Pape Étienne V (Stephanus V, souvent Stephen (V) VI dans l'ancienne numérotation anglaise) gouverne l'Église de Rome de septembre 885 au 14 septembre 891. Le Saint-Siège le présente comme le 110e pape de l'Église catholique, né à Rome, successeur de saint Adrien III et prédécesseur de Formose.[1]
Son pontificat tombe au moment précis où l'ordre carolingien s'effondre : Charles III le Gros est déposé en novembre 887, meurt en janvier 888, et l'Occident se fragmente entre Arnulf de Carinthie, Eudes de Paris, Bérenger de Frioul et Guy de Spolète.[2] Étienne V n'est pas un pape conquérant : c'est un pasteur romain placé au seuil de l'âge de fer de la papauté, obligé de secourir une ville affamée, de défendre les droits des Églises locales, de répondre au dossier photien et de chercher un protecteur temporel en Italie.
La source la plus dense reste le chapitre que Horace K. Mann consacre à Étienne dans The Lives of the Popes in the Early Middle Ages. Il y utilise le Liber Pontificalis, Frodoard, les Annales de Fulda, Erchempert, Mansi et les épitaphes de l'ancienne basilique Saint-Pierre.[3] La Catholic Encyclopedia, rédigée aussi par Mann, en donne une synthèse courte : éducation par l'évêque Zacharie, titre des Santi Quattro Coronati, élection unanime, famine, usage de la fortune familiale pour les pauvres, couronnement de Guy de Spolète et liens avec les pèlerins anglais.[4]
L'intérêt spirituel de ce pontificat est net : Étienne V apparaît moins comme un stratège que comme un pape de crise. Quand le trésor pontifical est vide, il donne sa fortune ; quand Rome bavarde dans les églises et se tourne vers les incantations, il prêche ; quand les évêques francs violent les droits d'une Église locale, il intervient ; quand l'Orient demande une sentence sur Photius, il refuse de juger sans enquête.
Pourquoi Étienne V compte-t-il ?
Le dernier pape de l'âge carolingien
Étienne V ferme le volume carolingien de Mann : après lui vient Formose, puis Boniface VI, Étienne VI et le sinistre Synode du Cadavre. Mann conclut son chapitre en écrivant que « the last of the Carolingian emperors died during the pontificate of Stephen VI » — le dernier des empereurs carolingiens mourut sous le pontificat d'Étienne.[5] Il vise Charles III le Gros, déposé en novembre 887 et mort en janvier 888 : le dernier souverain de l'Empire carolingien réunifié, car au sens strict un carolingien, Arnulf de Carinthie, sera encore couronné empereur en 896. L'horizon politique devient si sombre qu'il prépare la longue tempête d'anarchie italienne.
La formule ne doit pas faire d'Étienne un simple seuil chronologique. Il vit concrètement la rupture. En 885, Charles le Gros détient encore le titre impérial ; en 891, Étienne couronne Guy de Spolète empereur, non parce que celui-ci dominerait réellement l'Italie entière, mais parce que Rome a besoin d'un défenseur proche dans un monde où l'Empire ne protège plus.[6][7]
| Date | Événement | Effet pour Rome |
|---|---|---|
| septembre 885 | Élection et consécration d'Étienne V sans attendre l'accord impérial | Affirme la liberté effective de l'élection romaine |
| novembre 887 | Déposition de Charles III le Gros à Tribur | Disparition du dernier pouvoir carolingien vraiment impérial |
| janvier 888 | Mort de Charles III | Fragmentation politique accélérée de l'Occident |
| 888-889 | Rivalité Bérenger de Frioul / Guy de Spolète | L'Italie devient champ de bataille |
| 21 février 891 | Couronnement impérial de Guy de Spolète par Étienne V | Rome choisit un protecteur italien proche |
| 14 septembre 891 | Mort d'Étienne V | Le pontificat suivant sera celui de Formose |
Un pape de charité dans une Rome affamée
La première scène conservée par Mann est presque évangélique. À la mort d'Adrien III, Rome souffre de la sécheresse et d'une invasion de sauterelles. Les Romains voient dans la sainteté d'Étienne une espérance de secours. Le peuple, les évêques, les clercs, les sénateurs, les nobles et une foule des deux sexes se rendent chez lui, forcent les portes, l'arrachent à son refus et le conduisent des Santi Quattro Coronati au Latran.[8]
« Les évêques et le clergé, les sénateurs et les nobles, le peuple et une foule des deux sexes déclarèrent unanimement qu'ils voulaient Étienne pour évêque. » — Horace K. Mann, résumant le Liber Pontificalis[9]
Le pontificat commence donc dans une atmosphère de pénurie. Le Liber Pontificalis, selon Mann, décrit un trésor pontifical presque vide : vases sacrés, ornements d'autel, objets précieux, caves et greniers manquent.[10] La cause n'est pas seulement la pauvreté ordinaire : les résidences pontificales étaient souvent pillées à la mort de leurs titulaires, et le nomenclateur Grégoire — le nomenclateur est un haut officier du palais pontifical — avait déjà emporté une large part des trésors romains sous Jean VIII.[11]
Étienne répond par sa fortune familiale. Son père, Adrien, appartenait à l'aristocratie romaine ; le pape puise dans cet héritage pour secourir les pauvres, racheter les captifs et réparer les églises.[12][13] Le geste n'est pas décoratif : il montre que, dans la crise, la papauté ne se réduit pas à une institution abstraite. Le pasteur engage ses biens propres quand les biens de l'Église ont été dissipés.
