Sanctuaire d'Assise

La basilique papale Santa Maria degli Angeli — Notre-Dame des Anges — bâtie dans la plaine d'Assise autour de la Portioncule, berceau de l'ordre franciscain. De la chapelle bénédictine restaurée par saint François vers 1208 au Pardon d'Assise obtenu en 1216, de la grande basilique d'Alessi et Vignola (1569-1679) au séisme de 1832 et à la reconstruction de Luigi Poletti, de la façade monumentale de Cesare Bazzani à la Madone dorée de Colasanti, jusqu'à la chapelle du Transito, la roseraie sans épines et la garde franciscaine.

Ignispedia

Dans la plaine qui s'étend au pied de la colline d'Assise, une immense basilique Renaissance abrite, comme un coffret abrite un joyau, une chapelle de pierre de quelques mètres : la Portioncule. C'est le berceau de l'ordre franciscain, le lieu où, selon la tradition, saint François « comprit sa vocation », accueillit ses premiers compagnons et sainte Claire, obtint l'indulgence du Pardon d'Assise et mourut dans la nuit du 3 octobre 1226.[1] Sous son grand vocable marial — Santa Maria degli Angeli, Notre-Dame des Anges —, ce sanctuaire est l'un des hauts lieux de la chrétienté ombrienne.[2]

Cet article traite du lieu : l'origine bénédictine de la chapelle, sa restauration par François, le Pardon d'Assise qui en fit un grand pèlerinage, la basilique d'enveloppe élevée sur les plans de Galeazzo Alessi et de Vignola à partir de 1569, le séisme de 1832 et la reconstruction qui suivit, la façade monumentale de Cesare Bazzani, et l'écrin des chapelles intérieures — Portioncule, Transito, Roseto. La vie de saint François et celle de sainte Claire, comme le détail des apparitions, relèvent de dossiers distincts : on ne les évoque ici que pour comprendre comment ce coin de plaine est devenu un sanctuaire (voir saint François d'Assise et sainte Claire d'Assise).

Assise, la plaine et la chapelle

Une chapelle dans la plaine sous Assise

Le sanctuaire ne se trouve pas dans la ville haute d'Assise, accrochée au flanc du mont Subasio, mais en contrebas, dans la plaine de la vallée du Tescio, à environ quatre kilomètres du centre historique.[3] À l'époque de François, ce n'était qu'un bois marécageux où s'élevait une petite chapelle isolée, loin des routes et des regards. C'est cette solitude humble que recherchait le Poverello : un lieu pauvre, à l'écart, conforme à son idéal de dépouillement.[4]

Au fil des siècles, une ville entière est née autour du sanctuaire : la localité de Santa Maria degli Angeli, aujourd'hui la plus peuplée des frazioni d'Assise, doit son existence et son nom même à la basilique qui en occupe le centre.[5] Le pèlerinage a, littéralement, fait surgir une cité dans la plaine.

Le nom : « la petite portion »

Le mot Portioncule — en italien Porziuncola — signifie « petite portion [de terre] ».[6] Il désignait à l'origine le minuscule lopin sur lequel s'élevait la chapelle, propriété des moines bénédictins. La chapelle elle-même portait le vocable de Sainte-Marie-des-Anges : c'est de ce double nom — le lieu-dit Porziuncola et la dédicace mariale Santa Maria degli Angeli — qu'est sorti le nom complet du sanctuaire et de la ville.[7]

Les origines de la Portioncule

Une chapelle bénédictine de Notre-Dame des Anges

La Portioncule sous la coupole de la basilique. Photographie de Gunnar Bach Pedersen, Wikimedia Commons, domaine public.

