Pape Calixte II (1119-1124)

Calixte II, né Guy de Bourgogne, prince apparenté à presque toutes les maisons royales d'Europe, fut le pape qui mit fin à la querelle des Investitures par le Concordat de Worms (1122), ratifié au premier concile du Latran (1123).

Ignispedia

Calixte II (en latin Calixtus II), né Guy de Bourgogne (Guido) à Quingey — date de naissance inconnue[2], vers 1065 selon les notices modernes[3] —, gouverne l'Église de Rome du 2 février 1119 — jour de son élection à Cluny[4][5] (la Catholic Encyclopedia fait commencer le règne au 1er février[6]) — au 13 décembre 1124. Il succède à Gélase II, mort en exil à Cluny, et précède Honorius II.

Issu de la plus haute aristocratie — fils du comte Guillaume Iᵉʳ de Bourgogne et, par son père comme par sa mère, "apparenté à presque toutes les maisons royales d'Europe" —, Guy de Bourgogne fut d'abord archevêque de Vienne pendant plus de trente ans (1088-1119), puis légat pontifical en France.[7][8] Son nom reste attaché à la plus grande victoire diplomatique de la papauté du XIIe siècle : le Concordat de Worms, signé avec l'empereur Henri V le 23 septembre 1122, qui clôt enfin la longue querelle des Investitures ouverte sous Grégoire VII.[9][10]

Pape de combat devenu pape de paix, Calixte II incarne une rare alliance : la fermeté doctrinale d'un évêque qui, dès 1112, avait déclaré hérétique l'investiture des clercs par les laïcs, et le réalisme politique d'un négociateur qui sut, dix ans plus tard, conclure un compromis acceptable plutôt que prolonger une guerre stérile.[11][12] À cela s'ajoutent une œuvre réformatrice considérable — premier concile œcuménique tenu en Occident, le Latran I —, la protection des Juifs par la bulle Sicut Judaeis, et l'essor du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, dont la grande compilation, le Codex Calixtinus, fut placée sous son nom.[13][14]

« Son règne, commencé en 1119, est marqué par la fin de la querelle des Investitures qui, ouverte au temps de Grégoire VII, avait fait rage avec une amertume presque ininterrompue durant le dernier quart du XIᵉ siècle et les premières années du XIIᵉ. » — Catholic Encyclopedia, notice "Pope Callistus II" (traduction ; original anglais en note)[15]

Pourquoi Calixte II compte-t-il ?

Le pape qui gagne la querelle des Investitures

Pendant un demi-siècle, l'Occident s'était déchiré sur une question apparemment technique mais en réalité décisive : qui, du pape ou de l'empereur, investit l'évêque de l'anneau et de la crosse, c'est-à-dire des symboles de sa charge spirituelle ? La réforme grégorienne avait fait de cette liberté des élections un combat de principe : l'Église ne doit pas recevoir ses pasteurs de la main d'un prince laïc.[16]

Les prédécesseurs de Calixte II avaient tenu la ligne sans parvenir à conclure. Pascal II avait été humilié et contraint en 1111 d'arracher un Privilegium bientôt rétracté ; Gélase II était mort en fuite après un an de pontificat traqué.[17][18] C'est Calixte II — par son poids politique, sa parenté impériale et royale, et sa patience — qui obtient enfin la paix de Worms en 1122. Avec lui s'achève, en Occident, le plus grand conflit entre le sacerdoce et l'empire du Moyen Âge central.

Un aristocrate parent de presque tous les rois d'Europe

Là où Gélase II était un moine lettré sorti du Mont-Cassin, Calixte II est un grand seigneur. Fils du comte Guillaume Iᵉʳ de Bourgogne, l'un des princes les plus riches d'Europe, il est lié par le sang aux maisons régnantes de France, d'Angleterre, de Germanie, de Castille et d'Italie.[19][20] Son frère Hugues est archevêque de Besançon ; son frère Raymond épouse Urraque, future reine de León, et engendre le roi Alphonse VII de León-Castille ; ses sœurs s'allient aux maisons de Savoie, de Montferrat, de Bourgogne et de Flandre.[21][22]

Cette naissance n'est pas un simple ornement biographique : c'est un instrument de gouvernement. Son élection, note la Catholic Encyclopedia, "fut partout reçue avec approbation", car ses liens royaux laissaient espérer une issue à la longue crise impériale.[23] Un pape de ce rang pouvait parler d'égal à égal avec l'empereur — ce qui avait manqué à ses prédécesseurs.

Le pape de Compostelle et du Codex Calixtinus

Calixte II en quatre dossiers — Worms, Latran I, Sutri et Compostelle résument les quatre axes majeurs du pontificat. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Calixte II est aussi, pour la postérité, le pape de Saint-Jacques-de-Compostelle. En 1120, il élève Compostelle au rang d'archevêché (bulle du 26 février 1120)[24][25] ; le transfert des droits métropolitains de l'antique siège de Mérida à Compostelle, d'abord provisoire, n'est rendu définitif qu'en juin 1124[26]. Il élève ainsi le sanctuaire de l'apôtre saint Jacques au rang de grande Église d'Espagne. Surtout, son nom est attaché au Liber Sancti Jacobi, dit Codex Calixtinus : la grande compilation jacquaire du XIIe siècle — récits de miracles, textes liturgiques, premier "guide" du pèlerin — fut placée sous son patronage par une lettre liminaire qui lui est attribuée.[27] Le pape qui pacifia l'Empire est ainsi devenu, par ricochet, l'un des parrains du plus grand pèlerinage de la chrétienté médiévale.

