Saint Simon le Cananéen (ou le Zélote) et saint Jude Thaddée (ou Jude fils de Jacques) sont deux des Douze Apôtres du Christ. Dans les quatre listes du Nouveau Testament, ils sont toujours rappelés l'un à côté de l'autre : c'est là le premier fait, et le plus solide.[1]
« Nous les considérons ensemble, non seulement parce que dans les listes des Douze, ils sont toujours rappelés l'un à côté de l'autre (cf. Mt 10, 4 ; Mc 3, 18 ; Lc 6, 15 ; Ac 1, 13), mais également parce que les informations qui les concernent ne sont pas nombreuses. » Benoît XVI, audience générale du 11 octobre 2006[2]
Ils sont fêtés ensemble le 28 octobre, dans toute l'Église catholique. La tradition ancienne les envoie prêcher ensemble à l'est de l'Euphrate, dans l'espace parthe et perse, et les fait mourir ensemble en Perse. Leurs reliques sont vénérées côte à côte dans la basilique Saint-Pierre de Rome depuis le 27 octobre 1605.[3][4][5]
Ce que les Écritures disent d'eux avec certitude tient en peu de pages : leur place dans les listes apostoliques, le surnom de Simon, une question de Jude à la dernière Cène, et une lettre canonique. Tout le reste est tradition reçue, récits apocryphes ou discussions modernes : cet article distingue soigneusement les trois.
Leur place dans les listes apostoliques
Les quatre listes du Nouveau Testament
| Source | Simon | Jude |
|---|---|---|
| Matthieu 10, 3-4 | Simon le Cananéen | Lébbée, surnommé Thaddée (v. 3, variante manuscrite) ; Judas l'Iscariote (v. 4) |
| Marc 3, 18 | Simon le Cananéen | Judas Thaddée |
| Luc 6, 14-16 | Simon le Zélote | Jude fils de Jacques |
| Actes 1, 13 | Simon le Zélote | Jude (fils de Jacques) |
Dans les quatre listes, les deux noms sont côte à côte, dans le groupe final des Douze. C'est un fait textuel, que la lecture chrétienne a toujours lu comme un signe : ces deux apôtres sont liés par l'Écriture elle-même, avant même la tradition qui les associera.[6][7][8]
L'ordre des listes varie selon les évangélistes, mais l'appariement de Simon et Jude est stable. Le Canon néo-testamentaire conserve en outre une lettre attribuée à Jude Thaddée, qui les place l'un et l'autre au cœur de la foi des premières Églises.[9]
Simon : le Cananéen ou le Zélote
L'épithète de Simon varie dans les quatre listes : Matthieu et Marc le qualifient de « cananéen », Luc le définit comme « zélote ». Le pape Benoît XVI, dans la catéchèse du 11 octobre 2006, en donne l'explication reçue :
« En réalité, les deux dénominations s'équivalent, car elles signifient la même chose : dans la langue juive, en effet, le verbe qana' signifie : "être jaloux, passionné" et peut être utilisé aussi bien à propos de Dieu, en tant que jaloux du peuple qu'il a choisi (cf. Ex 20, 5), qu'à propos des hommes qui brûlent de zèle en servant le Dieu unique avec un dévouement total, comme Elie (cf. 1 R 19, 10). » Benoît XVI, audience générale du 11 octobre 2006[10]
Ainsi « cananéen » n'est pas une origine géographique (le pays de Canaan) : c'est la transposition araméenne de « le zélé ». La tradition reçue y voit un homme d'un zèle ardent pour Dieu, pour son peuple et pour la Loi. Il est possible, ajoute Benoît XVI, que ce Simon n'ait pas appartenu précisément au mouvement nationaliste des Zélotes au sens politique du terme, mais qu'il fût au moins caractérisé par ce zèle.[11]
L'identification exacte du surnom est discutée par l'exégèse moderne. Pour l'historien Simon Claude Mimouni, l'appellation « Simon le Zélote » ne renvoie pas au mouvement des Zélotes, qui n'existerait pas à l'époque de Jésus, mais signifie simplement « Simon le Zélé ».[12] L'apologiste et l'historien ne sont pas contraints de trancher ici : la leçon que l'Église reçoit des listes est la même dans les deux cas, et c'est celle que Benoît XVI en tire.