La tradition fait remonter la petite chapelle au IVᵉ-VIᵉ siècle ; au Moyen Âge, elle appartenait aux moines bénédictins du mont Subasio (abbaye de San Benedetto).[8] Tombée en ruine, elle était presque abandonnée lorsque le jeune François Bernardone, dans les premières années de sa conversion, entreprit de la relever de ses mains, comme il avait déjà restauré Saint-Damien et Saint-Pierre-de-la-Spina.[9]

La restauration par François (vers 1208)

C'est vers 1208, en écoutant à la Portioncule l'évangile de l'envoi des disciples (Mt 10), que François comprit l'appel à la pauvreté évangélique radicale.[10] Les bénédictins lui concédèrent l'usage de la chapelle ; en signe de la pauvreté absolue qu'il voulait garder, François refusa d'en devenir propriétaire et tint à payer chaque année un loyer symbolique — un panier de poissons —, marquant ainsi que les frères ne possédaient rien en propre.[11] La Portioncule devint le centre du jeune mouvement : François y revenait toujours, et il en fit le cœur spirituel de l'ordre.

Le berceau de l'ordre franciscain

Thomas de Celano, premier biographe de François, souligne l'attachement unique du saint à ce lieu : c'est là, écrit-il en substance, que tout a commencé humblement, progressé et s'est heureusement accompli, et François recommanda ce lieu aux frères à l'heure de sa mort comme le plus cher à la Vierge.[12]

C'est là que la fraternité naissante se réunissait, que sainte Claire vint, dans la nuit du dimanche des Rameaux 1212 (dans la nuit du 18 au 19 mars 1212), recevoir l'habit religieux des mains de François — point de départ de l'ordre des Pauvres Dames —, et que se tinrent les premiers chapitres généraux.[13][14] Pour le récit complet de ces vies, voir saint François d'Assise et sainte Claire d'Assise ; ici, on retient seulement que tout l'ordre est sorti de cette petite portion de terre.

Le Pardon d'Assise : pourquoi l'on vient ici

Si la Portioncule est un grand sanctuaire de pèlerinage, c'est avant tout à cause d'une grâce spirituelle attachée au lieu : le Pardon d'Assise (Perdono di Assisi), aussi appelé indulgence de la Portioncule.[15]

La vision de 1216

Selon la tradition franciscaine, une nuit de 1216, François, en prière à la Portioncule, reçut une vision du Christ et de la Vierge entourés d'anges.[16] Le Seigneur lui demanda ce qu'il désirait pour le salut des âmes ; François implora une indulgence plénière pour tous ceux qui, repentis et confessés, viendraient prier dans cette chapelle. La grâce lui fut accordée, à condition d'être confirmée par le pape.

La tradition rapporte que François, en larmes, aurait alors annoncé aux pèlerins qu'il voulait les envoyer tous au paradis.[17]

La confirmation pontificale d'Honorius III

François se rendit aussitôt auprès du pape Honorius III, alors à Pérouse, pour obtenir la confirmation de l'indulgence.[18] Le pape accorda le privilège et en fixa la date au 1ᵉʳ-2 août. La tradition rapporte que, comme François s'éloignait, le pape lui demanda combien d'années devait durer cette indulgence ; François répondit qu'il ne demandait pas des années, mais des âmes.[19] La concession fut très tôt attestée par les évêques d'Ombrie dans un document de 1310, et la fête est célébrée sans interruption depuis le Moyen Âge.[20]

Une indulgence sans argent

Ce qui rendait le Pardon d'Assise extraordinaire pour son époque, c'est qu'il offrait une indulgence plénière entièrement gratuite, dans un temps où les grandes indulgences étaient liées aux croisades, aux jubilés romains ou à des œuvres coûteuses.[21] Les seules conditions étaient spirituelles : contrition, confession sacramentelle, communion, prière aux intentions du Pape, et la visite de la chapelle.[22] Le Pardon de la Portioncule fut ainsi l'une des premières indulgences plénières accessibles à tous, sans condition de fortune ni de voyage lointain.

Le 2 août, « toties quoties »

Le Pardon d'Assise, de la vision de 1216 au pèlerinage actuel — infographie originale générée par IA.

La fête du Pardon culmine le 2 août. Ce jour-là — et selon les extensions ultérieures, du midi du 1ᵉʳ août au soir du 2 —, l'indulgence plénière peut être gagnée « toties quoties », c'est-à-dire autant de fois que l'on visite la Portioncule (ou, par extension accordée plus tard, toute église franciscaine ou paroissiale) aux conditions requises.[23] Cette grâce attire chaque année des foules de pèlerins dans la plaine d'Assise et demeure la grande raison spirituelle du sanctuaire.

