Photios Ier de Constantinople (v. 810-v. 893)

Photios Ier, patriarche de Constantinople et plus grand savant de Byzance : sa Bibliothèque a sauvé la littérature grecque antique, mais son élévation de 858 et le synode de 867 ont ouvert la première grande crise entre Rome et l'Orient.

Ignispedia

Photios Ier (en grec Phốtios, également transcrit Photius ; v. 810/820-v. 893) fut, par deux fois, patriarche de Constantinople — de 858 à 867, puis de 877 à 886 — et demeure l'un des esprits les plus vastes que Byzance ait produits : haut fonctionnaire impérial, ambassadeur, professeur, puis auteur d'une œuvre écrite d'une ampleur presque sans égal dans l'Antiquité tardive ou le Moyen Âge grec[1]. Sa Bibliothèque — un compte rendu critique de près de trois cents ouvrages antiques, dont un grand nombre ne nous sont connus que par lui — a sauvé de l'oubli un pan entier de la littérature grecque classique[2].

Mais Photios est aussi, et peut-être d'abord, le nom attaché à la première grande rupture entre Rome et Constantinople : son élévation fulgurante au patriarcat en 858, sur le siège d'un titulaire vivant non canoniquement déposé, puis le synode de 867 par lequel il prétendit excommunier le pape Nicolas Iᵉʳ, ont donné à la controverse Est-Ouest sa première grammaire complète — primauté romaine contestée, addition latine du Filioque dénoncée, juridiction disputée sur la Bulgarie[3][4]. Cet épisode, et le concile qui le juge en 869-870, sont traités en détail dans les articles Ignispedia consacrés au schisme de Photius et à Constantinople IV : le présent article ne les reprend pas en détail, mais retrace la trajectoire de l'homme lui-même, sa formation, son œuvre, ses deux patriarcats, sa chute, sa mort obscure, et le jugement radicalement différent que portent sur lui Rome et l'Orient orthodoxe.

Pour un lecteur catholique, Photios est un cas d'école : nul ne conteste son génie ni sa vaste culture, pas même ses adversaires les plus sévères[5] ; mais son parcours canonique reste, pour l'Église latine, celui d'un patriarche entré sur un siège occupé par des voies irrégulières, avant de devenir l'artisan d'une rupture dont l'Orient et l'Occident ne se sont jamais complètement remis. Pour l'Orient orthodoxe, à l'inverse, il est un saint, un docteur et l'un des plus grands défenseurs de la Tradition contre les prétentions latines[6]. Raconter Photios avec justice suppose de tenir ensemble ces deux mémoires, sans les confondre ni les aplatir.

Une jeunesse dans l'aristocratie iconodoule de Constantinople

Une famille de confesseurs de la foi

Miniature du Psautier Chludov montrant des iconoclastes effaçant l'image du Christ : un arrière-plan décisif pour comprendre le milieu iconodoule de la famille de Photios. Source : Wikimedia Commons, domaine public.

La date de naissance de Photios n'est connue par aucune source directe : les historiens la situent, selon les reconstitutions, entre 810 et 820[7][8]. Il naît à Constantinople dans une famille de la haute aristocratie de service. Son père, Sergios, occupe une charge élevée à la cour impériale — spatharios, c'est-à-dire garde du corps de rang supérieur — et sa famille est réputée pour sa fidélité au culte des images pendant la crise iconoclaste[9]. Selon la tradition orthodoxe rapportée par OrthodoxWiki, ses parents auraient été exilés lorsque Photios avait environ sept ans, leurs biens confisqués par le pouvoir iconoclaste, et tous deux seraient morts en confesseurs de la foi pour leur fidélité aux images saintes[10] — un point de mémoire pieuse à recevoir avec la prudence qu'appelle toute source hagiographique tardive, mais qui correspond à un contexte historique bien attesté : celui de la seconde persécution iconoclaste sous Léon V et ses successeurs.

La famille de Photios est également liée à celle du patriarche saint Tarasios (784-806), qui présida le deuxième concile de Nicée rétablissant la vénération des images ; les sources ne s'accordent pas sur le degré exact de parenté — oncle, grand-oncle ou simple proche parent selon les auteurs —, mais le lien est attesté par plusieurs témoins byzantins et rappelé dans l'article Ignispedia consacré à saint Tarasios[11][12]. Une tradition tardive donne également à Photios un lien de parenté, du côté maternel, avec le patriarche iconoclaste Jean VII le Grammairien — ironie de l'histoire si elle est exacte, un défenseur acharné des images étant ainsi apparenté à l'un de leurs plus redoutables adversaires[13].

