La vénérable Mary Potter (1847-1913) est une religieuse anglaise, fondatrice en 1877 de la Petite Compagnie de Marie (Little Company of Mary), congrégation vouée à la prière pour les mourants et aux soins des malades incurables.[1][2] Frappée dès le berceau d'une maladie cardiaque et pulmonaire qui la laissa infirme toute sa vie, elle transforma sa propre faiblesse en source d'une intuition spirituelle précise : unir des religieuses contemplatives et infirmières autour de Marie debout au pied de la Croix, pour accompagner ceux que le monde abandonne à l'heure de leur mort.[3][4]
Déposée par son propre évêque moins de deux semaines après la prise d'habit, opérée deux fois d'un cancer du sein dans l'année qui suivit, contredite par des autorités ecclésiastiques qui doutèrent longtemps de sa vocation, Mary Potter ne cessa jamais d'obéir tout en persévérant.[5][6] Reçue en audience par le pape Léon XIII en 1882, elle obtint l'approbation pontificale définitive de son institut en 1893 et vit, de son vivant, sa Petite Compagnie essaimer de l'Angleterre à Rome, de l'Italie à l'Australie, de l'Irlande aux États-Unis.[7][8]
Morte à Rome le 9 avril 1913, elle fut déclarée vénérable le 8 février 1988 par saint Jean-Paul II, qui reconnut l'héroïcité de ses vertus.[9][10] Ses reliques reposent depuis 1997 à la cathédrale Saint-Barnabé de Nottingham, où sa cause de béatification, portée par la vice-postulation de Nottingham, attend un miracle pour avancer.[11][12] Cet article appartient à la série Ignispedia consacrée aux vénérables et serviteurs de Dieu.
Une enfance à Bermondsey, entre maladie et abandon
Une famille coupée en deux par la foi
Mary Potter naît le 22 novembre 1847 à Bermondsey, quartier populaire du sud de Londres, cinquième enfant et unique fille de William Norwood Potter et de Mary Anne Potter, née Martin.[13][14] Sa mère, catholique, avait fait baptiser les cinq enfants dans la foi catholique malgré l'opposition de son mari anglican.[15] Un différend familial autour d'un héritage éclate en 1848 : le père quitte le foyer et part pour l'Australie, où il refera sa vie sans jamais revenir.[16][17] Mary grandit ainsi dans une maison de femmes, entourée de sa mère et de quatre frères, dont l'un, William Norwood Potter, deviendra un maître d'échecs reconnu.[18]
Malgré cette blessure précoce, les témoignages la décrivent comme une enfant vive, affectueuse et pleine d'entrain, « la préférée de la famille ».[19] En 1865, la famille s'installe à Southsea, près de Portsmouth, où Mary, qui a une jolie voix, chante à la chorale de l'église et tient l'orgue pour la messe et le salut du Saint-Sacrement[20] — signe d'une sensibilité religieuse déjà marquée.
Une santé fragile depuis le berceau
Dès la naissance, Mary Potter souffre d'une maladie cardiaque et pulmonaire congénitale qui lui laisse une toux permanente et une fragilité respiratoire dont elle ne guérira jamais.[21][22] Cette infirmité, loin d'être un obstacle secondaire dans son récit, structure toute sa vocation : c'est précisément parce qu'elle connaît de l'intérieur la souffrance physique et la proximité de la mort qu'elle développera, adulte, une compassion instinctive pour les malades incurables et les mourants.[23] Sa fragilité lui vaudra d'être écartée du noviciat des Sœurs de la Miséricorde de Brighton — avant de devenir, paradoxalement, le socle d'une fondation entièrement neuve.[24]
Des fiançailles rompues à la vocation religieuse (1866-1870)
« Le seul époux qui vous convient est Jésus-Christ »
Vers dix-neuf ans, Mary est présentée par son frère Thomas à Godfrey King, un ancien aspirant à la vie trappiste devenu professeur.[25][26] Les fiançailles sont annoncées, mais Godfrey, désireux d'affermir la foi de sa promise, lui offre des lectures spirituelles — notamment le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, dans la traduction anglaise du père Faber.[27] Cette lecture bouleverse Mary : elle y découvre l'idée d'un abandon total de soi entre les mains de Marie, et commence à se demander si le mariage est réellement compatible avec l'appel qu'elle sent grandir en elle.[28]
Elle consulte alors Mgr Thomas Grant, évêque de Southwark, son directeur spirituel, qui lui répond sans détour :
« Le seul époux qui vous convient est Jésus-Christ. » — Mgr Thomas Grant, évêque de Southwark, à Mary Potter, vers 1866-1867[29]
Après environ quatre mois de fiançailles, Mary rompt son engagement — au grand chagrin de Godfrey et de sa propre mère, qui ne comprend pas ce choix.[30][31]
L'épreuve du noviciat chez les Sœurs de la Miséricorde de Brighton
Sur les conseils de Mgr Grant, Mary entre comme postulante chez les Sœurs de la Miséricorde de Brighton le 8 décembre 1868, fête de l'Immaculée Conception ; elle y reçoit le nom de sœur Mary Angela.[32][33] Mais sa santé, déjà précaire, se dégrade : après dix-huit mois, elle doit quitter le noviciat le 23 juin 1870.[34] Son directeur spirituel d'alors, le père Lambert, jésuite, discerne cependant que sa vocation est ailleurs : c'est un autre ordre que le père Lambert avait « choisi pour elle », rapporte-t-elle[35] — intuition qui s'avérera prophétique : sa vocation propre exigera d'unir la contemplation à l'action, combinaison que son directeur spirituel appelait déjà de ses vœux pour elle.[36]
La nuit obscure et l'appel à prier pour les mourants (1870-1876)
La relecture de Grignion de Montfort et l'appel intérieur
