La pureté du cœur est, dans l'Évangile, le seuil d'une promesse vertigineuse : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu »[1]. C'est la sixième des Béatitudes, et le Catéchisme y voit l'une des expressions par lesquelles le Nouveau Testament désigne la béatitude même à laquelle Dieu nous appelle : « la vision de Dieu »[2]. Or, de tout le vocabulaire spirituel, peu de mots sont aujourd'hui aussi mal entendus.
Car le mot « pur » a rétréci. Notre époque ne l'entend plus guère que dans un sens sexuel — « rester pur », ce serait s'abstenir — ou dans un sens hygiénique — un produit pur, une eau pure. On range donc spontanément la « pureté du cœur » dans la morale sexuelle, comme un synonyme distingué de la chasteté ; ou bien on l'imagine comme une absence : ne pas avoir de mauvaises pensées, ne rien ressentir de trouble, garder une sorte d'innocence d'enfant que la vie n'aurait pas encore abîmée.
« Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. » — Psaume 50 (51), 12[3]
Or, dans la tradition catholique, la pureté du cœur est bien plus vaste et bien plus positive que cela. Le Catéchisme la décrit comme l'accord de l'intelligence et de la volonté avec la sainteté de Dieu, « principalement en trois domaines : la charité, la chasteté ou rectitude sexuelle, l'amour de la vérité et l'orthodoxie de la foi »[4]. C'est d'abord la simplicité d'un cœur unifié, sans duplicité, tout entier tourné vers Dieu — un cœur qui ne sert pas « deux maîtres »[5]. Loin d'être une absence, elle est la condition d'une présence : « la pureté du cœur est le préalable à la vision »[6].
Cet article passe en revue les contresens les plus fréquents sur la pureté du cœur, regroupés selon qu'ils portent sur sa nature, sur le combat qui la conquiert, ou sur la promesse qui la couronne (« ils verront Dieu »). Pour chacun, il énonce l'erreur dans sa formulation courante, montre pourquoi elle séduit, pourquoi elle est fausse, puis rappelle ce que l'Église enseigne vraiment. Ce n'est pas un article sur la chasteté : la chasteté n'est que l'un des trois domaines de la pureté du cœur, et ses contresens propres sont traités ailleurs — voir Les erreurs fréquentes concernant la chasteté. Ici, comme dans les articles jumeaux de la série — Les erreurs fréquentes concernant la tempérance et Les erreurs fréquentes concernant le silence intérieur —, on déblaie le terrain : on apprend d'abord à reconnaître les fausses monnaies pour mieux recevoir l'or véritable.
Pourquoi la pureté du cœur est-elle si mal comprise ?
Un mot biblique réduit à une morale sexuelle
Le premier malentendu est de réduction. La pureté du cœur, dans l'Écriture et dans le Catéchisme, est un concept ample : elle touche tout ce qui, dans l'homme, peut se tourner vers Dieu ou s'en détourner. Mais l'oreille moderne, dès qu'elle entend « pureté », pense aussitôt et exclusivement à la sexualité. On confond alors « avoir le cœur pur » avec « être chaste », et l'on tient l'expression pour un euphémisme pieux désignant l'abstinence.
Or le Catéchisme est formel : les « cœurs purs » sont ceux qui ont accordé leur intelligence et leur volonté aux exigences de la sainteté de Dieu « principalement en trois domaines : la charité, la chasteté ou rectitude sexuelle, l'amour de la vérité et l'orthodoxie de la foi »[7]. La chasteté n'est donc qu'un des trois domaines — encadrée par la charité d'un côté et par l'amour de la vérité de l'autre. Un homme parfaitement continent mais dur, menteur ou idolâtre de lui-même n'a pas pour autant « le cœur pur » ; tandis qu'un cœur tendre, vrai et droit est déjà engagé dans la pureté que loue la béatitude. Saint Paul l'avait dit en reliant les trois : « Le but de cette injonction, c'est l'amour, la charité, qui vient d'un cœur pur, d'une conscience droite et d'une foi sans détours »[8].
« Le but de cette injonction, c'est l'amour, la charité, qui vient d'un cœur pur, d'une conscience droite et d'une foi sans détours. » — Saint Paul, Première lettre à Timothée 1, 5[9]
Le « cœur » de la Bible n'est pas le sentiment
Second malentendu, plus profond : on entend le mot « cœur » au sens romantique et moderne — le siège des émotions, l'organe des sentiments. « Avoir le cœur pur », ce serait alors éprouver de beaux sentiments, n'avoir que des élans gentils, se sentir bienveillant. La pureté glisse vers une affaire de ressenti.
