Au cœur des montagnes de l'Ombrie, dans la haute vallée de la Valnerina, le petit bourg de Cascia abrite l'un des sanctuaires les plus fréquentés d'Italie : la basilique de Santa Rita, posée sur la colline de Sant'Agostino, dont la masse blanche de travertin domine les toits de pierre de la cité. Ce n'est pas une cathédrale médiévale ni une grande basilique romaine : c'est un sanctuaire né au XXᵉ siècle, construit entre 1937 et 1947 pour accueillir les foules venues prier devant le corps de sainte Rita, et adossé au monastère augustinien où la sainte vécut plus de quarante ans.[1]
Cet article traite du lieu : la colline et le monastère du XIIIᵉ siècle, la genèse du grand sanctuaire portée par la bienheureuse Maria Teresa Fasce, la longue construction interrompue par la guerre, l'architecture moderne et néo-byzantine de la basilique, la chapelle où repose l'urne de la sainte, la basilique inférieure de 1988 qui garde la relique du miracle eucharistique de Cascia, les moniales augustiniennes qui en assurent la garde, et le pèlerinage qui, autour de la fête du 22 mai et de la bénédiction des roses, fait de Cascia une destination internationale.
La vie de sainte Rita elle-même — son mariage, son veuvage, son entrée tardive au monastère, la plaie au front, sa réputation de « sainte des causes impossibles » — relève d'un dossier distinct ; on ne l'évoque ici que dans la mesure où elle explique pourquoi un monastère de montagne est devenu un grand sanctuaire.[2] De même, le miracle eucharistique de 1330 conservé sur place a son propre article : on le présente ici comme trésor du lieu, sans refaire l'histoire complète du prodige.
Cascia, la Valnerina et la colline de Sant'Agostino
Un bourg de montagne de l'Ombrie
Cascia est une commune de la province de Pérouse, en Ombrie, blottie dans la Valnerina — la vallée de la haute Nera — à environ 600 mètres d'altitude, entre les Apennins ombriens et la frontière des Marches.[3] C'est une terre de montagne, marquée par les séismes qui ont régulièrement frappé la région : un fait qui pèsera lourd dans l'histoire architecturale du sanctuaire, bâti au XXᵉ siècle dans un style monumental précisément parce que les édifices anciens avaient souffert et que l'on voulait un écrin durable.
Le sanctuaire ne se dresse pas au centre exact du bourg médiéval, mais sur une éminence, la colline de Sant'Agostino, ainsi nommée parce qu'elle accueillait depuis des siècles la présence augustinienne. C'est là, à flanc de pente, que se concentrent aujourd'hui la basilique, le monastère et les bâtiments d'accueil : un ensemble qui forme moins une église isolée qu'une petite cité spirituelle.[4]
Le monastère où vécut sainte Rita
Le noyau historique du sanctuaire n'est pas la basilique, mais le monastère. Fondé au XIIIᵉ siècle et placé d'abord sous le vocable de sainte Marie-Madeleine (Santa Maria Maddalena), il appartient depuis l'origine à la famille augustinienne.[5] C'est dans cette communauté que sainte Rita (vers 1381-1457) entra après son veuvage et qu'elle vécut plus de quarante ans, jusqu'à sa mort — toute la part « religieuse » de sa vie s'est déroulée entre ces murs.[6]
Du monastère ancien subsistent des espaces que les pèlerins peuvent encore approcher : la cellule où la sainte demeura, un chœur du XVIᵉ siècle, et un jardin où l'on entretient une roseraie (roseto) en mémoire de la rose que, selon la tradition, Rita demanda en plein hiver.[7] Ces lieux relèvent du récit hagiographique ; ce qui importe pour comprendre le sanctuaire, c'est qu'ils sont restés habités : la communauté des moniales augustiniennes n'a jamais quitté la colline, et c'est autour de leur clôture que tout le reste s'est greffé.
