Le vénérable Samuel Mazzuchelli (1806-1864), né Carlo Gaetano Samuele Mazzuchelli à Milan et mort à Benton, dans le Wisconsin, est un religieux dominicain italien devenu, par l'obéissance à son évêque, l'un des principaux artisans de l'implantation catholique dans le Haut-Midwest américain.[1][2] Seizième des dix-sept enfants du banquier milanais Louis Mazzuchelli et de Rachel Merlini[3], il renonce à dix-sept ans à une carrière que son père voyait politique pour entrer chez les Prêcheurs, puis traverse l'Atlantique à vingt-deux ans en réponse à l'appel d'un évêque missionnaire.[4][5] Durant trente-quatre années de ministère sans relâche entre le lac Michigan et le Mississippi, il évangélise les nations ménominée et winnebago (ho-chunk), fonde plus de trente paroisses, dessine et bâtit lui-même une vingtaine d'églises et d'édifices civils, puis établit en 1847 la congrégation des Sœurs dominicaines de Sinsinawa, aujourd'hui forte de milliers de religieuses ayant œuvré dans l'enseignement à travers les États-Unis.[6][7]
Déclaré vénérable le 6 juillet 1993 par le pape saint Jean-Paul II, qui reconnut l'héroïcité de ses vertus théologales et cardinales, le père Mazzuchelli est aujourd'hui présenté par le diocèse de Madison comme l'un des visages les plus complets de la sainteté américaine du XIXe siècle : missionnaire itinérant, linguiste, architecte, urbaniste, pédagogue et confesseur inlassable.[8][9] Sa cause, portée conjointement par le diocèse de Madison, les Dominicaines de Sinsinawa et la Société du père Mazzuchelli, demeure ouverte : un miracle allégué, la guérison d'un cancer du poumon obtenue en 2001 par l'intercession du vénérable, a fait l'objet d'une enquête diocésaine achevée en 2008 et transmise à Rome.[10][11]
Cet article appartient à la série Ignispedia consacrée aux vénérables et serviteurs de Dieu, aux côtés du vénérable Nelson Baker, autre grand bâtisseur de charité du nord-est des États-Unis, du vénérable Pierre Toussaint et de la vénérable Henriette Delille, figures afro-américaines de la même époque missionnaire, et du vénérable Fulton Sheen, autre grand nom de l'Église catholique nord-américaine.
Une enfance milanaise et une vocation contrariée (1806-1823)
Une famille de la haute bourgeoisie milanaise
Carlo Gaetano Samuele Mazzuchelli naît le 4 novembre 1806 à Milan, alors ville du royaume napoléonien d'Italie, seizième des dix-sept enfants d'une famille aisée de la bourgeoisie milanaise.[12][13] L'Ordre dominicain, dont le jeune Samuele deviendra l'un des membres les plus rayonnants au XIXe siècle, sort alors à peine des dévastations infligées par les armées révolutionnaires françaises aux institutions religieuses italiennes : couvents fermés, noviciats dispersés, effectifs exsangues — un contexte qui rend d'autant plus significative la vocation du jeune Milanais.[14]
Le père de famille, homme d'affaires en vue, nourrit pour Samuele des projets de carrière politique et mondaine, à la mesure du rang social des Mazzuchelli.[15][16] Le jeune garçon reçoit une éducation soignée : il fréquente une école tenue par les pères somasques à Lugano, en Suisse, congrégation clérique spécialisée dans l'éducation de la jeunesse.[17][18] C'est dans l'ombre du chantier séculaire de la cathédrale gothique de Milan que grandit sa piété, selon les biographes qui insistent sur l'intensité précoce de sa vie religieuse d'enfant.[19]
L'entrée chez les Dominicains malgré le père
À dix-sept ans, en 1823, Samuele obtient l'autorisation d'entrer en religion et renonce à l'héritage familial auquel son rang lui donnait droit, contre la volonté explicite de son père, qui espérait le voir embrasser une carrière politique.[20][21][22] Ce renoncement précoce à la fortune et à la position sociale — chez un adolescent né dans l'aisance — est un premier trait constant de sa physionomie spirituelle, que l'on retrouvera dans son mode de vie tout au long de son existence missionnaire : austérité choisie, indifférence aux honneurs, préférence marquée pour les tâches les plus rudes.
Après son entrée au couvent Saint-André de Faenza, en Romagne, où il fait profession le 6 décembre 1824, Samuele est envoyé en 1825 à Rome pour y poursuivre ses études, d'abord à Sainte-Sabine puis à la Minerve.[23][24][25] Il y noue une amitié qui marquera son parcours : celle du moine camaldule Bartolomeo Alberto Cappellari, futur pape Grégoire XVI (1831-1846).[26] Cette proximité avec un homme appelé à devenir pape n'est pas un détail anecdotique : elle illustre l'insertion du jeune Mazzuchelli dans les cercles les plus vivants du renouveau dominicain italien du premier XIXe siècle, avant même son départ pour l'Amérique.
