage du péché »[10]. Le Christ nous fait sortir d'une prison où nous étions enfermés et incapables de sortir seuls.

La réconciliation : refaire l'amitié brisée

Le péché n'est pas seulement une dette ; c'est une rupture d'amitié. Entre Dieu et l'homme, quelque chose s'était cassé. La Rédemption le répare. C'est, dit le Catéchisme, la première raison de la venue du Christ :

« Le Verbe s'est fait chair pour nous sauver en nous réconciliant avec Dieu. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 457[11]

Saint Paul précise que cette réconciliation a eu lieu « alors que nous étions encore ennemis »[12] : ce n'est pas nous qui avons fait le premier pas, c'est Dieu. Voir Qu'est-ce que la réconciliation avec Dieu ?.

Le sacrifice : l'Agneau qui enlève le péché

Le troisième mot est sacrifice. Jean-Baptiste désigne Jésus comme « l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde »[13]. Sur la Croix, le Christ s'offre lui-même pour purifier ce que nous ne pouvions pas purifier. C'est le sens des mots techniques expiation et satisfaction que l'on entend parfois — ils disent que le mal a été réellement réparé, pas seulement couvert d'un voile[14]. Pour la nuance entre ces termes, voir Quelle différence entre expiation et rédemption ?.

La victoire : vainqueur du péché et de la mort

La quatrième image, souvent oubliée, est la plus joyeuse : la Rédemption est une victoire. Sur la Croix et surtout au matin de Pâques, le Christ terrasse les puissances qui nous tenaient — le péché, le diable, la mort. L'Église chante la Croix comme un trophée : « Salut, ô Croix, notre unique espérance »[15]. Expliquer la Rédemption sans la Résurrection, c'est s'arrêter au tombeau : le rachat n'est complet que parce que le Christ est ressuscité vivant. Voir Pourquoi la résurrection de Jésus est-elle essentielle ?.

Ce qu'il ne faut surtout pas dire

À gauche les caricatures à éviter, à droite la formulation juste : c'est l'amour du Père qui prend l'initiative, pas une colère à apaiser. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Expliquer simplement ne veut pas dire expliquer faux. Trois raccourcis très répandus déforment la Rédemption au point de la rendre repoussante. Les connaître permet de les désamorcer.

« Dieu était en colère et il lui fallait du sang »

C'est la caricature la plus toxique : un Père furieux qui réclame une victime pour se calmer. L'Écriture dit exactement l'inverse. C'est le Père qui prend l'initiative par amour ; ce n'est pas le Fils qui arrache à un Dieu réticent un pardon de mauvaise grâce :

« En ceci consiste l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés. » — Première lettre de saint Jean 4, 10[16]

Le Catéchisme insiste : le sacrifice du Christ « est d'abord un don de Dieu le Père lui-même : c'est le Père qui livre son Fils pour nous réconcilier avec lui »[17]. La Rédemption n'apaise pas la colère de Dieu ; elle manifeste son amour.

« Jésus a dû payer pour que le Père cesse de nous punir »

Variante de la précédente, plus subtile : on imagine un marchandage, comme si la souffrance du Christ avait, en elle-même, une valeur qui éteindrait une facture. Mais ce n'est pas la quantité de souffrance qui rachète — c'est l'amour qui s'y donne :

« C'est "l'amour jusqu'à la fin" (Jn 13, 1) qui confère sa valeur de rédemption et de réparation, d'expiation et de satisfaction au sacrifice du Christ. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 616[18]

Autrement dit : Jésus ne nous rachète pas parce qu'il souffre, mais parce qu'il aime jusqu'à accepter de souffrir. La nuance change tout. On ne présente jamais la Passion comme un quota de douleur à atteindre, mais comme l'amour poussé jusqu'à son extrême.

