Mozart et la messe catholique

Avant ses opéras, Mozart fut un musicien d'Église : organiste de la cathédrale de Salzbourg, il mit en musique la messe catholique dimanche après dimanche. De la Messe du Couronnement (K. 317) au Laudate Dominum, de la Grande Messe en ut mineur inachevée à l'Ave verum corpus et au Requiem composé en mourant — sa musique sacrée, le contexte des réformes liturgiques de Colloredo, et la question de sa foi catholique.

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On connaît Mozart par ses opéras, ses concertos et ses symphonies. On oublie souvent qu'il fut, pendant des années, un musicien d'Église : organiste d'une cathédrale, salarié d'un prince-archevêque, chargé de mettre en musique le texte de la messe catholique dimanche après dimanche. La liturgie n'est pas un décor accessoire dans sa vie : c'est le sol même sur lequel il a appris son métier. Avant d'écrire Don Giovanni ou La Flûte enchantée, l'enfant prodige de Salzbourg a écrit des Kyrie, des Gloria, des Credo, parce que c'était là le travail attendu d'un compositeur au service de l'Église.[1][2]

Cet article suit Mozart au service de la messe : sa naissance et sa pratique dans le catholicisme salzbourgeois ; son emploi d'organiste sous l'archevêque Hieronymus von Colloredo ; les réformes liturgiques qui ont contraint ses messes à la brièveté (trois quarts d'heure au plus, selon la lettre de Mozart au Padre Martini du 4 septembre 1776) ; ses grandes œuvres sacrées — de la Messe du Couronnement à l'Ave verum corpus — et enfin son Requiem inachevé, la messe des morts qu'il composait en mourant. On y abordera honnêtement la question débattue de sa foi et de son appartenance à la franc-maçonnerie, sans la trancher au-delà de ce que disent les sources.

« J'ai Dieu constamment devant les yeux. Je reconnais sa toute-puissance, je redoute sa colère ; mais je reconnais aussi son amour, sa compassion et sa miséricorde envers ses créatures. » — Wolfgang Amadeus Mozart, lettre à son père Leopold, écrite d'Augsbourg les 23-25 octobre 1777[3]

L'enjeu dépasse la curiosité biographique. Si la musique sacrée de Mozart est encore chantée dans des milliers d'églises, c'est qu'elle pose une question qui touche toute la tradition catholique de l'art : une beauté aussi pure peut-elle servir la prière de l'Église, ou la déborde-t-elle ? La réponse, on le verra, est inscrite dans les œuvres elles-mêmes.

Un catholique au service d'une Église en pleine réforme

Naître et grandir dans le catholicisme salzbourgeois

Wolfgang Amadeus Mozart naît le 27 janvier 1756 à Salzbourg, capitale d'une principauté ecclésiastique gouvernée par un prince-archevêque : le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel y sont réunis dans une même main. Baptisé le lendemain à la cathédrale sous le nom de Joannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus, il grandit dans une famille profondément catholique. Son père Leopold, violoniste et pédagogue, veille à la pratique religieuse de ses enfants ; les lettres de la famille sont parsemées d'invocations pieuses, de mentions de la messe, du chapelet et de la confession.[4]

Dans la Salzbourg du XVIIIe siècle, la musique d'Église n'est pas un ornement marginal : la cathédrale, les abbayes (Saint-Pierre, Nonnberg) et les nombreuses églises emploient chantres, organistes et orchestres. C'est ce monde sonore — où la messe dominicale est aussi un événement musical — qui forme l'oreille de l'enfant.

Organiste de la cathédrale au service du prince-archevêque

Façade de la cathédrale de Salzbourg. Photographie : Uoaei1 — Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Après les longues tournées européennes de son enfance, Mozart entre au service de la cour de Salzbourg. En 1779, il est nommé organiste de la cour et de la cathédrale, succédant à ce poste à un autre musicien. Sa charge n'est pas honorifique : il doit fournir la musique des offices, accompagner la liturgie à l'orgue et composer ce que l'on attend de lui — messes, vêpres, litanies, offertoires.[5][6]

Le prince-archevêque qui l'emploie alors est Hieronymus von Colloredo, élu en 1772. Homme des Lumières, administrateur rigoureux, Colloredo entend réformer son Église et ses musiciens. Sa relation avec Mozart sera difficile : le compositeur supporte mal la tutelle, se plaint du traitement réservé aux musiciens, et la rupture éclatera à Vienne en 1781, où Mozart quittera le service de l'archevêque pour s'établir comme musicien indépendant.