Rentrée chez elle, invalide, Mary Potter traverse deux années de maladie sévère que ses biographes qualifient de véritable nuit obscure : la prière ne lui apporte plus aucune consolation sensible et, selon le récit de son biographe, elle « ne trouvait dans son cœur aucune corde qui réponde ».[37] C'est dans cette obscurité, agenouillée de longues heures devant un petit crucifix d'ivoire suspendu au mur de sa chambre, qu'elle relit, à plusieurs reprises et avec une attention nouvelle, le traité de Grignion de Montfort que Godfrey King lui avait offert.[38][39] Peu à peu, elle en vient à demander à son directeur spirituel, Mgr John Vertue, la permission de se consacrer entièrement et pour toujours au Christ par les mains de sa Bienheureuse Mère — permission accordée ; l'acte, posé le 8 décembre 1872, deviendra le fondement permanent de sa vie intérieure.[40]
Rétablie, elle enseigne le catéchisme aux enfants de la garnison militaire de Portsmouth, à la demande de Mgr Vertue, aumônier des lieux — charge qu'elle exerce trois années durant, période où elle « grandit à la fois physiquement et spirituellement ».[41] C'est alors qu'elle sent croître en elle, sur près de deux ans, la conviction que Dieu l'appelle à fonder une congrégation nouvelle, entièrement tournée vers la prière pour les mourants :
« Je ne puis que sentir que j'ai reçu de Dieu un appel à me consacrer à aider à sauver les âmes à leur dernière heure. J'ai été attirée si fortement à prier pour les mourants. » — Mary Potter, à son directeur spirituel[42]
Le cardinal Manning et le premier refus de Westminster
Pour clarifier sa propre intuition, Mary rédige un premier manuscrit qu'elle soumet à Mgr Vertue : celui-ci le lui retourne en lui ordonnant, sous peine de péché mortel, de « chasser tout ce projet de sa tête ».[43] Peu après, Mgr Vertue est muté comme aumônier militaire à Malte, la privant de son appui. Un bienfaiteur du nom de M. Young, touché par la lecture du Chemin de Marie, propose alors de financer une œuvre caritative dans le Lincolnshire et s'offre à intervenir auprès de Mgr Bagshawe.[44] De son côté, le cardinal Henry Edward Manning, archevêque de Westminster, à qui Mary avait demandé la permission de recruter des auxiliaires dans son archidiocèse, se contente de lui répondre : « Que Miss Potter rentre chez sa mère. »[45] En 1876, Mgr Danell, évêque de Southwark, lui refuse de même la fondation d'un ordre dans son diocèse.[46] Mary ne se décourage pas : convaincue que l'appel vient de Dieu et non des hommes, elle continue de chercher un évêque qui accepte de l'écouter.
Le Chemin de Marie (1878)
De cette période de résistance et de maturation naît son premier livre, Le Chemin de Marie (The Path of Mary), rédigé vers 1876 pour clarifier sa vision et convaincre ses interlocuteurs ecclésiastiques — M. Young l'avait déjà lu avant la fondation de 1877.[47] L'ouvrage, muni de l'imprimatur de Mgr Edward Bagshawe, évêque de Nottingham, en date du 24 juin 1878, restera le manifeste spirituel fondateur de la Petite Compagnie de Marie.[48][49] Il contient déjà, en germe, ce qui deviendra la marque distinctive de la congrégation : une lecture de l'histoire de l'Église lue à la lumière du Calvaire, où l'épreuve et la fidélité vont de pair.
« Nous vivons des temps périlleux ; nous sommes environnés de dangers et de tentations presque sans précédent dans l'histoire du monde. » — Mary Potter, Le Chemin de Marie (The Path of Mary, 1878), p. 13[50]
La fondation de la Petite Compagnie de Marie à Hyson Green (1877)
L'évêque Bagshawe et l'usine désaffectée
En janvier 1877, aidée par son frère Henry et sans en informer sa mère, Mary Potter prend le train pour Nottingham afin de rencontrer Mgr Edward Gilpin Bagshawe, troisième évêque du diocèse (après Joseph Hendren, 1851-1853, et Richard Roskell, 1853-1874).[51] Contrairement au cardinal Manning, Bagshawe accueille favorablement son projet et lui suggère de s'implanter à Hyson Green, quartier pauvre à quelques kilomètres du centre-ville.[52] Par l'entremise d'une voisine irlandaise, Mrs Tacey, Mary découvre une ancienne fabrique de bonneterie désaffectée : « Oui, dit-elle, c'est ici que nous commencerons notre œuvre. »[53] Bagshawe loue le bâtiment en son propre nom et le meuble sommairement ; les premières compagnes de Mary — la veuve Elizabeth Bryan et Agnes Bray — dorment d'abord à même le sol, déplaçant les rares chaises d'une pièce à l'autre selon les besoins.[54]
L'ouverture de Hyson Green (Pâques 1877)
La cérémonie d'ouverture du premier couvent est fixée au lundi de Pâques, 2 avril 1877 : Mgr Bagshawe y chante la messe et dédie le couvent au Cœur Maternel de Marie.[55] Selon une autre relation de la congrégation, celle de la maison d'Irlande, c'est au matin du dimanche de Pâques que les habitants de Hyson Green découvrirent une croix rouge sur l'ancienne fabrique — symbole du Sang du Sauveur.[56] Deux nouvelles recrues rejoignent bientôt le petit groupe : Eleanor Smith, en mai 1877, puis Edith Coleridge, peu après.[57]
La prise d'habit du 2 juillet, fête de la Visitation
Le 2 juillet 1877, fête de la Visitation — McAuliffe y voit aussi la fête du Précieux Sang, alors célébrée le premier dimanche de juillet[58] —, Mgr Bagshawe revêt les cinq femmes de l'habit noir et du voile bleu pâle qui vaudra bientôt aux religieuses le surnom populaire de « Nonnes bleues ».[59][60] Mary Potter choisit pour sa communauté le nom de Petite Compagnie de Marie, en référence au petit groupe de fidèles qui, seuls, demeurèrent auprès de Marie au pied de la Croix pendant que les apôtres se dispersaient.[61] C'est l'acte de naissance canonique de la congrégation — quand la croix rouge apparue à Pâques en avait été le signe visible et populaire.