Mais le « cœur » biblique est tout autre chose. Il désigne le centre de la personne, le lieu des décisions profondes, là où l'homme se tient devant Dieu et choisit. Le Catéchisme le dit nettement : « Le cœur est le siège de la personnalité morale »[10]. C'est pourquoi Jésus en fait la source de tout, du meilleur comme du pire :
« Car c'est du cœur que proviennent les pensées mauvaises : meurtres, adultères, inconduite, vols, faux témoignages, diffamations. » — Jésus, Évangile selon saint Matthieu 15, 19[11]
La pureté du cœur n'est donc pas la pureté des sentiments mais la pureté de ce centre décisionnel : un cœur dont les intentions, les choix et le regard sont accordés à Dieu. On peut avoir le cœur pur en traversant des sentiments pénibles, et l'avoir souillé sous de bons sentiments. Tout se joue dans l'orientation profonde de la personne, non dans la météo de ses émotions.
Les erreurs sur la nature de la pureté du cœur
« La pureté du cœur, c'est la pureté sexuelle »
C'est l'erreur reine, déjà entrevue : être pur de cœur, ce serait être chaste, point final. On identifie purement et simplement la sixième béatitude à la maîtrise sexuelle, et l'on en conclut qu'un célibataire continent, ou un époux fidèle, possède « le cœur pur » du seul fait de sa continence. L'erreur séduit parce qu'elle simplifie : elle ramène une exigence vaste à un domaine bien repérable.
Mais c'est confondre la partie avec le tout. La chasteté, enseigne le Catéchisme, est l'un des chemins du combat pour la pureté — celui qui permet « d'aimer d'un cœur droit et sans partage »[12] —, mais elle n'épuise pas la pureté du cœur, qui inclut aussi la charité et l'amour de la vérité[13]. Réduire l'une à l'autre produit deux illusions symétriques : croire qu'on a le cœur pur parce qu'on ne pèche pas contre la chasteté, tout en gardant un cœur dur, double ou menteur ; et inversement, désespérer d'avoir jamais « le cœur pur » à cause de ses combats sexuels, alors que la pureté se travaille aussi par la vérité et l'amour. Les contresens propres à la chasteté — la confondre avec la pruderie, avec le refoulement, avec une affaire de célibataires — sont traités dans Les erreurs fréquentes concernant la chasteté ; on ne les redouble pas ici.
« Avoir le cœur pur, c'est n'avoir aucune mauvaise pensée ni tentation »
Variante intérieure, très répandue chez les âmes délicates : la pureté du cœur exigerait qu'aucune mauvaise pensée, aucune image trouble, aucune tentation ne traverse plus jamais l'esprit. Tant qu'on est assailli de pensées importunes, on se croirait impur. L'erreur séduit parce qu'elle prend au sérieux la parole du Christ sur les pensées qui sortent du cœur[14] : si le mal vient du cœur, un cœur pur ne devrait-il pas être vide de tout mal ?
Mais c'est confondre la tentation avec le péché, et l'épreuve avec la défaite. Le baptisé, rappelle le Catéchisme, « doit continuer à lutter contre la concupiscence de la chair et les convoitises désordonnées »[15] : la pureté n'est pas l'absence de combat, elle est le combat. Une pensée qui surgit n'est pas encore un consentement ; le mal n'est pas dans le fait d'être tenté, mais dans la complaisance — « le refus de toute complaisance dans les pensées impures »[16]. Les saints les plus purs ont été les plus tentés. La pureté du cœur ne se mesure donc pas à la tranquillité de l'imagination, mais à l'orientation de la volonté qui, traversée par mille pensées, refuse de s'y arrêter et revient à Dieu. Sur la manière de ne pas confondre la tentation subie avec la faute consentie, voir aussi Les erreurs fréquentes concernant la chasteté.
« La pureté du cœur, c'est une innocence naturelle qu'on garde ou qu'on perd »
Erreur de nostalgie : la pureté serait une candeur native, un état de fraîcheur que l'enfant posséderait et que l'adulte aurait « perdu » en grandissant, en péchant, en connaissant le mal. Une fois perdue, elle serait irrécupérable, comme une virginité de l'âme. L'erreur séduit parce qu'elle se nourrit d'une intuition vraie — l'innocence de l'enfance a quelque chose d'évangélique — et d'un regret sincère.
Mais la pureté du cœur chrétienne n'est pas un capital de naissance que l'on dilapide : c'est un don de Dieu que sa grâce peut créer et recréer à tout âge. Le pécheur même le plus chargé peut crier avec David : « Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu »[17] — et le Catéchisme commente que Dieu peut « donner la vie de l'âme à des pécheurs en créant en eux un cœur pur »[18], comme il fit jaillir la lumière des ténèbres. Le mot « crée » est décisif : il ne s'agit pas de restaurer un vieux fonds, mais de recevoir un cœur neuf. La pureté n'est donc jamais définitivement perdue pour qui la demande ; elle est offerte au baptême, restaurée par la pénitence, et sans cesse renouvelée par la grâce. Quant à l'innocence des « petits enfants », le Catéchisme la cite non comme un âge révolu mais comme une attitude à reprendre : « Maintiens-toi dans la simplicité, l'innocence, et tu seras comme les petits enfants qui ignorent le mal destructeur de la vie des hommes »[19].
