Pape Honorius IV (1285-1287)

Honorius IV, né Giacomo Savelli, fut le pape romain qui, perclus de goutte au point qu'un mécanisme soulevait ses mains à la messe, ramena la papauté à Rome et défendit à la fois les droits du Saint-Siège face à l'Aragon et les Siciliens contre l'arbitraire de leur roi angevin (constitution du 17 septembre 1285, 45 ordonnances), de 1285 à 1287.

Ignispedia

Honorius IV, né Giacomo Savelli à Rome vers 1210, gouverne l'Église catholique du 2 avril 1285 à sa mort, le 3 avril 1287. Aristocrate romain, petit-neveu du pape Honorius III dont il reprend le nom, il succède au Français Martin IV et précède Nicolas IV.[1][2]

Son court pontificat de deux ans est dominé par un paradoxe physique saisissant : élu déjà vieux et perclus de goutte, incapable de se tenir debout ou de marcher, Honorius IV n'en mène pas moins un gouvernement ferme et lucide. À la messe, il faut l'asseoir sur un siège spécial et, au moment de l'élévation, soulever ses mains paralysées au moyen d'un mécanisme.[3] Derrière ce corps brisé veille un esprit d'administrateur rompu aux affaires.

Romain de naissance, il réinstalle pour son pontificat la papauté à Rome après des décennies d'errance curiale, rétablit l'ordre dans l'État pontifical et s'installe dans un palais qu'il fait bâtir sur l'Aventin, berceau des Savelli.[4][5] Au-dehors, il hérite de la crise la plus brûlante de son siècle — la question sicilienne née des Vêpres siciliennes de 1282 — et s'efforce, par le droit et l'excommunication, de défendre les droits du Saint-Siège et les libertés des Siciliens.[6]

Pape de second plan, éclipsé par les grands pontifes théocratiques du XIIIᵉ siècle, son dossier mérite pourtant d'être relevé. Car peu de pontificats illustrent aussi nettement une vérité catholique : la fécondité d'un gouvernement n'est pas dans la vigueur du corps, mais dans la fermeté de la volonté droite.

« Honorius IV était déjà avancé en âge et si gravement atteint de la goutte qu'il ne pouvait ni se tenir debout ni marcher. Quand il disait la messe, il était obligé de s'asseoir sur un tabouret et, à l'élévation, ses mains devaient être soulevées par un dispositif mécanique. » — Catholic Encyclopedia, article « Pope Honorius IV », 1910[7]

Pourquoi Honorius IV compte-t-il ?

Le pape qui a ramené la papauté à Rome

Honorius IV en quatre dossiers — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Pendant une grande partie du XIIIᵉ siècle, les papes avaient déserté Rome, trop turbulente, pour Viterbe, Orvieto ou Pérouse. Martin IV, Français mal-aimé des Romains, n'avait jamais pu y résider. Honorius IV, lui, est un enfant de Rome accueilli en triomphe par les siens.[8] Son élection suit de près celle de son propre frère, Pandolfo Savelli, élu l'été précédent l'un des deux sénateurs annuels de la Ville.[9] Le pape rétablit aussitôt l'autorité pontificale dans la cité et dans le patrimoine de saint Pierre. Ce retour vaut pour son pontificat : une vingtaine d'années plus tard, la Curie quittera de nouveau Rome pour Avignon (1309).[10]

Un infirme à la tête de la chrétienté

Le trait le plus frappant du personnage est sa maladie. Âgé d'environ soixante-quinze ans à son élection, il est si déformé par la goutte ou l'arthrite qu'il ne peut plus ni marcher ni lever les bras.[11][12] Cette infirmité, loin de paralyser son gouvernement, en fait un cas exemplaire : Honorius IV démontre qu'un pontife diminué physiquement peut administrer l'Église avec une énergie intacte, par la plume, le droit et les légats, là où d'autres auraient abdiqué.

Le pape de la question sicilienne

Le cœur de son pontificat est diplomatique et juridique : la lutte pour le royaume de Sicile, déchiré depuis les Vêpres siciliennes de 1282 entre la maison d'Anjou, soutenue par la papauté, et la maison d'Aragon. Honorius IV y engage toute son autorité — protégeant les Siciliens des abus, excommuniant le roi aragonais, refusant les compromis qu'il juge contraires aux droits de l'Église.[13] C'est là que se joue, pour lui, l'essentiel.