Le polymathe autodidacte

Ce qui frappe d'emblée les contemporains de Photios, amis comme adversaires, c'est l'étendue proprement stupéfiante de son savoir. La Catholic Encyclopedia elle-même, pourtant sévère sur sa conduite canonique, reconnaît que son érudition « systématique » couvrait pratiquement toutes les disciplines de son temps — grammaire, rhétorique, poésie, médecine, droit, théologie, philosophie, sciences naturelles — sans qu'on puisse lui attribuer des maîtres précisément identifiés[14]. Il semble avoir été, pour l'essentiel, un autodidacte prodigieux, capable de mémoriser et de synthétiser des centaines d'ouvrages. Fait notable pour un homme appelé à batailler contre Rome sur le terrain doctrinal : il ne maîtrisa jamais le latin, une limite linguistique qui pèsera sur toute sa controverse avec l'Occident[15].

Dès sa jeunesse, il enseigne à titre privé la grammaire, la philosophie et la théologie à un cercle de disciples qui deviendra, plus tard, le noyau de son parti au sein du clergé constantinopolitain[16]. Cette activité pédagogique n'a rien d'anodin : elle donne à Photios un réseau de fidélité intellectuelle qui le suivra jusque dans ses années d'exil.

Le savant avant le patriarche : une carrière impériale et une œuvre immense

Haut fonctionnaire, ambassadeur, professeur

Ambassade byzantine auprès d'al-Ma'mun, dans le Madrid Skylitzès : une image du monde diplomatique dans lequel Photios évolua comme haut fonctionnaire impérial. Source : Wikimedia Commons, domaine public.

Avant d'être patriarche, Photios fait une carrière séculière brillante. Il devient protasekretis, c'est-à-dire chef de la chancellerie impériale — l'équivalent d'un secrétaire d'État — et protospathaire, capitaine de la garde impériale[17]. Cette double fonction, administrative et militaire honorifique, le place au cœur de l'appareil d'État byzantin bien avant tout engagement ecclésiastique. Il demeure célibataire toute sa vie[18].

Sa carrière comprend aussi une mission diplomatique de première importance : une ambassade auprès de la cour abbasside de Bagdad. Fortescue la situe vers 838[19] ; certaines sources orthodoxes la datent plutôt de 855, l'année précédant immédiatement la crise qui portera Photios au patriarcat[20]. Cette incertitude chronologique — une quinzaine d'années d'écart selon les auteurs — illustre la difficulté à reconstituer avec précision les décennies qui précèdent son élévation : aucune source ne permet de trancher définitivement, et les deux dates continuent de circuler dans la littérature savante.

La Bibliothèque (Myriobiblon) : sauver quatorze siècles de littérature grecque

La Bibliothèque de Photios : un savant byzantin résume, juge et transmet des œuvres antiques dont certaines ne sont connues que par lui. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'œuvre la plus considérable de Photios est sa Bibliothèque (en grec Bibliothēkē), également connue sous le nom de Myriobiblon (« aux mille livres »). Il s'agit d'un compte rendu critique réparti en 280 chapitres, les « codices », qui décrivent 386 œuvres qu'il a lues — théologie, philosophie, rhétorique, médecine, sciences naturelles, histoire profane et ecclésiastique —, souvent accompagné de longs extraits et toujours d'un jugement personnel sur le style et le contenu de chaque auteur[21][22]. D'où l'écart apparent des décomptes selon les ouvrages : 280 est le nombre des chapitres, 386 celui des œuvres distinctes qui y sont résumées — certains chapitres couvrant plus d'un titre[23]. L'ouvrage naît, selon sa propre préface, d'une circonstance précise : au moment où son ambassade est confirmée, son frère Tarasios lui demande un résumé des livres qu'ils avaient coutume de lire et de commenter ensemble, pour se consoler de la séparation et pour connaître les œuvres que Photios avait lues seul[24]. Photios rédige alors, dans l'urgence d'un départ « long et périlleux », cette somme comme un cadeau d'adieu à son frère :

« Photios, à son bien-aimé frère Tarasios, salut au nom du Seigneur. [...] Ton idée était d'avoir de quoi te consoler de notre pénible séparation, et en même temps d'acquérir quelque connaissance [des livres que tu n'avais pas encore lus avec moi]. » — Photios, préface de la Bibliothèque, trad. J. H. Freese[25]

L'importance historique de cette œuvre dépasse de loin son ambition initiale de correspondance fraternelle. Une part considérable des auteurs grecs antiques résumés par Photios — historiens, romanciers, orateurs — ne nous est aujourd'hui connue que par ses extraits, les manuscrits originaux ayant disparu au fil des siècles[26]. L'historien américain Warren Treadgold, dans l'étude savante qu'il a consacrée à cette œuvre, la qualifie de somme la plus importante léguée par le plus important savant de Byzance, couvrant quatorze siècles de littérature grecque sur presque tous les sujets[27]. Sans Photios, des pans entiers de l'historiographie et de la littérature grecques antiques auraient purement et simplement disparu.

