Mary Baker Eddy (1821-1910)

Mary Baker Eddy, fondatrice en 1879 de l'Église du Christ, Scientiste, enseignait que la matière, la maladie et la mort ne sont que des illusions de l'esprit. Sa vie mouvementée, sa doctrine et ses conséquences réelles, examinées à la lumière de la foi catholique.

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Mary Baker Eddy (1821-1910) est une fondatrice religieuse américaine autodidacte, fondatrice en 1879 de la Church of Christ, Scientist — l'Église du Christ, Scientiste, plus connue sous le nom de sa doctrine, la Science Chrétienne (Christian Science)[1]. Après une jeunesse marquée par une santé fragile et trois mariages endeuillés ou brisés, elle affirme avoir « découvert » en 1866, à la suite d'une chute sur le verglas, la loi spirituelle qui gouvernerait toute guérison authentique : la maladie, le péché et la mort ne seraient que des erreurs de l'esprit mortel, sans aucune réalité dans l'Esprit infini qu'elle identifie à Dieu[2]. Elle expose cette thèse en 1875 dans Science and Health with Key to the Scriptures, texte qu'elle révisera toute sa vie et que son Église considère, aux côtés de la Bible, comme son unique « pasteur »[3].

Fondatrice d'une organisation qui compte, à son apogée démographique de 1936, plus de deux cent soixante-huit mille membres aux États-Unis, Mary Baker Eddy est intronisée au National Women's Hall of Fame en 1995, où elle est présentée comme la seule Américaine fondatrice d'une religion durable d'origine américaine[4]. Son mouvement laissera aussi un journal d'audience internationale, The Christian Science Monitor (1908), primé sept fois du prix Pulitzer entre 1950 et 2002[5].

Mais cette œuvre reste traversée, dès son vivant, par des controverses documentées : l'accusation d'avoir emprunté l'essentiel de sa théologie de la guérison au mesmériste Phineas Quimby, une procédure judiciaire cherchant à la faire déclarer incapable en 1907, et surtout des conséquences pratiques mortelles — des enfants morts de maladies parfaitement soignables parce que leurs parents, adeptes de la Science Chrétienne, avaient refusé tout recours médical au nom de l'irréalité doctrinale de la maladie[6]. Cet article retrace loyalement la vie de Mary Baker Eddy, expose fidèlement sa doctrine à partir de ses propres écrits, avant d'examiner ce qu'un regard catholique peut y reconnaître de sincère — et ce qu'il ne peut recevoir d'une métaphysique qui nie la bonté de la création, vide l'Incarnation de sa substance et, en niant la réalité du mal, finit par causer un mal bien réel.

Une jeunesse néo-anglaise marquée par la maladie

Naissance à Bow et une famille congrégationaliste

Maison natale à Bow, gravure d’après Rufus Baker, publiée par Sybil Wilbur en 1908, p. 11 — Wikimedia Commons, domaine public.

Mary Morse Baker naît le 16 juillet 1821 dans une ferme de Bow, dans le New Hampshire, benjamine des six enfants de Mark Baker, agriculteur, et de son épouse Abigail Barnard Ambrose Baker[7]. Le 26 juillet 1838, à dix-sept ans, elle est reçue dans l'Église congrégationaliste de Tilton (New Hampshire), confession calviniste rigoureuse dont elle contestera très tôt certains points, notamment la prédestination[8]. Sa scolarité formelle reste interrompue à plusieurs reprises par une santé fragile ; elle compense par une lecture personnelle abondante et une pratique précoce de l'écriture en prose et en vers[9].

Une santé fragile et un imaginaire mystique précoce

Toute son enfance et sa jeunesse sont scandées par des crises nerveuses, des douleurs dorsales et des malaises que ses biographes — favorables comme critiques — décrivent comme chroniques et invalidants, traités selon les usages de l'époque par la morphine et l'hypnose[10]. Cette fragilité durable façonne très tôt chez elle une quête personnelle de guérison qui deviendra, quarante ans plus tard, le centre même de sa doctrine.

Trois mariages, un fils perdu

George Washington Glover (1843-1844) : un veuvage précoce

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En décembre 1843, Mary Baker épouse George Washington Glover, entrepreneur en bâtiment. Il meurt de la fièvre jaune en juin 1844, à Wilmington (Caroline du Nord), trois mois avant la naissance de leur fils, George Washington Glover II, né le 12 septembre 1844[11]. Devenue veuve à vingt-deux ans après six mois de mariage seulement, elle retourne vivre chez ses parents dans le New Hampshire[12]. Sa santé continuant de décliner, elle confie son fils, vers 1851, à l'ancienne nourrice de la famille — séparation qui deviendra durable et douloureuse, le fils grandissant loin de sa mère[13]. En novembre 1849, sa mère Abigail meurt ; trois semaines plus tard, son fiancé du moment, John Bartlett, meurt à son tour[14].

Daniel Patterson (1853-1873) : un second mariage rompu

En 1853, elle épouse Daniel Patterson, dentiste itinérant dont l'instabilité professionnelle et personnelle se révèle rapidement problématique[15]. Patterson l'abandonne en 1866, après quatre années passées à se loger chez diverses familles d'accueil ; elle divorce formellement en 1873 pour cause de désertion et d'infidélité[16].

