Pourquoi existe-t-il quelque chose ? Pourquoi le monde permet-il la vie ? Et pourquoi nous sentons-nous parfois obligés de faire le bien, même quand cela nous coûte ? Ces questions ouvrent plusieurs chemins vers Dieu. Cet article explique leurs étapes, présente les objections et montre pourquoi croire en un Créateur peut être solidement raisonnable.
La question concerne aussi notre manière de vivre. Si Dieu existe, notre présence dans le monde peut répondre à une intention. Notre recherche du bonheur et de la vérité prend alors une autre profondeur. Mais cette perspective mérite des raisons : son caractère réconfortant ne suffit pas à la rendre vraie.
1. Comment réfléchir à l'existence de Dieu ?
Un argument est un raisonnement qui donne des raisons d'accepter une conclusion. Pour l'examiner, nous devons regarder son point de départ et vérifier chaque étape. Un argument peut être discuté sans que ses défenseurs soient stupides ou ses adversaires malhonnêtes.
La raison est notre capacité à comprendre, à comparer et à tirer des conclusions. Nous l'utilisons pour résoudre un problème, reconnaître une contradiction ou rechercher une explication. La philosophie applique cette réflexion aux questions les plus générales, notamment à celle de notre existence.
Le mot preuve ne signifie pas exactement la même chose dans tous les domaines. En mathématiques, une démonstration établit une conclusion à partir de règles précises. Dans les sciences, une explication doit être confrontée aux observations. Dans une enquête, plusieurs indices peuvent se renforcer et permettre une conclusion solide.
Les arguments sur Dieu suivent eux aussi plusieurs méthodes. Certains cherchent à montrer qu'une conclusion découle nécessairement de leurs points de départ. D'autres comparent les explications possibles du monde et de notre expérience. Les réunir demande donc de respecter leurs différences.
Dieu, s'il est le Créateur de tout ce qui existe, dépasse le monde matériel. Nous ne pouvons donc pas demander qu'un appareil le mesure comme une température. Cela ne dispense pas de fournir des raisons de croire en lui. Cela oblige à choisir une méthode adaptée à la question.
La réflexion part de ce que nous connaissons : des choses existent, changent et dépendent les unes des autres. Nous possédons aussi une intelligence, des exigences sur ce qui est bien ou mal et une recherche du bonheur. La question est de savoir ce qui explique le mieux ces réalités.
L'Église catholique enseigne que cette recherche peut conduire à une véritable certitude sur l'existence de Dieu. Un concile réunit les évêques avec le pape. Celui de Vatican I l'a affirmé solennellement en 1870. Cette affirmation concerne la capacité humaine de connaître Dieu, et non la facilité du chemin pour chacun.[1]
Saint Jean-Paul II a repris cette relation entre foi et raison dans Fides et Ratio, en 1998. La foi accueille ce que Dieu fait connaître de lui-même. La réflexion cherche à comprendre, à examiner les objections et à reconnaître les raisons de croire.[2]
Le physicien Albert Einstein exprimait à sa manière le besoin de ce dialogue :
« La science sans religion est boiteuse, la religion sans science est aveugle. »[3]
Einstein ne croyait pas au Dieu personnel des religions. Un Dieu personnel connaît, veut et entre en relation avec les hommes. Cette phrase ne permet donc pas de le présenter comme chrétien. Elle rappelle cependant que la recherche scientifique et la question religieuse ne s'excluent pas automatiquement.
2. Pourquoi les choses existent-elles ?
Prenons un objet ordinaire. Il existe grâce à des matériaux, à une fabrication et à diverses conditions. Il ne s'est pas donné lui-même l'existence. Nous pouvons alors remonter vers ce dont il dépend, puis interroger ces autres réalités.
Une cause est ce qui produit quelque chose ou lui permet d'exister ou de changer. Le mot ne désigne donc pas seulement un événement arrivé avant un autre. Il peut aussi désigner une dépendance qui demeure maintenant.
Un outil tenu par une main aide à comprendre cette différence. L'outil agit, mais son action dépend actuellement de ce qui le fait agir. Remonter vers une première cause consiste à chercher ce qui rend possible l'ensemble de cette action.
Saint Thomas d'Aquin, penseur chrétien, a développé cinq chemins de ce genre dans la Somme théologique. Ils partent du changement, des causes, de notre existence fragile, des degrés de bonté et de l'organisation naturelle. Leur objectif est de rejoindre un fondement qui ne dépende pas lui-même d'un autre.[4]
Le changement et les causes
Changer, c'est devenir autrement que l'on était. Une eau froide peut devenir chaude, mais cette possibilité ne suffit pas à la chauffer. Quelque chose doit rendre ce changement réel. Thomas cherche ainsi ce qui permet aux réalités de changer.
Il ne demande pas seulement quel événement serait arrivé tout au début. Il cherche ce qui soutient actuellement les réalités capables d'agir et de changer. Selon son raisonnement, une succession de dépendances ne peut tout expliquer si rien ne possède par soi le pouvoir d'agir.
