Serviteur de Dieu Hermann Cohen (1820-1871)

Le serviteur de Dieu Hermann Cohen (1820-1871), pianiste virtuose élève de Franz Liszt, se convertit du judaïsme en 1847 devant le Saint-Sacrement exposé et devint carme déchaux. Fondateur de l'Adoration nocturne, il mourut à Spandau en soignant des prisonniers français ; sa cause de béatification, ouverte en 2016, est en cours.

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Hermann Cohen (Hambourg, 1820 — Spandau, 1871), en religion frère Augustin-Marie du Très-Saint-Sacrement, fut l'un des enfants les plus prodigieux de la Paris romantique avant de devenir l'un des plus grands artisans du réveil eucharistique catholique du XIXᵉ siècle. Fils d'une famille juive de Hambourg, pianiste virtuose formé par Franz Liszt lui-même — qui le surnommait affectueusement « Puzzi » —, il connut à vingt ans les salons, la gloire naissante et les dettes de jeu, avant de vivre en 1847 une conversion foudroyante devant le Saint-Sacrement exposé.[1][2]

Baptisé le 28 août 1847, il renonce à sa carrière de virtuose pour entrer chez les Carmes déchaux, où il reçoit le nom d'Augustin-Marie du Très-Saint-Sacrement. Prêtre en 1851, il devient l'un des grands prédicateurs itinérants de l'Europe catholique, fonde en France l'Adoration nocturne — dont naîtra plus tard l'adoration perpétuelle de Montmartre —, restaure le Carmel à Lyon puis à Londres, et se lie d'amitié avec le curé d'Ars et le pape Pie IX.[3][4]

Sa vie s'achève en 1871 dans un geste de charité extrême : chapelain volontaire des prisonniers français internés à Spandau pendant la guerre franco-prussienne, il y contracte la variole en les soignant et meurt en chantant le Salve Regina.[5][6] Ses restes reposent aujourd'hui au monastère du Broussey, en Gironde, où sa cause de béatification — ouverte le 19 janvier 2016 par l'archidiocèse de Bordeaux — lui vaut aujourd'hui le titre de Serviteur de Dieu.[7]

Cet article Ignispedia appartient à la série consacrée aux serviteurs et servantes de Dieu dont la cause est en cours, aux côtés par exemple de la servante de Dieu Thérèse Neumann. Il raconte la vie d'un converti hors norme, dont le témoignage éclaire à la fois l'histoire du judaïsme et du christianisme au XIXᵉ siècle, la spiritualité de l'adoration eucharistique et l'expérience concrète de l'abandon à la volonté de Dieu.

Un enfant prodige dans le judaïsme réformé de Hambourg (1820-1834)

Naissance dans une famille juive de Hambourg

Infographie originale Ignispedia créée par IA. Parcours musical : synthèse visuelle d’après les notices citées dans l’article (Carmel en France et Wikipédia). Scène interprétative.

Hermann Cohen naît le 10 novembre 1820 à Hambourg, alors ville libre de la Confédération germanique, dans une famille juive aisée rattachée au judaïsme réformé.[8] Son père, David Abraham Cohen, est un négociant et banquier ; sa mère, Rosalie Benjamin, est décrite par ses biographes comme une femme énergique, entièrement dévouée à la carrière naissante de son fils.[9] Hermann grandit avec une sœur, Henriette, avec laquelle il restera très proche toute sa vie.[10]

Un don musical précoce

Dès l'âge de quatre ans, l'enfant montre des dispositions extraordinaires pour le piano.[11] À six ans, rapporte la biographie officielle des Carmes, il joue déjà « tous les airs d'opéras en vogue » et improvise avec une aisance qui stupéfie son entourage.[12] Ses premiers concerts publics, donnés à sept ans à Altona et à Francfort, confirment un talent que ses parents décident de mettre au service d'une grande carrière européenne.[13]

Pour financer l'installation de la famille à Paris, sa mère obtient le mécénat de deux grands-ducs allemands, Georges de Mecklembourg-Strelitz et François Iᵉʳ de Mecklembourg-Schwerin, sensibles au talent de l'enfant.[14] La famille s'installe à Paris en juillet 1834 : Hermann a treize ans.

L'élève préféré de Franz Liszt (1834-1841)

Le refus du Conservatoire et la rencontre avec Liszt

David d’Angers, Hermann Cohen, dit Puzzi, plâtre, XIXe siècle (D 89.23). Paris Musées / Musée de la Vie romantique, CC0.

Étranger, le jeune Hermann se voit refuser l'entrée du Conservatoire de Paris.[15] Sa mère se tourne alors vers Franz Liszt, déjà célèbre malgré son jeune âge, et parvient à le convaincre de prendre l'enfant comme élève particulier.[16] Liszt devient ainsi, durant sept années, le maître, le mentor et presque le père adoptif du jeune Cohen.

