Vénérable Cornelia Connelly (1809-1879)

Cornelia Connelly (1809-1879), Américaine convertie au catholicisme, accepta que son mari devienne prêtre catholique avant de fonder en Angleterre la Société du Saint-Enfant-Jésus. Séparée durablement de ses enfants après un procès retentissant, elle a été déclarée vénérable en 1992.

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La vénérable Cornelia Connelly (1809-1879) est une Américaine convertie au catholicisme, épouse et mère de cinq enfants, entrée à trente-cinq ans au couvent, devenue religieuse puis fondatrice, à Derby, en Angleterre, de la Société du Saint-Enfant-Jésus (Society of the Holy Child Jesus, S.H.C.J.) — arrivée le 13 octobre 1846, fondation formellement reconnue le 15 octobre 1846 —, congrégation enseignante aujourd'hui présente sur quatre continents.[1] Son parcours est l'un des plus singuliers de l'hagiographie catholique moderne : mariée en 1831 à un pasteur épiscopalien, elle se convertit avec lui au catholicisme en 1835, avant d'accepter, en 1845, de prononcer un vœu perpétuel de chasteté pour permettre à son propre mari d'être ordonné prêtre catholique.[2]

Deux de leurs cinq enfants meurent en bas âge à Grand Coteau, en Louisiane, dans des circonstances tragiques, avant même cette séparation.[3] Puis, une fois la Société fondée et solidement établie en Angleterre, son mari renonce à son tour au sacerdoce, engage contre elle un procès retentissant, « Connelly contre Connelly », pour tenter de la contraindre à reprendre la vie commune, et finit par lui arracher la garde de leurs enfants survivants — qu'elle ne reverra pour ainsi dire plus : Adeline lui rendra une unique visite en 1877, à 43 ans, et Frank la reverra deux fois à l'âge adulte ; Mercer, lui, mourra à vingt ans sans l'avoir revue.[4][5][6] Le pape saint Jean-Paul II reconnaît l'héroïcité de ses vertus le 13 juin 1992, faisant d'elle une vénérable ; l'Église attend aujourd'hui un miracle reconnu pour sa béatification.[7] Cet article appartient à la série Ignispedia consacrée aux vénérables et serviteurs de Dieu.

Une enfance endeuillée à Philadelphie (1809-1831)

Naissance dans une famille presbytérienne

Cornelia Augusta Peacock naît le 15 janvier 1809 à Philadelphie, dernière d'une famille nombreuse, fille de Ralph Peacock et de Mary Swope Bowen, celle-ci veuve en premières noces d'un planteur jamaïcain, John Bowen, mort en 1794.[8][9] La famille fréquente la Second Presbyterian Church, à l'angle de Third et Arch Streets, dans le Philadelphie protestant du début du XIXe siècle.[10]

Les deuils en cascade (1818-1823)

L'enfance de Cornelia est marquée par une série de pertes rapprochées qui la laissent orpheline avant même sa majorité. Son père meurt en 1818, alors qu'elle n'a que neuf ans ; son frère Dodsworth meurt en 1822 ; sa mère meurt à son tour en 1823, quand Cornelia a quatorze ans.[11][12] Devenue orpheline de père et de mère avant même d'être adulte, elle est recueillie par sa demi-sœur Isabella Bowen, épouse d'Austin Montgomery, qui l'élève jusqu'à sa majorité.[13][14]

En 1831, à vingt-deux ans, Cornelia est baptisée dans l'Église épiscopalienne protestante, à Saint Stephen's, sur Tenth Street — les raisons précises de ce choix, dans une famille d'origine presbytérienne, ne sont pas documentées avec certitude par les biographes.[15]

Le mariage et la double conversion (1831-1838)

L'union avec le pasteur épiscopalien Pierce Connelly

Infographie originale Ignispedia créée par IA — carte de repérage : lieux biographiques, sans reconstitution d’un trajet unique. Source de la synthèse.

La même année 1831, malgré l'opposition de sa famille, Cornelia épouse le révérend Pierce Connelly, diplômé de l'université de Pennsylvanie et de cinq ans son aîné, ministre de l'Église épiscopalienne protestante.[16][17] Le couple s'installe à Natchez, dans le Mississippi, où Pierce prend en charge la Trinity Episcopal Church.[18] Deux enfants y naissent : Mercer, en 1832, puis Adeline, en 1835.[19]

Le doute anglican et le choix de Rome

En 1835, sur fond de vif climat antipapiste dans le Sud protestant des États-Unis, les Connelly commencent, par curiosité intellectuelle autant que par inquiétude spirituelle, à étudier sérieusement la doctrine catholique.[20] Pierce démissionne de sa paroisse en août 1835 et consulte l'évêque de Saint-Louis, Joseph Rosati, avant que le couple ne prenne la mer depuis La Nouvelle-Orléans, en décembre 1835, à destination de l'Italie.[21]

Cornelia est reçue dans l'Église catholique à La Nouvelle-Orléans, alors qu'elle attend son passage pour l'Europe ; Pierce, lui, est reçu à Rome après une audience personnelle avec le pape Grégoire XVI.[22] La famille séjourne un temps dans le palais romain de John Talbot, seizième comte de Shrewsbury, grand mécène catholique anglais de l'époque.[23] Un troisième enfant, John Henry, naît à Vienne durant ces années de pérégrination européenne.[24]

Le drame de Grand Coteau (1838-1840)

Cinq enfants en neuf ans

De retour aux États-Unis, Pierce accepte en 1838 un poste d'enseignant au collège jésuite de Grand Coteau, en Louisiane, tandis que Cornelia y enseigne la musique.[25] Un quatrième enfant, Mary Magdalen, naît en juillet 1839 mais meurt six semaines plus tard.[26] Un cinquième enfant, Frank, naîtra au printemps 1841.[27] En neuf années de mariage, Cornelia Connelly aura ainsi mis au monde cinq enfants, dont deux mourront en bas âge avant même la rupture du foyer.