Les réformes liturgiques de Colloredo et de Joseph II

Pour comprendre la musique de messe de Mozart, il faut connaître les réformes liturgiques de son temps. Colloredo, dans la ligne de ce que l'empereur Joseph II imposera bientôt dans tout l'Empire, veut une liturgie plus sobre : élimination des « excès baroques », priorité au texte et à sa compréhension, réduction de la musique instrumentale envahissante, simplification générale.[7][8]

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Concrètement, Mozart lui-même décrit la règle salzbourgeoise dans sa lettre au Padre Martini du 4 septembre 1776 : une messe complète — Kyrie, Gloria, Credo, sonate d'épître, offertoire ou motet, Sanctus et Agnus Dei —, « même la plus solennelle, quand le Prince dit lui-même la messe », ne doit pas durer plus de trois quarts d'heure au maximum.[9] Cette contrainte explique le caractère resserré de nombreuses messes salzbourgeoises de Mozart : il lui faut faire tenir tout l'ordinaire — Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Benedictus, Agnus Dei — dans une durée brève, sans les longues fugues et reprises de la grande tradition. La Messe « des moineaux » et la Messe du Couronnement sont des chefs-d'œuvre de concentration imposée par la règle liturgique.

Le sentiment est constant dans ses lettres des années 1777-1781 : Mozart redoute de devoir retourner à Salzbourg reprendre le service du prince-archevêque, et il maugrée contre ces limites.[10] Mais elles ne sont pas une simple tracasserie : elles traduisent une question liturgique réelle — jusqu'où la musique peut-elle s'étendre sans étouffer la parole de la messe ? —, la même question qui avait agité le concile de Trente deux siècles plus tôt, et que l'on retrouvera à propos de la polyphonie sacrée.[11]

Qu'est-ce qu'une « messe en musique » ?

L'ordinaire de la messe, texte mis en musique

Mettre une messe « en musique » ne veut pas dire composer librement : cela veut dire revêtir de musique les textes fixes de l'ordinaire, ceux qui reviennent à chaque célébration. Le compositeur reçoit un texte liturgique précis et lui donne une forme sonore qui doit servir le sens des mots, du Kyrie eleison (« Seigneur, prends pitié ») jusqu'à l'Agnus Dei (« Agneau de Dieu… donne-nous la paix »).

Partie de l'ordinaireSensTon liturgique
Kyrie« Seigneur, prends pitié » — supplicationImploration, humilité
Gloria« Gloire à Dieu au plus haut des cieux » — louangeÉclat, jubilation
Credoprofession de foi (symbole de Nicée-Constantinople)Affirmation, solennité
Sanctus« Saint, saint, saint » — acclamation célesteAdoration
Benedictus« Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur »Accueil, douceur
Agnus Dei« Agneau de Dieu… donne-nous la paix »Supplication, paix

Cette structure est commune à toute la musique sacrée occidentale : le plain-chant grégorien, la polyphonie de la Renaissance et la messe « concertante » du baroque mettent tous en musique les mêmes mots.[12][13] Mozart hérite donc d'une tradition immense, qu'il prolonge dans le style de son siècle.

Missa brevis et missa solemnis

La tradition distingue deux grands formats. La missa brevis (« messe brève ») est courte, à effectifs réduits, destinée aux dimanches ordinaires : c'est précisément ce que les réformes de Colloredo encouragent. La missa solemnis (« messe solennelle ») déploie chœurs, solistes et orchestre pour les grandes fêtes.[14] Mozart pratique les deux, et invente souvent des solutions ingénieuses pour glisser de la solennité dans le format bref.

La « messe-symphonie » autrichienne

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Au XVIIIe siècle autrichien, la messe chantée emprunte le langage de la symphonie et de l'opéra naissants : orchestre coloré, solistes virtuoses, contrastes dramatiques. C'est ce que les réformateurs reprochent à la musique d'Église — qu'elle « théâtralise » la liturgie. Mozart se tient sur cette ligne de crête : il écrit une musique pleinement de son temps, brillante, mais qui reste au service du texte sacré, là où d'autres versent dans la pure démonstration. Cette tension entre beauté musicale et sobriété liturgique traverse toute son œuvre sacrée — c'est exactement le débat qu'avait incarné, deux siècles plus tôt, la réforme attribuée à Palestrina.[15]

Les messes de Salzbourg

Les premières messes, de l'enfance à la jeunesse

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Mozart compose des messes dès l'adolescence. On lui attribue plusieurs messes écrites vers ses douze et treize ans, puis une série de messes durant son service salzbourgeois. Au total, on conserve une quinzaine de mises en musique complètes de l'ordinaire, sans compter les vêpres, litanies, offertoires et motets.[16] Ce corpus, longtemps éclipsé par les opéras et les symphonies, constitue pourtant l'arrière-plan obligé de tout le reste : c'est en écrivant pour la messe que Mozart a maîtrisé l'écriture chorale et la conduite des voix.