Les Amphilochia, le Lexique, le Nomocanon et les lettres

Photios laisse une œuvre bien plus vaste que la seule Bibliothèque. Les Amphilochia — composées durant son premier exil, entre 867 et 877 — rassemblent 324 questions-réponses sur des difficultés bibliques, philosophiques et théologiques, en grande partie une synthèse des Pères grecs[28]. Son Lexique grec, en partie compilé par ses propres disciples, ne nous est parvenu que par un unique manuscrit défectueux du XIIᵉ siècle, le Codex Galeanus[29]. Le Nomocanon, code canonique qui lui est traditionnellement attribué, préexistait en réalité à son patriarcat : Photios se contenta de le réviser et d'y ajouter les décisions synodales de 861 et de 879[30].

À cela s'ajoutent des œuvres dogmatiques — un traité Sur le Saint-Esprit défendant la procession du Père seul, et un traité Contre ceux qui disent que Rome est le premier siège, qui deviendra un texte de référence de la polémique orthodoxe anti-romaine[31] — ainsi qu'une réfutation en quatre livres du manichéisme paulicien, une vingtaine à quatre-vingts homélies selon les recensions, et une correspondance monumentale : cent quatre-vingt-treize lettres dans l'édition de Migne, jusqu'à deux cent soixante dans les éditions les plus complètes, couvrant toute sa vie et constituant une documentation historique de première main[32][33]. Parmi ces lettres figure la célèbre épître à Boris-Michel, prince nouvellement baptisé de Bulgarie, un véritable « miroir des princes » byzantin sur les devoirs moraux et spirituels d'un souverain chrétien, aujourd'hui disponible en traduction anglaise annotée[34].

ŒuvreContexte de compositionContenuImportance
Bibliothèque (Myriobiblon)Avant l'ambassade à Bagdad (v. 838 ou 855)280 chapitres (« codices ») décrivant 386 œuvres antiquesSauve des œuvres grecques antiques aujourd'hui perdues
AmphilochiaPremier exil (867-877)324 questions-réponses bibliques, philosophiques, théologiquesSynthèse patristique majeure
LexiqueAchevé par ses disciplesDictionnaire grecTransmis par un unique manuscrit du XIIe siècle
Nomocanon (révision)Durant ses patriarcatsCode canonique augmenté des synodes de 861 et 879Référence disciplinaire byzantine
Contre ceux qui disent que Rome est le premier siègeIXe siècleTraité anti-romain sur la primautéTexte fondateur de la polémique orthodoxe
Lettres (193 à 260 selon les éditions)Toute sa vieCorrespondance politique, spirituelle, doctrinaleSource historique de première main

Un maître entouré de disciples : le cas de Constantin-Cyrille

Le rayonnement intellectuel de Photios se prolonge par ses élèves. Le plus célèbre d'entre eux est Constantin, dit le Philosophe, futur saint Cyrille, apôtre des Slaves aux côtés de son frère Méthode. Après ses études à l'université impériale de Constantinople, Constantin noue une relation étroite avec Photios, dont il devient le bibliothécaire à Sainte-Sophie, avant de devenir lui-même professeur de philosophie à l'université de la Magnaure[35]. C'est sous le patriarcat de Photios, en 863, que Constantin et Méthode sont envoyés en mission en Grande-Moravie, donnant naissance à l'écriture glagolitique et à la liturgie slave[36]. Ce lien mérite d'être souligné : l'homme que l'histoire retient d'abord pour sa querelle avec Rome fut aussi celui qui rendit possible l'évangélisation des Slaves et, par ricochet, toute la civilisation liturgique et littéraire slavo-byzantine.

Le premier patriarcat (858-867) : une élévation qui déchire l'Église

La crise Ignace-Bardas et l'ascension en six jours

Premier patriarcat de Photios : dix années concentrent l'élévation, le conflit canonique et la rupture ouverte de 867. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

En 857, le patriarche Ignace, fils de l'empereur Michel Iᵉʳ Rangabé et titulaire du siège de Constantinople depuis 847, entre en conflit ouvert avec Bardas, l'oncle tout-puissant du jeune empereur Michel III, dont Ignace refuse publiquement de communier en raison d'une conduite jugée incestueuse[37]. Ignace est banni le 23 novembre 858[38][39]. Le siège patriarcal vacant est alors confié à Photios — laïc, certes, mais déjà l'un des esprits les plus reconnus de l'empire.

La rapidité de cette promotion demeure, aujourd'hui encore, le point le plus disputé de toute sa carrière. En l'espace de six jours, Photios reçoit successivement tous les ordres mineurs et majeurs, avant d'être consacré évêque le jour de Noël 858 par Grégoire Asbestas de Syracuse — lui-même sous le coup d'une excommunication antérieure[40][41]. La notice de la Catholic Encyclopedia datée de 1911 plaçait encore cette séquence en 857[42] ; la recherche postérieure, à la suite de Francis Dvornik, retient 858 — année de la déposition d'Ignace comme de la consécration de Photios, un 25 décembre[43][44]. Aux yeux de la discipline canonique classique, cette élévation viole simultanément trois règles : l'absence des intervalles (interstices) requis entre les ordres, la consécration par un évêque lui-même irrégulier, et surtout l'intrusion sur un siège dont le titulaire vivant n'avait pas librement renoncé[45]. C'est ce triple vice de forme — non le talent de Photios, jamais mis en cause — qui fonde le jugement catholique classique sur l'illégitimité de son élévation.

