Qu'est-ce que le salut ?

Le salut, c'est l'œuvre par laquelle Dieu, en Jésus-Christ, libère l'homme du péché et de la mort et lui donne part à sa propre vie divine, pour toujours — un don reçu par la foi, le Baptême et une charité vivante.

Ignispedia

« Le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 10)[1]. En une ligne, Jésus résume tout l'Évangile : il est venu sauver. Le mot revient sans cesse dans le Nouveau Testament, il est gravé dans le nom même du Christ — et pourtant, posé à brûle-pourpoint, « qu'est-ce que le salut ? » laisse souvent sans voix. On devine qu'il s'agit d'aller au Ciel, d'éviter l'enfer, d'être « sauvé » — mais de quoi, par qui, pour quoi, et comment ?

Le salut (du latin salus, « santé, vie sauve ») désigne, dans la foi catholique, l'œuvre par laquelle Dieu libère l'homme du péché et de la mort et lui donne part à sa propre vie divine, pour l'éternité. Ce n'est pas d'abord un lieu (le Ciel), ni un simple acquittement juridique : c'est une relation rétablie et portée à sa perfection — l'homme arraché à ce qui le tue et introduit dans l'intimité de Dieu. Le salut a un auteur unique, Dieu, un médiateur unique, Jésus-Christ, et une fin unique, la vie éternelle, « qu'ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé » (Jn 17, 3)[2].

Cet article est l'article de référence de toute la famille « salut » d'Ignispedia : il définit le mot, expose ses dimensions et son architecture, puis renvoie aux dossiers spécialisés pour chaque mécanisme — la Rédemption (l'acte du Christ), la justification et la sanctification (ses effets en nous), la question de la foi seule, la possibilité de perdre le salut, ou encore le salut des non-chrétiens. Nous verrons d'abord ce que dit le mot, puis de quoi et pour quoi nous sommes sauvés, qui sauve et comment ce salut nous est donné et reçu, ses trois temps, son universalité, et enfin comment vivre dans cette espérance.

Que veut dire le mot « salut » ?

Infographie — le mot « salut » en latin, grec et hébreu : libérer, guérir et rendre la vie. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

Avant toute théologie, le mot lui-même porte déjà sa lumière. Dans presque toutes les langues bibliques, « sauver » n'évoque pas une idée abstraite : il signifie arracher quelqu'un à un péril mortel — l'eau qui submerge, l'ennemi qui poursuit, la maladie qui emporte — et le rendre à la vie et à la sécurité.

Salus, sôtêria, yeshuʿah : sauver, c'est rendre la vie

Le français salut vient du latin salus, qui veut dire santé, conservation, vie sauve — la même racine que salubre, saluer (souhaiter la santé) et salutaire. Le verbe salvare, « sauver », signifie tirer quelqu'un d'un danger qui allait le détruire. Le grec du Nouveau Testament emploie sôtêria (σωτηρία, « salut ») et sôzô (σῴζω, « sauver, guérir, garder sain et sauf ») : le même mot dit la guérison du malade, le sauvetage du naufragé et le salut de l'âme. L'hébreu, enfin, dit yashaʿ (יָשַׁע, « délivrer, rendre large ») et le substantif yeshuʿah (יְשׁוּעָה, « délivrance, salut ») — racine du nom propre Yehoshuaʿ (יְהוֹשֻׁעַ), Josué, devenu en araméen Yeshuaʿ (יֵשׁוּעַ) : la Septante comme le Nouveau Testament le rendent par Iêsous (Ἰησοῦς) — et c'est exactement ce nom que reçoit le Christ[3].

Cette unité de vocabulaire n'est pas un hasard. Elle dit que le salut chrétien n'est pas une évasion hors du réel, mais une guérison du réel : l'homme blessé est rendu à la santé, l'esclave à la liberté, le mort à la vie. « En lui nous espérions, et il nous a sauvés », chantait déjà Isaïe (Is 25, 9)[4].

Le nom même de Jésus : « Dieu sauve »

C'est pourquoi le nom de Jésus n'est pas un nom comme les autres. L'ange l'impose avant la naissance, et il en donne aussitôt la raison :

« Tu lui donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » — Évangile selon saint Matthieu 1, 21[5]

Le Catéchisme commente :

« Jésus veut dire en hébreu : "Dieu sauve". [...] Puisque "Dieu seul peut remettre les péchés" (Mc 2, 7), c'est lui qui, en Jésus, son Fils éternel fait homme, "sauvera son peuple de ses péchés" (Mt 1, 21). En Jésus, Dieu récapitule ainsi toute son histoire de salut en faveur des hommes. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 430[6]

Autrement dit, le salut n'est pas une chose que Jésus apporte de l'extérieur : il est le Sauveur, et le sauver est l'objet de toute sa mission. « En nul autre que lui, il n'y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n'est donné aux hommes, qui puisse nous sauver » (Ac 4, 12)[7].