La Messe « des moineaux » (Spatzenmesse, K. 220)

La Spatzenmesse — « messe des moineaux », ainsi surnommée à cause des figures de violons gazouillantes du Sanctus et de l'Agnus Dei — est l'archétype de la missa brevis salzbourgeoise : compacte, vive, écrite pour tenir dans le cadre imposé.[17] Elle montre que la contrainte liturgique n'a pas étouffé l'invention de Mozart, mais l'a aiguisée.

La Messe du Couronnement (K. 317, 1779)

Chœur de la cathédrale de Salzbourg, vue contemporaine. Photographie : Zairon — Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Achevée le 23 mars 1779 à Salzbourg, la Messe en ut majeur K. 317 est la plus célèbre des messes de Mozart.[18] Composée pendant son service d'organiste de la cour, elle réunit en une seule œuvre tout l'art liturgique mozartien : un Gloria éclatant, un Credo affirmatif, un Agnus Dei d'une tendresse bouleversante. Elle fut très probablement créée le dimanche de Pâques, 4 avril 1779, à la cathédrale de Salzbourg.[19]

Pourquoi « du Couronnement » ?

Contrairement à une idée reçue, la messe ne fut pas composée pour un couronnement. Le surnom Krönungsmesse (« Messe du Couronnement ») apparaît plus tard, au début du XIXe siècle à la cour impériale de Vienne, lorsque l'œuvre devient la musique préférée pour les couronnements royaux et impériaux et les services d'action de grâces.[20] Le nom dit donc moins l'origine de l'œuvre que sa fortune liturgique : une messe de Salzbourg devenue musique des grandes cérémonies de l'Empire.

L'Agnus Dei et la Comtesse des Noces

Détail révélateur du génie de Mozart : le solo de soprano de l'Agnus Dei de la Messe du Couronnement présente une parenté mélodique frappante avec l'air de la Comtesse « Dove sono » des Noces de Figaro, composé sept ans plus tard.[21] Loin d'être une profanation, ce voisinage dit quelque chose de profond : chez Mozart, la supplication liturgique (« Agneau de Dieu, donne-nous la paix ») et la noblesse blessée d'une héroïne d'opéra puisent à la même source d'expression humaine. La beauté sacrée et la beauté dramatique ne sont pas deux mondes étrangers.

Les Vêpres solennelles d'un confesseur (K. 339) et le Laudate Dominum

Composées en 1780 pour la cathédrale de Salzbourg, sans doute pour une fête patronale, les Vesperae solennes de confessore K. 339 mettent en musique cinq psaumes des vêpres et le Magnificat — soit six mouvements : Dixit Dominus, Confitebor, Beatus vir, Laudate pueri, Laudate Dominum et le Magnificat.[22] Conformément aux exigences de Colloredo, chaque pièce forme un mouvement continu, sans le découpage en airs et chœurs du style « opératique » qui envahissait alors la musique d'Église.[23]

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De cet ensemble se détache le Laudate Dominum, un solo de soprano d'une pureté presque irréelle, devenu l'une des pages les plus aimées de toute la musique sacrée. Il met en musique le plus court psaume du psautier :

« Louez le Seigneur, vous toutes les nations ; célébrez-le, vous tous les peuples. Car sa miséricorde s'est affermie sur nous, et la fidélité du Seigneur demeure à jamais. » — Psaume 116 (117), mis en musique dans le Laudate Dominum[24]

La Grande Messe en ut mineur (K. 427) : un vœu inachevé

Le vœu de Mozart

Portrait de Constanze Mozart par Joseph Lange. Joseph Lange — Wikimedia Commons, domaine public.

Après sa rupture avec Salzbourg et son installation à Vienne, Mozart épouse Constanze Weber en 1782. Il entreprend alors une messe d'une ampleur sans précédent dans son œuvre : la Grande Messe en ut mineur K. 427, composée en 1782-1783. Dans une lettre à son père Leopold datée du 4 janvier 1783, Mozart évoque la promesse qu'il avait faite d'écrire une messe — promesse que la critique relie à son mariage et à la guérison de Constanze, même si les termes exacts de la lettre restent discutés par les spécialistes.[25][26]

Une cathédrale sonore restée sans toit

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La Grande Messe est conçue à une échelle monumentale : double chœur, quatre solistes (deux sopranos, ténor, basse), grand orchestre. Le Kyrie et surtout le Gloria déploient une richesse contrapuntique qui regarde vers Bach et Haendel, que Mozart découvrait alors chez le baron van Swieten.[27] Et pourtant l'œuvre reste inachevée : il manque de larges portions du Credo après l'Et incarnatus est, et l'Agnus Dei tout entier.[28] On a beaucoup spéculé sur les raisons de cet abandon ; aucune explication n'est certaine.[29] La Grande Messe en ut mineur est ainsi une cathédrale sonore restée sans toit : assez vaste, pourtant, pour compter parmi les sommets de toute la musique sacrée.