« De toute façon, Dieu ne pouvait pas faire autrement »

Beaucoup croient que Dieu était obligé d'agir ainsi, prisonnier d'une loi supérieure à lui. La tradition, depuis saint Anselme et son fameux Cur Deus homo (« Pourquoi un Dieu fait homme », 1098), a bien montré la convenance profonde de la Rédemption : seul un homme devait réparer, et seul Dieu pouvait le faire ; d'où un Dieu-homme[19]. Mais convenance n'est pas contrainte. Dieu, tout-puissant, aurait pu sauver autrement ; il a choisi cette voie parce qu'elle dit le mieux son amour et associe l'homme à son propre relèvement. On dira donc : « ce n'était pas la seule possibilité, c'était la plus belle. »

Le cœur de tout : c'est l'amour qui rachète

« Il n'y a pas de plus grand amour »

Si l'on ne devait retenir qu'une chose, ce serait celle-ci : derrière le mot austère de Rédemption, il y a la plus grande déclaration d'amour de l'histoire. Le verset que connaît le monde entier la résume :

« Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. » — Évangile selon saint Jean 3, 16[20]

Et Jésus a donné la mesure de cet amour : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime »[21]. La Rédemption, c'est cet amour-là, mis en acte jusqu'au bout. Voilà pourquoi le bon point de départ n'est jamais « tu as péché », mais « tu es aimé à la folie ».

Offerte à tous, sans exception

Une question revient souvent : « est-ce pour tout le monde, ou seulement pour les bons ? » La réponse de l'Église est sans ambiguïté :

« Il n'y a, il n'y a eu et il n'y aura aucun homme pour qui le Christ n'ait pas souffert. » — Concile de Quierzy (853)[22]

Le Christ « est mort pour tous les hommes sans exception »[23]. Personne n'est exclu du rachat ; encore faut-il l'accueillir librement — d'où le lien entre Rédemption et liberté de répondre, que développe Qu'est-ce que le salut ?.

La « bienheureuse faute » : un amour plus grand que la chute

Le sommet de l'explication, pour qui peut le recevoir, est le paradoxe que l'Église ose chanter dans la nuit de Pâques : la chute elle-même, parce qu'elle a appelé un tel Sauveur, devient « heureuse » :

« Ô bienheureuse faute, qui nous valut un tel et un si grand Rédempteur ! » — Exsultet, proclamation pascale[24]

C'est dire que la Rédemption ne nous remet pas seulement à l'état d'avant la chute : elle nous élève plus haut, jusqu'à la dignité d'enfants de Dieu « participants de la nature divine »[25]. Le rachat ne répare pas seulement : il surabonde.

Comment le dire en une minute ?

Pour finir, voici trois formulations prêtes à l'emploi, selon le temps et l'auditoire. Aucune n'est complète ; chacune est juste.

La version en trois phrases. « Nous nous étions éloignés de Dieu et nous ne pouvions pas revenir seuls. Par amour, Dieu s'est fait homme en Jésus et a payé de sa propre vie le prix de notre liberté. Sa mort et sa résurrection nous rachètent et nous rouvrent la maison du Père. »

La souffrance seule ne sauve pas : c'est l'amour du Christ, libre et total, qui donne sa valeur rédemptrice à la Croix. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La version-image. « La Rédemption, c'est racheter un captif. Tu étais prisonnier ; quelqu'un qui t'aime a tout donné pour te rendre libre. Ce quelqu'un, c'est Dieu lui-même. »

La version-prière. On peut simplement faire mémoire de ce que l'Église redit à chaque messe : « Il a livré son corps et versé son sang... pour la multitude, en rémission des péchés. » Expliquer la Rédemption, au fond, c'est apprendre à dire merci.