Un salut déjà annoncé dans l'Ancien Testament

L'histoire d'Israël est tout entière une histoire de salut. Dieu « ne s'est pas contenté de délivrer Israël de la maison de servitude en le faisant sortir d'Égypte : il le sauve encore de son péché »[8]. La sortie d'Égypte, le passage de la mer, le retour d'exil sont autant de figures : Dieu sauve son peuple de ses ennemis pour le sauver, plus profondément, de ce qui le sépare de lui — le péché. De prière en prière, Israël apprend que « le salut vient du Seigneur » (Ps 3, 9 ; Jon 2, 10), et qu'aucune armée, aucune richesse, aucune idole ne sauve. Le Nouveau Testament dévoile alors le nom de ce salut attendu : Jésus.

De quoi sommes-nous sauvés ?

Le Bon Pasteur, fresque paléochrétienne des catacombes de Rome : image ancienne du Christ qui cherche et ramène la brebis perdue. Image : Wikimedia Commons, domaine public.

On ne comprend pas ce qu'est être « sauvé » tant qu'on ne voit pas de quel danger. Le salut suppose un péril réel. La foi catholique en nomme trois, profondément liés.

Du péché — la racine de tout

La première chose dont nous avons besoin d'être sauvés, c'est le péché. Non d'abord les fautes prises une à une, mais cette rupture de fond avec Dieu — le refus de l'aimer et de lui obéir — qui blesse l'homme dès l'origine et qu'il ne peut réparer par ses seules forces. Le péché n'est pas qu'une faute morale : c'est une puissance d'esclavage qui défigure le cœur et le détourne de sa source de vie. C'est ce dont Jésus « sauve son peuple » (Mt 1, 21). La libération du péché — comment elle s'opère, ce qu'elle nous rend — fait l'objet du dossier sur la réconciliation avec Dieu et sur la repentance.

De la mort — et de la « seconde mort »

Le péché engendre la mort : non seulement la mort du corps, mais la mort éternelle, la séparation définitive d'avec Dieu, source de toute vie. Saint Paul le formule d'un trait :

« Le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur. » — Épître aux Romains 6, 23[9]

Être sauvé, c'est donc passer « de la mort à la vie » : non pas éviter de mourir, mais ne plus mourir de la seule mort qui compte vraiment. La réalité de cette perte possible — l'enfer comme refus définitif de l'amour — est traitée dans l'article Que dit l'Église sur l'enfer ?.

De l'esclavage du Mauvais

L'Écriture présente enfin le salut comme une libération d'un pouvoir hostile : « le prince de ce monde », le Mauvais, qui tient l'homme captif par le péché. Le Christ vient « détruire les œuvres du diable » (1 Jn 3, 8) et « délivrer tous ceux que la peur de la mort tenait dans l'esclavage leur vie durant » (He 2, 15). Le salut a ainsi une dimension de victoire : le Christ ne nous arrache pas seulement à une dette, il brise une chaîne.

Un contresens à lever : sauvés non d'un Dieu en colère

Une caricature tenace présente le salut comme une mise à l'abri de Dieu lui-même, comme s'il fallait être sauvé d'un Père courroucé qu'un sacrifice viendrait apaiser. C'est l'inverse de l'Évangile. C'est Dieu qui sauve ; c'est lui qui prend l'initiative, par amour :

« Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. » — Évangile selon saint Jean 3, 16[10]

Nous ne sommes pas sauvés de Dieu, mais par Dieu et pour Dieu. Sur la manière de dire cela sans trahir le dogme, voir Comment expliquer la Rédemption simplement ?.

Pour quoi sommes-nous sauvés ?

Infographie — le salut a une face négative (être libéré du péché et de la mort) et une face positive (entrer dans la vie de Dieu). Illustration originale Ignispedia créée par IA.

Le salut n'est pas seulement une libération de quelque chose ; il est surtout un don pour quelque chose. Ne voir que la face négative — « échapper à l'enfer » — c'est rapetisser l'Évangile. Le but du salut est immense et positif.

La vie éternelle, qui est de connaître Dieu

Le but du salut porte un nom : la vie éternelle. Mais ce n'est pas une durée sans fin ; c'est une qualité de vie — la vie de Dieu partagée. Jésus en donne la définition exacte :

« La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. » — Évangile selon saint Jean 17, 3[11]

Connaître a ici le sens biblique fort : non un savoir abstrait, mais une communion d'amour. Être sauvé, c'est être admis à connaître Dieu comme on connaît un ami, un père, un époux. « Vous allez obtenir le salut des âmes, qui est l'aboutissement de votre foi » (1 P 1, 9)[12].

