Michel Cérulaire (en grec Μιχαὴλ Α΄ Κηρουλάριος, Michaèl Kèroularios ; en latin Michael Caerularius) est le patriarche de Constantinople dont le nom reste attaché, plus qu'aucun autre, à la rupture de communion de 1054 entre l'Église de Rome et l'Église byzantine — l'événement que l'historiographie catholique et orthodoxe appellent communément le grand schisme d'Orient. Né à Constantinople vers l'an 1000 dans une famille sénatoriale, il occupe le siège patriarcal du 25 mars 1043 au 2 novembre 1058 et meurt en exil le 21 janvier 1059, avant d'avoir pu comparaître devant le tribunal impérial chargé de le juger[1][2].
Rien, dans sa jeunesse, ne le destinait à l'état ecclésiastique. Haut fonctionnaire ambitieux, il se compromet en 1040 dans un complot contre l'empereur Michel IV et n'échappe à la ruine totale qu'en embrassant la vie monastique après l'exil et le suicide de son propre frère[3][4]. Cette conversion contrainte façonne l'homme qui deviendra patriarche trois ans plus tard : un ancien homme d'État, énergique et autoritaire, peu formé à la théologie et à l'histoire ecclésiastique, mais redoutablement efficace dans l'exercice du pouvoir[5].
Patriarche, il impose l'uniformité liturgique dans un patriarcat étendu jusqu'en Russie et en Géorgie, ferme les églises latines de Constantinople, provoque puis conduit la rupture de 1054, se rend maître du jeu politique byzantin au point de couronner et de renverser des empereurs, avant de tomber lui-même, arrêté sur ordre d'Isaac Comnène et emporté par la mort en exil sans jamais avoir plié[6][7].
L'historiographie retient de lui un portrait contrasté : administrateur d'une énergie et d'une autorité rares, défenseur intransigeant de la tradition byzantine pour les uns, artisan personnel d'une rupture qui aurait pu être évitée pour les autres. Sept siècles plus tard, le pape saint Paul VI et le patriarche œcuménique Athénagoras Ier choisiront de lever nommément, le 7 décembre 1965, la sentence d'excommunication portée en 1054 contre sa personne[8].
Une ascension politique brisée par un complot
Une famille sénatoriale de Constantinople
Michel Cérulaire naît à Constantinople dans une famille appartenant à l'aristocratie sénatoriale de la capitale byzantine, sans que la date exacte de sa naissance soit connue avec certitude : les études le font naître « vers l'an 1000 », tandis que la biographie la plus détaillée disponible en français avance une fourchette comprise entre 1005 et 1010[9]. Cette incertitude, banale pour un cadet de grande famille non destiné d'emblée à un rôle public de premier plan, n'empêche pas le jeune Michel de mener très tôt une carrière dans la haute fonction publique impériale, qu'il poursuit jusqu'en 1040[10].
Le complot contre Michel IV et l'exil à Prinkipo
En 1040, Cérulaire se trouve impliqué dans un complot visant à renverser l'empereur Michel IV le Paphlagonien (règne 1034-1041), avec l'intention, selon les sources byzantines, de lui substituer un nouvel empereur[11]. Le complot est découvert. Michel et son frère sont exilés aux îles des Princes, dans la mer de Marmara, précisément à Prinkipo[12][13]. Cette sanction, relativement clémente au regard des usages byzantins qui punissaient souvent la trahison de mutilations ou de mort, met néanmoins un terme définitif à toute ambition politique directe de Cérulaire dans l'appareil d'État.
Le monastère plutôt que le pouvoir : la mort de son frère
C'est dans cet exil que le destin de Michel Cérulaire bascule. Son frère, frappé de la même sanction, se suicide plutôt que de survivre à la disgrâce[14]. Michel, lui, choisit une autre voie : il entre dans les ordres et embrasse la vie monastique, avec — selon l'interprétation la plus généralement retenue par les historiens — l'ambition, non de fuir le monde, mais de retrouver par l'Église le chemin d'un pouvoir désormais fermé par la voie politique ordinaire[15]. Rappelé d'exil sous le bref règne de Michel V Calaphate (décembre 1041 – avril 1042), il gagne la faveur du nouvel empereur Constantin IX Monomaque (règne 1042-1055), lui-même rescapé de plusieurs épisodes de disgrâce politique, qui le promeut à la dignité de syncelle — une fonction élevée de l'administration ecclésiastique constantinopolitaine, généralement considérée comme la marche qui précède immédiatement le patriarcat[16].
De moine à patriarche œcuménique
La faveur de Constantin IX Monomaque
À la mort du patriarche Alexis le Stoudite, en 1043, Constantin IX porte son choix sur Cérulaire sans procéder à une véritable délibération synodale. L'historien catholique John Chapman, auteur de la notice consacrée à Cérulaire dans la Catholic Encyclopedia, résume la scène d'une formule restée célèbre : « Il n'y eut pas d'élection : l'empereur alla comme une flèche au but. »[17]. Cérulaire est intronisé le 25 mars 1043[18].
« Il n'y eut pas d'élection : l'empereur alla comme une flèche au but. » — John Chapman, Michael Caerularius, The Catholic Encyclopedia, vol. 10, 1911[19]
Cette absence de procédure canonique normale n'est pas un simple détail administratif. Elle éclaire d'emblée un trait constant du patriarcat de Cérulaire : sa légitimité repose d'abord sur la faveur impériale, non sur un long discernement ecclésial — et l'homme qui doit son siège à un geste de cour saura, treize ans plus tard, retourner cette même logique contre les empereurs eux-mêmes.