Les sources principales

Tableau des témoins

SourceDateCe qu'elle apportePrudence
Catholic Encyclopedia (New Advent)1908Biographie complète : famille, Vienne, Reims, Worms, Latran I, mortSource ancienne mais catholique et détaillée
Enciclopedia dei Papi (Treccani)2000Synthèse savante italienne du pontificat et du contexte romainRéférence académique
Encyclopaedia Britannicanotice moderneSynthèse anglophone, Concordat et bilanNotice courte
Actes du Concordat de Worms23 septembre 1122Texte du privilège impérial et du privilège pontificalSource primaire diplomatique
Canons du concile de Latran I1123Décrets disciplinaires et ratification du concordatPremier concile œcuménique d'Occident
Bulle Sicut Judaeis1120Charte de protection des JuifsSource primaire pontificale
Liber Sancti Jacobi (Codex Calixtinus)av. 1173Lettre liminaire attribuée à Calixte IIAttribution pseudépigraphe, à dire honnêtement

La Catholic Encyclopedia, Treccani et les notices modernes

Le dossier biographique de référence reste l'article "Pope Callistus II" de la Catholic Encyclopedia (1908), qui retrace la carrière de Guy de Bourgogne depuis l'archevêché de Vienne jusqu'au premier concile du Latran.[28] L'Enciclopedia dei Papi de la Treccani en donne une lecture savante, attentive au contexte romain et aux factions de la Ville ; la Britannica en fournit une synthèse anglophone.[29][30] Ces notices ne remplacent pas les sources primaires : pour le concordat, c'est le texte des deux privilèges de Worms qui fait foi ; pour la réforme, les canons de Latran I.[31][32]

Les sources primaires : Worms, Latran I, le Liber Sancti Jacobi

Trois documents structurent le pontificat. D'abord les deux chartes de Worms de 1122 : le privilegium de l'empereur Henri V et celui du pape Calixte II (le Pactum Calixtinum).[33] Ensuite les canons du premier concile du Latran (1123), qui ratifient le concordat et légifèrent contre la simonie et le concubinage des clercs.[34] Enfin le Liber Sancti Jacobi (Codex Calixtinus), dont l'attribution à Calixte II est pseudépigraphe mais qui témoigne de l'aura jacquaire attachée à son nom dès le XIIe siècle.[35]

Avant le pontificat : Guy de Bourgogne, archevêque de Vienne

Une naissance princière

La date de naissance de Guy de Bourgogne est inconnue — la Catholic Encyclopedia ouvre sa notice par « Date of birth unknown »[36] — ; les notices modernes le font naître vers 1065, probablement à Quingey, dans le comté de Bourgogne.[37] Il est l'un des fils du comte Guillaume Iᵉʳ "le Grand" (Guillaume Tête-Hardie), souverain de la Franche-Comté impériale et l'un des plus puissants princes de son temps. La Catholic Encyclopedia résume sa position d'un trait :

« Tant du côté de son père que du côté de sa mère, il était étroitement uni à presque toutes les maisons royales d'Europe. » — Catholic Encyclopedia, "Pope Callistus II" (traduction ; original anglais en note)[38]

Cette parenté est immense. Son frère Hugues devient archevêque de Besançon ; son frère Raymond de Bourgogne épouse Urraque de León, et leur fils sera le roi Alphonse VII de León-Castille ; ses sœurs entrent dans les maisons de Savoie, de Montferrat, de Bourgogne ducale et de Flandre.[39][40] Calixte II appartient donc de naissance à ce réseau aristocratique européen qui pèsera dans toute sa politique.

Archevêque de Vienne (1088) et légat pontifical

En 1088, Guy est nommé archevêque de Vienne, en basse Bourgogne (vallée du Rhône).[41][42] Il y déploie pendant plus de trente ans une activité de réformateur attaché à la liberté de l'Église, et devient l'un des prélats les plus en vue du royaume. Le pape Pascal II le choisit comme légat pontifical en France, charge qui le place au cœur des affaires de la chrétienté occidentale.[43]

Le concile de Vienne (1112) : l'investiture laïque déclarée hérétique

Calixte II dans le Liber ad honorem Augusti de Pierre d'Eboli (1196). Miniature médiévale, domaine public (Wikimedia Commons).

L'événement qui révèle son caractère est sa réaction au Privilegium de 1111. Cette année-là, l'empereur Henri V avait fait prisonnier le pape Pascal II et lui avait arraché par la violence un accord concédant aux laïcs l'investiture des évêques.[44][45] L'indignation fut générale dans le clergé réformateur. Comme archevêque de Vienne et légat, Guy de Bourgogne prit la tête de la résistance.