La communion avec Dieu et la « divinisation »

Les Pères de l'Église ont osé un mot vertigineux : le salut est une divinisation (theôsis, θέωσις). Dieu ne se contente pas de pardonner ; il élève l'homme jusqu'à le faire participer à sa propre nature :

« Les dons promis nous sont accordés [...] pour que, par eux, vous deveniez participants de la nature divine. » — Deuxième lettre de saint Pierre 1, 4[13]

Le Catéchisme reprend cette audace : la grâce du salut « est une participation à la vie de Dieu, elle nous introduit dans l'intimité de la vie trinitaire »[14]. C'est ce que la tradition appelle, à la suite de saint Irénée (Contre les hérésies, III, 19, 1[15]) et de saint Athanase (Sur l'Incarnation du Verbe, 54[16]), l'admirable échange : « le Fils de Dieu s'est fait homme pour faire de l'homme un dieu » — non par nature, mais par grâce, par adoption. Cette vie divine reçue dès maintenant porte un nom : la grâce sanctifiante.

Le Royaume, le Ciel, la vision de Dieu

Cette communion, commencée sur terre, s'achève dans ce que l'on appelle le Ciel, le Royaume, la béatitude. Le Catéchisme le décrit comme l'état de ceux qui « meurent dans la grâce et l'amitié de Dieu » : ils « vivent pour toujours avec le Christ » et « voient Dieu tel qu'il est, face à face »[17]. C'est l'accomplissement du dessein de Dieu énoncé dès la première page du Catéchisme :

« Dieu, infiniment Parfait et Bienheureux en Lui-même, dans un dessein de pure bonté, a librement créé l'homme pour le faire participer à sa vie bienheureuse. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1[18]

Plus qu'un retour : un excès d'amour

Le salut ne se contente pas de remettre l'homme à son point de départ, comme si la chute n'avait été qu'une parenthèse. Il donne plus que ce qui avait été perdu. La liturgie pascale ose chanter, au sujet du péché d'Adam, le « felix culpa » — « heureuse faute, qui nous valut un tel et si grand Rédempteur ». Là où le péché a abondé, « la grâce a surabondé » (Rm 5, 20). Le salut n'est pas une réparation minimale ; c'est un excès.

Qui sauve ? L'initiative appartient à Dieu seul

Infographie — l'initiative du salut vient de Dieu seul, puis se communique par le Christ, l'Esprit, l'Église et les sacrements. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

À la question « qui sauve ? », la foi catholique répond sans hésiter : Dieu, et lui seul. Tout le reste — l'Église, les sacrements, la foi, les œuvres — n'est pas une source concurrente, mais le chemin que Dieu lui-même a choisi pour faire passer son salut.

Le salut vient de Dieu seul

« Le salut vient de Dieu seul. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 169[19]

Cette affirmation protège deux vérités. D'une part, personne ne se sauve soi-même : ni par sa richesse, ni par sa science, ni par ses seules forces morales. D'autre part, aucune créature — pas même l'Église — n'est « l'auteur de notre salut » ; l'Église est « la mère de notre nouvelle naissance », non sa source[20]. Le salut est de bout en bout un don.

Jésus, unique Sauveur et unique médiateur

Ce don a un visage : Jésus-Christ. Il n'est pas un sauveur parmi d'autres, mais le Sauveur, « car Dieu nous a sauvés par le Christ » :

« Il n'y a qu'un seul Dieu ; il n'y a aussi qu'un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous. » — Première lettre à Timothée 2, 5-6[21]

C'est par sa mort et sa résurrection que le Christ opère ce salut : sa Croix paie la rançon, sa Résurrection ouvre la vie. Cet acte central — comment le Christ rachète l'homme — est le sujet du dossier sur la Rédemption ; sa nécessité et sa liberté sont traitées dans Pourquoi Jésus devait-il mourir ?. Le salut tout entier « découle de l'initiative d'amour de Dieu envers nous »[22]. C'est le premier motif de l'Incarnation relevé par le Catéchisme : « Le Verbe s'est fait chair pour nous sauver en nous réconciliant avec Dieu »[23].

L'Esprit Saint et l'Église, instruments du salut

Le salut acquis par le Christ doit être appliqué à chaque homme : c'est l'œuvre de l'Esprit Saint, qui « insuffle la charité » et fait du croyant un « fils adoptif »[24]. Et il se transmet dans l'Église, par la prédication de la Parole et les sacrements — voir Qu'est-ce qu'un sacrement ?. C'est en ce sens, et non comme une rivale du Christ, que l'Église est dite « nécessaire au salut » (voir plus bas).

Comment le salut nous est-il donné et reçu ?

