Pape Célestin II (1143-1144)

Élu en 1143, le pape Célestin II ne régna que cinq mois. Ancien élève d'Abélard, il leva l'interdit qui frappait la France et réconcilia Rome avec le roi Louis VII. Son nom ouvre la célèbre prophétie des papes attribuée à saint Malachie.

Ignispedia

Célestin II (en latin Caelestinus), né Guido di Castello, gouverne l'Église romaine du 26 septembre 1143 au 8 mars 1144 : un pontificat de cinq mois et treize jours selon la Vita Coelestini du cardinal Boso, l'un des plus brefs du XIIᵉ siècle.[1][2][3] Successeur d'Innocent II et prédécesseur de Lucius II, il appartient à cette série de papes rapides dont l'histoire retient peu d'actes, mais dont chacun éclaire l'état réel de la papauté au sortir d'un long schisme.

Sa biographie tranche pourtant avec sa brièveté. Cardinal lettré, ancien élève de Pierre Abélard, Guido di Castello était l'un des hommes les plus cultivés de la curie romaine. Saint Bernard de Clairvaux lui-même lui écrivit pour le mettre en garde contre l'attachement qu'il gardait à son ancien maître, condamné au concile de Sens.[4] Sa science, sa réputation de gravité et son expérience de légat expliquent qu'on l'ait élu sans controverse, deux jours après la mort d'Innocent II.[5]

L'acte qui domine son court règne est diplomatique : il lève l'interdit qui frappait les lieux où séjournait le roi de France et certaines terres françaises, mettant fin à une crise de plusieurs années entre Rome et le roi Louis VII née d'un conflit sur le siège archiépiscopal de Bourges.[6][7][8] Au même moment, il refuse de ratifier les concessions arrachées par Roger II de Sicile, ouvre un bras de fer qu'il ne vivra pas assez longtemps pour mener, et hérite d'une Rome en pleine révolte communale.

Une dernière singularité a rendu son nom célèbre bien au-delà de son œuvre : Célestin II est le premier pape de la fameuse Prophétie des papes attribuée à saint Malachie, sous la devise énigmatique « Ex castro Tiberis » — « issu d'un château sur le Tibre ».[9] Ce texte, on le verra, n'a aucune autorité ecclésiale et passe pour un faux du XVIᵉ siècle ; mais il a inscrit le modeste pontife de 1143 dans l'imaginaire prophétique catholique.

Pourquoi Célestin II compte-t-il ?

Un pontificat de cinq mois, un geste décisif

Un règne de cinq mois ne laisse pas le temps de réformer l'Église, de réunir un concile ni de fonder une institution durable. La portée de Célestin II ne se mesure donc pas à un programme, mais à un acte unique et important : la réconciliation de la papauté avec le royaume de France. En levant l'interdit qui paralysait le culte là où résidait le roi, il referme une plaie ouverte par Innocent II et restaure la communion ordinaire entre Rome et la plus puissante monarchie chrétienne d'Occident.[10][11]

Ce geste rappelle une vérité de gouvernement ecclésial : la papauté ne se juge pas seulement à ses grandes figures de législateurs, mais aussi à ces pontifes de transition qui savent désamorcer un conflit que leurs prédécesseurs avaient laissé s'envenimer. Là où Innocent II avait durci, Célestin apaise.

Le pape qui rend le culte aux lieux frappés d'interdit

L'interdit était, au Moyen Âge, l'une des armes spirituelles les plus lourdes : il suspendait la célébration publique des sacrements dans les lieux frappés, privant des populations entières de messe, de sépulture chrétienne et d'office. Innocent II l'avait étendu aux lieux où séjournait Louis VII, si bien que l'entourage royal se trouvait sous le coup d'une sanction collective ; la New Catholic Encyclopedia parle de certaines terres françaises frappées.[12][13] En levant cette sentence, Célestin II ne rend pas seulement service à un roi : il rend le culte public aux populations des lieux frappés. C'est, dans l'ordre pastoral et dans ce périmètre attesté — non dans tout le royaume —, le sens profond de son intervention.

Le premier nom de la « prophétie des papes »

Enfin, Célestin II occupe une place à part dans la culture populaire catholique : il ouvre la liste de la Prophétie des papes, ce catalogue de 112 devises latines qu'une tradition tardive a placé sous le nom de saint Malachie d'Armagh. La première devise, « Ex castro Tiberis », désigne sa ville d'origine, Città di Castello, sur le Tibre.[14] Cette singularité, traitée plus bas avec la prudence qui s'impose, a paradoxalement sauvé de l'oubli un pape que son bref règne aurait sinon réduit à une simple ligne des annuaires pontificaux.

Guido di Castello, le cardinal lettré

Un fils de la haute vallée du Tibre

Infographie originale Ignispedia créée par IA — Guido di Castello, futur Célestin II, dans l'univers intellectuel des écoles du XIIe siècle.

Les sources s'accordent mal sur le berceau exact du futur pape. La tradition la plus répandue le fait naître à Città di Castello, l'ancienne Castrum Felicitatis (« Tifernum Tiberinum ») de la haute vallée du Tibre, en Ombrie ; d'autres notices anciennes parlent de la Tuscie romaine, et la New Catholic Encyclopedia avance plutôt Macerata, dans la Marche d'Ancône.[15][16] La date de naissance, elle, est totalement inconnue : on sait seulement qu'il était déjà d'un âge avancé lors de son élection, ce qui rend compte de la brièveté de son règne.[17]

Cette incertitude n'est pas anodine pour la suite : c'est précisément la mention traditionnelle de Città di Castello, place forte dominant le Tibre, qui fournira l'application de la première devise de la prophétie attribuée à Malachie — sans que cette devise tardive prouve quoi que ce soit sur le lieu de naissance (voir le tableau des sources).