La genèse d'un grand sanctuaire (1900-1937)
La canonisation de 1900 et l'afflux des pèlerins
Pendant des siècles, le tombeau de Rita fut une dévotion régionale, vénérée dans l'étroite église du monastère. Tout change au tournant du XXᵉ siècle : la canonisation de Rita, proclamée par Léon XIII en 1900, donne à la dévotion une dimension universelle et provoque un afflux de pèlerins que la petite église conventuelle ne peut plus contenir.[8] Le problème devient concret et matériel : où mettre la foule ? C'est de cette saturation qu'est né le projet d'un grand sanctuaire.
Madre Maria Teresa Fasce, l'âme du projet
L'artisane du nouveau sanctuaire est une moniale : mère Maria Teresa Fasce (1881-1947), Génoise devenue abbesse du monastère de Cascia.[9] Femme d'organisation autant que de prière, elle comprit que pour faire connaître sainte Rita au monde, il fallait à la fois un instrument de diffusion et un édifice digne de l'accueil. Elle fonda pour cela un bulletin de dévotion, Dalle Api alle Rose (« Des abeilles aux roses »), et c'est dans ses pages, en juin 1925, que le projet d'un grand sanctuaire fut lancé publiquement pour la première fois.[10] Elle diffusa la figure de sainte Rita par tous les moyens, avec une conviction simple : il fallait à la sainte des causes impossibles une basilique digne d'elle.[11]
Du rêve au chantier : Brasini, Chiapetta, Calori
Le passage du rêve au plan fut laborieux. Un premier projet, confié à l'architecte romain Armando Brasini, se révéla trop coûteux et démesuré pour les moyens du monastère.[12] En 1931, sur le conseil de don Luigi Orione, mère Fasce écrivit au pape Pie XI : celui-ci fit un don substantiel et chargea son propre ingénieur, Maria Spirito Chiapetta, de dessiner un nouveau projet à une échelle réalisable.[13] Le plan fut ensuite révisé par les architectes Giuseppe Calori et Giuseppe Martinenghi, qui lui donnèrent sa forme définitive en croix grecque.[14] De ce parcours naît un édifice de compromis fécond : assez vaste pour les foules, assez sobre pour être financé par les seules offrandes des dévots.
La construction de la basilique (1937-1947)
La première pierre (20 juin 1937)
Le 20 juin 1937, Cascia vécut une journée historique : la première pierre de la basilique fut posée et bénie par le cardinal Enrico Gasparri.[15] Le chantier, ouvert sur la colline de Sant'Agostino, mobilisa pendant dix ans les ressources rassemblées par mère Fasce auprès des fidèles du monde entier — un financement populaire, fait de petites offrandes et de sacrifices, à la mesure d'une sainte invoquée par les pauvres et les désespérés.[16]
La guerre et la mort de Madre Fasce
La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) ralentit considérablement les travaux : matériaux rares, main-d'œuvre mobilisée, économie exsangue.[17] Mère Fasce ne verra pas l'achèvement de son œuvre : elle mourut le 18 janvier 1947, quelques mois seulement avant la consécration.[18] Le détail est poignant — celle qui avait porté le projet pendant plus de vingt ans s'éteignit alors que l'édifice n'était pas tout à fait terminé, comme une bâtisseuse rappelée avant l'inauguration de sa cathédrale.
La consécration (18 mai 1947)
Le 18 mai 1947, la basilique fut solennellement consacrée.[19] Le même jour, le corps de sainte Rita, jusque-là conservé dans l'ancienne église du monastère, fut transféré dans la nouvelle basilique et déposé dans l'urne préparée pour lui.[20] Dix ans après la première pierre, la colline de Sant'Agostino avait son grand sanctuaire ; il ne restait plus qu'à le faire reconnaître par l'Église universelle.