« Puzzi » : la coqueluche des salons romantiques

Liszt surnomme affectueusement son élève « Puzzi » — diminutif de l'allemand Putzig, « petit mignon », un sobriquet que son propre maître Carl Czerny utilisait déjà pour lui.[17] Le petit prodige devient la coqueluche du Paris romantique : George Sand, proche de Liszt, le surnomme « le mélancolique Puzzi », et l'abbé de Lamennais lui offre un exemplaire dédicacé de ses Paroles d'un croyant avec la mention « Souvenirs offerts à mon cher petit Puzzi ».[18][19] L'enfant côtoie ainsi les plus grands musiciens de son temps — Chopin, Mendelssohn, Paganini — et voyage à travers l'Europe pour des tournées de concerts, notamment aux côtés de Liszt et de la comtesse Marie d'Agoult.[20][21] Le 1ᵉʳ octobre 1835, à Genève, il tient sa partie dans un concert donné avec Liszt sous le patronage de la princesse Cristina Trivulzio Belgiojoso.[22]

Dettes de jeu et vie dissolue

Mais le succès grise l'adolescent. La biographie du Carmel en France ne farde rien : « grisé par le succès, il devient vite "le tyran de la famille" », se livrant à « la passion du jeu, où il s'endette » et négligeant peu à peu ses talents.[23] Lui-même le reconnaîtra plus tard sans détour :

« Mes leçons de musique me procuraient de l'argent, et l'argent me donnait des plaisirs. » — Hermann Cohen[24]

« Ma vie fut alors un abandon complet à toutes les fantaisies. » — Hermann Cohen[25]

Les dettes de jeu s'accumulent ; les tournées de concerts servent de plus en plus à les éponger plutôt qu'à nourrir un art dont le jeune homme se détourne.

La rupture avec Liszt (1841)

En 1841, à Dresde, Cohen est accusé d'avoir détourné une partie des recettes d'un concert.[26] Incapable de convaincre son maître de son innocence, il rompt avec Liszt dans des circonstances amères qu'il qualifiera plus tard, non sans exagération, de « complot ourdi en enfer »[27]. Il n'a alors que vingt et un ans, et se retrouve seul, sans maître, avec une réputation entamée.

Les années d'errance et l'approche silencieuse de la grâce (1841-1847)

Cinq années de tournées sans boussole

De 1841 à 1846, Cohen continue de parcourir l'Europe — Venise, Paris, Londres — accompagné de sa mère et de sa sœur Henriette, donnant des concerts et composant des pièces de salon.[28] Extérieurement brillante, cette période est intérieurement vide : le jeune homme sent confusément que la vie mondaine ne répond à rien d'essentiel.

Le renoncement à Céleste Mogador

De retour à Paris à l'automne 1846, Cohen s'éprend de l'écuyère de cirque Céleste Mogador.[29] Contre toute attente, il rompt cette liaison, comme saisi par le sentiment qu'il doit désormais remettre sa vie entre des mains plus sûres que les siennes — un premier geste, encore obscur à ses propres yeux, d'abandon à une volonté qui le dépasse.

Direction du chœur à Sainte-Valère : le trouble de mai 1847

Infographie originale Ignispedia créée par IA. Les étapes de 1847, d’après le Carmel en France et le Carmel en Suisse. Illustration de synthèse.

L'épisode décisif survient en mai 1847. Un ami catholique demande à Cohen, en tant que musicien, de venir diriger le chœur lors d'une bénédiction du Saint-Sacrement à l'église Sainte-Valère, à Paris.[30][31] Le jeune homme accepte sans y voir malice — un service musical parmi d'autres. Mais au moment de la bénédiction, quelque chose se produit qu'il ne saura jamais totalement expliquer :

« Mon esprit se trouva comme troublé, si l'on peut dire, et retiré de l'agitation du monde, pénétré par quelque chose qui lui était totalement inconnu jusque-là. » — Hermann Cohen[32]

Il revient, intrigué, aux offices suivants. Un soir, devant le Saint-Sacrement exposé, alors que les autres fidèles sont à genoux, il éprouve à son tour le besoin de s'agenouiller — lui qui, quelques instants plus tôt, restait debout par réserve.[33] Le récit du Carmel en France rapporte que « cette fois, il tombe à genoux », saisi d'un apaisement d'une profondeur inconnue.[34] Cohen lui-même comparera plus tard cette expérience à celle du fils prodigue se retrouvant soudain face à lui-même.[35]

Ems, août 1847 : la décision de se convertir

L'expérience se répète et se précise au fil des semaines. Cohen part faire une cure à Ems, en Allemagne ; c'est là, selon son propre témoignage, que la pensée de la conversion s'impose à lui avec une netteté nouvelle :

« Le lendemain, j'éprouvai la même chose et, soudain, la pensée me toucha de devenir catholique. » — Hermann Cohen[36]

À son retour à Paris, les tentations du monde reviennent l'assaillir une dernière fois — « les concerts, les fêtes, les parties de plaisir viennent de nouveau l'assaillir », note la biographie carmélitaine — mais sans parvenir à effacer ce qui s'est produit devant le Saint-Sacrement.[37] Cohen est présenté au père Marie-Théodore Ratisbonne, prêtre lui-même issu d'une famille juive convertie et fondateur, avec son frère Alphonse Ratisbonne — dont la conversion spectaculaire à Rome en 1842 est restée fameuse —, de la congrégation de Notre-Dame de Sion.[38] Ratisbonne le confie à l'abbé Legrand, qui l'instruit méthodiquement de la doctrine catholique.[39][40]