Un titre revendiqué : « patriarche œcuménique »
Cérulaire fait un usage appuyé du titre de patriarche œcuménique, porté par les évêques de Constantinople depuis le VIᵉ siècle. Le terme grec oikoumenikos désignait, dans son sens byzantin d'origine, un rang honorifique lié à l'étendue de l'oikoumenè impériale — l'espace civilisé sous administration byzantine — et non une prétention à une juridiction universelle comparable à celle que Rome revendiquait pour le successeur de Pierre[20]. Le malentendu de traduction n'en devient pas moins, en 1054, un point de friction réel : lorsque la chancellerie patriarcale traduit ce titre en latin par universalis, les légats romains y perçoivent une usurpation directe de la primauté pontificale, tandis que Constantinople n'y voit qu'un usage protocolaire ancien[21]. Pour l'analyse complète de la controverse doctrinale sur la primauté romaine, voir Réponses aux objections orthodoxes.
Un patriarcat étendu à uniformiser
Le siège de Constantinople que Cérulaire hérite en 1043 n'est plus, au XIᵉ siècle, une simple métropole locale : depuis les conquêtes et les missions des IXᵉ et Xᵉ siècles, son autorité canonique s'étend en Asie Mineure, dans les Balkans, en Bulgarie, en Russie kiévienne et en Géorgie[22]. Dès son entrée en fonction, le nouveau patriarche s'attache à uniformiser la pratique religieuse dans cet espace immense, avec une attention particulière portée aux usages jugés hétérodoxes — notamment ceux des communautés arméniennes, accusées de célébrer l'Eucharistie avec du pain sans levain et de fixer différemment les dates du Carême[23]. Cette politique de centralisation liturgique, menée avec une énergie que même ses adversaires lui reconnaissent, prépare directement le terrain de l'affrontement avec Rome : les mêmes griefs liturgiques — azymes, jeûne du samedi — seront bientôt retournés contre l'Église latine elle-même.
Un patriarche autoritaire face aux Latins
Le mépris affiché envers Rome
Les historiens s'accordent à décrire, chez Cérulaire, une hostilité de fond envers la papauté et les usages latins, bien antérieure à la crise ouverte de 1053-1054[24]. L'historien byzantiniste Martin Jugie, dans l'étude qu'il consacre en 1937 au schisme de Michel Cérulaire dans la Revue des études byzantines, décrit un patriarche au caractère énergique et hautain, sans souplesse, dont la formation théologique et historique reste sensiblement plus limitée que celle de son lointain prédécesseur Photius — pourtant lui-même l'artisan d'un schisme temporaire au IXᵉ siècle, le schisme de Photius[25]. Ce déficit de culture ecclésiastique, joint à un tempérament peu enclin à la nuance, nourrit une intransigeance que ni la diplomatie impériale ni les tentatives de conciliation romaines ne parviennent à infléchir.
La fermeture des églises latines de Constantinople (fin 1052)
Vers la fin de l'année 1052, Cérulaire ordonne aux établissements religieux latins de Constantinople — églises et monastères tenus par des communautés d'origine occidentale, nombreuses dans une ville cosmopolite où marchands amalfitains, vénitiens et lombards résident en permanence — d'adopter les usages liturgiques grecs. Devant leur refus, il les fait fermer[26]. Cette décision contrecarre ouvertement la politique de rapprochement que mène alors l'empereur Constantin IX avec la papauté, engagée dans une alliance défensive commune contre l'avancée normande en Italie du Sud — la même menace normande qui conduira le pape saint Léon IX à sa désastreuse campagne militaire de Civitate en 1053[27]. Pour le contexte complet de cette alliance manquée et de la captivité de Léon IX, voir Pape saint Léon IX.
L'épisode révèle une tension structurelle du patriarcat de Cérulaire : l'empereur cherche un allié occidental contre un ennemi militaire commun, tandis que le patriarche agit en chef autonome d'un bloc ecclésial byzantin, quitte à contredire ouvertement la diplomatie de son souverain. Selon le récit qu'en donne John Chapman, le chancelier patriarcal serait même allé jusqu'à faire irruption dans les tabernacles latins et à fouler aux pieds les espèces eucharistiques qui y étaient conservées, au seul motif qu'elles avaient été consacrées avec du pain azyme[28] — un geste d'une violence symbolique extrême, rapporté par l'historiographie catholique ancienne sans que l'on puisse aujourd'hui en vérifier tous les détails avec une égale certitude.
La rupture de 1054
La lettre à Jean de Trani : le premier coup public
En 1053, Cérulaire fait rédiger par son allié Léon, archevêque d'Ohrid, une lettre adressée à Jean, évêque de Trani en Apulie (Italie du Sud byzantine), mais explicitement destinée à circuler jusqu'au pape et à l'ensemble de l'épiscopat franc[29][30]. Le texte énumère les griefs liturgiques que Constantinople reproche à l'Église latine : l'usage du pain sans levain (azyme) pour l'Eucharistie, le jeûne du samedi en carême, et plusieurs autres pratiques jugées contraires à la tradition apostolique reçue en Orient[31]. La lettre, mal traduite en circulant vers l'Occident, est perçue à Rome comme une provocation formelle plutôt que comme une remontrance fraternelle — un malentendu de traduction qui aggrave, dès l'origine, une querelle déjà tendue par des années de fermeture des églises latines.