Voici les grandes étapes de cette genèse, du premier projet à la consécration :
| Date | Étape du sanctuaire |
|---|---|
| 1900 | Canonisation de sainte Rita par Léon XIII ; afflux de pèlerins |
| Juin 1925 | Lancement public du projet dans le bulletin Dalle Api alle Rose |
| 1931 | Projet Brasini jugé trop coûteux et réduit ; don de Pie XI, nouveau plan de Maria Spirito Chiapetta, révisé par Calori-Martinenghi |
| 20 juin 1937 | Pose de la première pierre par le cardinal Enrico Gasparri |
| 1939-1945 | La guerre ralentit le chantier |
| 18 janvier 1947 | Mort de mère Maria Teresa Fasce |
| 18 mai 1947 | Consécration de la basilique ; transfert du corps de sainte Rita |
| 1ᵉʳ août 1955 | Élévation au rang de basilique mineure (Pie XII) |
| 1988 | Inauguration de la basilique inférieure |
L'élévation au rang de basilique mineure (1955)
Le 1ᵉʳ août 1955, le pape Pie XII éleva l'église au rang de basilique mineure.[21] Ce titre, accordé par le Saint-Siège, consacrait la stature nouvelle d'un sanctuaire qui, en moins de vingt ans, était passé de l'étroite chapelle conventuelle au rang de pôle de pèlerinage national, bientôt international.
L'architecture de la basilique supérieure
Un plan en croix grecque et une grande coupole
L'édifice consacré en 1947 adopte un plan centré en croix grecque : quatre bras de longueur égale rayonnant autour d'une coupole centrale, et terminés par quatre grandes absides.[22] Ce parti, hérité de l'architecture byzantine et des grands édifices à plan central, oriente tout l'espace vers le centre lumineux de la coupole, sous laquelle se déploie la liturgie. Des colonnades soutiennent une galerie haute (matroneum), ce qui donne à l'intérieur une ampleur et une verticalité dignes des foules qu'il doit contenir.[23]
L'ensemble relève d'un style que les guides qualifient de moderne et néo-byzantin : moderne par sa structure et ses volumes du XXᵉ siècle, néo-byzantin par son plan central, ses coupoles et son décor de mosaïques et de grandes peintures.[24]
La façade de travertin de Tivoli
La façade, tournée vers le parvis en pente, est revêtue du blanc pur du travertin de Tivoli, encadrée de deux clochers.[25] Ce parement de pierre claire, lumineux sous le soleil d'Ombrie, est l'élément qui frappe d'abord le visiteur : il signale de loin le sanctuaire et tranche, par sa blancheur monumentale, sur la pierre grise et brune du bourg ancien. Le portail central est orné de scènes sculptées de la vie de sainte Rita, œuvre du sculpteur Eros Pellini.[26]
Le décor : Montanarini, Ferrazzi, Manzù
L'intérieur de la basilique est un véritable musée de l'art sacré italien du XXᵉ siècle, fruit d'une campagne décorative qui mobilisa plusieurs grands noms. La coupole centrale fut couverte de fresques par Luigi Montanarini — une vaste composition d'environ 300 m² dominée par la colombe de l'Esprit Saint.[27] Les autres absides et chapelles reçurent des fresques de Luigi Filocamo, Silvio Consadori, Gisberto Ceracchini, Cesarino Vincenzi et, pour l'abside dédiée à la sainte, de Ferruccio Ferrazzi, auteur d'une Sainte Rita en gloire.[28] L'autel majeur est l'œuvre du sculpteur Giacomo Manzù, l'un des plus célèbres artistes italiens du siècle ; les vitraux sont dus à Armando Marrocco et à Consadori, et l'orgue à la manufacture Pinchi.[29]
Tout, dans la basilique de Cascia, converge vers l'urne de la sainte : la coupole de Montanarini, les absides peintes, l'autel de Manzù ne sont que l'écrin monumental d'un corps.[30]
La chapelle et l'urne de sainte Rita
Le cœur de la basilique supérieure est la chapelle de sainte Rita, aménagée dans l'une des quatre absides et traitée dans un style néo-byzantin soigné.[31] Le corps de la sainte y repose dans une urne de verre, elle-même enchâssée dans un sarcophage de marbre réalisé en 1930 et installé dans la basilique le jour de la consécration, le 18 mai 1947.[32] L'arche de marbre porte sur ses faces les figures des vertus cardinales, et une grille de fer forgé protège l'ensemble.[33]
C'est devant cette urne que se concentre la dévotion : les pèlerins défilent, prient, déposent des intentions. Le sanctuaire ne présente pas le corps comme une curiosité, mais comme le terme du pèlerinage — la raison même pour laquelle la basilique a été bâtie. Sur la question de la conservation des corps de saints et de la vénération catholique des reliques, voir Les corps incorruptibles et Pourquoi vénérer les reliques ?.[34]
La basilique inférieure (1988) : un sanctuaire dans le sanctuaire
Une crypte devenue basilique
Sous la basilique supérieure, l'espace qui servait à l'origine de crypte fut aménagé et inauguré en 1988 comme basilique inférieure.[35] Ce second sanctuaire, plus intime, n'est pas un simple sous-sol : il rassemble trois mémoires majeures du lieu — le tombeau de la fondatrice, les restes d'un bienheureux augustinien, et la relique d'un miracle eucharistique — qui en font une étape à part entière du pèlerinage.