EnfantNaissanceDevenir
Mercer1832, NatchezSéparé de sa mère par son père en 1848 ; mort de la fièvre jaune à La Nouvelle-Orléans à vingt ans[28]
Adeline1835, NatchezEmmenée en Europe par son père en 1848 ; restée auprès de lui jusqu'à sa mort[29]
John Henryvers 1838, VienneMort à deux ans, brûlé accidentellement à Grand Coteau en février 1840[30]
Mary Magdalenjuillet 1839, Grand CoteauMorte six semaines après sa naissance, en 1839[31]
Frankprintemps 1841, Grand CoteauPlacé en pension secrète par son père en 1848 ; devenu peintre à Rome[32]

Lecture du tableau : sur les cinq enfants de Cornelia et Pierce Connelly, deux meurent en bas âge à Grand Coteau ; les trois autres survivent, mais aucun ne restera auprès de leur mère après 1848.

La mort de Mary Magdalen et de John Henry

Infographie originale Ignispedia créée par IA — les cinq enfants et les deux deuils en bas âge. Source biographique.

Le drame le plus terrible frappe la famille en février 1840 : le petit John Henry, âgé de deux ans, tombe accidentellement dans une cuve de sucre bouillant à la sucrerie du domaine de Grand Coteau ; il agonise pendant quarante-trois heures avant de mourir de ses brûlures.[33][34] C'est dans les mois qui suivent immédiatement cette tragédie que Cornelia fait sa première retraite spirituelle de trois jours, expérience qui marque un tournant intérieur profond dans sa vie de prière.[35]

« Ah, mon enfant, les larmes coulent toujours derrière mon nez. » — Cornelia Connelly, répondant à une sœur qui s'étonnait de ne jamais la voir abattue malgré ses épreuves[36]

Cette réponse, restée célèbre dans la tradition de sa congrégation, résume la manière dont Cornelia Connelly a vécu le deuil : une douleur réelle, jamais niée ni étalée, absorbée dans une paix intérieure plus profonde que la tristesse elle-même.

Le sacrifice : le vœu de chasteté perpétuelle (1840-1845)

L'annonce de Pierce

L’Academy of the Sacred Heart à Grand Coteau, vue en 2005. Photo Z28scrambler, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0, redimensionnée.

Le 13 octobre 1840, alors que Cornelia est enceinte de leur cinquième enfant, Pierce Connelly annonce à son épouse son intention d'entrer dans le sacerdoce catholique.[37] Dans l'Église latine, l'accès à la prêtrise exige le célibat : pour que Pierce puisse être ordonné, il faut donc que Cornelia consente à une séparation canonique et à un vœu de continence perpétuelle. Elle donne son accord.[38]

Cette décision, aussi bouleversante soit-elle pour une mère de famille encore jeune, s'inscrit dans une logique spirituelle que Cornelia elle-même formulera plus tard sans amertume apparente :

« J'espère toujours pouvoir faire quelque chose pour sa gloire, ne serait-ce qu'en ne résistant pas à sa grâce. » — Cornelia Connelly[39]

Rome, Trinità dei Monti, et l'ordination

La Trinità dei Monti à Rome, photographiée en 2020. Kaga tau, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

En 1842, Pierce rompt le foyer familial, vend la maison et part pour l'Angleterre, plaçant le jeune Mercer, âgé de neuf ans, dans un pensionnat.[40] Cornelia demeure d'abord au couvent de Grand Coteau avec les plus jeunes enfants ; en 1843, Pierce revient aux États-Unis et la famille se retrouve à Rome, non loin du palais Borghèse.[41]

En avril 1844, Cornelia entre au couvent du Sacré-Cœur de la Trinità dei Monti, au sommet de la place d'Espagne à Rome — maison des religieuses fondées par sainte Madeleine-Sophie Barat —, emmenant avec elle son plus jeune fils, le petit Frank.[42] C'est là que, le 18 juin 1845, elle prononce son vœu solennel de chasteté, geste canonique qui libère juridiquement son mari pour l'ordination.[43] Le 6 juillet 1845, Pierce Connelly est ordonné prêtre catholique dans la chapelle du couvent et célèbre sa première messe le 9 juillet ; sa fille Adeline y fait sa première communion le même jour.[44] Cornelia a alors trente-six ans ; Frank en a quatre.[45]

Peu de figures dans l'histoire de l'Église ont vécu un dépouillement aussi radical du lien conjugal — non par rupture de la foi, mais précisément par fidélité à une exigence canonique que l'un et l'autre époux acceptent librement, chacun à sa manière.