L'image des outils aide encore. Ajouter des outils qui transmettent une action ne remplace pas ce qui leur permet d'agir. Thomas conclut donc à un premier fondement qui ne reçoit pas son existence et son pouvoir d'un autre.
Cette conclusion demande une réflexion sur la dépendance réelle des choses. Elle ne repose pas simplement sur l'habitude de voir un événement après un autre. Elle ne dépend pas non plus de la découverte d'un premier instant de l'univers.
Ce qui pourrait ne pas exister
Nous pouvons ensuite poser une question plus profonde. Les choses rencontrées dans le monde existent, mais elles auraient pu ne pas exister. Leur existence demande des conditions qu'elles ne portent pas entièrement en elles-mêmes.
Les philosophes appellent cette situation la contingence. Une chose contingente existe, mais son existence n'est pas obligatoire et demande une explication. L'argument de la contingence demande pourquoi un monde composé de telles réalités existe.
Répondre par une autre réalité dépendante peut expliquer une étape. Mais pourquoi cet ensemble existe-t-il ? Même une suite sans fin laisserait cette question ouverte si tous ses éléments recevaient leur existence d'ailleurs.
Les défenseurs de l'argument concluent à un être nécessaire. Cette expression désigne une réalité dont l'existence ne dépend d'aucune autre et qui ne pourrait pas ne pas exister. Elle serait le fondement de toutes les réalités qui, elles, pourraient manquer.
Dire que l'univers existe simplement, sans explication supplémentaire, constitue une réponse possible au débat. L'argument de la contingence la conteste précisément : pourquoi arrêter la recherche devant un ensemble de choses dépendantes ? Il propose de remonter jusqu'à ce qui existe par soi.
Le bien et l'organisation du monde
La quatrième voie part des degrés de bonté, de vérité et de beauté. Nous jugeons par exemple une action plus juste qu'une autre. Pour Augustin et Thomas, ce jugement reconnaît une règle du juste qui dépasse nos préférences. Nous ne fabriquons pas cette règle en choisissant ce qui nous plaît.
Thomas soutient ensuite que les biens limités ne possèdent pas par eux-mêmes toute la bonté qu'ils manifestent. Ils la reçoivent d'une source qui possède le bien sans limite. Cette source serait également celle de leur existence et de leur vérité.
La cinquième voie part de la finalité. Ce mot désigne l'orientation régulière d'une chose vers un résultat, comme l'œil vers la vision. Thomas observe que des êtres sans intelligence contribuent pourtant à des fonctionnements ordonnés.
Il compare cette orientation à celle d'une flèche dirigée par un archer. L'image sert à expliquer pourquoi une direction peut révéler une intelligence. Selon cette voie, l'organisation des activités naturelles demande elle aussi une intelligence qui la fonde.
Le philosophe Edward Feser reprend aujourd'hui ces recherches sur le changement et l'existence reçue. Il examine aussi les choses composées de parties. Un outil assemblé dépend de ses pièces et de leur union pour exister.
Selon Feser, expliquer cette union par d'autres assemblages prolonge la dépendance sans donner son fondement. Il conclut à une cause sans parties. Cela signifie qu'elle ne comporte pas d'éléments à réunir pour pouvoir exister.[5]
3. L'univers a-t-il commencé ?
Une autre démarche s'intéresse au commencement du monde. On l'appelle l'argument cosmologique du Kalam. Elle propose ce raisonnement : ce qui commence à exister a une cause ; l'univers a commencé ; il possède donc une cause.
Le premier point ne signifie pas que tout, sans exception, aurait une cause. Il concerne ce qui commence à exister. Avant son existence, une chose ne peut rien faire pour se produire elle-même.
Le second point demande un examen particulier. Le Big Bang est le nom du modèle décrivant l'expansion de l'univers depuis un état initial très dense et chaud. À très grande échelle, les distances augmentent en moyenne dans l'univers. C'est ce qu'on appelle son expansion.
Un résultat mathématique utilisé en physique apporte aussi un élément au débat. Il concerne les modèles dont l'expansion reste positive en moyenne sur les trajectoires étudiées vers le passé. Autrement dit, ces parcours à travers l'univers présentent en moyenne une expansion plutôt qu'un resserrement.
Sous cette condition, la description physique ne peut être prolongée indéfiniment vers le passé. Elle rencontre une limite qui demande une explication.[6]
Cette limite ne démontre pas, à elle seule, que toute réalité physique aurait commencé absolument. Elle peut appeler une autre description physique, au-delà de celle qui atteint sa limite. Confondre ces deux affirmations donnerait à un résultat scientifique une portée qu'il n'a pas.
Il faut donc distinguer trois questions. Comment le monde physique a-t-il évolué ? Sa réalité entière a-t-elle commencé ? Pourquoi existe-t-il, même si sa durée passée n'avait pas de début ?
La dernière question demeure celle de la contingence. Elle montre pourquoi les arguments vers Dieu ne reposent pas tous sur une seule théorie scientifique. Une modification du modèle du commencement n'effacerait pas la question du fondement de l'existence.