Le baptême et l'entrée dans l'Église catholique (1847-1849)

Baptême, première communion et confirmation

Hermann Cohen est baptisé le 28 août 1847, jour de la fête de saint Augustin, en la chapelle de Notre-Dame de Sion à Paris, sous les prénoms de Marie-Augustin-Henri.[41][42] Sa marraine est la duchesse de Rauzan ; parmi les témoins présents figure Alphonse Ratisbonne lui-même, entouré de plusieurs catholiques d'origine juive.[43][44] Selon son propre récit, il éprouve au moment du baptême une grâce d'une intensité bouleversante, comme une vision intérieure du Christ, de la Vierge et des saints « baignés d'une lumière éclatante », accompagnée d'un sentiment d'amour qui le submerge.[45]

Il reçoit sa première communion le 8 septembre 1847, puis la confirmation le 3 décembre 1847 des mains de l'archevêque de Paris, Mgr Denis-Auguste Affre[46][47] — celui-là même qui, l'année suivante, se fera tuer par une balle perdue en tentant de s'interposer sur les barricades de l'insurrection de juin 1848.

Le choix du Carmel plutôt que Solesmes ou les Dominicains

Infographie originale Ignispedia créée par IA. Le chemin carmélitain, d’après le Carmel en Suisse et la Catholic Encyclopedia. Architecture et figures interprétatives.

Dès sa confirmation, soutenu par le vicaire général de la Bouillerie, Cohen se jette dans la promotion de l'adoration nocturne du Saint-Sacrement, ce mystère même qui l'a conduit à la foi.[48] Mais il sent aussi grandir en lui un appel à la vie religieuse. Il se tourne d'abord vers les bénédictins de Solesmes, qui déclinent sa demande, puis consulte le père Henri-Dominique Lacordaire, qui lui suggère un ordre à la spiritualité plus érémitique.[49] Cohen se tourne alors vers les Carmes déchaux, séduit par leur idéal contemplatif enraciné dans la figure du prophète Élie au mont Carmel.[50]

Le droit canonique de l'époque exigeant une dispense pontificale pour l'entrée en religion d'un converti récent, Cohen l'obtient et donne un dernier concert d'adieu pour solder ses dettes de jeunesse avant de quitter définitivement la scène musicale.[51]

La dispense pontificale et le noviciat du Broussey

Après environ deux années consacrées à apurer ses dettes et à se préparer, Hermann Cohen entre au noviciat des Carmes du Broussey, à Rions (Gironde).[52][53] Il reçoit l'habit religieux le 6 octobre 1849 et le nom de frère Augustin-Marie du Très-Saint-Sacrement.[54][55] Il a vingt-huit ans.

Frère Augustin-Marie du Très-Saint-Sacrement (1849-1851)

Profession et ordination malgré une instruction écourtée

Cohen fait sa profession religieuse le 7 octobre 1850.[56][57] Fait remarquable, souligné par tous ses biographes : son instruction scolaire s'était arrêtée vers l'âge de dix ans, entièrement absorbée qu'elle avait été par la carrière musicale.[58] Grâce à des dispenses de cursus et à un travail acharné de rattrapage théologique, il est néanmoins ordonné prêtre le 19 avril 1851.[59][60]

Un ancien virtuose au service de l'autel

Le converti qui avait fait vibrer les salons de l'Europe met désormais son art tout entier au service de la liturgie : il composera, sa vie durant, un nombre important de cantiques et improvisera fréquemment à l'orgue avant ses prédications — des improvisations que ses confrères décrivaient « comme l'expression de son dessaisissement intérieur ».[61] Le pianiste vedette de Liszt est devenu un religieux qui joue pour Dieu seul.

Recueil ou œuvre sacréeAnnéeContenu
Gloire à Marie184932 cantiques mariaux
Amour à Jésus-Christ185132 cantiques et 8 motets
Messa a Tre Voci1852Messe à trois voix
Fleurs du Carmel186919 cantiques et 6 motets
Thabor187020 cantiques et 1 motet

Ce catalogue, modeste au regard d'une carrière de virtuose interrompue à vingt-sept ans, dit assez que la conversion n'a pas éteint le musicien : elle a simplement changé son unique auditeur.[62]

Le fondateur de l'adoration nocturne (1848-1860)

Notre-Dame-des-Victoires, 6 décembre 1848

Notre-Dame-des-Victoires, vue du 13 octobre 2006. Photo AntonyB, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Original non retouché.

Sans attendre son entrée au Carmel, Hermann Cohen — encore laïc converti de fraîche date — fonde, le 6 décembre 1848, l'Adoration nocturne masculine du Saint-Sacrement en la basilique Notre-Dame-des-Victoires à Paris.[63][64] L'initiative répond à une intuition simple mais neuve pour l'époque : rassembler des hommes, laïcs comme religieux, pour veiller la nuit devant le Saint-Sacrement exposé, en réparation et en action de grâce.