L'élève de Pierre Abélard

Le trait le plus saillant de sa formation est intellectuel. Guido fut disciple de Pierre Abélard, le plus brillant et le plus controversé des maîtres parisiens de son temps, et devint lui-même un savant réputé.[18][19] La Catholic Encyclopedia résume ainsi son profil :

« [Il] joignait à une grande science la réputation d'un prêtre grave et droit. » — Catholic Encyclopedia, « Pope Celestine II », 1908 (traduit de l'anglais)[20]

Cet attachement à Abélard ne fut pas sans risque. Lorsque le maître fut mis en cause pour ses thèses trinitaires et condamné au concile de Sens (vers 1140-1141), saint Bernard de Clairvaux, conscient des résistances que sa condamnation rencontrait dans la curie, adressa au cardinal Guido une lettre — la lettre 192 — pour l'avertir de ne pas laisser son affection d'élève le rendre indulgent envers les erreurs de son ancien professeur :

Dans cette lettre, adressée au cardinal Guido, Bernard met le cardinal en garde : par affection pour son ancien maître, il ne doit pas se montrer indulgent envers les nouveautés doctrinales que les livres de Pierre introduisent sur la foi.[21]

Le point doctrinal mérite d'être souligné, car il touche la boussole catholique : Guido di Castello a pu admirer la finesse logique d'Abélard sans pour autant épouser ses erreurs. Devenu pape, aucun acte connu de son pontificat ne réhabilite les thèses censurées ni ne renverse la sentence de Sens (périmètre : actes recensés dans les répertoires consultés ; la lettre 192, à elle seule, ne prouverait pas l'ensemble du pontificat).[22] L'épisode illustre une distinction permanente dans l'Église : on peut estimer un esprit, fréquenter une école, sans abdiquer le jugement de la foi.

Du sous-diaconat au cardinalat (1120-1143)

La carrière romaine de Guido est bien documentée par les souscriptions des bulles pontificales. Entré au service de la curie — l'administration centrale du gouvernement pontifical — comme sous-diacre et scriptor apostolicus (secrétaire chargé de rédiger les actes pontificaux) sous Calixte II, il est créé cardinal-diacre de Santa Maria in Via Lata en décembre 1127 par Honorius II, puis promu cardinal-prêtre de San Marco en décembre 1133 par Innocent II.[23][24] On retrouve sa signature au bas des actes pontificaux du 3 avril 1130 au 16 mai 1143, soit jusqu'aux derniers mois de la vie d'Innocent II.[25]

Cette longévité curiale a une conséquence politique : Guido a traversé tout le schisme d'Anaclet II (1130-1138) dans le camp d'Innocent II, le pape finalement reconnu par l'Occident. Il connaissait donc de l'intérieur les fractures de l'Église romaine au moment où il en prit la tête.

Une légation discutée et l'ombre d'Arnaud de Brescia

La notice de la Catholic Encyclopedia (1908) fait du cardinal Guido un légat en France en 1140 — un légat étant un envoyé personnel du pape — qui se serait attiré le mécontentement de saint Bernard pour la protection accordée à Arnaud de Brescia, le moine réformateur dont les attaques contre le pouvoir temporel du clergé annonçaient déjà l'agitation qui allait embraser Rome.[26] Cette attribution, isolée, ne peut être retenue en l'état : les relevés prosopographiques postérieurs ne documentent pour Guido qu'une légation lombarde en 1139, sans preuve établie d'un départ en France après février 1140.[27] Faute d'avoir identifié précisément le cardinal protecteur d'Arnaud et la lettre correspondante, l'épisode français et la protection d'Arnaud restent une hypothèse non vérifiée de la notice de 1908, et le portrait psychologique qui en découlait est retiré. La lettre 192 de saint Bernard à Guido, elle, est bien attestée — mais elle concerne Abélard, non Arnaud.[28]

Rome en 1143 : un héritage encombré

La papauté qui sort du schisme d'Anaclet

L'élection de Célestin II survient cinq ans seulement après la fin du schisme d'Anaclet II, qui avait opposé deux obédiences — deux camps rivaux reconnaissant chacun un pape différent — de 1130 à 1138 et profondément divisé l'Europe. Innocent II, vainqueur, avait passé ses dernières années à réaffirmer son autorité, notamment au deuxième concile du Latran (1139), qui annula les ordinations du parti adverse.[29] Le pontificat de Célestin hérite de cette papauté affermie en droit mais fragilisée en fait, encore convalescente.

La commune romaine renaît sur le Capitole

Surtout, au cours de l'année 1143, les Romains se soulèvent et restaurent le Sénat sur le Capitole, fondant la commune de Rome qui revendique la gestion temporelle de la ville contre le pouvoir pontifical.[30] Cette révolte, qui plongera bientôt Lucius II dans une lutte mortelle, commence précisément sous les derniers jours d'Innocent II et accompagne tout le bref règne de Célestin II. Le nouveau pape gouverne donc une Rome contestée chez elle, ce qui rendait d'autant plus précieuse la pacification des fronts extérieurs.

« Célestin II » : le nom d'une élection avortée (1124)

Le choix même du nom mérite une note. Près de vingt ans plus tôt, en décembre 1124, un autre cardinal — Teobaldo Boccapecci, cardinal-prêtre de Sant'Anastasia — avait été régulièrement élu pape et avait déjà pris le nom de Célestin II. Mais, avant sa consécration, une bande armée de la faction des Frangipani fit irruption et le blessa ; dans le tumulte, leur candidat, Lamberto Scannabecchi, fut proclamé sous le nom d'Honorius II.[31] Abandonné des siens et n'ayant pas été consacré, Boccapecci renonça.

Comme cette élection n'avait pas abouti, Boccapecci n'est pas compté dans la liste des papes : c'est pourquoi Guido di Castello put reprendre librement, en 1143, le nom de Célestin II. L'histoire de ce nom porte ainsi, en miniature, toute la violence des factions romaines du XIIᵉ siècle.

