Que disent les saints sur la chasteté

Des Pères du désert à Jean-Paul II, les saints ont célébré la chasteté comme une beauté, une liberté et la condition d'un amour vrai. Florilège de leurs plus fortes paroles — Augustin, Thomas d'Aquin, François de Sales, Alphonse de Liguori, le Curé d'Ars, Maria Goretti — sur la pureté du corps et du cœur.

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Peu de vertus ont été aussi constamment célébrées par les saints que la chasteté. Des Pères du désert aux papes contemporains, en passant par les docteurs, les mystiques et les martyrs, une même conviction traverse vingt siècles : la pureté du corps et du cœur n'est pas une contrainte humiliante, mais une beauté, une liberté, et la condition d'un amour vrai. Cet article rassemble leurs paroles les plus fortes — leur voix propre — sur la chasteté.

Il ne s'agit pas ici d'exposer une nouvelle fois ce qu'est la chasteté ni comment la pratiquer : ces questions sont traitées dans Comment grandir dans la chasteté (la vertu positive), Comment grandir dans le combat contre la luxure (le combat contre le vice) et Comment grandir dans la pureté du cœur (la limpidité intérieure). Le présent florilège se concentre sur ce que les saints en ont dit, parce que leurs formules — souvent brèves, frappées comme des sentences — éclairent et entraînent mieux qu'un long traité.

Trois accents complémentaires : la beauté de l'âme pure, la vigilance devant ce qui obscurcit le regard et la promesse de voir Dieu. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

On y entendra trois registres : l'émerveillement devant la beauté de l'âme pure, l'avertissement sévère devant le ravage du péché de la chair, et la promesse que la pureté ouvre les yeux sur Dieu. Ces trois tons, loin de se contredire, composent la grande symphonie des saints sur la chasteté.

Pourquoi les saints ont-ils tant célébré la chasteté ?

« Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu »

Toute la spiritualité de la chasteté découle d'une parole du Christ, la sixième des Béatitudes :

« Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » — Jésus, Évangile selon saint Matthieu 5, 8[1]

Les saints n'ont cessé de méditer ce lien entre la pureté et la vision de Dieu. Pour eux, le cœur est comme un miroir : couvert de la boue des passions désordonnées, il ne reflète plus rien ; rendu limpide, il reçoit la lumière de Dieu. La chasteté n'est donc pas seulement une question de morale, mais une question de regard : elle décide de ce que l'âme sera capable de voir. C'est pourquoi le Catéchisme range la chasteté parmi les conditions de la « pureté du cœur » qui, « dès maintenant, nous donne de voir selon Dieu »[2].

Une vertu qui rend « semblable aux anges »

L'autre grande intuition des Pères est que la chasteté élève l'homme, en le rendant capable d'aimer à la manière des esprits bienheureux, sans l'esclavage des sens. Cette image — la pureté qui « angélise » l'homme — court de l'Antiquité chrétienne jusqu'à saint François de Sales :

« La chasteté est le lis des vertus et, dès cette vie, elle nous rend presque semblables aux anges. » — Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, IIIᵉ partie, ch. 12[3]

Il faut entendre cette comparaison avec justesse. Les saints ne méprisent pas le corps ni le mariage : ils enseignent que la chasteté libère l'amour de sa pesanteur égoïste, comme l'ange aime sans se chercher lui-même. La pureté n'abolit pas la chair ; elle la rend transparente à l'esprit.

La chasteté, gardienne de l'amour

Loin d'opposer chasteté et amour, les saints les unissent : pour eux, la chasteté est précisément ce qui rend l'amour possible, en empêchant qu'il ne se dégrade en convoitise. Saint Paul l'avait posé en principe dès les premières communautés :

« Ce que Dieu veut, c'est votre sanctification : que vous vous absteniez de l'inconduite, que chacun de vous sache prendre une femme dans la sainteté et le respect, sans se laisser emporter par la passion du désir, comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu. » — Saint Paul, Première lettre aux Thessaloniciens 4, 3-5[4]

Sept formules qui jalonnent vingt siècles de tradition spirituelle, de saint Augustin à saint Jean-Paul II. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Cette parole fonde tout le reste : la chasteté est « la volonté de Dieu », non une invention des moines. Et son enjeu n'est pas négatif — « ne pas faire » — mais positif : aimer « dans la sainteté et le respect », c'est-à-dire reconnaître dans l'autre une personne, jamais un objet.