Infographie — tout commence par la grâce, mais Dieu associe réellement la liberté humaine à son œuvre de salut. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

Si le salut vient de Dieu seul, faut-il en conclure que l'homme n'a rien à faire ? La foi catholique tient ensemble deux vérités qu'on a souvent dressées l'une contre l'autre : tout est grâce, et pourtant ma réponse libre compte vraiment.

Tout commence par la grâce

L'initiative est toujours de Dieu. Avant tout mérite, c'est lui qui appelle, qui touche le cœur, qui rend possible la conversion. Saint Paul est catégorique :

« C'est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. » — Épître aux Éphésiens 2, 8[25]

Le Catéchisme définit cette grâce : « la faveur, le secours gratuit que Dieu nous donne pour répondre à son appel : devenir enfants de Dieu »[26]. Et il précise que « personne ne peut mériter la grâce première, à l'origine de la conversion »[27]. On ne gagne pas le salut comme un salaire ; on le reçoit. Sur la vie divine ainsi donnée, voir Comment expliquer la grâce simplement ?.

« Il ne nous sauve pas sans nous » : la place de la liberté

Et pourtant, Dieu a voulu que l'homme collabore librement à son propre salut. Non comme une cause égale, mais comme un fils qui dit oui. C'est la formule célèbre de saint Augustin :

« Dieu nous a créés sans nous, il n'a pas voulu nous sauver sans nous. » — Saint Augustin, Sermon 169[28]

Le Catéchisme l'explique : « Le mérite de l'homme auprès de Dieu provient de ce que Dieu a librement disposé d'associer l'homme à l'œuvre de sa grâce. L'action paternelle de Dieu est première par son impulsion, et le libre agir de l'homme est second en sa collaboration. »[29] C'est pourquoi l'Écriture peut commander, sans contradiction : « Travaillez à votre salut avec crainte et profond respect » (Ph 2, 12) — aussitôt suivi de : « car c'est Dieu qui opère en vous le vouloir et le faire » (Ph 2, 13)[30]. Les deux mains ne se disputent pas : la mienne ne fait que répondre à celle qui la soutient.

La porte d'entrée : la foi, la conversion et le Baptême

Concrètement, le salut entre dans une vie par la foi qui s'éveille, la conversion qui détourne du péché, et le Baptême qui fait « renaître de l'eau et de l'Esprit » :

« Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé. » — Évangile selon saint Marc 16, 16[31]

Le Catéchisme enseigne que « le Baptême est nécessaire au salut pour ceux auxquels l'Évangile a été annoncé et qui ont eu la possibilité de demander ce sacrement », tout en rappelant aussitôt : « Dieu a lié le salut au sacrement du Baptême, mais il n'est pas lui-même lié à ses sacrements »[32]. La portée et les limites de cette nécessité font l'objet de l'article Le baptême est-il nécessaire au salut ?.

Une foi qui agit par la charité, non une foi morte

Le salut se reçoit dans la foi — mais une foi vivante, qui se traduit en amour. La tradition catholique refuse d'opposer la foi et les œuvres comme deux voies rivales : les bonnes œuvres ne gagnent pas le salut, mais une foi qui ne produit aucun fruit d'amour est, dit saint Jacques, déjà morte :

« La foi, si elle n'est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. » — Lettre de saint Jacques 2, 17[33]

Et saint Paul, qui chante pourtant le salut « par grâce », place la charité au sommet : « Ce qui demeure, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité » (1 Co 13, 13)[34]. La question débattue avec les protestants — sommes-nous justifiés par la foi seule ? — est traitée à part dans Sommes-nous sauvés par la foi seule ?.

Persévérer : un salut qui peut se perdre et se retrouver

Enfin, le salut reçu n'est pas un acquis automatique que rien ne pourrait remettre en cause. Tant que dure la vie terrestre, le baptisé peut, par le péché grave, perdre l'état de grâce — et le retrouver par le repentir et le sacrement de Pénitence, « seconde planche après le naufrage ». Cette vérité, qui distingue la foi catholique de la « sécurité éternelle » protestante, est développée dans Peut-on perdre le salut ? et L'assurance du salut est-elle biblique ?.

Les trois temps du salut : déjà sauvés, en cours, à venir

Une des clés les plus éclairantes pour comprendre le salut est de remarquer que le Nouveau Testament en parle à trois temps différents. Selon les passages, Paul écrit que nous « avons été sauvés » (passé), que nous « sommes en train d'être sauvés » (présent), et que nous « serons sauvés » (futur). Loin de se contredire, ces trois formules décrivent trois étapes d'une même œuvre.

Infographie — les trois temps du salut : justification reçue, sanctification en croissance, gloire encore espérée. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

Le tableau suivant met en regard ces trois temps, le moment de la vie chrétienne auquel ils correspondent, et le verbe employé par l'Écriture.