Une œuvre appelée à un rayonnement universel

L'œuvre essaime rapidement dans les paroisses de France. Trente ans plus tard, le 6 décembre 1878 — jour anniversaire —, elle donnera naissance à l'œuvre de l'Adoration sur la colline de Montmartre, dont le rayonnement devient véritablement universel.[65] La chaîne d'adoration perpétuelle de la basilique, elle, se poursuit jour et nuit sans interruption depuis le 1er août 1885.[66] Ainsi l'intuition d'un jeune converti de vingt-huit ans se prolonge, un siècle et demi plus tard, dans l'une des plus grandes œuvres eucharistiques de l'Église de France — un développement que l'on peut aujourd'hui relire à la lumière de ce que disent les saints sur l'adoration eucharistique.

Ce que le Père Hermann disait de l'Eucharistie et de lui-même

Infographie originale Ignispedia créée par IA. D’après le Carmel en France et Elias Friedman ; 1878 est postérieur à Cohen. Façade adaptée de la photo AntonyB : CC BY-SA 3.0.

Devenu religieux, Cohen ne cesse de regarder avec lucidité le chemin parcouru depuis sa vie mondaine :

« Quand vous m'avez connu, j'étais la proie de toutes sortes de plaisirs immodérés, de désordres et d'excès. » — Père Augustin-Marie du Très-Saint-Sacrement[67]

Il reconnaît volontiers, avec une humilité sans complaisance, que la grâce n'a pas effacé d'un coup son tempérament : ses confrères le décrivaient encore « avide, autoritaire et porté à l'exagération », un caractère que la vie religieuse dut patiemment polir.[68] Sur le détachement auquel il aspirait dans son ministère, il confiait :

« Je suis détaché de tout, même de mes propres œuvres, et je dis chaque jour à Notre-Seigneur que cela m'est entièrement indifférent. » — Père Augustin-Marie[69]

La même confiance eucharistique portait son intercession pour sa propre mère, restée juive. Arnaud Dumouch rapporte le témoignage suivant, daté de 1864 : prostré devant le Saint-Sacrement après la mort de sa mère sans conversion visible, le Père Hermann aurait entendu une voix lui assurer que sa prière avait été exaucée à l'heure dernière[70] :

« Au moment où elle expirait, je me suis présentée à elle, elle m'a vu et s'est écriée : “Mon Seigneur et mon Dieu !” Relève donc ton courage, ta mère a évité la damnation et tes supplications ferventes délivreront bientôt son âme de la prison du purgatoire. »[71]

Le prédicateur infatigable de l'Europe catholique (1851-1862)

Fondations : Bagnères-de-Bigorre, Lyon, Tarasteix

Devenu l'un des prédicateurs les plus recherchés de son temps, le Père Hermann parcourt la France et l'Europe — Genève, Bordeaux, Lyon, Paris, où il prêche notamment à Saint-Sulpice et à Sainte-Clotilde.[72] Le poète Charles Baudelaire lui-même se dit fasciné par ses sermons.[73] Il fonde ou restaure plusieurs maisons carmélitaines : le couvent de Bagnères-de-Bigorre (1853), le couvent des Carmes de Lyon (1857-1859) et le désert (ermitage) de Tarasteix, non loin de Lourdes (1857).[74][75]

Fondation ou missionAnnéeRôle du Père Hermann
Couvent de Bagnères-de-Bigorre1853Fondation
Couvent des Carmes de Lyon1857-1859Restauration et direction
Désert (ermitage) de Tarasteix, près de Lourdes1857Fondation
Couvent des Carmes de Londres1862Restauration de l'ordre en Angleterre

Ami du saint curé d'Ars et protecteur de Bernadette Soubirous

Sa réputation de sainteté lui vaut l'amitié de figures de tout premier plan. Il est décrit comme un « ami intime » de saint Jean-Marie Vianney, le saint curé d'Ars, qu'il visite au sanctuaire d'Ars et avec qui il partage une même dévotion brûlante pour l'Eucharistie ; encouragé par le saint curé, il fonde la confrérie de l'action de grâces, destinée à remercier le Seigneur pour le don de sa présence réelle.[76] La même source rapporte qu'il fut aussi le « confident spirituel des petits comme des grands » et le « protecteur de la jeune Bernadette Soubirous en un temps où celle-ci devait faire face aux assauts des sceptiques », en 1858 — l'année même des apparitions de Notre-Dame de Lourdes à la jeune Bernadette.[77] On lui prête également l'amitié du pape Pie IX.[78]

La réconciliation avec Liszt à Rome (juin 1862)

Après la rupture douloureuse de 1841, une correspondance s'était peu à peu renouée entre le maître et l'ancien élève dès 1852.[79] En juin 1862, les deux hommes se retrouvent enfin à Rome, où Liszt — déjà tout tourné vers la vie religieuse, trois ans avant de recevoir la tonsure et les ordres mineurs en 1865[80] — passe trois semaines avec le Père Hermann, entre musique et promenades au Colisée.[81] Le musicien de génie et le carme retrouvent, à la faveur de la grâce, l'amitié brisée par la jeunesse.