Rome saisie du dossier : Nicolas Iᵉʳ, les légats et le synode de 863

En 861, un synode réuni à Constantinople en présence de légats romains accepte la déposition d'Ignace et reconnaît Photios[46][47]. Mais le pape Nicolas Iᵉʳ rejette cette décision : il excommunie les deux légats, Rodoald et Zacharie, pour avoir outrepassé leur mandat, réunit à Rome un synode en 863 qui annule leur jugement, reconnaît Ignace comme seul patriarche légitime, et menace Photios d'excommunication s'il persiste à occuper le siège[48]. Le point est capital pour comprendre la suite : ce désaccord ne porte plus seulement sur la personne de Photios, mais sur la question de savoir si Rome peut corriger après coup le jugement de ses propres légats rendu sur place — question de fond qui resurgira dans chaque grande crise Est-Ouest ultérieure. Pour l'analyse détaillée de cette séquence canonique, voir l'article dédié au schisme de Photius.

Il faut noter, à la décharge de Photios sur ce point précis, que même son adversaire le plus déterminé lui reconnaît des mérites certains. Selon la tradition orthodoxe elle-même, le pape Nicolas Iᵉʳ, tout en contestant fermement la légitimité de son élévation, n'aurait jamais mis en doute ses grandes vertus ni son savoir universel[49] — un aveu d'adversaire qui vaut mieux qu'un compliment d'ami.

La mission bulgare et slave

La conversion du prince Boris-Michel de Bulgarie au christianisme, vers 864, ouvre un nouveau front de rivalité. Rome et Constantinople se disputent la juridiction ecclésiastique sur ce jeune royaume slave récemment évangélisé, enjeu missionnaire et politique majeur pour l'équilibre religieux des Balkans[50]. C'est dans ce contexte que Photios envoie, en 863, ses anciens disciples Constantin-Cyrille et Méthode évangéliser la Grande-Moravie voisine — un rayonnement missionnaire dont l'ampleur contraste avec l'âpreté de la rivalité bulgare[51].

867 : la rupture avec Rome

Le moine Sandabarenos aux pieds de Photios, miniature du Madrid Skylitzès : une iconographie distincte des scènes d'interrogatoire déjà utilisées dans les articles voisins. Source : Wikimedia Commons, domaine public.

En 867, Photios franchit un point de non-retour. Il adresse aux patriarches orientaux une encyclique qui prétend condamner et déposer le pape Nicolas Iᵉʳ, et qui attaque plusieurs usages latins en des termes d'une violence rare :

« [Les Latins sont des] précurseurs de l'apostasie, des serviteurs de l'Antéchrist [qui] mériteraient mille morts. » — Photios, encyclique aux patriarches orientaux, 867, résumée par Adrian Fortescue[52]

Le grief le plus lourd de conséquences pour l'avenir est doctrinal : Photios y dénonce l'addition latine du Filioque au symbole de Nicée-Constantinople, donnant à la controverse sur la procession du Saint-Esprit sa première grande formulation polémique orientale[53]. Cette dimension doctrinale de la crise de 867, et la réponse théologique catholique qu'elle appelle, sont développées dans l'article Réponses aux objections orthodoxes.

La même année 867, l'assassinat de Michel III renverse brutalement la donne politique : Basile Iᵉʳ le Macédonien s'empare du pouvoir, écarte aussitôt Photios, rappelle Ignace et sollicite avec Rome la tenue d'un concile général[54]. Ce concile — Constantinople IV (869-870), huitième concile œcuménique reçu par l'Église catholique — condamne Photius et confirme Ignace ; son déroulement, ses canons et sa réception disputée par l'Orient sont exposés en détail dans l'article qui lui est consacré.

Chute, exil, retour : le second patriarcat (867-886)

  1. v. 810-820
    Naissance à Constantinople

    Fils de Sergios, haut fonctionnaire et confesseur iconodoule ; famille apparentée au patriarche saint Tarasios.

  2. v. 838 ou 855
    Ambassade à Bagdad

    Mission diplomatique auprès de la cour abbasside ; datation disputée selon les sources.

  3. 23 novembre 858
    Déposition d'Ignace

    Le patriarche Ignace est banni à la suite de son conflit avec Bardas, oncle de l'empereur Michel III.

  4. 25 décembre 858
    Consécration patriarcale de Photios

    Ordonné à tous les degrés en six jours, puis consacré évêque par Grégoire Asbestas, lui-même irrégulier.

