Pape saint Adrien III (Sanctus Hadrianus III, en italien sant'Adriano III) est élu évêque de Rome le 17 mai 884 et meurt en 885 — le 8 juillet selon la tradition (date de sa fête), plutôt à la mi-septembre selon la critique moderne —, après un pontificat d'environ quinze mois, sur la route de la Diète de Worms convoquée par l'empereur Charles III le Gros pour régler la succession impériale carolingienne.[9][10][11][12]
C'est l'un des pontifes les plus brefs de l'histoire de l'Église, l'un des moins documentés par les sources primaires, et l'un des seuls inhumés hors de Rome : son corps repose depuis plus de mille ans à l'abbaye bénédictine de San Silvestro à Nonantola, dans la plaine émilienne, au sud de Modène.[13][14] La Catholic Encyclopedia de 1907 écrit sobrement :
« De famille romaine, il fut élu au début de l'année 884 et mourut près de Modène l'été suivant, alors qu'il se rendait à la diète convoquée par Charles le Gros pour régler la succession à l'Empire. Il fut inhumé au monastère de Nonantola, où sa mémoire a depuis lors été l'objet d'une vénération locale. » — James F. Loughlin, The Catholic Encyclopedia, 1907[15]
La formule de Loughlin (« au début de l'année 884 ») reste volontairement vague : les listes modernes — l'Enciclopedia dei Papi comme la fiche officielle du Saint-Siège — précisent l'élection et la consécration au 17 mai 884.[16][17]
Sur un règne aussi court, les actes documentés tiennent en quelques lignes : il secourt les Romains pendant la famine de 884, aurait fait aveugler Giorgio de l'Aventin et fouetter nue la noble Maria — attribution des notices modernes (Treccani, FIU), que les synthèses anglophones ne reprennent qu'au conditionnel comme un ordre possible du pape[18][19][20] —, adresse à Constantinople la lettre d'usage annonçant son élection (l'envoi protocolaire qu'atteste la notice biographique de Salvador Miranda, dictionnaire des cardinaux de la Florida International University — FIU[21]), sans autre acte connu envers Photius : la brièveté du règne ne permet pas d'établir une ligne arrêtée — Bertolini (Enciclopedia dei Papi : « probabilmente ») comme la New Catholic Encyclopedia (« probably a conciliatory one ») jugent probable une orientation plutôt conciliante, restée sans effet faute de temps[22][23][24] —, et accepte de répondre à l'empereur franc qui veut faire reconnaître son fils illégitime comme successeur impérial. Il meurt sur le chemin, à proximité de Modène, sans avoir atteint Worms.[25][26][27]
Le paradoxe d'Adrien III tient à cette brièveté lumineuse. Mille ans après sa mort, à la suite de l'enquête menée à Modène et à Rome (Quattrini 1889, Maini 1890[28][29]), relayée par la Civiltà Cattolica[30], Léon XIII confirme officiellement son culte le 2 juin 1891 — confirmation de culte (confirmatio cultus : le pape reconnaît un culte local ancien au lieu de rouvrir un procès complet) — pour un saint dont la vénération locale à Nonantola, attestée dès le Moyen Âge central, est jugée digne d'être étendue à toute l'Église.[31][32][33]
Un pape sans biographie
Une figure historiquement discrète
Adrien III est de ces papes dont la mémoire ecclésiale précède la documentation historique. Son culte est attesté à Nonantola au Moyen Âge central : sa fête figure dans les calendriers liturgiques locaux de Modène, et un portail roman du XIIᵉ siècle représente déjà la translation de son corps comme un événement marquant de l'abbaye. Mais sur sa vie, sur sa doctrine, sur ses lettres, les sources sont rares.[34][35]
La Catholic Encyclopedia note avec franchise que sa mémoire est "tenue depuis lors en vénération locale", sans la magnifier en récit héroïque.[36] Le Dizionario Biografico degli Italiani parle d'un pontificat d'à peine quinze mois, dont l'essentiel se déroule dans une atmosphère de luttes factionnelles permanentes à Rome.[37] Wikipedia italienne et la Cathopedia italienne reconnaissent honnêtement que les raisons précises de la sanctification sont aujourd'hui obscures : c'est la persévérance d'un culte populaire, non un dossier hagiographique riche, qui a porté Léon XIII à confirmer ce culte en 1891.[38][39][40]
Cette discrétion n'est pas un défaut. Elle est, au contraire, l'un des traits qui font la valeur du saint : un pape bref, ferme, charitable, dont la sainteté n'a pas eu besoin de bruit pour traverser les siècles.