De Giacomo Savelli au pape Honorius

Une grande famille romaine : les Savelli

Giacomo Savelli naît à Rome vers 1210 dans l'une des familles les plus riches et influentes de la noblesse romaine.[14] Son père, Luca Savelli, fut sénateur de Rome avant sa mort en 1266 ; sa mère, Vanna degli Aldobrandeschi, appartenait à une puissante lignée toscane.[15] Surtout, Giacomo est le petit-neveu du pape Honorius III (Cencio Savelli, 1216-1227) — lien dynastique dont il se souviendra en choisissant son nom de règne.[16]

Cette appartenance à la grande aristocratie romaine n'est pas un détail : elle explique à la fois son enracinement dans la Ville, son habileté politique et l'accueil que Rome réservera à son élection.

Études à Paris et premiers bénéfices

Comme nombre de futurs prélats, le jeune Savelli part étudier à l'Université de Paris, alors le foyer intellectuel de la chrétienté.[17] Pendant ses études, il détient une prébende et un canonicat à la cathédrale de Châlons-sur-Marne, puis le bénéfice de recteur de l'église de Berton, dans le diocèse de Norwich, en Angleterre — bénéfice qu'il ne visita jamais, selon l'usage de l'époque.[18] Cette formation parisienne marquera son pontificat : devenu pape, il défendra l'étude et la science sacrée.

Le cardinal protodiacre

En 1261, il est créé cardinal-diacre de Santa Maria in Cosmedin — le 17 décembre, par le pape Urbain IV.[19][20] Le cardinal Savelli devient un rouage central de la Curie : préfet pontifical en Toscane et capitaine de l'armée pontificale, il administre et défend les terres de l'Église.[21] Comme protodiacre du Sacré Collège — le plus ancien des cardinaux-diacres —, c'est lui qui, par privilège, couronne deux papes : Nicolas III le 26 décembre 1277, puis Martin IV le 23 mars 1281.[22]

Plus de vingt-trois ans de cardinalat — du 17 décembre 1261 au 2 avril 1285 — font de lui, à la mort de Martin IV, l'homme le plus expérimenté du collège — et le candidat naturel à la tiare.[23]

« Au premier tour de scrutin, Giacomo Savelli fut élu à l'unanimité. » — Catholic Encyclopedia, article « Pope Honorius IV », 1910[24]

L'élection de Pérouse (1285)

Martin IV meurt à Pérouse le 28 mars 1285. Quelques jours plus tard, le 2 avril 1285, les cardinaux y élisent Giacomo Savelli à l'unanimité, dès le premier tour, sans même recourir au conclave formel.[25][26] Le choix est sans surprise : Savelli est le doyen de fait, romain, habile, et l'on espère de lui qu'il rendra à la papauté sa capitale.

Le nouveau pape n'est pas encore prêtre — il était resté cardinal-diacre. Le 19 mai 1285, il est ordonné prêtre par le cardinal Latino Malabranca Orsini, évêque d'Ostie ; le lendemain, 20 mai 1285, il est consacré évêque et couronné pape dans la basilique Saint-Pierre de Rome.[27][28]

Un pape infirme : la goutte et le mécanisme de la messe

Le détail le plus célèbre de sa biographie est aussi le plus humain. Honorius IV monte sur le trône de Pierre déjà vieux et gravement infirme. La goutte — ou une arthrite déformante — l'a si bien perclus qu'il ne peut ni se tenir debout ni marcher.[29] Pour célébrer la messe, on l'assoit sur un tabouret ; et comme ses mains ne se lèvent plus, un dispositif mécanique soulève ses bras au moment de l'élévation de l'hostie.[30]

Frise du pontificat d'Honorius IV — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Ce tableau — un vieillard immobilisé hissant l'Eucharistie par un appareillage — dit tout du personnage : un homme dont la chair se dérobe mais que rien ne détourne de sa charge. Loin d'être un pape décoratif, Honorius IV gouverne avec une fermeté que sa faiblesse rend plus admirable.

Le retour de la papauté à Rome

Un Romain accueilli par les siens

L'élection d'Honorius IV est une fête pour Rome. Après le pontificat de l'impopulaire Martin IV, contraint de résider hors de la Ville, les Romains saluent l'avènement d'un des leurs. La Catholic Encyclopedia le souligne : il était accueilli comme un citoyen de Rome et le frère de Pandolfo, qui venait d'être élu, l'été précédent, l'un des deux sénateurs annuels de la cité.[31]

« Les Romains l'accueillirent avec d'autant plus de joie qu'il était un citoyen de Rome et le frère de Pandolfo, lequel avait été élu, l'été précédent, l'un des deux sénateurs annuels de Rome. » — Catholic Encyclopedia, article « Pope Honorius IV », 1910 (traduit de l'anglais)[32]

Ce double pouvoir — un Savelli pape, un Savelli sénateur — assure à Honorius une emprise sur Rome qu'aucun pape n'avait connue depuis longtemps.