En septembre 1112, il convoque à Vienne une assemblée qui dénonce l'investiture des clercs comme une hérésie et excommunie Henri V pour avoir extorqué le Privilegium par la force.[46] Ces décrets reçurent la confirmation pontificale le 20 octobre 1112. Sept ans avant son pontificat, Guy avait ainsi tracé la ligne dont il ne dévierait jamais : un acte arraché par la contrainte n'oblige pas l'Église, et l'investiture spirituelle n'appartient qu'à elle.

L'élection de 1119 : un pape élu à Cluny

La mort de Gélase II et le choix de Guy de Bourgogne

Gélase II, chassé de Rome par l'empereur et par la faction romaine des Frangipani, était mort épuisé à l'abbaye de Cluny le 29 janvier 1119.[47] Sentant sa fin venir, il aurait lui-même recommandé aux cardinaux présents de lui donner pour successeur Guy de Bourgogne, archevêque de Vienne.[48][49]

Les cardinaux réunis à Cluny l'élisent le 2 février 1119.[50][51] Il est couronné et consacré à Vienne le 9 février 1119, sous le nom de Calixte II.[52] (La Catholic Encyclopedia fait commencer le règne au 1er février ; les sources italiennes retiennent le 2 février pour l'élection à Cluny et le 9 février pour la consécration à Vienne.)[53][54]

Le nom de Calixte et le programme

Le choix du nom n'est jamais neutre chez un pape réformateur. En se nommant Calixte, Guy de Bourgogne reprend le nom du pape et martyr saint Calixte Iᵉʳ (217-222). Au-delà du symbole, son élection apparaît d'emblée comme une promesse de résolution : un pape de sang impérial et royal, ferme sur la doctrine mais capable de traiter avec l'Empire, était l'homme que la situation appelait.[55] La chrétienté l'accueillit comme tel.

Le bras de fer avec Henri V (1119-1121)

Le concile de Reims (octobre 1119)

Le nouveau pape ne se précipite pas vers Rome, encore disputée. Il choisit d'abord de rallier la France, fidèle à la réforme, et y tient en octobre 1119 un grand concile à Reims, en présence de plus de quatre cents évêques et abbés et de la noblesse française, dont le roi Louis VI.[56] Le concile édicte des décrets disciplinaires sévères contre l'investiture laïque, la simonie et le concubinage des clercs — il prolonge ainsi la ligne grégorienne.[57]

C'est au synode de Toulouse, en juillet 1119 — et non à Reims — que sont condamnés les prédicateurs hérétiques du Midi : leur enseignement, qui rejette le baptême des enfants, les églises et la croix, est attribué, de façon quasi certaine, à Pierre de Bruys et à ses disciples.[58][59]

L'échec de Mouzon

Parallèlement au concile, Calixte II tente la négociation directe avec l'empereur. Une rencontre est préparée à Mouzon, sur la Meuse. Mais l'accord échoue : Henri V exige une renonciation générale que le pape ne peut accepter, et l'on apprend que l'empereur a rassemblé des forces militaires.[60] La voie diplomatique paraît, pour l'instant, fermée.

L'excommunication du 30 octobre 1119

Devant cet échec, le concile de Reims tranche. Le 30 octobre 1119, il prononce solennellement l'excommunication d'Henri V et de l'antipape Grégoire VIII.[61] Calixte II reprend ainsi, comme pape, la sentence qu'il avait portée sept ans plus tôt comme archevêque de Vienne. La rupture est consommée ; mais elle prépare, paradoxalement, la paix : c'est en montrant qu'il ne céderait pas que le pape obligera l'Empire à composer.

Le retour en Italie et la capture de l'antipape (Sutri, 1121)

En 1120, Calixte II rentre enfin en Italie et fait à Rome une entrée triomphale, accueilli par un peuple lassé de la domination impériale et de l'antipape.[62][63] Restait à liquider le schisme.

L'antipape Grégoire VIII — né Maurice Bourdin (Mauritius Burdinus), ancien archevêque de Braga, intronisé par Henri V en 1118 — s'était réfugié dans la forteresse de Sutri.[64][65] Grâce à l'appui des Normands d'Italie du Sud, Calixte II brise les alliés italiens de l'empereur et fait assiéger la place. En avril 1121, Bourdin est capturé ; on le sauve à grand-peine de la fureur populaire.[66][67]

L'humiliation infligée à l'usurpateur est attestée : ramené à Rome, il fit le 23 avril son entrée dans la Ville en croupe d'un chameau, dont il tenait la queue, avant d'être enfermé dans des monastères-prisons, à Cava près de Salerne puis à Fumo.[68][69] Le schisme impérial était mort. La voie était libre pour la grande négociation.