Jude : Thaddée, fils de Jacques
Jude est appelé par la tradition « Thaddée », réunion de deux noms différents. Matthieu et Marc l'appellent « Thaddée » (Mt 10, 3 ; Mc 3, 18) ; Luc l'appelle « Jude fils de Jacques » (Lc 6, 16 ; Ac 1, 13). Le surnom de Thaddée est d'origine incertaine : il est expliqué soit comme provenant de l'araméen taddà, « poitrine », signifiant donc « magnanime », soit comme l'abréviation d'un nom grec comme Théodore ou Théodote.[13][14]
Le nom de Jude (ou Judas) s'est imposé sous la forme « Jude » pour éviter la confusion avec Judas Iscariote, dont le nom suit souvent celui de Thaddée dans les listes. L'évangile de Jean lui-même prend soin d'écrire « Judas, pas l'Iscariot » (Jn 14, 22). Jérôme de Stridon l'appelait le trinomus, celui qui porte trois noms.[15]
La tradition latine d'Occident distingue souvent Jude fils de Jacques (Lc 6, 16) du « frère du Seigneur » nommé Jude dans les listes des frères de Jésus ; la tradition des Églises orientales les identifie volontiers. La question est débattue depuis l'Antiquité ; le Nouveau Testament donne la forme « Jude fils de Jacques », que la liturgie latine a reçue.[16]
Ce que les Évangiles disent d'eux
Simon : un nom dans les listes
Hors les listes apostoliques et son surnom, les Évangiles canoniques ne rapportent aucun épisode propre à Simon. Il n'a ni parole ni scène qui lui soit personnelle dans les quatre récits évangéliques. Cette sobriété est un fait, non un manque : le groupe des Douze est connu par ses chefs (Pierre, Jacques, Jean), et plusieurs apôtres n'entrent dans l'histoire évangélique que par leur nom.[17]
Ce silence est instructif. Benoît XVI en tire une leçon ecclésiale : Simon, l'homme du zèle, côtoie Matthieu, le publicain, dont l'activité était jugée impure. « C'est le signe évident que Jésus appelle ses disciples et ses collaborateurs des horizons sociaux et religieux les plus divers, sans aucun préjugé. »[18]
Jude : une question à la dernière Cène
Seul Jean rapporte une parole de Jude Thaddée. Au cours de la dernière Cène, il ose poser au Seigneur une question restée célèbre :
« Seigneur, pour quelle raison vas-tu te manifester à nous, et non pas au monde ? » Jude Thaddée à Jésus, d'après Jean 14, 22[19][20]
C'est une question de grande actualité, remarque Benoît XVI : pourquoi le Ressuscité ne s'est-il pas manifesté dans toute sa gloire à ses adversaires, pour montrer que le vainqueur est Dieu ? Pourquoi s'est-il manifesté seulement à ses disciples ? La réponse de Jésus est mystérieuse et profonde :
« Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. » Jésus-Christ, d'après Jean 14, 23[21][22]
Autrement dit, le Ressuscité doit être vu et perçu aussi avec le cœur, de manière à ce que Dieu puisse demeurer en nous. Le Seigneur n'apparaît pas comme une chose ; il veut entrer dans notre vie, et sa manifestation suppose un cœur ouvert. « Ce n'est qu'ainsi que nous voyons le Ressuscité », conclut le pape.[23]
C'est là tout ce que les Évangiles canoniques disent de Jude : un nom, une place dans les listes, une question et une réponse. L'apôtre qui interroge sur le sens de la manifestation du Christ reçoit la réponse sur l'amour comme lieu de la rencontre avec Dieu.
