Pape Étienne IV (Stephanus IV, aussi Étienne V dans l'ancienne numérotation) gouverne l'Église de Rome du 22 juin 816 au 24 janvier 817. Le Saint-Siège le présente comme le 97e pape de l'Église catholique, d'origine romaine, successeur de saint Léon III et prédécesseur de saint Pascal I.[1] Son pontificat dure à peine sept mois ; il est pourtant l'un des épisodes où l'on voit le plus clairement la papauté carolingienne prendre conscience de son rôle impérial.
Étienne arrive après un géant. Léon III avait couronné Charlemagne à Rome le jour de Noël 800. Louis le Pieux, lui, avait pris lui-même la couronne sur l'autel, sur l'ordre de son père, à Aix-la-Chapelle en 813.[2] Le voyage d'Étienne en Francie et son sacre de Louis à Reims, le dimanche 5 octobre 816, ne créent donc pas l'Empire à partir de rien ; ils donnent au nouveau règne la sanction liturgique et romaine du Siège de Pierre.[3][4][5]
Le pontificat tient en quatre gestes : sécuriser Rome par le serment des Romains envers Louis, informer l'empereur de l'élection pontificale, traverser les Alpes pour renouveler l'alliance avec les Francs, puis revenir à Rome avec des présents et des exilés libérés.[6] Il meurt peu après son retour, le 24 janvier 817, et laisse à Pascal I le soin de gérer les conséquences politiques de cette proximité nouvelle entre pape et empereur.[7][8]
Pourquoi Étienne IV compte-t-il ?
Un pontificat court qui fixe une image durable
Étienne IV n'a pas laissé de grand traité doctrinal, de concile romain majeur ni de longue correspondance. Si l'on ne regarde que la durée, il semble presque disparaître entre Léon III et Pascal I. Mais son geste de Reims fixe une image décisive : un empereur déjà couronné à Aix en 813 — où il avait pris lui-même la couronne sur l'autel, sur l'ordre de Charlemagne — reçoit de nouveau l'onction et la couronne des mains du pape.[9][10]
Cette image pèsera dans toute l'histoire médiévale. Elle ne signifie pas que l'empereur soit un simple fonctionnaire pontifical. Louis règne depuis 814, gouverne l'Empire franc, tient Aix-la-Chapelle et convoque ses assemblées. Mais elle rappelle que le titre impérial chrétien, en Occident, ne se comprend pas seulement comme une succession dynastique : il demande une reconnaissance sacrée, romaine et ecclésiale.[11]
« Rome, ô César, te transmet les présents de Pierre. » — Ermold le Noir, In honorem Hludowici, livre II : vers que le poète place dans la bouche d'Étienne au moment du couronnement[12]
Le premier sacre impérial hors de Rome
Le sacre de Charlemagne en 800 avait eu lieu à Saint-Pierre de Rome. Celui de Louis en 816 se déroule à Reims, dans l'espace franc, loin du tombeau de Pierre. L'événement n'est pas sans précédent : Étienne II était déjà venu en Francie en 753-754, et Charlemagne avait reçu Léon III à Reims, dans la vieille basilique Saint-Remi selon Mann (vol. II, p. 59), avant de célébrer avec lui Noël 804 à Quierzy.[13][14][15][16][17] La nouveauté de 816 est ailleurs : c'est la première fois qu'un pape oint et couronne un empereur hors de Rome — à Aix en 813, Louis avait pris lui-même la couronne, sans pape ni onction, et à Saint-Denis en 754, Étienne II avait oint Pépin comme roi, non comme empereur.[18][19][20][21]
Le sacre régulier des rois de France à Reims ne se stabilisera que bien plus tard : 816 est un précédent impérial, pas l'acte de naissance de ce rituel royal. Mais le précédent est réel. L'église de Reims devient, dès 816, un lieu où la royauté franque, la mémoire de saint Remi et la liturgie de l'onction impériale se rencontrent.[22]
Une papauté encore protégée, mais déjà active
Léon III avait eu besoin de Charlemagne contre ses ennemis romains. Étienne IV, immédiatement après son élection, fait jurer fidélité aux Romains envers Louis. Ce geste reconnaît clairement l'empereur comme protecteur temporel et suzerain politique de Rome.[23][24]
Mais Étienne ne se contente pas de recevoir une protection. Il agit : il envoie des légats, choisit le déplacement, rencontre Louis, le sacre, reçoit la confirmation du pacte avec les Francs, obtient des demandes et ramène des exilés. Sa faiblesse institutionnelle n'est donc pas passivité. Elle est une diplomatie romaine dans un monde où la papauté doit survivre entre aristocratie urbaine, Empire franc et mémoire de l'ancienne Rome.[25][26][27][28]
Les sources principales
Tableau des témoins