Le palais de l'Aventin

D'abord installé au palais familial proche de Santa Sabina, sur l'Aventin, le pape s'établit à l'automne 1285 dans un magnifique palais qu'il vient de faire ériger sur la même colline, fief héréditaire des Savelli.[33] Le choix est symbolique : la papauté ne s'abrite plus dans une cité étrangère, elle réside chez elle, sur l'une des sept collines de Rome.

Remettre de l'ordre dans l'État pontifical

Honorius IV s'emploie aussitôt à pacifier le patrimoine de saint Pierre, infesté de brigands et de seigneurs turbulents. Il réduit notamment la puissance du redoutable Guido de Montefeltro, chef gibelin et adversaire de l'Église.[34] Le vieux pape goutteux se révèle un administrateur énergique, soucieux de la sécurité des routes et de l'autorité pontificale dans les villes de l'État.

Les banquiers et les finances pontificales

Homme d'ordre et de comptes, Honorius IV recourt aux grandes maisons de banque familiales d'Italie centrale et du Nord pour la collecte des revenus pontificaux.[35] Selon Wikipedia, il aurait été le premier pape à leur confier ce rôle — affirmation isolée, absente de la Catholic Encyclopedia (1910) comme de Miranda.[36] Cette modernisation administrative annonce la fiscalité pontificale sophistiquée des siècles suivants.

La question sicilienne, cœur du pontificat

Les Vêpres siciliennes et l'enjeu

Pour comprendre l'essentiel du pontificat, il faut remonter à 1282. Cette année-là, l'île de Sicile se soulève contre la domination française de Charles Ier d'Anjou : c'est le massacre des Vêpres siciliennes. Les Siciliens appellent à l'aide le roi Pierre III d'Aragon, qui s'empare de l'île. S'ouvre alors une longue guerre entre Angevins (soutenus par la papauté, qui tenait le royaume de Sicile comme fief du Saint-Siège) et Aragonais.[37]

Quand Honorius IV est élu, la situation vient de basculer : Charles Ier d'Anjou est mort en janvier 1285, et son fils Charles de Salerne (futur Charles II) est prisonnier des Aragonais. Le pape hérite donc d'un royaume vacant, disputé, dont il est le suzerain — c'est-à-dire le seigneur supérieur, dont le roi tenait son royaume comme un fief.

La Constitution du 17 septembre 1285 pour les Siciliens

Le premier grand acte d'Honorius IV en cette affaire n'est pas une déclaration de guerre, mais une mesure de justice. Le 17 septembre 1285, il promulgue une constitution réglant le gouvernement du royaume de Sicile — désignée dans le Bullaire romain Constitutio super ordinatione regni Siciliae, c'est-à-dire « constitution sur l'organisation du royaume de Sicile » — comprenant quarante-cinq ordonnances destinées à protéger les sujets contre l'arbitraire royal et les abus de l'administration angevine.[38]

Ce texte est révélateur de l'esprit du pape : suzerain du royaume, il n'entend pas seulement défendre les droits de l'Église, mais aussi les libertés et le bien commun des populations. C'est un pape juriste qui parle, soucieux du droit autant que du pouvoir.

L'excommunication de Jacques d'Aragon (1286)

La fermeté succède à la justice. Au mépris des droits pontificaux, Jacques, fils de Pierre III d'Aragon, se fait couronner roi de Sicile à Palerme. La réponse d'Honorius IV est solennelle : le 11 avril 1286, il excommunie le roi Jacques ainsi que les évêques qui avaient pris part à son couronnement.[39] Le pape refuse de reconnaître la mainmise aragonaise sur un royaume qu'il tient pour fief de l'Église et propriété légitime des Angevins.

La question sicilienne sous Honorius IV — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le tableau suivant récapitule les protagonistes du conflit sicilien sous le pontificat d'Honorius IV.