Temps du salutCe qui se joueVerbe bibliqueArticle détaillé
Passé — « j'ai été sauvé »La justification : le pardon des péchés et le don de la grâce, reçus au Baptême« Il nous a sauvés [...] par le bain du baptême » (Tt 3, 5)[35]La justification
Présent — « je suis sauvé »La sanctification : la croissance dans la grâce et la charité, jour après jour« puissance de Dieu pour le salut de quiconque est devenu croyant » (Rm 1, 16)[36]La sanctification
Futur — « je serai sauvé »La gloire : la vie éternelle, espérée et non encore possédée« étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie » (Rm 5, 10) ; « nous serons sauvés » (Rm 5, 9)Purgatoire et gloire

« Nous avons été sauvés » : la justification

Au point de départ, il y a la justification : Dieu, par pure grâce, remet les péchés et rend juste celui qui se convertit et reçoit le Baptême. Le concile de Trente la définit comme comportant « la rémission des péchés, la sanctification et la rénovation de l'homme intérieur »[37]. Ce n'est pas seulement une déclaration extérieure (« Dieu me considère comme juste »), mais une transformation réelle du cœur. C'est l'objet propre de l'article Qu'est-ce que la justification ?.

« Nous sommes sauvés » : la sanctification

Le salut, ensuite, se déploie dans le temps. Le justifié est appelé à grandir dans la sainteté, à laisser la grâce porter du fruit, à se laisser configurer au Christ. C'est le présent continu du salut — « en train d'être sauvés » — décrit dans Qu'est-ce que la sanctification ?. Sous la motion de l'Esprit, le chrétien peut alors « mériter les grâces utiles pour sa sanctification »[38] — mérite qui, lui-même, « revient à Dieu », source de tout bien en nous.

« Nous serons sauvés » : la gloire et l'espérance

Le salut, enfin, n'est pas encore pleinement possédé. Tant que dure le combat de la vie, il reste un objet d'espérance : « nous avons été sauvés, mais c'est en espérance » (Rm 8, 24). C'est ce « déjà / pas encore » qui maintient le chrétien dans une confiance vigilante : assez sûr de l'amour de Dieu pour ne jamais désespérer, assez lucide sur sa propre fragilité pour ne jamais présumer. Le Christ « est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, la cause du salut éternel » (He 5, 9)[39].

Le salut est-il pour tous ?

Infographie — Dieu veut réellement sauver tous les hommes ; tout salut passe par le Christ, mais l'amour n'est jamais forcé. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

Si Dieu sauve, veut-il sauver tout le monde ? Et tous seront-ils sauvés ? La réponse catholique tient en trois affirmations qu'il faut maintenir ensemble, sans en sacrifier aucune.

Dieu veut que tous les hommes soient sauvés

La première vérité est lumineuse : la volonté salvifique de Dieu est universelle.

« Dieu, notre Sauveur, veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité. » — Première lettre à Timothée 2, 4[40]

Le Christ « est mort pour tous les hommes sans exception » ; « la grâce de Dieu s'est manifestée pour le salut de tous les hommes » (Tt 2, 11)[41]. Il n'y a aucune prédestination au mal : Dieu ne crée personne pour l'enfer.

« Hors de l'Église, pas de salut » — bien comprise

La deuxième vérité a souvent été caricaturée. La formule patristique « hors de l'Église, pas de salut » ne signifie pas que Dieu damnerait les non-catholiques de bonne foi. Le Catéchisme la lit positivement :

« Formulée de façon positive, elle signifie que tout salut vient du Christ-Tête par l'Église qui est son Corps. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 846[42]

Tout salut passe par le Christ, et le Christ se rend présent dans son Corps qui est l'Église. La condamnation ne vise que ceux qui, sachant l'Église catholique fondée de Dieu par Jésus-Christ comme nécessaire, refuseraient soit d'y entrer, soit d'y persévérer[43] — c'est-à-dire un refus en pleine connaissance, non l'ignorance involontaire.

Et ceux qui ne connaissent pas le Christ ?

Reste la question brûlante : qu'en est-il de ceux qui, sans faute de leur part, n'ont jamais connu l'Évangile ? L'Église enseigne que Dieu, qui veut sauver tous les hommes, peut conduire au salut, par des voies qu'il connaît, ceux qui cherchent sincèrement la vérité et font sa volonté telle qu'ils la perçoivent. Ce point délicat — qui n'annule jamais le devoir missionnaire — est traité à part dans Peut-on être sauvé sans connaître Jésus ?, Que dit l'Église sur le salut des non-chrétiens ? et Qu'arrive-t-il à ceux qui n'ont jamais entendu parler de Jésus ?.