Le pape Léon IX répond par une lettre doctrinalement dense, dont la version grecque qui circule à Constantinople s'écarte à son tour sensiblement du texte latin original : elle dépasse la seule question des usages liturgiques pour insister longuement sur la primauté de Pierre et de ses successeurs[32]. Deux textes mal traduits, lus par deux Églises qui ne se comprennent déjà plus tout à fait, préparent ainsi le terrain d'une confrontation frontale.
Niketas Stethatos et le pamphlet anti-latin
Le camp anti-latin de Constantinople trouve un porte-voix radical en la personne du moine Niketas Stethatos (v. 1005 – v. 1090), disciple de saint Syméon le Nouveau Théologien et figure spirituelle vénérée comme saint par la tradition orthodoxe elle-même[33]. En pleine crise de 1053-1054, Niketas publie un traité d'une virulence rare contre l'usage du pain azyme, le jeûne du samedi et le mariage des prêtres latins, qualifiant leurs tenants de termes rapportés par l'historiographie ancienne comme « chiens, mauvais ouvriers, schismatiques, hypocrites et menteurs »[34][35].
« Chiens, mauvais ouvriers, schismatiques, hypocrites et menteurs. » — Niketas Stethatos, traité contre les usages latins, 1054, tel que rapporté par la Catholic Encyclopedia[36]
Ce déchaînement verbal, loin d'être un simple débordement isolé, illustre la température réelle du parti que Cérulaire encourage et couvre de son autorité patriarcale. Il faudra la pression directe de l'empereur pour que Niketas soit contraint, en présence des légats pontificaux eux-mêmes, de rétracter publiquement son traité et de le jeter au feu — une rétractation que plusieurs historiens jugent purement formelle, tant l'homme reprendra par la suite des positions comparables[37].
La légation du cardinal Humbert
Le pape saint Léon IX envoie à Constantinople une légation conduite par le cardinal Humbert de Silva Candida (également appelé Humbert de Moyenmoutier), accompagné de Frédéric de Lorraine, chancelier du Saint-Siège et futur pape Étienne IX, et de Pierre, archevêque d'Amalfi[38]. La mission arrive à Constantinople au début de l'année 1054, dans un climat déjà lourdement chargé par la fermeture des églises latines, la lettre à Jean de Trani et le pamphlet de Niketas Stethatos.
Cérulaire, blessé de ce qu'il perçoit comme un manque d'égards protocolaires — les lettres portées par les légats ne lui étaient pas, selon l'usage byzantin, directement adressées avec les honneurs dus à son rang — refuse tout dialogue substantiel et conteste ouvertement l'autorité même des légats, arguant que le pape Léon IX, mort le 19 avril 1054, ne pouvait plus valablement les mandater[39]. Cette objection canonique, loin d'être une pure mauvaise foi, soulève une véritable difficulté de droit que l'historiographie catholique elle-même reconnaît : voir à ce sujet la section consacrée à ce point dans Pape saint Léon IX. Humbert, de tempérament peu conciliant, choisit néanmoins de maintenir la mission et d'aller jusqu'au bout du mandat reçu du vivant du pape.
16 juillet 1054 : la bulle sur l'autel de Sainte-Sophie
Le 16 juillet 1054, en pleine liturgie, le cardinal Humbert et ses deux compagnons déposent sur le maître-autel de Sainte-Sophie une bulle d'excommunication visant nommément Michel Cérulaire, l'archevêque Léon d'Ohrid, le chancelier patriarcal Michel Constantin (Constantin), et leurs partisans[40][41]. Deux jours plus tard, les légats quittent Constantinople pour rentrer à Rome[42]. Selon le récit qu'en donne John Chapman — un détail rapporté par l'historiographie catholique ancienne sans être également repris par tous les byzantinistes modernes — Cérulaire, une fois les légats déjà partis, aurait tenté de les faire revenir pour les faire mettre à mort, un projet resté sans suite faute d'avoir pu les rattraper à temps[43].
La sentence, il faut le souligner avec précision, ne visait pas l'ensemble du peuple byzantin ni même tout le clergé de Constantinople comme tel : les légats prenaient soin de distinguer l'empereur, le sénat et la population de la capitale, tenus pour orthodoxes, du seul cercle personnel du patriarche[44]. Cette précision, essentielle pour comprendre la portée exacte de la rupture, est développée plus longuement dans Le grand schisme d'Orient.
La réponse de Constantinople : l'anathème du 20 juillet
Cérulaire ne reçoit pas la sentence comme une simple mise en garde disciplinaire visant sa personne. Quatre jours plus tard, le 20 juillet 1054, le Grand Tribunal du patriarche jette à son tour l'anathème contre la bulle pontificale et fait brûler publiquement tous les exemplaires qui purent en être saisis, à l'exception d'un seul conservé aux archives patriarcales[45]. La traduction publique de la bulle latine en grec provoque une émeute dans la capitale ; pour l'apaiser, l'empereur doit faire arrêter le fils et le gendre du représentant impérial en Italie, Argyros — accusés d'avoir favorisé la légation romaine — et faire fouetter l'interprète responsable de la traduction[46].