Le Concordat de Worms (23 septembre 1122)

Les négociations de Wurtzbourg

L'antipape vaincu, l'empereur isolé, les deux camps épuisés : les conditions d'un accord étaient enfin réunies. Les pourparlers reprennent à Wurtzbourg en octobre 1121, où une trêve est conclue, puis se transportent à Worms.[70] Le négociateur principal du côté pontifical est le cardinal-évêque d'Ostie Lamberto Scannabecchi — le futur pape Honorius II.[71]

Ce que règle le concordat : qui donne quoi

Le 23 septembre 1122, à Worms, l'empereur Henri V et la papauté concluent l'accord en deux chartes, parfois appelé Pactum Calixtinum.[72] Sa logique est une distinction : séparer ce qui relève du spirituel de ce qui relève du temporel.

« Moi, Henri, par la grâce de Dieu auguste empereur des Romains, pour l'amour de Dieu, de la sainte Église romaine et du seigneur pape Calixte, et pour le salut de mon âme, je rends à Dieu, aux saints apôtres Pierre et Paul et à la sainte Église catholique toute investiture par l'anneau et la crosse. » — charte de l'empereur Henri V, Concordat de Worms, 23 septembre 1122 (traduction française d'après la version anglaise du Medieval Sourcebook, Fordham ; original anglais en note)[73]

Concrètement, l'empereur renonce à l'investiture par l'anneau et la crosse — les symboles spirituels — et accorde la liberté des élections épiscopales. En retour, le pape concède que les élections aient lieu en présence de l'empereur ou de ses représentants, et que l'élu reçoive de l'empereur, par le sceptre, l'investiture des regalia — les biens et droits temporels du siège.[74] Le calendrier diffère selon les régions : en Germanie, l'investiture temporelle précède la consécration ; en Bourgogne et en Italie, elle la suit ; dans les États pontificaux, le pape investit seul, sans intervention impériale.[75][76]

Les limites du compromis

Calixte II n'obtient pas tout. En Germanie, l'empereur garde une influence déterminante sur les élections épiscopales, grâce à sa présence et à l'investiture préalable des regalia.[77] Certains réformateurs intransigeants jugèrent l'accord trop favorable au prince. Mais le pape avait compris une vérité de gouvernement :

Comme l'analyse la Catholic Encyclopedia, Calixte II comprenait bien qu'à moins de concéder quelque chose, la paix était impossible : le compromis de Worms fut le prix d'une paix dont l'essentiel — la liberté de l'Église — restait sauf.[78]

Worms 1122 : qui donne quoi ? — l'accord distingue enfin l'investiture spirituelle, réservée à l'Église, et les droits temporels liés aux sièges épiscopaux. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'essentiel était sauf : la juridiction ecclésiastique ne peut venir que de l'Église. Pour la première fois depuis Grégoire VII, le principe de la liberté des élections était reconnu par l'Empire dans un acte solennel et durable.

Le premier concile du Latran (1123)

Un concile œcuménique en Occident

Pour donner au Concordat de Worms la solennité d'une loi de l'Église universelle, Calixte II convoque le premier concile du Latran, ouvert le 18 mars 1123.[79][80] C'est le premier concile œcuménique tenu en Occident — les huit précédents s'étaient réunis en Orient. L'assemblée est imposante : la Catholic Encyclopedia parle de près de trois cents évêques et six cents abbés venus de toute l'Europe catholique.[81]

« Pour assurer la confirmation de ce Concordat de Worms, Calixte II convoqua le premier concile du Latran (18 mars 1123). » — Catholic Encyclopedia, "Pope Callistus II" (traduction ; original anglais en note)[82]

Les canons : ratification et réforme

Le concile ratifie solennellement le concordat devant l'Église latine.[83] Mais il ne se borne pas à entériner la paix : il promulgue une série de canons disciplinaires qui prolongent la réforme grégorienne. Il condamne de nouveau la simonie et le concubinage des clercs, frappe les violateurs de la trêve de Dieu, les pillards d'églises et les faussaires de documents ecclésiastiques, et réglemente les indulgences accordées aux croisés.[84][85] C'est lors de ce concile que Calixte II procède aussi à la canonisation de Conrad de Constance.[86]

Un pape réformateur et bâtisseur d'Église

Vienne métropole et la vieille querelle avec Arles

Calixte II n'oublie pas son ancien siège. En 1120, il élève Vienne au rang de métropole et tranche en sa faveur l'antique conflit de préséance qui l'opposait à Arles.[87] Le geste a fait reprocher au pape un certain favoritisme envers son Église d'origine ; il témoigne en tout cas de l'attention soutenue qu'il porta, tout au long de son pontificat, aux affaires de l'Église de France.[88]

De Mérida à Saint-Jacques-de-Compostelle

En Espagne, Calixte II élève Saint-Jacques-de-Compostelle au rang d'archevêché en 1120, puis rend définitif en juin 1124 le transfert des droits métropolitains de l'antique siège de Mérida — alors en terre encore disputée aux musulmans — à Compostelle.[89][90] Il consacre ainsi le rayonnement du grand sanctuaire de l'apôtre, dont le pèlerinage est en plein essor. Cette décision, prise sous le pontificat d'un pape lié par le sang aux rois d'Espagne, donne à Compostelle un poids ecclésiastique majeur dans la péninsule.