De Rome à l'Amérique : la formation dominicaine et le grand départ (1825-1828)
L'appel de Mgr Fenwick
C'est à Rome que se noue le fil qui conduira Samuele Mazzuchelli au bout du monde connu de l'époque. Mgr Edward Fenwick, dominicain lui-même et premier évêque de Cincinnati, chargé d'un diocèse s'étendant sur l'essentiel du Territoire du Nord-Ouest — l'immense région comprise entre les Grands Lacs et le Mississippi, à peine christianisée —, recrute activement des religieux volontaires pour cette mission.[27][28] Le jeune Mazzuchelli, ordonné sous-diacre en 1827 à la basilique du Latran, répond à cet appel.[29]
En mai 1828, il gagne la France en compagnie du père Frédéric Rese, vicaire du diocèse de Cincinnati, qui l'a recruté à Rome pour la mission[30]. Après trois mois passés à perfectionner son français, il traverse seul l'Atlantique afin de pouvoir communiquer avec les nombreuses populations francophones — colons canadiens-français, coureurs des bois, métis — qu'il rencontrera sur le terrain de mission.[31][32] Cette préparation linguistique, méthodique et anticipée, annonce le linguiste polyglotte qu'il deviendra au contact des nations amérindiennes.
La traversée et l'arrivée à Cincinnati (1828)
À l'automne 1828, à seulement vingt-deux ans, Samuele Mazzuchelli débarque à Cincinnati, où Mgr Fenwick l'accueille personnellement.[33][34] L'évêque l'envoie d'abord achever sa formation au couvent dominicain de Bardstown (Kentucky), premier monastère américain de l'Ordre, puis à Somerset (Ohio), avant de le rappeler pour l'ordination.[35] Sa jeunesse pose un problème canonique : trop jeune pour être ordonné prêtre selon le droit alors en vigueur, il doit obtenir une dispense pontificale pour pouvoir exercer son futur ministère sacerdotal sur le terrain de mission dès que son âge canonique le permettrait.[36]
Le futur missionnaire adopte alors, selon l'usage religieux, le nom de frère Samuel. Le 5 septembre 1830, à l'âge de vingt-trois ans, Mgr Fenwick l'ordonne prêtre dans le diocèse de Cincinnati.[37][38] Ce jeune prêtre italien, à peine descendu du bateau deux ans plus tôt, devient d'un coup, à lui seul, le seul prêtre catholique couvrant un territoire de mission plus vaste que l'Italie entière — fait rapporté unanimement par ses biographes comme la mesure concrète de l'ampleur de sa tâche.[39][40]
Le Territoire du Nord-Ouest : premiers pas missionnaires (1830-1835)
Sainte-Anne de Mackinac et les Outaouais
Aussitôt ordonné, le père Mazzuchelli est envoyé restaurer la paroisse Sainte-Anne de l'île de Mackinac, dans le détroit reliant les lacs Huron et Michigan, avant-poste stratégique de la traite des fourrures où aucun prêtre n'avait résidé depuis soixante ans.[41][42] Il y exerce durant plusieurs mois avant de rayonner vers le sud du Michigan et le nord du Wisconsin, où il demeurera environ cinq années, selon les biographes italiens comme américains.[43][44]
Green Bay : Ménominés et Winnebagos, un apostolat par la langue
À Green Bay, sur la baie du même nom (lac Michigan), le père Mazzuchelli établit dès 1830 une école et une paroisse au service de la nation ménominée, avant d'étendre son ministère à la nation winnebago (aujourd'hui ho-chunk), peuple de langue sioux distincte des Ménominés, de langue algonquienne.[45] Les biographes rapportent qu'il obtint la conversion et le baptême de plus d'un millier d'Amérindiens en l'espace de trois années dans la seule région de Green Bay — chiffre considérable pour un territoire aussi faiblement évangélisé jusque-là.[46]
« Publiant pour eux des livres de prière dans leurs propres langues, il défendait les droits et l'éducation des populations indigènes. » — synthèse des biographes dominicains sur l'apostolat linguistique du père Mazzuchelli auprès des nations amérindiennes[47]
Sa méthode se distingue nettement de la simple prédication en langue véhiculaire : il apprend lui-même les langues locales pour transmettre directement le contenu de la foi, plutôt que de s'en remettre uniquement à des interprètes.[48] Il prépare ainsi des textes en langue ménominée pour enseigner le Nouveau Testament, les psaumes, le catéchisme, mais aussi la musique, la géométrie, l'arithmétique et l'histoire américaine — programme d'instruction complet, bien au-delà du seul enseignement religieux.[49] Avec l'aide d'interprètes, il fait imprimer à Detroit un catéchisme en langue winnebago.[50]
Son crédit auprès des Winnebagos est tel que l'un de leurs chefs demande à l'agent fédéral de Fort Howard de le désigner comme instituteur des enfants de la réserve de Prairie du Chien ; l'agent lui préfère un maître presbytérien. Le père Mazzuchelli adresse alors une lettre de protestation au président Andrew Jackson lui-même — démarche qui, transmise jusqu'au colonel Zachary Taylor à Fort Crawford en juillet 1835, se heurte à un refus net, le futur président l'accusant d'être instrumentalisé par des sympathisants britanniques.[51]
Deux réalisations éditoriales, précisément datées par les archives de Sinsinawa, marquent cet apostolat linguistique : en 1833, la publication d'un livre de prières en langue winnebago ; en 1834, la composition d'un almanach liturgique en langue chippewa, considéré comme le premier document imprimé de l'histoire du Wisconsin.[52] Ce dernier détail, en apparence mineur, mesure en réalité l'ampleur de la marque laissée par ce religieux italien sur la culture écrite naissante du futur État américain, plusieurs années avant l'installation d'une presse d'imprimerie permanente sur son sol.