Une querelle disciplinaire entre quelques hommes aurait pu, comme d'autres tensions passagères entre Rome et Constantinople, se refermer avec le temps. Mais la mémoire collective byzantine, puis occidentale, transforme progressivement cet incident en date fondatrice d'une rupture durable entre deux mondes ecclésiaux : les Églises orientales cessent peu à peu de commémorer le pape dans leurs diptyques liturgiques, tandis que l'Occident se pense de plus en plus comme la seule communion romaine séparée d'un Orient rebelle à la primauté pétrinienne[47]. L'analyse des causes profondes de cette rupture — Filioque, primauté romaine, différences liturgiques et disciplinaires — est développée intégralement dans Le grand schisme d'Orient et dans Réponses aux objections orthodoxes.
Ce que 1054 ne fut pas, et ce qu'il fut vraiment
Il importe de mesurer avec exactitude la portée canonique de l'épisode dont Michel Cérulaire est l'acteur central, sans quoi son rôle personnel resterait mal compris. Le droit canonique catholique définit le schisme comme le refus de soumission au Souverain Pontife ou le refus de communion avec les membres de l'Église qui lui sont soumis[48] — une définition volontairement ecclésiologique, qui décrit une rupture visible de communion plutôt qu'une négation frontale d'un dogme précis. Le Catéchisme de l'Église catholique rappelle d'ailleurs, dans les termes mêmes du concile Vatican II, que de telles ruptures se sont produites « parfois de par la faute des personnes de l'une et de l'autre partie »[49] — une formulation qui invite à juger la responsabilité personnelle de Cérulaire sans pour autant en faire le seul et unique artisan d'un processus historique aux racines beaucoup plus anciennes que 1053-1054.
« Dans cette seule et unique Église de Dieu apparurent dès l'origine certaines scissions [...] ; au cours des siècles suivants naquirent des dissensions plus amples, et des communautés considérables furent séparées de la pleine communion de l'Église catholique, parfois de par la faute des personnes de l'une et de l'autre partie. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 817, citant le décret conciliaire Unitatis Redintegratio, n. 3[50]
Ce qui distingue 1054 de tant d'autres querelles disciplinaires vite oubliées, ce n'est donc pas la gravité intrinsèque du différend liturgique sur les azymes ou le jeûne du samedi — un différend que l'Église catholique elle-même juge aujourd'hui secondaire et n'exige nullement de résoudre par l'uniformité —, mais l'intransigeance réciproque de deux personnalités fortes, Cérulaire d'un côté et Humbert de l'autre, agissant chacun sans mandat suffisamment assuré : le premier en fermant délibérément toute porte de dialogue avant même l'arrivée des légats, le second en maintenant une sentence solennelle alors que le pape qui l'avait mandaté était déjà mort. Sur ce point précis, l'historiographie catholique contemporaine reconnaît sans difficulté la part de responsabilité occidentale ; elle situe cependant l'initiative de la rupture — fermeture des églises latines dès 1052, lettre à Jean de Trani en 1053, refus de toute négociation en 1054 — du côté du patriarche[51][52].
Le maître de Constantinople (1054-1057)
Constantin IX Monomaque : un empereur débordé par son patriarche
Cérulaire sert sous Constantin IX Monomaque jusqu'à la mort de celui-ci, le 11 janvier 1055[53]. La politique de rapprochement que l'empereur menait avec Rome, on l'a vu, entrait déjà en conflit frontal avec l'action du patriarche avant même la rupture de 1054 ; après celle-ci, Constantin IX ne dispose plus des moyens politiques de désavouer publiquement un patriarche devenu, aux yeux du peuple byzantin, le défenseur intraitable de l'orthodoxie face à Rome.
Théodora Porphyrogénète : une inimitié sans suite
L'impératrice Théodora Porphyrogénète, dernière représentante de la dynastie macédonienne, règne seule du 11 janvier 1055 au 31 août 1056[54]. Cérulaire cherche, semble-t-il, à lui imposer le choix d'un époux susceptible de consolider sa propre influence sur le pouvoir impérial ; Théodora s'y oppose et s'attire de ce fait l'inimitié durable du patriarche. L'historien Jean Gouillard note que Théodora « l'eût déposé du patriarcat si de longues années de vie mortelle lui avaient été accordées »[55] — mais la mort de l'impératrice, quelques mois plus tard, referme cette occasion sans qu'aucune sanction n'ait pu être prise contre lui.
Faiseur et défaiseur d'empereurs : Michel VI puis Isaac Comnène
Sous Michel VI Bringas (1056-1057), que Cérulaire couronne lui-même, le patriarche bascule ouvertement dans l'action politique directe : il complote avec les généraux Isaac Comnène et Catacalon Cécauménos, tous deux publiquement humiliés par le nouvel empereur[56]. Le 8 juin 1057, Isaac est proclamé empereur par l'armée dans son domaine de Paphlagonie ; Michel VI, défait au cours de l'été, abdique à la fin du mois d'août 1057 et se fait moine à Sainte-Sophie sur les conseils mêmes de Cérulaire[57][58]. En l'espace de quatre ans, le patriarche a ainsi contribué à faire tomber la papauté en état de rupture avec son Église, puis à renverser un empereur légitimement couronné par ses soins.