Les sources : pauvres mais convergentes
Quatre sources primaires structurent toute la connaissance que l'on a aujourd'hui d'Adrien III :
| Source primaire | Nature | Apport pour Adrien III |
|---|---|---|
| Liber Pontificalis (éd. Duchesne, vol. II, p. 225) | Notice biographique pontificale officielle | Élection, durée du pontificat, sépulture |
| Annales Fuldenses | Annales franques contemporaines | Convocation à la Diète de Worms, lien avec Charles le Gros |
| Chronica Sancti Benedicti Casinensis | Chronique bénédictine | Aspects monastiques, parcours italien |
| Jaffé-Ewald, Regesta Pontificum Romanorum (le grand répertoire moderne qui liste les lettres et bulles des papes), 2ᵉ éd., I, p. 426-427 | Inventaire des actes pontificaux | Bulles et lettres recensées sous Adrien III |
L'historiographie moderne s'appuie ensuite sur la Catholic Encyclopedia de 1907 (James F. Loughlin),[41] sur l'Enciclopedia dei Papi Treccani,[42] sur le Dizionario Biografico degli Italiani,[43] et sur la grande synthèse narrative d'Horace K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, dont le chapitre consacré à Adrien III est l'une des reconstitutions les plus complètes en langue anglaise.[44]
À cela s'ajoutent, pour la question du culte, trois travaux érudits du XIXᵉ siècle, déterminants dans la procédure menée à Rome en vue de la confirmation de 1891 : Quattrini, Del culto del papa Sant'Adriano III a Nonantola (Modène, 1889) ;[45] Maini, Le più antiche memorie del culto a Sant'Adriano III papa (Modène, 1890) ;[46] et un dossier publié dans la Civiltà Cattolica en 1890.[47]
Un Romain élevé au Latran (avant 884)
Origine, famille, premières années
Adrien III est Romain de naissance. Le Liber Pontificalis le présente comme fils d'un certain Benedictus (Benoît), de famille romaine.[48][49] Aucune source primaire ne donne son année de naissance ; les listes pontificales modernes avancent "vers 830" à titre purement indicatif, sans preuve — date non établie, qui en ferait un homme d'environ cinquante-cinq ans au moment de son élection.[50][51]
Certains généalogistes ont voulu rattacher sa famille aux futurs comtes de Tusculum, qui devaient peser sur la papauté du Xᵉ siècle, voire à la même lignée que Adrien I (772-795). Wikipédia italienne présente elle-même cette parenté comme une simple hypothèse de « certains généalogistes » (section Le presunte origini), tenant pour seul certain, avec le Liber Pontificalis, un Romain fils d'un certain Benedetto.[52] Aucun acte généalogique ne l'établit : parenté non établie. Le seul fait historiquement sûr est que sa famille appartenait à l'élite cléricale romaine du IXᵉ siècle, milieu où se recrutait alors la quasi-totalité des évêques de Rome.
Agapitus ou Adrianus ? La question du nom de baptême
Les notices modernes donnent comme nom de baptême Agapitus (Agapito), qu'Adrien aurait porté avant de prendre son nom de pontificat à son élection : la notice FIU de Salvador Miranda retient « Agapito » comme nom d'origine,[53] et la Cathopedia italienne l'enregistre également.[54]
L'attribution précise de cette tradition à tel ou tel érudit ancien ou moderne n'a pu être vérifiée à la page — en l'état des recherches, elle ne remonte qu'à des synthèses modernes[55] — : la prudence historique impose donc de la rapporter sans la garantir. On ne peut ni l'établir, ni l'écarter avec certitude — à tenir pour non établie.
Cardinal sous Marin I
Avant son élection, Adrien aurait été cardinal créé par son prédécesseur immédiat Marin I (882-884), lui-même successeur direct de Jean VIII mort en décembre 882 — selon la seule Wikipedia italienne, qui ne cite aucun acte cardinalice : en l'absence d'acte vérifié à la page, la création par Marin I reste à tenir pour non établie (la notice FIU retient elle aussi un cardinalat, mais à date et titre inconnus).[56][57] Si elle est exacte, cette information situe Adrien à l'intérieur du Sacré Collège romain à un moment particulièrement tendu, où le clergé de Rome se divisait entre ceux qui souhaitaient prolonger la politique ferme de Jean VIII et ceux qui voulaient s'en distancier — au premier rang desquels Marin I lui-même.
L'élection du 17 mai 884
Marin I et le retour des Formosiens
Pour comprendre l'élection d'Adrien III, il faut revenir sur le pontificat de Marin I. Jean VIII avait gouverné l'Église romaine d'une main de fer pendant dix ans (872-882) ; il avait condamné l'ambitieux évêque Photius de Constantinople, frappé d'excommunication l'évêque Formose de Porto (que la postérité retrouvera de manière spectaculaire au "Synode du Cadavre" en 897), et mené contre les Sarrasins en Italie du Sud une politique militaire originale pour un pape. À sa mort en décembre 882, la faction de Formose était durement éprouvée.[58]
Marin I (882-884) renversa la politique de Jean VIII. Il réhabilita Formose, fit revenir à Rome les ecclésiastiques exilés sous Jean VIII, et autorisa la rentrée de certains personnages que Jean VIII avait écartés de la cité, parmi lesquels le dignitaire du Latran Giorgio de l'Aventin, revenu de son exil.[59][60]
À la mort de Marin I, en mai 884, l'équilibre interne était précaire : la faction "formosienne" venait de recouvrer une influence considérable, mais la mémoire de Jean VIII restait vivante, et beaucoup d'observateurs romains jugeaient les concessions de Marin I excessives.
Un consensus de circonstance
C'est dans ce contexte qu'Adrien III est élu pape le 17 mai 884.[61][62] Les sources ne décrivent pas le détail de l'élection, mais les historiens modernes s'accordent à voir dans son choix un compromis : Adrien était un cardinal romain expérimenté, suffisamment associé à Marin I pour ne pas être un adversaire de la faction formosienne, mais suffisamment lié à la ligne de Jean VIII pour rétablir la fermeté que Marin avait laissée s'effondrer.[63][64]
Aucun document ne mentionne une intervention de l'empereur franc dans cette élection — fait notable pour l'époque, puisque la coutume héritée de Louis le Pieux supposait au moins une consultation impériale. Cette absence sera plus tard interprétée, peut-être à tort, comme l'indice d'un décret d'Adrien III émancipant les élections pontificales de toute confirmation impériale ; cette tradition tardive est aujourd'hui considérée par les historiens comme une projection sur Adrien III d'une législation plus tardive, et l'historiographie catholique sérieuse n'en fait pas un acte avéré de son pontificat.[65]
Le pontificat romain (884-885)
La famine de 884 : un pape aux côtés des pauvres
Le premier grand acte du pontificat est charitable. L'année 884 voit s'abattre sur l'Italie une famine particulièrement dure, aggravée par la guerre, par les incursions sarrasines en Campanie et en Calabre, et par la fragmentation politique du royaume d'Italie. Adrien III, à peine élu, intervient directement pour soulager les souffrances de la population romaine.[66][67][68]
La Cathopedia italienne souligne que c'est probablement cette action charitable, plus que toute initiative diplomatique ou doctrinale, qui a fixé dans la mémoire populaire l'image d'un pape saint :
« Les raisons précises de sa vénération comme saint sont aujourd'hui pratiquement inconnues, mais il s'est fait connaître pour avoir aidé la population de Rome durant une famine. » (traduit de l'italien) — Cathopedia, « Papa Adriano III »[69]
La Britannica reprend la même appréciation, parlant d'un pape "remarqué pour avoir aidé les Romains pendant la famine".[70] Dans une période où l'Italie centrale était ravagée par les conflits dynastiques carolingiens et par les raids musulmans, l'évêque de Rome assumait concrètement la fonction de père des pauvres : c'était à la fois un acte évangélique et un acte politique.