La grande basilique d'enveloppe (1569-1679)

La décision de Pie V

Pendant trois siècles et demi, la Portioncule resta une chapelle isolée, environnée de quelques constructions franciscaines. Au XVIᵉ siècle, l'afflux des pèlerins venus gagner le Pardon rendit nécessaire un vaste édifice capable de les abriter et de protéger les chapelles sacrées. En 1569, le pape Pie V ordonna la construction d'une grande basilique destinée à « garder dignement » la Portioncule, la chapelle du Transito et la roseraie.[24]

Alessi, Vignola et le parti d'humilité

Construction, séisme et reconstructions de la basilique — infographie originale générée par IA.

Les plans furent confiés à l'architecte pérugin Galeazzo Alessi (1512-1572), l'un des grands maîtres maniéristes de son temps, avec la collaboration de Giacomo Barozzi, dit Vignola (1507-1573).[25][26] Le chantier, commencé en 1569, dura plus d'un siècle et ne s'acheva qu'en 1679.[27] Le parti architectural est remarquable : malgré ses dimensions colossales, l'intérieur fut volontairement traité avec sobriété, en trois nefs nues, pour ne pas écraser la petite chapelle de pierre placée sous la coupole.[28] La grande église n'est qu'un reliquaire d'architecture : tout y converge vers la Portioncule, laissée intacte au centre.

Dimensions et coupole

La basilique adopte un plan en croix latine à trois nefs.[29] Elle mesure environ 126 mètres de long et 65 mètres de large ; sa coupole (projet d'Alessi et Vignola), achevée en 1680, culmine à environ 75 mètres de hauteur.[30] Ces proportions en font l'une des plus vastes églises du monde — un cas unique d'immense vaisseau bâti tout entier pour enclore une chapelle minuscule. La coupole et l'abside sont aujourd'hui les seules parties qui subsistent telles que les conçurent Alessi et Vignola, le reste ayant été reconstruit après le séisme de 1832.[31]

DateÉtape du sanctuaire
~IVᵉ-VIᵉ s.Chapelle bénédictine de Sainte-Marie-des-Anges
~1208Restauration par François ; concession bénédictine
1212 (18-19 mars)Sainte Claire reçoit l'habit à la Portioncule
1216Vision et obtention du Pardon d'Assise
3 oct. 1226Mort de saint François au Transito
1569Pie V ordonne la grande basilique
1569-1679Construction sur les plans de Galeazzo Alessi, avec Vignola
15 déc. 1832Séisme : effondrement de la nef centrale
1836-1840Reconstruction par Luigi Poletti (réouverture le 8 sept. 1840)
1909Basilique patriarcale et chapelle papale
1924-1930Nouvelle façade de Cesare Bazzani ; Madone dorée de Colasanti

Le séisme de 1832 et la reconstruction

L'effondrement (15 décembre 1832)

Le 15 décembre 1832, un violent tremblement de terre frappa la vallée d'Assise. La nef centrale de la basilique s'effondra et la coupole fut gravement lézardée.[32] Par une coïncidence vénérée comme une protection, la Portioncule, placée juste sous la coupole, resta intacte au milieu des décombres — détail qui frappa durablement les contemporains.

Luigi Poletti (1836-1840)

La reconstruction fut confiée à l'architecte romain Luigi Poletti, qui dirigea les travaux à partir de 1836.[33] La basilique, relevée dans le respect du plan d'Alessi et Vignola pour la coupole et l'abside, fut rouverte au culte le 8 septembre 1840, jour de la fête de la Nativité de la Vierge.[34] On reconstruisit les nefs, on consolida la coupole, et l'édifice retrouva sa fonction de grand vaisseau d'accueil pour les pèlerins du Pardon.