Sous Isaac Ier Comnène (1057-1059), Cérulaire atteint le sommet de sa puissance politique : il obtient une autorité exclusive sur le personnel et les finances de Sainte-Sophie, et ses neveux accèdent à des postes administratifs de premier plan[59]. L'historien Jean Gouillard relève même que Cérulaire va jusqu'à invoquer la Donation de Constantin — ce document apocryphe médiéval par lequel l'empereur Constantin aurait cédé au pape des prérogatives temporelles considérables — pour revendiquer, à son tour, des privilèges de nature quasi impériale[60]. L'ironie historique est frappante : le patriarche qui vient de rompre avec Rome au nom de la fidélité orientale à la tradition apostolique en arrive à se réclamer, pour asseoir son propre pouvoir, du même type d'argument que ceux qu'il reprochait implicitement à la papauté d'invoquer en Occident.
Les bottines pourpres : un patriarche qui s'habille en empereur
Confronté à un déficit budgétaire, Isaac Comnène révoque les exemptions fiscales accordées aux monastères et aux églises et procède à des expropriations de biens ecclésiastiques, en s'appuyant sur une législation ancienne remontant à l'empereur Nicéphore II Phocas[61]. Cérulaire proteste ouvertement et menace de renverser l'empereur comme il l'avait lui-même porté au pouvoir deux ans plus tôt. Il commence même à porter les bottines de pourpre, un signe vestimentaire jusqu'alors réservé au seul empereur, affirmant par ce geste symbolique l'égalité — sinon la supériorité — du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel[62].
Le chroniqueur byzantin Michel Psellos, contemporain direct des événements et lui-même acteur de la cour impériale, résume cette dérive dans une formule restée célèbre, rapportée par la Catholic Encyclopedia :
« Il unissait en lui-même la royauté et le sacerdoce ; il tenait la croix dans sa main tandis que les lois impériales sortaient de sa bouche. » — Michel Psellos, Chronographia, tel que cité et traduit par la Catholic Encyclopedia[63]
La chute et la mort
Un conflit ouvert avec Isaac Comnène
L'affrontement entre le patriarche et l'empereur qu'il avait lui-même porté au trône devient à ce point insoluble qu'Isaac Comnène décide d'agir avant d'être lui-même renversé à son tour. Le climat de défiance mutuelle s'installe durablement dans la seconde moitié de l'année 1058, alors que Cérulaire, fort de son prestige populaire et de sa mainmise sur les finances de Sainte-Sophie, ne cache plus ses ambitions de contrôle sur le pouvoir temporel lui-même.
L'arrestation du 8 novembre 1058
Le 8 novembre 1058, six jours après sa déposition de fait, alors que le patriarche se trouve en visite dans une église hors des murs de Constantinople, Isaac le fait arrêter par la garde varègue — le corps d'élite impérial composé de mercenaires scandinaves et russes — et le fait conduire au Prokonnèse, une île de la mer de Marmara[64]. L'empereur exerce ensuite une forte pression sur Cérulaire pour l'amener à démissionner volontairement de son siège patriarcal, sans succès : le vieux patriarche résiste jusqu'au bout à toute démission[65].
L'acte d'accusation de Michel Psellos
Pour contourner la résistance du patriarche, Isaac Comnène convoque un synode en Thrace, délibérément tenu loin de Constantinople où la popularité de Cérulaire reste considérable, et charge son ancien rival intellectuel Michel Psellos de rédiger l'acte d'accusation formel contre lui[66][67]. Ce document — que les historiens qualifient encore aujourd'hui de riche en détails circonstanciés, quoique évidemment orienté à charge — accuse Cérulaire d'hérésie, de trahison et de recours à des pratiques occultes ou magiques[68]. La qualification d'hérésie relève ici davantage de l'arme politique que d'une accusation doctrinale sérieusement instruite : aucune procédure canonique en bonne et due forme n'aura le temps d'établir la validité de ces charges.
Une mort avant le procès (21 janvier 1059)
Michel Cérulaire meurt subitement le 21 janvier 1059, dans la région du Prokonnèse ou lors de son transfert vers Madytos, sur l'Hellespont, avant d'avoir pu comparaître devant le tribunal réuni contre lui[69]. Une tradition rapportée par la Catholic Encyclopedia de 1913 évoque un naufrage survenu lors de ce transfert, dont les conséquences physiques auraient précipité sa mort[70] ; cette version, plus ancienne, n'est cependant pas reprise par l'ensemble des synthèses biographiques modernes, qui retiennent plus sobrement une mort survenue en exil, sans nécessairement mentionner de naufrage[71]. Dans les deux cas, un fait demeure certain et solidement établi par l'ensemble des sources : Cérulaire meurt sans avoir jamais cédé, sans avoir démissionné et sans avoir été formellement condamné par un procès mené à son terme.
À l'annonce de sa mort, la population de Constantinople, qui vénérait en lui le défenseur intraitable de l'orthodoxie byzantine face à Rome, manifeste bruyamment sa colère[72]. Isaac Comnène, contraint de reprendre la situation en main par la seule force de l'armée, y perd durablement en popularité : il abdique à son tour moins d'un an plus tard, le 22 novembre 1059, et se retire au monastère du Stoudion[73]. L'empereur nomme comme successeur de Cérulaire Constantin III Lichoudès, un lettré réputé pour sa modération.