L'élection et le sacre (septembre-octobre 1143)

Innocent II meurt le 24 septembre 1143. Deux jours plus tard, le 26 septembre (le 25 selon la Catholic Encyclopedia de 1908), les cardinaux élisent Guido di Castello sans controverse — élection que la New Catholic Encyclopedia qualifie de « largement acclamée » et Girgensohn, dans l'Enciclopedia dei Papi, d'unanime.[32][33][34][35] Il est consacré le 3 octobre 1143 — Girgensohn : « le dimanche suivant, le 3 octobre, il fut consacré évêque et couronné pape » — par Albéric d'Ostie selon les notices (Wikipédia, Catholic-Hierarchy), Girgensohn ne nommant pas le consécrateur.[36][37][38] La page « 1143 papal election » indique pour sa part une consécration le jour même de l'élection : variante isolée face aux notices qui retiennent le 3 octobre.[39] L'accord unanime des cardinaux, dans une Rome alors agitée, témoigne de l'autorité morale qu'avait acquise le vieux cardinal lettré.

Les actes d'un règne bref

Infographie originale Ignispedia créée par IA — les quatre jalons d'un pontificat de cinq mois : élection, sacre, paix avec la France et mort à Rome (au Palladium).

En cinq mois, Célestin II n'eut le loisir ni de légiférer ni de réunir un concile. Son action tient en quelques décisions précises : rétablir la paix avec la France, résister aux concessions arrachées par Roger II de Sicile, et réorienter discrètement la diplomatie pontificale en Angleterre comme en Terre sainte. Seule la réconciliation française fut menée à son terme ; les autres affaires — le conflit sicilien, la révolte communale romaine — restèrent ouvertes ; mais leur ensemble dessine le profil d'un pape lucide, plus conciliateur que son prédécesseur sur un front, plus ferme sur l'autre.

La levée de l'interdit sur la France : l'affaire de Bourges

Illustration originale Ignispedia créée par IA — la réconciliation entre Rome et la France : Louis VII accepte Pierre de la Châtre, dans une paix traditionnellement attribuée à la médiation de Suger et de Bernard.

L'acte majeur du pontificat se rattache à une crise franco-romaine de plusieurs années, l'affaire de Bourges. En 1141, le chapitre de Bourges avait élu archevêque Pierre de la Châtre, soutenu par Innocent II. Mais le jeune roi Louis VII avait son propre candidat, son chancelier Cadurc, et refusa l'élu de Rome. Selon le récit courant, blessé par le ton du pape, le roi jura sur les reliques que Pierre de la Châtre n'entrerait jamais dans Bourges.[40][41] Le nom du candidat royal et ce serment sont attestés de façon concordante par la notice Louis VII de la Britannica de 1911 et l'article français ; le contrôle sur les sources primaires (Suger, Bernard, actes) reste ouvert. Innocent II répliqua en plaçant sous interdit les lieux où séjournait le roi.

Le conflit s'aggrava d'une seconde querelle, l'affaire du Vermandois : pour permettre à sa belle-sœur Pétronille d'épouser le sénéchal Raoul de Vermandois, la cour fit annuler le premier mariage de celui-ci, déclenchant une guerre avec Thibaud IV de Champagne. Lors de la campagne royale, l'armée incendia l'église de Vitry (en janvier 1143 selon la notice française), où la population s'était réfugiée — un massacre qui hanta la conscience de Louis VII.[42][43]

C'est sur ce terrain miné qu'intervint Célestin II. La médiation est traditionnellement attribuée à l'abbé Suger de Saint-Denis et à saint Bernard de Clairvaux — rôle précis de chacun restant à contrôler — et, Innocent II étant mort et remplacé par un pape plus conciliant, Louis VII accepta enfin Pierre de la Châtre comme archevêque de Bourges ; en retour, Célestin II leva la sentence d'interdit.[44][45] Ce point — l'acceptation de Pierre de la Châtre suivie de la levée de l'interdit — est corroboré, y compris par la Britannica moderne qui nomme Suger et Bernard comme médiateurs ; la part exacte de chacun et la datation précise de la levée restent à établir. Quant à la croisade : Louis VII ne déclare son intention qu'à Bourges, à Noël 1145, puis ne prend la croix qu'à Vézelay, à Pâques 1146, après l'appel d'Eugène III (Quantum praedecessores, décembre 1145), pour partir en 1147.[46][47] Faire de l'expiation de Vitry et de la réconciliation de 1143-1144 le motif démontré de ce départ exigerait une source et une chronologie que l'article ne fournit pas ici.

Le refus du traité de Mignano face à Roger II de Sicile

Si Célestin se montra conciliant avec la France, il se raidit au sud. En 1139, après la défaite et la capture d'Innocent II à la bataille de Galluccio, le pape vaincu avait dû reconnaître Roger II comme roi de Sicile par le traité de Mignano. Célestin II refusa de ratifier ces concessions arrachées sous la contrainte.[48] Cette intransigeance le mit « à la veille d'un grave conflit avec Roger de Sicile » — conflit qu'il n'eut pas le temps de mener, puisqu'il mourut peu après.[49]

L'Angleterre d'Étienne, les Plantagenêt et les ordres de Terre sainte

Le bref pontificat laissa encore quelques traces dans les affaires anglaises et orientales. Selon l'historien Horace Mann, qui suit ici le chroniqueur Jean de Hexham, Célestin II prit ses distances avec le roi Étienne d'Angleterre : convaincu du bon droit de la maison d'Anjou (les Plantagenêt) sur la couronne anglaise, il refusa de renouveler la légation que son prédécesseur avait accordée à Henri de Blois, frère du roi et évêque de Winchester.[50] Mann rapporte encore qu'il favorisa les Templiers, pour lesquels il ordonna une collecte générale, et les Hospitaliers, auxquels il confia l'hôpital Sancta Maria Teutonicorum à Jérusalem.[51] Ces décisions, modestes, montrent un pape attentif aux deux fronts de la chrétienté de son temps : la rivalité anglaise et la défense de la Terre sainte. L'orientation pro-angevine est corroborée, dans sa généralité, par Girgensohn (Enciclopedia dei Papi) : Célestin « commença à procéder contre Étienne en faveur de Mathilde » — le désaccord antérieur de 1139 restant lui-même un « si dice » chez cet auteur.[52] Ces points reposent sur Mann (pp. 107-108 et 111, texte anglais contrôlé sur la numérisation Internet Archive), d'après le chroniqueur Jean de Hexham pour l'Angleterre ; les cotes Jaffé (n° 8478 et 8472 a) sont reprises via Mann, sans consultation directe du Regesta, et restent citées au titre de ce seul relais.