La fermeté contre la faction aristocratique
Le second visage du pontificat est plus rude. Marin I avait composé avec les grandes familles romaines ; Adrien III tranche. Le Dizionario Biografico degli Italiani note que l'avènement d'Adrien III marqua une réaction à la politique intérieure de Marin I — laquelle avait elle-même réagi à celle de Jean VIII.[71]
Deux épisodes documentés frappent les contemporains.
Le cas de Giorgio de l'Aventin
Giorgio (Georges) de l'Aventin est un dignitaire laïc du palais du Latran — magister militum et vestararius — et l'un des chefs de la faction adverse à Jean VIII, aux côtés de son beau-père le nomenclator Gregorio. Rentré d'exil sous Marin I, il est aveuglé — sur l'ordre d'Adrien III selon Treccani et la notice FIU, ordre que les synthèses anglophones ne retiennent que comme une possibilité.[72][73][74]
Le châtiment public de Maria
Maria (Mariam), dame de l'aristocratie romaine apparentée aux puissants du Latran — épouse d'un superista, peut-être veuve du Gregorio assassiné —, aurait été traînée nue en dérision et fouettée à travers toute la ville de Rome, sur l'ordre du pape selon Treccani et la notice FIU — attribution que les synthèses anglophones ne reprennent qu'au conditionnel.[75][76][77]
Ce châtiment, difficilement soutenable pour un lecteur contemporain, appartient au droit pénal carolingien : la honte publique infligée à une aristocrate équivaut alors à une destitution sociale totale, peine héritée du droit romain tardif encore appliquée au IXᵉ siècle.
L'historiographie catholique — Treccani, FIU, Catholic Encyclopedia — rapporte ces faits sobrement, sans en faire l'éloge : c'est, selon les mots mêmes de la notice Miranda, l'esprit violent du temps (« following the violent spirit of his age »).[78] Le lecteur catholique d'aujourd'hui, qui reçoit avec le Catéchisme (n. 2267) un autre regard sur de telles peines, constate ces actes avec gravité : ils ne sont ni un titre de gloire, ni à eux seuls un procès contre la sainteté du pape. C'est l'ensemble du dossier — charité envers les pauvres, fidélité romaine, persévérance du culte à Nonantola — que Léon XIII a pesé en 1891.
Continuité avec Jean VIII contre la ligne de Marin I
L'arrestation de Giorgio et le châtiment de Maria ne sont pas des actes isolés. Ils signent un choix politique global : Adrien III revient à la ligne de Jean VIII. La New Catholic Encyclopedia souligne ce point :
« Il semble qu'il ait représenté la ligne du pape Jean VIII plutôt que celle de Marin I, son prédécesseur immédiat. Dans l'esprit du temps, Adrien traita l'opposition avec sévérité. » (traduit de l'anglais) — New Catholic Encyclopedia[79]
Le pape n'annonce pas une rupture. Il rétablit l'autorité d'un Siège apostolique éprouvé par deux ans de concessions, et signale aux factions romaines que la papauté n'est pas leur jouet. Cette fermeté, à courte vue, lui coûtera des ennemis ; à long terme, elle a probablement contribué à fixer la mémoire d'un saint pape énergique, capable d'allier charité concrète envers les pauvres et autorité ferme envers les criminels.
Rome et Constantinople : le dossier oriental
Une situation héritée tendue
Au moment de l'élection d'Adrien III, les relations avec Constantinople sont fragiles. Jean VIII avait, en 879-880, esquissé un compromis spectaculaire en réhabilitant Photius après la mort de son rival Ignace, en échange de concessions byzantines sur la juridiction bulgare. Marin I avait rompu avec ce compromis et rétabli la sévérité romaine envers Photius. Pour Adrien III, les sources ne permettent pas d'établir une ligne arrêtée : Bertolini (Enciclopedia dei Papi) écrit qu'il partageait « probablement » (probabilmente) les intentions de Jean VIII, sans avoir eu le temps d'aller au-delà de la communication officielle de son avènement.[80][81] Côté byzantin, Basile I le Macédonien (867-886) et le patriarche Photius contestaient désormais la légitimité même de la succession de Marin, en mettant en cause les conditions canoniques de son élection (il était évêque de Cere avant son élévation à Rome, ce qui contrevenait, selon Constantinople, à l'interdiction du transfert d'un évêque d'un siège à un autre).[82][83]
La mission attribuée à Théodose de Brindisi
Adrien III adresse à Constantinople la lettre d'usage annonçant son élection.[84][85] La Wikipedia anglophone lui attribue aussi l'envoi comme légat à Constantinople de l'évêque Théodose de Brindisi (ou d'Oria), porteur d'une lettre synodale sur la foi et le Filioque dont témoignerait la Mystagogie de Photius.[86] Les détails de cette mission sont mal connus — c'est l'une des nombreuses zones d'ombre du pontificat — et, Treccani et la notice FIU n'ayant pu être relus à la page sur ce point précis dans cette passe, elle reste à tenir pour une hypothèse plutôt qu'un fait établi. Aucun autre acte envers Photius n'est attesté : c'est son successeur Étienne V, et non lui, qui reçut la réponse de l'empereur d'Orient.[87] Sur l'essentiel, le cadre est clair : aucune concession doctrinale, la primauté romaine reste entière face à une critique byzantine qui cherche à empoisonner la situation.