« Le cœur pur, c'est le cœur froid, sans désir et sans passion »
Erreur de caricature, qui décourage les vivants : le pur serait un être éteint, sans élan, sans désir, sans passion — une sorte d'ascète glacé qui aurait tué en lui toute affectivité. La pureté ressemblerait à une amputation. L'erreur séduit parce qu'elle confond la maîtrise des désirs avec leur extinction, et parce que certaines présentations rigoristes ont effectivement donné de la pureté une image triste.
Mais c'est exactement l'inverse. Le Catéchisme lie la pureté à la capacité d'aimer : la chasteté « permet d'aimer d'un cœur droit et sans partage »[20]. Le cœur pur n'est pas celui qui n'aime plus, mais celui qui aime mieux — d'un amour non divisé, non possessif, non instrumentalisant. La pureté du regard que recommande le Catéchisme ne ferme pas les yeux sur le monde : elle apprend au contraire à « recevoir autrui comme un prochain » et à percevoir « le corps humain […] comme un temple de l'Esprit Saint, une manifestation de la beauté divine »[21]. Loin de refroidir, la pureté réchauffe et clarifie : elle rend l'amour possible en le purifiant de la convoitise. Les cœurs les plus purs de l'histoire — la Vierge, les grands saints — ne furent pas des cœurs secs mais des cœurs embrasés.
Les erreurs sur le combat pour la pureté
« La pureté du cœur s'obtient par la seule volonté »
Erreur volontariste, héritée d'un certain stoïcisme : il suffirait de serrer les dents, de se discipliner assez fort, de vouloir énergiquement, pour conquérir un cœur pur par ses propres moyens. La pureté serait une performance de la volonté. L'erreur séduit parce qu'elle flatte l'orgueil de l'effort et parce que le combat pour la pureté exige réellement de la fermeté.
Mais l'Église range la pureté parmi les grâces, non parmi les exploits. Le Catéchisme énumère les moyens du combat — chasteté, pureté d'intention, pureté du regard — mais il les couronne tous par la prière[22], et il cite à ce propos l'aveu décisif de saint Augustin :
« Je croyais que la continence relevait de mes propres forces, forces que je ne me connaissais pas. Et j'étais assez sot pour ne pas savoir que personne ne peut être continent, si tu ne le lui donnes. » — Saint Augustin, Confessions, VI, 11, 20[23]
La pureté du cœur n'est donc pas d'abord arrachée mais demandée : « Crée en moi un cœur pur »[24]. L'effort reste nécessaire — la discipline des sentiments et de l'imagination, le refus de la complaisance[25] —, mais comme une coopération à la grâce, non comme une production solitaire. Croire qu'on se rendra pur à la force du poignet, c'est l'illusion qui précède toujours les grandes chutes ; reconnaître qu'on ne le peut sans Dieu, c'est le début de la vraie pureté.
« La pureté est une affaire purement intérieure : le regard et le corps n'y font rien »
Erreur désincarnée : puisque la pureté est « du cœur », elle se jouerait tout entière à l'intérieur, sans rien devoir au corps, aux yeux, aux gestes ni à la manière de vivre. On pourrait nourrir n'importe quel regard, consommer n'importe quelle image, du moment que « le cœur reste pur ». L'erreur séduit parce qu'elle a l'apparence de la profondeur : elle méprise les « détails » extérieurs au nom de l'intériorité.
Mais le Catéchisme tient ensemble l'intérieur et l'extérieur. La pureté du cœur se conquiert aussi « par la pureté du regard, extérieur et intérieur ; par la discipline des sentiments et de l'imagination »[26], et elle réclame la pudeur, qui « guide les regards et les gestes »[27] et inspire jusqu'au choix du vêtement. La Sagesse avertit que « la vue éveille la passion chez les insensés »[28] : ce que l'œil laisse entrer travaille le cœur. Il y a même, dit le Catéchisme, une pureté du climat social à promouvoir, qui « libère de l'érotisme diffus »[29]. Le cœur et le corps ne sont pas deux compartiments étanches : on ne garde pas un cœur pur en livrant ses yeux à tout. La pudeur n'est pas une pruderie ; elle est, comme partie de la tempérance[30], la sauvegarde concrète du cœur — sujet développé dans Les erreurs fréquentes concernant la tempérance.