Constanze chante l'Et incarnatus est

L'œuvre fut créée le dimanche 26 octobre 1783 à l'abbaye Saint-Pierre de Salzbourg, lors du voyage des jeunes mariés.[30] Mozart avait taillé les redoutables vocalises des soli de soprano pour la voix de Constanze, qui chanta lors de cette exécution.[31] Le sublime Et incarnatus est — « il a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme » — est l'un des plus tendres aveux musicaux du mystère de l'Incarnation : la voix s'y déploie comme un acte de foi chanté, au cœur même du Credo.

Le mystère de la foi de Mozart

Un catholique pratiquant

Les sources documentent une pratique catholique réelle chez Mozart : baptême et éducation chrétienne, mariage à la cathédrale Saint-Étienne de Vienne, fréquentation des sacrements, lettres ponctuées de références à Dieu et à la providence.[32] Sa musique sacrée n'est pas un simple exercice commandé : elle s'enracine dans une culture et une foi héritées, qu'il n'a jamais reniées publiquement.

« Je me connais bien : je sais que j'ai assez de religion pour être sûr de ne jamais rien faire que je ne pourrais faire au vu de tout le monde […] ; les amis qui n'ont pas de religion ne durent pas. » — W. A. Mozart, lettre à son père Leopold, écrite de Mannheim le 4 février 1778, à propos de la famille Wendling qu'il refuse d'accompagner à Paris[33]

Franc-maçon : contradiction ou contexte du XVIIIe siècle ?

Mozart est aussi, à partir de 1784, membre d'une loge maçonnique viennoise, et il a écrit de la musique maçonnique.[34][35] Faut-il y voir une rupture avec sa foi catholique ? Les choses sont plus complexes qu'aujourd'hui. Dans l'Autriche des Lumières, les condamnations pontificales de la franc-maçonnerie (In eminenti, 1738 ; Providas, 1751) n'avaient aucun effet civil : les loges viennoises fonctionnaient au grand jour — Mozart y fut initié en décembre 1784 — et l'empereur Joseph II, par sa patente sur les loges de décembre 1785, les plaça sous contrôle de l'État au lieu de les interdire ; on pouvait alors, en pratique, appartenir aux deux mondes sans rompre publiquement avec l'Église.[36][37] L'Église a depuis réaffirmé l'incompatibilité entre l'appartenance maçonnique et la foi catholique, par la Déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi du 26 novembre 1983, réaffirmée par le Dicastère pour la doctrine de la foi le 13 novembre 2023.[38] Mais il serait anachronique de juger Mozart selon une discipline et un jugement doctrinal postérieurs : rien n'indique qu'il ait vécu son appartenance maçonnique comme une révolte contre l'Église ; ses funérailles furent catholiques — bénédiction à la cathédrale Saint-Étienne de Vienne, inhumation au cimetière Saint-Marx.[39]

La mort comme « clé du vrai bonheur »

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Le témoignage le plus célèbre de la vie intérieure de Mozart est une lettre à son père Leopold, alors malade, datée du 4 avril 1787. Le fils y parle de la mort avec une sérénité étonnante :

« Comme la mort, à la bien considérer, est le but véritable de notre vie, je me suis depuis quelques années si bien familiarisé avec cette véritable et excellente amie de l'homme que son image n'a plus rien d'effrayant pour moi, mais quelque chose d'apaisant et de consolant. Et je remercie mon Dieu de m'avoir donné le bonheur de pouvoir la connaître comme la clé de notre vraie félicité. » — W. A. Mozart, lettre à Leopold Mozart, 4 avril 1787[40][41]

Certains commentateurs ont voulu lire dans ces mots un langage emprunté à la franc-maçonnerie ; mais la vision chrétienne de la mort — mort vaincue par le Christ, porte de la vie éternelle, « clé du vrai bonheur » — y est parfaitement audible.[42] Quatre ans plus tard, c'est cette même mort que Mozart mettra en musique dans son Requiem.

Les dernières œuvres sacrées (1791)

Ave verum corpus (K. 618) : quarante-six mesures pour l'Eucharistie

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Le 17 juin 1791, quelques mois avant sa mort, Mozart compose à Baden, près de Vienne, un petit motet pour la fête du Saint-Sacrement (Fête-Dieu) : l'Ave verum corpus K. 618, écrit pour Anton Stoll, maître de musique de la paroisse.[43] L'œuvre est minuscule — quarante-six mesures, en ré majeur, pour chœur, cordes et orgue — mais elle est devenue l'une des pages eucharistiques les plus chantées de toute l'histoire.[44] Elle met en musique un hymne eucharistique médiéval qui salue le corps du Christ « vraiment né de la Vierge Marie » :

« Salut, vrai corps, né de la Vierge Marie, qui a vraiment souffert, immolé sur la croix pour l'homme, dont le côté transpercé a laissé couler l'eau et le sang : sois pour nous un avant-goût à l'heure de l'épreuve de la mort. » — Hymne Ave verum corpus, mis en musique par Mozart en 1791[45]

Cette adoration du corps eucharistique du Christ est un acte de foi catholique au cœur même de la dévotion au Saint-Sacrement, dont la Fête-Dieu est le sommet liturgique.[46] Que Mozart, à quelques mois de sa mort, ait offert à une humble paroisse cette perfection de simplicité, dit beaucoup de sa familiarité avec le mystère eucharistique.