« Il ne ménagea pas son zèle à entretenir de bienveillantes relations avec le patriarcat de Constantinople. » — Notice biographique du Martyrologe romain, dans la fiche Nominis de la Conférence des évêques de France[88]
La notice du Martyrologe romain souligne qu'Adrien III chercha à réconcilier l'Église de Constantinople avec Rome, sans céder sur l'essentiel. Le dossier est légué, à sa mort, à son successeur Étienne V (885-891), qui devra à son tour traiter avec Photius et avec la fin du règne de Basile I.[89]
La Diète de Worms et la crise de succession (885)
Charles III le Gros, empereur sans héritier légitime
Charles III dit "le Gros" (839-888), arrière-petit-fils de Charlemagne, fils de Louis le Germanique, avait réussi à reconstituer momentanément l'empire de son aïeul : empereur depuis 881, il avait hérité de toutes les couronnes carolingiennes en 884. Sur le papier, l'unité de l'Empire était restaurée pour la première fois depuis 840. En réalité, le pouvoir était fragile, les Sarrasins menaçaient l'Italie, les Vikings remontaient la Seine, et la grande question dynastique restait ouverte : Charles n'avait pas de fils légitime.[90][91]
Il avait un fils naturel, Bernard, né d'une concubine. Pour pérenniser l'œuvre carolingienne, Charles voulait obtenir, lors de la diète de Worms en 885, la reconnaissance officielle de Bernard comme successeur impérial. Mais une telle légitimation supposait une caution morale et canonique que seul le pape pouvait fournir.[92][93][94]
L'invitation papale et le voyage interrompu
Charles le Gros convoque donc Adrien III à la diète impériale de Worms en 885. Deux objectifs étaient à l'ordre du jour :
- La succession impériale et la question de Bernard ;
- La menace sarrasine en Italie du Sud et en Sicile.[95][96][97]
Adrien III accepte. Il prend la route au cœur de l'été 885 et remonte la péninsule italienne. C'est l'un des premiers déplacements importants d'un pape vers la Germanie depuis le couronnement impérial de Charlemagne. L'enjeu n'était pas seulement diplomatique : c'était un test du rôle politique de la papauté dans l'ordre carolingien finissant.
La mort près de Modène
Le pape n'atteint jamais Worms. Au cœur de la plaine modénaise, en chemin vers les Alpes, il tombe gravement malade. Les sources varient sur le lieu précis :
- La Catholic Encyclopedia (Loughlin) dit "près de Modène" ;[98]
- Le Liber Pontificalis est lapidaire ;
- Wikipédia anglaise et la Cathopedia italienne précisent San Cesario sul Panaro ;[99][100]
- Le Martyrologe romain (cité par Nominis) mentionne Spilamberto ;[101]
- Le Vatican.va se contente d'indiquer "août ou septembre 885".[102]
Tous ces lieux se trouvent dans un rayon d'une dizaine de kilomètres au sud-est de Modène, en pleine plaine émilienne, à proximité de l'abbaye de Nonantola où il sera inhumé. La date exacte de la mort n'est pas assurée : la tradition, reprise par le Martyrologe romain, fixe la mémoire au 8 juillet, tandis que Salvador Miranda (FIU), suivi par Treccani et la fiche du Saint-Siège (« août ou septembre 885 »), situe plutôt le décès à la mi-septembre 885.[103][104][105]
Certaines voix tardives ont suggéré un empoisonnement par les ennemis aristocratiques romains que le pape avait frappés sept mois plus tôt. La New World Encyclopedia mentionne ces soupçons sans les valider : mort en route vers Worms en septembre 885, dans des circonstances obscures, avec l'hypothèse — reprise à McBrien — d'un possible « foul play »[106].
L'historiographie sérieuse considère cette hypothèse comme invérifiable. La mort par maladie sur une route d'Italie au mois d'août, pour un homme d'au moins cinquante-cinq ans, n'a rien d'anormal au IXᵉ siècle.
La sépulture à Nonantola
L'abbaye bénédictine de San Silvestro
L'abbaye bénédictine de Nonantola, située à environ dix kilomètres au nord-est de Modène, fut fondée en 752 par saint Anselme, beau-frère du roi lombard Aistulf, et placée sous la protection de Étienne II. Au IXᵉ siècle, elle est l'un des plus puissants monastères d'Italie du Nord, possédant des reliques majeures (dont, croyait-on, celles du pape saint Silvestre I), et entretenant des liens directs avec la papauté romaine.[107]
C'est là que les compagnons du pape, surpris par la mort sur la route, font porter le corps d'Adrien III. L'inhumation a lieu dans l'église abbatiale de San Silvestro.[108][109][110]
Adrien III est ainsi l'un des très rares papes inhumés hors de Rome. La quasi-totalité des évêques de Rome, depuis saint Pierre, reposent en effet à Rome même — d'abord dans les catacombes, puis à Saint-Pierre, à Saint-Jean-de-Latran ou à Sainte-Marie-Majeure. La sépulture de Nonantola fait d'Adrien III un cas presque unique parmi les pontifes du premier millénaire.