Le tombeau de la bienheureuse Maria Teresa Fasce
C'est dans la basilique inférieure que repose la bienheureuse Maria Teresa Fasce, l'abbesse bâtisseuse, béatifiée par Jean-Paul II le 12 octobre 1997.[36] Le sanctuaire qu'elle avait rêvé garde ainsi celle qui l'avait voulu : sa tombe est devenue, à son tour, un lieu de prière, et sa fête est célébrée le 18 janvier, jour de sa mort.[37]
Le bienheureux Simone Fidati da Cascia
La basilique inférieure conserve aussi les restes du bienheureux Simone Fidati da Cascia (vers 1285-1348), augustinien né à Cascia, prédicateur et théologien, auteur d'un vaste commentaire de l'Évangile, le De gestis Domini Salvatoris.[38] Sa présence en ce lieu n'est pas fortuite : c'est lui qui, selon la tradition, fut témoin et confesseur du prêtre du miracle eucharistique de 1330, et qui rapporta la relique à Cascia. Le sanctuaire réunit ainsi, sous un même toit, le témoin et le prodige.
La relique du miracle eucharistique de Cascia (1330)
Le trésor le plus singulier de la basilique inférieure est la relique du miracle eucharistique de Cascia. En 1330, selon les documents anciens conservés par les augustins, un prêtre appelé au chevet d'un malade des environs de Sienne glissa par négligence une hostie consacrée entre les pages de son bréviaire ; au moment d'administrer la communion, il découvrit que la particule s'était transformée en sang, tachant les deux pages du livre.[39] Le prêtre, bouleversé, s'en confessa au bienheureux Simone Fidati, qui recueillit la relique.[40]
Selon une tradition rapportée sur place, celui qui regarde la relique à contre-jour croit y reconnaître encore les traits d'un visage.[41]
L'événement fut reconnu par une bulle du pape Boniface IX, datée du 10 janvier 1401, qui accorda à ceux qui visiteraient l'église Sant'Agostino le jour du Corpus Domini l'indulgence de la Portioncule.[42] Un examen des deux pages, mené en 1687, conclut que les taches de sang se superposaient parfaitement.[43] Aujourd'hui, l'une des pages ensanglantées est conservée à Cascia, dans un reliquaire d'argent, au sein du sanctuaire bâti sur l'emplacement de l'ancienne église Sant'Agostino.[44] Le récit complet du prodige et son dossier scientifique sont traités dans le dossier Ignispedia des miracles eucharistiques ; on retient ici l'essentiel : ce miracle fait partie du trésor du lieu, et il s'inscrit dans la même logique que Bolsena ou Lanciano.[45]
Les gardiens : les moniales augustiniennes de Cascia
Comme Manoppello est gardé par les capucins, Cascia est gardé par une communauté féminine : les moniales augustiniennes du monastère Sainte-Rita, héritières directes de la communauté du XIIIᵉ siècle où vécut la sainte.[46] Leur clôture jouxte la basilique ; elles assurent la prière continue au cœur du sanctuaire, veillent sur les espaces historiques — la cellule de Rita, le chœur du XVIᵉ siècle, la roseraie — et entretiennent la mémoire vivante du lieu.