Une autorité ferme sans brutalité idéologique
Étienne V est souvent éclipsé par les papes plus dramatiques qui l'entourent. Pourtant son style de gouvernement a une cohérence : il n'est ni faible ni violent. Il laisse l'empereur Charles le Gros s'apaiser après une consécration non autorisée, mais il tient sa position ; il envoie les candidats épiscopaux aux métropolitains compétents, mais consacre lui-même Teutbold quand l'archevêque de Lyon viole les droits de Langres ; il condamne Photius, mais exige des informations contradictoires avant de statuer sur les clercs ordonnés par lui.[14][15][16]
Cette ligne est précieuse dans un temps de factions. Étienne n'a pas la puissance de Jean VIII, mais il n'abandonne pas la fonction romaine : être le recours contre l'arbitraire, la superstition, l'oppression locale et la confusion doctrinale.
Sources et méthode
Les sources disponibles
| Source | Nature | Apport principal | Limite |
|---|---|---|---|
| Saint-Siège | liste officielle des papes | Numéro 110, dates, origine romaine | Notice minimale |
| Liber Pontificalis via Mann | notice pontificale médiévale | Élection, caractère, famine, prédication, trésor vide, œuvres | Fragment abrupt ; transmis par Mann/Duchesne |
| Horace K. Mann | synthèse catholique détaillée, 1906 | Récit continu avec Frodoard, Fulda, Mansi, Erchempert | Interprétation catholique ancienne, parfois polémique sur Photius |
| Catholic Encyclopedia / New Advent | notice synthétique, 1912 | Carrière, famine, Guy, Louis l'Aveugle, Langres, pèlerins anglais | Très condensée |
| Britannica | synthèse moderne | Crise carolingienne, Photius, Slaves, Guy de Spolète | Courte, sans appareil de notes |
| Documenta Catholica Omnia / PL | index des lettres et privilèges | Témoigne du corpus latin attribué à Stephanus VI | À exploiter si besoin pour les textes latins complets |
La numérotation : Étienne V ou Stephen (V) VI ?
L'ambiguïté vient du pape-élu Étienne de 752, mort avant sa consécration et longtemps compté ou non selon les listes. La liste actuelle du Saint-Siège appelle notre pape Stephen V ; New Advent le titre Pope Stephen (V) VI.[17][18] Les notes conservent parfois "Stephen VI" quand elles citent Mann, qui suit l'ancienne numérotation.
Cette précision est nécessaire pour éviter deux confusions. La première consiste à le confondre avec Étienne IV, pape de 816-817, appelé parfois Étienne V dans les vieux ouvrages. La seconde consiste à le confondre avec Étienne VI, pape du Synode du Cadavre, qui appartient à la génération suivante.
Avant le pontificat : un Romain de la Via Lata
Origine et formation
Étienne naît à Rome dans le quartier aristocratique de la Via Lata. Mann le présente comme fils d'Adrien, personnage de l'aristocratie romaine, et souligne que son comportement confirmera la noblesse de son origine.[19] Son éducation est confiée à un parent, l'évêque Zacharie d'Anagni, bibliothécaire du Siège apostolique, personnage déjà actif dans les dossiers du IXe siècle.[20][21]
Adrien II remarque sa piété et son application aux études, l'ordonne sous-diacre et l'installe au palais du Latran. Mann, suivant le Liber Pontificalis, résume sa première réputation par une série de traits : chasteté, bonté, visage joyeux, prudence, générosité, talent, amour des pauvres et des nécessiteux.[22]
Les Santi Quattro Coronati
Marin I ordonne Étienne diacre puis prêtre du titre des Santi Quattro Coronati, près du Latran.[23] Cette église n'est pas un détail topographique. Elle situe Étienne dans une Rome latéranienne, à proximité du centre administratif de la papauté, mais aussi dans une zone chargée de mémoire martyrologique.
Le futur pape n'apparaît donc pas comme un homme sorti brusquement de l'ombre. Il appartient au personnel romain formé par Adrien II et Marin I, deux papes qui ont traversé les dossiers les plus lourds du IXe siècle : Photius, les Slaves, Formose, les Carolingiens, les aristocraties italiennes.
L'élection de 885 : liberté romaine et réaction impériale
Une élection unanime sous la pluie
La mort d'Adrien III laisse Rome dans la faim. Le récit de Mann, suivant le Liber Pontificalis, donne à l'élection une force populaire : évêques, clergé, sénateurs, nobles, peuple et foule des deux sexes veulent Étienne. Ils vont chez lui avec Jean, évêque de Pavie et envoyé impérial, forcent les portes et l'entraînent malgré les protestations du père et du fils.[24]
La pluie tombée pendant la marche vers le Latran fut interprétée par le peuple comme le signe de temps meilleurs. Dans une Rome frappée par la sécheresse, ce détail a une valeur spirituelle et concrète : l'élection est associée, dans la mémoire romaine, à une espérance de miséricorde.
Consacré sans attendre l'empereur
Étienne est consacré le dimanche suivant par Formose, alors évêque de Porto.[25] La consécration se fait sans attendre le consentement de Charles le Gros. L'empereur, puissant seulement là où personne ne résiste, veut d'abord déposer le nouveau pape et envoie Liutward de Verceil avec d'autres évêques pour exécuter cette volonté.[26]
La tentative échoue. Étienne est trop solidement porté par l'affection romaine. Il apaise ensuite Charles en lui envoyant le décret d'élection, signé par plus de trente évêques, les prêtres-cardinaux, les diacres-cardinaux, le clergé inférieur et les principaux laïcs.[27] L'événement montre l'équilibre réel de 885 : l'empereur peut protester, mais l'élection romaine unanime et déjà consacrée s'impose.