La façade de Bazzani et la Madone dorée (1924-1930)

Une basilique de 126 mètres autour d'une chapelle d'environ 4 × 7 mètres — infographie originale générée par IA.

L'aspect actuel de la façade ne date ni du XVIᵉ ni du XIXᵉ siècle, mais des années 1924-1930 : l'architecte Cesare Bazzani lui donna sa monumentalité néo-baroque, à l'occasion du septième centenaire de la mort de saint François (1926).[35] Au sommet du fronton fut érigée, en 1930, une statue de bronze doré de la Vierge — la Madonna degli Angeli —, œuvre du sculpteur Guglielmo Colasanti.[36] Dorée à la feuille, elle brille au soleil de la plaine et signale de loin le sanctuaire marial : Notre-Dame des Anges veille au-dessus de la chapelle de son Poverello.

Au cœur : la Portioncule

La chapelle de pierre

Sous la coupole, isolée au milieu de la grande nef, se dresse la Portioncule : un petit édifice de pierre du Trecento, d'environ quatre mètres sur sept, dont les parois extérieures sont en partie revêtues de marbre rose et blanc.[37] Son extrême modestie, au centre d'un vaisseau de 126 mètres, produit un contraste saisissant : c'est tout le sens du sanctuaire, le grand au service du petit, l'or au service de la pauvreté.

Le polyptyque d'Ilario da Viterbo (1393)

À l'intérieur, au-dessus de l'autel, le retable est un polyptyque peint en 1393 par Ilario da Viterbo, qui représente l'Annonciation et les scènes du Pardon de la Portioncule : la vision de François, sa demande au Christ, la confirmation par le pape.[38] C'est l'une des sources figurées les plus anciennes de la tradition du Pardon. Un crucifix peint, attribué au Pérugin (vers 1496), complète le décor primitif.[39]

La fresque d'Overbeck

La façade extérieure de la chapelle est ornée d'une grande fresque peinte vers 1829-1830 par le peintre allemand Friedrich Overbeck, chef de file du mouvement nazaréen.[40] Elle figure François recevant du Christ et de la Vierge la promesse de l'indulgence — composition romantique et pieuse qui accueille aujourd'hui le regard des pèlerins entrant dans la basilique.

La chapelle du Transito

La cellule de la mort de François (1226)

Derrière la Portioncule, du côté de l'abside, on conserve la petite cellule de l'infirmerie où saint François mourut au soir du 3 octobre 1226.[41] C'est aujourd'hui la chapelle du Transito (Cappella del Transito) : l'un des lieux les plus émouvants du sanctuaire, car la tradition y place le moment où le saint, étendu nu sur la terre, accueillit « sœur la mort corporelle » en chantant.

La dernière strophe du Cantique des créatures, ajoutée à l'approche de sa mort, loue le Seigneur pour « sœur la mort corporelle », à laquelle nul vivant ne peut se soustraire — paraphrase, les traductions françaises variant selon les éditions.[42]

La statue d'Andrea della Robbia

Au centre de la chapelle se trouve une statue de saint François en terre cuite émaillée polychrome, œuvre d'Andrea della Robbia (vers 1475-1490), qui le montre tenant l'Évangile et la croix, en prédicateur montrant encore le Chemin.[43] Les parois extérieures de la cellule ont été décorées au XIXᵉ siècle par le peintre pérugin Domenico Bruschi, qui y figura la Mort de saint François et la Reconnaissance des stigmates, tandis que l'intérieur garde des fresques attribuées à lo Spagna (Giovanni di Pietro).[44] On y vénère aussi le cordon de saint François.[45]

La roseraie et la chapelle des Roses

La légende du rosier sans épines

À côté de la basilique s'étend la roseraie (roseto), liée à l'un des épisodes les plus célèbres de la tradition franciscaine. Une nuit, assailli par une violente tentation, François se serait jeté dans un buisson de ronces pour mater sa chair ; au contact de son corps, les épines disparurent et les ronces se changèrent en rosiers sans épines, afin de ne pas le blesser.[46]

La Rosa canina assisiensis

Les quatre cœurs du sanctuaire autour de la Portioncule — infographie originale générée par IA.