ActeurCampRôle dans le conflit
Charles Ier d'Anjou (✝ janvier 1285)Angevin / papautéRoi déchu de Sicile, mort au début du pontificat
Charles de Salerne (futur Charles II)Angevin / papautéHéritier angevin, prisonnier des Aragonais
Pierre III d'AragonAragonaisConquérant de la Sicile après les Vêpres
Jacques d'AragonAragonaisCouronné roi de Sicile, excommunié le 11 avril 1286
Honorius IVSaint-SiègeSuzerain du royaume, arbitre et défenseur des Angevins

Charles de Salerne et le contrat refusé (1287)

Dernier épisode de cette partie d'échecs : lassé de sa longue captivité, Charles de Salerne signe le 27 février 1287 un accord avec les Aragonais pour recouvrer sa liberté, au prix de concessions sur la Sicile.[40] Mais Honorius IV, gardien intransigeant des droits du Saint-Siège, déclare ce contrat invalide : un prétendant prisonnier ne pouvait, selon lui, aliéner un royaume qui relevait de l'Église.[41] Le pape mourra quelques semaines plus tard sans avoir vu la fin du conflit, qui se prolongera bien au-delà de son règne.

Gouverner l'Église universelle

Les ordres mendiants et la science sacrée

Fidèle à la grande tradition du XIIIᵉ siècle, Honorius IV est un protecteur des ordres mendiants — Dominicains, Franciscains, Augustins et Carmes, les quatre ordres maintenus par le IIᵉ concile de Lyon (1274).[42] Ancien étudiant de Paris, il favorise leurs études et leur prédication, instruments privilégiés de la pastorale urbaine et de la lutte contre l'hérésie.

Les langues orientales à Paris et l'élan missionnaire

L'élan missionnaire d'Honorius IV — infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'un des actes les plus tournés vers l'avenir est culturel et missionnaire. À l'Université de Paris, Honorius IV encourage la création de chaires de langues orientales — hébreu, arabe, chaldéen — afin de former des missionnaires capables de prêcher l'Évangile aux musulmans et aux peuples d'Orient.[43] C'est l'intuition que le concile de Vienne (1311-1312) prescrira à son tour, un quart de siècle plus tard, en ordonnant l'enseignement de l'hébreu, de l'arabe et du chaldéen : l'évangélisation passe par la connaissance des langues et des cultures.[44]

La condamnation des Apostoliques (1286)

Gardien de la foi, le pape doit aussi réprimer une dérive. Le 11 mars 1286, par une bulle, il condamne comme hérétique la secte des Apostoliques — ou « faux apôtres » — fondée vers 1260 à Parme par un certain Gérard Segarelli.[45] Ce mouvement, qui prônait une pauvreté radicale et le rejet de toute structure ecclésiale, dégénérait en contestation de l'autorité de l'Église.

« Le 11 mars 1286, il condamna la secte des Apostoliques, ou faux apôtres, qui avait été fondée par un certain Gérard Segarelli à Parme en 1260. » — Catholic Encyclopedia, article « Pope Honorius IV », 1910[46]

La distinction est nette : l'Église, qui venait d'embrasser la pauvreté de François et de Dominique, ne condamnait pas la pauvreté évangélique, mais le refus de l'obéissance et de la communion ecclésiale qui la pervertissait en révolte.

Une création cardinalice

Honorius IV ne créa qu'un seul cardinal durant son bref pontificat : Giovanni Boccamazza, archevêque de Monreale, élevé le 22 décembre 1285.[47] La brièveté du règne et la stabilité d'un Sacré Collège encore fourni expliquent cette parcimonie.

Rodolphe de Habsbourg et l'Empire

Sur le terrain impérial, le pape s'efforce de soutenir Rodolphe Ier de Habsbourg, qu'il souhaitait voir couronner empereur à Rome.[48] Mais ses efforts se heurtent aux divisions de l'Allemagne — guerre de Rodolphe contre le comte Eberhard de Wurtemberg et autres dissensions — et le concile national réuni à Wurtzbourg à partir du 16 mars 1287 ne fait pas aboutir le projet de couronnement impérial.[49] Honorius IV meurt peu après, sans avoir abouti.

L'ambassade mongole d'Arghun

Fait remarquable, le pontificat voit aussi un épisode de diplomatie mondiale. En 1285, le souverain mongol Arghun, ilkhan de Perse — l'Ilkhanat, c'est-à-dire le royaume mongol qui gouvernait la Perse —, envoie une ambassade et une lettre à Honorius IV, proposant une alliance militaire entre Mongols et chrétiens pour reconquérir la Syrie et l'Égypte aux mains des Mamelouks.[50] Ce projet d'étau commun contre l'islam — récurrent dans les relations entre l'Occident latin et l'Ilkhanat — n'aboutira pas, mais il témoigne de la place de la papauté au centre d'un jeu diplomatique qui s'étendait jusqu'à l'Asie.