La mort (8 mars 1144) et la succession de Lucius II

Célestin II meurt à Rome le 8 mars 1144, après cinq mois et treize jours de règne selon Boso (quatorze jours selon d'autres notices), et est inhumé au Latran — Girgensohn précise, d'après la notice médiévale du Latran, qu'il fut enseveli dans la basilique Saint-Jean à côté d'Honorius II, à qui il devait son chapeau ; les tombeaux médiévaux de la basilique ayant été détruits, l'emplacement actuel de sa sépulture reste discuté.[53][54][55][56] Lui succède aussitôt Gérard Caccianemici, qui prend le nom de Lucius II.[57] Ce dernier héritera de front la révolte de la commune romaine et du conflit sicilien laissés en suspens : il mourra dès 1145, dit-on des suites de blessures reçues en assaillant le Capitole. La mort rapide de Célestin II s'inscrit donc dans une série de pontificats courts et tendus qui marque le milieu du XIIᵉ siècle romain.

« Ex castro Tiberis » : Célestin II et la prophétie de saint Malachie

Ce que dit la tradition

Infographie originale Ignispedia créée par IA — Ex castro Tiberis : Città di Castello, le haut Tibre et Rome.

La Prophétie des papes est une suite de 112 brèves devises latines que la tradition attribue à saint Malachie d'Armagh (1094-1148), l'archevêque irlandais ami de saint Bernard. Chaque devise est censée caractériser un pape, depuis Célestin II jusqu'à un dernier pontife nommé « Petrus Romanus », dont le règne s'achèverait dans la ruine de Rome.[58] La toute première devise, attachée à Célestin II, est :

« Ex castro Tiberis. » — « Issu d'un château sur le Tibre. »[59]

L'application qu'en fait la tradition est limpide : Guido di Castello serait né à Città di Castello, dont le nom même signifie « cité du château », sur les bords du Tibre. La devise colle parfaitement à cette origine traditionnelle — ce qui, on va le voir, s'explique aussi par une rédaction après coup.

Ce que disent les historiens

Cette belle concordance s'explique, hélas, par une raison prosaïque. La prophétie n'apparaît dans aucune source avant 1595, date à laquelle le bénédictin Arnold de Wion la publie pour la première fois dans son Lignum Vitæ, une histoire de l'ordre bénédictin.[60] Aucun document, aucune allusion ne la mentionne pendant les quatre siècles et demi qui séparent la mort de Malachie de cette publication. Or les devises sont précises pour les papes antérieurs à 1590 — précisément ceux que l'auteur pouvait connaître — et vagues ou inexactes pour les suivants : c'est le signe classique d'une rédaction après coup (vaticinium ex eventu).

De nombreux historiens y voient donc une fabrication probable de la fin du XVIᵉ siècle, composée vers 1590 : ainsi M. J. O'Brien (An Historical and Critical Account of the So-called Prophecy of St. Malachy, Dublin, 1880), Patrick Healy (article « St. Malachy » de la Catholic Encyclopedia, 1911), la notice « Malachy, St. » de la New Catholic Encyclopedia et l'Oxford Reference (« document apparemment composé en 1590 »), qui relèvent tous l'absence de toute attestation médiévale et la césure de 1590.[61] L'hypothèse d'une pièce composée pour peser sur un conclave de 1590 en faveur d'un cardinal candidat (le cardinal Simoncelli, désigné par la devise « Ex antiquitate Urbis ») est souvent avancée, sans être démontrée : elle reste une hypothèse.[62] Pour les papes anciens comme Célestin II, l'auteur n'aurait eu aucun mérite divinatoire : il rédigeait après coup, à partir d'annuaires pontificaux qui mentionnaient déjà Città di Castello. Cette conclusion — texte tardif, très probablement fabriqué — est une probabilité historique forte, non une démonstration formelle : l'ancienneté tardive de la publication, à elle seule, ne suffirait pas à la prouver.

Le regard catholique : prudence sans mépris

Infographie originale Ignispedia créée par IA — pourquoi la Prophétie des papes, publiée seulement en 1595 par Wion, ne possède aucune reconnaissance magistérielle attestée.

La position juste n'est ni la crédulité, ni le dédain. En l'état des répertoires consultés, aucune reconnaissance de cette prophétie comme révélation privée authentique n'est attestée, et elle ne figure dans aucun acte du magistère recensé (périmètre : Denzinger, actes pontificaux cités en notes) : elle ne lie donc pas la foi — étant rappelé que les révélations privées, en général, n'appartiennent pas au dépôt de la foi (CEC 66-67), ce qui ne tranche rien, à soi seul, du cas particulier de ce texte.[63] Aucune condamnation formelle spécifique n'est alléguée ici : la vérification institutionnelle particulière demeure ouverte. Un catholique est donc libre de tenir ce texte pour une curiosité littéraire, et les données historiques invitent fortement à le faire.