Les épreuves de la fondatrice (1877-1882)
Déposée après la prise d'habit
L'épreuve ne tarde pas : moins de deux semaines après la prise d'habit, Mgr Bagshawe dépose Mary Potter de sa charge de supérieure locale, lui préférant Mère Madeleine (Elizabeth) Bryan.[62][63] (La biographie détaillée de la congrégation situe la déposition « Within two weeks » après la prise d'habit du 2 juillet ; Wikipedia indique « After three weeks » ; McAuliffe ne précise aucun délai.) Le désaccord porte sur la nature même de la congrégation : Bagshawe ne conçoit pas que des religieuses puissent être à la fois pleinement contemplatives et pleinement actives — deux vocations qu'il juge, selon les catégories de son temps, incompatibles.[64] Mary est alors chargée de la quête d'aumônes puis nommée maîtresse des novices ; cette situation dure environ deux ans.[65] Son biographe, le père McAuliffe, rapporte que Mgr Bagshawe reconnut plus tard l'avoir simplement éprouvée, par tous les moyens imaginables, et qu'elle ne lui fit jamais défaut une seule fois.[66]
Les deux mastectomies de 1878
Au début de l'année 1878, on découvre chez Mère Mary un large ulcère malin au sein. L'opération, une mastectomie, est pratiquée dans des conditions précaires — l'anesthésie étant risquée au vu de sa santé fragile.[67][68] « Elle souffrit beaucoup, mais toujours avec patience et une douceur attentive envers ceux qui la soignaient. »[69] Quelques mois plus tard, le second sein se révèle lui aussi malin : une seconde mastectomie est pratiquée, dans les mêmes conditions difficiles, moins de six mois après la première.[70] Cette double épreuve corporelle, endurée en pleine crise de légitimité au sein même de sa jeune congrégation — on peut y reconnaître la spiritualité des âmes victimes, qui offrent leur souffrance en union avec le Christ pour le salut des âmes —, rejoint l'offrande qui marquera toute la spiritualité qu'elle transmettra à ses filles spirituelles.
La réélection et les premières missions
Le 12 février 1879, Mgr Bagshawe convoque un chapitre pour l'élection de la supérieure locale : Mère Mary reçoit tous les suffrages des sœurs et retrouve sa charge.[71] Elle ouvre alors de petites missions à Quorndon (aujourd'hui Quorn) et à Eastwell.[72] En 1880, lors d'une visite à l'une de ces missions, elle contracte la fièvre scarlatine et reste gravement malade jusqu'à la fin de l'année ; l'évêque profite de sa convalescence pour ouvrir deux missions supplémentaires, confiées à des sœurs encore inexpérimentées — source d'une vive inquiétude pour la fondatrice, soucieuse de la solidité spirituelle de chaque fondation naissante.[73]
Rome, Léon XIII et l'expansion mondiale (1882-1908)
L'audience du pape Léon XIII
Mère Mary désire depuis longtemps obtenir l'approbation pontificale des Constitutions de sa congrégation. Mgr Bagshawe finit par le lui accorder, convaincu — à tort — d'exaucer là le dernier vœu d'une mourante.[74] Le 24 septembre 1882, Mère Mary quitte l'Angleterre pour Rome, accompagnée des mères Philip et Cecilia ; elles arrivent le 10 octobre.[75] Le pape Léon XIII la reçoit en audience et l'invite, contre toute attente, à demeurer à Rome, à y faire venir davantage de sœurs et à y commencer une œuvre nouvelle.[76] Sa santé décline si gravement pendant ce séjour que ses compagnes la croient mourante ; elle persévère néanmoins dans son projet romain.[77]
Le Couvent du Cœur Maternel de Marie
À la fin de l'année 1874 déjà, Mary Potter avait reçu, dans la prière, une conviction intérieure : sa congrégation était appelée à promouvoir une dévotion particulière au Cœur Maternel de Marie, qu'elle fit représenter par une statue modifiée — un cœur surmonté du lys de la pureté immaculée de la Vierge et transpercé par le glaive de sa douloureuse compassion au Calvaire.[78]
« Un cœur surmonté du lys de la pureté immaculée de Notre-Dame, et transpercé par le glaive de sa douloureuse compassion au mont Calvaire. » — description de la statue du Cœur Maternel de Marie voulue par Mary Potter[79]
Le 20 mai 1884, ouvrant sa première maison romaine, elle obtient de Léon XIII la bénédiction de sa désignation comme « Couvent du Cœur Maternel de Marie ».[80] La communauté s'installe finalement près de la basilique Sainte-Marie-Majeure, où elle demeurera douze années ; c'est là, avec l'aide du père Cardella, jésuite, que Mère Mary rédige les Constitutions définitives de son institut.[81]
- 2 avril – 2 juillet 1877Fondation à Hyson Green (Nottingham)
Ouverture de l'ancienne fabrique de bonneterie à Pâques (croix rouge le dimanche, cérémonie d'ouverture le lundi 2 avril), puis prise d'habit des cinq premières sœurs le 2 juillet, fête de la Visitation.