York indépendante de Cantorbéry, et la réforme aux périphéries

Le souci de la réforme s'étend à toute la chrétienté. Calixte II fait reconnaître Thurstan comme archevêque d'York, en confirmant l'indépendance d'York à l'égard de Cantorbéry — un point sensible de la hiérarchie anglaise.[91] Il nomme Otton de Bamberg légat pour organiser les églises de Poméranie, alors en cours d'évangelisation.[92] Le pape de Worms est aussi un pape organisateur, qui structure l'Église des marges autant qu'il pacifie son centre.

La bulle Sicut Judaeis (1120) : protéger les Juifs

Un acte de Calixte II mérite une mention particulière, car il fonde une tradition pontificale pluriséculaire. Vers 1120, le pape promulgue la bulle Sicut Judaeis ("De même que les Juifs…"), première grande charte de protection des Juifs dans l'Occident chrétien.[93][94] Elle interdit, sous peine d'excommunication, de contraindre les Juifs au baptême par la force, de les blesser, de s'emparer de leurs biens, de troubler la célébration de leurs fêtes ou de profaner leurs cimetières.

Ce texte, repris et confirmé par de nombreux papes jusqu'à Nicolas V (1447) et au-delà, montre un autre visage de la fermeté de Calixte II : la défense du droit des plus vulnérables contre la violence des foules.[95]

Le Codex Calixtinus et la légende jacquaire

L'attachement de Calixte II à Compostelle a laissé une trace inattendue. Au cours du XIIe siècle, un compilateur — souvent identifié, sans certitude, au clerc poitevin Aymeric Picaud — réunit un vaste ensemble de récits de miracles de saint Jacques, de textes liturgiques et d'un guide du pèlerin : le Liber Sancti Jacobi.[96] Pour lui donner autorité, l'auteur place en tête de chacun de ses cinq livres une lettre attribuée au pape Calixte II — d'où le nom de Codex Calixtinus.

L'attribution est pseudépigraphe : Calixte II n'a pas écrit ces lettres, mort une cinquantaine d'années avant l'achèvement du recueil. Mais le choix de son nom n'est pas un hasard : il dit la mémoire qui, dès le XIIe siècle, faisait de ce pape bourguignon le grand promoteur du pèlerinage de Compostelle.[97] Honnêteté oblige : c'est une légende dorée, non un document de la main du pape.

Mort et héritage (décembre 1124)

Une frise du pontificat

L'itinéraire de Calixte II — de l'archevêché de Vienne à la paix de Worms et à sa ratification au Latran, le pontificat se comprend aussi par ses déplacements. Infographie originale Ignispedia créée par IA.
  1. 1088
    Archevêque de Vienne
    Basse Bourgogne

    Guy de Bourgogne, fils du comte Guillaume Iᵉʳ, devient archevêque de Vienne ; il sera l'un des grands prélats réformateurs du royaume et légat pontifical en France.

  2. septembre 1112
    Concile de Vienne
    Investiture déclarée hérétique

    En réaction au Privilegium arraché à Pascal II, Guy déclare l'investiture laïque hérétique et excommunie Henri V ; décrets confirmés par Rome le 20 octobre 1112.

  3. 2-9 février 1119
    Élection et consécration
    Cluny, puis Vienne

    Après la mort de Gélase II à Cluny (29 janvier), les cardinaux élisent Guy le 2 février ; il est consacré à Vienne le 9 février sous le nom de Calixte II.

  4. octobre 1119
    Concile de Reims
    Rupture avec l'Empire

    Devant plus de 400 évêques et abbés (dont plus de 200 évêques) et le roi Louis VI, le pape légifère contre l'investiture, la simonie et le concubinage. L'entrevue de Mouzon échoue ; le 30 octobre, Henri V et l'antipape sont excommuniés.

  5. 1120-avril 1121
    Rome et la chute de l'antipape
    Sutri

    Entrée triomphale à Rome (1120). Avec l'appui normand, le pape brise les alliés impériaux et capture l'antipape Grégoire VIII (Maurice Bourdin) à Sutri en avril 1121.

  6. 23 septembre 1122
    Concordat de Worms
    Fin de la querelle des Investitures

    Deux chartes : Henri V renonce à l'investiture par l'anneau et la crosse et accorde la liberté des élections ; le pape concède l'investiture des regalia par le sceptre. La paix est faite.

  7. 18 mars 1123
    Premier concile du Latran
    Premier concile œcuménique d'Occident

    Près de 300 évêques ratifient le concordat et promulguent des canons contre la simonie, le concubinage, les violateurs de la trêve de Dieu et les faussaires.

  8. 13 décembre 1124
    Mort à Rome
    Inhumé au Latran

    Calixte II meurt à Rome, laissant l'Église pacifiée avec l'Empire. Lui succède Honorius II, négociateur du concordat.