Le mot Rédemption peut faire peur. Ce qu'il recouvre est exactement le contraire de la peur : un Dieu qui paie de lui-même pour nous rendre libres, parce qu'il nous aime sans mesure. Le savoir, c'est déjà pouvoir le dire — simplement.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Le français rédemption vient du latin redemptio, dérivé du verbe redimere (red- « en arrière, de nouveau » + emere « acheter, acquérir »), littéralement « racheter, acheter pour libérer », notamment « racheter un esclave ou un captif ». C'est de ce redemptionem latin que dérive aussi, par évolution, le français rançon. Cf. Dictionnaire étymologique et notices Etymonline (entrées « redemption », « ransom »).

    1
  2. Le Nouveau Testament grec emploie lutron (λύτρον, « rançon, prix de libération ») en Mc 10, 45 et Mt 20, 28, et apolutrôsis (ἀπολύτρωσις, « rachat, rédemption ») en Rm 3, 24 ; Ep 1, 7 ; Col 1, 14 ; He 9, 15. Tous ces termes appartiennent au vocabulaire de l'affranchissement des esclaves et des prisonniers dans le monde gréco-romain.

    2
  3. Évangile selon saint Marc 10, 45 (parallèle Mt 20, 28) : « Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. » Verset-clé de toute la doctrine de la Rédemption ; cf. CEC § 605 et § 622.

    3
  4. Catéchisme de l'Église catholique (éd. définitive 1997), § 622.

    4
  5. Première lettre de saint Pierre 1, 18-19 : « Vous avez été affranchis de la vaine conduite héritée de vos pères... non par des choses corruptibles, argent ou or, mais par un sang précieux, comme d'un agneau sans reproche et sans tache, le Christ. » Cité par le CEC § 602.

    5
  6. Saint Grégoire de Nazianze (v. 329-390), Discours 45 (Sur la sainte Pâque), 22 (traduction libre d'après le texte grec, cf. NPNF II/7) : « À qui ce sang versé pour nous a-t-il été offert, et pour quelle raison ? Si c'est au Mauvais, quelle honte ! Le brigand recevrait non seulement de Dieu, mais Dieu lui-même. Si c'est au Père, je demande d'abord comment ? Car ce n'est pas lui qui nous tenait captifs. » D'autres Pères ont pourtant parlé d'une rançon versée au démon, comme saint Grégoire de Nysse (Grande catéchèse, 22-26) : l'Église n'a jamais défini le « destinataire » comme un dogme.

    6
  7. Évangile selon saint Matthieu 18, 14 : « Ainsi, on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits ne se perde. » Conclusion de la parabole de la brebis perdue (Mt 18, 12-14 ; cf. Lc 15, 4-7) ; citée par le CEC § 605 pour montrer que la Rédemption est « sans exclusion ».

    7
  8. Deuxième lettre aux Corinthiens 5, 19 : « C'est Dieu qui, dans le Christ, se réconciliait le monde, ne tenant plus compte aux hommes de leurs fautes. » Cité par le CEC § 620.

    8
  9. Première lettre aux Corinthiens 6, 19-20 : « Vous ne vous appartenez pas : vous avez été rachetés à grand prix. » Cf. aussi 1 Co 7, 23.

    9
  10. Catéchisme de l'Église catholique, § 601 : le dessein de salut annoncé dans l'Écriture « comme un mystère de rédemption universelle, c'est-à-dire de rachat qui libère les hommes de l'esclavage du péché » (cf. Is 53, 11-12 ; Jn 8, 34-36).

    10
  11. Catéchisme de l'Église catholique, § 457 : « Le Verbe s'est fait chair pour nous sauver en nous réconciliant avec Dieu. » Le § 457 cite à l'appui 1 Jn 4, 10. 14 et 1 Jn 3, 5, ainsi que saint Grégoire de Nysse (Oratio catechetica 15 : PG 45, 48B).

    11
  12. Épître aux Romains 5, 10 : « Si, étant ennemis, nous avons été réconciliés à Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie. » Cf. CEC § 603.

    12
  13. Évangile selon saint Jean 1, 29 : « Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. » Cf. CEC § 608, qui relie l'Agneau au Serviteur souffrant d'Isaïe 53 et à l'agneau pascal de l'Exode.