  5. 863
    Synode romain de Nicolas Ier

    Rome annule la reconnaissance de Photios votée par ses propres légats en 861 et réaffirme Ignace patriarche légitime.

  6. 867
    Rupture avec Rome

    Synode photien prétendant déposer le pape Nicolas Ier ; dénonciation du Filioque latin.

  7. Septembre 867
    Chute de Photios

    Assassinat de Michel III ; Basile Ier le dépose et rappelle Ignace.

  8. 869-870
    Concile de Constantinople IV

    Le concile condamne Photios et confirme Ignace comme patriarche légitime.

  9. 23 octobre 877
    Mort d'Ignace

    Le siège patriarcal devient réellement vacant après la mort d'Ignace.

  10. 877-880
    Second patriarcat et réconciliation avec Rome

    Photios est réélu ; le pape Jean VIII le reconnaît ; synode de Sainte-Sophie de 879-880.

  11. 886
    Déposition finale

    Léon VI, successeur de Basile Ier, dépose définitivement son ancien précepteur.

  12. 6 février, v. 893
    Mort en exil

    Décès dans un monastère d'Arménie ; lieu et circonstances exacts inconnus.

Constantinople IV et l'exil à Sténos

Déposé, Photios est confiné pendant plusieurs années dans un monastère de Sténos, sur le Bosphore[55]. Loin de sombrer dans l'oubli, il organise depuis son exil son parti par une correspondance active, et cultive habilement les bonnes grâces de l'empereur Basile — allant, selon Fortescue, jusqu'à lui fabriquer une généalogie flatteuse le rattachant à saint Grégoire l'Illuminateur et à lui prêter des prophéties de grandeur[56]. En 876, Basile le rappelle à la cour comme précepteur de son fils Constantin[57].

Le retour auprès de Basile Iᵉʳ et la réconciliation de 877-880

Ignace meurt le 23 octobre 877 : le siège devient alors réellement vacant, et la question canonique change de nature — la faute reprochée à Photios en 858 concernait l'occupation d'un siège occupé, non l'élection sur un siège vacant[58]. Une forte faction réclame son retour ; le pape Jean VIII accepte sa réconciliation, l'absout et le reconnaît patriarche en 878, dans l'espoir de stabiliser l'Orient[59][60]. Un synode se réunit à Sainte-Sophie en novembre 879 ; les légats romains y participent et reconnaissent Photios comme patriarche légitime[61][62].

Mais le règlement demeure fragile. Selon le récit catholique classique, ce même synode aurait ensuite révoqué les décisions de 869-870, renouvelé les accusations anti-latines et anathématisé quiconque ajouterait au Credo, provoquant une nouvelle excommunication de Jean VIII et sept années supplémentaires de tension entre les deux sièges[63]. La lecture orthodoxe, à l'inverse, retient de ce synode de 879-880 la réhabilitation pleine et entière de Photios, avec l'accord des légats pontificaux, et refuse d'y voir une rupture nouvelle[64]. Cette divergence de mémoire — un même synode lu comme rupture par Rome, comme réconciliation par Constantinople — est précisément ce que documente en détail l'article consacré au schisme de Photius.

La rupture avec Léon VI et la déposition finale (886)

La mort de Basile Iᵉʳ, en 886, change à nouveau la donne. Son fils et successeur Léon VI, pourtant ancien élève de Photios, se retourne contre lui : accusé de conspiration contre le trône, le vieux patriarche est déposé et banni, remplacé par le propre frère de l'empereur, Étienne[65]. L'historien byzantin Pseudo-Syméon situe son lieu d'exil dans un monastère nommé Gordon, en Arménie[66]. Un procès pour trahison se serait tenu en 887, mais les sources divergent sur son issue précise[67].

Le silence des dernières années et la mort

Après cette seconde déposition, Photios « disparaît soudainement de l'histoire », selon la formule de Fortescue[68] : aucun document ne permet de dater avec certitude cette seconde période d'exil, et aucune de ses nombreuses lettres ne peut être rattachée avec certitude à ces dernières années[69]. Le lieu même du monastère où il s'éteint reste incertain.

La date de sa mort est elle-même disputée. Fortescue, dans la Catholic Encyclopedia, la donne comme « probablement le 6 février 897 »[70]. La tradition liturgique orthodoxe, en revanche, retient traditionnellement le 6 février d'une année plus proche de 893, sans certitude absolue non plus[71]. Cet écart d'une demi-décennie sur la date exacte de sa mort — comme celui, plus large encore, sur sa date de naissance — dit assez la difficulté à documenter avec précision les vingt dernières années d'une vie pourtant si publique : le grand patriarche-savant s'éteint dans un anonymat presque complet, à des centaines de kilomètres de la capitale qu'il avait gouvernée deux fois.