La fondation de la Société du Saint-Enfant-Jésus (1844-1847)

L'appel de l'Angleterre et du cardinal Wiseman

C'est à Rome, durant sa formation au couvent du Sacré-Cœur, que Cornelia rencontre Nicholas Wiseman, futur cardinal et premier archevêque de Westminster, alors figure centrale du renouveau catholique anglais après l'Oxford Movement.[46] Wiseman l'invite à venir en Angleterre pour y fonder une œuvre d'éducation catholique, dans un pays où l'émancipation catholique récente (1829) rouvrait tout juste la possibilité d'un enseignement catholique structuré.[47]

Derby, 1846 : les débuts

Infographie originale Ignispedia créée par IA — frise : de Derby aux approbations romaines ; scènes symboliques. Chronologie SHCJ et histoire de la congrégation.

Cornelia répond à cet appel et rédige, avec l'aide de Pierce, les règles de la nouvelle congrégation.[48] Elle est envoyée au couvent de St Mary's, à Derby, où elle arrive le 13 octobre 1846 : la Société du Saint-Enfant-Jésus y est formellement fondée le 15 octobre 1846, jour de la première messe célébrée en communauté, en présence d'Adeline, de Frank et de trois compagnes.[49][50][51] La communauté ouvre aussitôt une école de jour accueillant environ deux cents élèves, une école du soir pour les ouvrières des usines et une école du dimanche.[52]

Le nom même de la congrégation — Société du Saint-Enfant-Jésus — traduit le cœur de la spiritualité que Cornelia veut y inscrire : la contemplation de l'enfance cachée et humble du Christ, dans laquelle se manifestent, selon ses propres mots repris par sa congrégation, « l'amour sans limite de Dieu et la miséricorde divine ».[53]

Les vœux perpétuels de 1847

En décembre 1847, Cornelia Connelly prononce ses vœux perpétuels de religieuse et est officiellement installée comme supérieure générale de la Société qu'elle vient de fonder.[54] Le 1er juin 1850, l'évêque Wiseman approuve la jeune congrégation — approbation confirmant canoniquement ce que l'intuition de Cornelia avait déjà mis en œuvre sur le terrain.[55]

Le procès Connelly contre Connelly (1848-1857)

L'enlèvement des enfants

À peine la congrégation fondée, le drame conjugal rebondit. Dès janvier 1848, Pierce Connelly retire les enfants de leurs écoles sans en informer Cornelia : il place secrètement le jeune Frank, âgé de six ans, dans un foyer tenu caché à sa mère, et emmène Mercer et Adeline en Europe.[56] Il se présente par ailleurs comme co-fondateur de la Société auprès de la Congrégation de la Propagation de la Foi, à Rome — une prétention que rien dans l'histoire réelle de la fondation ne justifie.[57] Sous la pression de cette crise, l'évêque Wiseman déplace la communauté de Cornelia vers St Leonards-on-Sea, dans le Sussex, où elle établira désormais le centre de son œuvre.[58]

La bataille judiciaire devant la Cour des Arches

Infographie originale Ignispedia créée par IA — schéma explicatif : procédure résumée d’après The Spectator et la notice biographique. Scènes symboliques, sans fac-similé de pièces judiciaires.

Pierce Connelly renonce alors à son tour au sacerdoce catholique, quitte l'Église et engage contre son épouse une action judiciaire retentissante, restée dans l'histoire du droit anglais sous le nom de « Connelly contre Connelly ».[59] En janvier 1849, Cornelia est citée à comparaître devant la Cour des Arches (Court of Arches), tribunal ecclésiastique anglais : Pierce y réclame la restitution de ses « droits conjugaux », espérant contraindre juridiquement son épouse à reprendre la vie commune.[60]

La déposition signée par Pierce devant le tribunal omet entièrement sa conversion au catholicisme, la séparation canonique consentie à Rome et sa propre ordination sacerdotale ; les avocats de Cornelia doivent rétablir ces faits devant la cour et produire l'acte de séparation approuvé à Rome.[61] Après un an de procédure, le juge tranche en faveur de Pierce, estimant que le décret de séparation obtenu à Rome n'a pas de valeur juridique dans un tribunal anglais.[62] Mais le Conseil privé (Privy Council), saisi en appel, suspend ce jugement et impose à Pierce de payer les frais de justice des deux parties comme condition préalable à une seconde audience — une clause qu'il ne parvient jamais à honorer intégralement.[63]

« N'est-ce pas notre foi une épée de force ? Je le sens ainsi, mon Seigneur. » — Cornelia Connelly, durant les années du procès[64]

Une victoire sans les enfants

En 1857, l'affaire est définitivement classée : Cornelia n'a jamais été juridiquement contrainte de retourner auprès de Pierce, et l'ancien prêtre finit sa vie en menant contre elle, jusqu'à sa mort, une campagne publique de dénigrement.[65] Mais cette victoire judiciaire ne lui rend pas ses enfants : selon le droit anglais du milieu du XIXe siècle, l'épouse et les enfants demeurent en principe sous l'autorité juridique du mari — même si le Custody of Infants Act de 1839 (Talfourd's Act) permettait déjà à une mère de demander à la Chancellerie la garde de ses enfants de moins de sept ans et un droit de visite pour les aînés, avec une portée restée limitée en pratique.[66][67] Pierce emmène définitivement Adeline et Frank hors du pays ; Mercer, expédié chez un oncle aux États-Unis, meurt de la fièvre jaune à La Nouvelle-Orléans, à vingt ans.[68] Frank deviendra peintre à Rome ; Adeline restera aux côtés de son père jusqu'à la mort de celui-ci.[69] Cornelia Connelly ne reverra pour ainsi dire plus aucun de ses trois enfants survivants : Adeline lui rendra une unique visite en 1877, à 43 ans, et Frank la reverra deux fois à l'âge adulte ; Mercer, mort à vingt ans, ne la reverra pas.[70][71]