Le Requiem (K. 626) : la messe des morts inachevée

Manuscrit du Lacrimosa, mesures 1 à 5. W. A. Mozart, Bibliothèque nationale d’Autriche, Cod. 17561b, fol. 87/33 recto — Wikimedia Commons, domaine public.

À l'été 1791, Mozart reçoit une commande énigmatique : un inconnu, intermédiaire d'un aristocrate anonyme, lui demande une messe des morts. Le commanditaire était le comte Franz von Walsegg-Stuppach, qui voulait faire passer l'œuvre pour la sienne, à la mémoire de son épouse défunte.[47] Mozart, déjà malade, n'achèvera pas la partition.

La commande mystérieuse

La légende a entouré cette commande de mystère — Mozart aurait cru écrire sa propre messe des morts. La réalité historique est plus sobre : une commande secrète, motivée par la vanité d'un comte mélomane.[48] Mais le fait demeure : Mozart est mort en composant un Requiem, le 5 décembre 1791, à trente-cinq ans.

Mozart meurt, Süssmayr achève

À la mort du compositeur, la partition s'arrête en pleine Lacrimosa. Sa veuve Constanze, qui avait besoin d'être payée, confie l'achèvement à des élèves : d'abord Joseph Eybler, puis surtout Franz Xaver Süssmayr, qui complète l'orchestration et écrit les derniers mouvements. La version achevée, datée de 1792, est livrée au comte Walsegg.[49] C'est cette version que l'on entend le plus souvent aujourd'hui. Le Requiem reprend les textes traditionnels de la messe des morts — Introit, Kyrie, la séquence du Dies irae, Offertoire, Sanctus, Agnus Dei, Communion — dont l'histoire et la spiritualité font l'objet d'articles distincts.[50][51]

Mozart inhumé, on procéda à un enterrement de troisième classe au cimetière Saint-Marx de Vienne, selon les règlements sanitaires de l'empereur Léopold II — non par mépris, mais selon l'usage commun à la plupart des Viennois de son rang.[52] La bénédiction funèbre eut lieu à la cathédrale Saint-Étienne, là même où il s'était marié neuf ans plus tôt.[53]

Que vaut spirituellement la musique de messe de Mozart ?

Beauté et liturgie : un chemin vers Dieu

La musique sacrée de Mozart pose la question que toute la tradition catholique de l'art finit par poser : la beauté est-elle un chemin vers Dieu ? Saint Jean-Paul II, dans sa Lettre aux artistes du 4 avril 1999, enseigne que « la beauté est la clé du mystère et elle renvoie à la transcendance » et qu'elle « suscite cette secrète nostalgie de Dieu », et que l'art chrétien, en rendant sensible l'invisible, sert l'Évangile.[54] La même logique fonde la légitimité des images sacrées : ce qui vaut pour l'icône vaut, à sa manière, pour la musique.[55]

Mozart et la prière de l'Église aujourd'hui

Orgue de la cathédrale de Salzbourg, vue contemporaine. Photographie : Zairon — Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

La musique de messe de Mozart est encore chantée dans d'innombrables liturgies catholiques : le Laudate Dominum aux vêpres, l'Ave verum au salut du Saint-Sacrement, la Messe du Couronnement aux grandes fêtes, le Requiem aux funérailles solennelles. Le pape Benoît XVI, grand admirateur de Mozart, confiait que sa musique le touche encore très profondément, « si lumineuse et en même temps si profonde », et qu'elle « n'est nullement un simple divertissement ».[56] C'est peut-être là le critère décisif : non pas la perfection technique, mais la capacité d'une œuvre à élever le cœur vers Dieu au moment même où elle accompagne la prière.

Mozart n'était ni un théologien ni un saint canonisé. Mais en mettant en musique le Kyrie, le Gloria, l'Agnus Dei et le Dies irae, il a laissé à l'Église un trésor sonore où des millions de fidèles continuent de prier. Sa musique de messe rappelle une vérité simple et grande : la beauté, quand elle sert le texte sacré, devient prière.