Un jugement partagé : Photios devant l'histoire

Le jugement catholique classique : un patriarche usurpateur, un immense savant

Deux mémoires de Photios : la tradition catholique insiste sur la crise canonique et romaine ; la tradition orthodoxe honore le saint, le docteur et le défenseur de l'Orient. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La tradition catholique classique, telle que la résume Adrian Fortescue au tournant du XXᵉ siècle, porte sur Photios un jugement contrasté mais net. Elle reconnaît sans réserve ses « éminentes qualités » et sa vaste érudition[72] ; mais elle conclut à une conduite fondamentalement malhonnête :

« Son ambition insatiable et sans scrupule » l'a conduit à occuper un siège par la déposition irrégulière d'un titulaire vivant, à nier la juridiction romaine tout en professant lui obéir quand cela l'arrangeait, et à accumuler contre les Latins des accusations que Fortescue juge être, pour certaines, des mensonges conscients. — Adrian Fortescue, "Photius of Constantinople", The Catholic Encyclopedia, 1911[73]

C'est ce jugement — sévère sur la conduite, sans réserve sur le talent — que retient la mémoire catholique classique de Constantinople IV, qui condamne le patriarche sans jamais discuter sa compétence intellectuelle.

Le jugement orthodoxe : un saint, un père de l'Église et un pilier de la théologie

À l'inverse absolu de ce jugement, l'Église orthodoxe canonise Photios dès le siècle qui suit sa mort[74]. Elle le fête le 6 février, sous le titre de « Photios le Grand », et le compte, avec Grégoire Palamas et Marc d'Éphèse, parmi les « Trois Piliers de l'Orthodoxie » — les trois grandes figures qui, selon la tradition byzantine tardive, ont défendu la Tradition orientale contre les prétentions doctrinales de Rome[75]. L'Orthodox Church in America le présente sans détour comme « l'un des plus grands évêques de l'histoire chrétienne »[76], théologien majeur dont la critique du Filioque — développée notamment dans sa Mystagogie du Saint-Esprit, composée après sa réhabilitation de 879-880 — demeure la grande référence orthodoxe sur cette question jusqu'à aujourd'hui[77].

La liturgie byzantine elle-même a fixé cette mémoire dans ses hymnes :

« Disciple des Apôtres et docteur de l'univers [...] » — Tropaire du ton IV pour la fête de saint Photios le Grand, 6 février[78]

« Astre rayonnant au loin de l'Église [...] guide inspiré des orthodoxes » — Kontakion du ton VIII pour la fête de saint Photios le Grand, 6 février[79]

Ce dernier titre d'« astre rayonnant » fait écho, presque littéralement quoique en sens inverse de jugement, à la formule que la Catholic Encyclopedia elle-même prête à la mémoire orthodoxe de Photios, qui salue en lui celui qui « brisa l'orgueil romain »[80] : les deux traditions, catholique et orthodoxe, se citent presque mot pour mot, mais pour en tirer un verdict opposé.

La réévaluation moderne : Dvornik, Congar et la fin d'un « second schisme »

Le XXᵉ siècle a apporté un correctif important, y compris du côté catholique, à la lecture la plus polémique de l'affaire. L'historien tchèque Francis Dvornik — prêtre catholique romain, professeur à Harvard puis à Dumbarton Oaks — a établi, dans son étude devenue classique The Photian Schism: History and Legend (1948), que le prétendu « second schisme de Photius », longtemps daté d'environ 880 dans l'historiographie occidentale, n'a jamais existé comme rupture canonique effective : Photios est mort en pleine communion avec Rome[81]. Le théologien dominicain Yves Congar a repris et confirmé cette conclusion dans son propre dossier historique sur les divisions chrétiennes[82].

Cette réévaluation est décisive pour situer correctement Photios dans l'histoire longue des relations Est-Ouest : il n'est pas la cause du schisme définitif de 1054, qui n'interviendra qu'un siècle et demi plus tard sous Michel Cérulaire ; il est l'homme d'une première crise grave, réglée de son vivant, qui a néanmoins légué à la controverse ultérieure son vocabulaire, ses griefs et ses réflexes mutuels de suspicion[83]. C'est très exactement le constat que dresse l'article Ignispedia consacré au grand schisme d'Orient : Photios donne à 1054 une grammaire de conflit, sans en être la cause directe.