Un territoire plus grand que l'Italie
Seul prêtre pour une région s'étendant sur plusieurs centaines de kilomètres, le père Mazzuchelli se déplace à cheval, en canoë et à pied, traversant les Grands Lacs jusqu'au Mississippi, au service indifférencié des nations amérindiennes, des trappeurs et commerçants canadiens-français, des immigrants irlandais et allemands installés dans les régions minières, ainsi que des autorités politiques locales, sans considération de leur appartenance religieuse.[53] Cette disponibilité universelle, alliée à une remarquable capacité à franchir les barrières culturelles entre groupes ethniques très divers, est unanimement soulignée par ses contemporains comme l'une des clés de son influence.[54]
Le bâtisseur d'églises de la vallée du Haut-Mississippi (1835-1843)
Dubuque et la cathédrale Saint-Raphaël
À partir du milieu des années 1830, le père Mazzuchelli étend son champ d'action vers l'ouest, jusqu'à la localité naissante de Dubuque, dans le futur État de l'Iowa. Il y réorganise la paroisse existante, qu'il rebaptise Saint-Raphaël.[55] Lorsque le diocèse de Dubuque est érigé en 1837, cette paroisse en devient tout naturellement la cathédrale ; le père Mazzuchelli devient le vicaire général du premier évêque du lieu, Mgr Mathias Loras, arrivé en 1839, durant les années fondatrices de ce nouveau diocèse frontalier.[56][57]
Trois paroisses, trois archanges
Entre 1830 et 1852, le père Mazzuchelli fonde selon les recensements de ses biographes plus de trente paroisses et dessine ou construit lui-même plus de vingt bâtiments religieux et civils à travers ce qui deviendra les États de l'Iowa, de l'Illinois et du Wisconsin.[58][59] Un détail architectural révèle son sens symbolique : trois de ses fondations portent le nom des trois archanges bibliques — Saint-Raphaël à Dubuque, Saint-Michel à Galena (Illinois), et Saint-Gabriel à Prairie du Chien (Wisconsin) — comme une manière de placer l'ensemble de son champ missionnaire sous la protection conjointe de la cour céleste.[60]
Le tableau suivant, établi à partir des principales fondations documentées, donne une idée de l'ampleur et de la rapidité de ce chantier missionnaire mené par un seul homme :
| Église ou paroisse | Localité | Année | Repère |
|---|---|---|---|
| Saint-Jean-l'Évangéliste | Green Bay (Wisconsin) | 1831 | Première église en pierre construite par le père Mazzuchelli |
| Saint-Michel | Galena (Illinois) | 1832 | L'un des trois « archanges » |
| Saint-Raphaël (cathédrale) | Dubuque (Iowa) | 1833-1835 | Devient cathédrale du diocèse en 1837 |
| Saint-Matthieu | Shullsburg (Wisconsin) | 1835 | Rues baptisées de noms de vertus (Paix, Vérité, Charité...) |
| Saint-Antoine | Davenport (Iowa) | 1837 | |
| Saint-Paul | Burlington (Iowa) | 1839 | Ancienne capitale du Territoire du Wisconsin |
| Saint-Patrick | Garryowen (Iowa) | 1840 | Paroisse de colons irlandais |
| Sainte-Marie | Iowa City (Iowa) | 1840 | |
| Saint-Mathias | Muscatine (Iowa) | 1842 | |
| Saint-Augustin | New Diggings (Wisconsin) | 1844 | |
| Saint-Patrick | Benton (Wisconsin) | 1852 | Dernière église bâtie ; lieu de sa mort et de sa sépulture |
Lecture du tableau : cette liste, non exhaustive, rassemble les fondations les mieux documentées par les biographes ; le père Mazzuchelli en revendiquait lui-même une trentaine au total.[61][62]
Un architecte autodidacte au service de l'Évangile
Rien, dans la formation initiale de Samuele Mazzuchelli, ne le préparait au métier d'architecte. C'est pourtant en autodidacte qu'il conçoit et supervise la construction d'une vingtaine d'églises et de bâtiments civils dans la vallée du Haut-Mississippi, une région alors dépourvue de tout corps de métier spécialisé.[63][64] Certains historiens locaux lui attribuent une influence sur les plans du premier Capitole de l'Iowa, bien que ce point demeure discuté et moins solidement établi que ses réalisations religieuses proprement dites.[65]
À Shullsburg, dans le Wisconsin, sa marque dépasse le strict cadre religieux : il baptise les rues de la localité de noms de vertus — Paix, Vérité, Charité, Justice, Sagesse — inscrivant ainsi, à même la trame urbaine d'une ville minière naissante, une géographie chrétienne discrète mais durable.[66] Ce geste, en apparence anecdotique, illustre une conviction constante chez lui : la civilisation chrétienne ne se limite pas au sanctuaire, elle doit irriguer l'ensemble de la cité des pionniers, y compris ses rues, ses écoles et ses institutions civiles.