| Source | Date | Ce qu'elle apporte | Prudence |
|---|---|---|---|
| Saint-Siège | liste actuelle | 97e pape, dates 22.VI.816 - 24.I.817, origine romaine | Notice très brève, sans récit |
| Annales regni Francorum | annales de cour, entrée 816-817 | Mort de Léon III, élection d'Étienne, voyage rapide, rencontre à Reims, couronnement de Louis, mort du pape | Point de vue franc et impérial |
| Thegan, Gesta Hludowici | vers 835 | Serment des Romains, rencontre cérémonielle, triple prosternation de Louis, onction et couronnement de Louis et d'Ermengarde | Auteur favorable à Louis ; style panégyrique |
| Liber Pontificalis | notice pontificale médiévale | Origine romaine, famille, carrière latéranienne, dons aux églises, retour par Ravenne, sépulture | Texte bref : notice d'Étienne IV (vie 99), éd. Duchesne ; résumée par Mann |
| Horace K. Mann | 1906 | Synthèse catholique détaillée des sources latines et discussion sur la portée du sacre | Ancienne mais très riche en références |
| Catholic Encyclopedia | 1912 | Résumé catholique : serment, voyage, sacre, pallium à Théodulf, exilés, sépulture | Notice rédigée par H. K. Mann lui-même (relayée par New Advent) : même auteur que la synthèse de 1906, pas un témoin indépendant |
| Études carolingiennes | XXe-XXIe siècle | Contexte de Reims, interprétation du sacre dans la construction impériale | Dossier spécialisé |
Pourquoi la numérotation est ambiguë
Le titre "Étienne IV" demande une précision. Plusieurs sources anciennes parlent de Stephen V, parce qu'elles comptent l'élu de 752 — mort avant sa consécration — comme un pape à part entière. La liste pontificale actuelle du Saint-Siège donne ici Stephanus IV. (V.) : le numéro IV correspond à l'usage actuel, le V conserve la trace de l'ancienne numérotation.[29][30]
La mention « (V.) » reste utile au lecteur pour retrouver ce pape dans les sources anciennes et étrangères, qui suivent souvent l'ancienne numérotation.
Les Annales franques : le fil chronologique
Les Annales regni Francorum donnent le récit le plus sobre. Elles disent que Léon III meurt vers le 25 mai 816, dans la vingt et unième année de son pontificat ; Étienne, alors diacre, est élu et ordonné à sa place ; avant même que deux mois se soient écoulés depuis sa consécration, il se hâte vers l'empereur et envoie deux légats devant lui.[31]
« Étienne, diacre, fut élu et ordonné à sa place ; avant que deux mois se fussent écoulés depuis sa consécration, il s'efforça de venir vers l'empereur par les étapes les plus rapides qu'il pouvait. » — Annales regni Francorum, année 816[32]
La suite est tout aussi concise : Louis décide de le rencontrer à Reims, l'y reçoit avec grand honneur, puis Étienne, après avoir exposé la cause de sa venue, célèbre les solennités de la messe et le couronne par l'imposition du diadème.[33] Les annales ajoutent que des présents sont donnés et reçus, que l'amitié est fermement renouvelée, et que le pape repart vers Rome tandis que Louis gagne le palais de Compiègne.[34]
Thegan : la scène liturgique
Thegan de Trèves donne la scène la plus visuelle. Il rapporte d'abord le serment imposé aux Romains : aussitôt après avoir reçu le pontificat, Étienne ordonne à tout le peuple romain de promettre fidélité à Louis par serment.[35] Il raconte ensuite la rencontre dans le champ de Reims : le pape et l'empereur descendent de cheval ; Louis se prosterne trois fois ; il salue Étienne par les mots du psaume : "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur".[36]
Le dimanche suivant, selon Thegan, Étienne consacre Louis, l'oint comme empereur, lui impose une couronne d'or ornée de pierres précieuses, puis couronne également la reine Ermengarde et l'appelle Augusta.[37][38]
« Il le consacra, l'oignit comme empereur, et plaça sur sa tête une couronne d'or d'une admirable beauté, ornée de pierres très précieuses, qu'il avait apportée avec lui. » — Thegan de Trèves, Gesta Hludowici imperatoris, ch. 17[39]
Avant le pontificat : un clerc romain formé au Latran
Romain, fils de Marinus
Les notices médiévales présentent Étienne comme Romain et fils de Marinus.[40][41] Mann précise qu'il appartient à une famille noble qui donnera au IXe siècle trois papes : Étienne lui-même, Sergius II et Adrien II.[42] Cette donnée ne fait pas de lui un aristocrate mondain ; elle indique surtout que la papauté du IXe siècle reste profondément inscrite dans des réseaux familiaux romains.