Cette continuité est la colonne vertébrale spirituelle du sanctuaire : à Cascia, la basilique moderne n'est pas une construction posée sur un site abandonné, mais le prolongement monumental d'une vie monastique restée vivante jusqu'à aujourd'hui. Le pèlerin qui prie devant l'urne prie au-dessus de la communauté qui, derrière la clôture, continue l'office que Rita elle-même chantait il y a six siècles.
Un sanctuaire de pèlerinage vivant
La fête de sainte Rita (20-22 mai) et la bénédiction des roses
Le grand moment de l'année est la fête de sainte Rita, célébrée du 20 au 22 mai, qui attire à Cascia des milliers de pèlerins venus d'Italie et de l'étranger.[47] Le 22 mai, jour de la fête, s'ouvre par le carillon des cloches et une procession historique partie de Roccaporena — le village natal de Rita — à travers le centre de Cascia, suivie de la messe pontificale solennelle, de la Supplique à sainte Rita et, sur les marches de la basilique, de la célèbre bénédiction des roses.[48]
« Chers frères et sœurs, la dévotion du monde entier envers sainte Rita est symbolisée par la rose. Il faut espérer que la vie de chacun de ses dévots soit comme la rose cueillie dans le jardin de Roccaporena l'hiver qui précéda la mort de la sainte : une vie soutenue par l'amour passionné du Seigneur Jésus ; une vie capable de répondre à la souffrance et aux épines par le pardon et le don total de soi, pour répandre partout la bonne odeur du Christ (cf. 2 Co 2, 15) par une proclamation de l'Évangile vécue avec constance. » — Saint Jean-Paul II[49]
La rose est devenue le symbole ritien par excellence — au point que les fidèles apportent par milliers des roses à bénir, qu'ils rapportent ensuite chez eux comme un sacramental de la sainte des causes impossibles.[50] Ce rite, attaché au lieu et à sa fête, fait du parvis de Cascia, chaque 22 mai, l'un des grands rassemblements dévotionnels de l'Ombrie.
Le complexe d'accueil moderne
Fidèle à la vision de mère Fasce, qui voulait accueillir autant que célébrer, le sanctuaire s'est doté au fil des décennies d'un véritable complexe d'hospitalité.[51] On y trouve la Salle de la Paix (Sala della Pace), inaugurée en 2008 et pouvant accueillir environ 700 personnes ; une Maison des exercices spirituels dotée de 55 chambres pour les groupes de prière ; et l'Hôtel des Roses (Hotel delle Rose), ancienne Maison du pèlerin, qui offre 160 chambres.[52] Cette infrastructure traduit une conviction : un sanctuaire vivant doit pouvoir loger, nourrir et faire prier les foules qu'il attire.
Le rayonnement de la « sainte des impossibles »
La réputation de sainte Rita comme avocate des causes désespérées a porté le nom de Cascia bien au-delà de l'Ombrie. Le sanctuaire est aujourd'hui une destination de pèlerinage international, et la dévotion ritienne a essaimé dans le monde entier — jusqu'à des sanctuaires et paroisses dédiés à Cascia sur plusieurs continents.[53] Comme Manoppello pour la Sainte Face, Cascia est devenu un point de convergence : non par la grandeur de son architecture, mais par la densité des grâces qu'on y attribue.
Le sens spirituel du lieu
Cascia n'est pas un sanctuaire de prestige : c'est un monastère de montagne devenu, par la sainteté d'une moniale, l'un des grands lieux de pèlerinage d'Italie. Tout y est ordonné à un seul geste : prier auprès d'une sainte qui a tout traversé — le mariage, le deuil, l'attente, la maladie — et qui demeure le visage de l'espérance des causes impossibles.
La basilique blanche, la coupole de Montanarini, l'autel de Manzù, l'urne de verre, la relique du sang, la roseraie derrière la clôture : tout l'ensemble conduit le pèlerin du monumental à l'intime, de la grande nef à la petite cellule où Rita vécut. Le sanctuaire ne fait que prolonger ce que le monastère faisait déjà au XIIIᵉ siècle — garder, prier, accueillir — à l'échelle d'une Église devenue mondiale. C'est cela que les moniales augustiniennes offrent à ceux qui montent sur la colline de Sant'Agostino : non pas un spectacle, mais une rencontre, sous le signe de la rose donnée en plein hiver.