Mort, tombeau et mémoire

La mort du 3 avril 1287

Honorius IV s'éteint à Rome le 3 avril 1287, presque jour pour jour deux ans après son élection.[51] Sa mort ouvre une longue vacance du siège apostolique : les cardinaux — dont six (ou cinq selon les listes) moururent des fièvres de l'été romain — ne parviendront à élire son successeur, le franciscain Nicolas IV, qu'au terme de près de onze mois, le 22 février 1288.[52]

Le tombeau attribué à Arnolfo di Cambio

Le pape est honoré d'un tombeau monumental attribué au plus grand sculpteur romain de son temps, Arnolfo di Cambio, vers 1287.[53][54] Ce monument, comme celui de plusieurs papes contemporains, témoigne de l'essor de la sculpture funéraire gothique en Italie.

De Saint-Pierre à l'Aracoeli

Chapelle Savelli à Santa Maria in Aracoeli : le monument funéraire de Vanna (Giovanna) degli Aldobrandeschi, mère du pape, près duquel fut réuni le gisant d'Honorius IV transféré de l'ancien Saint-Pierre. Photo Peter1936F, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0), fichier « Santa Maria in Aracoeli; Grabmal Giovanna Aldobrandeschi.JPG ».

Le tombeau d'Honorius IV se dressait à l'origine dans l'ancienne basilique Saint-Pierre. Lorsque celle-ci fut démolie pour faire place à la basilique actuelle, l'effigie funéraire du pape fut transférée, au XVIᵉ siècle, dans l'église Santa Maria in Aracoeli, sur le Capitole, où la famille Savelli possédait sa chapelle.[55][56] On peut aujourd'hui y voir le gisant de marbre du vieux pape, réuni au monument de sa mère, dans la chapelle Savelli du transept droit.

Un pape oublié à tort

L'histoire a rangé Honorius IV parmi les pontifes mineurs : règne trop bref, pas de grand concile, pas de dogme défini, pris en tenaille entre les figures plus éclatantes de son siècle. Pourtant son bilan, ramassé en deux ans, n'est pas mince : retour de la papauté à Rome, pacification de l'État pontifical, défense juridique des Siciliens, promotion missionnaire des langues orientales, fermeté doctrinale. Le tout accompli depuis un fauteuil d'infirme.

Que retenir d'Honorius IV ?

Un pontificat bref mais ferme

En moins de deux ans, Honorius IV aura montré qu'un règne court peut être un règne utile. Administrateur formé à Paris et à la Curie, il sut gouverner Rome, défendre les droits de l'Église et regarder vers les missions lointaines, là où d'autres se fussent contentés d'expédier les affaires courantes. Son pontificat est celui d'un homme de devoir, sans éclat spectaculaire mais sans faiblesse.

La leçon spirituelle : gouverner malgré le corps brisé

La faiblesse qui gouverne — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le legs le plus profond d'Honorius IV n'est pas dans ses bulles, mais dans son image : un vieillard que la goutte cloue sur son siège, dont on doit soulever les mains pour qu'il élève l'hostie, et qui pourtant porte l'Église universelle. Il y a là une parabole de la condition chrétienne. La grâce ne dépend pas de la vigueur de la chair, mais de la docilité d'une volonté offerte :

« Je me complais dans les faiblesses [...] pour le Christ ; car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. » — Saint Paul, 2 Corinthiens 12, 10[57]

Honorius IV en est une illustration pontificale. Sa main droite ne se levait plus seule vers le Ciel ; il fallait un mécanisme pour la hisser. Mais cette main offrait quand même le sacrifice eucharistique pour le monde entier. La fidélité, parfois, n'a pas besoin de force — seulement d'une volonté qui ne plie pas.

Pour aller plus loin

  • Pape Honorius III — le grand-oncle de Giacomo Savelli, dont il reprit le nom.
  • Pape Martin IV — son prédécesseur français, dont la mort à Pérouse ouvrit l'élection de 1285.
  • Pape Honorius Iᵉʳ — un autre pape du même nom, au destin posthume très différent.
  • Pape Honorius II — encore un autre Honorius, à ne pas confondre.
  • Les croisades — pour le contexte de l'alliance mongole proposée par Arghun.

Notes et sources

Notes et références

  1. Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius IV", vol. 7, New York, Robert Appleton Company, 1910 ; transcription New Advent : Giacomo Savelli, né à Rome vers 1210, de la famille Savelli, petit-neveu d'Honorius III ; études à l'Université de Paris ; prébende et canonicat à Châlons-sur-Marne ; bénéfice de recteur de Berton (diocèse de Norwich) ; cardinal-diacre de Santa Maria in Cosmedin en 1261 ; préfet pontifical en Toscane et capitaine de l'armée pontificale ; ordination sacerdotale le 19 mai 1285 par le cardinal Latino Malabranca Orsini d'Ostie ; consécration et couronnement le 20 mai 1285 à Saint-Pierre ; chaires de langues orientales à Paris ; mort à Rome le 3 avril 1287. Note de rigueur : l'édition de 1910 attribue par erreur la création cardinalice à « Martin IV », chronologiquement impossible (Martin IV ne fut pape qu'à partir de 1281) ; le pape régnant le 17 décembre 1261 était Urbain IV. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07459a.htm.