- 20 mai 1884Convent du Cœur Maternel de Marie, Rome
Léon XIII bénit la première maison romaine, installée ensuite près de Sainte-Marie-Majeure.
- 1885Florence (Italie) et Sydney (Australie)
Six sœurs quittent Naples pour Sydney à l'invitation du cardinal Patrick Moran ; une fondation s'ouvre aussi à Florence.
- 1888Limerick (Irlande)
Nouvelle fondation ; Mère Mary y subit une hémorragie pulmonaire et doit regagner Rome sur avis médical.
- 1889Fiesole (Italie)
Ouverture d'une nouvelle maison italienne.
- 18 avril 1893Décret d'approbation pontificale définitive
La congrégation dépend désormais directement du Saint-Siège ; Mary Potter devient supérieure générale répondant au seul pape.
- 1893Chicago (États-Unis)
Première fondation américaine (1893), à l'origine de l'hôpital Little Company of Mary d'Evergreen Park (Chicago), rattaché à OSF HealthCare le 1er février 2020.[82]
- 1894Malte
Nouvelle fondation méditerranéenne.
- 1904Port Elizabeth (Afrique du Sud)
Extension de la congrégation au continent africain.
- 1908Chapelle de l'hôpital du Calvaire, Rome
Consécration de la chapelle en forme de cœur près de Santo Stefano Rotondo, avec l'approbation de Pie X.
Six sœurs pour l'Australie et la grâce de Genazzano
En 1885, à l'invitation du cardinal Patrick Francis Moran, archevêque de Sydney, six sœurs s'embarquent de Naples pour l'Australie.[83][84] Mère Mary, à peine remise d'une fièvre typhoïde, se rend néanmoins à Naples pour bénir leur départ ; à la responsable du petit groupe, elle recommande avec humour de « se procurer une paire de lunettes et de les porter, pour paraître un peu plus âgée ».[85] Les six sœurs arrivent à Sydney le 4 novembre 1885 ; la première pierre du couvent du Cœur Maternel de Lewisham est posée l'année suivante, et un nouveau couvent s'ouvre à Ryde, sur vingt-huit acres, en 1891.[86]
Après le départ des sœurs, épuisée, Mère Mary se rend en pèlerinage au sanctuaire de Notre-Dame du Bon Conseil, à Genazzano, sous un violent orage qui inquiète ses compagnes de voyage.[87] Sur place, elle éprouve ce qu'elle appellera elle-même une « grâce » : sa santé se trouve, contre toute attente, restaurée — au point que les villageois présents parlent d'« un miracolo ».[88] En septembre 1886, Mère Mary et les quatre premières sœurs prononcent leurs vœux perpétuels.[89]
L'approbation pontificale définitive (1893)
Un nouveau coup dur survient en 1888 : présente à l'ouverture d'une fondation à Limerick, en Irlande, Mère Mary est frappée d'une hémorragie pulmonaire. Le médecin anglais consulté juge le cancer en progression rapide et lui ordonne de regagner Rome ; Mgr Bagshawe s'y oppose, mais son directeur spirituel discerne là la volonté de Dieu — critère absolu pour Mère Mary, qui obéit aussitôt.[90] Le 18 avril 1893, le décret d'approbation pontificale définitive place la congrégation directement sous l'autorité du Saint-Siège : Mère Mary Potter en devient la supérieure générale, ne répondant plus qu'au seul pape.[91] En 1903, la maison-mère s'installe via San Stefano Rotondo, à Rome ; elle est formellement inaugurée en 1906.[92]
Sous sa direction sont encore fondées les maisons de Fiesole (1889), Chicago (1893), Malte (1894) et Port Elizabeth, en Afrique du Sud (1904).[93] Mère Mary avait promis, sans avoir le temps de les voir aboutir de son vivant, des fondations en Nouvelle-Zélande et en Argentine.[94]
L'hôpital du Calvaire et la chapelle de Pie X
En 1908, Mère Mary fait construire, près de l'église Santo Stefano Rotondo, une chapelle en forme de cœur pour l'hôpital du Calvaire, destinée à honorer le Cœur Maternel de Marie.[95][96] Les autorités romaines s'y opposent d'abord : le maître des cérémonies pontificales objecte que ce titre n'a « aucun usage liturgique » et refuse de l'autoriser.[97] Mère Mary persévère ; le pape Pie X tranche finalement en sa faveur, approuve le titre et ordonne qu'une commémoraison du Cœur Maternel soit faite à chaque messe durant l'octave de la dédicace de la nouvelle chapelle.[98] Mère Mary fait alors peindre un tableau représentant Pie X offrant l'Église au Cœur Maternel de Marie.[99] C'est là qu'avait commencé, en 1908, la première école catholique de formation d'infirmières en Italie[100] ; l'hôpital du Calvaire ouvre ses portes l'année suivante, en 1909, selon le mémorial australien.[101]
La spiritualité de Mary Potter : la Compassion et le Cœur Maternel
L'esclavage d'amour de Marie selon Grignion de Montfort
Toute la vie intérieure de Mary Potter s'enracine dans la dévotion mariale de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, qu'elle découvre par les livres offerts par Godfrey King et qui structurera désormais toute son existence : le saint esclavage — non une servitude, mais un abandon total de soi entre les mains de la Vierge, par lequel l'âme devient l'instrument de son œuvre rédemptrice.[102] C'est toutefois à la dévotion au Cœur Maternel de Marie, reçue le 8 décembre 1874, qu'elle appliquait ces mots : un « moyen merveilleusement efficace de prière »[103], par lequel toute œuvre spirituelle s'accomplit « par et à travers » son Cœur maternel.[104]
La Compassion au pied de la Croix et le Précieux Sang