Pour aller plus loin
Articles Ignispedia connexes
- Sainte Rita de Cascia (vers 1381-1457) — la vie de la sainte, son veuvage, son entrée au monastère, la plaie au front et sa réputation de sainte des causes impossibles.
- Les miracles eucharistiques — le dossier complet, dont le miracle de Cascia de 1330 conservé dans la basilique inférieure.
- Sanctuaire de Manoppello — autre sanctuaire italien bâti autour d'une relique et gardé par une communauté religieuse stable.
- Les corps incorruptibles — la question de la conservation des corps de saints, dont celui de sainte Rita.
- Pourquoi vénérer les reliques ? — la doctrine catholique de la vénération.
Sources principales
- Santuario di Santa Rita da Cascia, it.wikipedia.org — histoire du sanctuaire, monastère, basilique inférieure, complexe d'accueil.
- Basilica di Santa Rita da Cascia, it.wikipedia.org — chronologie de la construction, architectes, décor.
- Basilica of Santa Rita of Cascia, en.wikipedia.org — architecture, artistes, urne.
- Sanctuaire officiel, santaritadacascia.org — la basilique, la fête du 22 mai, mère Fasce, le bienheureux Simone Fidati.
- Miracolo eucaristico di Cascia, it.wikipedia.org — le prodige de 1330 et la relique conservée à Cascia.
- Maria Teresa Fasce, it.wikipedia.org — la bienheureuse abbesse, fondatrice du grand sanctuaire.
Notes et références
Santuario di Santa Rita da Cascia, it.wikipedia.org : le sanctuaire de Cascia (Valnerina, province de Pérouse, Ombrie) s'est développé autour du monastère où sainte Rita vécut plus de quarante ans ; la basilique fut construite entre 1937 et 1947 pour accueillir l'afflux de pèlerins.
1 2 4Cascia est une commune de la province de Pérouse, en Ombrie, située dans la Valnerina (haute vallée de la Nera), à environ 600 m d'altitude. Sources : it.wikipedia.org, « Cascia » ; bellaumbria.net, « Basilica of St. Rita of Cascia ».
3Santuario di Santa Rita da Cascia, it.wikipedia.org : le monastère, fondé au XIIIᵉ siècle et primitivement dédié à sainte Marie-Madeleine, est le lieu où sainte Rita vécut son expérience monastique pendant plus de quarante ans ; il abrite encore les moniales augustiniennes. On y conserve la cellule de la sainte, un chœur du XVIᵉ siècle et une roseraie (roseto).
5 6 7Sainte Rita fut canonisée par le pape Léon XIII en 1900. C'est l'afflux de pèlerins consécutif à la canonisation qui rendit l'ancienne église conventuelle insuffisante et motiva la construction d'une grande basilique. Sources : santaritadacascia.org ; it.wikipedia.org, « Santuario di Santa Rita da Cascia ».
8Maria Teresa Fasce, it.wikipedia.org : religieuse augustinienne née à Gênes le 27 décembre 1881, morte à Cascia le 18 janvier 1947, abbesse du monastère de Sainte-Rita ; elle diffusa la dévotion à sainte Rita par tous les moyens et porta le projet de la basilique.
9 11santaritadacascia.org, « La Basilica di Santa Rita, il sogno di Madre Fasce diventato realtà » : le projet d'un grand sanctuaire fut lancé publiquement en juin 1925 dans le bulletin Dalle Api alle Rose, fondé par mère Fasce ; le financement reposa sur les offrandes et les sacrifices des dévots.
10 16it.wikipedia.org, « Basilica di Santa Rita da Cascia » : le projet de l'architecte Armando Brasini étant trop coûteux au regard des moyens réels, il fut redimensionné en 1931 ; sur le conseil de don Luigi Orione, mère Fasce écrivit à Pie XI, qui fit un don important et chargea son ingénieur Maria Spirito Chiapetta de dessiner un nouveau projet, modifié ensuite par les architectes Giuseppe Calori et Giuseppe Martinenghi.