Un citoyen dévoué à la démocratie naissante
Naturalisé citoyen américain, le père Mazzuchelli développe, selon ses biographes, une admiration sincère pour les principes démocratiques du jeune pays qui l'a accueilli, tout en s'opposant fermement à l'esclavage et en déplorant, à la fin de sa vie, les ravages de la guerre de Sécession.[67] À l'automne 1836, la première législature du Territoire du Wisconsin, réunie à Belmont, le choisit pour aumônier : un prêtre catholique honoré par une assemblée à majorité protestante, fait qu'il relève lui-même avec étonnement dans ses Memorie.[68]
« En vérité, nous n'avons ici-bas aucune demeure permanente ; la patrie du chrétien est partout où Dieu l'appelle. » — Samuel Mazzuchelli[69]
Cette adhésion réfléchie aux institutions américaines, alliée à un attachement constant à sa terre natale italienne — dont témoigne, par exemple, son admiration exprimée pour l'écrivain catholique Alessandro Manzoni —, dessine le profil d'un homme d'Église pleinement inséré dans son pays d'adoption sans jamais renier ses racines lombardes.[70]
L'interlude milanais et les Mémoires d'un missionnaire apostolique (1843-1847)
Le retour en Europe après quinze ans
En mai 1843, le père Mazzuchelli accompagne Mgr Loras, évêque de Dubuque, au concile provincial des évêques réuni à Baltimore. Sa santé, éprouvée par plus d'une décennie de vie itinérante dans des conditions rudes — nuits passées à même le sol pour s'endurcir avant de longs déplacements en forêt, privations alimentaires allant, à l'occasion, jusqu'à se nourrir de rats des prairies capturés sur le chemin —, incite ses supérieurs à lui conseiller un repos prolongé.[71][72] Il traverse alors l'Atlantique en sens inverse et retrouve Milan, sa ville natale, pour la première fois depuis quinze ans.[73]
Ce séjour européen, loin d'être une simple convalescence, se révèle intensément missionnaire : il recrute de nouveaux religieux et religieuses désireux de le rejoindre sur le terrain américain, lève des fonds auprès de bienfaiteurs italiens pour ses paroisses naissantes, et rédige un ouvrage appelé à devenir la source la plus précieuse pour comprendre son propre ministère.[74]
Les Memorie di un missionario apostolico (Milan, 1844)
C'est à Milan, en 1844, que le père Mazzuchelli publie en italien ses Memorie di un missionario apostolico (« Mémoires d'un missionnaire apostolique »), récit autobiographique dense de ses années de mission dans le Territoire du Nord-Ouest.[75] L'ouvrage y exprime notamment son admiration pour la séparation américaine de l'Église et de l'État, principe alors relativement neuf pour un clerc européen formé sous l'Ancien Régime religieux italien, et témoigne d'une sensibilité que certains commentateurs qualifient de catholicisme libéral, dans la lignée intellectuelle d'un Manzoni.[76] Ce texte, traduit en anglais et publié à Chicago en 1967 sous le titre The Memoirs of Father Samuel Mazzuchelli (trad. M. Armato et M. Finnegan), demeure aujourd'hui la source de première main la plus riche pour reconstituer, avec ses propres mots, l'expérience missionnaire du futur vénérable.[77][78]
La fondation des Sœurs dominicaines de Sinsinawa (1846-1856)
Pourquoi des religieuses enseignantes
De retour en Amérique en 1844 avec le titre de missionnaire apostolique, autorisé à implanter l'Ordre dominicain sur les rives du Haut-Mississippi, le père Mazzuchelli mesure combien son œuvre paroissiale, si elle veut durer, a besoin d'un relais éducatif stable — chose qu'un seul prêtre itinérant, aussi zélé soit-il, ne peut assurer à lui seul.[79] Dès 1846, il ouvre à Sinsinawa Mound, dans le Wisconsin, un collège pour garçons[80][81]. Mais c'est la fondation, en 1847, d'une communauté de religieuses dominicaines dédiée à l'enseignement — les futures Sœurs dominicaines de Sinsinawa — qui constitue son geste institutionnel le plus durable.[82][83]
Sinsinawa Mound et l'Académie Sainte-Claire
En 1848, le père Mazzuchelli fonde, avec les premières Sœurs de Sinsinawa, l'Académie Sainte-Claire (St. Clara Female Academy) à Benton, dans le Wisconsin — école destinée aux jeunes filles de la frontière, alors largement dépourvue d'établissements d'enseignement supérieur féminin.[84] Transférée à Sinsinawa en août 1867, elle devient St. Clara College en 1904, puis gagne River Forest (Illinois) en 1922 sous le nom de Rosary College — l'actuelle Dominican University — tandis que l'école secondaire de Sinsinawa fonctionne jusqu'en 1970.[85] La congrégation est également à l'origine d'Edgewood College à Madison, autre université catholique toujours active.[86]