    1 3 5 8 11 13 14 16 17 18 20 21 25 27 29 31 37 43 51
  2. Catholic Encyclopedia, "Pope Nicholas IV", 1910, New Advent : Girolamo Masci, franciscain, successeur d'Honorius IV — premier pape franciscain, élu le 15 février 1288 (acceptation au second scrutin du 22 février). URL : https://www.newadvent.org/cathen/11057a.htm.

    2
  3. Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius IV", 1910, New Advent : sur l'accueil romain et l'installation à l'automne 1285 dans le palais neuf de l'Aventin. Citations originales : « The Romans were greatly elated at the election of Honorius IV, for he was a citizen of Rome and a brother of Pandulf, who had during the preceding summer been elected one of the two annual senators of Rome. » ; « in the autumn of 1285 he removed to the magnificent palace which he had just erected on the Aventine. » URL : https://www.newadvent.org/cathen/07459a.htm.

    4 33
  4. Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius IV", 1910, New Advent : sur la constitution sicilienne du 17 septembre 1285, intitulée « "Constitutio super ordinatione regni Siciliae" in "Bullarium Romanum", Turin, IV, 70-80 », et ses quarante-cinq ordonnances : « he passes forty-five ordinances intended chiefly to protect the people of Sicily against their king and his officials ». Citation originale sur la date : « his constitution of 17 September, 1285 ("Constitutio super ordinatione regni Siciliae" in "Bullarium Romanum", Turin, IV, 70-80) ». URL : https://www.newadvent.org/cathen/07459a.htm.

    6 38
  5. Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius IV", 1910, New Advent : sur la goutte sévère d'Honorius IV, son incapacité à se tenir debout ou à marcher, et le dispositif mécanique soulevant ses mains à l'élévation pendant la messe. Citation originale (texte anglais de l'édition 1910, traduite en français dans le corps conformément à l'usage Ignispedia) : « Honorius IV was already advanced in age and so severely affected with the gout that he could neither stand nor walk. When saying Mass he was obliged to sit on a stool and at the Elevation his hands had to be raised by a mechanical contrivance. » URL : https://www.newadvent.org/cathen/07459a.htm.

    7 12 30
  6. Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius IV", 1910, New Advent : sur l'accueil réservé par les Romains à l'élection d'Honorius IV, citoyen de Rome et frère de Pandolfo Savelli, sénateur annuel de la Ville l'été précédent. Citation originale : « The Romans were greatly elated at the election of Honorius IV, for he was a citizen of Rome and a brother of Pandulf, who had during the preceding summer been elected one of the two annual senators of Rome. » URL : https://www.newadvent.org/cathen/07459a.htm.

    9 32
  7. Catholic Encyclopedia, « Pope Clement V » (1910), New Advent — notice directe sur le pape qui transféra la Curie : « For some time (1305-1309), Pope Clement resided at different places in France (Bordeaux, Poitiers, Toulouse), but finally took up his residence at Avignon ». Une vingtaine d'années après Honorius IV, la Curie quitte donc de nouveau Rome pour Avignon (1309). URL : https://www.newadvent.org/cathen/04020a.htm.

    10
  8. Salvador Miranda, The Cardinals of the Holy Roman Church, notice « SAVELLI, Giacomo (ca. 1210-1287) » : fils du sénateur Luca Savelli et de Giovanna Aldobrandeschi, des comtes de Santa Fiora ; prébende canoniale au chapitre de Châlons-sur-Marne ; cardinal protodiacre en 1277, il couronna le pape Nicolas III (1277) puis le pape Martin IV (1280-1281) ; il ne créa qu'un cardinal ; ses restes et sa statue, attribués à Arnolfo di Cambio, furent transférés — vers 1540, sous Paul III — auprès du tombeau de sa mère à Santa Maria in Aracoeli, où ils se trouvent encore. URL : https://cardinals.fiu.edu/bios1261.htm.