La formelle du XIIᵉ siècle : la translation gravée dans la pierre
Vers 1122, dans le cadre de la reconstruction romane du portail de l'abbaye, un sculpteur place dans l'embrasure de la porte de l'église San Silvestro une formelle (relief sculpté) représentant la translation du corps du pape Adrien III par les moines bénédictins. La scène est l'un des rares témoignages iconographiques médiévaux d'un événement pontifical aussi spécifique : les moines portent le sarcophage du pape vers l'abbaye, dans une procession solennelle.[111][112]
Cette formelle est aujourd'hui conservée in situ dans la basilique abbatiale et fait partie des témoins matériels les plus anciens du culte d'Adrien III : elle prouve que, deux siècles après sa mort, la mémoire du pape était encore assez vivante à Nonantola pour mériter une représentation monumentale.
Une vénération locale persistante
À partir du XIIᵉ siècle, le culte du pape Adrien III est attesté à Nonantola et à Modène ; la Cathopedia le fait remonter au IXᵉ siècle en s'appuyant sur les érudits modénais du XIXᵉ siècle (Quattrini 1889, Maini 1890) — ouvrages non consultés directement : seule l'attestation à partir du XIIᵉ siècle est retenue ici comme établie.[113][114][115] En 1214, selon la Cathopedia italienne, Innocent III permet à l'abbé de Nonantola de construire dans la juridiction monastique une église dédiée à saint Adrien III — acte non vérifié à la page dans cette passe : à recevoir selon la Cathopedia.[116]
Pendant près de sept siècles, cette dévotion reste locale. Les calendriers liturgiques de Modène mentionnent Adrien III ; ceux de la ville de Rome aussi, mais avec une moindre solennité. Aucun pape n'a jugé nécessaire d'étendre formellement le culte à toute l'Église catholique — jusqu'au pontificat de Léon XIII.
La canonisation tardive (1891)
Un saint oublié pendant mille ans
Le cas d'Adrien III illustre une distinction canonique importante. Avant la procédure moderne de béatification et de canonisation, codifiée à partir du XVIIᵉ siècle, de nombreux saints médiévaux étaient honorés par un culte local jamais formellement étendu à l'Église universelle. Adrien III appartient à cette catégorie : son culte est immémorial à Nonantola, mais il n'a pas fait l'objet d'une confirmation de culte (confirmatio cultus, aussi appelée canonisation équipollente) avant la fin du XIXᵉ siècle.
Cette procédure de confirmation de culte ne refait pas un procès complet : elle constate qu'un culte ancien, lié à une vie vertueuse, peut être étendu à toute l'Église par décret pontifical.[117][118][119]
Les enquêtes locales : Quattrini, Maini, les Bollandistes
À la fin du XIXᵉ siècle, l'archidiocèse de Modène et la communauté de Nonantola entreprennent une enquête historique et liturgique pour appuyer la cause d'Adrien III. Trois travaux sont cités à l'appui de la cause, uniquement d'après la bibliographie de la Catholic Encyclopedia — ouvrages anciens non consultés directement, dont l'existence et les références sont ici reprises de seconde main :
- Quattrini, Del culto del papa Sant'Adriano III a Nonantola, Modène, 1889 — premier dossier moderne en vue de la cause ;[120]
- Maini, Le più antiche memorie del culto a Sant'Adriano III papa, Modène, 1890 — étude des plus anciens témoignages du culte ;[121]
- Un dossier publié dans la Civiltà Cattolica, 1890, vol. VI, p. 575-577.[122]
Le compte rendu des Analecta Bollandiana, t. XIII, p. 60-62 — dont la teneur est ici reprise de seconde main, sans relecture à la page — tiendrait pour fondées les conclusions de Sickel sur la Vita Hadriani (lettres apocryphes, confusion entre Adrien I et Adrien III) et jugerait sévèrement la biographie panégyrique de Quattrini — tout en admettant, avec lui, un document ancien attestant le culte public rendu à Adrien III.[123]
Le décret de Léon XIII (2 juin 1891)
Léon XIII publie le 2 juin 1891 le décret confirmant le culte du pape saint Adrien III — date attestée par Bertolini (Treccani), la notice FIU et la New Catholic Encyclopedia (texte du décret non consulté directement).[124][125][126][127] Le décret confirme officiellement la vénération locale (confirmatio cultus), étend le culte à toute l'Église catholique, et fixe la mémoire liturgique.