« Seule compte l'intention ; ce que je regarde est indifférent »
Variante de la précédente, mais inversée, et tout aussi répandue : ce qui compterait, ce serait l'intention — si mon intention est bonne, ce que je regarde, lis ou consomme n'a pas d'importance. On invoque la « pureté d'intention » pour disqualifier toute vigilance sur le regard. L'erreur séduit parce qu'elle s'appuie sur une vérité — l'intention est bien décisive — qu'elle mutile aussitôt.
Car le Catéchisme distingue deux puretés complémentaires, jamais opposées : la « pureté d'intention », qui « consiste à viser la fin véritable de l'homme » et à chercher « en toute chose la volonté de Dieu » d'un « œil simple » ; et la « pureté du regard », qui discipline les sens et refuse « toute complaisance dans les pensées impures »[31]. L'une ne dispense pas de l'autre. Prétendre que la bonne intention couvre tout, c'est oublier que les images et les objets façonnent le cœur en retour, et qu'on ne « vise » pas longtemps Dieu d'un œil simple en nourrissant le regard de ce qui salit. La pureté d'intention vraie inclut la garde des yeux ; séparée d'elle, elle n'est plus qu'un alibi.
« La pureté du cœur est réservée aux consacrés et aux vierges »
Erreur de découragement, qui exclut les laïcs et les époux : la pureté du cœur serait l'apanage des moines, des consacrés et des vierges ; les gens mariés, plongés dans la chair et le monde, devraient y renoncer. L'erreur séduit parce qu'elle confond la pureté du cœur avec la virginité physique, et parce qu'elle paraît humble (« ce n'est pas pour moi »).
Mais la béatitude des cœurs purs est promise à tous : « Heureux les cœurs purs »[32], sans distinction d'état de vie. La pureté que loue le Christ est celle du cœur « sans partage »[33] — un cœur qui aime Dieu par-dessus tout —, et elle est accessible à l'époux comme au moine, dans et par leur état respectif. C'est même le cœur même de l'appel universel à la sainteté : un père de famille qui aime d'un cœur droit, qui garde la vérité et la fidélité, vit la pureté du cœur aussi réellement qu'un contemplatif. Jean Cassien, recueillant l'enseignement des Pères du désert, en faisait non le privilège d'une élite mais le but de toute vie tendue vers Dieu :
« La fin de notre profession est le règne de Dieu ; notre but, notre route pour y arriver, est la pureté du cœur, sans laquelle il est impossible d'atteindre cette fin. » — Jean Cassien, Conférences, Iʳᵉ conférence (l'abbé Moïse)[34]
Le jeûne, les veilles, la solitude, dit encore Cassien, ne sont que des instruments au service de ce but ; le but lui-même, la pureté du cœur, est offert à quiconque marche vers le Royaume, quel que soit son chemin.
Les erreurs sur la promesse : « ils verront Dieu »
« Voir Dieu, c'est seulement pour après la mort »
Erreur d'ajournement : la promesse « ils verront Dieu » ne concernerait que l'au-delà ; ici-bas, la pureté du cœur serait un effort sans récompense visible, dont le fruit attendrait le ciel. L'erreur séduit parce qu'elle est en partie vraie — la vision face à face est bien réservée à la gloire[35] — et parce qu'elle paraît modeste.
Mais le Catéchisme insiste : la vision promise commence dès maintenant. « Aux cœurs purs est promis de voir Dieu face à face […]. Dès aujourd'hui, elle nous donne de voir selon Dieu, de recevoir autrui comme un prochain » et de percevoir le corps comme « un temple de l'Esprit Saint »[36]. Le résumé est lapidaire : la pureté du cœur « nous donne dès maintenant de voir toute chose selon Dieu »[37]. Plus le cœur se purifie, plus il voit — il discerne la présence de Dieu dans les êtres, dans les événements, dans la beauté du monde. Saint Irénée s'émerveillait déjà de cette promesse qui, humainement impossible, devient possible à Dieu pour ceux qui l'aiment :
« Selon son amour, sa bonté envers les hommes et sa toute-puissance, il va jusqu'à accorder à ceux qui l'aiment le privilège de voir Dieu […], car ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. » — Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, IV, 20, 5[38]
La louange elle-même, note le Catéchisme, « participe à la béatitude des cœurs purs qui l'aiment dans la foi avant de le voir dans la Gloire »[39]. La récompense n'est donc pas seulement différée : elle est inaugurée, une clarté qui grandit à mesure que le cœur s'unifie.
« Le cœur pur est naïf : il ne voit pas le mal »
Dernière erreur, plus subtile : être pur, ce serait être naïf, ne pas voir le mal, prendre tout le monde pour bon, manquer de discernement. Le pur serait un innocent au sens péjoratif — un être qui ne comprend rien aux ruses du monde. L'erreur séduit parce qu'elle oppose, à tort, la pureté à la lucidité.