Une mort à Rome, une paix léguée

Ses dernières années, Calixte II les consacre à restaurer le patrimoine de saint Pierre et à briser le pouvoir des seigneurs de la Campagne romaine qui menaçaient l'État pontifical.[98] Il meurt à Rome le 13 décembre 1124 (la nuit du 13 au 14 selon certaines sources) et est inhumé au Latran.[99][100]

Sa mort ouvre aussitôt une élection contestée : le cardinal d'Ostie Lamberto Scannabecchi, négociateur de Worms, est imposé par la faction des Frangipani contre un premier élu, et devient Honorius II.[101] La paix de Worms, elle, tiendra : elle assure à l'Église et à l'Empire plus de trois décennies de concorde.[102]

Que retenir de Calixte II ?

Calixte II est, avec Grégoire VII et Urbain II, l'un des trois grands papes qui ont façonné la papauté du tournant des XIᵉ-XIIᵉ siècles. Mais là où Grégoire VII avait ouvert le combat et où Urbain II avait lancé la croisade, c'est à Calixte II qu'échoit le rôle le plus difficile : conclure. Mettre fin à un demi-siècle de guerre sans trahir le principe pour lequel on s'était battu.

Il y est parvenu par une combinaison rare : la doctrine ferme d'un homme qui, dès 1112, avait nommé l'erreur sans trembler ; le réalisme d'un négociateur qui sut, en 1122, distinguer l'essentiel de l'accessoire ; et le poids social d'un prince capable de parler à l'empereur en cousin. Son pontificat est court — moins de six ans — mais il referme une époque et en ouvre une autre.

La leçon spirituelle : la fermeté qui sait faire la paix

Le point spirituel le plus juste de cette vie tient dans une tension. Calixte II ne fut ni un intransigeant qui préfère la guerre à toute concession, ni un accommodant qui sacrifie le principe pour avoir la paix. Il fut un pasteur qui tint les deux bouts : la vérité d'abord — l'Église ne reçoit pas ses pasteurs de la main d'un prince —, puis la paix dès qu'elle devint possible sans renier la vérité.

C'est une sagesse évangélique. Le Christ veut la paix, mais "non comme le monde la donne" (Jn 14, 27) : une paix qui ne soit pas une capitulation. Calixte II a su attendre, résister, excommunier — puis tendre la main quand l'heure fut venue. Le vrai gouvernement de l'Église n'est ni la raideur ni la mollesse, mais cette patience ferme qui prépare la réconciliation sans brader la foi.

Pour aller plus loin

  • Pape Gélase II — prédécesseur de Calixte II, mort en exil à Cluny, dont la fermeté prépara la victoire de Worms.
  • Pape Honorius II — successeur de Calixte II et négociateur principal du Concordat de Worms comme cardinal d'Ostie.
  • La querelle des Investitures — le grand conflit entre le sacerdoce et l'empire, clos par le Concordat de Worms.
  • La réforme grégorienne — le mouvement de fond dont Calixte II recueille et scelle les fruits.
  • Concile de Latran I (1123) — premier concile œcuménique d'Occident, qui ratifie le concordat.
  • Pape Pascal II — le pape humilié par le Privilegium de 1111, dont la résistance de Guy de Bourgogne prit la défense.

Notes et sources

Notes et références

  1. Numérotation traditionnelle : Gélase II (161e), Calixte II (162e), Honorius II (163e). Sources : notice "Calixte II", Wikipedia francophone ("162e pape de l'Église catholique, de 1119 à 1124", page ouverte et vérifiée) ; tableau chronologique 160 Pascal II – 161 Gélase II – 162 Calixte II – 163 Honorius II. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Calixte_II.

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  2. Catholic Encyclopedia, "Pope Callistus II" (James MacCaffrey), vol. 3, New York, Robert Appleton Company, 1908 ; transcription New Advent (page ouverte et vérifiée) : date de naissance inconnue (« Date of birth unknown » en tête de notice) ; Guido fils du comte Guillaume de Bourgogne, apparenté à presque toutes les maisons royales d'Europe ; frère Hugues archevêque de Besançon ; archevêque de Vienne (1088) ; légat de Pascal II en France ; opposition au Privilegium de 1111 ; assemblée de Vienne (1112) déclarant l'investiture hérétique et excommuniant Henri V (confirmation le 20 octobre 1112) ; élection en 1119 (règne commençant au 1er février selon la notice ; élection à Cluny le 2 février et consécration à Vienne le 9 février selon Treccani) ; synode de Toulouse (juillet 1119) puis concile de Reims (octobre 1119, plus de 400 évêques et abbés (dont plus de 200 évêques), Louis VI) ; échec de Mouzon ; excommunication d'Henri V et de l'antipape le 30 octobre 1119 ; capture de l'antipape Bourdin (1121) ; Concordat de Worms (23 septembre 1122) et ses termes ; premier concile du Latran (18 mars 1123) ; Vienne métropole ; transfert de Mérida à Compostelle ; York indépendante de Cantorbéry ; canonisation de Conrad de Constance ; Otton de Bamberg en Poméranie ; condamnation de Pierre de Bruys au synode de Toulouse (1119), non à Reims ; restauration du patrimoine de saint Pierre ; mort le 13 décembre 1124. Originaux anglais des passages traduits dans l'article : "His reign, beginning 1 February, 1119, is signalized by the termination of the Investiture controversy which, begun in the time of Gregory VII, had raged with almost unabated bitterness during the last quarter of the eleventh century and the opening years of the twelfth." ; "both by his father's and mother's side was closely connected with nearly all the royal houses of Europe." ; "To secure the confirmation of this Concordat of Worms, Calistus [sic] II convoked the First Lateran Council (18 March, 1123)." ; "Callistus II well understood that unless something were conceded peace was impossible" (analyse de la notice, non parole du pape : présentée comme paraphrase dans l'article). URL : https://www.newadvent.org/cathen/03185a.htm.