12 13it.wikipedia.org et en.wikipedia.org, « Basilica (of/di) Santa Rita (of/da) Cascia » : le projet de Chiapetta fut révisé par les architectes Giuseppe Calori et Giuseppe Martinenghi, qui lui donnèrent sa forme en croix grecque.
14La première pierre fut posée le 20 juin 1937 par le cardinal Enrico Gasparri. Sources : santaritadacascia.org ; it.wikipedia.org, « Basilica di Santa Rita da Cascia ».
15santaritadacascia.org : les travaux furent ralentis par la Seconde Guerre mondiale (1939-1945).
17Maria Teresa Fasce, it.wikipedia.org : mère Fasce mourut le 18 janvier 1947, sans avoir vu l'achèvement de la basilique, consacrée quatre mois plus tard.
18La basilique fut consacrée le 18 mai 1947, dix ans après la pose de la première pierre. Sources : santaritadacascia.org ; it.wikipedia.org ; en.wikipedia.org.
19en.wikipedia.org, « Basilica of Santa Rita of Cascia » ; santaritadacascia.org : le corps de sainte Rita repose dans une urne de verre enchâssée dans un sarcophage de marbre réalisé en 1930 et installé dans la basilique le 18 mai 1947, jour de la consécration ; l'arche porte les figures des vertus cardinales et une grille de fer forgé la protège.
20 31 32 33L'église fut élevée au rang de basilique mineure le 1ᵉʳ août 1955 par le pape Pie XII. Sources : it.wikipedia.org ; en.wikipedia.org ; santaritadacascia.org.
21it.wikipedia.org et en.wikipedia.org : la basilique adopte un plan centré en croix grecque, avec une coupole centrale et quatre grandes absides, entouré de colonnades soutenant une galerie haute (matroneum).
22 23Les descriptions du sanctuaire qualifient l'édifice de style « moderne et néo-byzantin ». Sources : religiana.com, « Basilica di Santa Rita, Cascia » ; en.wikipedia.org.
24en.wikipedia.org et it.wikipedia.org : la façade est revêtue de travertin blanc de Tivoli et encadrée de deux clochers, sur la colline de Sant'Agostino.
25en.wikipedia.org, « Basilica of Santa Rita of Cascia » : le portail est orné de scènes de la vie de sainte Rita sculptées par Eros Pellini.
26it.wikipedia.org et en.wikipedia.org, « Basilica (di/of) Santa Rita (da/of) Cascia » : fresques de la coupole par Luigi Montanarini (environ 300 m², colombe de l'Esprit Saint) ; fresques de Luigi Filocamo, Silvio Consadori, Gisberto Ceracchini, Cesarino Vincenzi ; Sainte Rita en gloire par Ferruccio Ferrazzi ; autel majeur de Giacomo Manzù ; vitraux d'Armando Marrocco et Consadori ; orgue de la manufacture Pinchi.
27 28 29 30Sur la vénération catholique des reliques et la conservation des corps de saints, voir les dossiers Ignispedia pourquoi-venerer-les-reliques et les-corps-incorruptibles.
34Santuario di Santa Rita da Cascia, it.wikipedia.org : la basilique inférieure, qui servait à l'origine de crypte à la basilique supérieure, fut inaugurée en 1988 ; elle abrite le tombeau de mère Maria Teresa Fasce, les restes du bienheureux Simone Fidati et la relique du miracle eucharistique de Cascia.
35Maria Teresa Fasce, it.wikipedia.org : mère Maria Teresa Fasce fut béatifiée par Jean-Paul II le 12 octobre 1997 ; sa mémoire liturgique est célébrée le 18 janvier, jour de sa mort ; son tombeau se trouve dans la basilique inférieure.
36 37Treccani, « Fidati, Simone, beato » ; spoletonorcia.it, « Beato Simone Fidati da Cascia » : augustinien né à Cascia vers 1285, mort le 2 février 1348, prédicateur et théologien, auteur du De gestis Domini Salvatoris ; ses restes sont conservés dans la basilique inférieure de Santa Rita.