L'épître de Jude
Une lettre canonique
Au nom de Jude Thaddée est attribuée l'une des lettres du Nouveau Testament dites « catholiques », car elles ne sont pas adressées à une Église locale déterminée mais à un cercle très vaste de destinataires. Elle s'ouvre ainsi : « aux appelés, bien-aimés de Dieu le Père et réservés pour Jésus Christ » (Jude 1).[24]
La réception canonique de cette lettre est ancienne et stable. Elle figure dans le Canon du Nouveau Testament ; le Décret de Gélase (VIᵉ siècle) la déclare canonique et l'intitule « Iudae Zelotis apostoli », « de l'apôtre Jude le Zélote ».[25] La tradition ecclésiale l'a toujours lue comme l'œuvre de l'apôtre Jude Thaddée, et c'est dans cette réception que la liturgie et le magistère l'ont transmise.
« Gloire à Dieu, qui a le pouvoir de vous préserver de la chute et de vous rendre irréprochables et pleins d'allégresse, pour comparaître devant sa gloire : au Dieu unique, notre Sauveur, par notre Seigneur Jésus Christ, gloire, majesté, force et puissance, avant tous les siècles, maintenant et pour tous les siècles. Amen. » Épître de Jude, versets 24-25[26][27]
Le combat pour la foi
La préoccupation centrale de l'écrit est de mettre en garde les chrétiens contre ceux qui prennent le prétexte de la grâce de Dieu pour excuser leur débauche et pour égarer leurs frères par des enseignements inacceptables, introduisant des divisions au sein de l'Église « dans leurs chimères » (v. 8). Jude les compare aux anges déchus et écrit qu'ils « sont partis sur le chemin de Caïn » (v. 11).[28]
Le vocabulaire est fort, assumé, prophétique : « nuages sans eau emportés par le vent ; arbres de fin d'automne sans fruits, deux fois morts, déracinés ; flots sauvages de la mer, crachant l'écume de leur propre honte ; astres errants, pour lesquels est réservée à jamais l'obscurité des ténèbres » (vv. 12-13).[29]
Benoît XVI en tire une leçon pour aujourd'hui :
« Au milieu de toutes les tentations qui existent, avec tous les courants de la vie moderne, nous devons conserver l'identité de notre foi. Certes, la voie de l'indulgence et du dialogue, que le Concile Vatican II a entreprise avec succès, doit assurément être poursuivie avec une ferme constance. Mais cette voie du dialogue, si nécessaire, ne doit pas faire oublier le devoir de repenser et de souligner toujours avec tout autant de force les lignes maîtresses et incontournables de notre identité chrétienne. » Benoît XVI, audience générale du 11 octobre 2006[30]
La lettre se conclut sur une exhortation à la confiance : « que votre foi très sainte soit le fondement de la construction que vous êtes vous-mêmes. Priez dans l'Esprit Saint, maintenez-vous dans l'amour de Dieu, attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus Christ en vue de la vie éternelle. Ceux qui sont hésitants, prenez-les en pitié » (vv. 20-22).[31] L'auteur de ces lignes, relève le pape, vit en plénitude sa propre foi : intégrité morale, joie, confiance et louange.
Leur mission commune selon la tradition
La tradition reçue : ensemble, à l'est de l'Euphrate
Ce que l'Église reçoit de la tradition la plus ancienne est simple : Simon et Jude ont prêché ensemble et sont morts ensemble. Nominis le résume en une phrase : « Dans la liste des apôtres, ils sont côte à côte et la tradition les fait mourir ensemble en Perse. »[32]
Les sources chrétiennes orientales, notamment syriaques, parlent abondamment de cette prédication dans l'espace parthe et au sud de l'Arménie, c'est-à-dire au-delà de l'Euphrate, dans l'Empire parthe.[33] Certaines traditions font partir Simon d'abord vers l'Égypte et les Berbères (la Barbarie des anciens récits) avant qu'il rejoigne Jude.[34][35] La tradition arménienne considère Jude Thaddée, avec l'apôtre Barthélemy, comme le fondateur de son Église.[36]
Ces données sont anciennes et convergentes : de très nombreuses sources chrétiennes parlent de cette mission commune. Elles relèvent de la tradition reçue, transmise par les Églises d'Orient, sans qu'il soit possible d'en reconstituer l'itinéraire précis.