La congrégation de Sinsinawa connaîtra une croissance considérable après la mort de son fondateur : elle comptera, à son apogée, plus de trois mille religieuses enseignant dans des écoles à travers l'ensemble du territoire des États-Unis — fruit tardif, mais spectaculaire, d'une fondation portée par un unique prêtre missionnaire au service de la scolarisation des filles de pionniers.[87] Le collège masculin de Sinsinawa, reconnu par l'État en 1848 sous le nom de St. Thomas College, ne survit en revanche pas à son fondateur et ferme dès 1865 ; ce sont les religieuses enseignantes qui assurent la postérité scolaire de l'œuvre, jusque dans les paroisses anglophones du diocèse de Milwaukee.[88]
Spiritualité du père Mazzuchelli
Une théologie de la disponibilité totale
Les témoignages recueillis lors de son procès de canonisation insistent sur un trait constant : la disponibilité sans réserve du père Mazzuchelli à quiconque le sollicitait, sans considération de statut social, d'origine ethnique ou même d'appartenance religieuse.[89] Cette disponibilité se traduisait concrètement par une pratique confessionnelle hors du commun : dans la région de Green Bay, où de nombreux catholiques n'avaient pas eu accès à un prêtre depuis parfois quarante ans, il lui arrivait d'entendre les confessions durant quatorze heures d'affilée.[90][91]
La chaîne de pénitence
Les biographes rapportent, comme un fait attesté après sa mort et non comme une confidence de son vivant — conformément à l'humilité qui caractérisait sa piété —, qu'il portait depuis de longues années une chaîne de fer autour de la taille, en union avec les souffrances du Christ ; sa peau avait fini par se refermer sur certains maillons de cette chaîne, signe de son ancienneté et de la discrétion absolue avec laquelle il vivait cette pénitence corporelle.[92][93] Cette chaîne, conservée aujourd'hui à Sinsinawa Mound, est proposée à la vénération des pèlerins et des personnes qui implorent son intercession — c'est d'ailleurs elle qui sera au centre du cas de guérison examiné plus loin dans cet article.[94]
Avant ses longs déplacements dans les bois du Territoire du Nord-Ouest, il s'endurcissait délibérément en dormant à même le sol durant plusieurs semaines, et il lui arrivait, faute de vivres, de se nourrir de rats des prairies capturés en chemin.[95] Cette ascèse volontaire, jamais recherchée pour elle-même mais toujours ordonnée à l'efficacité de la mission, s'inscrit dans la grande tradition catholique du missionnaire itinérant qui fait de son propre corps l'instrument premier de sa charité.
Les douze dernières années à Benton et la mort (1852-1864)
Saint-Patrick de Benton, dernière église
En 1852, le père Mazzuchelli achève, à Benton, dans le Wisconsin, l'église Saint-Patrick, qu'il conçoit et bâtit lui-même comme il l'avait fait pour la plupart de ses fondations précédentes.[96] Cette église sera la dernière qu'il fonde ; il en devient le curé et y passe les douze dernières années de son existence, continuant sans relâche son ministère paroissial tout en demeurant proche de la jeune congrégation de Sinsinawa, distante de quelques kilomètres seulement.[97]
Une mort en service, par une matinée d'hiver glaciale
Le 23 février 1864, à l'âge de cinquante-sept ans, le père Mazzuchelli meurt de pneumonie, contractée quelques jours plus tôt alors qu'il s'était rendu, par un froid mordant, au chevet d'un mourant de sa paroisse, en pleine épidémie qui frappait alors la région.[98][99][100] Cette circonstance de sa mort — succomber en allant porter les derniers sacrements à un malade, sans considération pour sa propre santé déjà fragilisée par plus de trois décennies de vie itinérante — est unanimement présentée par ses biographes comme la conclusion logique d'une existence entièrement configurée au service des autres.[101]
Il est inhumé dans le cimetière attenant à l'église Saint-Patrick de Benton, où sa tombe demeure aujourd'hui un lieu de pèlerinage pour les catholiques du diocèse de Madison et les dévots de sa cause de canonisation.[102][103]
De Serviteur de Dieu à Vénérable : la cause de canonisation
1964 : la commission historique diocésaine
Un siècle après la mort du père Mazzuchelli, en 1964, Mgr William Patrick O'Connor, premier évêque du diocèse de Madison (érigé le 9 janvier 1946 par Pie XII), constitue une commission historique diocésaine chargée de déterminer si la documentation disponible sur la vie du missionnaire était suffisante pour permettre à l'Église d'engager les premières démarches formelles vers la béatification.[104][105] C'est le point de départ officiel de la cause, qui vaut au père Mazzuchelli le titre de Serviteur de Dieu.