Le salut n'est jamais forcé

La troisième vérité préserve la liberté. Parce qu'il est une relation d'amour, le salut ne peut être imposé : un amour contraint ne serait plus de l'amour. Dieu propose, frappe à la porte, mais n'enfonce jamais. L'homme peut donc, terriblement, refuser d'être sauvé — et ce refus définitif est ce que l'Église nomme l'enfer (voir Que dit l'Église sur l'enfer ?). Affirmer à la fois que Dieu veut sauver tous les hommes et que l'enfer est possible n'est pas une contradiction : c'est le prix d'un amour qui respecte la liberté qu'il a lui-même donnée.

Comment vivre dans la perspective du salut ?

Saint Jean de la Croix, gravure d'Arnold van Westerhout (1719), auteur de la formule reprise par le Catéchisme : « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l'amour ». Image : Wikimedia Commons, domaine public.

Comprendre le salut ne sert à rien s'il reste une idée. Toute la tradition spirituelle insiste : le salut de son âme est la grande affaire de la vie, celle au regard de laquelle tout le reste est secondaire.

« Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l'amour »

À la question de savoir ce qui décidera, au bout du compte, de notre salut, saint Jean de la Croix donne une réponse que le Catéchisme a retenue :

« Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l'amour. » — Saint Jean de la Croix, cité par le Catéchisme, § 1022[44]

Ce n'est pas la performance, la réussite ou même la quantité d'actions religieuses qui sauve, mais l'amour — de Dieu et du prochain — qui aura animé la vie. C'est pourquoi, « dès sa mort, chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ »[45].

La grande affaire de la vie

Les saints ont mis toute leur énergie à « ne pas manquer » ce salut, à le préférer à tout. L'auteur de l'Imitation de Jésus-Christ avertit :

« Celui qui cherche autre chose que Dieu seul et le salut de son âme ne trouvera que tribulation et douleur. » — L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 17[46]

Cette gravité n'a rien d'angoissé : elle est lucidité. Si la vie éternelle est en jeu, alors rien n'est plus sérieux ni plus joyeux que de la chercher — et de la chercher non par peur, mais par amour.

L'espérance, entre présomption et désespoir

La juste attitude du chrétien face à son salut est l'espérance : une confiance ferme, fondée non sur ses propres mérites mais sur la fidélité de Dieu. Deux écueils la menacent. La présomption — « je suis sauvé d'avance, quoi que je fasse » — qui endort la vigilance. Le désespoir — « je suis perdu, Dieu ne peut plus rien pour moi » — qui insulte la miséricorde. Entre les deux, l'espérance tient bon : elle travaille à son salut « avec crainte et profond respect » (Ph 2, 12), tout en s'abandonnant à Celui qui « veut que tous les hommes soient sauvés ».

En résumé : le salut en quelques phrases

Le salut, c'est l'œuvre de Dieu qui, en Jésus-Christ, libère l'homme du péché, de la mort et du Mauvais, et lui donne part à sa propre vie divine, pour l'éternité. Son auteur est Dieu seul ; son médiateur, le Christ, mort et ressuscité ; son instrument, l'Esprit Saint agissant dans l'Église et les sacrements. Il se reçoit par la grâce, accueillie dans la foi, le Baptême et une charité vivante — car Dieu, qui nous a créés sans nous, « n'a pas voulu nous sauver sans nous ». Il se déploie en trois temps : nous avons été sauvés (justification), nous sommes sauvés (sanctification), nous serons sauvés (gloire). Dieu le veut pour tous, sans jamais forcer une liberté qui peut le refuser. Et la mesure ultime de notre salut tiendra en un seul mot : l'amour.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Évangile selon saint Luc 19, 10 (traduction liturgique AELF) : « En effet, le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » Parole conclusive de la rencontre avec Zachée ; cf. CEC § 1443.

    1
  2. Évangile selon saint Jean 17, 3 (AELF) : « Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. » Prière sacerdotale ; cf. CEC § 1721.

    2 11
  3. Le français salut dérive du latin salus, salutis (« santé, conservation, bien-être, vie sauve »), apparenté à salvus (« sain et sauf ») et au verbe salvare (« sauver »). Le grec du Nouveau Testament emploie sôtêria (σωτηρία, « salut, délivrance ») et le verbe sôzô (σῴζω, « sauver, guérir, préserver »), qui désigne aussi bien la guérison physique (Mc 5, 34 : « ta foi t'a sauvée ») que le salut de l'âme. L'hébreu yashaʿ (יָשַׁע, « délivrer ») donne yeshuʿah (יְשׁוּעָה, « salut »), racine du nom propre Yehoshuaʿ (יְהוֹשֻׁעַ, Josué), devenu Yeshuaʿ (יֵשׁוּעַ) en araméen — cf. Brown-Driver-Briggs, Hebrew and English Lexicon, s. v. יָשַׁע ; Bailly, Dictionnaire grec-français, s. v. σωτηρία, σῴζω ; Gaffiot, Dictionnaire latin-français, s. v. salus, salvus. La Septante rend déjà Josué par Iêsous (Ἰησοῦς), et le Nouveau Testament appelle de ce même nom grec Josué (He 4, 8 : « si Josué leur avait donné le repos [...] ») et Jésus. Cf. CEC § 430.