Pour aller plus loin

Articles Ignispedia connexes

Sources principales

  • Wikipedia, Coronation Mass (Mozart) — datation (23 mars 1779), origine du surnom Krönungsmesse, création probable à Pâques 1779, parenté de l'Agnus Dei avec Dove sono.
  • Wikipedia, Vesperae solennes de confessore (K. 339) — composition en 1780 à Salzbourg, cinq psaumes et le Magnificat (six mouvements), Laudate Dominum, contraintes liturgiques de Colloredo.
  • Wikipedia, Great Mass in C minor, K. 427 — composition 1782-1783, lettre du 4 janvier 1783 sur le vœu, création du 26 octobre 1783 à Saint-Pierre de Salzbourg, parties manquantes.
  • Wikipedia, Ave verum corpus (Mozart) (K. 618) — 17 juin 1791, Baden, Anton Stoll, fête du Saint-Sacrement, 46 mesures en ré majeur.
  • Wikipedia, Requiem (Mozart) (K. 626) et Death of Wolfgang Amadeus Mozart — commande du comte Walsegg, mort le 5 décembre 1791, achèvement par Eybler puis Süssmayr, funérailles de troisième classe.
  • Catholic World Report, Catholic Composers: Wolfgang Amadeus Mozart (28 février 2017) — citations de Mozart sur Dieu et la mort, foi catholique, franc-maçonnerie, Ave verum corpus.
  • Jean-Paul II, Lettre aux artistes (4 avril 1999) — la beauté comme « clé du mystère » renvoyant à la transcendance, sur vatican.va.

Notes et références

  1. Catholic Composers: Wolfgang Amadeus Mozart, Catholic World Report, 28 février 2017 : Mozart né et baptisé catholique à Salzbourg (1756), éducation chrétienne dans une famille pieuse, pratique sacramentelle maintenue jusqu'à la mort, œuvres sacrées (Messe en ut mineur K. 427, Requiem K. 626, Ave verum corpus K. 618), et appartenance maçonnique à partir de 1784 non vécue comme une rupture avec la foi dans le contexte autrichien des Lumières.

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  2. Coronation Mass (Mozart), Wikipedia : K. 317, achevée le 23 mars 1779 à Salzbourg pendant que Mozart est organiste de la cour et de la cathédrale ; six mouvements (Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Benedictus, Agnus Dei) ; création probable le dimanche de Pâques 4 avril 1779 à la cathédrale de Salzbourg ; le surnom Krönungsmesse apparaît au début du XIXe s. à la cour de Vienne, l'œuvre devenant la musique préférée des couronnements et des actions de grâces ; le solo de soprano de l'Agnus Dei préfigure l'air de la Comtesse « Dove sono » des Noces de Figaro. La page rappelle aussi que Mozart écrivit quatre messes vers 12-13 ans, puis une dizaine d'autres au service de l'archevêque, beaucoup de type missa brevis à cause des réformes ecclésiastiques de 1772.

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  3. W. A. Mozart à son père Leopold, Augsbourg, 23-25 octobre 1777 (Mozart Briefe und Dokumente, BD 355 ; Digitale Mozart-Edition, transcription et traduction anglaise en ligne) : « I have God constantly before my eyes. I recognise his omnipotence, I fear his wrath, but I also recognise his love, his compassion and mercy towards his creatures. He will never abandon his servants… » (traduction française dans le corps). Le passage est cité en anglais, sans date, par Catholic World Report, Catholic Composers: Wolfgang Amadeus Mozart (28 février 2017).

    3
  4. Vesperae solennes de confessore, Wikipedia : K. 339, composées en 1780 à Salzbourg, sans doute pour une fête patronale, pour la cathédrale ; cinq psaumes (Dixit Dominus, Confitebor, Beatus vir, Laudate pueri, Laudate Dominum) et le Magnificat, soit six mouvements ; chaque pièce traitée comme un mouvement continu conformément aux exigences de l'archevêque Colloredo, contre le style « opératique » envahissant la musique d'Église.

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  5. Hieronymus von Colloredo, Wikipedia, et The Archbishop Who Made Mozart's Life Miserable, Interlude.hk : Colloredo, prince-archevêque de Salzbourg à partir de 1772, réforme la liturgie dans la ligne de ce que Joseph II imposera à l'Empire — suppression des « excès baroques », priorité au texte, réduction de la musique instrumentale. Le chiffre des trois quarts d'heure ne provient d'aucun texte de décret cité par ces synthèses : c'est Mozart lui-même qui le rapporte, décrivant l'usage salzbourgeois dans sa lettre (en italien, de la main de Leopold) au Padre Giovanni Battista Martini, datée de Salzbourg, 4 septembre 1776 (Mozart Briefe und Dokumente, BD 323 ; Digitale Mozart-Edition) : une messe complète — Kyrie, Gloria, Credo, sonate d'épître, offertoire ou motet, Sanctus et Agnus Dei —, « même la plus solennelle, quand le Prince dit lui-même la messe », ne doit pas durer plus de trois quarts d'heure au maximum ; d'où le caractère resserré de nombreuses messes salzbourgeoises de Mozart (Spatzenmesse K. 220, Messe du Couronnement K. 317).