- 1964Ouverture de la cause
Mgr William P. O'Connor, premier évêque de Madison, crée une commission historique diocésaine pour étudier la documentation disponible sur le père Mazzuchelli.
- 20 avril 1993Approbation de la Positio
La Positio super virtutibus, dossier synthétisant les preuves de la vie vertueuse du Serviteur de Dieu, est approuvée à Rome.
- 6 juillet 1993Décret d'héroïcité des vertus
Le pape saint Jean-Paul II promulgue le décret reconnaissant l'héroïcité des vertus théologales et cardinales du père Mazzuchelli, qui devient Vénérable.
- 2001La guérison de Robert Uselmann
Un habitant de Monona (Wisconsin), atteint d'un cancer du poumon, prie à Sinsinawa Mound avec la chaîne de pénitence du vénérable ; sa tumeur disparaît par la suite.
- Août 2008Clôture de l'enquête diocésaine sur le miracle allégué
Le tribunal diocésain de Madison, ouvert par Mgr Robert C. Morlino, achève son instruction et transmet le dossier à Rome.
6 juillet 1993 : le décret d'héroïcité des vertus
Après l'approbation, le 20 avril 1993, de la Positio super virtutibus — le dossier de preuves synthétisant les témoignages et les écrits relatifs à la vie du Serviteur de Dieu —, le pape saint Jean-Paul II promulgue le 6 juillet 1993 le décret reconnaissant l'héroïcité des vertus du père Samuel Charles Mazzuchelli.[106] Rome reconnaît alors officiellement que le missionnaire milanais a vécu, « au-delà de tout doute », les vertus théologales — foi, espérance, charité — et les vertus cardinales — prudence, justice, force, tempérance — à un degré héroïque.[107] Il reçoit dès lors le titre de Vénérable.
Le miracle allégué de Robert Uselmann (2001-2008)
Le fait le plus marquant de l'histoire récente de la cause concerne Robert Uselmann, habitant de Monona, dans le Wisconsin. En 2001, atteint d'un cancer du poumon avec un pronostic de deux ans, il se rend avec sa famille à Sinsinawa Mound pour y implorer l'intercession du vénérable Mazzuchelli.[108][109] Durant sa prière avec les religieuses de Sinsinawa, il touche la chaîne de pénitence ayant appartenu au missionnaire, conservée depuis sa mort comme relique de sa vie ascétique.[110] Selon le témoignage recueilli par la suite, la tumeur cancéreuse logée dans son poumon disparaît dans les mois qui suivent, sans que les médecins traitants ne puissent en fournir une explication médicale satisfaisante.[111]
En août 2008, le diocèse de Madison achève une enquête officielle sur ce cas, ouverte par l'évêque Mgr Robert C. Morlino, à l'issue d'un tribunal diocésain chargé d'examiner les circonstances médicales et spirituelles de la guérison alléguée ; le dossier constitué est ensuite transmis à la Congrégation pour les causes des saints, à Rome.[112][113] L'examen romain ne s'est toutefois pas conclu par une reconnaissance : le collège des médecins experts du Vatican a estimé que cette guérison ne constituait pas un miracle au sens canonique.[114] Or la béatification exige précisément un miracle vérifiable — une guérison instantanée, complète et durable d'une affection grave, sans intervention médicale.[115] Si une telle reconnaissance intervenait un jour, elle permettrait la béatification du vénérable Mazzuchelli — une seconde guérison inexpliquée, survenue après sa béatification, serait ensuite nécessaire pour sa canonisation.[116]
Il convient de présenter ce dossier avec l'honnêteté qui sied à une encyclopédie catholique sérieuse : l'avis réservé des experts romains ne clôt pas la cause, qui demeure ouverte dans l'attente d'un miracle remplissant les critères de l'Église.[117][118] Cette prudence ecclésiale ne doit cependant pas être confondue avec un doute sur la réalité du fait rapporté : l'Église distingue précisément l'établissement des faits — une tumeur cancéreuse constatée médicalement, puis constatée absente, sans traitement susceptible de l'expliquer — et le jugement théologique définitif sur son caractère miraculeux, qui exige un examen canonique complet, y compris une contre-expertise médicale rigoureuse par la Consulta medica du Vatican. C'est précisément cette rigueur, et non un scepticisme de principe à l'égard du surnaturel, qui explique la durée de l'instruction.