Le nom même de la congrégation — la Petite Compagnie de Marie — renvoie au petit nombre de fidèles qui demeurèrent auprès de la Vierge au pied de la Croix, quand les apôtres, sauf saint Jean, s'étaient dispersés.[105] Pour Mère Mary, la vocation de ses filles spirituelles consiste précisément à faire aujourd'hui ce que Marie fit alors : rester présentes, dans la prière et la charité concrète, auprès de ceux qui traversent l'agonie. Cette Compassion mariale se noue à une dévotion précise au Précieux Sang du Christ, dont Mère Mary voyait la fécondité rédemptrice « monter dans le Sanctuaire du Cœur de Marie » pour se répandre sur toute l'Église en vue du salut des âmes.[106] La prise d'habit fondatrice eut lieu le 2 juillet, fête de la Visitation ; McAuliffe y voyait aussi une coïncidence avec la fête du Précieux Sang, célébrée alors le premier dimanche de juillet.[107]
« Soyez d'abord de bonnes religieuses… »
Mère Mary tenait absolument à ce que ses sœurs demeurent de bonnes religieuses avant d'être de bonnes infirmières — elle leur répétait, selon son biographe : « Soyez d'abord de bonnes religieuses, et vous serez ensuite de bonnes infirmières »[108] —, refusant que le service actif des malades ne finisse par éclipser la vie de prière qui seule lui donne sa fécondité surnaturelle. Son biographe, le père McAuliffe, résumait ce même danger — celui d'une activité extérieure déséquilibrée qui sape la vie intérieure — par une formule qu'il empruntait à un tiers anonyme : « l'hérésie du vingtième siècle des bonnes œuvres »[109] — c'est-à-dire la tentation, propre à une époque d'activisme social, de substituer l'action généreuse à l'union intime avec Dieu, alors que l'une doit toujours procéder de l'autre. C'est cette intuition qui avait, dès 1877, opposé Mère Mary à Mgr Bagshawe : elle refusait de choisir entre contemplation et action, quand son évêque n'y voyait que deux vocations irréconciliables. L'histoire de la Petite Compagnie de Marie lui a donné raison.
Un regard sur l'épreuve de l'Église
Dans Le Chemin de Marie, Mère Mary Potter développe aussi une lecture spirituelle de l'histoire de l'Église, annonçant des temps d'épreuve où l'Épouse du Christ « reproduira mystiquement la crucifixion de son divin Chef et Maître » :
« Nous semblons désormais toucher au temps où l'Église va en donner le mirage, va refléter, va en fait reproduire mystiquement la crucifixion de son divin Chef et Maître. » — Mary Potter, Le Chemin de Marie (The Path of Mary, 1878), pp. 18-19[110]
Ceux qui sont à Marie, écrit-elle en substance, demeureront fidèles à travers cette crucifixion mystique de l'Église, Épouse du Christ : quand d'autres membres du Corps du Seigneur défailliront, ils traverseront l'épreuve du feu sans y périr, non cependant sans souffrance.[111]
Ces pages restent les écrits privés d'une religieuse, dont les ouvrages spirituels ont reçu le nihil obstat des théologiens le 25 juillet 1952 — rien de contraire à la foi, étape de non-obstacle et non approbation doctrinale du contenu —, dans le cadre de l'instruction de sa cause.[112] Elles doivent donc être reçues pour ce qu'elles sont : la méditation spirituelle et personnelle d'une fondatrice sur le mystère de la Croix appliqué à la vie de l'Église — non un oracle magistériellement garanti —, mais une méditation dont la sobriété et la fidélité à l'Écriture (le mystère pascal du Corps du Christ, souffrant puis glorifié) n'ont rien d'étranger à la Tradition catholique la plus commune.
La mort et la cause de béatification
La mort à Rome, le 9 avril 1913
Mère Mary Potter meurt à Rome le mercredi 9 avril 1913, à 18 h 15, à l'âge de soixante-cinq ans : le père Luke Carey, franciscain et ami de longue date, lui avait administré les derniers sacrements le 4 avril, et c'est pendant que le père Benedict Williamson lisait la recommandation de l'âme qu'elle s'éteignit « sans un sanglot ni une résistance ».[113] Ses dernières paroles, adressées à ses filles spirituelles, furent un acte de gratitude :
« Rendez toujours grâce pour le bonheur et la beauté de la vie — elle est belle. » — dernières paroles attribuées à Mary Potter, 9 avril 1913[114]
Elle disait, à propos de la mort qu'elle avait consacré sa vie à accompagner chez les autres :
« L'heure de la mort peut s'appeler l'heure de la Naissance en Dieu. » — Mary Potter[115]
Servante de Dieu, puis Vénérable (1988)
Le procès en vue de sa canonisation s'ouvre en 1942 — la page officielle de la cause donne cette date sans nommer l'acteur.[116] Après l'instruction de sa cause, incluant l'examen approfondi de ses écrits spirituels, le pape saint Jean-Paul II promulgue le 8 février 1988 le décret reconnaissant l'héroïcité de ses vertus de foi, d'espérance et de charité, faisant d'elle une Vénérable — étape que partage cette série Ignispedia avec tant d'autres vénérables et serviteurs de Dieu.[117][118] Conformément à la procédure ordinaire, un miracle authentifié obtenu par son intercession reste nécessaire pour sa béatification (puis un second pour sa canonisation) ; la page officielle de la cause invite à prier à cette intention.[119]
Le retour des reliques à Nottingham et le procès en cours