Pour autant, le caractère très probablement fabriqué de ce texte tardif ne disqualifie en rien le sérieux des vraies révélations privées reconnues par l'Église, qui reposent sur des témoins identifiés, des enquêtes et un discernement ecclésial. Le cas de la « prophétie de Malachie » illustre seulement l'exigence catholique constante : éprouver les esprits (1 Jn 4, 1), distinguer une pieuse fabrication d'un charisme prophétique véritable. Que le nom de Célestin II ouvre ce catalogue apocryphe est un hasard de naissance ; cela n'ajoute ni n'ôte rien à la dignité de son pontificat réel.

Un pape ni saint ni bienheureux dans les répertoires généraux consultés

Contrairement à plusieurs de ses homonymes — notamment saint Célestin I (422-432) et le futur saint Célestin V —, Célestin II ne porte, dans les répertoires généraux consultés (listes pontificales, Martyrologe romain, Calendrier romain général), aucun titre de saint ou de bienheureux, et aucune fête liturgique ne lui y est attribuée (périmètre : Église universelle ; un culte local éventuel, dans un calendrier particulier, resterait à contrôler).[64] Il appartient, en l'état de ce dossier, à la longue cohorte des papes simplement défunts, ni saints proclamés ni figures controversées, dont la sainteté personnelle reste connue de Dieu seul — ce qui n'est pas un jugement, et encore moins une affirmation sur son état : l'absence de culte attesté ne prouve rien de plus. Elle rappelle seulement que la fonction pontificale, par elle-même, ne fait pas un saint, et que l'Église ne canonise qu'après enquête.

Ce que révèle ce pontificat

Le règne éclair de Célestin II condense plusieurs traits du XIIᵉ siècle ecclésial. Il montre d'abord une papauté redevenue capable d'arbitrage : à peine sorti du schisme, le Siège apostolique sait encore dénouer un conflit franco-romain par la voie de la conciliation plutôt que de la sanction. Il montre ensuite la fragilité temporelle de Rome, prise entre la commune insurgée du Capitole et la puissance normande de Sicile — deux dangers que Célestin lègue intacts à Lucius II.

Il révèle enfin une vérité spirituelle que l'Ignispedia se plaît à relever : la valeur d'un pontificat ne se mesure pas à sa durée. Cinq mois suffirent à lever l'interdit qui frappait l'entourage du roi et certaines terres françaises.

« Diversité de ministères, mais c'est le même Seigneur. » — Saint Paul, 1 Corinthiens 12, 5 (Bible de Jérusalem)

L'histoire des papes de transition rappelle que l'Église est servie autant par ses grands législateurs que par ces pasteurs discrets dont le seul mérite, parfois décisif, fut de rouvrir une porte que d'autres avaient fermée.

Chronologie

  1. Date inconnue
    Naissance de Guido di Castello

    Naissance à une date totalement inconnue, selon la tradition dominante à Città di Castello sur le haut Tibre — d'où la future devise « Ex castro Tiberis ».

  2. Jeunesse
    L'élève d'Abélard

    Formation auprès de Pierre Abélard (lieu et modalités incertains) ; Guido devient un maître réputé, puis sous-diacre et scriptor apostolicus (rédacteur des actes pontificaux) à la curie sous Calixte II.

  3. décembre 1127
    Cardinal-diacre

    Créé cardinal-diacre de Santa Maria in Via Lata par Honorius II.

  4. décembre 1133
    Cardinal-prêtre de San Marco

    Promu cardinal-prêtre par Innocent II, dont il soutient l'obédience pendant le schisme d'Anaclet.

  5. 1139
    Légat en Lombardie

    Légation lombarde attestée en 1139 ; la légation française de 1140 et la protection d'Arnaud de Brescia, affirmées par la seule notice de 1908, restent non établies. La mise en garde de saint Bernard (lettre 192) concerne Abélard.

  6. 26 septembre 1143
    Élection

    Deux jours après la mort d'Innocent II, élu sans controverse sous le nom de Célestin II.

  7. 3 octobre 1143
    Sacre

    Consacré par Albéric d'Ostie.

  8. 1143-1144
    Levée de l'interdit sur la France

    Réconciliation avec Louis VII dans l'affaire de Bourges (médiation traditionnellement attribuée à Suger et à Bernard ; datation précise non établie).

  9. 8 mars 1144
    Mort à Rome

    Mort après cinq mois et treize jours ; inhumé au Latran. Lucius II lui succède.

Les sources : noyau sûr et points discutés

Le noyau sûr est étroit mais solide : Célestin II régna environ cinq mois et demi en 1143-1144 ; il fut l'élève d'Abélard ; il leva l'interdit qui frappait l'entourage du roi et certaines terres françaises ; il refusa le traité de Mignano ; il mourut le 8 mars 1144 et fut remplacé par Lucius II. Ces faits sont concordants chez les répertoires de référence — Catholic Encyclopedia, New Catholic Encyclopedia, Encyclopædia Britannica —, la mort et la succession s'appuyant en outre sur la Vita Coelestini de Boso, contrôlée directement dans Watterich (t. II, p. 276).[65][66][67][68][69] Les souscriptions de bulles relevées par les prosopographies cardinalices (Catholic-Hierarchy) ne prouvent, elles, que la carrière curiale de Guido avant son élection, non ses décisions pontificales.[70]

Quelques points restent discutés. Le tableau ci-dessous récapitule les principales divergences entre sources, qui tiennent à l'ancienneté et à l'imprécision des notices médiévales.