Si le temps et la matière eux-mêmes ont commencé, leur cause ne peut dépendre de ce même commencement. Les défenseurs du Kalam recherchent donc une cause extérieure aux limites du temps et de la matière. Ils demandent comment une cause agissant automatiquement pourrait produire un effet qui commence, sans changement préalable de cette cause. Ils proposent un choix libre, capable de faire exister le monde sans y être contraint par un mécanisme.
Le mot « avant » devient ici délicat. Parler d'une cause du temps ne signifie pas nécessairement imaginer une minute précédant la première minute. Il s'agit d'une priorité d'explication : ce dont le temps dépend pour exister.
Le père Georges Lemaître, prêtre catholique belge, a proposé l'hypothèse de l'atome primitif, à l'origine du Big Bang. Sa démarche scientifique ne remplace pas un raisonnement sur Dieu. Son parcours montre cependant que foi catholique et recherche scientifique peuvent habiter la même intelligence.[7]
4. Pourquoi l'univers permet-il la vie ?
L'existence d'un univers ne suffit pas à expliquer la possibilité de la vie. Encore faut-il que son fonctionnement permette des structures durables et une grande diversité d'assemblages. C'est ici qu'intervient l'argument du réglage fin.
Les atomes sont de petites unités qui composent la matière. Les molécules sont des assemblages d'atomes. Pour que des atomes stables, des étoiles et une chimie soient possibles, certaines caractéristiques physiques doivent respecter des conditions précises.
Une constante physique est une valeur fixe utilisée pour décrire le fonctionnement de la nature. Dans les modèles étudiés, certaines valeurs doivent rester entre des limites précises et proches. En sortir empêcherait des structures nécessaires à la vie, comme les atomes stables ou les étoiles.
Ces marges de variation dépendent des modèles utilisés. L'expression « réglage fin » désigne ces conditions précises permettant les structures considérées.
Une recette aide à comprendre l'idée générale. La présence d'ingrédients ne garantit pas le résultat si leurs proportions ne conviennent pas. De même, une matière quelconque, soumise à n'importe quelles règles, ne permettrait pas nécessairement un monde habitable.
Cette comparaison n'établit pas encore qu'un réglage a réellement été effectué par quelqu'un. C'est précisément la question à examiner. Les défenseurs de l'argument jugent ces conditions plus compréhensibles si une intelligence a voulu rendre la vie possible.
Il s'agit de comparer des explications, sans prétendre disposer d'un ensemble d'univers observés permettant de compter les réussites.[8]
Une réponse propose l'existence d'un multivers. Ce terme désigne un ensemble d'univers qui pourraient présenter des caractéristiques différentes. Si les possibilités étaient très nombreuses, certains univers pourraient réunir les conditions de la vie.
Le philosophe Robin Collins répond que cette proposition demande encore un mécanisme capable de produire ces univers. Selon lui, ce mécanisme aurait lui-même besoin de caractéristiques appropriées. Le problème de l'organisation serait alors déplacé plutôt que supprimé.[9]
Le débat porte donc sur la meilleure explication de conditions bien particulières. L'article sur le réglage fin de l'univers développe cette comparaison. L'idée essentielle demeure accessible : pourquoi le monde possède-t-il précisément ce qui rend possibles des êtres capables de l'observer ?
5. L'organisation du vivant appelle-t-elle une intelligence ?
Une cellule est une petite unité vivante dont les organismes sont constitués. Son fonctionnement repose sur des éléments qui coopèrent et sur des informations utilisées avec précision. La question de leur origine nourrit un autre argument vers Dieu.
L'ADN est une longue molécule portant des informations utilisées par les cellules. Ces lettres abrègent le nom « acide désoxyribonucléique ». Les protéines sont des molécules qui accomplissent de nombreuses tâches dans le vivant.
L'ordre des éléments de l'ADN intervient dans la fabrication des protéines. Il ne suffit donc pas que des éléments soient présents : leur organisation compte aussi. Un message aide à saisir cette différence entre une quantité de lettres et un texte qui transmet quelque chose.
Le philosophe des sciences Stephen Meyer compare l'information du vivant aux informations organisées dont nous connaissons l'origine. La comparaison porte sur l'organisation utile : des éléments prennent un ordre qui permet une tâche précise. Meyer souligne que les informations de ce genre dont nous observons la production proviennent d'intelligences.
Il en déduit une origine intelligente pour l'information du vivant. Cette conclusion est discutée : l'analogie avec un message ne rend pas l'ADN identique à un texte humain.[10]
Le chercheur Michael Behe développe une autre approche, appelée complexité irréductible. Il désigne ainsi un système de plusieurs pièces ajustées qui travaillent ensemble. Retirer l'une quelconque de ces pièces empêche le système d'assurer sa fonction fondamentale.
La fonction fondamentale est ce que le système permet de faire d'essentiel. Cela ne signifie pas que chaque pièce serait incapable de servir à autre chose.