« Étienne était trop fermement assis dans l'affection du peuple. » — Horace K. Mann, sur l'échec de la tentative impériale contre l'élection[28]
Un pasteur en temps de famine
Le trésor pontifical vide
Le Liber Pontificalis décrit Étienne parcourant le palais avec ses évêques, le légat impérial et le sénat honorable pour constater l'état réel du patrimoine pontifical. Le constat est humiliant : les trésors sacrés et profanes manquent, les vases liturgiques et les ornements d'autel ont disparu, les caves et les greniers sont vides.[29]
Mann rapproche ce fait d'une pratique scandaleuse : le pillage des demeures pontificales ou épiscopales à la mort de leurs propriétaires. Le concile romain de Jean IX, en 898, devra interdire cette coutume sous peine de sanctions civiles et religieuses.[30]
La fortune familiale au service des pauvres
Face à la famine, Étienne se tourne vers son père et soulage les nécessiteux avec les ressources de sa famille.[31] New Advent résume le geste en trois directions : nourrir les pauvres, racheter les captifs et réparer les églises.[32]
Ce point mérite d'être souligné : dans l'histoire des papes, la charité personnelle n'est pas un détail privé. Elle manifeste l'unité entre la fonction et la personne. Étienne aurait pu invoquer l'état du trésor pour différer l'aide ; il fait l'inverse. Il paie de sa maison pour que l'Église continue de servir.
Les sauterelles : remèdes humains et prière
La crise agricole est liée à une invasion de sauterelles déjà commencée sous Adrien III. Étienne essaie d'abord un moyen matériel : il offre cinq ou six deniers pour chaque pinte de sauterelles rapportée.[33] La mesure provoque une activité de ramassage, mais ne suffit pas à arrêter le fléau.
Le pape passe alors à la prière. Mann rapporte qu'Étienne se rend à l'oratoire de saint Grégoire, près de Saint-Pierre, où se conservait la couche du saint ; il prie avec larmes, bénit de l'eau, la confie aux mansionnaires — les gardiens-sacristains chargés de la basilique — et ordonne qu'on la donne au peuple pour asperger les champs en implorant la miséricorde divine.[34] Le récit du Liber Pontificalis dit que la plaie cesse.
Pour un lecteur moderne, l'épisode peut sembler étrange. Il ne doit pourtant pas être aplati. Étienne n'oppose pas moyens naturels et moyens surnaturels : il essaie les deux. C'est précisément la logique catholique traditionnelle face aux calamités : agir autant que possible, puis demander à Dieu ce que l'action humaine ne maîtrise pas.
Prédication, liturgie et superstition
Silence dans la maison de Dieu
Le passage spirituel le plus fort du pontificat est le sermon conservé contre le bavardage dans les églises et contre les pratiques magiques. Étienne y rappelle que l'église est la maison de prière, le lieu où les grâces sont répandues sur ceux qui s'approchent avec piété, et non l'espace des conversations vaines.[35]
« Quand vous vous assemblez dans le lieu de la prière, demeurez dans un silence recueilli, le cœur tendu vers la supplication à Dieu. » — Pape Étienne V, sermon rapporté par le Liber Pontificalis[36]
La formule est simple, mais elle touche un point très concret de la vie chrétienne. Dans une ville agitée, affamée, politiquement instable, Étienne commence par rétablir le sens du sanctuaire : l'église n'est pas un forum profane. Elle est le lieu où le pécheur demande pardon et où le prêtre offre les suffrages du peuple.
Contre les incantations
Le même sermon condamne les incantations et la consultation des démons. Étienne cite l'Écriture contre les sorciers et reprend la question paulinienne : quelle communion entre la lumière et les ténèbres, entre le Christ et Bélial ?[37] Le ton est grave parce que l'enjeu est baptismal : se tourner vers les démons, c'est agir comme si le Christ ne suffisait pas.
« Celui qui, méprisant le Christ, retourne selon la coutume des païens consulter les démons, déclare par là même qu'il n'est pas chrétien. » — Pape Étienne V, sermon rapporté par Mann[38]
Cette prédication donne à l'article son centre spirituel. Étienne V n'est pas seulement un administrateur ; il est un pape qui parle au peuple pendant la messe pour corriger des péchés concrets : irrévérence liturgique, paroles inutiles, superstition, magie. Le pasteur du IXe siècle rejoint ici des combats très actuels : la foi catholique ne tolère pas une double appartenance au Christ et aux pratiques occultes.
L'Occident se brise : de Charles le Gros à Guy de Spolète
La déposition de Charles III
En novembre 887, Charles III le Gros est déposé à la diète de Tribur par ses nobles, sous la direction d'Arnulf de Carinthie. Mann décrit un empereur physiquement et intellectuellement diminué, incapable de tenir l'Empire élargi dont il avait hérité.[39] Charles meurt le 13 janvier 888.