La voix des Pères de l'Église

Saint Augustin : « Donne-moi la chasteté… mais pas tout de suite »

Aucun saint n'a parlé de la chasteté avec plus de vérité que saint Augustin (354-430), parce qu'aucun n'a mieux connu la déchirure intérieure de celui qui la désire sans encore la vouloir tout entière. Dans ses Confessions, il a livré la prière la plus célèbre — et la plus honnête — sur ce combat :

« Donne-moi la chasteté et la continence, mais pas tout de suite. Car je craignais que tu ne m'exauces trop vite, et que tu ne me guérisses trop tôt de cette maladie de la concupiscence, que je préférais assouvir plutôt qu'éteindre. » — Saint Augustin, Confessions, livre VIII, ch. 7[5]

Cette phrase dévoile le cœur du problème : la difficulté n'est pas d'abord de pouvoir, mais de vouloir. Augustin enseigne par là que la chasteté n'est jamais une simple performance de volonté : c'est une guérison que Dieu opère dans une liberté qui apprend, peu à peu, à désirer sa propre purification.

La chasteté, un don à demander, non une conquête à arracher

De cette expérience, Augustin tire une doctrine décisive : la continence est un don de Dieu, qu'il faut implorer. C'est la fameuse formule qui, plus tard, déclenchera la controverse pélagienne, tant elle souligne la primauté de la grâce :

« Tu nous ordonnes la continence : donne ce que tu ordonnes, et ordonne ce que tu veux. » — Saint Augustin, Confessions, livre X, ch. 29[6]

Saint Augustin dans son cabinet de travail, Sandro Botticelli, vers 1494, galerie des Offices. Domaine public, via Wikimedia Commons.

Les saints reprendront tous cette leçon : on ne devient pas chaste en serrant les dents, mais en demandant la chasteté comme une grâce. L'effort reste nécessaire, mais il est second ; le premier mot est une prière.

Saint Jérôme : « Je loue le mariage, mais parce qu'il m'engendre des vierges »

Saint Jérôme (347-420), traducteur de la Vulgate, est le grand chantre patristique de la virginité consacrée. Sa Lettre 22 à Eustochium (384) est le manifeste classique de l'idéal virginal. Il y répond d'avance à l'objection qui l'accuse de mépriser le mariage par une formule d'équilibre restée fameuse :

« Je loue le mariage, je loue les noces : mais c'est parce qu'ils m'engendrent des vierges. » — Saint Jérôme, Lettre 22 à Eustochium, § 20[7]

Jérôme ne dévalorise pas le mariage chrétien : il le situe dans une hiérarchie de dons où la virginité consacrée tient le rang le plus élevé — enseignement que le concile de Trente confirmera comme doctrine de foi[8]. Mais sa lettre est aussi d'un réalisme cru sur le combat : il y raconte ses propres tentations au désert et martèle qu'aucune austérité ne dispense de la vigilance.

Cyprien, Ambroise, Chrysostome : la virginité, « fleur de l'Église »

La même célébration parcourt les autres Pères. Saint Cyprien de Carthage (200-258), dans son traité De habitu virginum, appelle les vierges consacrées la part la plus éclatante du troupeau du Christ :

« Elles sont la fleur du germe de l'Église, l'honneur et la parure de la grâce spirituelle, la portion la plus illustre du troupeau du Christ. » — Saint Cyprien de Carthage, De habitu virginum, 3[9]

Cyprien, Ambroise, Jean Chrysostome et Grégoire de Nysse : la virginité consacrée comme fleur de l'Église, sans effacer la fidélité conjugale ni la continence propre à chaque état de vie. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Saint Ambroise de Milan (340-397) consacre à la virginité plusieurs traités (De virginibus) ; saint Jean Chrysostome (349-407) écrit un De virginitate ; saint Grégoire de Nysse (335-395) en fait, dans son propre De virginitate, le chemin qui rend l'âme capable de s'unir à Dieu. Saint Athanase (296-373) résume l'esprit commun : la pureté est « le mode de vie qui imite les anges »[10]. Tous ne s'adressent pas qu'aux moines : ils enseignent que la continence selon l'état de vie — virginité pour les uns, fidélité conjugale pour les autres — est la forme universelle de la chasteté chrétienne.

La chasteté selon les docteurs : saint Thomas d'Aquin

Une partie de la tempérance, non un refoulement

Le docteur commun, saint Thomas d'Aquin (1225-1274), donne à la chasteté son assise théologique précise. Dans la Somme théologique, il la définit comme une partie de la vertu de tempérance : elle modère le désir des plaisirs sexuels selon la droite raison, comme la sobriété modère le boire et le manger. Le mot même de chasteté, note-t-il, vient du verbe castigare — « corriger », « redresser » — parce qu'elle redresse la concupiscence pour la mettre au service de la raison[11]. Loin d'un refoulement, c'est un ordre rendu à l'amour : non pas tuer le désir, mais le gouverner.