Mais l'Écriture affirme exactement le contraire : la pureté éclaire le regard. « Tout est pur pour les purs »[40], non parce qu'ils ferment les yeux, mais parce que leur cœur droit voit chaque chose selon sa vérité, sans la salir de ses convoitises ni de ses soupçons. Saint Thomas d'Aquin relie d'ailleurs la sixième béatitude au don d'intelligence : il distingue une double pureté, celle du cœur purgé de ses affections désordonnées, et celle de l'esprit « purgé des phantasmes et des erreurs », qui dispose à recevoir la vérité de Dieu[41]. Saint Augustin avait décrit ce cercle vertueux où la pureté du cœur ouvre l'intelligence :
« En croyant, ils obéissent à Dieu ; en obéissant, ils vivent bien ; en vivant bien, ils purifient leur cœur ; et en purifiant leur cœur, ils comprennent ce qu'ils croient. » — Saint Augustin, La foi et le Symbole[42]
Le cœur pur n'est donc pas aveugle au mal : il le voit mieux que personne, précisément parce qu'il n'en est pas complice. Sa pureté n'est pas ignorance mais transparence — un regard que rien ne trouble plus, capable de voir Dieu dans ce que d'autres ne voient pas.
« Tout est pur pour les purs ; mais pour ceux qui sont souillés et qui refusent de croire, rien n'est pur : leur intelligence, aussi bien que leur conscience, est souillée. » — Saint Paul, Lettre à Tite 1, 15[43]
L'erreur et la vérité, en un coup d'œil
Le tableau ci-dessous récapitule les contresens parcourus : à gauche, l'erreur dans sa formulation courante ; au centre, ce qui la rend fausse ; à droite, ce que l'Église enseigne réellement, avec sa source. Il se lit ligne par ligne, comme un antidote rapide aux idées reçues.
| L'erreur courante | Pourquoi c'est faux | Ce que l'Église enseigne |
|---|---|---|
| La pureté du cœur, c'est la pureté sexuelle | Réduit le tout à une partie : la chasteté n'est qu'un des trois domaines | « Charité, chasteté ou rectitude sexuelle, amour de la vérité » (CEC § 2518)[44] |
| Avoir le cœur pur, c'est n'avoir aucune tentation | Confond la tentation subie avec le péché consenti | Le baptisé « doit continuer à lutter » ; le mal est dans la complaisance (CEC § 2520)[45] |
| La pureté est une innocence naturelle qu'on perd | Confond un capital de naissance avec un don sans cesse recréé | « Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu » (Ps 50, 12 ; CEC § 298)[46] |
| Le cœur pur est froid, sans désir | Confond la maîtrise du désir avec son extinction | La pureté permet « d'aimer d'un cœur droit et sans partage » (CEC § 2520)[47] |
| La pureté s'obtient par la seule volonté | Oublie que la pureté est d'abord une grâce demandée | « Personne ne peut être continent, si tu ne le lui donnes » (Augustin ; CEC § 2520)[48] |
| La pureté est purement intérieure | Sépare le cœur du regard et du corps qui le façonnent | Pureté « du regard, extérieur et intérieur » et pudeur (CEC § 2520-2521)[49] |
| Seule l'intention compte, le regard est indifférent | Oppose deux puretés que l'Église tient ensemble | Pureté « d'intention » ET « du regard » (CEC § 2520)[50] |
| La pureté du cœur est réservée aux consacrés | Confond pureté du cœur et virginité physique | « Heureux les cœurs purs », promesse pour tous (Mt 5, 8 ; Cassien)[51] |
| Voir Dieu, c'est pour après la mort seulement | Oublie que la vision commence dès ici-bas | « Dès aujourd'hui […] voir toute chose selon Dieu » (CEC § 2519. 2531)[52] |
| Le cœur pur est naïf, il ne voit pas le mal | Oppose à tort la pureté et la lucidité | « Tout est pur pour les purs » ; don d'intelligence (Tt 1, 15 ; Thomas)[53] |
Pureté, chasteté, pudeur, simplicité : ne pas confondre
Beaucoup d'erreurs viennent d'un vocabulaire flou, où l'on prend un mot pour un autre. Quelques distinctions classiques suffisent à dissiper la brume. La pureté du cœur est la réalité la plus large : l'accord du centre de la personne — intelligence et volonté — avec la sainteté de Dieu, dans les trois domaines de la charité, de la chasteté et de l'amour de la vérité[54]. Elle est d'abord simplicité : un cœur unifié, sans partage, qui ne sert pas « deux maîtres »[55] et qui n'est pas, comme dit saint Jacques, un cœur d'« esprit double »[56].