Les récits apocryphes
À côté de cette tradition, les Actes apocryphes de Simon et de Jude (Passio SS. Apostolorum Simonis et Judæ, Actes de Simon et Jude, Actes de Thaddée) développent des récits détaillés de miracles, de conversions de rois, de dialogues avec des mages et de supplices. Ces textes sont des compositions littéraires d'époque tardive, souvent légendaires ; ils ne font pas partie du Canon et ne peuvent être cités comme des faits historiques.[37][38]
L'existence même de ces Actes atteste une chose réelle : la vénération conjointe de Simon et de Jude est ancienne, et les Églises ont senti le besoin de raconter une mission dont les Écritures canoniques ne disent presque rien. L'histoire critique y voit de la légende ; la piété y a trouvé des motifs iconographiques. Il faut savoir ce que l'on tient dans chaque cas.
Leur martyre
La tradition reçue : morts ensemble
La tradition reçue est celle d'un martyre commun en Perse. C'est ce que rapporte Nominis, et ce que la liturgie latine a gardé en les fêtant le même jour.[39]
Le mode de mort de chacun est connu par l'iconographie et par les martyrologes : Simon est traditionnellement scié en deux (parfois crucifié), Jude est tué d'un coup de massue. L'Église catholique reçoit cette tradition, comme l'Église orthodoxe.[40][41]
Les variantes géographiques
Les sources divergent sur le lieu précis du martyre, ce qui est normal pour des missions du Iᵉ siècle au-delà de l'Euphrate :
| Tradition | Lieu du martyre | Source |
|---|---|---|
| Tradition perse commune | La Perse (espace parthe) | Nominis ; tradition liturgique latine |
| Chroniques géorgiennes | Nikopsia ou Suanir, en Colchide (Abkhazie actuelle) | Passio SS. Apostolorum Simonis et Judæ |
| Sources arméniennes | Makou, royaume d'Arménie (aujourd'hui au nord de l'Iran) | Sources arméniennes (Jude) |
| Moïse de Khorène | Vériospora, en Ibérie (Caucase), avec réserve explicite | Histoire d'Arménie, livre II, ch. XXXIV |
Moïse de Khorène lui-même précise qu'il n'est pas sûr de son information. L'historien ne peut donc pas fixer le lieu ; la tradition ecclésiale, elle, retient le fait du martyre commun, sans lier le culte à un lieu précis.[42][43]
Ce que l'on peut dire avec certitude
En honnêteté historique, voici la ligne de partage :
- Ce que les Écritures établissent : leur place parmi les Douze, le surnom de Simon, la question de Jude à la Cène, l'existence d'une lettre attribuée à Jude.
- Ce que la tradition reçue transmet : leur mission commune à l'est de l'Euphrate, leur martyre en Perse, leur culte conjoint dès l'Antiquité.
- Ce que les récits apocryphes ajoutent : lieux précis, discours, miracles, supplices détaillés.
- Ce que l'exégèse moderne discute : le sens exact de « zélote », l'identification de Jude avec le « frère du Seigneur », l'attribution de la lettre de Jude, les étymologies de Thaddée.
Aucune de ces discussions ne retire le noyau reçu : deux apôtres, liés par l'Écriture et par la tradition, morts pour le Christ.
Pourquoi ils sont fêtés ensemble le 28 octobre
Une mémoire conjointe dès l'Antiquité
L'Église catholique fête saint Simon et saint Jude le 28 octobre. Nominis porte, pour ce jour, les deux notices : « Saint Jude Thaddée, apôtre » et « Saint Simon le Cananéen, dit Simon le Zélote, apôtre ».[44]
Les raisons de cette commémoration conjointe sont multiples et se renforcent : la place côte à côte dans les listes apostoliques, la mission commune selon la tradition, le martyre ensemble en Perse, et la conservation de leurs reliques ensemble à Rome.
Dans les Églises orthodoxes, les deux apôtres sont fêtés séparément : Simon le 10 mai, Jude le 19 juin, avec une commémoration de tous les apôtres le 30 juin.[45][46] L'Occident latin a choisi de les garder réunis, et c'est la forme reçue par le calendrier romain.