Une fête au 8 juillet, une mémoire au 7 septembre
Deux dates entrent dès lors dans le calendrier liturgique :
- Le 8 juillet : inscription au Martyrologe romain ;
- Le 7 septembre : par décret de Léon XIII, le clergé de Rome et de Modène célèbre la messe et l'office du saint ritu duplici (avec la solennité des grandes fêtes).[128]
La Catholic Encyclopedia note explicitement cette mention rare :
« Par décret du pape Léon XIII, le clergé de Rome et de Modène célèbre sa messe et son office ritu duplici le 7 septembre. » — James F. Loughlin, The Catholic Encyclopedia, 1907[129]
Ces deux dates sont liturgiques : le 8 juillet comme mémoire traditionnelle transmise par les calendriers anciens ; le 7 septembre comme solennité locale pour Rome et Modène. Le décès historique, lui, reste incertain : le Saint-Siège indique « août ou septembre 885 », Miranda (FIU) précise la mi-septembre, et le lieu oscille entre San Cesario sul Panaro et Spilamberto (Spina Lamberti).[130][131][132][133]
Chronologie du pontificat
| Date | Événement | Sens historique |
|---|---|---|
| 15 mai 884 | Mort de Marin I | Fin d'un pontificat conciliant envers les Formosiens |
| 17 mai 884 | Élection et consécration d'Adrien III | Compromis entre la ligne Jean VIII et la ligne Marin I |
| Été–automne 884 | Famine en Italie centrale | Adrien intervient pour secourir les Romains |
| Fin 884 | Aveuglement de Giorgio de l'Aventin (sur l'ordre du pape selon Treccani et la FIU ; ordre possible selon les synthèses anglophones) | Sévérité envers la faction adverse à Jean VIII |
| Fin 884 ou début 885 | Maria traînée nue et fouettée en public (sur l'ordre du pape selon Treccani et la FIU ; au conditionnel selon les synthèses anglophones) | Châtiment infamant d'une dame de l'aristocratie |
| 884-885 | Lettre d'usage à Constantinople (attestée par la FIU) ; mission attribuée à Théodose de Brindisi (hypothèse, Wikipedia anglophone) | Aucun autre acte attesté ; la réponse orientale parvient à Étienne V |
| Été 885 | Convocation à la Diète de Worms par Charles le Gros | Question de la succession impériale (Bernard, fils illégitime) |
| Août ou septembre 885 (mi-septembre selon Miranda-FIU) | Adrien III tombe malade près de Modène — San Cesario sul Panaro selon Wikipedia et la Cathopedia, Spilamberto (Spina Lamberti) selon le Martyrologe via Nominis | Le voyage vers Worms est interrompu |
| Août ou septembre 885 ; fête traditionnelle : 8 juillet | Mort du pape près de Modène (lieu et date exacts non assurés, voir § « La mort près de Modène ») | Aucun pape n'avait été aussi loin de Rome depuis longtemps |
| Sept. 885 | Inhumation à l'abbaye de San Silvestro à Nonantola | Sépulture exceptionnelle hors de Rome |
| 6 sept. 885 | Élection d'Étienne V à Rome | La crise factionnelle reprend |
| v. 1122 | Formelle romane du portail de Nonantola | Premier témoignage iconographique du culte |
| 1214 | Innocent III autorise une église dédiée à Adrien III | Reconnaissance canonique du culte local |
| 1889-1890 | Travaux de Quattrini, Maini et de la Civiltà Cattolica | Préparation du dossier pour Rome |
| 2 juin 1891 | Confirmation du culte par Léon XIII | Confirmation de culte (confirmatio cultus), extension du culte à l'Église universelle |
Bilan : un pape bref, ferme, charitable
Le visage de la charité
Adrien III est d'abord, dans la mémoire chrétienne, le pape de la famine de 884. C'est ce trait, plus que tout autre, que retiennent la Cathopedia et Wikipédia italienne lorsqu'elles cherchent à expliquer pourquoi un pontificat aussi bref a pu produire un culte aussi durable.[134][135]
Dans une Rome appauvrie par les guerres, les raids sarrasins et les rivalités carolingiennes, l'évêque de Rome se tient à côté des affamés. C'est le geste évangélique le plus simple, mais aussi le plus politique : il rappelle aux puissants romains et aux dynastes carolingiens que la fonction première du pape est celle d'un pasteur, non d'un courtisan impérial.
Le visage de l'autorité
Le second visage est plus rude : Adrien III aurait fait aveugler Giorgio et fouetter nue Maria — si l'on suit Treccani et la notice FIU, les synthèses anglophones restant au conditionnel sur l'ordre direct du pape[136][137][138] —, appliquant un droit pénal carolingien qui heurte la sensibilité moderne. Il faut le dire sans euphémisme ni indignation rétrospective — et sans en faire un mérite : c'est l'esprit violent du temps, que la conscience chrétienne a depuis abandonné.
L'historiographie catholique sérieuse — Loughlin, Mann, Treccani, Cathopedia — replace ces actes dans le droit pénal de leur époque et dans la situation d'urgence civile d'une cité épuisée par les complots aristocratiques. La sainteté d'Adrien III ne se prouve pas par cette sévérité : elle se lit dans la charité envers les pauvres, la fidélité romaine et la persévérance du culte que Léon XIII a confirmée.
Le visage de la fidélité doctrinale
Le troisième visage est doctrinal. Adrien III maintient la ligne romaine face à Constantinople, malgré la pression d'un Basile I et d'un Photius qui contestent jusqu'à la légitimité canonique de la succession papale. Il adresse la lettre protocolaire d'usage — et, selon une tradition non établie, un légat — mais ne cède rien sur la primauté du Siège de Pierre ni sur l'orthodoxie. Sur la Germanie carolingienne, il garde un cap ; aucun acte conservé ne documente une intervention en Espagne mozarabe.
Le pontificat est trop bref pour produire un grand corpus magistériel. Mais en quinze mois, il tient la ligne : c'est la ligne de Jean VIII, traversée par la prudence pastorale de Marin I, prolongée par l'autorité d'Étienne V.
Pourquoi Adrien III compte aujourd'hui
Adrien III n'est pas un pape qui marque l'histoire universelle de l'Église par une grande définition dogmatique ni par un long gouvernement. Il est un pape secondaire dans l'ordre des conséquences ; mais il est central pour comprendre ce qu'a été la papauté carolingienne tardive — fragile, exposée, prise entre les factions romaines, l'Empire franc et le patriarcat byzantin, dans une Italie ravagée par les Sarrasins et la famine.
Il compte pour quatre raisons.
Il rappelle d'abord que la sainteté pontificale ne se mesure pas à la durée d'un pontificat. Un homme peut être saint en quinze mois, comme Marin I avait été saint en deux ans. Le temps de gouvernement n'est pas le temps de la grâce.