Fondatrice et éducatrice à St Leonards-on-Sea (1857-1879)

Mayfield et la pédagogie de la confiance

Entrée de St Leonard’s-Mayfield School, à Mayfield (East Sussex), en 2012. N Chadwick, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

Privée de ses propres enfants, Cornelia Connelly consacre les trente années suivantes de sa vie à l'éducation des filles d'autrui. Elle établit à St Leonards-on-Sea, dans le Sussex, le centre durable de son œuvre, et fait reconstruire à Mayfield une ancienne demeure en un collège de jeunes filles qui deviendra l'un des établissements catholiques les plus réputés d'Angleterre.[72] En 1856, elle ouvre également à St Leonards-on-Sea un collège de formation pour institutrices.[73]

Sa pédagogie est en avance sur son temps : elle enseigne le grec et le latin en traduction, la géologie, les arts, la musique, le théâtre et la danse, dans un esprit qui privilégie la confiance et le respect envers les élèves plutôt que la surveillance étroite alors en usage dans l'éducation féminine victorienne.[74] Elle maintient simultanément des écoles payantes et des écoles gratuites pour les enfants pauvres, fidèle à l'intuition originelle de Derby.[75]

L'expansion de la Société

Sous la direction de Cornelia puis de ses successeurs, la Société du Saint-Enfant-Jésus s'étend rapidement. En août 1862, six religieuses partent fonder les premières maisons américaines et ouvrent d'abord une école à Towanda, en Pennsylvanie, les écoles de Philadelphie venant ensuite.[76] En 1874, une nouvelle règle est imposée à la congrégation par l'évêque de Southwark ; elle reçoit le decretum laudis romain le 7 août 1887, puis ses Constitutions définitives sont approuvées par le pape Léon XIII le 28 juillet 1893, quatorze ans après la mort de la fondatrice.[77]

La spiritualité de Cornelia Connelly

Une spiritualité incarnée : « Actions et non paroles »

Infographie originale Ignispedia créée par IA — prière, éducation et fidélité dans l’épreuve ; scènes symboliques. Source : spiritualité de Cornelia, SHCJ.

La devise que Cornelia lègue à sa congrégation, Actions and not words (« Des actes, et non des paroles »), n'est pas un slogan d'efficacité mais l'expression d'une théologie précise de l'Incarnation, comprise non comme un événement clos dans le passé mais comme une action de Dieu qui se poursuit dans le monde à travers ceux qui aiment concrètement.[78] Pour Cornelia, contempler l'enfance cachée et humble de Jésus conduit nécessairement à l'action apostolique : de l'écoute attentive de Dieu dans la prière doit naître, sans effort forcé, le service concret du prochain.[79]

« Puisse ma vie devenir un simple acte d'amour. » — Cornelia Connelly[80]

« C'est précisément parce que vous êtes appelées à mener des vies actives que vous devez mener des vies de prière. » — Cornelia Connelly, à ses religieuses[81]

Cette conviction — que l'action apostolique la plus intense ne se soutient que par une vie de prière au moins aussi intense — rejoint la grande tradition spirituelle des fondatrices actives du XIXe siècle, pour qui contemplation et charité active ne s'opposent jamais mais se nourrissent l'une l'autre.

Le mystère de la souffrance rédemptrice

La spiritualité de Cornelia Connelly ne se comprend cependant pleinement qu'à la lumière des épreuves traversées : la mort de deux enfants en bas âge, le sacrifice de son mariage, puis la séparation durable d'avec ses trois enfants survivants. Loin de fuir cette souffrance ou de la nier, elle en fait le lieu même de sa fécondité spirituelle, résumant l'origine de son œuvre en une formule restée célèbre dans la tradition de sa congrégation :

« La Société est fondée sur un cœur brisé — le mien, lorsque j'ai pour la première fois sacrifié mon bonheur naturel en permettant à Pierce de briser notre famille et notre foyer. » — Cornelia Connelly, rapportée par sa première biographe Frances Bellasis[82]

Elle formule ailleurs, plus directement, une théologie de la souffrance comme voie de conformation au Christ :

« Nous avons tous une large part de souffrance ; et si nous ne l'avions pas, nous ne pourrions jamais ressembler à notre divin modèle. » — Cornelia Connelly[83]

Cette théologie de la souffrance rédemptrice, vécue sans révolte ni resignation passive mais comme un chemin actif de configuration au Christ souffrant, rejoint ce que l'encyclopédie développe par ailleurs sur la croissance dans la confiance et sur ce que les saints disent de la souffrance.