Point discutéVersions des sourcesPosition retenue
Lieu de naissanceCittà di Castello (tradition dominante, reprise notamment par la Britannica 1911 : « Guido of Città di Castello (Tiferno), born of noble Tuscan family ») ; Tuscie romaine (Catholic Enc.) ; Macerata, Marche d'Ancône (New Cath. Enc.)Città di Castello, à titre de tradition dominante fondée sur les notices biographiques — sans faire de la devise tardive Ex castro Tiberis une preuve [71]
Date d'élection26 septembre 1143 (Wikipédia ; New Cath. Enc. : pontificat daté du 26 sept. 1143 au 8 mars 1144, élection « two days after the death of Innocent II ») ; 25 septembre (Catholic Enc. : « He succeeded Innocent II, 25 September, 1143 »)26 septembre 1143 (deux jours après la mort d'Innocent II, le 24)[72]
Date du sacre3 octobre 1143 (Wikipédia, Catholic-Hierarchy ; élu le 25 et consacré le 3 selon Catholic365 ; confirmé par Girgensohn : « consacré évêque et couronné pape ») ; consécration « le jour même » de l'élection (page « 1143 papal election »)3 octobre 1143 (le consécrateur Albéric d'Ostie n'est nommé que par les notices : identification à contrôler, Girgensohn ne le nommant pas) ; variante « le jour même » signalée[73][74]
SépultureLatran (toutes les notices) ; Girgensohn d'après la notice médiévale du Latran : à côté d'Honorius II ; tombeaux médiévaux détruits, restes rassemblés dans un polyandrionInhumation au Latran, à côté d'Honorius II selon la notice médiévale ; emplacement actuel discuté[75][76]
Date de naissanceInconnue ; pape « déjà âgé » à l'électionIndéterminée
Année du chapeau cardinaliceDécembre 1127 (New Cath. Enc., Wikipédia/Mann) ; 1128 (Catholic Enc., art. Célestin II)Décembre 1127 (cardinal-diacre attesté par les souscriptions dès 1130)
Durée du règne« Cinq mois et treize jours » (Wikipédia, suivant Mann ; Vita Coelestini de Boso, Watterich II, 276) ; « five months and twelve days » (Catholic Enc., art. Lucius II) ; « about six months » (Catholic Enc., art. Célestin II ; New Cath. Enc.) ; « fourteen days » selon d'autres notices (Baronius-Theiner 18, sub anno 1144)Cinq mois et treize jours (26 septembre 1143 – 8 mars 1144)[77]

Pour le pontificat lui-même, les sources narratives contemporaines sont minces : l'essentiel repose sur les catalogues pontificaux et les répertoires modernes qui les exploitent.[78][79] Pour la Prophétie des papes, la seule source primaire est le Lignum Vitæ d'Arnold de Wion (1595), dont le caractère tardif fonde le jugement critique des historiens.[80] La couverture documentaire n'est pas entièrement acquise : l'identification d'Albéric d'Ostie comme consécrateur et les circonstances exactes de l'élection avortée de décembre 1124 (blessures de Teobaldo, divergence de date) restent des points ouverts ; la sépulture au Latran, elle, est corroborée par Girgensohn d'après la notice médiévale (à côté d'Honorius II), seul l'emplacement actuel restant discuté du fait de la destruction des tombeaux (voir tableau et notes).

Pour aller plus loin

  • Pape Innocent II — prédécesseur immédiat, vainqueur du schisme d'Anaclet et auteur de l'interdit sur la France.
  • Pape Lucius II — successeur, emporté par la lutte contre la commune romaine.
  • Pape Honorius II — pape qui créa Guido cardinal, élu en 1124 après l'élection avortée de Teobaldo Boccapecci.
  • Pape saint Célestin I (422-432) — premier pape de ce nom, à ne pas confondre avec Célestin II.
  • Pape Clément II (1046-1047) — autre pontificat très bref, éclairant la papauté de transition.
  • Deuxième concile du Latran (1139) — concile qui clôt le schisme d'Anaclet, juste avant l'élection de Célestin II.

Notes et références

  1. Catholic Encyclopedia, « Pope Celestine II », vol. 3, New York, Robert Appleton Company, 1908 ; texte repris sur New Advent : https://www.newadvent.org/cathen/03478a.htm (consulté le 8 juin 2026 ; texte anglais vérifié à la page le 4 octobre 2026). Verbatim : « He was a disciple of Abelard, and added to great learning the reputation of a grave and upright priest » ; « He succeeded Innocent II, 25 September, 1143 ». Origine en Tuscie romaine, chapeau cardinalice en 1128, légat en France en 1140 (protection d'Arnaud de Brescia, déplaisir de saint Bernard), levée de l'interdit sur la France, mort le 8 mars 1144 à la veille d'un conflit avec Roger de Sicile.

    1 6 10 18 20 26 49 57 66 78
  2. « Pope Celestine II », Wikipedia (en), consulté le 8 juin 2026 : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Celestine_II. Naissance à Città di Castello, sous-diacre et scriptor sous Calixte II, cardinal-diacre de Santa Maria in Via Lata (déc. 1127, Honorius II), cardinal-prêtre de San Marco (déc. 1133, Innocent II), élection le 26 septembre 1143, sacre le 3 octobre 1143 par Albéric d'Ostie, refus de ratifier le traité de Mignano, distance avec Étienne d'Angleterre, faveur aux Templiers et Hospitaliers, mort le 8 mars 1144, sépulture au Latran (le texte anglais, suivant Mann p. 111, précise le transept sud — localisation aujourd'hui discutée, voir note latran-tombeaux), première devise de la prophétie de Malachie.

    2 15 29 30 33 36 48 53
  3. Page documentaire « Sede Vacante 1144 » : « He had reigned for five months and thirteen days [Watterich, p. 276 ; Baronius-Theiner 18, sub anno 1144, no. 1, p. 621 (or fourteen days, in other sources)] », règne daté du 26 septembre 1143 au 8 mars 1144. La page distingue le décès apud Palladium (monastère du Palladium, sur le Palatin — d'après Ciaconius, sans source citée : « periit Coelestinus apud Palladium » ; repris par les notices modernes : monastère Saint-Sébastien, sur le Palatin) et l'inhumation au Latran d'après la Vita Coelestini du cardinal Boso. http://www.csun.edu/~hcfll004/SV1144.html (consulté le 4 octobre 2026). Source primaire contrôlée directement le 4 octobre 2026 (numérisation Internet Archive, item « bub_gb_O2Tm63Ex6AMC ») : Vita Coelestini II a Bosone cardinali conscripta, in Watterich, Pontificum Romanorum vitae, t. II (Leipzig, 1862), p. 276 — verbatim : « Coelestinus II, natione Tuscus, patria de castro Felicitatis qui et Guido, presbyter cardinalis tituli sancti Marci, sedit mens. V. d. XIII » ; « Defunctus est Romae apud Palladium VIII. id. martii; in ecclesia Lateranensi tumulatus ». Citée aussi en bibliographie par la New Catholic Encyclopedia, t. 2, pp. 276-278.