Un dossier resté difficile à faire aboutir
Les responsables actuels de la cause, notamment les Sœurs dominicaines de Sinsinawa, expliquent que l'avancement du dossier bute sur une difficulté récurrente aux causes contemporaines : l'exigence d'une documentation médicale de suivi véritablement complète, alors que les personnes concernées ont souvent bénéficié, en parallèle de leur prière, d'un accompagnement médical significatif — ce qui complique d'autant la démonstration canonique d'une guérison spontanée, complète et inexplicable par la seule médecine, critère constant exigé par l'Église depuis les travaux du cardinal Prospero Lambertini, futur Benoît XIV, sur les causes de canonisation. Les archives de Sinsinawa recensent, entre 1970 et 2022, au moins trente-cinq « faveurs reçues » rapportées par des fidèles à la suite de prières adressées à l'intercession du vénérable — signe d'une dévotion populaire continue, même en l'absence, à ce jour, de reconnaissance canonique d'un second miracle.[119]
Réception et héritage
Une mémoire vivante dans le Haut-Midwest
Près de deux siècles après son arrivée en Amérique, la mémoire du père Mazzuchelli demeure activement entretenue dans les diocèses qu'il a contribué à fonder. Sa tombe, dans le cimetière de l'église Saint-Patrick de Benton, demeure aujourd'hui un but de pèlerinage identifié comme tel par les guides catholiques nord-américains.[120] En 2006, le système scolaire catholique Holy Family de Dubuque donne le nom de Mazzuchelli à une nouvelle école intermédiaire, perpétuant ainsi, dans le champ même où il fut le plus actif — l'éducation catholique des enfants de la frontière —, la mémoire du fondateur.[121] Les archives Mazzuchelli sont conservées à la maison-mère de Sinsinawa, et un musée presbytéral retrace sa vie dans l'enceinte de l'église Saint-Patrick de Benton.[122]
Un saint pour l'Amérique catholique multiculturelle
La figure du vénérable Mazzuchelli résiste à toute réduction facile : missionnaire itinérant et architecte autodidacte, linguiste amérindianiste et fondateur de congrégation religieuse, confesseur infatigable et citoyen convaincu de la jeune démocratie américaine, il incarne une sainteté qui refuse la spécialisation étroite au profit d'une disponibilité totale à la mission telle qu'elle se présente, dans toute sa diversité concrète. Sa capacité, unanimement relevée par ses contemporains, à « briser les barrières culturelles » entre nations amérindiennes, colons francophones, immigrants irlandais et allemands et autorités politiques anglo-protestantes, en fait une figure particulièrement significative pour une Église catholique nord-américaine elle-même constitutivement multiculturelle depuis ses origines coloniales.[123]
Sa trajectoire — du palais milanais à la cabane de rondins, du confessionnal aux plans d'architecte, du catéchisme en langue winnebago à la fondation d'une congrégation enseignante appelée à compter des milliers de religieuses — illustre avec une netteté rare cette parole de l'apôtre des nations que le père Mazzuchelli n'a cessé de vivre en actes : « Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver de toute manière quelques-uns » (1 Co 9, 22).
Pour aller plus loin
- Vénérable Nelson Baker (1842-1936), autre grand bâtisseur de charité catholique du nord-est des États-Unis à la même époque.
- Vénérable Pierre Toussaint (1766-1853), figure afro-américaine de sainteté laïque contemporaine du père Mazzuchelli.
- Vénérable Henriette Delille (1813-1862), fondatrice religieuse afro-américaine de La Nouvelle-Orléans, contemporaine directe du père Mazzuchelli.
- Vénérable Fulton Sheen (1895-1979), autre grande figure de l'Église catholique aux États-Unis.
Notes et références
Wikipédia (EN), « Samuel Mazzuchelli » : en.wikipedia.org/wiki/Samuel_Mazzuchelli. Synthèse biographique de référence en langue anglaise, source principale des dates de naissance, d'ordination, de la liste des paroisses fondées, du contexte de la cause de canonisation et du cas de guérison de Robert Uselmann.
1 4 7 9 11 12 14 20 29 32 36 37 41 45 49 50 51 54 55 56 58 60 61 72 73 74 77 108 110 111 112 114 117 121 122 123Provincia domenicana d'Italia, « Padre Samuele Mazzuchelli » : domenicani.it/padre-samuele-mazzuchelli. Notice biographique officielle de l'Ordre dominicain italien ; source de la formation chez les pères somasques de Lugano, du passage par Faenza et Rome, et de la synthèse sur l'apostolat linguistique auprès des nations amérindiennes.
2 15 18 22 25 28 44 47 83New Catholic Encyclopedia, « Mazzuchelli, Samuel » : encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/mazzuchelli-samuel. Notice biographique savante : parents (Louis, banquier milanais, et Rachel Merlini), profession à Faenza le 6 décembre 1824, études à Sainte-Sabine et à la Minerve, Mackinac sans prêtre depuis soixante ans, vicariat général de Dubuque, réalisations architecturales civiles (Market House de Galena, palais de justice, Capitole de l'Iowa), collège de Sinsinawa (1846), transfert des sœurs à Benton (1852), mort au chevet des malades en pleine épidémie ; bibliographie : R. Crepeau (Paris, 1932) et Memoirs, trad. M. Armato et M. Finnegan (Chicago, 1967).
3 24 42 57 78 79 80 100Sœurs dominicaines de Sinsinawa, « Father Mazzuchelli » : sinsinawa.org/about-us/father-mazzuchelli. Source institutionnelle de la congrégation fondée par le père Mazzuchelli ; utilisée pour le livre de prières winnebago (1833), l'almanach chippewa (1834, premier imprimé du Wisconsin), la fondation du collège de Sinsinawa (1846) et de la congrégation des Sœurs (1847), la chaîne de pénitence et les circonstances de sa mort.