Le contexte est important. Les élections pontificales de cette période ne se déroulent pas dans un espace abstrait. Rome est une ville de clercs, de familles, de milices, de titulatures, de souvenirs impériaux et de tensions entre parti pontifical, aristocratie locale et puissance franque. Le fait qu'Étienne soit un homme du Latran et non un inconnu venu de l'extérieur explique la rapidité de son élection après la mort de Léon III.[43]
Élevé sous Adrien I, ordonné par Léon III
Le Liber Pontificalis (vie 99), résumé par Mann (p. 112), indique qu'Étienne fut élevé dès sa jeunesse au palais du Latran sous Adrien I, puis ordonné sous-diacre et enfin diacre par Léon III.[44][45] Il appartient donc à la génération formée par les deux grands papes de l'alliance carolingienne : Adrien I, le pape de Charlemagne contre les Lombards, et Léon III, le pape du couronnement impérial de 800.
Cette formation explique son réflexe politique. Étienne n'a pas à inventer une doctrine nouvelle de l'alliance franco-romaine ; il hérite d'une grammaire déjà constituée. Mais il l'applique à une situation nouvelle : Charlemagne est mort, Louis règne sans son père, et Rome doit confirmer que le pacte ne dépendait pas seulement de la personne de Charles.
L'élection de juin 816
La mort de Léon III, dans la vingt et unième année de son pontificat
La liste pontificale actuelle fait mourir Léon III le 12 juin 816, après vingt ans et demi environ de pontificat (26/27 décembre 795 – 12 juin 816) ; les Annales regni Francorum donnent pour leur part « anno pontificatus sui vicesimo primo circiter VIII. Kal. Iun. » — dans sa vingt et unième année, vers le 25 mai (« VIII. Kal. Iun. » est la notation romaine du 25 mai). Les deux datations divergent réellement.[46][47] La fiche officielle du Vatican fixe le début du pontificat d'Étienne au 22 juin 816.[48]
La transition est rapide. Les sources ne décrivent pas de longue vacance ni de double élection. Étienne, diacre de l'Église romaine, est choisi et ordonné. Mann souligne que cette hâte peut avoir servi à prévenir une intervention impériale ; il ajoute pourtant qu'aucune preuve ne permet d'en faire une certitude.[49]
Une élection romaine libre, mais immédiatement notifiée à l'empereur
Étienne agit en deux temps. D'abord il fait jurer aux Romains fidélité à Louis. Ensuite il envoie des légats informer l'empereur de son ordination et lui proposer une rencontre.[50][51] La logique est fine : l'élection demeure romaine et canonique ; mais l'empereur, protecteur temporel, est reconnu comme interlocuteur indispensable.
Cette nuance permet d'éviter deux contresens. Étienne ne se présente pas comme un fonctionnaire qui attendrait l'autorisation impériale pour être pape. Mais il ne prétend pas non plus que Rome puisse ignorer la puissance qui la protège. Son premier mois de pontificat est tout entier dans cet équilibre.
| Geste d'Étienne | Sens immédiat | Portée politique |
|---|---|---|
| Élection et consécration rapide | Continuité romaine après Léon III | Préserve l'initiative du clergé romain |
| Serment des Romains à Louis | Reconnaissance du protecteur impérial | Stabilise une ville turbulente |
| Envoi de légats | Notification diplomatique | Évite l'humiliation de l'empereur |
| Voyage en Francie | Rencontre personnelle | Renouvelle l'alliance au plus haut niveau |
Le voyage en Francie
Une traversée des Alpes avec Bernard d'Italie
Étienne quitte Rome vers août 816. Mann, suivant les sources franques, le fait voyager avec Bernard, roi d'Italie et neveu de Louis, agissant sous les ordres impériaux.[52] Ce détail est politique : le pape ne traverse pas seul un espace incertain. Il est escorté par un représentant majeur du monde carolingien italien.