« La luxure aveugle l'esprit » : les filles de la luxure

Thomas est aussi le grand analyste des ravages du vice contraire. La luxure, montre-t-il, n'attaque pas seulement le corps : elle obscurcit l'intelligence. Reprenant saint Grégoire le Grand, il enseigne que « l'aveuglement de l'esprit » procède de la luxure comme « l'hébétude du sens » procède de la gourmandise[12].

« Puisque l'appétit du plaisir charnel l'emporte au plus haut point, c'est dans la luxure que la raison est le plus complètement absorbée, au point que l'homme ne peut plus rien considérer droitement. » — d'après saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 153[13]

Ce que la luxure obscurcit et ce que la chasteté rend à l'intelligence et à la volonté. La colonne de gauche reprend les « filles de la luxure » analysées par saint Thomas d'Aquin ; celle de droite en présente les contraires spirituels. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

De ce désordre, Thomas tire la liste des « filles de la luxure » (filiae luxuriae) : l'aveuglement de l'esprit, l'irréflexion, l'inconstance, la précipitation, l'amour de soi, la haine de Dieu, l'attachement au monde présent et le désespoir du siècle à venir[14]. Cette analyse explique pourquoi les saints ont tant insisté sur la chasteté : ils y voyaient la gardienne du discernement. On ne voit clair, en Dieu comme en soi, qu'avec un cœur pur.

Les maîtres de la vie intérieure

Saint François de Sales : douceur et fermeté

Au seuil de l'âge moderne, saint François de Sales (1567-1622), docteur de l'Église, donne à la chasteté un visage doux et accessible aux laïcs vivant dans le monde. Dans son Introduction à la vie dévote, il consacre deux chapitres à la chasteté — « le lis des vertus » — et y joint un conseil d'une grande finesse psychologique : dans ce combat, il ne faut pas s'attarder à argumenter avec la tentation, mais s'en détourner vers Dieu, comme un enfant se jette dans les bras de son père.

« Tournez les yeux de votre cœur vers Jésus-Christ crucifié, et par un grand élan d'amour rejetez le consentement à cette tentation. […] Ne disputez jamais avec elle, ne lui répondez que pour la mépriser. » — d'après saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, IIIᵉ partie, ch. 13[15]

Le « vrai portrait » de saint François de Sales, estampe ancienne conservée à la Bibliothèque nationale de France. Domaine public, via Wikimedia Commons.

Sa pédagogie tient en deux mots : détourner et confier, plutôt que combattre de front. C'est l'inverse de l'angoisse scrupuleuse ; la chasteté salésienne est tranquille, parce qu'elle s'appuie sur l'amour plus que sur la peur.

Saint Alphonse de Liguori : « celui qui fuit vainc »

Saint Alphonse de Liguori (1696-1787), docteur de l'Église et grand maître de la vie morale, ramène toute la pratique de la chasteté à un petit nombre de moyens sûrs, qu'il répète inlassablement : la prière, la fuite des occasions et le recours à Marie. Sur le premier point, sa formule est célèbre :

« Celui qui prie se sauve, celui qui ne prie pas se damne. » — Saint Alphonse de Liguori, Du grand moyen de la prière[16]

Sur le second, il enseigne que, dans les tentations contre la pureté, « le courage consiste à fuir » : à la différence des autres combats, celui-ci se gagne en s'éloignant du danger, non en l'affrontant[17]. Ce n'est pas lâcheté, mais lucidité sur la faiblesse humaine. Saint Philippe Néri (1515-1595) le disait dans les mêmes termes : en matière de pureté, « les poltrons remportent la victoire », c'est-à-dire ceux qui se gardent de présumer de leurs forces[18].

Saint Jean Bosco et l'éducation des jeunes à la pureté

Au XIXᵉ siècle, saint Jean Bosco (1815-1888) fait de la pureté le cœur de son éducation de la jeunesse. Convaincu que cette vertu est le trésor le plus exposé des jeunes, il en confie la garde à la fréquentation des sacrements et à la dévotion mariale, et forme des adolescents capables d'une sainteté héroïque — au premier rang desquels son élève Dominique Savio. Sa conviction pédagogique : la pureté ne se protège pas par la seule défense, mais par la plénitude d'une vie joyeuse, occupée et tournée vers Dieu.

« Plutôt mourir que pécher » : les héros et martyrs de la pureté

L'Église vénère une lignée de saints qui ont préféré la mort au péché d'impureté. Leur témoignage n'est pas une exaltation morbide du sacrifice : il dit, dans sa radicalité, que la pureté de l'âme vaut plus que la vie du corps.