Sa chute fait éclater l'Occident en plusieurs pouvoirs. Arnulf devient roi de Germanie ; les Francs de l'Ouest choisissent Eudes, comte de Paris, au détriment de Charles le Simple ; la Bourgogne cisjurane et transjurane se structure autour de Boso, puis de Rodolphe ; l'Italie se déchire entre Bérenger de Frioul et Guy de Spolète.[40]
Guy de Spolète : choix italien, choix de nécessité
Guy de Spolète appartient à une lignée franque installée en Italie centrale et devenue de plus en plus autonome. Proche de Rome par sa position, appuyé par des réseaux comme celui de Foulques de Reims, il avait déjà été adopté par Étienne comme son "fils unique" vers 886.[41]
Après des combats contre Bérenger, Guy se fait proclamer roi d'Italie à Pavie à la fin de 888 ou au début de 889. Les premiers décrets de l'assemblée affirment que l'honneur de la sainte Église romaine doit être préservé, car il serait absurde que la tête de toute l'Église et le refuge des faibles soient harassés.[42]
Le 21 février 891, Étienne couronne Guy empereur.[43][44] Ce couronnement ne signifie pas que Guy soit maître de tout l'Occident. Bérenger tient encore son duché avec l'appui d'Arnulf ; les Sarrasins restent actifs au sud ; les Grecs progressent en Italie méridionale. Mais, pour Rome, Guy est le protecteur disponible.
| Prétendant ou pouvoir | Base | Rapport avec Étienne V |
|---|---|---|
| Charles III le Gros | Empire carolingien finissant | Conteste d'abord l'élection, puis s'incline |
| Arnulf de Carinthie | Germanie | Possible recours contre les désordres italiens, mais n'intervient pas encore |
| Bérenger de Frioul | Nord-Est italien | Rival de Guy, maintenu par l'appui germanique |
| Guy de Spolète | Italie centrale, proximité de Rome | Adopté comme fils, puis couronné empereur en 891 |
| Louis l'Aveugle | Provence | Reconnu comme roi de Provence sous l'influence d'Ermengarde |
Louis l'Aveugle et la Provence
Étienne intervient aussi dans le dossier provençal. Après la mort de Boso en janvier 887, son fils Louis est encore mineur ; sa mère, Ermengarde, cherche la reconnaissance que Jean VIII avait refusée à Boso. Les actes du concile de Valence d'août 890 affirment que le pape Étienne, "sur qui repose le soin de toutes les Églises", a exhorté par parole et par écrit les évêques de Gaule cisalpine à élire Louis roi, ému jusqu'aux larmes par le récit des misères de la région.[45]
Cette intervention ne fait pas de la papauté un simple acteur italien. Même affaiblie, Rome reste un centre de légitimation pour des royaumes qui cherchent une forme d'ordre chrétien après la mort de l'empereur carolingien.
La crise slave et la Moravie
Le retournement après Jean VIII
Jean VIII avait approuvé la liturgie slavonne de Méthode dans Industriae tuae en 880, tout en l'encadrant.[46] Sous Étienne V, la situation change. Britannica résume durement le résultat : contre l'Église morave, Étienne entérine l'interdiction de la liturgie slave précédemment sanctionnée par Jean VIII, ce qui pousse les Slaves vers l'Orient chrétien.[47]
Mann donne le contexte : la lettre d'Étienne à Svatopluk condamne l'usage de la langue slavonne dans la liturgie sacrée, tout en louant le prince parce qu'il a choisi le vicaire de saint Pierre comme patron principal parmi les princes du monde.[48]
Une décision à relire avec les articles voisins
Le risque serait de caricaturer Étienne en ennemi des Slaves ou Jean VIII en révolutionnaire liturgique. Le fond historique est plus complexe : la mission morave est prise entre évêques germaniques, mémoire de Méthode, politique de Svatopluk, liturgie en langue vernaculaire et juridictions concurrentes.
Il faut retenir le fait sûr : Étienne V ne prolonge pas l'ouverture de Jean VIII dans les mêmes termes. Cette inflexion contribue à l'échec latin en Moravie et à la diffusion des disciples de Méthode vers la Bulgarie, où la tradition slavonne prendra un autre avenir.
Photius et Constantinople : primauté, prudence et enquête
La lettre à Basile I
Adrien III avait reçu de l'empereur Basile une lettre sévère, inspirée selon Mann par Photius, attaquant notamment l'élection de Marin I parce qu'il avait été évêque de Cære avant Rome. Étienne répond à cette lettre avec fermeté.[49]
La réponse affirme une distinction classique entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel : l'empereur a reçu de Dieu les affaires terrestres ; le pape, par Pierre, a reçu la sollicitude spirituelle. Étienne demande donc à Basile de ne pas se faire juge des évêques ni de la sainte Église romaine.[50]
« Comme Dieu vous a établi sur les affaires du monde, ainsi, par Pierre, prince des apôtres, Dieu nous a placés sur les affaires spirituelles. » — Pape Étienne V, lettre à Basile I d'après Mann[51]
Le texte n'est pas une théorie abstraite de la primauté. Il naît d'une question très concrète : l'empereur byzantin peut-il invalider ou ridiculiser l'élection d'un pape romain ? Étienne répond non, tout en demandant aussi une aide navale contre les Sarrasins, signe que Rome ne confond pas autonomie spirituelle et isolement politique.[52]
Léon VI dépose Photius
Quand la lettre arrive à Constantinople, Basile est mort. Son fils Léon VI le Sage, défavorable à Photius, utilise l'occasion pour déposer celui-ci, l'exiler et installer son jeune frère Étienne comme patriarche.[53] Les partisans d'Ignace écrivent alors à Rome pour demander comment traiter ceux qui ont reçu les ordinations photiennes sous contrainte.