Les reliques de Rome
La basilique Saint-Pierre du Vatican possède des reliques de l'apôtre Simon le Zélote, vénérées avec celles de l'apôtre Jude Thaddée depuis le 27 octobre 1605, à l'autel central du transept gauche, autel qui porte leur nom. Depuis 1963, cet autel est également dédié à saint Joseph.[47]
D'autres reliques se trouvent à la basilique Saint-Sernin de Toulouse. À Nouvel Athos, en Abkhazie, près de l'emplacement présumé du martyre de Simon, une église du IXᵉ siècle lui est dédiée et conserve des reliques.[48] Une part des reliques de Jude est vénérée au monastère Saint-Thaddée, en Azerbaïdjan occidental.[49]
L'invocation des causes difficiles
Saint Jude Thaddée est devenu, dans la piété populaire, le patron des causes douloureuses et difficiles. Cette dévotion, ancienne et universelle, s'appuie sur la petitesse évangélique de sa figure : l'apôtre qui n'a qu'une parole dans les Écritures, et qui pose la question de la manifestation cachée de Dieu, est invoqué par ceux qui sont dans l'épreuve et qui n'attendent plus de réponse éclatante.[50]
Saint Simon est invoqué, dans les traditions populaires, pour le mariage, les jeunes époux et les scieurs de long, en référence à l'instrument de son martyre.[51]
Iconographie
L'iconographie de Simon et de Jude est l'une des plus stables de l'art chrétien, précisément parce qu'ils sont presque toujours représentés ensemble.
Les attributs de chacun
Saint Simon est traditionnellement représenté avec une scie, instrument de son martyre, pour avoir été coupé en deux à la scie, d'après une tradition très ancienne et continue dans les Églises d'Orient. L'Église catholique reçoit cette même tradition. On le voit aussi tenant un livre ou un phylactère, en référence à l'annonce évangélique.[52]
Saint Jude Thaddée tient une massue (parfois une hallebarde ou une hache), en référence à la façon dont il a été tué. On lui donne aussi le médaillon avec l'image de Jésus, en rappel de sa question sur la manifestation du Christ, ainsi que la palme du martyr et parfois une flamme au-dessus de la tête.[53][54]
L'art qui les unit
Les deux apôtres sont souvent accompagnés l'un de l'autre, comme ils le sont dans les listes. Parmi les œuvres les plus connues :
| Œuvre | Artiste | Où |
|---|---|---|
| Vierge à l'Enfant avec les saints Simon et Jude (Madonna di San Simone) | Federico Barocci (1535-1612) | Église des saints Simon et Jude, Urbino |
| Saint Jude Thaddée (1620) | Georges de La Tour | Musée Toulouse-Lautrec, Albi |
| L'Apôtre Simon (vers 1618) | Antoine van Dyck | J. Paul Getty Museum, Los Angeles |
| Martyre de saint Simon et de saint Jude | Livre d'heures de Simon de Varye (1455) | Koninklijke Bibliotheek, La Haye |
La miniature du Livre d'heures de Simon de Varye (1455) montre le martyre conjoint, scène que l'art médiéval affectionne. Les peintures modernes, de Barocci à La Tour, préfèrent le portrait : les deux apôtres, l'un à côté de l'autre, dans la paix de la foi qu'ils ont prêchée.[55][56]
Pour aller plus loin
- Saint André l'Apôtre (Iᵉ siècle) : un autre des Douze, frère de Simon-Pierre, dont la mission est elle aussi attestée par la tradition.
- Saint Jacques le Mineur (vers 62) : apôtre de Jérusalem, dont la tradition a fait lui aussi un « frère » du Seigneur.
- Saint Philippe l'Apôtre (Iᵉ siècle) : l'apôtre qui amène les autres à Jésus, par sa parole « Viens et vois ».
- Les Actes des Apôtres : le livre qui raconte la vie de l'Église naissante après la Pentecôte.
- L'épître aux Hébreux : une autre des grandes lettres du Nouveau Testament, pour approfondir la foi des premières Églises.