Sainte Agnès, vierge et martyre

Au sommet de cette lignée se tient sainte Agnès de Rome (v. 291-304), martyrisée vers treize ans pour avoir refusé le mariage afin de rester fidèle au Christ, son unique Époux. Saint Ambroise, qui a fixé sa légende, voit en elle la preuve que la force de la pureté ne dépend pas de l'âge : « une enfant nouvelle dans le martyre, mais déjà mûre dans la vertu »[19]. Agnès devient le modèle des vierges chrétiennes pour tous les siècles.

Saint Louis de Gonzague, « le saint de la pureté angélique »

Quatre témoins de la pureté héroïque : Agnès, Louis de Gonzague, Dominique Savio et Maria Goretti. Leurs vies associent fidélité, service, courage et pardon. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Saint Louis de Gonzague (1568-1591), jeune jésuite mort à vingt-trois ans en soignant les pestiférés de Rome, est traditionnellement appelé le « saint de la pureté angélique ». La tradition rapporte qu'il poussait la garde des yeux jusqu'à un degré héroïque, gardant un regard d'une telle limpidité qu'on le surnomma « l'ange ». Proclamé par les papes patron de la jeunesse chrétienne, il incarne l'idée que la pureté n'est pas tristesse mais maîtrise lumineuse de soi, au service du don total.

Saint Dominique Savio : « La mort, mais pas le péché »

Élève de Don Bosco, saint Dominique Savio (1842-1857), mort à quatorze ans, a résumé toute sa vie spirituelle dans une résolution prise le jour de sa première communion, qu'il fit graver dans sa mémoire comme une devise :

« La mort, mais pas le péché. » — Saint Dominique Savio (devise prise à sa première communion)[20]

Cette parole d'enfant dit, mieux que tout traité, ce que les martyrs de la pureté ont vécu : il y a un bien — l'amitié avec Dieu, dont la chasteté est gardienne — qui passe avant la vie elle-même.

Sainte Maria Goretti, martyre de la pureté

Le cas le plus célèbre des temps modernes est celui de sainte Maria Goretti (1890-1902), paysanne italienne de onze ans, poignardée le 5 juillet 1902 par un jeune voisin, Alessandro Serenelli, parce qu'elle résistait à son agression. Selon les témoignages recueillis au procès de béatification, elle lui cria :

« Non, non ! C'est un péché ! Dieu ne le veut pas ! Tu irais en enfer ! » — Sainte Maria Goretti à son agresseur, 5 juillet 1902[21]

Mais son martyre ne s'arrête pas à la défense de sa pureté : avant de mourir, le lendemain, elle pardonna à son meurtrier et déclara vouloir le retrouver au Paradis[22]. Alessandro, après des années de prison et une conversion, assistera à sa canonisation en 1950. Maria Goretti unit ainsi les deux sommets de l'Évangile : la pureté gardée jusqu'au sang et le pardon offert jusqu'au bout. Le pape Pie XII la proposa comme modèle à une jeunesse menacée par « les séductions du vice »[23].

La pureté et la vision de Dieu : avertissements et promesses

Le saint Curé d'Ars : « Rien de si beau qu'une âme pure »

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), le Curé d'Ars, patron des prêtres, parlait de la pureté avec un émerveillement de poète et une sévérité de confesseur. Son catéchisme aux paroissiens a gardé des formules d'une fraîcheur saisissante :

« Il n'y a rien de si beau qu'une âme pure ; si on le comprenait, on ne pourrait pas la perdre. » — Saint Jean-Marie Vianney, catéchisme sur les prérogatives de l'âme pure[24]

Saint Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars, portrait de George Desvallières publié en 1920. Domaine public, via Wikimedia Commons.

À l'inverse, il décrivait l'âme déshonorée par l'impureté avec un réalisme volontairement rude, pour réveiller les consciences endormies : « Il n'y a rien de si vilain qu'une âme impure »[25]. Toute sa pastorale tient dans ce contraste : montrer la beauté de la pureté pour en faire aimer le prix, dire la laideur du péché pour en faire fuir le danger.

Fatima : l'avertissement sur « les péchés de la chair »

Le XXᵉ siècle a reçu, à Fatima (1917), un avertissement saisissant sur la gravité des péchés contre la chasteté. Sœur Lucie, l'une des trois voyants, rapporte que la petite Jacinthe Marto (1910-1920), bouleversée par la vision de l'enfer, répétait une parole reçue à Lisbonne :

« Les péchés qui conduisent le plus d'âmes en enfer sont les péchés de la chair. » — parole attribuée à Notre-Dame, rapportée par sainte Jacinthe Marto, dans les Mémoires de sœur Lucie[26]

Cette parole, qui relève d'une révélation privée rapportée et non d'un dogme, n'enseigne pas que ces péchés seraient les plus graves en soi — l'orgueil et la haine de Dieu le sont davantage — mais qu'ils perdent le plus grand nombre d'âmes, parce qu'ils sont les plus répandus, les plus banalisés et les moins combattus. Elle prolonge, sous une forme prophétique moderne, l'avertissement constant des saints sur le danger de l'impureté.