Behe prend notamment l'exemple du flagelle de certaines bactéries. Le flagelle est un dispositif moléculaire qui contribue à leur déplacement. C'est ici la fonction étudiée. Selon lui, la coopération nécessaire entre ses éléments pose une difficulté à une construction entièrement graduelle du système.[11]
Ses contradicteurs évoquent notamment d'autres usages possibles de certains composants. Behe et ses défenseurs répondent que ces usages n'expliquent pas encore l'origine du fonctionnement complet étudié. Cette appréciation appartient aux défenseurs de l'argument ; le débat n'est pas unanimement considéré comme clos.
Les variations sont les différences observées entre les êtres vivants. Leur adaptation désigne ce qui leur permet de vivre dans leur milieu.
La sélection biologique favorise certaines variantes déjà présentes, parce qu'elles permettent de mieux vivre et se reproduire dans un milieu. Elle n'est pas un choix conscient. Elle suppose donc des êtres vivants sur lesquels agir, sans expliquer par sa seule définition l'origine de la première vie.
Les défenseurs de l'argument reconnaissent ces phénomènes. Ils contestent leur extension automatique à l'explication complète de l'organisation des formes vivantes.
6. Ce que le bien et notre intelligence révèlent
Nous distinguons spontanément ce qui nous plaît de ce qui nous semble juste. Une action peut nous avantager et rester mauvaise. Nous pouvons même reconnaître une obligation sans avoir envie de la respecter.
La morale concerne ce qui est bien ou mal dans nos actes. Une règle morale est dite objective lorsqu'elle ne dépend pas seulement des goûts d'une personne ou d'une société. Elle reste valable même lorsque quelqu'un refuse de l'admettre.
C. S. Lewis, écrivain et penseur chrétien, part de cette expérience. Quand nous reprochons une injustice, nous demandons souvent davantage que le respect d'une préférence. Nous attendons que l'autre reconnaisse une exigence qui nous dépasse tous les deux.
L'argument moral demande ce qui fonde cette exigence. Une description du fonctionnement de la matière n'énonce pas, à elle seule, ce que nous devons faire. Expliquer l'apparition d'un comportement ne suffit pas non plus à établir qu'il oblige réellement.
Selon Lewis, une obligation véritable renvoie à une source du bien supérieure à nos choix. Dieu serait cette source personnelle qui s'adresse à des êtres libres. Torturer un enfant innocent resterait mauvais, même si une société l'approuvait ou si personne ne le découvrait.
Il ne prétend pas qu'une personne sans religion serait incapable de faire le bien. Son point de départ est justement une expérience humaine largement partagée. La question concerne le fondement du bien, et non la valeur personnelle des croyants ou des incroyants.
Saint John Henry Newman développe une idée proche à partir de la conscience morale. Cette expression désigne notre jugement intérieur sur ce que nous devons faire. Nous pouvons y reconnaître une autorité qui résiste à notre intérêt, à l'opinion publique et même aux lois.
Pour Newman, cette autorité oriente vers quelqu'un qui nous dépasse. Suivre sa conscience ne signifie donc pas déclarer juste tout ce dont nous avons envie. C'est reconnaître une exigence que nous n'avons pas librement inventée.[12]
L'expérience consciente est le fait de vivre intérieurement ce que nous percevons et pensons. Elle se distingue de la conscience morale, qui concerne le bien et le mal. Décrire ce qui se passe dans le cerveau ne suffit pas encore à expliquer pourquoi nous vivons quelque chose intérieurement.
Le naturalisme matérialiste est la position selon laquelle toute réalité se réduit finalement à des processus matériels. Thomas Nagel, philosophe athée, considère que cette position ne rend pas compte de notre expérience consciente. Il ne croit pourtant pas en Dieu : sa critique souligne une difficulté du matérialisme, sans démontrer à elle seule l'existence de Dieu.[13]
L'argument de la conscience et de la raison interroge séparément la confiance accordée à nos raisonnements. Pourquoi pouvons-nous reconnaître qu'une conclusion est vraie ? Qu'est-ce qui relie notre pensée à la réalité ?
Alvin Plantinga examine la combinaison du naturalisme matérialiste avec une évolution sans intelligence directrice. Dans cette hypothèse, nos facultés proviendraient de changements et d'une sélection favorisant la survie. La sélection retient ce qui aide à vivre, sans viser directement la vérité des croyances.
Selon Plantinga, des croyances utiles à la survie pourraient ainsi ne pas être fiables sur les grandes questions philosophiques. Il soutient que cette combinaison donne une raison de douter de la fiabilité de nos facultés. Si ce doute est fondé, il atteint aussi les raisonnements employés pour affirmer cette combinaison.
L'argument doit donc établir ce motif de doute : distinguer simplement survie et vérité ne suffirait pas. Il ne vise pas toute pensée athée. Ses défenseurs soutiennent qu'une Intelligence créatrice explique mieux notre capacité de connaître un monde lui-même compréhensible.[14]
7. Le désir, l'expérience et les autres chemins
Le bonheur pose une question différente. Nous pouvons aimer une réussite, une rencontre ou une découverte, puis ressentir encore un manque. Notre désir semble parfois dépasser tout ce qu'une expérience particulière peut lui donner.