QuestionLecture catholique classiqueLecture orthodoxeRéévaluation moderne (Dvornik, Congar)
Élévation de 858Intrusion sur un siège occupé, triple irrégularité canoniqueSolution de pacification après une crise interneIrrégularité canonique reconnue, sans remise en cause du fond
ÉruditionImmense, unanimement reconnue même par les adversairesImmense, mise au service de la Tradition orthodoxeConfirmée : sauvetage de la littérature grecque antique
Synode de 867Acte inadmissible contre un pape légitimeDéfense de la Tradition orientale contre le Filioque latinÉpisode réel, mais non définitif dans ses effets
Mort (v. 893/897)Patriarche déchu, mort dans l'obscuritéSaint et docteur, mort en confesseur de la foiMort en pleine communion avec Rome, sans rupture définitive
Portée pour 1054Aucune : Constantinople IV a réglé la criseAucune : le synode de 879-880 a tout régléGrammaire de conflit léguée, mais pas de continuité canonique directe

L'héritage de Photios

Le sauveur de la littérature grecque antique

Manuscrit grec de l'épitomé par Photios de l'Histoire ecclésiastique de Philostorge, conservé à la British Library : un témoin concret de la transmission manuscrite de son œuvre. Source : Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Quel que soit le jugement porté sur sa conduite patriarcale, l'héritage culturel de Photios demeure incontesté. Sans sa Bibliothèque, des dizaines d'auteurs grecs antiques — historiens, romanciers, polémistes — auraient été purement et simplement effacés de la mémoire occidentale, leurs manuscrits n'ayant pas survécu aux siècles suivants[84]. Photios appartient à cette génération de lettrés byzantins du IXᵉ siècle — le renouveau que les historiens appellent parfois la « renaissance macédonienne » — qui a permis la transmission de l'Antiquité grecque à travers le Moyen Âge byzantin jusqu'à la Renaissance occidentale, quand les manuscrits grecs afflueront vers l'Italie après 1453. En ce sens, la chute de Constantinople elle-même, six siècles après Photios, verra fuir vers l'Occident une part de cet héritage manuscrit qu'il avait contribué à préserver.

Le père de l'argumentation orthodoxe contre le Filioque

Sur le plan théologique, Photios reste, aujourd'hui encore, la référence structurante de l'argumentation orthodoxe contre l'addition latine au Credo. Sa Mystagogie du Saint-Esprit est citée par la quasi-totalité des théologiens orthodoxes qui, depuis onze siècles, reprennent le débat sur la procession du Saint-Esprit[85]. Pour l'exposé catholique complet de cette question — distinction entre procession éternelle, formule latine et réception grecque, jusqu'au concile de Florence — voir Réponses aux objections orthodoxes.

Photios reste ainsi une figure impossible à réduire à un seul trait : ni simplement le « patriarche usurpateur » de la polémique latine la plus dure, ni simplement le « saint champion » de la piété orthodoxe la plus enthousiaste, mais un homme d'une intelligence hors norme, au service d'une Église qu'il a servie avec un dévouement réel — et dont l'histoire, des siècles plus tard, s'accorde au moins sur un point : il fut l'un des plus grands esprits que Byzance ait donnés à la chrétienté.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Adrian Fortescue, "Photius of Constantinople", The Catholic Encyclopedia, vol. 12, New York, Robert Appleton Company, 1911, New Advent : Photius of Constantinople. Notice catholique détaillée sur la naissance, la famille, la carrière séculière, l'ambassade à Bagdad (v. 838), l'élévation patriarcale de 857-858, les synodes de 861 et 863, la rupture de 867, la déposition de 867, l'exil à Sténos, le rappel par Basile Ier, le second patriarcat (877-886), la déposition finale de 886, la mort (« probablement le 6 février 897 »), les œuvres (Bibliothèque, Amphilochia, Lexique, Nomocanon, traités dogmatiques, homélies, lettres) et le jugement d'ensemble sur son érudition et sa conduite.

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  2. Warren T. Treadgold, The Nature of the Bibliotheca of Photius, Dumbarton Oaks Studies 18, Washington, D.C., Dumbarton Oaks Center for Byzantine Studies, Trustees for Harvard University, 1980, 206 p. (ISBN 978-0-88402-474-3). Étude savante de référence sur la composition, la datation et la nature de la Bibliothèque : 280 chapitres (« codices ») décrivant 386 œuvres distinctes, couvrant quatorze siècles de littérature grecque, œuvre la plus importante léguée par le plus important savant de Byzance ; nombreux ouvrages antiques résumés par Photios aujourd'hui perdus dans leur texte original.

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  3. William H. W. Fanning, "General Councils", The Catholic Encyclopedia, vol. 4, New York, Robert Appleton Company, 1908, New Advent : General Councils. Résume Constantinople IV comme concile tenu sous Adrien II et Basile Ier, avec la condamnation de Photios.

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  4. Orthodox Church in America, The Orthodox Faith, vol. III, Church History, "Saint Photius, Patriarch of Constantinople" : oca.org. Présentation orthodoxe de Photios comme professeur distingué de Constantinople, théologien critique du Filioque, compilateur des écrits classiques et patristiques, mission de Cyrille et Méthode en Moravie (863), réconciliation avec Ignace, synode de 879, canonisation au Xe siècle et titre de « l'un des plus grands évêques de l'histoire chrétienne », l'un des « Trois Piliers de l'Orthodoxie » avec Grégoire Palamas et Marc d'Éphèse.