5 6 13 34 52 53 59 62 63 67 81 82 84 86 87 89 93 94 98 101 103American Saints and Causes, « Samuel Mazzuchelli » : americansaintsandcauses.com/saints-causes/samuel-mazzuchelli. Fiche de suivi des causes de canonisation américaines ; source des dates précises de la Positio (20 avril 1993) et du décret d'héroïcité des vertus (6 juillet 1993), ainsi que du décompte des « faveurs reçues » archivées par Sinsinawa entre 1970 et 2022.
8 10 104 106 107 109 113 116 119Crisis Magazine, « The Apostle of the Upper Midwest: Samuel Mazzuchelli » : crisismagazine.com/opinion/the-apostle-of-the-upper-midwest-samuel-mazzuchelli. Source des détails sur l'enfance milanaise, l'amitié romaine avec le futur Grégoire XVI, l'ascèse corporelle (nuits au sol, rats des prairies, chaîne de fer) et la dénomination des rues de Shullsburg d'après les vertus.
16 19 21 26 38 40 46 64 65 66 71 91 92 95Wikipédia (IT), « Samuele Mazzuchelli » : it.wikipedia.org/wiki/Samuele_Mazzuchelli. Version italienne, utilisée pour les détails de la formation à Lugano et Faenza, la publication des Memorie di un missionario apostolico (Milan, 1844) et l'admiration exprimée pour Alessandro Manzoni et la séparation de l'Église et de l'État aux États-Unis.
17 23 27 43 70 75 76National Catholic Register, Michael O'Neill, « Ven. Samuel Mazzuchelli, Missionary to the Early American Frontier » (29 février 2020) : ncregister.com/blog/ven-samuel-mazzuchelli-missionary-to-the-early-american-frontier. Recrutement par Mgr Fenwick à Rome, départ de mai 1828 avec le père Rese, séjour à Bardstown et Somerset avant l'ordination, et rappel du critère canonique du miracle exigé pour la béatification.
30 31 33 35 115 118Aleteia, « This zealous Wisconsin missionary heard confessions for 14 hours a day » (9 juillet 2017) : aleteia.org/2017/07/09/this-zealous-wisconsin-missionary-heard-confessions-for-14-hours-a-day. Source du fait des confessions de quatorze heures et du travail auprès des nations amérindiennes.
39 48 90Société du père Mazzuchelli, « Father Mazzuchelli » : fathermazzuchellisociety.org/father-mazzuchelli. À l'automne 1836, ouverture par la prière de la première législature du Territoire du Wisconsin à Belmont ; The Catholic Travel Guide, « Benton, Wisconsin » : intervention du père Mazzuchelli à la première session de la législature territoriale du Wisconsin à Belmont en 1836 ; Chronological History of Benton : première législature réunie à Belmont en octobre 1836, père Mazzuchelli nommé aumônier.
68Grant County History (Wisconsin), « Mazzuchelli on Religious Toleration » : grantcountyhistory.org/wp-content/uploads/2016/01/MazzuchellionReligiousToleration.pdf. Amitiés protestantes et attaques en chaire à Mackinac, citations des Memorie sur la tolérance religieuse (d'après le Mazzuchelli Bulletin 1993 et les Memoirs, p. 168-174).
69Sœurs dominicaines de Sinsinawa, « Walking Tour of Grounds at Sinsinawa Mound » : sinsinawa.org/walking-tour. Transfert de la St. Clara Female Academy à Sinsinawa (août 1867), St. Clara College (1904), déménagement à River Forest et Rosary College — l'actuelle Dominican University — (1922), école secondaire de Sinsinawa jusqu'en 1970.
85New Catholic Encyclopedia, « Milwaukee, Archdiocese of » : encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/milwaukee-archdiocese. Les Dominicaines de Sinsinawa, fondées par le père Mazzuchelli en 1847, fournissent des enseignantes aux paroisses anglophones de Mgr Henni ; le St. Thomas College de Sinsinawa (reconnu en 1848) ferme en 1865, après la mort de son fondateur.
88The Catholic Travel Guide, « Benton, Wisconsin: Saint Patrick's Church and Grave of Venerable Samuel Mazzuchelli, O.P. » : thecatholictravelguide.com/destinations/u-s-a/benton-wisconsin-saint-patricks-church-and-grave-of-venerable-samuel-mazzuchelli-o-p. Source des informations sur l'église Saint-Patrick de Benton (1852), sa tombe, et le lieu de pèlerinage actuel.
96 97 99 102 120Diocèse de Madison : érection le 9 janvier 1946 par le pape Pie XII (en.wikipedia.org/wiki/Roman_Catholic_Diocese_of_Madison) ; Mgr William P. O'Connor, nommé premier évêque de Madison et installé à la cathédrale Saint-Raphaël le 12 mars 1946 (en.wikipedia.org/wiki/Saint_Raphael's_Cathedral_(Madison,_Wisconsin)).
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