Le prodige a laissé, dit la tradition, une trace botanique : dans cette roseraie pousse encore une variété d'églantier naturellement dépourvu d'épines, la Rosa canina assisiensis, qui ne se reproduit, assure-t-on, qu'en ce jardin d'Assise.[47] Le fait, souvent relevé par les visiteurs, donne au lieu une part de son rayonnement populaire.

Les fresques de Tiberio d'Assisi

Sur la roseraie ouvre la chapelle des Roses (Cappella delle Rose), bâtie selon la tradition à l'initiative de saint Bernardin de Sienne.[48] Elle est ornée d'un cycle de fresques peintes vers 1506-1518 par Tiberio d'Assisi (Tiberio di Diotallevi), qui illustrent les scènes de l'indulgence du Pardon et la vie de François.[49] Ces peintures comptent parmi les plus belles de l'école ombrienne du début du XVIᵉ siècle.

Un sanctuaire vivant

Les gardiens franciscains

Depuis l'origine, le sanctuaire est la maison des frères mineurs franciscains, aujourd'hui rattachés à la province séraphique d'Ombrie-Sardaigne.[50] Une communauté permanente y assure la garde de la Portioncule, l'accueil des pèlerins, la liturgie quotidienne et surtout le ministère de la réconciliation — la confession —, qui est au cœur même de la vocation du lieu, sanctuaire du Pardon. Le sanctuaire est ouvert chaque jour et de nombreuses messes y sont célébrées.[51]

Le musée, la fontaine et les reliques

Le chemin du pèlerin dans le sanctuaire du Pardon — infographie originale générée par IA.

Le complexe conserve un musée de la Portioncule (Museo della Porziuncola), qui rassemble peintures, objets liturgiques et témoignages de la dévotion franciscaine.[52] Sur le parvis, une grande fontaine dite « des vingt-six jets », offerte par la famille Médicis en 1610, désaltérait les pèlerins.[53] On vénère également dans la basilique des reliques de saint François, dont un fragment de son cordon donné par le pape Pie IX.[54]

La ville née autour du sanctuaire

Le pèlerinage a façonné jusqu'à la géographie : la localité de Santa Maria degli Angeli, dans la plaine, s'est développée autour de la basilique au point de devenir aujourd'hui le principal bourg de la commune d'Assise.[55] Le sanctuaire en est resté le centre absolu, autour duquel s'organisent rues, places et vie locale.

Pèlerinages et fréquentation

Avec la basilique Saint-François sur la colline et Saint-Damien, Santa Maria degli Angeli forme l'un des trois grands pôles du pèlerinage d'Assise, l'un des plus fréquentés d'Italie. Le 2 août, jour du Pardon, et les grandes fêtes franciscaines y rassemblent des foules considérables.[56] Élevée au rang de basilique patriarcale et chapelle papale en 1909, puis confirmée comme basilique papale, l'église a reçu la visite de nombreux papes pèlerins venus prier à la Portioncule.[57] Le sanctuaire a aussi été associé, au XXᵉ et au XXIᵉ siècle, à de grands rassemblements de prière dans la cité d'Assise (voir les rencontres d'Assise).

Le sens spirituel du lieu

Le sanctuaire d'Assise délivre une leçon par sa seule architecture : une basilique gigantesque bâtie pour protéger une chapelle minuscule, l'or de Notre-Dame des Anges déployé autour de la pauvreté de François. Tout, dans ce lieu, dit le renversement évangélique : c'est dans la petite portion, la chapelle abandonnée, le buisson de ronces, la cellule nue de la mort, que Dieu a fait grandir un ordre qui a évangélisé le monde.