La restauration du Carmel en Angleterre (1862-1868)

Sept livres en poche : l'arrivée à Londres

Infographie originale Ignispedia créée par IA. Principales fondations et missions citées dans la Catholic Encyclopedia et les notices biographiques de l’article. Carte schématique.

À la demande du cardinal Wiseman et avec la bénédiction du pape Pie IX, le Père Hermann est envoyé rétablir l'ordre du Carmel en Angleterre, dissous depuis la Réforme anglaise.[82] Il débarque à Londres en 1862 avec, dit-on, sept livres sterling en poche.[83] Il y ouvre un nouveau prieuré et organise la première procession catholique publique dans les rues anglaises depuis l'époque des Tudors.[84]

Newgate : les six condamnés et le courage du Père Hermann

En 1864, le Père Hermann se rend à la prison de Newgate, à Londres, pour administrer les derniers sacrements à six marins catholiques condamnés à mort et sur le point d'être pendus.[85] Bravant une foule hostile qui le hue, il accompagne les condamnés jusqu'au bout ; le journal The Times de Londres louera publiquement son courage.[86]

Le désert de Tarasteix et la guérison de Lourdes (1867-1870)

Deux années de plus grande solitude

À partir de 1867-1868, épuisé par des années de prédication incessante, le Père Hermann se retire pour un temps de plus grande solitude au désert de Tarasteix, près de Lourdes.[87][88]

La guérison du glaucome à la grotte (1ᵉʳ novembre 1868)

C'est durant cette période qu'il est frappé de glaucome. Refusant l'opération chirurgicale qu'on lui propose, il se rend en pèlerinage à la grotte de Lourdes et se lave les yeux à la source miraculeuse : sa vue, rapportent plusieurs biographes, lui est aussitôt rendue, le 1ᵉʳ novembre 1868.[89][90]

Maître des novices au Broussey

En 1870, ses supérieurs le rappellent au Broussey pour y devenir premier définiteur et maître des novices[91] — chargé, désormais, de transmettre aux jeunes carmes le chemin spirituel qu'il avait lui-même parcouru depuis la conversion.

La guerre, Spandau et la mort en serviteur de la charité (1870-1871)

L'exil à Genève

La citadelle de Spandau, vue du 19 octobre 2014. Photo Avda / www.avda-foto.de, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Original non retouché.

La guerre franco-prussienne éclate en juillet 1870. Sujet allemand de naissance, le Père Hermann doit quitter la France malgré une dispense possible et la présence en France de sa famille d'adoption spirituelle ; il choisit l'exil à Genève en octobre 1870.[92][93]

L'aumônerie volontaire des prisonniers français de Spandau

Apprenant que plusieurs milliers de soldats français sont retenus prisonniers à la citadelle de Spandau, près de Berlin — jusqu'à 5 000 à 6 000 hommes selon les sources —, il se porte volontaire, en novembre 1870, pour devenir leur aumônier.[94][95] Sur place, il se dévoue sans compter : distribution de secours, messe quotidienne suivie, dit-on, par plusieurs centaines de prisonniers, réconfort spirituel apporté sans relâche à des hommes vaincus, loin des leurs, dans des conditions sanitaires très dégradées — une épidémie de variole sévissant alors dans la citadelle.[96]

La variole et la mort au chant du Salve Regina (20 janvier 1871)

Infographie originale Ignispedia créée par IA. D’après le Carmel en France ; scène de soins interprétative. Citadelle adaptée de la photo Avda / www.avda-foto.de : CC BY-SA 3.0.

En soignant les contaminés, le Père Hermann contracte à son tour la variole.[97][98] Après quelques semaines de maladie, il reçoit une dernière fois la communion. Selon le récit du Carmel en France :

« Fort de la présence de son Sauveur, il rend son âme à Dieu au chant du Salve Regina. »[99]

Il meurt le 20 janvier 1871, à l'âge de cinquante ans — certaines sources françaises retiennent la veille, le 19 janvier, comme date du décès, la nuance tenant sans doute à l'heure de la mort par rapport à la dernière communion.[100][101] Un confrère carme rendra de lui ce témoignage :

« Je crois qu'il possédait toutes les vertus à un degré sublime, voire héroïque. »[102]

Le laïc catholique Louis Veuillot, qui l'avait bien connu, ajoutera :

« Je l'aimais et je l'admirais. Il était plein de simplicité et de candeur, d'humilité et d'amour pour tout ce qui est bon. » — Louis Veuillot[103]

Sépulture et béatification en cours

De Spandau à Berlin, puis retour au Broussey

Infographie originale Ignispedia créée par IA. Repères posthumes d’après les notices citées dans l’article. L’ouverture de la cause en 2016 ne constitue pas une béatification.