Une humilité et une douceur reconnues jusque dans l'adversité

Ceux qui côtoient Cornelia Connelly durant les années du procès et de la campagne de dénigrement menée par son ancien mari relèvent unanimement, au-delà de la fermeté de ses positions juridiques, une absence remarquable d'aigreur ou de ressentiment personnel à l'égard de Pierce.[84] Elle continue de prier pour lui, refuse toute polémique publique et centre ses religieuses sur l'œuvre éducative plutôt que sur la défense de sa propre réputation — une miséricorde vécue jusque dans la relation la plus douloureuse de sa vie.[85]

Une mort à St Leonards (avril 1879)

Cornelia Connelly meurt le 18 avril 1879 à St Leonards-on-Sea, à l'âge de soixante-dix ans, après plus de trente années consacrées à l'éducation des filles d'autrui, n'ayant pour ainsi dire jamais revu les siens — hormis une unique visite d'Adeline en 1877 et deux brèves visites de Frank à l'âge adulte.[86][87][88] Conformément à sa volonté, elle est inhumée au cimetière du couvent de Mayfield.[89] En 1935, sa dépouille est transférée dans la chapelle du collège de Mayfield, où elle repose aujourd'hui.[90]

La cause de béatification

De Servante de Dieu à Vénérable (1959-1992)

La réputation de sainteté de Cornelia Connelly conduit dès 1924 le chapitre général de sa congrégation à demander formellement l'ouverture d'une cause de canonisation.[91] Le titre de Servante de Dieu lui est officiellement reconnu le 12 novembre 1959.[92] Après un long travail d'instruction historique et théologique, la Positio super virtutibus — le dossier documentaire soumis à Rome — est approuvée le 2 mars 1992.[93] Le pape saint Jean-Paul II signe alors le décret reconnaissant l'héroïcité de ses vertus, le 13 juin 1992, sur un texte rédigé par le cardinal Angelo Felici.[94]

Le tableau suivant situe cette étape dans l'ensemble du processus de canonisation, tel qu'il s'applique à la cause de Cornelia Connelly.

ÉtapeTitre obtenuCe qui est requis
1Servante de DieuOuverture officielle de la cause (12 novembre 1959)
2VénérableReconnaissance de l'héroïcité des vertus (obtenue le 13 juin 1992)
3BienheureuseUn miracle attribué à son intercession, vérifié scientifiquement et théologiquement
4SainteUn second miracle, après la béatification

Lecture du tableau : Cornelia Connelly a franchi les deux premières étapes du processus de canonisation ; sa cause, portée par le diocèse de Southwark, attend aujourd'hui la reconnaissance d'un miracle pour la béatification.[95]

Infographie originale Ignispedia créée par IA — deux étapes acquises, deux étapes ultérieures. Décret présenté par la SHCJ et fiche de la cause.

Le décret pontifical de 1992 cite les Proverbes à propos de Cornelia Connelly — « La femme vaillante, qui la trouvera ? Elle est infiniment plus précieuse que les perles » (Pr 31, 10) — et souligne qu'elle a porté ses épreuves avec « une foi, une espérance et une charité extraordinaires », soutenues par « une union intime avec Dieu, sans cesse confirmée par la prière ».[96] Le texte la décrit comme « forte, mais humble, douce, droite et prudente ».[97]

Le miracle attendu et la controverse de la sépulture (2021)

La cause de Cornelia Connelly, portée aujourd'hui depuis Rome par sa congrégation, attend la reconnaissance canonique d'un miracle obtenu par son intercession pour franchir l'étape de la béatification.[98] En février 2021, la province américaine de la Société du Saint-Enfant-Jésus a sollicité l'exhumation partielle de sa dépouille à Mayfield, afin d'en transférer une partie à la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul de Philadelphie, ville natale de la fondatrice, pour y servir de foyer de vénération dans la perspective d'une éventuelle canonisation.[99]

L’ancienne chapelle de l’école à Mayfield, vue extérieure en 2009. Kevin Gordon, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

Ce projet a suscité une opposition locale vive : la commission historique diocésaine du sud de l'Angleterre a reçu environ cent vingt objections formelles, et une pétition rassemblant plus de mille quatre cents signatures s'est opposée au transfert, invoquant la volonté explicite de Cornelia d'être inhumée à Mayfield.[100] Devant cette opposition, la Société du Saint-Enfant-Jésus a retiré sa demande d'exhumation en 2021.[101] Cet épisode récent illustre combien la mémoire de la fondatrice demeure vivante, plus d'un siècle et demi après sa mort, aussi bien du côté de sa congrégation d'origine que des anciennes élèves de Mayfield, restées attachées au lieu même de son repos.

L'héritage aujourd'hui

Infographie originale Ignispedia créée par IA — carte historique : jalons de la congrégation, distincts des voyages personnels de Cornelia. Source : histoire de la Société.

Près de deux siècles après la fondation de Derby, la Société du Saint-Enfant-Jésus compte plusieurs centaines de religieuses réparties en communautés autonomes en Europe, en Amérique du Nord et du Sud et en Afrique — la première mission au Nigeria remontant à 1930, celle du Chili à 1967.[102] Repère historique : au 31 décembre 2008, la congrégation comptait 412 religieuses réparties en 73 maisons ;[103] en avril 2010, elle élisait comme supérieure générale sœur Veronica Openibo, religieuse nigériane elle-même issue de cette mission africaine, réélue ensuite pour un second mandat de six ans en 2016.[104][105] Aujourd'hui, l'ordre compte environ 300 à 350 sœurs, organisées en trois provinces — Europe, Afrique et Amériques —, sous une direction générale installée à Rome.[106][107]