    13
  14. Catéchisme de l'Église catholique, § 613 : la mort du Christ est « le sacrifice pascal qui accomplit la rédemption définitive des hommes » et « le sacrifice de la Nouvelle Alliance » qui remet l'homme en communion avec Dieu. Sur le sens de la satisfaction, cf. § 615 et Concile de Trente, session VI, ch. 7 (DS 1529).

    14
  15. Catéchisme de l'Église catholique, § 617 : l'Église vénère la Croix en chantant « Salut, ô Croix, notre unique espérance » (hymne Vexilla Regis de Venance Fortunat). Le § 617 cite aussi le Concile de Trente (DS 1529) : « Par sa sainte passion, sur le bois de la Croix, il nous a mérité la justification. »

    15
  16. Première lettre de saint Jean 4, 10 : « En ceci consiste l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés. » Cité par le CEC § 604 et § 620 pour souligner que l'initiative de l'amour rédempteur revient à Dieu.

    16
  17. Catéchisme de l'Église catholique, § 614 : « Ce sacrifice du Christ est unique... Il est d'abord un don de Dieu le Père lui-même : c'est le Père qui livre son Fils pour nous réconcilier avec lui. »

    17
  18. Catéchisme de l'Église catholique, § 616 : « C'est "l'amour jusqu'à la fin" (Jn 13, 1) qui confère sa valeur de rédemption et de réparation, d'expiation et de satisfaction au sacrifice du Christ. »

    18
  19. Saint Anselme de Cantorbéry (1033-1109), Cur Deus homo (« Pourquoi un Dieu fait homme », achevé en 1098), théorie dite de la satisfaction : le péché est un déni de l'honneur dû à Dieu, que l'homme seul ne peut réparer (la dette dépasse ses forces) et que Dieu seul pourrait acquitter ; d'où la convenance d'un Dieu-homme, le Christ, qui répare en notre nom. Pour Anselme, la satisfaction n'est pas de nature punitive mais réparatrice. La théologie postérieure souligne qu'il s'agit d'une convenance, non d'une nécessité absolue imposée à Dieu.

    19
  20. Évangile selon saint Jean 3, 16 : « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. » Cité par le CEC § 458.

    20
  21. Évangile selon saint Jean 15, 13 : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. » Cité par le CEC § 609 pour qualifier l'amour rédempteur de Jésus, qui « les a aimés jusqu'à la fin » (Jn 13, 1).

    21
  22. Concile de Quierzy (Quiercy, 853), canon cité par le CEC § 605 (DS 624) : « Il n'y a, il n'y a eu et il n'y aura aucun homme pour qui le Christ n'ait pas souffert. »

    22
  23. Catéchisme de l'Église catholique, § 605 : à la suite des apôtres (cf. 2 Co 5, 15 ; 1 Jn 2, 2), l'Église enseigne « que le Christ est mort pour tous les hommes sans exception » ; le terme « multitude » (Mt 20, 28) « n'est pas restrictif ».

    23
  24. Exsultet (annonce pascale chantée lors de la Vigile pascale), texte latin : « O felix culpa, quae talem ac tantum meruit habere Redemptorem ! » — « Ô bienheureuse faute, qui nous valut un tel et un si grand Rédempteur ! » Reprise par le CEC § 412 et § 1994 (« felix culpa ») ; remonte à la tradition liturgique latine (cf. saint Augustin, saint Léon).

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  25. Catéchisme de l'Église catholique, § 460 : « Le Verbe s'est fait chair pour nous rendre "participants de la nature divine" (2 P 1, 4) », citant saint Irénée (Adv. hær. 3, 19, 1) et saint Athanase (De incarnatione 54, 3 : PG 25, 192B) : « Le Fils de Dieu s'est fait homme pour nous faire Dieu. »

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