Marthe Robin : toute imperfection « obscurcit la pureté de l'âme »

Les mystiques élargissent enfin la notion de pureté bien au-delà de la seule chair, jusqu'à la limpidité totale du cœur. La vénérable Marthe Robin (1902-1981) note ainsi dans son journal :

« Il est à conclure que toute imperfection, même la moindre, obscurcit la pureté de l'âme et retarde, si elle n'empêche, sa parfaite union avec Dieu. » — Vénérable Marthe Robin, Journal (décembre 1929 – novembre 1932)[27]

On rejoint ici la pureté du cœur au sens le plus large, traitée pour elle-même dans Comment grandir dans la pureté du cœur : la chasteté du corps n'est que la première étape d'une transparence qui doit gagner toute l'âme.

Le regard contemporain : la chasteté comme capacité d'aimer

Saint Jean-Paul II : « la pureté est la gloire du corps »

Au XXᵉ siècle, saint Jean-Paul II (1920-2005) a renouvelé en profondeur le discours de l'Église sur la chasteté à travers sa « théologie du corps » — cent vingt-neuf catéchèses données entre 1979 et 1984. Loin de toute morale de l'interdit, il y présente la pureté comme la condition d'un amour véritable, où le corps devient le langage du don de soi :

« La pureté est la gloire du corps humain devant Dieu. Elle est la gloire de Dieu dans le corps humain. » — Saint Jean-Paul II, catéchèse sur la théologie du corps (18 mars 1981)[28]

Saint Jean-Paul II à Denver en 1993, photographie de Robert McNeely réalisée dans le cadre de fonctions officielles fédérales américaines. Domaine public, via Wikimedia Commons.

Dès son livre Amour et responsabilité (1960), alors qu'il était évêque, il avait posé le principe : la chasteté n'est pas l'ennemie de l'amour mais sa condition, car seul un cœur pur peut voir et aimer la personne de l'autre, au lieu de la réduire à un objet de jouissance[29]. La chasteté, ainsi comprise, n'est pas un « non » à la sexualité, mais un « oui » à la dignité de la personne.

Benoît XVI : purifier l'eros, ne pas le détruire

Dans la théologie du corps de saint Jean-Paul II, la pureté éduque le regard : l'autre cesse d'être un objet pour être reconnu comme une personne appelée au don. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Son successeur, Benoît XVI, a prolongé cette vision dans sa première encyclique Deus caritas est (2005). Il y refuse l'idée que le christianisme aurait « détruit l'eros » : la foi, écrit-il, ne combat pas le désir amoureux, elle le guérit et le conduit à sa grandeur en l'arrachant à la pure recherche du plaisir pour l'ouvrir au don[30]. La chasteté est ce travail de purification : non l'extinction de l'amour humain, mais son éducation vers sa pleine vérité.

Ce que résume le Catéchisme

L'enseignement de l'Église catholique recueille toute cette tradition en quelques formules denses. La chasteté, dit le Catéchisme, « signifie l'intégration réussie de la sexualité dans la personne »[31] ; elle est « une vertu morale » mais aussi « un don de Dieu, une grâce »[32] ; elle représente « une œuvre de longue haleine » qui « comporte un apprentissage de la maîtrise de soi »[33]. On retrouve, sous une forme magistérielle, exactement ce que les saints disaient : la chasteté est à la fois un effort et une grâce, un combat et une beauté, une discipline et une liberté.

Marie, la Toute-Pure, modèle et secours

Toutes les voix des saints convergent enfin vers une seule figure : Marie, l'Immaculée, la Toute-Pure. Les saints de la chasteté l'ont unanimement présentée comme le modèle de la pureté et le secours le plus sûr dans le combat. Saint Alphonse, saint Jean Bosco, saint Louis-Marie Grignion de Montfort enseignent tous que la dévotion mariale est, dans les tentations contre la pureté, une protection privilégiée. La logique en est simple : la pureté est un don, on l'obtient en la demandant, et nul n'obtient mieux cette grâce que par celle qui en est le chef-d'œuvre.

La tradition spirituelle mariale le dit simplement : garder les voies de Marie, c'est trouver la pureté que l'on cherchait[34].