La route exacte n'est pas entièrement documentée. Mann suppose, par analogie avec des voyages pontificaux antérieurs, un passage par le Grand-Saint-Bernard et Saint-Maurice d'Agaune.[53] Mann lui-même ne présente ce tracé que comme une supposition : il reste une reconstruction probable, non un fait établi.
Louis vient à sa rencontre
Les Annales regni Francorum disent que Louis, apprenant la venue du pape, décide de le rencontrer à Reims, envoie des hommes pour l'y conduire, devance son arrivée et le reçoit avec grand honneur.[54] Thegan donne la version cérémonielle : descendus de cheval, Louis se prosterne trois fois devant le pape, le salue par les mots du psaume, puis les deux hommes s'embrassent et gagnent l'église. La Vie anonyme de Louis (dite de l'Astronome), citée par Mann (p. 114), précise que c'est « en l'honneur de Dieu et de saint Pierre » que l'empereur s'inclina ainsi.[55][56]
La scène est révélatrice du langage politique chrétien du IXe siècle. Louis ne se prosterne pas devant Étienne comme devant un souverain terrestre supérieur en tout ; il honore, dans le pape, le vicaire de Pierre et le représentant visible de l'ordre apostolique. Thegan le dit par le psaume : "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur".[57]
Reims, Saint-Remi et la mémoire baptismale des Francs
Mann (p. 115) précise que Louis conduit ensuite le pape à l'église de Saint-Remi, hors de la ville, où l'on chante le Te Deum.[58] Le choix de Reims n'est donc pas une simple commodité géographique. La ville porte la mémoire de saint Remi et du baptême de Clovis, c'est-à-dire l'entrée des Francs dans la foi catholique.
L'onction de 816 ne suffit pas à expliquer à elle seule toute la tradition capétienne du sacre de Reims. Mais elle donne à la ville un précédent impérial très fort. Reims devient le lieu où un pape venu de Rome confirme liturgiquement la mission d'un souverain franc déjà héritier de Charlemagne.
Le sacre de Louis le Pieux
Un empereur déjà couronné par Charlemagne
Louis n'attend pas Étienne pour être empereur. En septembre 813, Charlemagne l'avait associé au pouvoir à Aix-la-Chapelle et lui avait fait prendre la couronne sur l'autel.[59] À la mort de Charlemagne en janvier 814, Louis gouverne l'Empire. Les chartes et l'administration ne commencent pas en 816.
Le geste d'Étienne ne remplace donc pas celui de Charlemagne. Il le romanise liturgiquement. Le père avait transmis l'Empire à son fils ; le pape donne à cette transmission une onction et une couronne venues du Siège apostolique.[60]
L'onction et la couronne
Le récit de Thegan est précis : avant la messe, devant le clergé et le peuple, Étienne consacre Louis, l'oint comme empereur et lui impose une couronne d'or très belle, ornée de pierres précieuses, qu'il a apportée avec lui.[61] Ermold le Noir ajoute, de manière poétique, que cette couronne aurait appartenu à Constantin le Grand ; Mann rapporte cette tradition sans la traiter comme une preuve matérielle certaine.[62]
La couronne de Constantin est plus un langage qu'un inventaire. En 816, dire que la couronne vient de Constantin signifie : l'Empire chrétien d'Occident veut se comprendre comme continuité romaine, non comme simple royauté germanique. Rome transmet une mémoire impériale ; Reims la reçoit dans un cadre franc.
Ermengarde appelée Augusta
Étienne couronne aussi Ermengarde, épouse de Louis, et l'appelle Augusta.[63][64] Ce détail est souvent oublié. Il montre que le sacre ne concerne pas seulement une personne masculine, mais une représentation publique de la dignité impériale.
L'acte, sans préjuger des cérémonials tardifs, est clair : la papauté reconnaît et bénit le couple impérial. Dans une société où la succession dynastique, la paix entre fils et la stabilité des lignages sont des questions vitales, la place d'Ermengarde dans le rite a un sens politique.
Une portée à tenir ensemble
Il faut tenir ensemble les deux aspects : Louis gouverne réellement avant Reims — il a pris lui-même la couronne à Aix en 813, sur l'ordre de son père[65] — et, après Reims, il peut se présenter comme un empereur oint et couronné par Pierre[66][67].