La lettre de Stylien de Néocésarée appelle Étienne "très saint et très bienheureux", "Seigneur et pape œcuménique", puis "tête sacrée et vénérée". Elle demande miséricorde pour ceux qui ont accepté Photius non librement, mais sous pression des princes.[54]
Étienne refuse le jugement précipité
Étienne répond qu'il n'est pas surpris de l'expulsion de Photius, déjà condamné, mais qu'il veut comprendre la vérité : la lettre des évêques parle d'expulsion, celle de l'empereur de démission. Avant de prononcer, il demande que des évêques des deux partis soient envoyés à Rome.[55]
« L'Église romaine a été établie comme modèle et exemple pour les autres Églises. Ce qu'elle définit doit demeurer inviolable pour toujours ; il est donc juste qu'elle prononce après un examen attentif. » — Pape Étienne V, réponse à Stylien selon Mann[56]
Ce passage donne l'un des plus beaux traits du pontificat. Étienne affirme fortement Rome, mais refuse l'arbitraire. La primauté n'est pas licence de juger vite ; elle oblige au contraire à juger mieux, après enquête contradictoire. Le dossier sera encore ouvert à sa mort et passera à Formose.[57]
Les Églises franques : Langres, Bordeaux, Ravenne
Langres contre l'arbitraire d'Aurélien de Lyon
Le cas de Langres montre Étienne comme recours contre l'abus métropolitain. À la mort d'Isaac, évêque de Langres, l'archevêque Aurélien de Lyon consacre Egilon sans consulter clergé ni peuple. Après la mort d'Egilon, clergé et peuple élisent unanimement le diacre Teutbold et demandent au pape de le consacrer.[58]
Étienne commence par respecter les droits du métropolitain : il renvoie Teutbold à Aurélien, en demandant une consécration si l'élection est canonique et sans obstacle. Aurélien temporise, puis impose furtivement un autre étranger. Cette fois, les gens de Langres retournent à Rome ; Étienne consacre Teutbold et écrit à Foulques de Reims pour l'installer.[59]
La leçon est nette : Rome ne supprime pas d'abord les droits locaux ; elle les protège contre ceux qui les violent. Le pape apparaît ici comme garant du clergé, du peuple et de l'ordre canonique contre une autorité intermédiaire devenue arbitraire.
Bordeaux, Ravenne et la discipline des translations
En droit canonique, une « translation » est le transfert d'un évêque d'un siège à un autre : c'est ce point de discipline que les deux affaires suivantes mettent en jeu.
Étienne traite aussi le cas de Frothar de Bordeaux, autorisé sous Jean VIII à occuper Bourges à cause des ravages normands, mais devenu ensuite usurpateur de Poitiers et mal reçu à Bourges. Le pape décide qu'il doit retourner à son siège d'origine ou encourir l'excommunication.[60]
À Ravenne, il blâme Romanus pour avoir voulu élire son propre successeur contre les canons ; mais il explique aussi au successeur Dominicus que la consécration d'un évêque de Plaisance pendant la vacance de Ravenne n'avait pas pour but de diminuer les droits ravennates.[61] Là encore, la ligne est constante : corriger l'abus sans voler les droits légitimes.
Italie du Sud : promesses, Sarrasins et Monte Cassino
Le monde d'Atenolfus
La fin du pontificat est obscurcie par les désordres de l'Italie méridionale. Grecs, Sarrasins, princes lombards et ambitions locales se mêlent. Mann utilise Erchempert pour raconter la carrière d'Atenolfus, qui s'empare de Capoue, traite avec Athanase de Naples, cherche l'appui de Guy de Spolète, puis se tourne vers Étienne en promettant de se soumettre au Siège romain, de rendre Gaète et d'aider contre les Sarrasins du Garigliano.[62]
Erchempert ajoute sèchement qu'Atenolfus oublia toutes ses promesses.[63] Il pille ensuite les biens de Monte Cassino dans le territoire de Capoue. L'abbé Angelarius envoie Erchempert à Rome ; celui-ci revient avec la bénédiction pontificale, un privilège pour le monastère et des lettres d'exhortation adressées au spoliateur.[64]
Une papauté qui protège les monastères
L'épisode n'a pas la grandeur des couronnements impériaux, mais il dit quelque chose d'essentiel : même dans le chaos italien, le recours à Rome garde une force. Monte Cassino a été détruit par les Sarrasins en 883 et commence à être reconstruit en 886 ; face aux seigneurs locaux, l'abbaye cherche dans le pape un protecteur moral et juridique.[65]
Étienne ne dispose pas d'une armée suffisante pour pacifier l'Italie du Sud. Mais il peut bénir, confirmer, écrire, rappeler le droit, soutenir les moines. Dans une époque de violence, cette autorité de protection est déjà beaucoup.
Le refus des ordalies
Une réponse à Liutbert de Mayence
Un décret attribué à Étienne V est particulièrement important. Consulté par Liutbert, archevêque de Mayence, sur l'usage du fer chaud ou de l'eau bouillante dans une affaire déterminée, Étienne répond négativement. Mann juge que les principes invoqués reviennent à condamner l'ensemble du système des ordalies, très aimé des peuples du Nord.[66]
« Il nous appartient de juger les crimes connus soit par l'aveu du coupable, soit par le témoignage des témoins. Ce qui demeure complètement caché doit être laissé au jugement de Celui qui seul connaît les cœurs des enfants des hommes. » — Pape Étienne V, réponse à Liutbert de Mayence[67]
Une intuition juridique profondément chrétienne
Cette réponse mérite une place à part. L'ordalie prétend arracher à Dieu une manifestation judiciaire par une épreuve physique. Étienne refuse : le juge humain doit juger ce qui est connu par confession ou témoignage ; ce qui reste caché appartient à Dieu. La distinction est simple, mais elle protège à la fois la justice humaine et la transcendance divine.