Pour la spiritualité de la Divine Volonté transmise par Luisa Piccarreta, Marie est plus encore : la créature en qui la volonté humaine, parfaitement unie à la Volonté divine, fut d'une pureté sans ombre. La chasteté trouve là son couronnement : non plus seulement résister au mal, mais vivre dans une transparence totale à Dieu, comme Marie.

Tableau : les grandes voix de la chasteté

Le tableau ci-dessous récapitule les principales voix rassemblées dans cet article, l'image forte qu'elles ont laissée et la leçon qu'on en retient.

Saint ou docteurÉpoqueFormule ou image forteLeçon retenue
Saint AugustinIVᵉ-Vᵉ s.« Donne ce que tu ordonnes »La chasteté est d'abord une grâce à demander
Saint JérômeIVᵉ s.« Je loue le mariage, car il m'engendre des vierges »Hiérarchie des dons, sans mépris du mariage
Saint Thomas d'AquinXIIIᵉ s.« La luxure aveugle l'esprit »La pureté garde la clarté du jugement
Saint François de SalesXVIᵉ-XVIIᵉ s.« Le lis des vertus »Douceur et fermeté ; détourner, ne pas disputer
Saint Alphonse de LiguoriXVIIIᵉ s.« Celui qui fuit vainc »Prière, fuite des occasions, recours à Marie
Saint Curé d'ArsXIXᵉ s.« Rien de si beau qu'une âme pure »La beauté de la pureté fait aimer son prix
Sainte Maria GorettiXXᵉ s.« Non, non ! C'est un péché ! »La pureté de l'âme vaut plus que la vie
Saint Jean-Paul IIXXᵉ s.« La pureté est la gloire du corps »La chasteté, condition de l'amour vrai

Que conseillent les saints pour vivre la chasteté ?

Si l'on rassemble les conseils que les saints répètent, un petit nombre de moyens revient avec une constance frappante — des Pères du désert à Jean-Paul II. On ne les développe pas ici : ils font l'objet de l'article Comment grandir dans la chasteté. Mais leur convergence mérite d'être notée comme une sagesse commune des saints :

  • Demander la chasteté comme une grâce, avec Augustin : « Donne ce que tu ordonnes. »
  • Fuir les occasions, avec Alphonse et Philippe Néri : ici, « le courage consiste à fuir. »
  • Garder les sens, surtout les yeux, avec Louis de Gonzague et le Curé d'Ars.
  • Recourir aux sacrements — l'Eucharistie qui fortifie, la confession qui relève.
  • Détourner le cœur vers le Christ, avec François de Sales, plutôt que disputer avec la tentation.
  • Se confier à Marie, secours des âmes pures.
  • Et ne jamais oublier la patience : la chasteté est « une œuvre de longue haleine », jamais acquise une fois pour toutes.
Sept chemins convergents : demander la grâce, fuir l'occasion, garder les sens, recevoir les sacrements, se tourner vers le Christ, recourir à Marie et persévérer avec patience. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Ces conseils ne sont pas une recette mécanique, mais l'expérience décantée de vingt siècles de sainteté. Ils disent tous la même chose : la chasteté n'est pas d'abord un effort héroïque de la volonté solitaire, mais une amitié avec Dieu qui, peu à peu, rend le cœur libre, limpide et capable d'aimer.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Évangile selon saint Matthieu 5, 8, traduction liturgique officielle (AELF) : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » Sixième des Béatitudes (Mt 5, 1-12).

    1
  2. Catéchisme de l'Église catholique, § 2519 : « Les "cœurs purs" […] dès maintenant nous est donné de voir "selon Dieu" […]. La pureté du cœur nous donne de voir Dieu. » Édition officielle française, Mame/Plon, 1992.

    2
  3. Saint François de Sales (1567-1622), Introduction à la vie dévote (1609), IIIᵉ partie, ch. 12 (« De la chasteté ») : « La chasteté est le lis des vertus, et elle rend les hommes presque égaux aux anges. » Texte largement diffusé ; nombreuses éditions (ex. Œuvres, Annecy ; éd. de poche Seuil/Points).

    3
  4. Première lettre de saint Paul aux Thessaloniciens 4, 3-5, traduction liturgique officielle (AELF) : « Ce que Dieu veut, c'est votre sanctification : vous tenir loin de l'inconduite […], sans vous laisser emporter par la passion du désir, comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu. »

    4
  5. Saint Augustin (354-430), Confessions, livre VIII, ch. 7, § 17 : « Da mihi castitatem et continentiam, sed noli modo. » (« Donne-moi la chasteté et la continence, mais pas tout de suite. ») Augustin précise qu'il craignait d'être exaucé trop vite. Éd. de référence : Les Confessions, trad. dans la collection Bibliothèque augustinienne (Desclée de Brouwer) ou éd. GF-Flammarion.