Le mot infini désigne ce qui ne possède aucune limite. Appliqué au désir, il exprime ici une aspiration à un bonheur sans manque et à un amour sans terme. C. S. Lewis formule ainsi le raisonnement :
« Si je trouve en moi un désir qu'aucune expérience de ce monde ne peut satisfaire, l'explication la plus probable est que je suis fait pour un autre monde. »[15]
La faim nous oriente vers la nourriture ; la soif, vers l'eau. Lewis propose de regarder également notre aspiration profonde comme l'indice d'un objet réel. Ce raisonnement ne transforme pas chaque envie individuelle en promesse de satisfaction.
Il concerne un désir durable que les biens limités ne semblent jamais combler entièrement. Saint Augustin, grand penseur chrétien, exprime cette orientation dans les Confessions :
« Tu nous as faits pour Toi, et notre cœur est sans repos jusqu'à ce qu'il trouve son repos en Toi. »[16]
L'expérience religieuse
Certaines personnes témoignent d'une rencontre intérieure avec Dieu. Elles décrivent une présence, une paix ou un amour reçus comme réels. Ces témoignages traversent des cultures et des époques différentes.
Le philosophe Richard Swinburne part de nos perceptions ordinaires. Ce que nous percevons nous donne d'abord une raison d'y croire, sauf raisons précises d'en douter. Il propose de traiter de même une expérience de Dieu. Les témoignages permettent ensuite à d'autres d'en prendre connaissance.[17]
Cela demande un examen attentif de leur crédibilité. L'Église n'accepte pas toutes les affirmations de rencontre surnaturelle. Elle distingue l'expérience authentique, les erreurs et les explications possibles liées au fonctionnement humain.
La présence très répandue de croyances religieuses constitue également un élément de la réflexion. Plantinga y voit un indice cohérent avec une capacité humaine à se tourner naturellement vers Dieu. Cet indice rejoint les autres arguments ; il ne prouve pas une religion par le nombre de ses fidèles.[18]
On peut proposer une explication psychologique de cette recherche. Pourtant, expliquer comment une conviction apparaît ne suffit pas à décider si elle est vraie. Nos perceptions passent elles aussi par des mécanismes humains sans que cela supprime automatiquement leur objet.
Peut-on partir de l'idée de Dieu ?
L'argument ontologique part de l'idée de Dieu pour examiner si son existence en découle. Saint Anselme de Cantorbéry, penseur chrétien, définit Dieu comme celui au-delà duquel rien de plus grand ne peut être pensé. Selon lui, cet être serait plus grand s'il existait réellement que s'il existait seulement dans notre pensée. Le limiter à notre pensée contredirait donc sa définition.
Le philosophe Kant conteste cette étape. Pour lui, exister n'est pas une qualité qui rendrait la description d'un être plus parfaite. Ajouter qu'une chose existe ne change pas ce qu'elle serait.
Alvin Plantinga le reformule autour de la possibilité et de la nécessité. Un monde possible désigne une manière dont la réalité pourrait être sans contradiction. Plantinga raisonne sur un être absolument parfait qui existerait nécessairement, donc dans toute réalité possible. Si un tel être est réellement possible, il existe dans un monde possible. Mais y être nécessaire signifie exister dans tous les mondes possibles, y compris le nôtre.[19]
La difficulté centrale concerne cette possibilité réelle. Il ne suffit pas de pouvoir prononcer une description ou de former une image mentale. L'argument reste discuté, mais il ne se réduit pas à souhaiter très fortement que Dieu existe.
Chercher malgré le doute
Blaise Pascal, mathématicien, physicien et penseur chrétien, aborde enfin notre décision de chercher. Son pari ne constitue pas une preuve de Dieu. Il s'adresse à celui qui ne se sent pas encore convaincu.
Pascal compare les enjeux. Dans son raisonnement, si Dieu existe, la foi ouvre sur la vie éternelle. Si Dieu n'existe pas, les coûts de cet engagement restent limités. L'éternité dépasse donc tout ce qui peut être gagné ou perdu pendant une vie.
Il estime ainsi raisonnable de chercher, de prier et de commencer à pratiquer, même sans être encore certain. Cette démarche dispose à accueillir la foi ; elle ne démontre pas que Dieu existe.[20]
8. Les principales objections méritent une réponse
Les arguments précédents ne suppriment pas les questions difficiles. Les examiner honnêtement appartient à la recherche elle-même. Sept objections reviennent particulièrement souvent.
Si nous demandons une explication au monde, pourquoi dispenser Dieu de cette exigence ? L'objection dénonce ce qui pourrait sembler une exception introduite pour sauver le raisonnement.
La réponse tient à la distinction initiale. Les arguments portent sur ce qui commence ou dépend d'autre chose. Ils cherchent précisément un fondement qui ne commence pas et ne reçoit pas son existence. Il reste à démontrer ce fondement ; le nommer Dieu ne remplace pas cette démonstration.
Dieu est-il une invention rassurante ?
Ludwig Feuerbach et Sigmund Freud ont défendu des explications de la religion par les besoins humains. L'homme pourrait attribuer à un être supérieur la puissance, la bonté et la protection qu'il désire. Cette explication cherche pourquoi la croyance attire.