La papauté ne crée pas sa puissance militaire, administrative ou dynastique ; elle consacre sa dignité impériale dans l'ordre symbolique et religieux qui structure la chrétienté médiévale.[68]
Le pacte avec les Francs
Cadeaux, privilèges et amitié renouvelée
Les annales disent qu'après le sacre de nombreux présents sont donnés et reçus, que des banquets sont célébrés, que l'amitié est solidement confirmée et que plusieurs affaires utiles à la sainte Église de Dieu sont réglées selon l'occasion.[69]
Mann précise que Louis confirma les privilèges de l'Église romaine et fit dresser des documents par son chancelier Helisachar afin que les biens de saint Pierre demeurent intacts.[70] Il rapporte aussi le don d'une propriété, probablement Vandeuvre, entre Troyes et Bar-sur-Aube, que la tradition rattache ensuite au patrimoine de saint Pierre.[71]
Le pallium de Théodulf d'Orléans
Pendant son séjour en Gaule, Étienne accorde probablement le pallium à Théodulf d'Orléans, l'un des grands conseillers de Louis.[72][73] Théodulf est une figure importante de la renaissance carolingienne : évêque, lettré, poète, acteur des controverses iconographiques et conseiller du pouvoir.
Le geste montre que le voyage n'est pas seulement impérial. Étienne traite aussi des affaires ecclésiastiques concrètes. Il honore un évêque de premier rang et inscrit les hiérarchies franques dans une relation directe avec Rome.
Les exilés de la crise de Léon III
Un autre résultat du voyage est le retour d'exilés liés aux troubles du pontificat de Léon III. Mann (p. 119), citant la notice du Liber Pontificalis (« pro pietate Ecclesiae »), indique qu'Étienne ramène avec lui les exilés détenus pour leurs crimes contre l'Église romaine et Léon III.[74][75]
Il s'agit probablement d'acteurs ou de proches des factions romaines opposées à Léon. Le geste d'Étienne est pastoral et politique : pacifier Rome, refermer des blessures, et montrer que la nouvelle alliance avec Louis peut produire la clémence autant que la contrainte.
Le retour par Ravenne et la relique des sandales
Ravenne, ancienne capitale impériale et ville-relais
Sur le retour, Étienne passe par Ravenne. La ville garde une importance symbolique immense : ancienne capitale impériale d'Occident, siège de l'exarchat byzantin, lieu charnière entre Italie du Nord, Adriatique, Rome et mémoire impériale.[76][77]
Le passage par Ravenne n'est pas un détail touristique. Il inscrit le retour pontifical dans l'Italie politique. Le pape venu de Reims repasse par l'une des grandes villes qui rappellent que l'Italie ne se réduit ni à Rome ni à Aix-la-Chapelle.
Les sandales du Christ
Mann (p. 119), suivant Agnellus de Ravenne, rapporte qu'Étienne célèbre dans la basilique Ursiana et y expose à la vénération des fidèles une relique tenue pour les sandales du Christ.[78]
Les récits médiévaux attestent cette vénération, non l'authenticité matérielle de la relique : Agnellus en fait le récit, elle est mentionnée plus tard dans la vie de Nicolas Iᵉʳ, et la Chronique de Saint-Hubert la situe dans la chapelle Saint-Laurent du Latran — Mann, pour sa part, avoue ne rien pouvoir ajouter sur cette « curieuse relique ».[79]
La mort et la succession
Une fin très rapide
Étienne rentre à Rome avant la fin novembre 816, tient les ordinations habituelles de décembre, confirme les biens du monastère de Farfa, puis meurt le 24 janvier 817.[80] Les Annales regni Francorum notent qu'il meurt dans le troisième mois après son retour à Rome, avant que ce mois ne soit achevé, vers le 25 janvier selon leur calcul.[81]
Son pontificat est donc presque entièrement absorbé par le voyage de Reims. Il a passé une part considérable de ses sept mois hors de Rome, sur les traces d'Étienne II venu en Francie en 753-754.[82]
Sépulture à Saint-Pierre
Les notices indiquent qu'Étienne est enseveli à Saint-Pierre.[83][84] Cette sépulture dans la basilique vaticane le replace dans la continuité des papes romains. Il avait quitté Rome pour confirmer l'alliance impériale ; il revient mourir près du tombeau de l'Apôtre.