    3
  4. Livre d'Isaïe 25, 9 (AELF) : « Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; [...] exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! »

    4
  5. Évangile selon saint Matthieu 1, 21 (AELF) : « Elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

    5
  6. Catéchisme de l'Église catholique (éd. définitive 1997), § 430 : « Jésus veut dire en hébreu : "Dieu sauve". [...] c'est lui qui, en Jésus, son Fils éternel fait homme, "sauvera son peuple de ses péchés" (Mt 1, 21). En Jésus, Dieu récapitule ainsi toute son histoire de salut en faveur des hommes. »

    6
  7. Actes des Apôtres 4, 12 (AELF), discours de saint Pierre devant le Sanhédrin : « En nul autre que lui, il n'y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n'est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. » Cf. CEC § 432, § 452.

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  8. Catéchisme de l'Église catholique, § 431 : « Dans l'histoire du salut, Dieu ne s'est pas contenté de délivrer Israël de "la maison de servitude" (Dt 5, 6) en le faisant sortir d'Égypte. Il le sauve encore de son péché. »

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  9. Épître aux Romains 6, 23 (AELF) : « Car le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur. »

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  10. Évangile selon saint Jean 3, 16 (AELF) : « Car Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. » Cf. CEC § 458, § 219.

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  11. Première lettre de saint Pierre 1, 9 (AELF) : « car vous allez obtenir le salut des âmes, qui est l'aboutissement de votre foi. »

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  12. Deuxième lettre de saint Pierre 1, 4 (AELF) : « pour que, par eux, vous deveniez participants de la nature divine. » Verset-source de la doctrine de la divinisation ; cf. CEC § 460, § 1996.

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  13. Catéchisme de l'Église catholique, § 1997 : « La grâce est une participation à la vie de Dieu, elle nous introduit dans l'intimité de la vie trinitaire. »

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  14. Catéchisme de l'Église catholique, § 460 : « Car telle est la raison pour laquelle le Verbe s'est fait homme, et le Fils de Dieu, Fils de l'homme : c'est pour que l'homme, en entrant en communion avec le Verbe et en recevant ainsi la filiation divine, devienne fils de Dieu » (S. Irénée, Contre les hérésies, III, 19, 1) ; « Car le Fils de Dieu s'est fait homme pour nous faire Dieu » (S. Athanase, Sur l'Incarnation du Verbe, 54, 3 : PG 25, 192B).

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  15. Catéchisme de l'Église catholique, § 1023 : « Ceux qui meurent dans la grâce et l'amitié de Dieu, et qui sont parfaitement purifiés, vivent pour toujours avec le Christ » et « voient Dieu tel qu'il est » (cf. 1 Jn 3, 2). Cf. aussi § 1024-1029 (le Ciel, la vision béatifique).

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  16. Catéchisme de l'Église catholique, § 1 : « Dieu, infiniment Parfait et Bienheureux en Lui-même, dans un dessein de pure bonté, a librement créé l'homme pour le faire participer à sa vie bienheureuse. »

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  17. Catéchisme de l'Église catholique, § 169 : « Le salut vient de Dieu seul ; mais parce que nous recevons la vie de la foi à travers l'Église, celle-ci est notre mère. » Le § cite Faustus de Riez, De Spiritu Sancto 1, 2 (CSEL 21, 104) : « Nous croyons l'Église comme la mère de notre nouvelle naissance, et non pas en l'Église comme si elle était l'auteur de notre salut. »

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  18. Première lettre à Timothée 2, 5-6 (AELF) : « il n'y a qu'un seul Dieu ; il n'y a aussi qu'un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous. » Cf. CEC § 618.

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  19. Catéchisme de l'Église catholique, § 620 : « Notre salut découle de l'initiative d'amour de Dieu envers nous, car "c'est lui qui nous a aimés, et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés" (1 Jn 4, 10). »

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  20. Catéchisme de l'Église catholique (éd. définitive 1997), § 457 : « Le Verbe s'est fait chair pour nous sauver en nous réconciliant avec Dieu : "C'est Dieu qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés" (1 Jn 4, 10). "Le Père a envoyé son Fils, le sauveur du monde" (1 Jn 4, 14). "Celui-là a paru pour ôter les péchés" (1 Jn 3, 5). »

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  21. Épître aux Éphésiens 2, 8-9 (AELF) : « C'est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu ; cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil. » Cf. CEC § 1996.