Ce lieu, rapporte la tradition franciscaine d'après Thomas de Celano, François le recommanda aux frères comme le plus cher entre tous : c'est ici que l'ordre a commencé, c'est ici qu'il doit toujours revenir.[58]

C'est ce que les frères mineurs offrent depuis huit siècles à ceux qui descendent dans la plaine : non pas un monument, mais une porte du pardon. Comme le résume la tradition du Pardon d'Assise, on vient à la Portioncule pour une seule chose — y déposer ses péchés et recevoir, gratuitement, la miséricorde que François avait demandée pour envoyer tous au paradis.[59]

Pour aller plus loin

Articles Ignispedia connexes

Sources principales

  • Crédits visuels : façade de Santa Maria degli Angeli, photographie publiée sous licence CC BY-SA 4.0 sur Wikimedia Commons ; Portioncule dans la nef, photographie de Gunnar Bach Pedersen placée dans le domaine public sur Wikimedia Commons. Les cinq schémas sont des compositions originales générées pour Ignispedia.
  • Basilica di Santa Maria degli Angeli, it.wikipedia.org — histoire, architecture, chronologie de la basilique.
  • Basilique Sainte-Marie-des-Anges (Assise), fr.wikipedia.org — séisme de 1832, reconstruction de Poletti, façade de Bazzani.
  • Portioncule, fr.wikipedia.org — origine bénédictine, restauration par François, indulgence du Pardon.
  • Basilica Papale di Santa Maria degli Angeli in Porziuncola, visit-assisi.it — chapelles intérieures, Transito, roseraie.
  • La Basilica Papale, porziuncola.org — communauté franciscaine gardienne, vie du sanctuaire.
  • Rose e Perdono : l'origine dell'Indulgenza della Porziuncola, sanfrancescopatronoditalia.it — tradition du Pardon d'Assise.

Notes et références

  1. Basilica Papale di Santa Maria degli Angeli in Porziuncola, visit-assisi.it : la Portioncule, lieu où saint François comprit sa vocation, accueillit ses compagnons et sainte Claire, obtint le Pardon et mourut le 3 octobre 1226. Voir aussi porziuncola.org, La Basilica Papale.

    1 4 9 10 52
  2. Basilica di Santa Maria degli Angeli, it.wikipedia.org : édifice en croix latine de 126 m de long et 65 m de large, construit de 1569 à 1679 sur ordre de Pie V pour protéger les chapelles de la Porziuncola, du Transito et du Roseto ; basilique patriarcale et chapelle papale (1909) ; façade de Cesare Bazzani et statue de la Madone par Guglielmo Colasanti. Dimensions confirmées par sacred-destinations.com (Santa Maria degli Angeli, Assise) : « 126 meters long, 65 meters wide and 75 meters high at the level of the 1680 cupola ».

    2 3 5 7 11 13 24 25 29 30 31 35 36 55 57
  3. Portioncule, fr.wikipedia.org : Porziuncola = « petite portion » de terre ; chapelle d'origine bénédictine (moines du mont Subasio), dimensions d'environ 4 × 7 m, structure de pierre du Trecento ; retable d'Ilario da Viterbo (1393), crucifix attribué au Pérugin (1496), fresque de façade de Friedrich Overbeck (vers 1830) ; indulgence du Pardon accordée le 2 août.

    6 8 22 37 38 39 40
  4. Thomas de Celano, Vita secunda S. Francisci (Vie seconde, vers 1247), passages consacrés à Sainte-Marie-de-la-Portioncule : François aimait ce lieu par-dessus tout, l'ordre y a commencé, et il le recommanda aux frères à l'heure de sa mort. Propos paraphrasés dans le corps, sans verbatim garanti ; texte dans les Sources franciscaines (Fonti Francescane).

    12 58
  5. Benoît XVI, Audience générale du 15 septembre 2010 (vatican.va), catéchèse sur sainte Claire d'Assise : fuite à la Portioncule le dimanche des Rameaux 1212 ; Catholic Encyclopedia, art. « St. Clare of Assisi » (newadvent.org) : même datation 1212 ; nuit du 18 au 19 mars 1212 selon la datation traditionnelle (cf. aussi l'article Ignispedia sainte Claire d'Assise).