Le jugement de l'histoire
Le paradoxe de Michel Psellos
L'épilogue le plus étonnant de l'histoire de Michel Cérulaire tient peut-être à l'attitude de son propre accusateur. Michel Psellos, chargé par Isaac Comnène de rédiger l'acte d'accusation contre le patriarche déchu, prononce quelques semaines plus tard son éloge funèbre et le décrit rétrospectivement comme un homme incompris et admirable[74]. Ce retournement, loin d'être une simple habileté de courtisan changeant de camp selon le vent politique, traduit la place réelle que Cérulaire occupait déjà, de son vivant, dans l'imaginaire byzantin : celle d'un défenseur intraitable de l'identité ecclésiale orientale, dont la dureté de caractère pouvait être blâmée sans que sa cause elle-même fût mise en doute.
Un administrateur énergique, un théologien limité
L'évaluation la plus équilibrée que l'historiographie moderne propose de Michel Cérulaire tient en une tension. D'un côté, un administrateur capable et d'une énergie redoutable, qui réussit à centraliser durablement l'autorité patriarcale sur un espace immense et à s'imposer, en l'espace d'une quinzaine d'années, comme le véritable arbitre du pouvoir à Constantinople[75]. De l'autre, un homme dont la formation théologique et historique restait, selon le jugement même des byzantinistes, sensiblement inférieure à celle de ses plus grands prédécesseurs, et dont l'intolérance envers la diversité liturgique — pourtant une caractéristique traditionnelle de l'Église indivise des dix premiers siècles — a directement nourri l'escalade de 1053-1054[76].
Contrairement à Photius, dont le schisme du IXᵉ siècle fut suivi d'une réconciliation formelle et dont la mémoire est vénérée comme celle d'un saint et d'un Père de l'Église par la tradition orthodoxe, Michel Cérulaire n'a jamais fait l'objet d'une canonisation ni reçu de fête liturgique propre dans le calendrier byzantin — un contraste que ne mentionnent pas les sources hagiographiques orthodoxes de référence consultées pour cet article[77]. Ses successeurs immédiats instituèrent néanmoins en son honneur des commémorations annuelles, signe d'une estime populaire durable qui n'équivaut cependant pas à une reconnaissance officielle de sainteté[78].
1965 : Paul VI et Athénagoras lèvent la sentence
Neuf siècles après les événements, le pape saint Paul VI et le patriarche œcuménique Athénagoras Ier choisissent, le 7 décembre 1965, au terme du concile Vatican II, de faire un geste directement adressé à la mémoire de Michel Cérulaire. Leur déclaration commune évoque explicitement « le souvenir des décisions, actes et incidents pénibles, qui ont abouti en 1054 à la sentence d'excommunication portée contre le patriarche Michel Cérulaire et deux autres personnalités par les légats du siège romain, conduits par le cardinal Humbert »[79].
« [Paul VI et Athénagoras Ier déclarent] regretter [...] et enlever de la mémoire et du milieu de l'Église les sentences d'excommunication qui les ont suivis [...]. » — Paul VI et Athénagoras Ier, Déclaration commune, 7 décembre 1965, § 4[80]
Le texte prend soin de préciser que les censures de 1054 « portaient sur les personnes visées et non sur les Églises et n'entendaient pas rompre la communion ecclésiastique »[81] — confirmant a posteriori, par la voix la plus autorisée qui soit, l'analyse déjà développée plus haut sur la portée strictement personnelle de la sentence de 1054. Le nom de Michel Cérulaire, effacé de la mémoire de l'excommunication qui pesait sur lui depuis neuf siècles, demeure cependant indissociable de l'histoire d'une rupture dont les conséquences ecclésiales, elles, ne sont toujours pas surmontées. Pour le détail des tentatives d'union ultérieures — Lyon II, Florence — et de l'état actuel des relations entre catholiques et orthodoxes, voir Réponses aux objections orthodoxes et Le grand schisme d'Orient.
Repères : les quatre empereurs de Michel Cérulaire
Le tableau suivant situe le patriarcat de Cérulaire par rapport aux quatre règnes impériaux successifs qu'il traverse, entre sa nomination en 1043 et sa mort en exil en 1059.
| Empereur | Règne | Relation avec Michel Cérulaire | Issue |
|---|---|---|---|
| Constantin IX Monomaque | 1042-1055 | Le nomme patriarche en 1043 ; cherche un rapprochement avec Rome contre les Normands, contrecarré par la fermeture des églises latines dès 1052 | Meurt le 11 janvier 1055 sans avoir pu contenir le patriarche |
| Théodora Porphyrogénète | 1055-1056 | Refuse de laisser Cérulaire influencer le choix de son époux ; envisage de le déposer | Meurt le 31 août 1056 avant d'avoir pu agir |
| Michel VI Bringas | 1056-1057 | Couronné par Cérulaire, puis renversé avec sa complicité active au profit d'Isaac Comnène | Proclamé par l'armée le 8 juin 1057, il est défait puis abdique fin août 1057 et se fait moine sur les conseils du patriarche |
| Isaac Ier Comnène | 1057-1059 | Porté au pouvoir par Cérulaire, puis en conflit ouvert avec lui sur les biens ecclésiastiques et les prérogatives symboliques | Le fait arrêter le 8 novembre 1058 ; Cérulaire meurt en exil sans procès le 21 janvier 1059 |
Chronologie de Michel Cérulaire
- Vers 1000Naissance à Constantinople
Naissance dans une famille sénatoriale de Constantinople ; certaines études situent cette naissance entre 1005 et 1010[82].