    7 9
  6. Réformes de l'empereur Joseph II (« joséphisme ») : restriction des processions et pèlerinages, limitation de l'ornementation des églises, raccourcissement des messes en musique, introduction de cantiques en langue vernaculaire, retour à une plus grande sobriété liturgique dans l'Empire des Habsbourg dans les années 1780. Cf. synthèses sur la réforme liturgique joséphiste et son effet sur la musique d'Église autrichienne.

    8
  7. Paraphrase du sentiment exprimé dans la correspondance des années 1777-1781 (voyage à Mannheim et Paris, puis rupture avec Colloredo à Vienne en 1781) et repris par les synthèses biographiques (notamment The Archbishop Who Made Mozart's Life Miserable, Interlude.hk) : Mozart supporte mal la tutelle de Colloredo, les limites imposées aux musiciens et la durée contrainte des messes. Aucune lettre ne porte mot pour mot l'ancienne formule entre guillemets, qui a donc été retirée.

    10
  8. Pour la tradition de l'écriture chorale à plusieurs voix dont Mozart hérite, voir La polyphonie sacrée.

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  9. Pour le chant fondateur de la liturgie latine, voir La musique grégorienne.

    12
  10. Pour le précédent classique du débat « musique au service du texte liturgique » et la réforme musicale post-tridentine, voir Palestrina et la réforme musicale.

    15
  11. Laudate Dominum, cinquième mouvement des Vesperae solennes de confessore K. 339 : mise en musique du Psaume 116 (numérotation Vulgate ; Psaume 117 dans la numérotation hébraïque), le plus court du psautier — « Laudate Dominum omnes gentes… Quoniam confirmata est super nos misericordia eius, et veritas Domini manet in aeternum ». Solo de soprano avec chœur. Cf. Vesperae solennes de confessore, Wikipedia, et notices de programme (Emmanuel Music, Boston Baroque).

    24
  12. Great Mass in C minor, K. 427, Wikipedia : composée à Vienne en 1782-1783 après le mariage de Mozart avec Constanze ; grande échelle (double chœur, deux sopranos, ténor, basse, grand orchestre) ; reste inachevée — il manque de larges portions du Credo après l'Et incarnatus est et la totalité de l'Agnus Dei ; création le dimanche 26 octobre 1783 à l'abbaye Saint-Pierre de Salzbourg ; Mozart taille les soli de soprano (large tessiture, vocalises difficiles) pour la voix de Constanze, qui chante lors de l'exécution.

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  13. Great Mass in C minor, K. 427, Wikipedia : dans une lettre à son père Leopold du 4 janvier 1783, Mozart évoque un vœu (« promesse ») d'écrire une messe en lien avec le fait d'amener Constanze à Salzbourg comme son épouse ; le spécialiste Ulrich Konrad nuance toutefois l'interprétation reliant directement la messe à la guérison de Constanze, jugeant qu'elle « n'est pas affirmée sans ambiguïté dans le texte ».

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  14. Pour le grand contemporain protestant dont Mozart découvrit le contrepoint chez le baron van Swieten à Vienne, voir Bach et la tradition chrétienne.

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  15. W. A. Mozart à son père Leopold, Mannheim, 4 février 1778 (Mozart Briefe und Dokumente, BD 416 ; Digitale Mozart-Edition, transcription et traduction anglaise en ligne) : « Friends who have no religion are of no duration » — à propos de la famille du flûtiste Johann Baptist Wendling, « malheureusement entièrement sans religion », que Mozart refuse d'accompagner à Paris (traduction française dans le corps). Le passage est cité en anglais, sans date, par Catholic World Report, Catholic Composers: Wolfgang Amadeus Mozart (28 février 2017).

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  16. Sur l'appartenance maçonnique de Mozart (initié à Vienne en décembre 1784, loge « À la Bienfaisance », puis affiliations ultérieures) et sa musique maçonnique, voir les synthèses biographiques (Classical Music, Why Mozart joined the Freemasons) ; sur le contexte viennois : les loges fonctionnaient au grand jour et l'empereur Joseph II, par sa patente sur les loges de décembre 1785, les plaça sous contrôle de l'État au lieu de les interdire — les condamnations pontificales (In eminenti, 1738 ; Providas, 1751) n'y avaient alors aucun effet civil. L'Église a depuis réaffirmé l'inconciliabilité de l'adhésion maçonnique avec la foi catholique : Déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi du 26 novembre 1983 (« les fidèles qui s'inscrivent à des associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent recevoir la sainte communion »), et réponse du Dicastère pour la doctrine de la foi du 13 novembre 2023, approuvée par le pape François et publiée le 15 novembre 2023, réaffirmant « l'inconciliabilité entre la doctrine catholique et la franc-maçonnerie ».