En décembre 1997, les restes de Mère Mary Potter sont transférés de Rome à la cathédrale Saint-Barnabé de Nottingham, où ils reposent désormais dans le déambulatoire nord, entourés de cartes de prière et d'ouvrages mis à la disposition des visiteurs qui viennent solliciter son intercession.[120][121] En 2010, le Mary Potter Heritage Centre ouvre au 32 Regent Street, à Nottingham, inauguré par Mgr Malcolm McMahon, pour faire connaître sa vie et son œuvre.[122] Le 13 février 2024, une messe pour sa cause de béatification et de canonisation a encore été célébrée à la cathédrale Saint-Barnabé — signe que le procès, ouvert depuis plus de quatre-vingts ans, demeure activement porté par la Petite Compagnie de Marie et la vice-postulation de Nottingham, en lien avec le Dicastère pour les causes des saints.[123]
| Étape de la cause | Date | Acteur |
|---|---|---|
| Ouverture du procès | 1942 | acteur non nommé (la page officielle donne 1942 sans précision) |
| Examen théologique des écrits (nihil obstat) | 25 juillet 1952 | théologiens — non-obstacle, pas approbation doctrinale |
| Décret d'héroïcité des vertus (Vénérable) | 8 février 1988 | Pape saint Jean-Paul II |
| Translation des reliques à Nottingham | Décembre 1997 | Cathédrale Saint-Barnabé |
| Ouverture du Mary Potter Heritage Centre | 2010 | Mgr Malcolm McMahon, évêque de Nottingham |
| Messe pour la cause de béatification | 13 février 2024 | Cathédrale Saint-Barnabé |
| Béatification | En attente d'un miracle authentifié | — |
Aujourd'hui, la Petite Compagnie de Marie est présente dans 14 pays sur cinq continents — Angleterre, Écosse, pays de Galles, Irlande, Irlande du Nord, Albanie, Italie, Australie, Nouvelle-Zélande, Corée, Zimbabwe, Afrique du Sud, Tonga et États-Unis[124] —, perpétuant l'union voulue par sa fondatrice entre la prière contemplative et le soin le plus concret des malades incurables et des mourants.
Pour aller plus loin
- Découvrir Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) : le maître spirituel dont le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge bouleversa la vie de Mary Potter et fonda toute sa spiritualité mariale.
- Lire Les âmes victimes : la tradition spirituelle catholique dans laquelle s'inscrivent les épreuves corporelles endurées par Mary Potter, offertes en union avec le Christ souffrant.
- Découvrir Vénérable Catherine McAuley (1778-1841) : la fondatrice des Sœurs de la Miséricorde, dont le noviciat de Brighton fut, pour Mary Potter, une étape nécessaire — bien qu'inaboutie — vers sa propre vocation.
- Lire Le pape Léon XIII : le pontife qui reçut Mary Potter en audience à Rome en 1882 et bénit en 1884 la première maison romaine de sa congrégation.
- Découvrir Saint Pie X : le pape qui trancha en 1908 en faveur du titre du Cœur Maternel de Marie pour la chapelle de l'hôpital du Calvaire, à Rome.
- Retenir l'essentiel : la vénérable Mary Potter, femme malade toute sa vie et déposée par son propre évêque moins de deux semaines après la prise d'habit, fit de sa fragilité et de ses épreuves le terreau d'une œuvre mondiale — la Petite Compagnie de Marie — unissant la contemplation mariale au pied de la Croix et le service concret des mourants. Déclarée vénérable en 1988, sa cause de béatification, ouverte en 1942, demeure activement instruite près de Nottingham comme à Rome.
Notes et références
Wikipedia (EN), « Mary Potter (nun) » : en.wikipedia.org/wiki/Mary_Potter_(nun). Article encyclopédique de référence — naissance le 22 novembre 1847 à Bermondsey, famille et abandon du père, entrée chez les Sœurs de la Miséricorde de Brighton (8 décembre 1868 – 23 juin 1870), le père Lambert comme directeur spirituel, dépôt de la charge de supérieure par Mgr Bagshawe (« After three weeks »), mastectomies de 1878, voyage à Rome (1882) et Calvary Hospital (première école d'infirmières catholique d'Italie, 1908), mort le 9 avril 1913, examen théologique des écrits spirituels le 25 juillet 1952, décret de vertus héroïques du 8 février 1988, translation des reliques en 1997. Utilisé pour le recoupement systématique des dates.
1 9 13 16 18 21 32 34 36 62 64 68 100 112 117Little Company of Mary (Australie), « Mary Potter: Detailed History » : lcm.org.au/our-story/mary-potter-her-story/mary-potter-detailed-history. Biographie détaillée publiée par la congrégation elle-même — fiançailles avec Godfrey King, mot de Mgr Grant, noviciat de Brighton, nuit obscure et lecture de Grignion de Montfort, fondation de Hyson Green (janvier-juillet 1877), dépôt de charge, mastectomies de 1878, réélection du 12 février 1879, missions de Quorndon et Eastwell, fièvre scarlatine de 1880, voyage à Rome de 1882, audience de Léon XIII, expansion vers l'Australie (1885) et la grâce de Genazzano, profession perpétuelle de 1886, hémorragie de Limerick (1888), décret d'approbation pontificale du 18 avril 1893, maison-mère de 1903-1906, fondations de Fiesole, Chicago, Malte et Port Elizabeth, dernières paroles. Source narrative principale de cet article. Originaux anglais des passages traduits dans le corps : mot de Grant — « The only spouse for you is Jesus Christ » (fiançailles vers dix-neuf ans, « about 19 years of age ») ; permission de se consacrer — « Mary asked Monsignor Virtue's permission to consecrate herself entirely and forever to Christ through the hands of His Blessed Mother » (date du 8 décembre 1872 donnée par l'abbaye de Clairval, clairval.com/en/venerable-mary-potter) ; déposition — « Within two weeks » après la prise d'habit du 2 juillet ; enfance — Mary « the darling of the family » ; dernières paroles — « Thank God always for the happiness and beauty of life - it is beautiful ».