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  3. "Pope Callixtus II", Wikipedia (anglais) : naissance vers 1065 à Quingey, comté de Bourgogne ; quatrième fils du comte Guillaume Iᵉʳ de Bourgogne ; frère Raymond marié à Urraque, future reine de León, père d'Alphonse VII de León ; frère Hugues archevêque de Besançon ; sœurs alliées aux maisons de Savoie, Montferrat, Bourgogne et Flandre ; archevêque de Vienne (1088) ; concile de Vienne (1112) ; élection à Cluny (2 février 1119), couronnement à Vienne (9 février 1119) ; concile de Reims (octobre 1119) ; bulle Sicut Judaeis (1120) ; transfert de Mérida à Saint-Jacques-de-Compostelle ; Concordat de Worms (23 septembre 1122) ; premier concile du Latran (18 mars 1123) ; mort le 13 décembre 1124. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Callixtus_II.

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  4. Giovanni Miccoli, "Callisto II", Enciclopedia dei Papi, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, Rome, 2000 (page ouverte et vérifiée) : Guido di Borgogna, figlio del conte Guglielmo I di Borgogna ; arcivescovo di Vienne dal 1088 ; concilio di Vienne (1112) ; elezione a Cluny il 2 febbraio 1119, consacrazione a Vienne il 9 febbraio ; concilio di Tolosa (luglio 1119) : "È pressoché certo che qui si allude alla predicazione di Pietro di Bruis" (allusion quasi certaine, non condamnation nominative formelle) ; concilio di Reims (ottobre 1119) ; cattura dell'antipapa Burdino a Sutri (1121) et entrée à Rome le 23 avril en croupe d'un chameau ("in groppa a un cammello reggendone la coda", puis monastère de Cava) ; Concordato di Worms (23 settembre 1122) ; concilio Lateranense I (18 marzo 1123) ; morte il 13-14 dicembre 1124 a Roma. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/callisto-ii_(Enciclopedia-dei-Papi)/.

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  5. Concordat de Worms (Pactum Calixtinum), 23 septembre 1122 : deux chartes, celle de l'empereur Henri V renonçant à l'investiture par l'anneau et la crosse et accordant la liberté des élections, et celle du pape Calixte II concédant la présence impériale aux élections et l'investiture des regalia par le sceptre, avec un calendrier distinct pour la Germanie, la Bourgogne et l'Italie, et les États pontificaux. Le cardinal-évêque d'Ostie Lamberto Scannabecchi (futur Honorius II) en fut le négociateur principal. Citation de la charte impériale donnée en traduction française d'après la version anglaise du Medieval Sourcebook (Fordham University, page ouverte et vérifiée) : original anglais : "I, Henry, by the grace of God august emperor of the Romans, for the love of God and of the holy Roman church and of our master pope Calixtus, and for the healing of my soul, do remit to God, and to the holy apostles of God, Peter and Paul, and to the holy catholic church, all investiture through ring and staff". Texte et traductions : "Concordat of Worms", Wikipedia ; "The Concordat of Worms 1122", Fordham Medieval Sourcebook. URL : https://sourcebooks.fordham.edu/source/worms1.asp.

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  6. Bulle Sicut Judaeis (vers 1120 — datation prudente : la lettre originelle de Calixte II ne survit pas), Calixte II : première grande charte pontificale de protection des Juifs, interdisant sous peine d'excommunication de les contraindre au baptême par la force, de les blesser, de s'emparer de leurs biens, de troubler leurs fêtes ou de profaner leurs cimetières ; texte repris et confirmé par de nombreux papes jusqu'à Nicolas V (1447) et au-delà. Source : "Sicut Judaeis", Wikipedia (page ouverte et vérifiée : "issued in about 1120", liste des rééditions jusqu'à Nicolas V (1447)). URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Sicut_Judaeis.