    5
  6. Saint Augustin, Confessions, livre X, ch. 29, § 40 : « Da quod iubes et iube quod vis. » (« Donne ce que tu ordonnes, et ordonne ce que tu veux. ») Cette formule sur la continence comme don de la grâce fut au cœur de la controverse pélagienne (cf. De dono perseverantiae, 20, 53).

    6
  7. Saint Jérôme (347-420), Lettre 22 à Eustochium (an 384), § 20 : « Laudo nuptias, laudo coniugium, sed quia mihi virgines generant. » (« Je loue le mariage, je loue les noces, mais c'est parce qu'ils m'engendrent des vierges. ») Éd. de référence : Lettres, texte établi et traduit par J. Labourt, Les Belles Lettres (CUF).

    7
  8. Concile de Trente, XXIVᵉ session (1563), Doctrine et canons sur le mariage, canon 10 : est anathématisé celui qui nie que l'état de virginité ou de célibat consacré soit « meilleur et plus heureux » que l'état de mariage. Cf. Denzinger-Hünermann, Enchiridion symbolorum, nº 1810. L'Église honore le mariage comme sacrement tout en tenant la supériorité du don virginal.

    8
  9. Saint Cyprien de Carthage (v. 200-258), De habitu virginum (« Sur la tenue des vierges »), 3 : les vierges consacrées sont « flos est ille ecclesiastici germinis […], illustrior portio gregis Christi » (« la fleur du germe de l'Église […], la portion la plus illustre du troupeau du Christ »). Texte dans le Corpus Christianorum / PL 4.

    9
  10. Saint Athanase d'Alexandrie (v. 296-373), De virginitate (Sur la virginité), PG 28. La virginité chrétienne y est présentée comme une vie imitant celle des anges. L'authenticité du traité grec est discutée ; la doctrine reste reçue dans la tradition.

    10
  11. Saint Thomas d'Aquin (1225-1274), Somme théologique, IIa-IIae, q. 151, a. 1 : la chasteté est une partie de la tempérance qui modère le désir des plaisirs sexuels selon la raison ; le nom vient de ce qu'elle « châtie » (castigat) la concupiscence. Éd. de référence : trad. fr. de la Revue des Jeunes (Cerf) ou éd. du Cerf en un volume.

    11
  12. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 15, a. 3, reprenant saint Grégoire le Grand, Morales sur Job, XXXI : « l'aveuglement de l'esprit » (caecitas mentis) naît de la luxure, comme « l'hébétude du sens » naît de la gourmandise.

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  13. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 153, a. 5 : parce que le plaisir vénérien est le plus véhément, c'est dans la luxure que l'usage de la raison est le plus entravé. Traduction synthétique d'après le texte latin ; à confronter à l'édition critique.

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  14. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 153, a. 5 : les « filles de la luxure » (filiae luxuriae) sont l'aveuglement de l'esprit, l'irréflexion (inconsideratio), l'inconstance, la précipitation, l'amour de soi, la haine de Dieu, l'attachement au siècle présent et l'horreur ou le désespoir du siècle à venir.

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  15. Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, IIIᵉ partie, ch. 13 (« Quelques avis sur la chasteté ») et IVᵉ partie (sur les tentations) : conseil de détourner le cœur vers le Christ crucifié et de ne pas disputer avec la tentation impure. Formulation synthétique d'après le texte de Sales.

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  16. Saint Alphonse de Liguori (1696-1787), Du grand moyen de la prière (Del gran mezzo della preghiera, 1759) : « Celui qui prie se sauve, celui qui ne prie pas se damne. » Thèse centrale de l'ouvrage. Trad. fr. nombreuses (éd. anciennes et rééditions).

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  17. Saint Alphonse de Liguori, enseignement constant de ses ouvrages de spiritualité (La vraie épouse de Jésus-Christ, La pratique de l'amour envers Jésus-Christ) : dans les tentations contre la pureté, « le courage consiste à fuir » l'occasion, à la différence des autres tentations qu'on affronte de face.

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  18. Saint Philippe Néri (1515-1595) : sentence rapportée par ses biographes (notamment Pietro Giacomo Bacci, Vita di san Filippo Neri) : dans le combat de la pureté, « les poltrons remportent la victoire », c'est-à-dire ceux qui fuient l'occasion sans présumer de leurs forces.

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  19. Saint Ambroise de Milan (v. 340-397), De virginibus, livre I, ch. 2, sur sainte Agnès : « nova martyr aetate, fortis martyrio » — une enfant par l'âge, mais forte dans le martyre. Ambroise fait d'Agnès le modèle des vierges. PL 16.