Le Père Hermann est d'abord inhumé dans la crypte de la cathédrale Sainte-Edwige de Berlin.[104][105] Après la destruction partielle de la cathédrale par les bombardements du 2 mars 1943, ses restes sont transférés dans le cimetière attenant.[106] Le 2 décembre 2008, ses reliques sont exhumées puis rapatriées en France ; elles sont définitivement réinhumées le 15 avril 2010 en l'église du monastère du Broussey, en Gironde — le lieu même où, en 1849, le jeune converti avait pris l'habit religieux, et où il avait terminé sa vie active comme maître des novices.[107]

Serviteur de Dieu : l'ouverture de la cause (2016)

Le 19 janvier 2016, l'archidiocèse de Bordeaux ouvre officiellement le procès diocésain en vue d'une éventuelle béatification du Père Hermann Cohen.[108] Depuis cette date, il porte le titre de Serviteur de Dieu, première étape du long chemin canonique qui, si Rome le juge bon, pourra un jour le conduire à la vénérabilité puis à la béatification.[109] Le parcours du Père Hermann est aujourd'hui éclairé par une biographie scientifique de référence, appuyée sur l'édition de sa correspondance générale.[110][111]

L'Église, fidèle à sa prudence habituelle dans l'instruction des causes, ne préjuge en rien de l'issue du procès : l'ouverture d'une cause signifie seulement qu'un évêque estime la réputation de sainteté suffisamment établie pour qu'une enquête rigoureuse soit menée — non que la sainteté héroïque du serviteur de Dieu soit déjà reconnue par le magistère.

Ce que le serviteur de Dieu Hermann Cohen enseigne aujourd'hui

L'existence du Père Hermann Cohen tient en un contraste saisissant : l'enfant prodige des salons parisiens devenu mendiant de l'Eucharistie, l'élève adulé de Liszt devenu carme silencieux, le joueur endetté devenu chapelain des prisonniers vaincus. Trois traits en particulier demeurent féconds pour le lecteur d'aujourd'hui :

  • La conversion ne détruit pas les talents, elle les convertit. Cohen ne cesse jamais d'être musicien : il met simplement son art tout entier au service de l'autel, composant cantiques et improvisant à l'orgue « comme l'expression de son dessaisissement intérieur ».
  • L'adoration eucharistique change concrètement une vie. Ce n'est ni un raisonnement ni une controverse qui bouleverse Hermann Cohen, mais un moment silencieux devant le Saint-Sacrement exposé — expérience qu'il consacrera ensuite sa vie à proposer à d'autres par l'Adoration nocturne.
  • La charité jusqu'au bout, y compris chez l'ennemi. Sujet allemand, le Père Hermann choisit librement de servir des prisonniers français vaincus par son propre pays d'origine, jusqu'à en mourir : une charité qui ignore les frontières et les rancunes nationales.

« Je suis détaché de tout, même de mes propres œuvres, et je dis chaque jour à Notre-Seigneur que cela m'est entièrement indifférent. » — Père Augustin-Marie du Très-Saint-Sacrement[112]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Benedict Zimmerman, « Hermann Cohen », Catholic Encyclopedia, vol. 4, New York, Robert Appleton Company, 1908-1913 : newadvent.org. Notice de référence : naissance à Hambourg le 10 novembre 1820, mort à Spandau le 20 janvier 1871 ; fils d'un marchand juif, formé à la musique par Liszt à Paris ; expérience de grâce en mai 1847 en dirigeant le chœur à la bénédiction du Saint-Sacrement en l'église Sainte-Valère ; séjour à Ems puis décision de devenir chrétien ; baptisé le 28 août 1847 ; fondation avec de la Bouillerie de l'adoration nocturne ; entrée au noviciat du Broussey ; profession le 7 octobre 1850 ; ordonné prêtre le 19 avril. Fondations de Bagnères-de-Bigorre (1853), Lyon (1857), désert de Tarasteix près de Lourdes (1857) et Londres (1862). Inhumé dans la crypte de l'église Sainte-Edwige de Berlin après avoir contracté la variole au lazaret de Spandau.

    1 30 48 56 59 64 74 101
  2. Wikipédia (FR), « Hermann Cohen (pianiste) » : fr.wikipedia.org. Article encyclopédique de synthèse — naissance le 10 novembre 1820 à Hambourg ; formation musicale avec Liszt à Paris à partir de 1834 ; rupture avec Liszt en 1841 ; conversion en 1847 lors d'une bénédiction à l'église Saint-Valère puis à Ems ; baptême le 28 août 1847 sous le nom de Marie-Augustin-Henri à Notre-Dame de Sion ; confirmation le 3 décembre 1847 par Mgr Affre ; entrée chez les Carmes déchaux ; prédication à travers l'Europe ; réconciliation avec Liszt à Rome en 1862 ; mission en Angleterre et incident de la prison de Newgate en 1864 ; guérison à Lourdes ; exil à Genève en 1870 ; mort à Spandau ; sépulture successive à Berlin puis au Broussey en 2010 ; ouverture de la cause de béatification en 2016.