Il rappelle ensuite que la papauté médiévale a su exercer son autorité dans des cadres juridiques anciens, en cohérence avec le droit pénal carolingien, sans renoncer à la charité concrète. Cette tension entre miséricorde envers les pauvres et fermeté envers les criminels est constitutive de tout gouvernement chrétien.
Il rappelle ensuite la place que l'Italie du Nord, et tout particulièrement l'abbaye de Nonantola, a tenue dans la mémoire ecclésiale romaine. La sépulture d'un pape hors de Rome est une exception ; elle inscrit dans le territoire italien une mémoire pontificale décentralisée, qui rappelle que le christianisme romain n'est pas réductible à la ville de Rome.
Il rappelle enfin que la sainteté de l'Église traverse les siècles obscurs. Sept cents ans après la mort d'un pape, deux érudits modénais, un dossier de la Civiltà Cattolica et Léon XIII suffisent pour rendre à toute l'Église la mémoire d'un saint dont le culte local, reconnu immémorial par le décret de 1891, s'était maintenu à Nonantola. Cette résilience du culte des saints, sur la longue durée, est l'une des marques visibles de la continuité catholique.
Pour aller plus loin
- Pape Marin I (882-884), le prédécesseur dont Adrien III corrige les concessions
- Pape Jean VIII (872-882), dont Adrien III rétablit la ligne ferme
- Pape Adrien II (867-872), autre Romain à avoir affronté Photius et la Bulgarie
- Pape Adrien I (772-795), homonyme illustre et père des États pontificaux
- Photius, patriarche de Constantinople au cœur des tensions du IXᵉ siècle
- Pape Léon XIII (1878-1903), qui confirme le culte d'Adrien III en 1891
- Charles III le Gros (839-888), empereur convocateur de la Diète de Worms manquée
Notes et références
Saint-Siège, fiche officielle "Adriano III", https://www.vatican.va/content/vatican/fr/holy-father/adriano-iii.html (pontificat : 17 mai 884 – août ou septembre 885 ; 109ᵉ pape).
1 10 17 62 102 105 130Salvador Miranda, "1. ADRIANO (?-885)", The Cardinals of the Holy Roman Church — Biographical Dictionary (Florida International University, FIU), notice « At an unknown date between 882 and 884 », http://cardinals.fiu.edu/biosunknowndate882-884.htm (élection pape le dimanche 17 mai 884 ; mort : « Mid-September 885, S. Cesalo sul Panaro, near Modena » ; fête : « according to the Roman Martyrology, pro clero Romano, is celebrated on July 8 » ; Giorgio de l'Aventin, haut officiel du palais du Latran, aveuglé ; « Mariam », dame noble, fouettée nue à travers les rues de Rome ; « customary letter announcing his election » adressée à Photius ; secours généreux pendant une dure famine ; fils de Benedetto ; « Of the counts of Tusculum (?) » ; nom originel Agapito ; diète de Worms pour le fils illégitime Bernard).
2 3 5 6 12 19 21 25 40 53 57 59 68 72 76 78 84 92 95 103 125 131 137Notice "Adriano III, papa, santo" (Ottorino Bertolini), Enciclopedia dei Papi, Treccani, t. II, p. 37-38, https://www.treccani.it/enciclopedia/santo-adriano-iii_(Enciclopedia-dei-Papi)/ (consécration 17 mai 884 ; père Benedictus ; Giorgio, magister militum et vestararius dit de l'Aventin, aveuglé sur ordre du pape ; Maria, dame aristocratique traînée nue en dérision et fouettée à travers Rome ; mort à San Cesario sul Panaro « intorno alla metà dell'agosto o del settembre 885 » ; culte confirmé le 2 juin 1891 ; mémoire liturgique fêtée le 8 juillet).
4 7 11 14 16 18 22 26 32 34 42 48 51 60 61 73 75 80 82 87 104 118 124 136James F. Loughlin, "Pope St. Adrian III", The Catholic Encyclopedia, vol. I, New York, Robert Appleton Company, 1907, New Advent, https://www.newadvent.org/cathen/01156b.htm (notice citant Liber Pontificalis, éd. Duchesne, II, p. 225 ; Jaffé, Regesta RR. PP., 2ᵉ éd., I, p. 426-427 ; II, p. 705 ; Quattrini, Del culto del papa Sant'Adriano III a Nonantola, Modène, 1889 ; Maini, Le più antiche memorie del culto a Sant'Adriano III papa, Modène, 1890 ; Civiltà Cattolica, 1890, VI, p. 575-577 ; Analecta Bollandiana, XIII, p. 61-62 ; Watterich, Vitæ Romanorum Pontificum, I, p. 650, 718 ; Artaud de Montor, Lives and Times of the Roman Pontiffs, New York, 1867, I, p. 251).
8 9 13 15 31 36 41 98 108 117 128 129"Adrian III, Pope, St.", New Catholic Encyclopedia, 2003, repris par Encyclopedia.com, https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/adrian-iii-pope-st (pontificat 17 mai 884 – août/septembre 885 ; fils de Benedictus ; politique de Jean VIII contre celle de Marin I ; aveuglement d'un dignitaire ; châtiment infamant d'une aristocrate ; convocation à la diète impériale ; mort en route près de Modène ; inhumation Nonantola ; vénération approuvée 2 juin 1891 ; fête 8 juillet).
20 24 33 66 74 77 79 90 94 97 119 127 138Notice "Adriano III", Dizionario Biografico degli Italiani, Treccani, https://www.treccani.it/enciclopedia/papa-adriano-iii_(Dizionario-Biografico)/.