Mann note que l'Église n'abolira pas les ordalies d'un seul coup, pas plus qu'elle n'abolit l'esclavage en une seule rupture. Mais, sous sa direction, les épreuves mettant la vie en danger sont d'abord écartées, puis l'appel aux "jugements de Dieu" sera peu à peu abandonné.[68]
Les Anglo-Saxons et Rome
Les aumônes d'Alfred
Le pontificat d'Étienne montre enfin la permanence du lien anglais avec Rome. Malgré les difficultés du voyage, les Anglo-Saxons continuent d'envoyer des aumônes à Saint-Pierre. Mann cite la Chronique anglo-saxonne : en 887, Æthelhelm porte à Rome les aumônes des Saxons de l'Ouest et du roi Alfred ; en 888, Beocca fait de même, tandis que la reine Æthelswith meurt en chemin et repose à Pavie ; en 889, il n'y a pas de voyage, sauf deux courriers envoyés par Alfred avec des lettres ; en 890, l'abbé Beornhelm porte les aumônes.[69]
Cette continuité prolonge le dossier déjà visible sous Marin I, qui avait exempté la Schola Anglorum de tributs à la demande d'Alfred.[70] Pour des chrétiens du Wessex, Rome reste le tombeau de Pierre, le centre de communion et le lieu où l'aumône royale prend une dimension spirituelle.
Un indice de catholicité vécue
Dans une carte politique fragmentée, ces pèlerinages donnent une autre image de l'Europe : non pas seulement royaumes rivaux, mais peuples qui regardent encore vers Rome. Étienne reçoit des envoyés anglais, des lettres d'Orient, des appels de Langres, des demandes de Provence et des promesses d'Italie du Sud. Même affaiblie, la papauté demeure le lieu où convergent les détresses.
Mort, sépulture et héritage
Mort et épitaphe
Étienne meurt à Rome le 14 septembre 891 selon la fiche actuelle du Saint-Siège et Britannica.[71][72] Mann, qui ne donne pas le jour précis, signale sa tombe dans le portique de l'ancienne basilique Saint-Pierre.[73]
Son épitaphe, conservée par Mallius, demande au visiteur qui vient prier Pierre de regarder le lieu où repose un corps saint. Elle affirme qu'Étienne gouverna "deux fois trois ans" le peuple et la Ville, fit ce qui plaisait à Dieu, et que son âme douce est montée triomphante au ciel.[74]
« Cette tombe contient les restes sacrés du grand pontife Étienne V, qui pendant deux fois trois ans gouverna le peuple et la Ville, et fit ce qui plaisait aux yeux de Dieu. » — Épitaphe d'Étienne V, conservée par Mallius[75]
Ce qu'il transmet à Formose
Étienne transmet à Formose un monde presque ingouvernable : Italie divisée, factions romaines, dossier photien non clos, Sarrasins au sud, Grecs en expansion, rivalités impériales. Formose héritera de ces contradictions et deviendra lui-même, après sa mort, la victime symbolique du chaos romain.
Il serait pourtant injuste de réduire Étienne à cette transition. Son héritage propre tient en quatre points :
- Charité : il donne sa fortune familiale pour les pauvres, les captifs et les églises.
- Liberté romaine : il maintient son élection malgré la réaction de Charles le Gros.
- Primauté prudente : il affirme Rome contre Basile et Photius, mais demande enquête avant de juger.
- Justice chrétienne : il refuse les ordalies comme moyen de forcer le jugement de Dieu.
La phrase de Mann sur la fin de l'âge carolingien reste donc vraie : après Étienne, l'horizon se noircit. Mais ce pape n'est pas la cause de l'obscurcissement. Il est l'un des derniers pasteurs qui, dans la nuit montante, tiennent ensemble prière, droit, charité et autorité romaine.
Pour aller plus loin
- Pape saint Adrien III (884-885) — prédécesseur immédiat, mort en route vers Charles le Gros.
- Pape Marin I (882-884) — contexte de Formose, Photius et Charles le Gros.
- Pape Jean VIII (872-882) — grande figure précédente, liturgie slavonne et défense de Rome.
- Pape Formose — successeur d'Étienne V, futur centre de la crise formosienne.
- Synode du Cadavre — conséquence extrême de la guerre des factions romaines après Formose.
Notes et références
Saint-Siège, fiche officielle "Stephen V" : 110e pape de l'Église catholique, début du pontificat en septembre 885, fin le 14 septembre 891, naissance à Rome. Page consultée le 4 juin 2026 puis vérifiée le 4 octobre 2026 (titre « Stephen V », mention « 110th Pope of the Catholic Church », début « IX.885 », fin « 14.IX.891 », naissance « Rome ») : https://www.vatican.va/content/vatican/en/holy-father/stefano-v--vi.html.
1 17 71H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", pp. 376-377 : déposition de Charles le Gros à Tribur (novembre 887), mort le 13 janvier 888, Arnulf roi de Germanie, Eudes comte de Paris élu par les Francs de l'Ouest, Boso puis Rodolphe en Bourgogne, lutte Bérenger de Frioul / Guy de Spolète en Italie.