2 4 5 7 14 15 17 19 26 29 31 38 40 41 43 51 52 53 54 57 59 61 63 65 67 69 70 71 72 73 74 75 76 77 81 83 85 87 88 89 90 91 92 93 94 105 114Rév. Marius McAuliffe, O.F.M., A Slave of Mary — Mother Mary Potter, Australian Catholic Truth Society, Melbourne, 1940 (nihil obstat F. Moynihan ; imprimatur Mgr Daniel Mannix, archevêque de Melbourne) ; texte en ligne : ecatholic2000.com/cts/untitled-300.shtml ; numérisation : archive.org/details/a-slave-of-mary-mother-mary-potter-by-father-marius-mcauliffe. Biographie spirituelle de référence — fiançailles avec Godfrey King, nuit obscure, M. Young et le Lincolnshire, cardinal Manning et Westminster, cérémonie d'ouverture du lundi de Pâques 2 avril 1877, déposition puis réélection (aveu rapporté de Bagshawe), opérations de 1878, derniers sacrements et mort. Originaux anglais des passages traduits dans le corps : ouverture — « the opening ceremony was fixed for Easter Monday, April 2, 1877 » ; prise d'habit — « The first clothing ceremony took place on July 2. In that year, 1877, this day was a double festival — the Feast of the Most Precious Blood, and the Feast of the Visitation » ; épreuve — « Later, the Bishop admitted that he had simply been trying her, in every way he could think of, and that never once did she fail him » ; nuit obscure — « Her prayers brought her no consolation. In her heart she found no responding chord » (récit du biographe, non parole de Mary) ; Lambert — « the Order which Father Lambert had chosen for me » (paroles de Mary elle-même) ; Young — « a certain Mr. Young had read her 'Path of Mary' » ; Manning — « Let Miss Potter go home to her mother » ; bonnes sœurs — « 'Be good nuns first,' she used to say, 'and then you'll be good nurses' » ; bonnes œuvres — « Someone has spoken of this over-eager, ill-balanced activity as 'the twentieth century heresy of good works' » (tiers anonyme, non Mary Potter) ; opération — « a malignant growth was discovered in the breast. […] This operation had to be followed by another » ; mort — « On April 4, Father Luke Carey, O.F.M. […] celebrated Mass in her room and administered the Last Sacraments. Finally, on the evening of Wednesday, April 9, 1913, at 6.15 pm., the end came. […] While Father Benedict Williamson […] read the commendation of a departing soul, Mother Mary Potter, without 'sob or resistance' […] made her last act of surrender ».
3 6 22 23 24 25 27 28 30 33 35 37 39 44 45 47 55 58 60 66 102 107 108 109 113Monument Australia, « Mary Potter » : monumentaustralia.org/themes/people/religion/display/114251-mary-potter. Notice sur le mémorial australien — arrivée des six sœurs à Sydney le 4 novembre 1885, pose de la première pierre du couvent du Cœur Maternel de Lewisham en 1886, ouverture du couvent de Ryde sur vingt-huit acres en 1891, ouverture de l'hôpital du Calvaire de Rome en 1909 (selon ce mémorial).
8 84 86 96 101Little Company of Mary Sisters (Royaume-Uni), « Cause For Her Canonisation » : lcmsisters.org/cause-for-her-canonisation. Page officielle de la cause — procès commencé en 1942 (sans acteur nommé), décret d'héroïcité des vertus du 8 février 1988 par le pape Jean-Paul II, appel à prier pour un miracle en vue de la canonisation.
10 116 118 119Cathédrale Saint-Barnabé, Nottingham, « Venerable Mother Mary Potter (1847-1913) » : stbarnabascathedral.org.uk/heritage/venerable-mother-mary-potter-1847-1913. Page patrimoniale de la cathédrale — translation des reliques en décembre 1997, tombeau dans le déambulatoire nord, ouverture du Mary Potter Heritage Centre en 2010 au 32 Regent Street.
11 120 122Little Company of Mary Sisters (Royaume-Uni), « Her Road To Becoming A Saint » : lcmsisters.org.uk/her-road-to-becoming-a-saint. Page sur le procès en cours — dates-clés, translation des reliques le 2 décembre 1997, contact du vice-postulateur au Mary Potter Heritage Centre de Nottingham. Original anglais de la citation : « The hour of death may be called the hour of Birth into God ».
12 115 121Little Company of Mary (Irlande), « Our Foundress Mary Potter » : lcm.ie/our-foundress-mary-potter. « On Easter Sunday, the people of Hyson Green […] awoke to see a red Cross on an old derelict stocking factory […] » (Pâques 1877 : dimanche 1er avril ; le lundi de Pâques, jour de la cérémonie d'ouverture selon McAuliffe, est le 2 avril) ; enfance : « In 1865 Mary and her family went to live in Southsea. Mary had a lovely voice and joined the choir in the church. She played the organ for Mass and Benediction. » ; fiançailles présentées par son frère Thomas à Godfrey King en 1867.
20 56Little Company of Mary (Australie), « Mary Potter: Her Story » : lcm.org.au/our-story/mary-potter-her-story. Version synthétique de la biographie officielle de la congrégation — appel à la prière pour les mourants. Original anglais : « I cannot but feel I have had a call from God to devote myself to help save souls in their last hour. I have been drawn so strongly to pray for the dying » — destinataire désigné seulement comme « her spiritual director », sans nom.