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  3. Carmel en France (carmel.asso.fr), « Vie d'Hermann Cohen » : carmel.asso.fr. Biographie officielle de l'ordre des Carmes déchaux en France — naissance le 10 novembre 1820 à Hambourg dans une famille juive distinguée ; enfant prodige remarqué par Liszt, surnommé « le mélancolique Puzzi » par George Sand ; vie mondaine, passion du jeu, endettement ; conversion en mai-août 1847 lors d'une direction de chœur à l'église Sainte-Valère, apaisement devant le Saint-Sacrement exposé, instruction religieuse et combats intérieurs ; baptême le 28 août 1847, première communion le 8 septembre, confirmation par l'archevêque de Paris ; fondation de l'Adoration nocturne masculine le 6 décembre 1848 à Notre-Dame-des-Victoires, à l'origine de l'adoration de Montmartre instituée le 6 décembre 1878 ; découverte de saint Jean de la Croix et entrée au noviciat des Carmes du Broussey ; prise d'habit et nom de frère Augustin-Marie du Très-Saint-Sacrement ; ordination le 19 avril 1851 ; prédication à travers la France et l'Europe, fondations à Lyon et à Londres ; ami intime du saint curé d'Ars (fondation de la confrérie de l'action de grâces), confident spirituel et protecteur de la jeune Bernadette Soubirous en 1858, ami du pape Pie IX ; compositeur de cantiques et improvisateur à l'orgue ; retraite au Saint-Désert de Tarasteix à partir de 1868, rappel au Broussey comme maître des novices ; guerre franco-prussienne de 1870, exil en Suisse, aumônerie des prisonniers français de la citadelle de Spandau, contagion de variole et mort le 19 janvier 1871 au chant du Salve Regina.

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  4. Carmel en Suisse (lecarmel.ch), « Le Père Hermann Cohen (1820-1871) », mars 2018 : lecarmel.ch. Chronologie détaillée — naissance à Hambourg en 1820 ; élève de Liszt à treize ans ; conversion en mai 1847 ; baptême le 28 août 1847 ; première communion le 8 septembre 1847 ; confirmation par Mgr Affre le 3 décembre 1847 ; prise d'habit au noviciat du Broussey le 6 octobre 1849 ; profession religieuse le 7 octobre 1850 ; ordination diacre puis prêtre en 1851 ; tournées de prédication à partir de 1853 ; restauration de l'ordre des Carmes à Londres en 1862 ; guérison miraculeuse du glaucome à Lourdes le 1er novembre 1868 ; nommé premier définiteur et maître des novices en 1870 ; mort à Spandau le 20 janvier 1871 de la variole contractée en soignant des prisonniers ; ouverture le 19 janvier 2016 à Bordeaux du procès diocésain en vue d'une éventuelle béatification.

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  5. Wikipedia (EN), « Hermann Cohen (Carmelite) » : en.wikipedia.org. Article encyclopédique très détaillé (sources croisées Liszt, Friedman, Cross, Zimmerman) — famille de banquiers juifs réformés de Hambourg (père David Abraham Cohen, mère Rosalie Benjamin, sœur Henriette) ; mécénat des grands-ducs de Mecklembourg pour l'installation à Paris en juillet 1834 ; surnom « Puzzi » donné par Liszt (d'après le surnom que Czerny donnait à Liszt), dédicace de Lamennais, concert du 1er octobre 1835 à Genève sous le patronage de la princesse Belgiojoso ; dettes de jeu, liaison avec une femme mariée, accusation de détournement de fonds à Dresde en 1841 et rupture avec Liszt (« a plot hatched in hell ») ; liaison avec Céleste Mogador en 1846 ; conversion à l'église Sainte-Valérie en mai 1847, présentation à Théodore Ratisbonne et à l'abbé Legrand, baptême le 28 août 1847 en présence d'Alphonse Ratisbonne, confirmation le 3 décembre 1847 par Mgr Affre ; démarches auprès de Solesmes puis de Lacordaire avant l'entrée chez les Carmes déchaux ; noviciat au Broussey, profession le 7 octobre 1850, ordination le 19 avril 1851 malgré une instruction scolaire arrêtée vers dix ans ; prédication à Genève, Bordeaux, Lyon, Paris (Saint-Sulpice, Sainte-Clotilde), intérêt de Baudelaire ; fondations de Bagnères-de-Bigorre (1853), Lyon (1857), Tarasteix (1857) ; réconciliation avec Liszt à Rome en juin 1862 ; mission en Angleterre à la demande du cardinal Wiseman avec la bénédiction de Pie IX, arrivée à Londres en 1862 avec sept livres, première procession catholique publique depuis les Tudors ; épisode de la prison de Newgate en 1864 salué par The Times ; retraite à Tarasteix à partir de 1867, glaucome et guérison rapportée à Lourdes ; maître des novices au Broussey en 1869-1870 ; guerre franco-prussienne, exil à Genève en octobre 1870, aumônerie volontaire des prisonniers français de Spandau (5 000 à 6 000 hommes) à partir de novembre 1870 ; contagion de variole, mort le 19 ou 20 janvier 1871 ; sépulture dans la crypte de la cathédrale Sainte-Edwige de Berlin, transfert au cimetière attenant après le bombardement du 2 mars 1943, exhumation le 2 décembre 2008 et réinhumation au Broussey le 15 avril 2010 ; ouverture de la cause de béatification en 2016, statut de Serviteur de Dieu.