2H. K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. III (858-891), The Popes During the Carolingian Empire, Londres / Saint-Louis, Kegan Paul / B. Herder, 1906, chap. "Stephen (V) VI, A.D. 885-891", pp. 367-401. Exposé des sources (fragment contemporain du Liber Pontificalis, 33 lettres ap. P.L. t. 129, Annales, Panegyricus Berengarii) et tableau des souverains d'Orient et d'Occident p. 367. Vie d'Étienne dans Duchesne, Le Liber Pontificalis, t. II : texte p. 192 (cote donnée par Mann lui-même, n. 1 p. 370). Texte suivi via Cristoraul : https://www.cristoraul.org/ENGLISH/readinghall/THIRDMILLENNIUMLIBRARY/History-of-the-popes/MANN/THE-POPES-DURING-THE-CAROLINGIAN-EMPIRE_795-891.htm ; scan de l'édition 1906 vérifié intégralement le 4 octobre 2026 (archive.org livesofpopesinea03mann, pagination d'origine imprimée : 367, 368, 369, 370, 371, 400, 401 vues, citations-clés retrouvées verbatim).
3Horace K. Mann, "Pope Stephen (V) VI", The Catholic Encyclopedia, vol. 14, New York, Robert Appleton Company, 1912 ; transcription New Advent : https://www.newadvent.org/cathen/14289c.htm. Notice utilisée pour l'origine, Zacharie, Santi Quattro Coronati, élection unanime, famine, usage de la fortune familiale, Guy de Spolète, Louis l'Aveugle, Teutbold de Langres et pèlerins anglais.
4 12 18 20 32H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", pp. 400-401 : clôture des papes carolingiens, regret de quitter « la vive lumière » des grands papes du IXe siècle, « iron age » du cardinal Baronius, barque de Pierre face à la barbarie du Xe siècle.
5Encyclopaedia Britannica, "Stephen V (or VI)", notice consultée le 4 juin 2026 : dates 885-891, mort le 14 septembre 891, contexte de désintégration carolingienne, opposition initiale de Charles le Gros, Photius, liturgie slave, Guy de Spolète et Louis l'Aveugle. URL : https://www.britannica.com/biography/Stephen-V-or-VI.
6 43 47 72H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", pp. 377-378 : ancêtres francs ducs de Spolète, lutte Bérenger / Guy III pour la couronne d'Italie, adoption par le pape « as his only son » (886) par l'entremise de Foulques de Reims, proclamation de Pavie fin 888 / début 889.
7 41H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", pp. 368-369 : disette (sauterelles et sécheresse), assemblée unanime (« they unanimously declared that they wanted Stephen to be their bishop »), portes forcées avec Jean de Pavie, refus du père et du fils, Santi Quattro Coronati puis Latran, pluie interprétée comme signe.
8 9 24 25H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", p. 370 : visite du palais avec évêques, légat impérial et « honourable senate », trésors sacrés et profanes absents, vaisselle pontificale, vases et ornements d'autel disparus.
10 29H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", pp. 370-371 : coutume de piller les résidences à la mort des titulaires (canon 11 du concile romain de Jean IX en 898, p. 370) ; le nomenclateur Grégoire avait emporté « almost all the treasures of the Roman Church », en vain réclamés par Jean VIII (p. 371).
11 30H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", p. 371 : « Stephen turned to his father, and succoured the needy with the wealth of his family » (latin du Liber Pontificalis cité n. 7 : « Conversus ad patrem… »).
13 31H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", pp. 369-370 : consécration par Formose sans consentement impérial, mission de Liutward de Verceil, « Stephen was too firmly seated in the affections of the people », décret d'élection signé par plus de trente évêques, prêtres et diacres cardinaux, clergé mineur et principaux laïcs.
14 26 27 28H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", pp. 383-385, d'après Frodoard : Isaac, Egilon consacré sans clergé ni peuple, élection unanime de Teutbold (p. 383) ; renvoi à Aurélien puis légat Oirann de Sinigaglia (p. 384) ; consécration romaine, lettre à Foulques de Reims, ambassadeurs du roi Eudes (pp. 384-385).
15 58 59H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", pp. 391-392 : lettre de Stylien de Néocésarée, adresse « To the most holy and most blessed Stephen, Lord and oecumenical Pope » (p. 391), « O venerated head… compelled by the violence of princes » (p. 392).
16 54H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, début du chap. "Stephen (V) VI", pp. 367-368 : Romain du quartier aristocratique de la Via Lata (p. 367) ; père Adrien, éducation par Zacharie d'Anagni, sous-diaconat sous Adrien II, portrait moral, puis diaconat et prêtrise « of the title of the Quatuor Coronati » sous Marin I (p. 368).
19 21 22 23H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", p. 375 : fléau commencé sous Adrien III, prime de « five or six denarii for every pint of locusts », oratoire de saint Grégoire (couche du saint), eau bénite confiée aux « mansionarii » pour asperger les champs, fin de la plaie et clôture abrupte de la première partie du Liber Pontificalis.
33 34H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", pp. 372-374 (trad. Miley, Hist. of the Papal States, II, p. 218 s.) : maison de prière (p. 372), « remain in a recollected silence… » (p. 373), incantations et démons, « What participation of light with darkness, or what agreement of Christ with Belial ? », « they… avow themselves not to be Christians » (p. 373), anathème final (p. 374).