Mais le désir d'une chose n'établit ni sa présence ni son absence. Vouloir de l'ombre n'empêche pas les arbres d'exister. Nous devons donc examiner les raisons de croire elles-mêmes. Expliquer psychologiquement l'incroyance ne permettrait pas davantage de la réfuter.
La science rend-elle Dieu inutile ?
Les explications scientifiques permettent de comprendre de nombreux phénomènes sans faire intervenir directement une action divine. Pourquoi faudrait-il ajouter Dieu à une description physique suffisante ? L'objection mérite mieux qu'une opposition générale entre science et foi.
La réponse distingue les questions. Décrire des mécanismes ne dit pas encore pourquoi ces mécanismes et leurs lois existent. Même une description physique complète laisserait ouverte la question de leur fondement.
Le vide quantique est un état physique régi par des lois, et non l'absence absolue de toute réalité. Dire qu'un univers pourrait en provenir ne signifie donc pas expliquer sa naissance à partir de rien. La question de l'existence des lois demeure.[21]
Comment un Dieu bon peut-il permettre le mal ?
La souffrance constitue l'objection la plus grave. Elle concerne les violences humaines, mais aussi les maladies et les catastrophes. Si Dieu aime et possède toute puissance, pourquoi laisse-t-il souffrir ?
Le libre arbitre est notre capacité de choisir réellement nos actes. Saint Augustin relie le mal commis par les hommes à leur mauvais usage de cette liberté. Une créature capable d'aimer librement peut aussi refuser d'aimer.
Plantinga montre qu'une incompatibilité logique entre Dieu et le mal n'est pas établie simplement en constatant leur présence supposée ensemble. Il défend la possibilité que la liberté comporte un risque réel de mauvais choix. Cela ne démontre pas que chaque souffrance particulière serait nécessaire.[22]
Swinburne ajoute que les difficultés d'un monde stable permettent le courage, l'entraide et une croissance intérieure. Cette réponse cherche pourquoi Dieu pourrait permettre certaines épreuves. Elle n'autorise ni à banaliser la douleur ni à prétendre expliquer chaque drame. Le dossier sur le mal et la souffrance approfondit cette question.
Invoque-t-on Dieu seulement quand on ne comprend pas ?
L'objection vise une mauvaise méthode : attribuer à Dieu ce qui attend encore une explication scientifique. Une découverte ultérieure ferait alors disparaître cette raison de croire.
Les arguments les plus fondamentaux demandent davantage. Même si nous comprenions parfaitement un fonctionnement, pourquoi existerait-il ? Le réglage fin interroge ainsi des propriétés décrites par la science. La dépendance du monde demeure également une question lorsque ses mécanismes sont connus.
Pourquoi les religions se contredisent-elles ?
Si Dieu se fait connaître, la diversité des religions peut sembler surprenante. Leurs affirmations ne sont pas toutes compatibles. Nous ne pouvons donc pas les déclarer toutes également vraies.
Mais des réponses divergentes ne démontrent pas qu'aucune vérité n'existe. Elles peuvent mêler une recherche authentique, des connaissances partielles et des erreurs. L'Église reconnaît ce qu'il y a de vrai dans les autres religions tout en maintenant la vérité reçue dans le Christ.[23]
La question générale de Dieu et celle de la véritable révélation doivent donc être examinées successivement. L'existence d'un Créateur ne dispense pas d'enquêter sur les religions. Elle rend cette enquête possible.
Pourquoi des personnes sincères ne trouvent-elles pas Dieu ?
Le philosophe J. L. Schellenberg formule une difficulté précise. Un Dieu parfaitement aimant voudrait une relation avec toute personne sincèrement ouverte. Pourquoi certaines ne parviennent-elles même pas à croire en son existence ?
Cette objection concerne des incroyants honnêtes. L'absence de consolation chez un croyant ne suffit donc pas à y répondre. Elle montre seulement qu'une relation réelle peut exister sans présence ressentie.
Le philosophe Paul Moser propose de distinguer ouverture intellectuelle et disponibilité à une transformation personnelle. Selon lui, Dieu cherche une relation qui engage toute la personne. Il pourrait donc se faire connaître selon un chemin qui dépasse la réponse immédiate à une demande de preuve.[24]
Cette réponse conteste ce que l'objection suppose sur la manière dont l'amour divin devrait se manifester. Elle ne permet pas de juger les intentions d'un chercheur particulier. Une difficulté de foi mérite d'être accueillie et accompagnée.
9. Du Créateur à Jésus : poursuivre l'enquête
Les arguments ne présentent pas tous la même forme de conclusion. Les démonstrations classiques cherchent une nécessité : si leurs points de départ sont vrais, leur conclusion doit suivre. Les démarches comparatives demandent quelle explication rend le mieux compte des faits.
Swinburne développe cette seconde approche en réunissant plusieurs indices. Il conclut que Dieu est plus probable que son absence. Cette conclusion ne doit pas être confondue avec la certitude que l'Église affirme possible par la raison naturelle. La raison naturelle désigne ce que notre intelligence peut connaître en réfléchissant, sans partir d'un message de Dieu.