    14
  6. Rose e Perdono : l'origine dell'Indulgenza della Porziuncola, sanfrancescopatronoditalia.it (Rivista della Basilica di San Francesco di Assisi) ; Portioncule, fr.wikipedia.org : vision du Christ et de la Vierge à la Portioncule (1216), demande d'une indulgence plénière, confirmation par Honorius III à Pérouse, fixation au 1ᵉʳ-2 août ; concession attestée par les évêques d'Ombrie en 1310 ; indulgence plénière gratuite « toties quoties ». Les paroles par lesquelles François, en pleurs, aurait annoncé le Pardon devant les évêques d'Ombrie et la foule assemblée à la Portioncule ne sont connues que par la tradition, sans verbatim garanti dans les Sources franciscaines : on les trouve reprises en anglais (« I want to send you all to Paradise! ») et gravées en italien (« Vi voglio tutti in Paradiso ») sur le parvis de la Porziuncola Nuova de San Francisco.

    15 16 17 18 19 20 21 23 56 59
  7. umbriatourism.it, Basilica of S. Maria degli Angeli : basilique « designed by Galeazzo Alessi », avec l'aide de Giacomo Martelli, Giacomo Giorgetti « and maybe even Vignola » ; italyonthisday.com : basilique d'Assise « designed in 1568 in collaboration with the architect Giacomo Barozzi da Vignola » ; Basilica of Santa Maria degli Angeli (en-academic.com, reprenant Wikipédia EN) : église « designed […] by two famous architects, Galeazzo Alessi and Vignola ».

    26
  8. Basilique Sainte-Marie-des-Anges (Assise), fr.wikipedia.org : construction 1569-1679 ; effondrement de la nef centrale lors du séisme du 15 décembre 1832, coupole lézardée ; reconstruction par Luigi Poletti (à partir de 1836), réouverture le 8 septembre 1840 ; façade refaite par Cesare Bazzani (1924-1930) ; statue de bronze doré de la Vierge par Guglielmo Colasanti (1930) ; fontaine des 26 jets offerte par les Médicis (1610) ; reliquaire du cordon de saint François donné par Pie IX.

    27 28 32 33 34 53 54
  9. Basilica Papale di Santa Maria degli Angeli in Porziuncola, visit-assisi.it, et porziuncola.org, Alla scoperta della Cappella del Transito : cellule de l'infirmerie où mourut saint François le 3 octobre 1226 ; statue de saint François en terre cuite émaillée d'Andrea della Robbia (vers 1475) ; fresques extérieures de Domenico Bruschi (Mort de saint François, Reconnaissance des stigmates) et fresques intérieures attribuées à lo Spagna ; chapelle des Roses attribuée à l'initiative de saint Bernardin de Sienne ; vénération du cordon de saint François.

    41 43 44 45 48
  10. Saint François d'Assise, Cantique des créatures (Cantico di Frate Sole, vers 1225-1226), dernière strophe sur « sœur la mort corporelle », ajoutée à l'approche de sa mort. Paraphrase dans le corps, sans verbatim garanti, les traductions françaises variant selon les éditions ; texte ombrien et traductions dans les Sources franciscaines (Fonti Francescane).

    42
  11. Assisi, la rosa senza spine che fiorisce solo in questo giardino, funweek.it / ilmessaggero.it ; Le rose senza spine di S. Francesco, rosemania.it : tradition selon laquelle François, tenté, se jeta dans un buisson de ronces qui se changèrent en rosiers sans épines ; la roseraie d'Assise abrite encore la Rosa canina assisiensis, naturellement dépourvue d'épines.

    46 47
  12. Tiberio d'Assisi, it.wikipedia.org et Treccani (Dizionario Biografico) : Tiberio di Diotallevi, dit Tiberio d'Assisi, peignit dans la chapelle des Roses de la Portioncule un cycle de fresques (vers 1506-1518) consacré à l'indulgence du Pardon et à la vie de saint François.

    49
  13. La Basilica Papale, porziuncola.org : le sanctuaire est gardé par les frères mineurs franciscains de la province séraphique d'Ombrie-Sardaigne ; ouverture quotidienne, nombreuses messes, ministère de la réconciliation au cœur de la vocation du sanctuaire du Pardon.

    50 51