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  20. Saint Dominique Savio (1842-1857), résolution prise le jour de sa première communion (8 avril 1849) et conservée comme devise de vie : « La morte, ma non peccati » (« La mort, mais pas le péché »). Rapportée par saint Jean Bosco, Vie du jeune Dominique Savio (1859).

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  21. Sainte Maria Goretti (1890-1902), paroles rapportées au procès de béatification d'après les déclarations de son agresseur repenti, Alessandro Serenelli : « No, no! È peccato! Dio non lo vuole! Tu andrai all'inferno! » (« Non, non ! C'est un péché ! Dieu ne le veut pas ! Tu irais en enfer ! »), le 5 juillet 1902 à Le Ferriere di Conca.

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  22. Sainte Maria Goretti, paroles de pardon rapportées la veille de sa mort (6 juillet 1902) : elle déclara pardonner à son meurtrier « pour l'amour de Jésus » et vouloir qu'il la rejoigne au Paradis. Serenelli, converti après sa détention, témoigna au procès et assista à la canonisation (24 juin 1950).

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  23. Pie XII, homélie de canonisation de sainte Maria Goretti, 24 juin 1950, place Saint-Pierre : il la propose comme modèle aux jeunes face aux « séductions du vice » et célèbre la pureté gardée jusqu'au sang.

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  24. Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), Catéchisme sur les prérogatives de l'âme pure, recueilli dans l'Esprit du Curé d'Ars (abbé Monnin) : « Il n'y a rien de si beau qu'une âme pure ; si on le comprenait, on ne pourrait pas la perdre. »

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  25. Saint Jean-Marie Vianney, Catéchisme sur l'impureté, recueilli dans l'Esprit du Curé d'Ars : « Il n'y a rien de si vilain qu'une âme impure. » Le saint usait d'images volontairement rudes pour réveiller les consciences.

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  26. Parole attribuée à Notre-Dame et rapportée par sainte Jacinthe Marto (1910-1920), citée par sœur Lucie de Fatima dans ses Mémoires (IIIᵉ et IVᵉ Mémoires) : « Les péchés qui conduisent le plus d'âmes en enfer sont les péchés de la chair. » Il s'agit d'une révélation privée rapportée : elle indique que ces péchés perdent le plus grand nombre d'âmes (parce que les plus répandus), non qu'ils seraient les plus graves en soi.

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  27. Vénérable Marthe Robin (1902-1981), Journal (décembre 1929 – novembre 1932), Éditions Foyer de Charité, 2012, p. 38 : « Toute imperfection, même la moindre, obscurcit la pureté de l'âme et retarde, si elle n'empêche, sa parfaite union avec Dieu. »

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  28. Saint Jean-Paul II (1920-2005), catéchèse sur la théologie du corps, audience générale du 18 mars 1981 : « La pureté est la gloire du corps humain devant Dieu. Elle est la gloire de Dieu dans le corps humain. » Cf. Homme et femme il les créa. Une théologie du corps, éd. Cerf.

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  29. Karol Wojtyła (futur Jean-Paul II), Amour et responsabilité (Miłość i odpowiedzialność, 1960), trad. fr. Stock/Dialogue : la chasteté est présentée comme la condition de l'amour authentique de la personne, qui empêche de réduire l'autre au rang d'objet de jouissance (la « valeur de la personne » contre l'« attitude de consommation »).

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  30. Benoît XVI, encyclique Deus caritas est (25 décembre 2005), nº 3-5 : la foi chrétienne n'a pas « détruit l'eros », mais elle le purifie et le guérit pour le conduire à sa vraie grandeur, en l'ouvrant au don de soi. Texte officiel sur Vatican.va.

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  31. Catéchisme de l'Église catholique, § 2337 : « La chasteté signifie l'intégration réussie de la sexualité dans la personne, et par là l'unité intérieure de l'homme dans son être corporel et spirituel. »

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  32. Catéchisme de l'Église catholique, § 2345 : « La chasteté est une vertu morale. Elle est aussi un don de Dieu, une grâce, un fruit de l'effort spirituel. »

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  33. Catéchisme de l'Église catholique, § 2342 : « La maîtrise de soi est une œuvre de longue haleine. […] Elle connaît des temps de progrès et des temps de régression. »

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  34. Paraphrase de synthèse, dans la ligne de saint Alphonse de Liguori (Les Gloires de Marie) et de saint Louis-Marie Grignion de Montfort (Traité de la vraie dévotion), où le recours à Marie est présenté comme un secours privilégié pour obtenir et garder la pureté. Ce n'est pas une citation textuelle de ces œuvres.

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