La chasteté en est l'un des trois domaines : la juste intégration de la sexualité dans la personne, « selon l'état de chacun ». Elle sert la pureté du cœur sans s'y identifier. La pudeur, elle, n'est ni la pureté ni la chasteté : elle en est la gardienne, « partie intégrante de la tempérance »[57], qui protège l'intimité et guide les regards et les gestes. Enfin, « voir Dieu » n'est pas une métaphore vague : c'est la promesse propre à la béatitude — une vision qui commence ici-bas dans la foi et s'achèvera face à face dans la gloire[58]. Ces mots ne sont donc pas synonymes : la pureté du cœur nomme l'unification de toute la personne en Dieu ; la chasteté en est un domaine ; la pudeur, une sauvegarde ; la vision de Dieu, le fruit promis. Pour la chasteté prise en elle-même, voir Que disent les saints sur la chasteté et Comment grandir dans la chasteté.
Rendre à la pureté du cœur sa vraie grandeur
Une fois les contrefaçons écartées, la pureté du cœur apparaît dans sa lumière. Loin d'être une simple abstinence, une absence de tentations, une candeur perdue ou une froideur triste, elle est l'unification de tout l'être autour de Dieu — un cœur rendu « simple », transparent, capable d'aimer sans se diviser et de voir sans se troubler. C'est pourquoi l'Écriture en fait la condition pour s'approcher de Dieu :
« Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L'homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles. » — Psaume 23 (24), 3-4[59]
Le cœur pur, c'est l'homme qui « ne livre pas son âme aux idoles » : non pas d'abord celui qui ne pèche pas, mais celui qui n'a qu'un trésor, qu'un maître, qu'un amour. C'est aussi pourquoi Dieu, qui « regarde le cœur » quand les hommes « regardent l'apparence »[60], ne juge pas la pureté à l'extérieur mais à cette unité intérieure.
C'est enfin une grandeur qui ne se conquiert pas seul. La pureté du cœur est un don à demander autant qu'un combat à mener : « Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit »[61]. À celui qui la demande et la cherche, l'Évangile promet la plus haute des récompenses — celle vers laquelle, disait Cassien, tout le reste n'est qu'un chemin[62] :
« Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » — Jésus, Évangile selon saint Matthieu 5, 8[63]
Cette vision, déjà commencée dans la foi, s'achèvera dans la gloire, où « nous le verrons tel qu'il est »[64]. Telle est la vraie grandeur de la pureté du cœur, à l'opposé exact des caricatures qui l'ont défigurée : non pas un manque mais une plénitude, non pas une fermeture mais une clarté — le cœur unifié qui, déjà, commence à voir Dieu en toute chose.
Pour aller plus loin
- Les erreurs fréquentes concernant la chasteté — l'article jumeau sur le domaine sexuel de la pureté : pruderie, refoulement, idéal réservé aux célibataires, les contresens propres à la chasteté.
- Les erreurs fréquentes concernant la tempérance — la vertu dont la pudeur est partie intégrante : maîtrise, juste mesure et contresens courants.
- Les erreurs fréquentes concernant le silence intérieur — le cœur unifié et habité : un thème jumeau de la simplicité du cœur.
- Que disent les saints sur la chasteté — le florilège : la voix des Pères, docteurs et mystiques sur la pureté et le cœur sans partage.
- Comment grandir dans la chasteté — le guide pratique : moyens concrets pour vivre la pureté au quotidien.
Notes et références
Évangile selon saint Matthieu 5, 8, traduction liturgique officielle (AELF) : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » Sixième des Béatitudes. Citée par le Catéchisme de l'Église catholique comme l'une des expressions de la béatitude promise par Dieu (§ 1720) et au cœur de la doctrine sur la pureté du cœur (§ 2518).
1 32 51 63Catéchisme de l'Église catholique, § 1720 : « Le Nouveau Testament utilise plusieurs expressions pour caractériser la béatitude à laquelle Dieu appelle l'homme : […] la vision de Dieu : "Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu" (Mt 5, 8 ; cf. 1 Jn 3, 2 ; 1 Co 13, 12). » La sixième béatitude identifiée à la béatitude éternelle elle-même.
2Psaume 50 (51), 12, traduction liturgique officielle (AELF) : « Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. » Le Miserere, prière de David pénitent. Le CEC § 298 commente que Dieu peut « donner la vie de l'âme à des pécheurs en créant en eux un cœur pur ».