Une dissertation doctorale récente, soutenue en août 2022 à l'université La Salle sous le titre A Woman for Our Times: How Marriage and Motherhood Shaped Cornelia Connelly's Religious Life, propose une relecture théologique de son parcours à la lumière précise de son expérience de mariage et de maternité — non comme un obstacle surmonté avant la vraie vocation religieuse, mais comme le terreau spirituel même de sa fécondité de fondatrice.[108]

La figure de Cornelia Connelly rejoint, dans la série Ignispedia consacrée aux vénérables et serviteurs de Dieu, celle d'autres fondatrices reconnues par l'Église pour l'héroïcité de leurs vertus, comme la vénérable Catherine McAuley, fondatrice des Sœurs de la Miséricorde, ou la vénérable Délia Tétreault, fondatrice missionnaire canadienne. Comme elles, Cornelia Connelly rappelle qu'une œuvre née d'un sacrifice radical et d'une fidélité tenue jusqu'au bout, sans amertume, peut engendrer, un siècle et demi plus tard, une famille religieuse répandue sur plusieurs continents.

  1. 15 janvier 1809
    Naissance à Philadelphie

    Cornelia Peacock naît dans une famille presbytérienne aisée de Philadelphie.

  2. 1818-1823
    Orpheline à quatorze ans

    Son père meurt en 1818, son frère Dodsworth en 1822, sa mère en 1823.

  3. 1831
    Mariage avec Pierce Connelly

    Elle épouse le pasteur épiscopalien Pierce Connelly, malgré l'opposition de sa famille.

  4. 1835-1836
    Double conversion au catholicisme

    Le couple se convertit ; Cornelia est reçue dans l'Église à La Nouvelle-Orléans, Pierce à Rome.

  5. Février 1840
    Mort de John Henry

    Leur fils de deux ans meurt après avoir été brûlé accidentellement à Grand Coteau, en Louisiane.

  6. 13 octobre 1840
    L'annonce de Pierce

    Enceinte de leur cinquième enfant, Cornelia apprend le projet de Pierce de devenir prêtre catholique.

  7. Avril 1844-juillet 1845
    Vœu de chasteté et ordination de Pierce

    Cornelia entre à la Trinità dei Monti en avril 1844 ; elle y prononce son vœu solennel le 18 juin 1845 et Pierce est ordonné prêtre le 6 juillet 1845.

  8. 13-15 octobre 1846
    Fondation de la Société du Saint-Enfant-Jésus

    Arrivée à Derby le 13 octobre ; la congrégation y est formellement fondée le 15 octobre, avec trois compagnes.

  9. 1848-1857
    Le procès Connelly contre Connelly

    Pierce retire les enfants à Cornelia et engage un procès pour la contraindre à revenir auprès de lui.

  10. 18 avril 1879
    Mort à St Leonards-on-Sea

    Cornelia Connelly meurt à soixante-dix ans, n'ayant pour ainsi dire jamais revu ses enfants survivants (une unique visite d'Adeline en 1877 ; deux brèves visites de Frank adulte).

  11. 13 juin 1992
    Déclarée vénérable

    Le pape saint Jean-Paul II reconnaît l'héroïcité de ses vertus.

Pour aller plus loin

  • Découvrir la vénérable Catherine McAuley et la vénérable Délia Tétreault : d'autres fondatrices du XIXe siècle en chemin vers les autels.
  • Approfondir Comment grandir dans la confiance et Que disent les saints sur la souffrance ? : deux portes d'entrée dans l'esprit d'abandon que Cornelia Connelly a incarné jusque dans son sacrifice conjugal.
  • Retenir l'essentiel : la vénérable Cornelia Connelly (1809-1879), Américaine convertie au catholicisme, accepta en 1845 un vœu perpétuel de chasteté pour permettre à son mari de devenir prêtre catholique, avant de fonder à Derby, en 1846, la Société du Saint-Enfant-Jésus. Séparée de ses trois enfants survivants après le procès « Connelly contre Connelly » — ne les revoyant pour ainsi dire plus —, elle consacra trente ans à l'éducation des filles d'autrui à St Leonards-on-Sea. Déclarée vénérable par saint Jean-Paul II le 13 juin 1992, elle attend la reconnaissance d'un miracle pour sa béatification.

Notes et références

  1. Wikipédia (FR), « Congrégation des sœurs du Saint Enfant Jésus » : fr.wikipedia.org/wiki/Congrégation_des_sœurs_du_Saint_Enfant_Jésus. Notice sur la congrégation — rencontre avec le futur cardinal Wiseman à Rome, fondation à Derby en octobre 1846, approbation épiscopale le 1er juin 1850, ouverture d'un collège de formation d'institutrices à St Leonards-on-Sea en 1856, expansion aux États-Unis datée de 1861 par cette notice — contredite par les archives de la congrégation (débarquement le 12 août 1862, école de Towanda, voir note shcj-notebook-towanda), nouvelle règle imposée par l'évêque de Southwark en 1874, decretum laudis du 7 août 1887, approbation des Constitutions par Léon XIII le 28 juillet 1893, missions au Nigeria en 1930 et au Chili en 1967, 412 religieuses en 73 maisons au 31 décembre 2008, supériorat général de sœur Veronica Openibo depuis avril 2010.