    15 22 54 56
  9. Catholic-Hierarchy.org, notice "Pope Honorius IV (Giacomo Savelli)" : création comme cardinal-diacre de Santa Maria in Cosmedin le 17 décembre 1261 ; ordination sacerdotale le 19 mai 1285, consécration épiscopale le 20 mai 1285 ; élection pontificale le 2 avril 1285 ; mort le 3 avril 1287. Le pape régnant à la date de création (17 décembre 1261) était Urbain IV (élu le 29 août 1261). Arbitrage du 17 contre le 24 décembre 1261 (variante des pages Sede Vacante, CSUN) : Salvador Miranda retient « the consistory of December 17, 1261 » d'après Eubel, Hierarchia Catholica Medii Aevi, vol. I, pp. 8 et 49 — la référence la plus autorisée ; c'est donc le 17 décembre qui est conservé dans l'article. URL : https://www.catholic-hierarchy.org/bishop/bsavellig.html.

    19 23 28
  10. Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius IV", 1910, New Advent : sur l'élection de Giacomo Savelli à l'unanimité, dès le premier tour de scrutin, à Pérouse le 2 avril 1285. Citation originale : « At the first vote taken, Giacomo Savelli was unanimously elected and took the name of Honorius IV. » La même notice précise que l'élection se fit sans conclave : « The election took place without the conclave, which had been prescribed by Gregory X, but suspended by John XXI. » URL : https://www.newadvent.org/cathen/07459a.htm.

    24 26
  11. Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius IV", 1910, New Advent : « He had the satisfaction of reducing the most powerful and obstinate enemy of papal authority, Count Guido of Montefeltro, who for many years had successfully resisted the papal troops. » Sur son rôle de chef gibelin en Romagne : Cambridge, Florence and the commune (chap. 1) — Guido da Montefeltro « spread his sway over several communes as leader of the Ghibelline league that opposed papal interests in the Romagna ». URL : https://www.newadvent.org/cathen/07459a.htm.

    34
  12. « Honorius was the first pope to employ the great family banking houses of central and northern Italy for the collection of papal dues » : fait rapporté par la seule notice Wikipedia « Pope Honorius IV » (reprise par NNDB), sans recoupement érudit retrouvé — absent de la Catholic Encyclopedia (M. Ott, 1910 ; vérifié sur les transcriptions New Advent et Wikisource, où la liste des États pontificaux enchaîne directement sur l'accueil romain) comme de la notice Miranda (SAVELLI, Giacomo). Donné ici sous réserve, en l'attente d'un recoupement dans les Registres d'Honorius IV (M. Prou, Paris, 1887-1889). URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Honorius_IV.

    35 36
  13. Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius IV", 1910, New Advent : sur l'excommunication de Jacques d'Aragon et des évêques ayant pris part à son couronnement, le 11 avril 1286. Citation originale : « On 11 April, 1286, he solemnly excommunicated King James of Sicily and the bishops who had taken part in his coronation at Palermo on 2 February, 1286. » URL : https://www.newadvent.org/cathen/07459a.htm.

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  14. Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius IV", 1910, New Advent : sur le contrat de Charles de Salerne du 27 février 1287 et son invalidation. Citations originales : « Charles of Salerno, the lawful King of Sicily, who was still held captive by the Sicilians, finally grew tired of his long captivity and signed a contract on 27 February, 1287, in which he renounced his claims to the Kingdom of Sicily in favour of James of Aragon and his heirs. » ; « He declared the contract invalid and forbade all similar agreements for the future. » URL : https://www.newadvent.org/cathen/07459a.htm.

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  15. Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius IV", 1910, New Advent : sur la protection des ordres mendiants. Citation originale : « The two great mendicant orders which at that time exerted great influence, both as pastors of the faithful and as professors at the great seats of learning in Europe, received many new privileges from Honorius IV. He also approved the privileges of the Carmelites and the Augustinian hermits... » Le rattachement au IIᵉ concile de Lyon (1274) est un cadrage contextuel de l'article. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07459a.htm.

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  16. Catholic Encyclopedia, « Council of Vienne (1311-12) » (J. P. Kirsch, 1912), New Advent — notice directe : première session solennelle le 16 octobre 1311, clôture à la troisième session le 6 mai 1312 ; parmi les décrets repris dans les Clémentines (promulguées par Jean XXII le 25 octobre 1317) : « the founding of professorships for the Oriental languages at the Curia and at the four chief universities ». C'est l'intuition d'Honorius IV à Paris, prescrite à son tour par le concile. URL : https://www.newadvent.org/cathen/15423a.htm.