3 17 24 46 61Catéchisme de l'Église catholique, § 2518 : « La sixième béatitude proclame : "Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu" (Mt 5, 8). Les "cœurs purs" désignent ceux qui ont accordé leur intelligence et leur volonté aux exigences de la sainteté de Dieu, principalement en trois domaines : la charité (cf. 1 Tm 4, 3-9 ; 2 Tm 2, 22), la chasteté ou rectitude sexuelle (cf. 1 Th 4, 7 ; Col 3, 5 ; Ep 4, 19), l'amour de la vérité et l'orthodoxie de la foi (cf. Tt 1, 15 ; 1 Tm 1, 3-4 ; 2 Tm 2, 23-26). Il existe un lien entre la pureté du cœur, du corps et de la foi. » Le paragraphe cite saint Augustin (La foi et le Symbole 10, 25) : « en croyant, ils obéissent à Dieu ; qu'en obéissant, ils vivent bien ; qu'en vivant bien, ils purifient leur cœur et qu'en purifiant leur cœur, ils comprennent ce qu'ils croient. »
4 7 13 44 54Évangile selon saint Matthieu 6, 24, traduction liturgique officielle (AELF) : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent. » La pureté du cœur comme cœur « sans partage », qui ne sert qu'un maître.
5 55Catéchisme de l'Église catholique, § 2519 : « Aux "cœurs purs" est promis de voir Dieu face-à-face et de Lui être semblables (cf. 1 Co 13, 12 ; 1 Jn 3, 2). La pureté du cœur est le préalable à la vision. Dès aujourd'hui, elle nous donne de voir selon Dieu, de recevoir autrui comme un "prochain" ; elle nous permet de percevoir le corps humain, le nôtre et celui du prochain, comme un temple de l'Esprit Saint, une manifestation de la beauté divine. »
6 21 36 52 58Première lettre à Timothée 1, 5, traduction liturgique officielle (AELF) : « Le but de cette injonction, c'est l'amour, la charité, qui vient d'un cœur pur, d'une conscience droite et d'une foi sans détours. » Verset cité par le CEC (§ 1794, § 2518) pour relier la pureté du cœur, la droiture de la conscience et la rectitude de la foi.
8 9Catéchisme de l'Église catholique, § 2517 : « Le cœur est le siège de la personnalité morale : "C'est du cœur que viennent intentions mauvaises, meurtres, adultères et inconduites" (Mt 15, 19). La lutte contre la convoitise charnelle passe par la purification du cœur et la pratique de la tempérance. » Le texte cite ensuite le Pasteur d'Hermas (voir note suivante).
10Évangile selon saint Matthieu 15, 19, traduction liturgique officielle (AELF) : « Car c'est du cœur que proviennent les pensées mauvaises : meurtres, adultères, inconduite, vols, faux témoignages, diffamations. » (cf. Mc 7, 21). Verset cité par le CEC § 2517 pour établir que « le cœur est le siège de la personnalité morale ».
11 14Catéchisme de l'Église catholique, § 2520 : « Le Baptême confère […] la grâce de la purification de tous les péchés. Mais le baptisé doit continuer à lutter contre la concupiscence de la chair et les convoitises désordonnées. Avec la grâce de Dieu, il y parvient – par la vertu et le don de chasteté, car la chasteté permet d'aimer d'un cœur droit et sans partage ; – par la pureté d'intention qui consiste à viser la fin véritable de l'homme : d'un œil simple, le baptisé cherche à trouver et à accomplir en toute chose la volonté de Dieu ; – par la pureté du regard, extérieur et intérieur ; par la discipline des sentiments et de l'imagination ; par le refus de toute complaisance dans les pensées impures […] ; – par la prière. »
12 15 16 20 22 25 26 31 33 45 47 50Catéchisme de l'Église catholique, § 298 : « Puisque Dieu peut créer de rien, il peut, par l'Esprit Saint, donner la vie de l'âme à des pécheurs en créant en eux un cœur pur (cf. Ps 51, 12), et la vie du corps aux défunts par la Résurrection. » La pureté du cœur comme création nouvelle, non comme restauration d'un fonds ancien.
18Le Pasteur d'Hermas, Préceptes (mandata) 2, 1, cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 2517 : « Maintiens-toi dans la simplicité, l'innocence, et tu seras comme les petits enfants qui ignorent le mal destructeur de la vie des hommes. » La pureté du cœur comme simplicité retrouvée, et non comme innocence d'un âge révolu.
19Saint Augustin, Confessions, livre VI, ch. 11, n° 20, cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 2520 : « Je croyais que la continence relevait de mes propres forces, […] forces que je ne me connaissais pas. Et j'étais assez sot pour ne pas savoir que personne ne peut être continent, si tu ne le lui donnes. Et certes, tu l'aurais donné, si de mon gémissement intérieur, j'avais frappé à tes oreilles. » La pureté reconnue comme don de Dieu, non comme conquête des seules forces humaines.