    1 46 47 50 55 73 77 102 103 104
  2. Society of the Holy Child Jesus, « Cornelia's Rome Timeline » : shcj.org/wp-content/uploads/2021/09/Cornelias-Rome-Timeline-1.pdf. Chronologie romaine officielle de la congrégation — vœu solennel de Cornelia le 18 juin 1845, ordination diaconale de Pierce le 22 juin, ordination sacerdotale le 6 juillet 1845 dans la chapelle du couvent, première messe le 9 juillet avec la première communion d'Adeline.

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  3. Wikipedia (EN), « Cornelia Connelly » : en.wikipedia.org/wiki/Cornelia_Connelly. Notice de référence — naissance le 15 janvier 1809 à Philadelphie, mariage avec Pierce Connelly en 1831, naissance de Mercer (1832) et Adeline (1835) à Natchez, conversion en 1835-1836, naissance de John Henry à Vienne, installation à Grand Coteau en 1838, mort de Mary Magdalen en 1839 et de John Henry en février 1840, annonce du projet sacerdotal de Pierce le 13 octobre 1840, naissance de Frank au printemps 1841, entrée à la Trinità dei Monti en avril 1844, ordination de Pierce datée de juin 1844 par cette notice — date contredite par la chronologie officielle de la congrégation (6 juillet 1845, voir note shcj-rome-timeline), fondation de la Société à Derby en 1846, vœux perpétuels de Cornelia en décembre 1847, retrait des enfants par Pierce en janvier 1848, transfert à St Leonards-on-Sea, mort de Mercer de la fièvre jaune à La Nouvelle-Orléans, carrière de peintre de Frank à Rome, proclamation de vénérabilité en 1992.

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  4. The Spectator, « The curious case of Cornelia Connelly » : spectator.com/article/the-curious-case-of-cornelia-connelly. Récit du procès « Connelly contre Connelly » — mariage à Philadelphie en 1831 à vingt-deux ans, acte perpétuel de séparation permettant l'ordination de Pierce, procédure judiciaire pour restitution des droits conjugaux, reconstruction de Mayfield en collège de jeunes filles, controverse de 2021 sur le projet d'exhumation, opposition des anciennes élèves (« Cornelians »).

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  5. Society of the Holy Child Jesus, « Cornelia Connelly, Founder, Society of the Holy Child Jesus, 1809-1879 » (notice biographique) : shcj.org/wp-content/uploads/2014/04/here.pdf. Adeline rend visite à sa mère en 1877, à l'âge de 43 ans ; Frank, devenu peintre et sculpteur, revoit sa mère deux fois à l'âge adulte — la première visite chaleureuse, la seconde acrimonieuse.

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  6. Today's Catholic, 3 août 2018, article sur Cornelia Connelly : shcj.org/wp-content/uploads/2018/08/Todays-Catholic-article-on-CC-August-2018.pdf. Mercer meurt à 20 ans sans avoir revu sa mère ; Adeline et Frank — « the latter two briefly saw their mother again, years later, as adults ».

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  7. Society of the Holy Child Jesus, « The Decree Declaring Cornelia » : shcj.org/the-decree-declaring-cornelia. Présentation officielle du décret d'héroïcité des vertus signé par le pape saint Jean-Paul II sur un texte du cardinal Angelo Felici — citation de Proverbes 31, 10, description de Cornelia comme « forte, mais humble, douce, droite et prudente », mention de son union intime avec Dieu confirmée par la prière, étape suivante : reconnaissance d'un miracle pour la béatification.

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  8. Catholic Historical Research Center of the Archdiocese of Philadelphia, « Cornelia Connelly, S.H.C.J. » : chrc-phila.org/connelly. Notice sur les origines philadelphiennes de Cornelia Connelly — naissance le 15 janvier 1809, parents Ralph Peacock et Mary Swope Bowen, mort du père en 1818, du frère Dodsworth en 1822 et de la mère en 1823, recueil par la demi-sœur Isabella Bowen et son époux Austin Montgomery, baptême épiscopalien à Saint Stephen's en 1831, quatre écoles Holy Child dans l'archidiocèse de Philadelphie.

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  9. Encyclopædia Britannica, « Cornelia Connelly » : britannica.com/biography/Cornelia-Connelly. Notice biographique de référence — mariage en 1831, installation à Natchez où Pierce Connelly est recteur de la Trinity Episcopal Church, conversion en 1835, séjour à Grand Coteau, fondation de la Société du Saint-Enfant-Jésus en 1846.

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  10. Held By His Pierced Hands, « Merciful like the Father: Ven. Cornelia Connelly » : piercedhands.com/merciful-like-the-father-ven-cornelia-connelly. Article dévotionnel — mort de John Henry après quarante-trois heures d'agonie, citation « les larmes coulent toujours derrière mon nez », citation sur la souffrance comme conformation au Christ, absence d'aigreur envers Pierce malgré la campagne de dénigrement.

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  11. Society of the Holy Child Jesus, « Cornelia Connelly Timeline » : shcj.org/our-story/cornelia-connelly/timeline. Chronologie officielle de la congrégation — première retraite de trois jours de Cornelia au début de 1840, annonce de la vocation sacerdotale de Pierce le 13 octobre 1840, entrée au couvent du Sacré-Cœur de la Trinità dei Monti en avril 1844 avec l'enfant Frank, installation durable à St Leonards-on-Sea à partir de 1860.