La succession de Pascal I
Après Étienne, Pascal I est élu. Les Annales regni Francorum racontent qu'il envoie à Louis des présents et une lettre d'excuse, affirmant que l'honneur pontifical lui a été imposé malgré lui, puis demande que le pacte conclu avec ses prédécesseurs soit renouvelé avec lui.[85]
Cette séquence éclaire rétroactivement Étienne. Le rapport entre élection pontificale et empire n'est pas encore fixé comme un mécanisme juridique stable. Rome veut élire ; l'empereur veut être reconnu ; chacun cherche un langage qui évite à la fois l'indépendance hostile et la sujétion humiliante.
Héritage
Le chaînon entre 800 et les conflits futurs
Étienne IV appartient au petit nombre des papes qui, par un seul geste, font basculer une tradition. Léon III a couronné Charlemagne à Rome. Étienne IV couronne Louis à Reims. Pascal I et Eugène II devront ensuite négocier plus concrètement les droits impériaux dans Rome. Sur ce terrain circulera même un décret apocryphe, attribué à Étienne, qui aurait exigé la présence des légats impériaux à la consécration pontificale : Mann (p. 120-121) montre qu'il est en réalité l'œuvre de Jean IX et du concile de Rome de 898.[86]
On voit déjà le germe des tensions futures : qui confirme qui ? L'empereur protège-il l'élection pontificale ou la contrôle-t-il ? Le pape bénit-il un pouvoir reçu dynastiquement ou confère-t-il une dignité supérieure ? Étienne ne répond pas par une théorie. Il répond par un rite.
Un pape mineur pour les faits, majeur pour les symboles
À sa juste mesure : il n'est ni Léon le Grand, ni Grégoire le Grand, ni Nicolas I. Les sources le montrent comme un pape bref, pieux, issu du Latran, engagé dans l'alliance franque, mais peu documenté.
Sa grandeur tient à sa position. En sept mois, il incarne la transition entre la création de l'Empire carolingien en 800 et la longue histoire médiévale où l'empereur d'Occident, même puissant, cherchera à être reconnu dans un ordre chrétien dont Rome garde la clef symbolique. Le sacre de Reims fixe ainsi le précédent : en Occident, la dignité impériale chrétienne passe désormais aussi par l'onction et la couronne reçues des mains du pape.[87][88]
Pour aller plus loin
- Pape saint Léon III — prédécesseur d'Étienne IV, pape du couronnement de Charlemagne en 800.
- Charlemagne — empereur couronné par Léon III, père de Louis le Pieux.
- Louis le Pieux — empereur sacré par Étienne IV à Reims en 816.
- Pape saint Pascal I — successeur immédiat d'Étienne IV.
- Les États pontificaux — cadre politique dans lequel l'alliance entre papauté et Francs prend forme.
- Le sacre des rois de France — tradition ultérieure à distinguer du précédent impérial de Reims en 816.
Notes et références
Saint-Siège, fiche officielle "Stephanus IV. (V.)" : 97e pape, début du pontificat 22.VI.816, fin 24.I.817, origine romaine. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/de/holy-father/stefano-iv--v.html.
1 29 48Thegan de Trèves, Gesta Hludowici imperatoris, ch. 6, texte latin sur The Latin Library : Charlemagne ordonne à Louis de prendre la couronne posée sur l'autel à Aix-la-Chapelle en 813. URL : https://www.thelatinlibrary.com/theganus.html.
2 9 15 19 59 65Annales regni Francorum, année 816, texte latin sur The Latin Library : mort de Léon III, élection et ordination d'Étienne diacre, départ vers l'empereur avant deux mois et envoi de deux légats. Texte original : « Interea domnus Leo papa anno pontificatus sui vicesimo primo circiter VIII. Kal. Iun. de corpore migravit, Stephanusque diaconus in locum eius electus atque ordinatus est; nondumque duobus post consecrationem suam exactis mensibus quam maximis poterat itineribus ad imperatorem venire contendit, missis interim duobus legatis, qui quasi pro sua consecratione imperatori suggererent. » URL : https://ww1.thelatinlibrary.com/annalesregnifrancorum.html.
3 16 20 31 32 47 51Thegan de Trèves, Gesta Hludowici imperatoris, ch. 16-17, texte latin sur The Latin Library : serment des Romains, rencontre près de Reims et triple prosternation de Louis, puis consécration, onction et couronnement de Louis et d'Ermengarde le dimanche suivant. URL : https://www.thelatinlibrary.com/theganus.html.