- 1040Complot contre Michel IV et exil à Prinkipo
- 25 mars 1043Intronisation comme patriarche de Constantinople
- Fin 1052Fermeture des églises latines de Constantinople
Cérulaire ordonne la fermeture des établissements latins qui refusent d'adopter les usages liturgiques grecs[87].
- 1053Lettre à Jean de Trani
Léon d'Ohrid rédige, sur ordre de Cérulaire, une lettre condamnant les usages latins destinée à circuler jusqu'au pape[88].
- 19 avril 1054Mort du pape saint Léon IX
Le pape meurt avant que la sentence de ses légats ne soit rendue publique à Constantinople[89].
- 16 juillet 1054Bulle d'excommunication sur l'autel de Sainte-Sophie
Le cardinal Humbert dépose une sentence d'excommunication visant Cérulaire, Léon d'Ohrid et leurs partisans[90].
- 20 juillet 1054Anathème du synode contre les légats
Le Grand Tribunal patriarcal condamne à son tour les légats et fait brûler la bulle latine[91].
- 8 juin 1057Proclamation d'Isaac Comnène par l'armée
- Fin août 1057Abdication de Michel VI
- 8 novembre 1058Arrestation et exil au Prokonnèse
Isaac Comnène, en conflit avec le patriarche sur les biens d'Église, le fait arrêter par la garde varègue[96].
- 21 janvier 1059Mort en exil, avant le procès
Cérulaire meurt sans avoir démissionné ni comparu devant le tribunal réuni contre lui[97].
- 7 décembre 1965Levée de la sentence de 1054
Le pape saint Paul VI et le patriarche Athénagoras Ier lèvent nommément la sentence d'excommunication portée en 1054 contre Cérulaire[98].
Pour aller plus loin
- Le grand schisme d'Orient — l'analyse complète des causes, des enjeux doctrinaux et des conséquences durables de la rupture de 1054.
- Pape saint Léon IX — le pape dont la légation, envoyée avant sa mort, aboutit à la sentence du 16 juillet 1054.
- Réponses aux objections orthodoxes — le dossier doctrinal complet : Filioque, primauté pontificale, azymes, et levée des anathèmes de 1965.
- Le schisme de Photius — la première grande crise entre Constantinople et Rome, deux siècles avant Michel Cérulaire.
- Saint Paul VI — le pape qui lève, en 1965, la sentence portée contre Cérulaire neuf siècles plus tôt.
- Le concile Vatican II — le concile au terme duquel la déclaration commune de 1965 fut solennellement lue.
Notes et sources
Notes et références
Jean Gouillard, docteur ès lettres, directeur d'études à l'École pratique des hautes études, « Michel Cérulaire », Encyclopædia Universalis, notice biographique en ligne. Origine sénatoriale, complot de 1040, nomination par Constantin IX Monomaque en 1043, fermeture des églises latines, légation romaine et bulle du 16 juillet 1054, rôle dans la déposition de Michel VI et l'avènement d'Isaac Ier Comnène, recours à la Donation de Constantine pour revendiquer des privilèges quasi impériaux, mort à Madytos en exil, commémorations instituées par ses successeurs. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/michel-cerulaire/.
1 44 47 55 60 78Synthèse biographique croisée avec Chapman (Catholic Encyclopedia, 1911) et Gouillard (Encyclopædia Universalis) pour les dates et faits suivants : naissance entre 1000 et 1010, complot de 1040, exil à Prinkipo, entrée en religion, promotion au rang de syncelle sous Constantin IX Monomaque, intronisation le 25 mars 1043, politique d'uniformisation liturgique dans un patriarcat étendu à la Russie et à la Géorgie, fermeture des églises latines fin 1052, lettre à Jean de Trani en 1053, titre de « patriarche œcuménique » et malentendu de traduction, légation d'Humbert de Silva Candida et de Frédéric de Lorraine, bulle du 16 juillet 1054, anathème du synode du 20 juillet 1054, émeute et répression de l'interprète, mort de Constantin IX le 11 janvier 1055, règne de Théodora (1055-1056), couronnement puis déposition de Michel VI Bringas (abdication fin août 1057), proclamation d'Isaac Ier Comnène le 8 juin 1057 et couronnement le 1er septembre 1057, conflit sur les biens ecclésiastiques, port des bottines pourpres, arrestation du 8 novembre 1058, acte d'accusation de Michel Psellos, mort le 21 janvier 1059, succession de Constantin III Lichoudès, abdication d'Isaac Comnène le 22 novembre 1059. Article « Michel Ier Cérulaire », Wikipédia en français, version consultée en juillet 2026, utilisé comme relais de vérification factuelle croisée, non comme autorité doctrinale.
2 4 6 9 10 11 12 15 16 18 20 21 22 23 24 26 30 38 40 45 46 53 54 56 57 59 61 62 64 65 66 68 69 71 72 73 75 82 83 86 87 90 91 92 94 96 97John Chapman, « Michael Caerularius », The Catholic Encyclopedia, vol. 10, Robert Appleton Company, New York, 1911 ; transcription Wikisource/New Advent. Biographie, complot de 1040, intronisation sans élection en 1043, fermeture des églises latines, lettre à Jean de Trani, pamphlet de Niketas Stethatos, légation d'Humbert de Silva Candida, bulle du 16 juillet 1054, citation de Michel Psellos sur le cumul du pouvoir spirituel et temporel, acte d'accusation de Psellos, mort en exil et éloge funèbre posthume par Psellos. URL : https://www.newadvent.org/cathen/10273a.htm.