23 37 43 49 58 63 71 81 83Notice "Papa Adriano III", Cathopedia, l'enciclopedia cattolica, https://it.cathopedia.org/wiki/Papa_Adriano_III (nom de baptême Agapito selon la tradition ; consécration 17 mai 884 ; mort à Spina Lamberti — Spilamberto — septembre 885 ; vénération à Nonantola ininterrompue ; église dédiée autorisée par Innocent III en 1214 ; culte confirmé en 1891).
27 35 39 54 69 100 107 110 111 113 116 126 133 134Giuseppe Quattrini (prévôt), Del culto del papa Sant'Adriano III a Nonantola, Modène, Tipografia dell'Immacolata Concezione, 1889 (titre repris de la bibliographie de la Catholic Encyclopedia, 1907 ; l'auteur est nommé « Prev. Gius. Quattrini » dans le compte rendu des Analecta Bollandiana, t. XIII, p. 61-62, à propos de sa monographie postérieure Del pontificato e del culto di S. Adriano III, Modène, 1892).
28 45 114 120Maini, Le più antiche memorie del culto a Sant'Adriano III papa, Modène, 1890 (référence reprise de la bibliographie de la Catholic Encyclopedia, 1907 ; ouvrage non consulté directement).
29 46 115 121La Civiltà Cattolica, série XIV, vol. VI, 1890, p. 575-577, dossier consacré au culte de saint Adrien III à Nonantola en vue de la procédure de confirmation devant Léon XIII (référence reprise de la bibliographie de la Catholic Encyclopedia, 1907 ; fascicule non consulté directement).
30 47 122Notice "Papa Adriano III", Wikipedia (italien), https://it.wikipedia.org/wiki/Papa_Adriano_III (109ᵉ pape ; fils de Benedictus ; généalogie possible avec les comtes de Tusculum, non prouvée ; cardinal créé par Marin I ; culte confirmé par Léon XIII en 1891).
38 52 56 135Horace K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. III, The Popes during the Carolingian Empire, 795-891, Londres / Saint-Louis, Kegan Paul / B. Herder, 1906, chapitre "Hadrian III" (p. 360-366 de la 2e éd., Londres, 1925, d'après la bibliographie Treccani).
44Notice "Pope Adrian III (884-885)", gcatholic.org, https://gcatholic.org/hierarchy/pope/AR3.htm (pontificat 884.05.17 – 885.08 ; naissance vers 830 ; mort à 54 ans environ à Modène ; sépulture Basilica Abbaziale di San Silvestro I Papa à Nonantola ; fête 8 juillet d'après le Martyrologe romain de 2004 — la fiche date la canonisation équipollente au 10 juin 1891, date isolée : la notice FIU de Miranda, la Wikipedia anglophone, Britannica et la New Catholic Encyclopedia attestent toutes le décret du 2 juin 1891, seul retenu dans cet article).
50Notice "Pope Adrian III", Wikipedia (anglais), https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Adrian_III (élection 17 mai 884 ; mort 8 juillet 885 selon le Martyrologe romain, plus probablement août-septembre 885 selon la critique moderne ; nom de baptême Agapitus selon Jean Mabillon, confusion possible avec Agapet II selon Reginald L. Poole ; mission de Théodose de Brindisi ; lettre sur les juifs d'Espagne ; canonisation 2 juin 1891).
55 86 99 109"Adrian III", New World Encyclopedia, https://www.newworldencyclopedia.org/entry/Adrian_III (élection 17 mai 884 ; affrontement avec la faction aristocratique conduite par Formose ; aveuglement de Giorgio de l'Aventin ; châtiment public de la veuve aristocrate ; rôle dans la succession impériale ; mort en route vers Worms).
64 67 91 93 96 106William Fanning, "Papal Elections", The Catholic Encyclopedia, vol. XI, New York, Robert Appleton Company, 1911, New Advent, https://www.newadvent.org/cathen/11456a.htm (sur le statut des concessions impériales prétendues et leur caractère apocryphe ; n'attribue pas à Adrien III un décret authentique d'émancipation pontificale).
65"Saint Adrian III", Encyclopædia Britannica, https://www.britannica.com/biography/Saint-Adrian-III (pape de 884 à 885 ; mort c. septembre 885 près de Modène ; canonisation 2 juin 1891 ; fête 8 juillet ; remarqué pour avoir aidé les Romains pendant une famine).
70Fiche "Saint Adrien III", Nominis, Conférence des évêques de France, https://nominis.cef.fr/contenus/saint/2145/Saint-Adrien-III.html (109ᵉ pape, dix-huit mois de pontificat, zèle pour la réconciliation avec le patriarcat de Constantinople, lettres à Photius et à Charles le Gros, mort à Spilamberto, sépulture Nonantola, fête 8 juillet — texte adapté du Martyrologe romain).
85 88 89 101 132"I monaci traslano la salma di papa Adriano III verso l'abbazia", formelle du portail roman (c. 1122) de l'abbaye de Nonantola, notice du Museo Tattile Statale Omero, https://museoomero.it/opere/i-monaci-traslano-la-salma-di-papa-adriano-iii-verso-labbazia-formella-dal-portale-dellabbazia-di-nonantola/ (relief sculpté représentant la translation du corps d'Adrien III par les moines bénédictins vers l'abbaye).
112Analecta Bollandiana, t. XIII (1894), p. 60-62 (compte rendu critique : conclusions de Sickel sur la Vita Hadriani jugées fondées — lettres apocryphes, confusion entre Adrien I et Adrien III ; monographie de Quattrini, Del pontificato e del culto di S. Adriano III, Modène, 1892, jugée défectueuse et panégyrique ; existence admise d'un document ancien attestant le culte public ; l'index du volume renvoie à « Hadrianus III p. 60-62 »).
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