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  17. Death of Wolfgang Amadeus Mozart, Wikipedia, et synthèses associées : Mozart meurt à Vienne le 5 décembre 1791 à 35 ans ; bénédiction funèbre à la cathédrale Saint-Étienne (où il s'était marié neuf ans plus tôt) ; inhumation le 7 décembre dans une fosse commune individuelle (« troisième classe ») au cimetière Saint-Marx, selon les règlements sanitaires de l'empereur Léopold II et l'usage commun à la majorité des Viennois — et non par mépris ou indigence absolue.

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  18. W. A. Mozart, lettre à son père Leopold Mozart, datée du 4 avril 1787 (Leopold, malade, mourra le 28 mai 1787). Mozart y présente la mort comme « le but véritable de notre vie » et « la clé de notre vraie félicité ». Texte abondamment cité dans les biographies et les éditions de la correspondance de Mozart.

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  19. Catholic World Report, Catholic Composers: Wolfgang Amadeus Mozart (28 février 2017) : « I thank my God for graciously granting me the opportunity of learning that death is the key which unlocks the door to our true happiness. » L'article discute la lecture chrétienne de ce passage face à l'interprétation maçonnique.

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  20. Ave verum corpus (Mozart), Wikipedia : K. 618, composé le 17 juin 1791 à Baden bei Wien pour Anton Stoll, directeur de la musique de l'église paroissiale, en vue de la fête du Saint-Sacrement (Fête-Dieu, célébrée le 23 juin 1791 cette année-là) ; 46 mesures, ré majeur, pour chœur SATB, cordes et orgue ; composé pendant que Mozart travaillait à La Flûte enchantée et rendait visite à son épouse enceinte ; moins de six mois avant sa mort.

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  21. Texte de l'hymne eucharistique médiéval Ave verum corpus (XIIIe-XIVe s.) : « Ave verum corpus natum de Maria Virgine, vere passum immolatum in cruce pro homine, cuius latus perforatum unda fluxit et sanguine, esto nobis praegustatum in mortis examine. » Mozart en omet les dernières lignes (« O Iesu dulcis… »). Traduction française donnée dans le corps. Cf. Ave verum corpus (Mozart), Wikipedia.

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  22. Pour la fête du Saint-Sacrement (Fête-Dieu) et la dévotion eucharistique que sert l'Ave verum corpus, voir La Fête-Dieu.

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  23. Requiem (Mozart), Wikipedia : K. 626, commandé à l'été 1791 par un intermédiaire au nom du comte Franz von Walsegg-Stuppach, qui voulait faire passer l'œuvre pour la sienne à la mémoire de son épouse ; laissé inachevé à la mort de Mozart le 5 décembre 1791 ; complété à la demande de Constanze d'abord par Joseph Eybler, puis par Franz Xaver Süssmayr (mouvements finaux et orchestration) ; version achevée datée de 1792 et livrée au comte Walsegg.

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  24. Pour l'histoire et la spiritualité de la messe des morts (origine, structure, théologie du Requiem aeternam), voir La messe de requiem dans l'histoire. Le présent article traite du Requiem de Mozart comme œuvre, non du genre dans son ensemble.

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  25. Pour la séquence Dies irae (« Jour de colère »), son histoire et son sens, voir Le Dies irae. Le Requiem de Mozart en donne l'une des mises en musique les plus dramatiques.

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  26. Jean-Paul II, Lettre aux artistes (4 avril 1999, § 16) : « la beauté est la clé du mystère et elle renvoie à la transcendance […] elle suscite cette secrète nostalgie de Dieu » ; appel aux artistes à servir, par leurs œuvres, la révélation du mystère chrétien. Texte sur vatican.va. L'expression via pulchritudinis ne figure pas dans cette Lettre.

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  27. Pour la doctrine de la légitimité de l'art au service de la prière de l'Église (fondement de l'Incarnation, vénération des images), voir La théologie de l'icône. Le présent article applique cette logique à la musique sacrée.

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  28. Joseph Ratzinger, Le Sel de la terre (Salz der Erde), entretien avec Peter Seewald, 1996 : « Sa musique me touche encore très profondément, parce qu'elle est si lumineuse et en même temps si profonde. Sa musique n'est nullement un simple divertissement ; elle contient tout le tragique de l'existence humaine. » (traduction française dans le corps ; original anglais rapporté par Inside the Vatican et Angelus News). Le pape a aussi raconté, pour les 250 ans de la naissance du compositeur (2006), comment, enfant, il lui semblait à Traunstein que « le ciel s'ouvrait » quand une messe de Mozart résonnait à la paroisse les jours de fête.

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