Les chemins se rejoignent pourtant dans un portrait cohérent. La dépendance des choses oriente vers un fondement qui existe par lui-même. L'organisation du monde et notre intelligence orientent vers une intelligence créatrice. Le bien et la conscience morale conduisent vers une source personnelle de bonté.
Personnel signifie ici capable de connaître et de vouloir. Il ne s'agit pas d'imaginer un être humain agrandi aux dimensions de l'univers. Les défenseurs de ces arguments recherchent une origine intelligente, libre et capable d'une relation avec nous.
Le chercheur Francis Collins illustre une rencontre entre travail scientifique et foi chrétienne. Il s'est converti pendant sa formation médicale, avant ses travaux sur le génome. Le génome est l'ensemble des informations portées par l'ADN d'un organisme.
« Le Dieu de la Bible est aussi le Dieu du génome. Il peut être adoré dans la cathédrale ou dans le laboratoire. »[25]
Son témoignage ne prouve pas Dieu à la place des arguments. Il montre comment une personne peut accueillir leur force sans renoncer à la recherche scientifique.
Une question nouvelle apparaît alors : ce Créateur s'est-il fait connaître ? La Révélation désigne ce que Dieu communique de lui-même aux hommes. Pour examiner cette question, nous passons aussi par l'histoire.
Des sources extérieures au christianisme appuient l'existence historique de Jésus. Tacite mentionne son exécution sous Ponce Pilate. Les Évangiles présentent aussi ses affirmations : il affirme pardonner les fautes en son nom et se présente comme Dieu lui-même. Examiner sa divinité, c'est donc examiner les raisons de reconnaître que Jésus est Dieu.
La résurrection de Jésus désigne son retour réel à la vie après sa mort. Le dossier étudie le tombeau vide, les apparitions aux apôtres et la conversion de Paul. Il confronte les sources de ces événements et les témoignages des premiers chrétiens.
Les prophéties annonçant Jésus sont des annonces anciennes dont on examine l'accomplissement dans sa vie. Elles concernent notamment son lieu de naissance, sa trahison et le partage de ses vêtements.
La question des signes apporte aussi des faits à cette enquête. Un miracle est un signe extraordinaire de l'action de Dieu qui dépasse les causes naturelles. À Lourdes, l'Église a reconnu des guérisons comme miraculeuses après une enquête médicale.
Les médecins examinent ce qui reste médicalement inexpliqué ; la reconnaissance du miracle revient à l'évêque. Les miracles de Lourdes sont ainsi des signes reconnus, et pas seulement des récits de guérison.
Les miracles eucharistiques concernent ici le pain consacré à la messe. Ce pain devient le corps du Christ. Dans certains cas étudiés, il a présenté des aspects de tissu humain. Chaque dossier possède ses analyses et son statut propre auprès de l'Église. Les conclusions d'un cas ne peuvent pas être étendues aux autres.
10. Ce qu'il faut retenir
- La réflexion sur Dieu part du monde réel et de notre expérience humaine.
- Les choses dépendantes conduisent à rechercher un fondement qui existe par lui-même.
- Le commencement du monde et son organisation ouvrent des questions distinctes.
- Le vivant, la conscience morale et notre intelligence apportent d'autres raisons de chercher.
- Les arguments ont des méthodes différentes ; leurs exigences doivent être respectées.
- Les objections sur le mal et l'absence de Dieu méritent des réponses sérieuses.
- Reconnaître un Créateur ouvre ensuite l'enquête sur Jésus et la Révélation.
La conclusion de cette enquête est positive : Dieu existe, et l'intelligence humaine peut le connaître avec certitude. Les chemins présentés conduisent à un fondement qui existe par lui-même, à une intelligence créatrice et à une source du bien. Ils fondent aussi notre confiance dans une raison capable de connaître le vrai.
Cette certitude ne transforme pas chaque argument discuté en démonstration unanimement acceptée. Elle demande d'examiner les points de départ et les étapes, sans cacher les difficultés. La question de l'origine du monde nous concerne donc personnellement. Elle ouvre une perspective : être voulu, connu et appelé à une relation avec son Créateur.
Notes et références
Concile Vatican I, constitution dogmatique Dei Filius, chapitre 2 et canon 1 De Revelatione, 24 avril 1870. Texte officiel dans Denzinger-Schönmetzer, n. 3004 et 3026. Repris textuellement dans Vatican II, Dei Verbum §6.
1Saint Jean-Paul II, encyclique Fides et Ratio, 14 septembre 1998. Texte officiel sur vatican.va, particulièrement §§16-23 et 66-79.
2Albert Einstein, Science, Philosophy, and Religion: A Symposium, conférence prononcée lors du symposium organisé par la Jewish Theological Seminary of America, New York, septembre 1941, publiée dans les Proceedings. Texte reproduit dans Albert Einstein, Out of My Later Years, Philosophical Library, New York, 1950, chapitre 8, p. 26-28. Traduction française reproduite à l'identique de l'article source.
3Saint Thomas d'Aquin, Summa Theologiae, Iᵃ q. 2, a. 3. Édition latine : Editio Leonina, Rome, 1888-1906. Traduction française : Somme théologique, éd. du Cerf, 1984.