3 7 13 14 17 19 27 28 29 31 32 34 36 39 41 42 43 52 63 67 70 74 84 85 88 89Martin Jugie, « Le schisme de Michel Cérulaire », Revue des études byzantines (anciennement Échos d'Orient), t. 36, n° 188, 1937, p. 440-473. Caractère énergique et hautain de Cérulaire, absence de souplesse et de formation théologique et historique approfondie comparée à celle de Photius, responsabilité principale dans l'escalade de 1053-1054. DOI : 10.3406/rebyz.1937.2915. URL : https://www.persee.fr/doc/rebyz_1146-9447_1937_num_36_188_2915.
5 25 51 76Paul VI et Athénagoras Ier, Déclaration commune du pape Paul VI et du patriarche Athénagoras Ier, 7 décembre 1965, § 2 : « le souvenir des décisions, actes et incidents pénibles, qui ont abouti en 1054 à la sentence d'excommunication portée contre le patriarche Michel Cérulaire et deux autres personnalités par les légats du siège romain, conduits par le cardinal Humbert ». URL : https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/speeches/1965/documents/hf_p-vi_spe_19651207_common-declaration.html.
8 79 98Encyclopaedia Britannica et Encyclopedia.com, notices biographiques « Nicetas Stethatos » (Niketas Stethatos, v. 1005 – v. 1090), mystique et théologien byzantin vénéré comme saint par l'Église orthodoxe, disciple de saint Syméon le Nouveau Théologien, auteur en 1054 d'un traité virulent contre les usages latins (azymes, jeûne du samedi, mariage des prêtres), contraint par l'empereur à une rétractation publique en présence des légats pontificaux et à jeter son traité au feu, rétractation jugée insincère par une partie de l'historiographie. URL : https://www.britannica.com/biography/Nicetas-Stethatos ; https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/nicetas-stethatos.
33 35 37Code de droit canonique, canon 751 : le schisme est défini comme le refus de soumission au Souverain Pontife ou de communion avec les membres de l'Église qui lui sont soumis. Voir aussi l'article Ignispedia Le grand schisme d'Orient, section « Le mot schisme dans le droit catholique ».
48Catéchisme de l'Église catholique, § 817, citant le décret conciliaire Concile Vatican II, Unitatis Redintegratio, n. 3 : « De fait, dans cette seule et unique Église de Dieu apparurent dès l'origine certaines scissions, que l'apôtre réprouve avec vigueur comme condamnables ; au cours des siècles suivants naquirent des dissensions plus amples, et des communautés considérables furent séparées de la pleine communion de l'Église catholique, parfois de par la faute des personnes de l'une et de l'autre partie. » URL : https://www.vatican.va/archive/FRA0013/_INDEX.HTM.
49 50Encyclopaedia Britannica, notice « Isaac I Comnenus » : entrée d'Isaac dans le complot contre Michel VI, proclamation par l'armée en Paphlagonie en juin 1057, abdication de Michel VI le 31 août 1057 et couronnement d'Isaac le lendemain. URL : https://www.britannica.com/biography/Isaac-I-Comnenus.
58 93 95OrthodoxWiki, notice « Michael I Cerularius of Constantinople », consultée en juillet 2026 : biographie sommaire, rôle dans le schisme de 1054, absence de toute mention de canonisation, de fête liturgique ou de vénération comme saint, à la différence du traitement réservé par la même source de référence à Photius de Constantinople. URL : https://orthodoxwiki.org/Michael_I_Cerularius_of_Constantinople.
77Paul VI et Athénagoras Ier, Déclaration commune, 7 décembre 1965, § 4 : décision de « regretter [...] et enlever de la mémoire et du milieu de l'Église les sentences d'excommunication qui les ont suivis ». Même URL que les notes précédentes.
80Paul VI et Athénagoras Ier, Déclaration commune, 7 décembre 1965, § 3 : les censures de 1054 « portaient sur les personnes visées et non sur les Églises et n'entendaient pas rompre la communion ecclésiastique ». Même URL que la note précédente.
81Wikimedia Commons, « Empress Zoe mosaic Hagia Sophia.jpg », photographie par Myrabella, mosaïque de Sainte-Sophie représentant le Christ avec Constantin IX Monomaque et l'impératrice Zoé, domaine public. URL : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Empress_Zoe_mosaic_Hagia_Sophia.jpg.
99Wikimedia Commons, « Hagia Sophia interior March 2008.jpg », photographie par Gryffindor, vue intérieure de Sainte-Sophie, domaine public. URL : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hagia_Sophia_interior_March_2008.jpg.
100Wikimedia Commons, « Histamenon of Isaac I.jpg », photographie CNG d'un histaménon d'or d'Isaac Ier Comnène, licence CC BY-SA 2.5. URL : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Histamenon_of_Isaac_I.jpg.
101Wikimedia Commons, « Michael Psellos.jpg », miniature de Michel Psellos issue du codex 234 du monastère du Pantokrator au mont Athos, auteur inconnu, domaine public. URL : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Michael_Psellos.jpg.
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