Notes et références
Benoît XVI, Audience générale du mercredi 11 octobre 2006, « Simon le Cananéen et Jude Thaddée » : vatican.va. Catéchèse magistérielle sur les deux apôtres : présence côte à côte dans les listes des Douze (Mt 10, 4 ; Mc 3, 18 ; Lc 6, 15 ; Ac 1, 13) ; épithète de Simon « cananéen » (Matthieu, Marc) et « zélote » (Luc), équivalence par le verbe araméen qana' (« être jaloux, passionné »), applicable à Dieu (Ex 20, 5) et aux hommes zélés comme Élie (1 R 19, 10) ; possible non-appartenance de Simon au mouvement nationaliste des Zélotes ; Simon aux antipodes de Matthieu le publicain, signe de l'appel de Jésus à des horizons divers ; Jude Thaddée, réunion de deux noms (« Thaddée » en Mt 10, 3 et Mc 3, 18 ; « Jude fils de Jacques » en Lc 6, 16 et Ac 1, 13) ; surnom Thaddée d'origine incertaine (araméen taddà, « poitrine », « magnanime » ; ou abréviation d'un nom grec comme Théodore, Théodote) ; question de Jude à la dernière Cène (Jn 14, 22) et réponse de Jésus (Jn 14, 22-23) ; paternité de l'une des Lettres catholiques du Nouveau Testament, adressée « aux appelés, bien-aimés de Dieu le Père et réservés pour Jésus Christ » (v. 1) ; avertissement contre ceux qui abusent de la grâce (vv. 8, 11, 12-13) ; exhortation finale (vv. 20-22) et doxologie (vv. 24-25) ; appel à redécouvrir la beauté de la foi chrétienne.
1 2 6 9 10 11 13 17 18 19 21 23 24 26 28 29 30 31Nominis (Conférence des évêques de France), notices du 28 octobre : « Saint Jude Thaddée, apôtre (Iᵉ siècle) » et « Saint Simon le Cananéen, dit Simon le Zélote, apôtre (Iᵉ siècle) » : nominis.cef.fr. Notices consultées le 11 octobre 2026. Pour Jude : « Jude est aussi appelé Thaddée pour le distinguer de Judas. Avec Simon, il appartenait sans doute à ces zélotes qui refusaient l'occupation romaine, mais le message du Christ fut pour lui la découverte de l'universalité de l'amour de Dieu. » Question de la dernière Cène (Jn 14, 22), réponse (Jn 14, 22-23). Pour Simon : « Simon est aussi appelé Simon le Zélote pour le distinguer de Simon-Pierre. » Formule commune : « Dans la liste des apôtres, ils sont côte à côte et la tradition les fait mourir ensemble en Perse. » « 28 octobre : fête des saints Simon et Jude, Apôtres. » Renvoi à la catéchèse de Benoît XVI du 11 octobre 2006 et à l'épître de saint Jude. Bossuet, Méditation sur l'Évangile, est cité par la notice.
3 32 39 44Wikipédia (FR), « Simon le Cananéen » : fr.wikipedia.org. Notice encyclopédique : Simon ha-Qana'i ou Simon le Zélote, l'un des douze apôtres ; mention dans les listes des synoptiques (Mc 3, 18 ; Mt 10, 4 ; Lc 6, 15) et des Actes (Ac 1, 13) ; surnom ha-Qana'i « le zélé » ; Kananaios comme translittération de qannaim, du verbe qana' (« être jaloux », « plein de zèle ») ; thèse de Simon Claude Mimouni selon laquelle « le Zélote » ne renvoie pas au mouvement politique ; tradition d'une évangélisation de l'Égypte et des Berbères puis d'une mission commune avec Jude au-delà de l'Euphrate, dans l'espace parthe ; martyre par la scie ou par crucifixion ; Moïse de Khorène (Histoire d'Arménie, II, XXXIV) place sa mort à Vériospora avec réserve ; chroniques géorgiennes et Passio SS. Apostolorum Simonis et Judæ : Nikopsia ou Suanir, en Colchide ; distinction avec Siméon fils de Clopas, deuxième évêque de Jérusalem ; identification traditionnelle parmi les « frères » de Jésus (Isidore de Séville, Légende dorée) ; iconographie : la scie, instrument du martyre, le livre ou le phylactère ; souvent accompagné de Jude Thaddée qui tient une massue ; œuvres : Carlo Dolci (Palazzo Pitti), Rembrandt (1661, Kunsthaus Zurich), Antoine van Dyck (vers 1618, Getty), Federico Barocci (Madonna di San Simone) ; reliques à la basilique Saint-Pierre, vénérées avec celles de Jude depuis le 27 octobre 1605 à l'autel du transept gauche (autel dédié aussi à saint Joseph depuis 1963) ; reliques à Saint-Sernin de Toulouse ; église Saint-Simon à Nouvel Athos ; fête catholique le 28 octobre, orthodoxe le 10 mai ; patronage : mariage, jeunes époux, scieurs de long.