    3 34 55 65 69 72 77
  4. Saint Bernard de Clairvaux, Lettre 192 (Epistola CXCII), adressée au cardinal Guido di Castello, cardinal-prêtre de Saint-Marc (vers 1140), sur les erreurs de Pierre Abélard. Contenu contrôlé le 4 octobre 2026 via Horace K. Mann, The Lives of the Popes in the Middle Ages, vol. 9, p. 105 : « St. Bernard wrote to warn him so to love Abelard as not to love his errors, reminding him that "he did not question his goodness in asking him to prefer no one to Christ in Christ's own cause" » (réf. « Ep. 192 »). Texte latin : Patrologia Latina, t. 182 (colonne non contrôlée directement : aucune citation verbale de Bernard n'est donnée ici). Le corps présente le contenu en paraphrase, sans guillemets.

    4 21 22 28
  5. New Catholic Encyclopedia, « Celestine II, Pope » ; texte repris sur Encyclopedia.com : https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/celestine-ii-pope (consulté le 8 juin 2026 ; texte anglais vérifié à la page le 4 octobre 2026). Verbatim : « Pontificate: Sept. 26, 1143 to Mar. 8, 1144 » ; « presumably at Macerata in the March of Ancona » ; « His election without controversy two days after the death of Innocent II was widely acclaimed » ; « already an old man ». Cardinal-diacre en 1127 et cardinal-prêtre en 1134, levée de l'interdit après la soumission de Louis VII dans l'affaire de Bourges. Bibliographie de l'article : Watterich, Pontificum Romanorum vitae, t. 2, pp. 276-278.

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  6. « Louis VII le Jeune », Wikipédia (fr), consulté le 8 juin 2026 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_VII_le_Jeune. Conflit de Bourges (1141), élection de Pierre de la Châtre soutenu par Innocent II, opposition du roi et serment sur les reliques, interdit pontifical, affaire du mariage de Raoul de Vermandois et Pétronille, guerre de Champagne, incendie de l'église de Vitry (janvier 1143), médiation de Bernard de Clairvaux et de Suger, acceptation finale de Pierre de la Châtre et prise de croix pour la deuxième croisade.

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  7. Encyclopaedia Britannica, « Celestine II (pope) » : pontificat 26 septembre 1143 - 8 mars 1144, élève d'Abélard resté en bons termes avec lui après Sens, levée (par la médiation de Suger et de Bernard) de l'interdit qu'Innocent II avait posé en 1141 sur les lieux abritant Louis VII. Page consultée le 8 juin 2026 : https://www.britannica.com/biography/Celestine-II-pope.

    8 45 68
  8. « Prophecy of the Popes », Wikipedia (en), consulté le 8 juin 2026 : https://en.wikipedia.org/wiki/Prophecy_of_the_Popes. Suite de 112 devises latines attribuées à saint Malachie (1094-1148), de Célestin II à « Petrus Romanus » ; première publication par le bénédictin Arnold de Wion dans le Lignum Vitæ (Venise, 1595) ; première devise « Ex castro Tiberis » appliquée à Célestin II (Città di Castello, sur le Tibre) ; absence de toute attestation avant 1595, précision des devises jusqu'aux papes d'environ 1590 puis caractère vague : hypothèse courante d'une fabrication pseudépigraphe composée vers 1590, avec l'hypothèse non démontrée d'une manœuvre en faveur du cardinal Simoncelli au conclave de 1590.

    9 14 58 59 60 62 80
  9. David M. Cheney, « Pope Celestine II (Guido di Castello) », Catholic-Hierarchy.org : titres cardinalices, dates des souscriptions de bulles (3 avril 1130 - 21 décembre 1133, puis 11 janvier 1134 - 16 mai 1143), consécration le 3 octobre 1143. https://www.catholic-hierarchy.org/bishop/bcstllg.html (consulté le 8 juin 2026).

    23 25 37 70
  10. Dieter Girgensohn, « CELESTINO II », Enciclopedia dei Papi, Rome, Istituto della Enciclopedia Italiana, 2000, vol. II, pp. 272-276 (texte contrôlé directement le 4 octobre 2026 sur treccani.it : https://www.treccani.it/enciclopedia/celestino-ii_(Enciclopedia-dei-Papi)/). Verbatim : « né di certo soggiornò in Francia ma svolse invece una legazione in Lombardia » — preuve : document émané le 24 septembre 1139 à Plaisance — et « Dopo il febbraio 1140 non abbiamo prove che Guido si sia assentato un'altra volta dalla Curia pontificia ». Arnaud de Brescia n'est jamais nommé dans l'article. Seule la notice de la Catholic Encyclopedia (1908) affirme donc la légation française de 1140 et la protection d'Arnaud.

    27
  11. « 1124 papal election » et « Teobaldo Boccapecci (Pope-elect Celestine II) », Wikipedia (en), consultés le 8 juin 2026 : https://en.wikipedia.org/wiki/1124_papal_election. Teobaldo Boccapecci, cardinal-prêtre de Sant'Anastasia, élu le 16 décembre 1124 sous le nom de Célestin II, agressé et blessé par la faction des Frangipani avant sa consécration ; dans la confusion, Lamberto Scannabecchi est proclamé puis (après renonciations) élu et consacré Honorius II le 21 décembre 1124. Faute de consécration, Boccapecci n'est pas compté parmi les papes.