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  6. Aleteia (fr.aleteia.org), « L'incroyable conversion d'Hermann Cohen, pianiste surdoué devenu carme », 8 juin 2020 : fr.aleteia.org. Récit de la conversion — famille juive commerçante de Hambourg dans un contexte de montée de l'antisémitisme ; enfant prodige élève de Liszt ; installation à Paris en 1834 ; vie mondaine dans les salons du Faubourg Saint-Germain ; citations directes : « Mes leçons de musique me procuraient de l'argent, et l'argent me donnait des plaisirs » et « Ma vie fut alors un abandon complet à toutes les fantaisies » ; épisode de la bénédiction du Saint-Sacrement à l'église Saint-Valère en 1847 et trouble intérieur ressenti ; étapes sacramentelles (baptême, eucharistie, confirmation, ordination) ; entrée au Carmel en 1849 sous le nom d'Augustin-Marie du Très-Saint-Sacrement ; participation au développement de l'adoration nocturne du Saint-Sacrement.

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  7. Elias Friedman, O.C.D., « Hermann Cohen OCD », Association of Hebrew Catholics (hebrewcatholic.net), 3 mai 2013 : hebrewcatholic.net. Notice spirituelle citant des lettres et témoignages en anglais — expérience de conversion rapportée en 1847 (« My mind found itself perturbed, so to speak, and withdrawn from the agitation of the world, penetrated by something totally unknown to it previously » ; « The following day, I had the same experience and, suddenly, the thought touched me to become a Catholic ») ; baptême le 28 août 1847 à la chapelle Notre-Dame de Sion ; établissement de l'adoration nocturne, étendue à Londres en 1863 ; autocritique du Père Hermann sur sa vie passée (« When you knew me, I was a prey to every sort of intemperate pleasure-seeking, irregularity and excess ») et sur son caractère non totalement transformé (« eager, domineering and inclined to exaggeration ») ; propos sur le détachement apostolique (« I am detached from everything, even from my own works and I daily tell Our Lord that I am completely indifferent ») ; sur l'amitié (« I find pious attachments of long standing very consoling to me. Long live old friends! ») ; témoignage de Louis Veuillot (« I loved and admired him. He was full of simplicity and candor, humility and the love of all that is good ») ; mort de la variole contractée en soignant des prisonniers français à Spandau en soignant une plaie à la main, le 19 janvier 1870 (sic, coquille pour 1871) ; témoignage d'un confrère carme (« It is my belief that he possessed every virtue in a sublime even heroic degree »).

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  8. Wikipedia (EN), « Marie-Théodore Ratisbonne » : en.wikipedia.org. Notice sur le prêtre Théodore Ratisbonne, juif converti, fondateur avec son frère Alphonse Ratisbonne — dont la conversion à Rome en 1842 après une apparition de la Vierge est restée célèbre — de la congrégation de Notre-Dame de Sion ; rôle de Théodore Ratisbonne dans l'instruction catholique d'Hermann Cohen en 1847, qui le confia à l'abbé Legrand ; présence d'Alphonse Ratisbonne au baptême de Cohen le 28 août 1847 à la chapelle Notre-Dame de Sion, entouré de plusieurs catholiques d'origine juive.

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  9. National Catholic Register, « 'We Never Leave the Lord Alone': 135 Years of Eucharistic Adoration at Sacré-Cœur » : lire en ligne. Chaîne d'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement à la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, à Paris, poursuivie sans interruption depuis le 1er août 1885.

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  10. Arnaud Dumouch, Le retour du Christ en gloire, un événement vécu à l'heure de la mort comme à la fin du monde, suivi du Traité des fins dernières, Paris, 1992, p. 139. Récit rapporté du témoignage du Père Hermann Cohen (1864) : après la mort de sa mère sans conversion visible, plainte devant le Saint-Sacrement, voix rapportée annonçant qu'au moment d'expirer elle s'était écriée « Mon Seigneur et mon Dieu ! » et que ses supplications délivreraient bientôt son âme du purgatoire, puis seconde apparition annonçant sa montée au Ciel ; l'ouvrage ne cite pas ici de source primaire.

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  11. Catholic Encyclopedia, « Franz Liszt » : lire en ligne. Ordres mineurs reçus du cardinal Hohenlohe dans sa chapelle privée au Vatican le 25 avril 1865 ; cf. notes Hyperion Records (CDA68202) : tonsure et premiers ordres mineurs en avril 1865, début de sa vie d'« abbé Liszt ».

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  12. Stéphane-Marie Morgain, O.C.D., Le Père Hermann Cohen (1820-1871). Un romantique au Carmel, Paris, Parole et Silence, 2019. Biographie scientifique de référence sur le parcours du Père Hermann, appuyée sur sa correspondance ; présentation de l'ouvrage : vies-consacrees.be.

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  13. Stéphane-Marie Morgain (éd.), Hermann Cohen (Augustin-Marie du Très-Saint-Sacrement) : Correspondance générale (1835-1871), Éditions du Carmel. Édition de la correspondance générale du Père Hermann Cohen, source primaire de référence pour sa biographie et sa spiritualité.

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