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  12. American Saints and Causes, « Cornelia Connelly » : americansaintsandcauses.com/saints-causes/cornelia-connelly. Fiche officielle de suivi de cause — déclaration comme Servante de Dieu le 12 novembre 1959, approbation de la Positio le 2 mars 1992, déclaration de vénérabilité, cause portée par le diocèse de Southwark, citation « I hope always to be able to do something for His glory, be it only in not resisting His grace », mémorial à la cathédrale de Philadelphie.

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  13. Society of the Holy Child Jesus, « Brief History of the Society of the Holy Child Jesus » : shcj.org/wp-content/uploads/2020/09/Brief-History-of-the-Society.pdf. Début à Derby le 13 octobre 1846 ; première messe en communauté le 15 octobre ; « October 15, 1846 is formally recognized as the date of the founding of the Society ». Direction générale à Rome, équipes provinciales en Europe, Amérique et Afrique.

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  14. Society of the Holy Child Jesus, American Province, « Cornelia's Spirituality » : shcj.org/american/share-our-mission/as-an-associate/cornelias-spirituality. Présentation officielle de la spiritualité incarnationnelle de la fondatrice — contemplation de la vie cachée et humble de l'Enfant-Jésus, devise « Actions and not words », citations « Puisse ma vie devenir un simple acte d'amour » et « C'est précisément parce que vous êtes appelées à mener des vies actives que vous devez mener des vies de prière ».

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  15. Give Us This Day, « Venerable Cornelia Connelly » : giveusthisday.org/2024/04/18/venerable-cornelia-connelly. Notice dévotionnelle pour le 18 avril — mariage en 1831, séparation en 1839 pour permettre l'ordination de Pierce, fondation de la Société du Saint-Enfant-Jésus, enlèvement des enfants après le procès, citation « Is not our faith a sword of strength? I feel it so, my Lord ».

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  16. Custody of Infants Act 1839 (Talfourd's Act) : la loi autorise la Court of Chancery à confier à la mère la garde de ses enfants de moins de sept ans et à lui accorder un droit de visite pour les aînés — présentation reprise notamment par la conférence inaugurale Selden's Sister (université de Liverpool) : liverpool.ac.uk/events/event/?eventid=108319.

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  17. Society of the Holy Child Jesus, archives de la Province européenne, « Cornelia's Notebook and Writing Table » : shcj.org/cornelias-notebook-and-writing-table. Carnet de dates tenu par Cornelia — débarquement de six membres de la Société à New York le 12 août 1862, ouverture de l'école de Towanda le 12 octobre ; corroboré par la Catholic Encyclopedia (1913), « Society of the Holy Child Jesus » : newadvent.org/cathen/07400a — « five sisters came over in 1862 and opened a school at Towanda ».

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  18. Cornelia Connelly Library, « Cornelia Connelly Sayings for Schools » : corneliaconnellylibrary.org/library-materials/res_7-12/quotes.pdf. Recueil archivistique des paroles attribuées à la fondatrice, dont la parole « la Société est fondée sur un cœur brisé », rapportée par sa première biographe Frances Bellasis et les premières sources de la congrégation à propos du sacrifice initial de 1840.

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  19. Nominis — Conférence des évêques de France, « Vénérable Cornelia Connelly » : nominis.cef.fr/contenus/saint/13212/Venerable-Cornelia-Connelly.html. Notice française — naissance le 15 janvier 1809, mort le 18 avril 1879 à St Leonards, mariage en 1831, réception dans l'Église catholique en 1835, fondation de l'Institut de l'Enfant-Jésus en 1846 en Angleterre, proclamation de vénérabilité en 1992.

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  20. Aleteia, « Remains of Venerable Cornelia Connelly to be moved to Philadelphia » : aleteia.org/2021/02/24/remains-of-venerable-cornelia-connelly-to-be-moved-to-philadelphia. Article sur le projet d'exhumation partielle de février 2021 — transfert des restes du couvent de Mayfield vers la chapelle du collège en 1935, projet de transfert d'une partie des reliques à la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul de Philadelphie.

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  21. Catholic World Report, « Plan to exhume body of US-born nun buried in England withdrawn after outcry » : catholicworldreport.com/2021/02/25/plan-to-exhume-body-of-us-born-nun-buried-in-england-withdrawn-after-outcry. Suivi de la controverse — environ cent vingt objections formelles reçues par la commission historique diocésaine, pétition de plus de mille quatre cents signatures, retrait de la demande d'exhumation par la Société du Saint-Enfant-Jésus en 2021.

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  22. Wikipedia (EN), « Veronica Openibo » : en.wikipedia.org/wiki/Veronica_Openibo. Élue supérieure générale de la Société du Saint-Enfant-Jésus en 2010, réélue pour un second mandat de six ans en 2016.

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  23. Charity Commission (Angleterre et pays de Galles), registre — Society of the Holy Child Jesus CIO : register-of-charities.charitycommission.gov.uk/charity-search/-/charity-details/5117488. Ordre international d'environ 350 sœurs dans le monde, en trois provinces (Europe, Afrique, Amériques).

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  24. Susan M. Gallen, A Woman for Our Times: How Marriage and Motherhood Shaped Cornelia Connelly's Religious Life, thèse doctorale, La Salle University, août 2022, disponible via corneliaconnellylibrary.org. Relecture théologique contemporaine du mariage et de la maternité de Cornelia Connelly comme fondement, et non obstacle, de sa vocation religieuse.

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