4 7 12 33 34 37 40 42 45 47 48 51 52 54 55Wikipédia (FR), « Jude » (Jude Thaddée) : fr.wikipedia.org. Notice encyclopédique : Jude (ou Judas) fils de Jacques, aussi appelé Thaddée ou Judas Thaddée, l'un des douze apôtres ; présence dans les listes des synoptiques et des Actes ; intervention unique dans l'évangile de Jean ; fête le 28 octobre avec Simon le Zélote (catholiques), le 19 juin seul (orthodoxes) ; traditions orientales : l'un des quatre « frères » de Jésus ; tradition latine : l'un des fils de Jacques, distingué du « frère » du Seigneur ; mission selon la tradition : Palestine, « pays arabe » (Nabathée), Syrie, Mésopotamie, Arménie ; association avec Simon le Zélote, rejoint en Mésopotamie ; tradition arménienne : fondateur de l'Église d'Arménie avec Barthélemy ; lieux du martyre divergents (Béryte / Beyrouth, Perse du nord, Makou selon les sources arméniennes) ; surnoms Thaddaeus, Lebbaeus (Jérôme : le trinomus) ; taddà (araméen, « poitrine »), « le courageux », « homme de cœur » ; « Judas, pas l'Iscariot » (Jn 14, 22) ; épithète de « Zélote » donnée aussi à Jude (Jérôme, Commentaire de l'épître aux Galates, 2, 4 ; Décret de Gélase : « Iudae Zelotis apostoli ») ; Constitutions apostoliques : prédication aux Édesséniens et en Mésopotamie sous Abgar ; iconographie : massue, hallebarde, hache, médaillon avec l'image de Jésus, flamme, livre, équerre, plume, palme du martyr ; patron des causes douloureuses et difficiles ; reliques à la basilique Saint-Pierre et au monastère Saint-Thaddée (Azerbaïdjan occidental) ; œuvres : Georges de La Tour, Saint Jude Thaddée (1620, Albi).
5 8 14 15 16 25 35 36 38 41 43 46 49 50 53 56Évangile selon saint Jean, chapitre 14, versets 22-23. La question de Jude : « Seigneur, pour quelle raison vas-tu te manifester à nous, et non pas au monde ? » (v. 22). La réponse de Jésus : « Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui » (v. 23). Le texte de Jean précise : « Judas, pas l'Iscariot », pour le distinguer du traître. Citation reprise dans la catéchèse de Benoît XVI du 11 octobre 2006.
20 22Épître de Jude, dans le Nouveau Testament (lettre catholique). Texte court, de 25 versets, adressé « aux appelés, bien-aimés de Dieu le Père et réservés pour Jésus Christ » (v. 1). Avertissement contre les faux docteurs (vv. 5-16), exhortation à la foi, à la prière et à la miséricorde (vv. 17-23), doxologie finale (vv. 24-25). L'auteur s'identifie comme « Jude, serviteur de Jésus Christ, frère de Jacques » (v. 1). La tradition ecclésiale l'attribue à l'apôtre Jude Thaddée ; le Décret de Gélase (VIᵉ siècle) la déclare canonique sous le titre « Iudae Zelotis apostoli ».
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