23 48Catéchisme de l'Église catholique, § 2521 : « La pureté demande la pudeur. Celle-ci est une partie intégrante de la tempérance. La pudeur préserve l'intimité de la personne. Elle désigne le refus de dévoiler ce qui doit rester caché. Elle est ordonnée à la chasteté dont elle atteste la délicatesse. Elle guide les regards et les gestes conformes à la dignité des personnes et de leur union. »
27 30 49 57Livre de la Sagesse 15, 5, cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 2520 : « La vue éveille la passion chez les insensés. » Fondement scripturaire de la « pureté du regard » parmi les moyens du combat pour la pureté.
28Catéchisme de l'Église catholique, § 2525 : « La pureté chrétienne demande une purification du climat social. Elle exige des moyens de communication sociale une information soucieuse de respect et de retenue. La pureté du cœur libère de l'érotisme diffus et écarte des spectacles qui favorisent le voyeurisme et l'illusion. »
29Jean Cassien (v. 360-435), Conférences (Conlationes), Iʳᵉ conférence avec l'abbé Moïse, « But et fin du moine » : « La fin de notre profession est le règne de Dieu, le royaume des cieux ; mais notre but, notre route pour y arriver, est la pureté du cœur, sans laquelle il est impossible d'atteindre cette fin. » Cassien distingue le but prochain (en grec scopos : la pureté du cœur, vers laquelle tout doit tendre) et la fin dernière (telos : le Royaume) ; le jeûne, les veilles et la solitude ne sont que des instruments au service de ce but.
34 62Première lettre de saint Jean 3, 2, traduction liturgique officielle (AELF) : « Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n'a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu'il est. » (cf. 1 Co 13, 12). La vision face à face réservée à la gloire, dont la pureté du cœur est le préalable (CEC § 2519).
35 64Catéchisme de l'Église catholique, § 2531 (« En bref ») : « La pureté du cœur nous donnera de voir Dieu : elle nous donne dès maintenant de voir toute chose selon Dieu. » La vision promise est à la fois future (la gloire) et inaugurée (dès ici-bas).
37Saint Irénée de Lyon (v. 130-202), Contre les hérésies (Adversus Haereses), IV, 20, 5, cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 1722 : « "Bienheureux les cœurs purs parce qu'ils verront Dieu." Certes, selon sa grandeur et son inexprimable gloire, "nul ne verra Dieu et vivra", car le Père est insaisissable ; mais selon son amour, sa bonté envers les hommes et sa toute-puissance, il va jusqu'à accorder à ceux qui l'aiment le privilège de voir Dieu […], car ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. »
38Catéchisme de l'Église catholique, § 2639 : la louange « participe à la béatitude des cœurs purs qui l'aiment dans la foi avant de le voir dans la Gloire ». La béatitude de la sixième béatitude commence donc dès la vie de foi, par la louange.
39Lettre à Tite 1, 15, traduction liturgique officielle (AELF) : « Tout est pur pour les purs ; mais pour ceux qui sont souillés et qui refusent de croire, rien n'est pur : leur intelligence, aussi bien que leur conscience, est souillée. » Verset référé par le CEC § 2518 dans le domaine de l'amour de la vérité.
40 43 53Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 8 (« Le don d'intelligence »), a. 7 : Thomas relie la sixième béatitude — « Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » — au don d'intelligence. Il distingue une double pureté : celle du cœur, « purifié des affections désordonnées » (œuvre des vertus de la partie appétitive), et celle de l'esprit « purgé des phantasmes et des erreurs », en sorte qu'il reçoive sans déformation ce qui lui est proposé de Dieu — pureté qui « résulte du don d'intelligence ». La pureté du cœur est ainsi ordonnée à une vision plus claire de Dieu, non à l'aveuglement de la naïveté.
41Saint Augustin, La foi et le Symbole (De fide et symbolo) 10, 25 (PL 40, 196), cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 2518 : les fidèles doivent croire les articles du Symbole « afin qu'en croyant, ils obéissent à Dieu ; qu'en obéissant, ils vivent bien ; qu'en vivant bien, ils purifient leur cœur et qu'en purifiant leur cœur, ils comprennent ce qu'ils croient ». La purification du cœur ouvre l'intelligence de la foi.
42Lettre de saint Jacques 4, 8, traduction liturgique officielle (AELF) : « Approchez-vous de Dieu, et lui s'approchera de vous. Pécheurs, enlevez la souillure de vos mains ; esprits doubles, purifiez vos cœurs. » L'impureté du cœur y est nommée « esprit double » — l'opposé exact de la simplicité du cœur unifié.
56Psaume 23 (24), 3-4, traduction liturgique officielle (AELF) : « Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L'homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles. » Le cœur pur y est défini par l'unité du cœur (ne pas servir d'idoles) autant que par l'innocence des actes.
59Premier livre de Samuel 16, 7, traduction liturgique officielle (AELF) : « Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l'apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » Dieu juge la pureté à l'unité intérieure du cœur, non à l'apparence extérieure.
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