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  17. Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius IV", 1910, New Advent : sur la condamnation, le 11 mars 1286, de la secte des Apostoliques (ou « faux apôtres ») fondée par Gérard Segarelli à Parme en 1260. Citation originale : « On 11 March, 1286, he condemned the sect of the Apostolics or false apostles, which had been started by a certain Gerard Segarelli at Parma in 1260. » URL : https://www.newadvent.org/cathen/07459a.htm.

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  18. « Cardinals created by Honorius IV », Wikipedia (d'après S. Miranda, The Cardinals of the Holy Roman Church) : un seul cardinal créé par Honorius IV, le 22 décembre 1285 — Giovanni Boccamazza, archevêque de Monreale, cardinal-évêque de Frascati (Tusculum). Corroboré par la Catholic Encyclopedia qui nomme « Cardinal John of Tusculum, the only one who received the purple during the pontificate of Honorius ». URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Cardinals_created_by_Honorius_IV.

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  19. Catholic Encyclopedia, "Pope Honorius IV", 1910, New Advent : reprises des négociations pour le couronnement impérial de Rodolphe de Habsbourg (date fixée au 2 février 1287, légation du cardinal Jean de Tusculum) ; échec dû à la guerre de Rodolphe contre le comte Eberhard de Wurtemberg et aux dissensions allemandes : « Rudolf's war with Count Eberhard of Wurtemberg and other dissensions in Germany prevented his departure » ; « The same legate presided at the national council of Würzburg, which began its sessions on 16 March, 1287. » URL : https://www.newadvent.org/cathen/07459a.htm.

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  20. Ambassade d'Arghun (Argoun), ilkhan mongol de Perse, à Honorius IV en 1285 : lettre proposant une alliance militaire mongolo-chrétienne contre les Mamelouks pour la reconquête de la Syrie et de l'Égypte. Recoupement érudit : Denise Aigle, « The Letters of Eljigidei, Hülegü and Abaqa: Mongol overtures or Christian ventriloquism? », Inner Asia 7/2 (2005), HAL hal-00381967 — « Arghun writes to Pope Honorius IV, in a letter dated from Tabriz on 18 May 1285 of which we possess only a Latin translation ». Seule subsiste donc la traduction latine conservée au Vatican ; la datation précise (Tauris/Tabriz, 18 mai 1285) est recoupée. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Arghun.

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  21. Vacance après la mort d'Honorius IV (3 avril 1287) : Catholic Encyclopedia, « Pope Nicholas IV » (1910), New Advent — « After the death of Honorius IV (3 April, 1287)... When fever had carried off six of the electors, the others, with the sole exception of Girolamo, left Rome... on 15 February, 1288, unanimously elected him to the papacy » (acceptation au second scrutin du 22 février). Du 3 avril 1287 au 22 février 1288 : près de onze mois (« almost 11 months » selon Britannica, « Nicholas IV »). L'hésitation « six (ou cinq selon les listes) » vient de Miranda : Goffredo da Alatri († 1287) est « possibly » mort pendant la vacance. L'identification de la fièvre à la malaria est l'attribution usuelle de l'historiographie (M. Walsh, The Conclave, 2003 ; Ph. Smith, 1892, via « 1287–1288 papal election »), sans registre contemporain accessible : présentée ici comme attribution, non comme cause établie. URL : https://www.newadvent.org/cathen/11057a.htm.

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  22. Tombeau d'Honorius IV attribué à Arnolfo di Cambio (vers 1287) : monument funéraire d'abord érigé dans l'ancienne basilique Saint-Pierre, puis effigie de marbre transférée au XVIᵉ siècle à l'église Santa Maria in Aracoeli (chapelle Savelli, transept droit, près du monument de sa mère) lors de la démolition de l'ancien Saint-Pierre. Recoupement érudit : Miranda, notice « SAVELLI, Giacomo » — « later, ca. 1540, in the pontificate of Pope Paul III, his remains and statue, attributed to Arnolfo di Cambio, were transferred to the tomb of his mother in the church of S. Maria in Aracoeli, Rome, where it still is ». Sources complémentaires : notice du tombeau, Courtauld Institute (Courtauld Prints), et Santa Maria in Aracoeli, churches-of-rome.info. URL : https://www.courtauldprints.com/image/165340/arnolfo-di-cambio-santa-maria-in-aracoeli-tomb-of-honorius-iv.

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  23. Saint Paul, Deuxième épître aux Corinthiens, 12, 9-10 : « Et il m'a dit : Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. [...] C'est pourquoi je me complais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les nécessités, dans les persécutions, dans les angoisses pour le Christ ; car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. » Traduction française d'après la Bible Crampon. Texte latin de la Vulgate : « cum enim infirmor, tunc potens sum ». URL : https://www.vatican.va/archive/bible/.

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