42Catholic Archives Society, « Catholic Archives » (1994) : catholicarchivesociety.org/wp-content/uploads/2016/11/catholic_archives_1994.pdf. « In 1876 Bishop Danell of Southwark forbade her to found an Order in his diocese and Cardinal Manning advised her to return to her mother. […] in January 1877 Mary travelled to Nottingham to see Bishop Bagshawe. »
46True Restoration, recension de Path of Mary : truerestoration.org/path-of-mary-in-honour-of-the-month-of-mary. « The Imprimatur was granted in June 24, 1878 by His Lordship Edward, Bishop of Nottingham », avec la lettre d'accompagnement : « Having read several times with much pleasure and satisfaction the little work entitled 'The Path of Mary,' we heartily recommend it to the Faithful of our Diocese ».
48Internet Archive, catalogue de The Path of Mary, Little Company of Mary, Chicago, 1950 (« first published 1878 in England ») : archive.org/details/pathofmary00litt. Notice bibliographique — 142 pages, en-tête « Convent of the Maternal Heart of Mary ».
49Mary Potter, The Path of Mary (« Le Chemin de Marie »), imprimatur Mgr Edward Bagshawe, évêque de Nottingham, 24 juin 1878 ; rééd. Little Company of Mary, Chicago, 1950, 142 p. Texte anglais contrôlé sur quatre transcriptions indépendantes qui concordent : ChurchPop (Georgette Bechara, 1er février 2019), « Did a 19th C. Nun Prophesy Today's Persecuted Church? The Little-Known Revelations of Ven. Mary Potter » : churchpop.com/did-a-19th-c-nun-prophesy-todays-persecuted-church-the-little-known-revelations-of-ven-mary-potter ; Tradition in Action (14 juin 2025), « The Church Will Rise More Glorious than Ever », qui cite l'ouvrage avec pagination (Chicago, 1950, pp. 13, 18-19, 68-69) : traditioninaction.org/religious/n255_Pas.htm ; bulletin Adsum du séminaire Mater Dei (mai 2021), qui reproduit au long le début de l'ouvrage : materdeiseminary.org/wp-content/uploads/2021/05/05-21-May-Adsum.pdf ; christorchaos.com, « No Synthesis Need Apply » : christorchaos.com/NoSynthesisNeedApply.htm. La congrégation elle-même confirme que l'ouvrage s'ouvre sur cette phrase : « the opening line reads, "We live in perilous times" » (Little Company of Mary, Australie, « Living the Spirit of LCM in 2020 » : lcm.org.au/Story/living-the-spirit-of-lcm-in-2020-marie-therese-west-lcm). Texte anglais retenu : « We live in perilous times; we are surrounded by dangers and temptations almost unparalleled in the history of the world » (phrase d'ouverture, p. 13) ; « and we seem to be now bordering on the times when the Church will mirage, will reflect, will, in fact, mystically reproduce, the crucifixion of her Divine Head and Master » (pp. 18-19 ; ChurchPop seul abrège cette phrase). Le passage sur « ceux qui sont à Marie » diverge d'un mot selon les transcriptions (« scathelessly » chez ChurchPop, « deathlessly » chez Tradition in Action) : il est donc rendu ci-dessus en paraphrase, présentée comme telle (pp. 68-69).
50 110 111Maternal Heart of Mary, « History » : maternalheart.org/history. Page consacrée à la dévotion promue par Mary Potter — conviction intérieure de la fin 1874, description de la statue du Cœur Maternel, bénédiction de Léon XIII en 1884, opposition initiale du maître des cérémonies pontificales sur l'absence d'usage liturgique du titre, approbation finale de Pie X en 1908 avec commémoraison à chaque messe de l'octave de dédicace.
78 79 80 95 97 98 99Chicago Catholic, « Little Company of Mary Hospital joins OSF HealthCare system » (5 février 2020) : chicagocatholic.com/chicagoland/-/article/2020/02/05/little-company-of-mary-hospital-joins-osf-healthcare-system. L'hôpital « became the 14th hospital in OSF HealthCare Ministry's network Feb. 1, 2020 », après avoir été un établissement tenu par les sœurs de la Petite Compagnie de Marie.
82Catholic Tradition, « Who was Mother Mary Potter, and what is Devotion for the Dying? » : catholictradition.org/Classics/potter.htm. Synthèse des cinq piliers spirituels de Mère Mary Potter — vraie dévotion à Marie selon Grignion de Montfort, dévotion au Cœur Maternel de Marie, dévotion aux mourants, dévotion au Précieux Sang, invocation de l'Esprit Saint pour la conversion des pécheurs à l'article de la mort. Les deux expressions citées portent sur le Cœur Maternel (message « Honor the Heart of My Mother », 8 décembre 1874), non sur l'esclavage montfortain : « God had given me a wonderfully efficacious means of prayer » ; « devotion to the Maternal Heart of Mary, whereby all is done by and through her Motherly Heart ».
103 104 106Little Company of Mary Sisters (Royaume-Uni), « Mass for the Cause of Beatification and Canonisation of Venerable Mary Potter — St Barnabas Cathedral, Nottingham, 13th February 2024 » : lcmsisters.org.uk/news-blog/mass-for-the-cause-of-beatification-and-canonisation-of-venerable-mary-potter. Annonce de la messe annuelle du 13 février 2024 pour la cause, signe de son instruction active.
123OSF HealthCare, « Venerable Mary Potter » : osfhealthcare.org/hospitals/little-company-of-mary/about/history/sisters-little-company-mary/venerable-mary-potter. Page historique du réseau hospitalier américain lié à la Petite Compagnie de Marie — présence actuelle dans 14 pays sur cinq continents : Angleterre, Écosse, pays de Galles, Irlande, Irlande du Nord, Albanie, Italie, Australie, Nouvelle-Zélande, Corée, Zimbabwe, Afrique du Sud, Tonga et États-Unis.
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