4 17 21 26H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 115-117 : discussion sur la portée du couronnement de Louis par Étienne et sur le rapport entre couronnement dynastique de 813 et sanction pontificale de 816. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
5 10Horace K. Mann, "Pope Stephen (IV) V", The Catholic Encyclopedia, vol. 14, New York, Robert Appleton Company, 1912, relayé par le site New Advent (site relais, même auteur que la synthèse de 1906, pas un second témoin) : notice synthétique sur l'origine romaine, Marinus, formation, serment des Romains, sacre de Louis, pallium à Théodulf, Ravenne, exilés et sépulture. URL : https://www.newadvent.org/cathen/14289b.htm.
6 24 30 72 76 83Annales regni Francorum, année 817 : mort d'Étienne dans le troisième mois après son retour à Rome, vers le 25 janvier selon le calcul annalistique. URL : https://ww1.thelatinlibrary.com/annalesregnifrancorum.html.
7 81H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 119-120 : retour à Rome, ordinations de décembre, confirmation à Farfa, mort le 24 janvier 817 et sépulture à Saint-Pierre. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
8 80H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 116-118 : rôle de Rome comme source symbolique de l'empire, confirmation des privilèges de l'Église romaine et renouvellement de l'amitié franco-pontificale. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
11 67 68 88Ermold le Noir, In honorem Hludowici (poème en l'honneur de Louis le Pieux), livre II, récit de l'année 816, cité par H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 116 : "Roma tibi, Caesar, transmittit munera Petri. / Hoc (the crown) tibi Petrus ovans cessit, mitissime, donum." (Mann cite « Ermold., l.c., p. 42 »). Traduction du premier vers : « Rome, ô César, te transmet les présents de Pierre. » Mann prévient lui-même qu'on ne sait si Étienne prononça ces mots ou quelque chose d'approchant ("whether or not Stephen used the words, or anything like them, which Ermoldus puts into his mouth") : ce sont des vers que le poète place dans la bouche du pape présentant la couronne, non une parole attestée d'Étienne. PDF Mann : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
12Annales regni Francorum, années 753-754, texte latin sur The Latin Library : Étienne II vient en Francie en 753, puis oint Pépin comme roi avec ses deux fils en 754. Texte original : « Eodemque anno Stephanus papa venit in Franciam, adiutorium et solatium quaerendo pro iustitiis sancti Petri [...] Supradictus apostolicus Stephanus confirmavit Pippinum unctione sancta in regem et cum eo inunxit duos filios eius, domnum Carolum et Carlomannum, in regibus. » URL : https://ww1.thelatinlibrary.com/annalesregnifrancorum.html.
13 18 82H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 59 : Charlemagne reçoit Léon III « in the old basilica of St. Remy at Rheims », puis gagne avec lui Quierzy « where they kept the feast of Christmas » ; Mann cite les annales d'Einhard ad an. 804, dont le texte atteste la réception à Reims (« Ipse obviam illi Remorum civitatem profectus est ibique susceptum ») puis Noël à la villa de Quierzy (« primo Carisiacum villam, ubi natalem Domini celebravit ») : la précision « basilique Saint-Remi » vient de Mann seul, les Annales n'attestent que la ville de Reims. Texte ARF : https://www.thelatinlibrary.com/annalesregnifrancorum.html. PDF Mann : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
14H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 114-115 : rencontre près de Reims, prosternation de Louis, entrée à Saint-Remi et Te Deum. La formule « en l'honneur de Dieu et de saint Pierre » vient de la Vie anonyme de Louis (dite de l'Astronome), citée p. 114. Texte original : « In honour of God and St. Peter ». PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
22 56 58Thegan de Trèves, Gesta Hludowici imperatoris, ch. 16 : Étienne ordonne au peuple romain de promettre fidélité à Louis par serment et envoie des légats proposer une rencontre. URL : https://www.thelatinlibrary.com/theganus.html.
23 35 50H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 112-114 : serment de fidélité à Louis, envoi d'ambassadeurs et motifs possibles de la rencontre entre pape et empereur. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
25Annales regni Francorum, année 816 : présents échangés, banquets, amitié fermement constituée et affaires utiles à l'Église réglées avant le retour du pape à Rome. URL : https://ww1.thelatinlibrary.com/annalesregnifrancorum.html.