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  22. Catéchisme de l'Église catholique, § 1996 : « Notre justification vient de la grâce de Dieu. La grâce est la faveur, le secours gratuit que Dieu nous donne pour répondre à son appel : devenir enfants de Dieu. »

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  23. Catéchisme de l'Église catholique, § 2010 : « L'initiative appartenant à Dieu dans l'ordre de la grâce, personne ne peut mériter la grâce première, à l'origine de la conversion, du pardon et de la justification. Sous la motion de l'Esprit Saint et de la charité, nous pouvons ensuite mériter [...] les grâces utiles pour notre sanctification. »

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  24. Saint Augustin, Sermon 169, 11, 13 (cote PL 38, 923 donnée par le CEC § 1847 lui-même, éd. définitive 1997) : « Dieu nous a créés sans nous, il n'a pas voulu nous sauver sans nous. »

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  25. Catéchisme de l'Église catholique, § 2008 : « Le mérite de l'homme auprès de Dieu dans la vie chrétienne provient de ce que Dieu a librement disposé d'associer l'homme à l'œuvre de sa grâce. L'action paternelle de Dieu est première par son impulsion, et le libre agir de l'homme est second en sa collaboration. »

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  26. Épître aux Philippiens 2, 12-13 (AELF) : « travaillez à votre salut avec crainte et profond respect [...] car c'est Dieu qui opère en vous le vouloir et le faire, selon son dessein bienveillant. » Cf. CEC § 1949.

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  27. Évangile selon saint Marc 16, 16 (AELF) : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. » Cf. CEC § 161, § 183.

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  28. Catéchisme de l'Église catholique, § 1257 : « Le Seigneur lui-même affirme que le Baptême est nécessaire pour le salut (cf. Jn 3, 5). [...] Le Baptême est nécessaire au salut pour ceux auxquels l'Évangile a été annoncé et qui ont eu la possibilité de demander ce sacrement. [...] Dieu a lié le salut au sacrement du Baptême, mais il n'est pas lui-même lié à ses sacrements. »

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  29. Lettre de saint Jacques 2, 17 (AELF) : « Ainsi donc, la foi, si elle n'est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. » Cf. Jc 2, 14-26.

    33
  30. Première lettre aux Corinthiens 13, 13 (AELF) : « Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité. »

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  31. Lettre à Tite 3, 5 (AELF) : « il nous a sauvés, non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par sa miséricorde. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l'Esprit Saint. »

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  32. Épître aux Romains 1, 16 (AELF) : « je n'ai pas honte de l'Évangile, car il est puissance de Dieu pour le salut de quiconque est devenu croyant. »

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  33. Catéchisme de l'Église catholique, § 1989, citant le Concile de Trente, session VI (1547), Décret sur la justification, ch. 7 (DS 1528) : « La justification comporte donc la rémission des péchés, la sanctification et la rénovation de l'homme intérieur. »

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  34. Épître aux Hébreux 5, 9 (AELF) : « conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel. »

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  35. Première lettre à Timothée 2, 4 (AELF) : « il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité. » Cf. CEC § 74, § 851, § 2822.

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  36. Lettre à Tite 2, 11 (AELF) : « Car la grâce de Dieu s'est manifestée pour le salut de tous les hommes. » Sur l'universalité de la mort rédemptrice, cf. CEC § 605 et le Concile de Quierzy (853, DS 624) : « Il n'y a, il n'y a eu et il n'y aura aucun homme pour qui le Christ n'ait pas souffert. »

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  37. Catéchisme de l'Église catholique, § 846, citant le concile Vatican II, Lumen gentium 14 : « cette Église en marche sur la terre est nécessaire au salut. Seul, en effet, le Christ est médiateur et voie de salut [...]. C'est pourquoi ceux qui refuseraient soit d'entrer dans l'Église catholique, soit d'y persévérer, alors qu'ils la sauraient fondée de Dieu par Jésus-Christ comme nécessaire, ceux-là ne pourraient être sauvés. »

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  38. Catéchisme de l'Église catholique (éd. définitive 1997), § 1022 : « Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ. » Le § conclut en citant saint Jean de la Croix — « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l'amour » (cote « dichos 64 » donnée par le CEC lui-même ; la numérotation des Dichos varie selon les éditions).

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  39. Thomas a Kempis, L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 17 (« De la vie religieuse »), § 2 : « Celui qui cherche autre chose que Dieu seul et le salut de son âme ne trouvera que tribulation et douleur. » (Classique de la spiritualité, début du XVe siècle ; cité d'après la traduction de Lamennais.)

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