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  7. Codex Calixtinus (Liber Sancti Jacobi), compilation jacquaire du XIIe siècle (achevée avant 1173) : recueil de récits de miracles de saint Jacques, de textes liturgiques et d'un guide du pèlerin de Compostelle, dont chacun des cinq livres est précédé d'une lettre liminaire faussement attribuée au pape Calixte II (d'où le nom). L'attribution est pseudépigraphe : Calixte II n'en est pas l'auteur, mais son nom marque l'aura jacquaire attachée à sa mémoire. Le compilateur, dit "Pseudo-Calixtus", est souvent identifié, sans certitude, au clerc français Aymeric Picaud : hypothèse débattue, présentée comme telle dans l'article. Source : "Codex Calixtinus", Wikipedia (page ouverte et vérifiée : "often identified with the French scholar Aymeric Picaud") ; notice "Pope Callixtus II", Wikipedia ("probably Aymeric Picaud"). URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Codex_Calixtinus.

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  8. Voir l'article Ignispedia La querelle des Investitures : conflit ouvert par Grégoire VII contre l'empereur sur l'investiture des évêques ; captivité de Pascal II et Privilegium arraché par Henri V en 1111 ; résolution au Concordat de Worms (1122) puis au premier concile du Latran (1123).

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  9. Enfants de Guillaume Iᵉʳ de Bourgogne : Sibylle (duchesse de Bourgogne), Gisèle (épouse d'Humbert II de Savoie puis de Rainier de Montferrat) et Clémence (épouse de Robert II de Flandre) — d'où les quatre alliances : Savoie, Montferrat, Bourgogne, Flandre. Sources : notices "William I, Count of Burgundy" et "Gisela of Burgundy, Marchioness of Montferrat", Wikipedia (pages ouvertes et vérifiées : épouses successives Humbert II de Savoie et Rainier de Montferrat ; Clémence épouse de Robert II de Flandre). URL : https://en.wikipedia.org/wiki/William_I,_Count_of_Burgundy.

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  10. Compostelle archevêché (1120) et transfert définitif de Mérida (juin 1124) : R. A. Fletcher, Saint James's Catapult: The Life and Times of Diego Gelmírez — « In 1120 he had got nearly everything he wanted. Four years later, in June 1124, he finally got […] the temporary transfer of the metropolitanate of Mérida to Compostela was made permanent » ; la bulle Omnipotentis dispositione accordant à Compostelle le statut métropolitain, attestée par l'Historia Compostellana, est datée du 26 février 1120 ; la notice « Compostela » de la Catholic Encyclopedia confirme : « The Bull of Callistus II (26 Feb., 1120) ». URL : https://libro.uca.edu/sjc/sjc8.pdf.

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  11. Encyclopaedia Britannica, "Callixtus II", notice biographique : Guido di Borgogna, fils du comte Guillaume Iᵉʳ de Bourgogne, archevêque de Vienne (1088) ; adversaire d'Henri V et de l'investiture laïque ; élu pape en 1119 ; synode de Reims ; entrée triomphale à Rome (1120) ; bulle de protection des Juifs ; Concordat de Worms (1122) réservant au pape les droits spirituels dans la nomination des évêques ; premier concile du Latran (1123) assurant la paix entre l'Église et l'Empire pour les trente-cinq années suivantes ; mort le 13/14 décembre 1124 à Rome. URL : https://www.britannica.com/biography/Callixtus-II.

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  12. Premier concile du Latran (Latran I), ouvert le 18 mars 1123 : premier concile œcuménique tenu en Occident, convoqué par Calixte II pour ratifier le Concordat de Worms ; canons disciplinaires contre la simonie, le concubinage des clercs, les violateurs de la trêve de Dieu, les pillards d'églises et les faussaires. Voir l'article Ignispedia Concile de Latran I (1123).

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  13. Voir l'article Ignispedia Pape Gélase II : chancelier réformateur du Mont-Cassin, persécuté par Henri V et les Frangipani, mort en exil à l'abbaye de Cluny le 29 janvier 1119 ; il aurait recommandé Guy de Bourgogne pour lui succéder.

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  14. Antipape Grégoire VIII (Maurice Bourdin / Mauritius Burdinus), ancien archevêque de Braga, intronisé antipape par Henri V en 1118, réfugié à Sutri, capturé en avril 1121 avec l'appui des Normands ; entré à Rome le 23 avril en croupe d'un chameau dont il tenait la queue, puis enfermé dans des monastères-prisons (Cava près de Salerne, puis Fumo). Sources : Giovanni Miccoli, "Callisto II", Enciclopedia dei Papi, Treccani, 2000 ("il 23 aprile fece il suo ingresso a Roma, in groppa a un cammello reggendone la coda: fu quindi rinchiuso nel monastero di Cava") ; Catholic Encyclopedia, "Pope Callistus II" (capture à Sutri en 1121, sauvé de la fureur populaire, emprisonné près de Salerne puis à Fumo). La notice Wikipedia "Antipope Gregory VIII" (ouverte et vérifiée) ne mentionne pas l'épisode du chameau : l'anecdote repose désormais sur Treccani, non sur Wikipedia. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/callisto-ii_(Enciclopedia-dei-Papi)/.

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  15. Voir l'article Ignispedia Pape Honorius II : cardinal-évêque d'Ostie Lamberto Scannabecchi, négociateur principal du Concordat de Worms ; son élection contestée de décembre 1124, imposée par les Frangipani, ouvre une décennie de tensions romaines.

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