27 34 69H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 119 : retour d'exilés politiques liés aux crimes commis contre l'Église romaine et Léon III. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
28 75Annales regni Francorum, année 816 : Louis décide de rencontrer Étienne à Reims, le reçoit avec honneur, et Étienne le couronne par imposition du diadème après les solennités de la messe. URL : https://ww1.thelatinlibrary.com/annalesregnifrancorum.html.
33 54Thegan de Trèves, Gesta Hludowici imperatoris, ch. 16 : rencontre près de Reims, descente de cheval, triple prosternation de Louis, salutations bibliques et laudes royales. URL : https://www.thelatinlibrary.com/theganus.html.
36 55 57Thegan de Trèves, Gesta Hludowici imperatoris, ch. 17 : consécration, onction et couronnement de Louis, couronne d'or ornée de pierres précieuses, couronnement d'Ermengarde et titre d'Augusta. Texte original : « Et in proxima die dominica in ecclesia ante missarum sollemnia coram clero et omni populo consecravit eum, et unxit eum ad imperatorem, et coronam auream mirae pulchritudinis cum pretiosissimis gemmis ornatam, quam secum apportaverat, posuit super caput eius. Et Irmingardam reginam appellavit Augustam, et posuit coronam auream super caput eius. » URL : https://www.thelatinlibrary.com/theganus.html.
37 39 61 63 66 87H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 115 : sacre de Louis le dimanche suivant (« On the following Sunday »), soit le dimanche 5 octobre 816 selon la datation usuelle (Thegan, ch. 17 : « in proxima die dominica » ; le 5 octobre 816 tombait un dimanche au calendrier julien), couronne ornée de pierres, tradition rapportée par Ermold selon laquelle la couronne aurait appartenu à Constantin, couronnement d'Ermengarde. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
38 62 64Liber Pontificalis, notice d'Étienne IV (vie 99), éd. L. Duchesne : origine romaine, père Marinus, carrière au Latran, exilés rapatriés ; notice résumée par Mann, vol. II, p. 111-112 et 119. PDF Mann : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
40 44 74Horace K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. II, Londres / Saint-Louis, Kegan Paul / B. Herder, 1906, p. 111-112 : sources du pontificat, origine romaine, père Marinus, famille et formation latéranienne d'Étienne. PDF Internet Archive : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
41H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 111-112 : famille romaine ayant donné Étienne, Sergius II et Adrien II à l'Église au IXe siècle. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
42H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 112 : jeunesse d'Étienne au Latran sous Adrien I, ordination sous Léon III, réputation de vertu et élection rapide après la mort de Léon. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
43 45Saint-Siège, fiche officielle "Leo III." : 96e pape, début du pontificat 26/27.XII.795, fin 12.VI.816, origine romaine. URL : https://www.vatican.va/content/vatican/de/holy-father/leone-iii.html.
46H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 112-113 : discussion sur la rapidité de l'élection, liberté de l'élection romaine et reconnaissance des droits impériaux. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
49H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 114 : départ d'Étienne en août 816 avec Bernard roi d'Italie, hypothèse de route alpine et réception honorable par Louis. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
52 53H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 115-118 : sacre de Louis et d'Ermengarde à Reims, couronne dite de Constantin d'après Ermold, portée du sacre de 816 par rapport à 813, confirmation des privilèges de l'Église romaine. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
60H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 117-118 : Louis confirme les privilèges de l'Église romaine et fait dresser une preuve documentaire par Helisachar. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
70H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 117 : don probable de la curtis de Vandeuvre au patrimoine de Saint-Pierre. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
71H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 118-119 : attribution probable du pallium à Théodulf d'Orléans pendant le séjour d'Étienne en Gaule. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
73H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 119 : passage d'Étienne à Ravenne, messe dans la basilique Ursiana et exposition des sandales du Christ selon Agnellus. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
77 78 79H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 120 : mort et ensevelissement d'Étienne à Saint-Pierre. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
84Annales regni Francorum, année 817 : élection de Pascal I, lettre d'excuse envoyée à Louis et demande de renouvellement du pacte conclu avec les prédécesseurs. URL : https://ww1.thelatinlibrary.com/annalesregnifrancorum.html.
85H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. II, 1906, p. 120-121 : discussion du faux décret attribué à Étienne sur la présence de légats impériaux à la consécration pontificale — Mann l'attribue à Jean IX (concile de Rome, 898) et cite la mise au point de Florus de Lyon (v. 829) sur les consécrations sans consultation du prince. PDF : https://archive.org/download/livesofpopesinea02mann/livesofpopesinea02mann.pdf.
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