38Miracolo eucaristico di Cascia, it.wikipedia.org ; santaritadacascia.org, « Il Beato Simone Fidati e il Miracolo eucaristico » : en 1330, un prêtre appelé auprès d'un malade près de Sienne plaça une hostie consacrée entre les pages de son bréviaire ; la particule se transforma en sang, tachant les deux pages. Le prêtre s'en confessa au bienheureux Simone Fidati da Cascia, témoin du prodige.
39 40 41La bulle du pape Boniface IX, datée du 10 janvier 1401, reconnut l'événement et accorda l'indulgence de la Portioncule à ceux qui, contrits et confessés, visiteraient l'église Sant'Agostino le jour du Corpus Domini. Sources : it.wikipedia.org, « Miracolo eucaristico di Cascia » ; devozioni.altervista.org, dossier « Miracolo eucaristico di Cascia (1330) ».
42Un examen mené en 1687 sur les deux pages du livre constata que les taches de sang se superposaient parfaitement. Source : devozioni.altervista.org, « Miracolo eucaristico di Cascia (1330) ».
43Miracolo eucaristico di Cascia, it.wikipedia.org : l'une des pages ensanglantées est conservée à Cascia, dans le sanctuaire bâti sur l'emplacement de l'ancienne église Sant'Agostino, dans un reliquaire d'argent ; aucune trace ne subsiste de la seconde page, qui aurait été conservée à Sienne.
44Le miracle de Cascia s'inscrit dans la série des miracles eucharistiques italiens, aux côtés de Bolsena et Lanciano ; voir le dossier miracles-eucharistiques.
45Santuario di Santa Rita da Cascia, it.wikipedia.org : le monastère abrite encore aujourd'hui les moniales augustiniennes, héritières de la communauté du XIIIᵉ siècle où vécut sainte Rita.
46La fête de sainte Rita se déroule du 20 au 22 mai et attire des milliers de pèlerins. Le 22 mai, la journée comprend le carillon des cloches, une procession historique partie de Roccaporena, la messe pontificale solennelle, la Supplique à sainte Rita et la bénédiction des roses sur le parvis de la basilique. Sources : santaritadacascia.org, communiqué « 20-21-22 maggio: Festa di Santa Rita da Cascia » ; vaticannews.va, « Cascia, la Festa di Santa Rita... 22 maggio, rose ».
47 48Saint Jean-Paul II, adresse citée par mycatholic.life (« May 22 — Saint Rita of Cascia ») : « Dear brothers and sisters, the worldwide devotion to Saint Rita is symbolized by the rose. It is to be hoped that the life of everyone devoted to her will be like the rose picked in the garden of Roccaporena the winter before the saint's death. That is, let it be a life sustained by passionate love for the Lord Jesus; a life capable of responding to suffering and to thorns with forgiveness and the total gift of self, in order to spread everywhere the good odor of Christ (cf. 2 Cor 2:15) through a consistently lived proclamation of the Gospel. »
49vaticannews.va, « Cascia, la Festa di Santa Rita e della sua fede incrollabile » (22 mai 2020) : la bénédiction des roses, sur le parvis de la basilique, est le moment le plus suivi par la foule ; la rose est le symbole de la dévotion ritienne.
50Santuario di Santa Rita da Cascia, it.wikipedia.org : le complexe d'accueil comprend la Salle de la Paix (Sala della Pace, inaugurée en 2008, environ 700 places), la Maison des exercices spirituels (55 chambres) et l'Hôtel des Roses (ancienne Casa del Pellegrino, 160 chambres), voulus dans l'esprit d'accueil de mère Fasce.
51 52Sainte Rita, vénérée comme « sainte des causes impossibles » (santa degli impossibili), a fait de Cascia une destination de pèlerinage international ; la dévotion ritienne a essaimé dans de nombreux pays. Sources : paesionline.it, « Basilica di Santa Rita da Cascia, santa degli impossibili » ; santaritadacascia.org.
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