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  5. OrthodoxWiki, article « Photius the Great » : orthodoxwiki.org. Notice orthodoxe : famille pieuse iconodoule, père « Gardien de l'Empereur et du Palais », exil et martyre allégué des parents pendant l'iconoclasme, parenté avec le patriarche Tarasios et le patriarche iconoclaste Jean VII le Grammairien, ambassade à Bagdad datée de 855, ordination et élévation patriarcale en six jours, fête du 6 février, tropaire (ton IV) et kontakion (ton VIII) liturgiques, épithètes « astre rayonnant au loin de l'Église » et « fort adversaire de l'hérésie », mort le 6 février vers 893 (date non certaine) en exil au monastère de Bordi en Arménie.

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  6. « Photios I of Constantinople », Wikipédia (encyclopédie en ligne), consulté en 2026 — synthèse biographique complémentaire : dates de règne précises des deux patriarcats (25 décembre 858-23 septembre 867 ; 26 octobre 877-30 septembre 886), mention du lien maternel avec le patriarche iconoclaste Jean VII le Grammairien, exil final signalé par Pseudo-Syméon au monastère de Gordon en Arménie, procès pour trahison de 887, incertitude sur la date de mort (entre 890 et 895, probablement 891 ou 893). Texte : https://en.wikipedia.org/wiki/Photios_I_of_Constantinople

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  7. J. H. Freese (trad.), The Library of Photius, vol. 1, « Translations of Christian Literature », Series I: Greek Texts, London, Society for Promoting Christian Knowledge / New York, The Macmillan Company, 1920, préface. Traduction anglaise annotée de la préface de la Bibliothèque de Photios adressée à son frère Tarasios, reproduite sur tertullian.org : « Photius, to his beloved brother Tarasius, in the name of the Lord, greeting. [...] Your idea was to have something to console you for our painful separation, and at the same time to acquire some knowledge [of works you had not yet read with me]. »

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  8. Despina Stratoudaki White, Patriarch Photios of Constantinople: His Life, Scholarly Contributions, and Correspondence together with a Translation of Fifty-two of His Letters, The Archbishop Iakovos Library of Ecclesiastical and Historical Sources 5, Brookline, Massachusetts, Holy Cross Orthodox Press, 1981, 234 p. Biographie savante orthodoxe moderne s'appuyant sur la correspondance complète de Photios (jusqu'à 260 lettres selon les éditions), utilisée ici pour la datation et l'ampleur du corpus épistolaire.

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  9. Despina Stratoudaki White et Joseph R. Berrigan Jr. (trad.), The Patriarch and the Prince: The Letter of Patriarch Photios of Constantinople to Khan Boris of Bulgaria, The Archbishop Iakovos Library of Ecclesiastical and Historical Sources, Brookline, Massachusetts, Holy Cross Orthodox Press, 1982 (ISBN 978-0-916586-52-2). Édition et traduction annotée de l'épître de Photios à Boris-Michel de Bulgarie, exposé des devoirs moraux et spirituels du souverain chrétien nouvellement baptisé.

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  10. World History Encyclopedia, article « Saint Cyril » : worldhistory.org. Confirme que Constantin (futur saint Cyrille), après ses études à l'université impériale de Constantinople, développe une relation étroite avec le patriarche Photios, devient son bibliothécaire à Sainte-Sophie, puis professeur de philosophie à l'université de la Magnaure.

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  11. Notice sur le schisme grec, The Catholic Encyclopedia, vol. 6, New York, Robert Appleton Company, 1909 : « On 23 November, 858, the Patriarch Ignatius was deposed, and on 25 December in the same year Photius succeeded him. » Texte : https://en.wikisource.org/wiki/Page:Catholic_Encyclopedia,_volume_6.djvu/849

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  12. Francis Dvornik (1893-1975), historien tchèque, prêtre catholique romain, professeur à Harvard et à Dumbarton Oaks, The Photian Schism: History and Legend, Cambridge University Press, 1948 ; rééd. 1970 (ISBN 978-0521074421). Démonstration que le « second schisme de Photius » (vers 880) n'a pas existé comme rupture canonique : Photios est mort en communion avec Rome.

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  13. Photios Iᵉʳ de Constantinople (v. 810/820-v. 893), patriarche de Constantinople (858-867 et 877-886), Mystagogie du Saint-Esprit (en grec : Logos peri tēs tou Hagiou Pneumatos mystagōgias), composée vers 880-885 après sa réhabilitation par le concile de Sainte-Sophie. Patrologia Graeca, vol. 102, col. 263-400. Édition française annotée : Photios, Mystagogie du Saint-Esprit, trad. Jean-Claude Larchet, éd. de l'Ancre, 1991. Référence polémique orthodoxe majeure sur le Filioque.

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  14. Yves Congar, Diversités et communion — Dossier historique et conclusion théologique, Cerf, 1982, p. 31-43. Reprend et confirme les conclusions de Dvornik en théologie de l'œcuménisme sur l'absence de rupture canonique définitive liée à Photios.

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