4Edward Feser, Five Proofs of the Existence of God, Ignatius Press, 2017. Arguments aristotélicien, néoplatonicien, augustinien, thomiste et rationaliste.
5Arvind Borde, Alan H. Guth et Alexander Vilenkin, Inflationary Spacetimes Are Incomplete in Past Directions, Physical Review Letters, vol. 90, n° 15, 18 avril 2003, article 151301, DOI 10.1103/PhysRevLett.90.151301. Résultat soumis à une condition d'expansion moyenne positive ; il ne démontre pas à lui seul un commencement absolu ou une création à partir de rien.
6Georges Lemaître, The Beginning of the World from the Point of View of Quantum Theory, Nature, vol. 127, 9 mai 1931, p. 706. Voir aussi son article sur l'expansion dans les Annales de la Société scientifique de Bruxelles, tome 47, 1927, p. 49-59.
7Robin Collins, The Teleological Argument: An Exploration of the Fine-Tuning of the Universe, dans William Lane Craig et J. P. Moreland, dir., The Blackwell Companion to Natural Theology, Wiley-Blackwell, 2009, p. 202-281.
8 9Stephen C. Meyer, Signature in the Cell: DNA and the Evidence for Intelligent Design, HarperOne, 2009.
10Michael J. Behe, Darwin's Black Box: The Biochemical Challenge to Evolution, Free Press, 1996, notamment p. 39 pour la définition de la complexité irréductible. La fonction considérée est la fonction fondamentale du système étudié, non toute fonction possible de ses composants.
11John Henry Newman, Fifteen Sermons Preached before the University of Oxford, 1843, notamment The Influence of Natural and Revealed Religion Respectively. Argument également développé dans An Essay in Aid of a Grammar of Assent, Longmans, Green and Co., 1870.
12Thomas Nagel, Mind and Cosmos: Why the Materialist Neo-Darwinian Conception of Nature Is Almost Certainly False, Oxford University Press, New York, 2012, notamment p. 1-7 et 128. Nagel critique la réduction de la conscience, de la connaissance et des valeurs objectives aux processus matériels. Il demeure non-théiste.
13Victor Reppert, C.S. Lewis's Dangerous Idea: In Defense of the Argument from Reason, IVP Academic, 2003. Voir aussi Alvin Plantinga, Where the Conflict Really Lies: Science, Religion, and Naturalism, Oxford University Press, 2011, p. 307-350.
14C. S. Lewis, Mere Christianity, Geoffrey Bles, 1952 ; édition française Voilà pourquoi je suis chrétien, éd. Raphaël, 2002. Livre I pour l'argument moral ; livre III, chapitre 10, Hope, pour la citation sur le désir. Traduction de cette citation reproduite à l'identique de l'article source.
15Saint Augustin d'Hippone, Confessions, livre I, chapitre 1, vers 397-398. Édition de référence : Lucas Verheijen, Corpus Christianorum Series Latina, vol. 27, Brepols, 1981. Traduction française de référence : Louis de Mondadon, Desclée de Brouwer, 1947 ; rééd. Gallimard, 1993, p. 21. Citation reproduite à l'identique de l'article source.
16Richard Swinburne, The Existence of God, Clarendon Press, 1979 ; deuxième édition révisée, Oxford University Press, 2004. Démarche cumulative probabiliste et examen de l'expérience religieuse.
17Alvin Plantinga, Warranted Christian Belief, Oxford University Press, 2000. Hypothèse d'une faculté humaine naturelle orientée vers Dieu ; distinction entre l'origine psychologique d'une croyance et sa vérité.
18Alvin Plantinga, The Nature of Necessity, Oxford University Press, 1974, chapitre 10.
19Blaise Pascal, Pensées, fragment 233 dans l'édition Brunschvicg et 418 dans l'édition Lafuma. Publication posthume en 1670. Édition critique : Michel Le Guern, Gallimard, Œuvres complètes, 1998-2000.
20David Albert, On the Origin of Everything, recension du livre de Lawrence Krauss A Universe from Nothing, New York Times Book Review, 23 mars 2012. Distinction entre vide physique et absence absolue de toute réalité.
21Alvin Plantinga, God, Freedom and Evil, Harper & Row, 1974 ; rééd. Eerdmans, 1977, première partie. La défense établit une compatibilité logique possible entre Dieu et le mal ; elle n'explique pas chaque souffrance particulière.
22Concile Vatican II, déclaration Nostra Aetate, §2, 28 octobre 1965. Texte officiel sur vatican.va.
23Paul K. Moser, The Elusive God: Reorienting Religious Epistemology, Cambridge University Press, 2008. Réponse à l'argument de l'absence divine de J. L. Schellenberg, Divine Hiddenness and Human Reason, Cornell University Press, 1993.
24Francis Collins, The Language of God: A Scientist Presents Evidence for Belief, Free Press, New York, 2006, p. 211. Citation reproduite à l'identique de l'article source. Collins y situe sa conversion pendant sa formation médicale, avant ses travaux sur le génome humain.
25