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  12. Dieter Girgensohn, « CELESTINO II », Enciclopedia dei Papi, Rome, Istituto della Enciclopedia Italiana, 2000, vol. II, pp. 272-276 (texte contrôlé directement le 4 octobre 2026 sur treccani.it : https://www.treccani.it/enciclopedia/celestino-ii_(Enciclopedia-dei-Papi)/). Verbatim : « il 26 settembre, i cardinali elessero unanimemente Guido de Castello » ; « La domenica successiva, il 3 ottobre, fu consacrato vescovo e incoronato papa » (sans nommer le consécrateur) ; « cominciò a procedere contro Stefano a favore di Matilde » (Angleterre ; le désaccord antérieur de 1139 restant un « si dice ») ; mort « l'8 marzo 1144 a Roma » nel « Palladium, cioè nel monastero di S. Maria in Pallara alle falde del Palatino » ; « Fu sepolto nella basilica di S. Giovanni in Laterano a fianco di Onorio II al quale doveva la sua elezione a cardinale ». Sa bibliographie cite notamment Jaffé, Regesta, t. II, pp. 1-7 (sans les cotes précises 8478/8472 a).

    35 38 52 56 74 75
  13. « 1143 papal election », Wikipedia (en) : élection de Guido di Castello le 26 septembre 1143 au Latran, consécration « on the same day » — variante isolée face au 3 octobre par Albéric d'Ostie retenu par « Pope Celestine II » (infobox), Catholic-Hierarchy et Catholic365 (« Guido was elected on 25 September and consecrated on the third of October »). https://en.wikipedia.org/wiki/1143_papal_election (consulté le 4 octobre 2026).

    39 73
  14. Encyclopaedia Britannica, 11ᵉ éd. (1911), art. « Louis VII of France » : « The archbishopric of Bourges became vacant, and the king supported as candidate the chancellor Cadurc, against the pope's nominee Pierre de la Châtre, swearing upon relics that so long as he lived Pierre should never enter Bourges. This brought the interdict upon the king's lands. » Guerre avec Thibaud de Champagne (1142-1144), prise de Vitry (« many persons perished in the burning of the church », sans mois précisé — janvier 1143 selon la seule notice française), déclaration de croisade à Bourges le jour de Noël 1145 et prédication de Bernard à Vézelay (Pâques 1146). Texte vérifié sur Wikisource le 4 octobre 2026 : https://en.wikisource.org/wiki/1911_Encyclop%C3%A6dia_Britannica/Louis_VII._of_France.

    41 43 47
  15. Horace K. Mann, The Lives of the Popes in the Middle Ages, vol. 9 (1130-1159), Londres, Kegan Paul (Saint-Louis, B. Herder) : texte anglais contrôlé directement le 4 octobre 2026 sur la numérisation Internet Archive (item « mann-the-lives-of-the-popes-in-the-early-middle-ages-v-9 »). Pp. 107-108 : opposition aux concessions à Roger de Sicile et à la reconnaissance d'Étienne, « convinced of the justice of the claims of the house of Anjou to the English crown », refus de renouveler la légation accordée à « Henry of Winchester », d'après le chroniqueur Jean de Hexham (« alumnus Andegavensium ») ; section de la mort et sépulture (p. 111) : « Celestine favoured both the Templars, ordering a general collection for them (Jaffé, 8478), and the Hospitallers, placing under their care the hospital of St Mary Teutonicorum (ib. 8472 a, ii. p. 758) ». Les cotes Jaffé (8478, 8472 a) sont reprises via Mann ; Jaffé (Regesta Pontificum Romanorum) n'a pas été consulté directement et le contrôle primaire reste ouvert.

    50 51
  16. « Archbasilica of Saint John Lateran », Wikipedia (en), section sur les sépultures pontificales : les papes dont les tombeaux ont été détruits comprennent Célestin II (1143-1144) — les restes des tombeaux incendiés furent rassemblés et réinhumés dans un polyandrion. https://en.wikipedia.org/wiki/Archbasilica_of_Saint_John_Lateran (consulté le 3 octobre 2026).

    54 76
  17. M. J. O'Brien, An Historical and Critical Account of the So-called Prophecy of St. Malachy Regarding the Succession of Popes (Dublin, Gill, 1880) ; article « St. Malachy » de la Catholic Encyclopedia (1911, P. Healy) ; notice « Malachy, St. » de la New Catholic Encyclopedia (repris sur Encyclopedia.com : première apparition dans le Lignum vitae d'A. Wion, Venise, 1595 ; devises manifestement dérivées des papes pour 1143-1590 puis très vagues) ; Oxford Reference, « Prophecies of Malachy » (« document apparemment composé en 1590 »). Points communs relevés : aucune attestation médiévale, césure vers 1590, conclusion à une fabrication du XVIᵉ siècle — probable, non formellement démontrée. L'Église n'a pas de position officielle sur ce texte (périmètre des répertoires consultés).

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  18. Catéchisme de l'Église catholique, n° 66-67 : les révélations privées n'appartiennent pas au dépôt de la foi et n'y ajoutent rien. Ce texte règle le statut général des révélations privées, non l'authenticité de la « prophétie de Malachie » en particulier.

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  19. Périmètre : listes pontificales générales, Martyrologium Romanum (Typis Vaticanis, 2004), Calendarium Romanum Generale. Dans ces répertoires généraux, Célestin II (1143-1144) ne porte aucun titre de saint ou de bienheureux et aucune fête ne lui est attribuée au calendrier universel. Les calendriers particuliers (diocèses, ordres religieux) n'ont pas été dépouillés : un culte local éventuel reste à contrôler.

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  20. Encyclopaedia Britannica, 11ᵉ éd. (1911), art. « Celestine (popes) » : « Celestine II., pope in 1143–1144. Guido of Città di Castello (Tiferno), born of noble Tuscan family, able and learned, studied under Abelard ». Texte vérifié sur Wikisource le 4 octobre 2026.

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