35 36 37 38H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", pp. 376-377 : dépérissement de Charles, déposition à Tribur (novembre 887) par les nobles sous Arnulf de Carinthie, mort le 13 janvier 888, Arnulf roi de Germanie, Eudes comte de Paris élu, Boso puis Rodolphe en Bourgogne, Bérenger contre Guy en Italie.
39 40H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", p. 378 : diète de Pavie, deux premiers décrets sur l'honneur de « our mother the holy Roman Church », élection de Guy comme « king, lord (senior), and defender » (c. 12).
42H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", p. 378 (et tableau des empereurs p. 367) : Guy couronné par Étienne le 21 février 891, « renovation of the empire of the Franks », sans dominer l'Italie (Bérenger appuyé par Arnulf, Sarrasins au sud, Grecs en progression).
44H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", pp. 382-383 : Boso meurt le 11 janvier 887 laissant Louis mineur, régence d'Ermengarde, visite à Arnulf à Forchheim (mai 890), concile ou diète de Valence (août 890) où Louis est proclamé roi, Étienne ému « even to tears » par le récit des misères du pays.
45Voir l'article Ignispedia Pape Jean VIII, section sur Industriae tuae : Jean VIII approuve la liturgie slavonne de Méthode en juin 880, avec lecture latine préalable de l'Épître et de l'Évangile lorsque Slaves et Latins coexistent.
46H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", pp. 379-380 : diète d'Omuntesberch (carême 890), harmonie Guido / Étienne, lettre au prince condamnant le slavon liturgique et le louant d'avoir choisi le vicaire de Pierre « as his chief patron before all the princes of the world » (ap. P.L. t. 129, p. 801).
48H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", pp. 386-388 : lettre sévère de Basile reçue par Adrien III contre l'élection de Marin I (p. 386) ; réponse ferme d'Étienne, « As you have been by God set over worldly affairs, so through Peter… have we been placed by God over spiritual concerns » (p. 387) ; défense de Marin et de l'Église romaine, dont les pierres mêmes parleraient (p. 388).
49 50 51H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", p. 389 : demande de navires bien équipés et de soldats d'avril à septembre contre les Sarrasins, « we lack even oil for the lamps used in the service of God ».
52H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", p. 389 : lettre arrivée après la mort de Basile, Léon VI (886-912) hostile à Photius, déposition et exil, proclamation de son jeune frère Étienne comme patriarche, demande de communion aux partisans d'Ignace.
53H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", p. 393 : divergence expulsion / démission entre les deux lettres, envoi à Rome d'évêques des deux partis avant sentence, « the Roman Church has been set as a model and example to the other churches… to pass sentence after careful examination » (latin n. 1 : « Romana enim ecclesia instar speculi… »).
55 56H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", pp. 393-394 : ambassadeurs et lettres arrivés quand Étienne est « dead or dying », réponse de Stylien sur la divergence expulsion / démission (p. 393), lettre de Formose fin 891 ou début 892 et légats Landenulf de Capoue et Romanus (pp. 393-394).
57H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", p. 385 : Frothar autorisé par Jean VIII à passer de Bordeaux à Bourges jusqu'au retour possible, usurpation de Poitiers, « as the cause of Frothar's translation had disappeared, the archbishop must return to his original See or incur excommunication », mission confiée à Aurélien et à d'autres évêques.
60H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", p. 386 : blâme de Romanus de Ravenne (887-8) pour élection anticipée de son successeur contre les canons, explication à Dominicus sur l'évêque consacré pour Plaisance pendant la vacance de Ravenne, sans atteinte à ses droits.
61H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", pp. 395-397, d'après Erchempert : Capoue prise le 7 janvier 887, Athanase de Naples (p. 395) ; soumission offerte à Rome, restitution de Gaète, aide contre les Sarrasins du Garigliano, « Atenolfus forgot, and of course did not fulfil any one of them ! », Monte Cassino détruit en 883 et rebâti par Angelarius (886), mission d'Erchempert à Rome (p. 396).
62 63 64 65H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", pp. 398-399 : décret consulté par Liutbert de Mayence sur le fer chaud et l'eau bouillante, réponse négative condamnant tout le système, « It is ours… to judge of crimes that are known either by the confession of the culprit, or by the testimony of witnesses… the hearts of the children of men ».
66 67H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", p. 399 : les ordalies non abolies d'un coup, comme l'esclavage, d'abord les épreuves dangereuses pour la vie, puis le système des « jugements de Dieu ».
68H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", p. 399 : Chronique anglo-saxonne (trad. Stevenson) 887 (Æthelhelm), 888 (Beocca, Æthelswith morte en route, inhumée à Pavie), 889 (aucun voyage, deux courriers d'Alfred), 890 (abbé Beornhelm).
69Voir l'article Ignispedia Pape Marin I, section sur Alfred le Grand et la Schola Anglorum : Marin libère le quartier anglais de Rome de tributs à la demande du roi Alfred.
70H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", p. 398 : tombe dans le portique de l'ancienne basilique Saint-Pierre (Mann ne donne pas de jour précis ; le 14 septembre 891 vient du Saint-Siège et de Britannica).
73H. K. Mann, Lives of the Popes, vol. III, 1906, chap. "Stephen (V) VI", p. 398 : épitaphe conservée par Mallius, « Hic tumulus quinti sacratos continet artus / Præsulis eximii pontificis Stephani ; / Bis ternis populum qui rexit et urbem… », soit « deux fois trois ans » de gouvernement, âme montée au ciel, prière demandée aux visiteurs.
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