Asa Gilbert Eddy (1877-1882) et le « magnétisme animal malicieux »

Le 1er janvier 1877, elle épouse dans le salon de sa maison de Lynn son élève Asa Gilbert Eddy, qui lui apporte, selon la biographie officielle de son Église, un « soutien indéfectible »[17]. Il meurt de maladie cardiaque le 3 juin 1882, peu après leur installation à Boston[18]. Or Mrs. Eddy refuse cette explication naturelle : le jour même de sa mort, elle convoque le Boston Globe à son domicile pour affirmer que son mari a été victime d'un « assassinat mental » perpétré par des ennemis à Boston qui « avaient juré de leur nuire »[19]. Le médecin, le Dr Rufus Noyes, lui montre pourtant le cœur défaillant du défunt et lui en désigne les lésions organiques ; elle continue néanmoins de soutenir que son mari est mort d'un « arsenic mental »[20]. Elle nommera cette cause invisible le « magnétisme animal malicieux » (malicious animal magnetism, M.A.M.) — concept central de sa théodicée, puisque la Science Chrétienne, niant l'existence d'un diable personnel, devait néanmoins expliquer d'où vient le mal ressenti ; l'historienne des religions Catherine Albanese y décèle la persistance d'un diable calviniste sous la surface métaphysique[21].

Le prêtre catholique Mgr George Rutler relève l'ironie profonde de cet épisode : loin de confronter la réalité de la mort, Mrs. Eddy la rationalise par une abstraction métaphysique qui relève, selon lui, d'un véritable « dualisme manichéen » — refusant jusqu'au bout d'admettre que son mari, comme tout homme, est simplement mort[22].

Phineas Quimby et la question du plagiat

Le mesmériste de Portland (1862-1866)

Phineas Quimby, portrait communiqué par son fils George A. Quimby, publié dans Cather et Milmine, 1909, entre les pages 48 et 49 — Wikimedia Commons, domaine public.

Le 14 octobre 1861, Daniel Patterson écrit à Phineas Parkhurst Quimby, guérisseur mental et ancien horloger de Portland (Maine) réputé pour ses techniques de suggestion mentale héritées du mesmérisme, pour solliciter un traitement au nom de sa femme[23]. Mary Patterson (future Eddy) le rencontre en personne en octobre 1862 et devient sa disciple assidue jusqu'à sa mort, survenue le 16 janvier 1866[24]. Quimby fait recopier ses manuscrits par chacun de ses élèves comme méthode d'enseignement ; Mrs. Eddy conservera toute sa vie une copie annotée de sa main d'un texte résumant sa doctrine, intitulé Extracts from P. P. Quimby's Writings[25].

La controverse des « manuscrits Quimby »

Un fac-similé de ce document, comparé colonne par colonne à des passages de Science and Health, paraît dans le New York Times du 10 juillet 1904, alimentant une accusation de plagiat qui poursuivra Mrs. Eddy toute sa vie et qu'elle n'a jamais reconnue[26]. Les manuscrits originaux de Quimby ne seront publiés qu'en 1921 par Horatio Dresser — cinquante-cinq ans après la mort de leur auteur, alors que la Science Chrétienne est déjà solidement implantée[27]. Les historiens restent partagés sur l'ampleur réelle de cet emprunt. La biographe Gillian Gill conclut que la preuve d'un fondement quimbyen massif de la théologie de guérison d'Eddy est « non seulement faible, mais largement biaisée »[28], tandis que l'historien des religions J. Gordon Melton reconnaît qu'« Eddy partageait certes des idées avec Quimby » mais qu'« elle différait de lui sur des points clés, notamment les techniques de guérison », précisant qu'« elle ne partageait pas l'hostilité de Quimby envers la Bible et le christianisme »[29]. Quelle que soit la part exacte d'emprunt, le fait documenté et non contesté demeure : c'est en étudiant durant quatre ans, aux côtés de Quimby, une théorie de la guérison par le mental que Mrs. Eddy élabore le noyau de ce qui deviendra sa propre doctrine.

La chute de 1866 et la « découverte » de la Science Chrétienne

L'accident du 1er février 1866 à Lynn

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Le 1er février 1866, Mary Patterson glisse sur un trottoir verglacé de Lynn (Massachusetts) et se blesse gravement[30]. Le Dr Alvin M. Cushing, médecin homéopathe de Lynn appelé à son chevet, diagnostique une commotion et une possible luxation vertébrale[31]. Selon le récit qu'elle en fera elle-même et que reprend aujourd'hui son Église, elle se serait rétablie dès le 3 février 1866, deux jours après l'accident, en lisant un récit de guérison évangélique — celui du paralytique de Matthieu 9[32]. Le 14 février 1866, dans une lettre à Julius Dresser (élève de Quimby), elle attribue explicitement sa rechute à la mort récente de Quimby, révélant combien sa pensée reste, à cette date, encore dépendante du cadre quimbyen[33].

Une guérison contestée dès l'origine

Ce récit fondateur n'a jamais été confirmé par son médecin traitant. En 1908, sollicité par des adversaires du mouvement liés au journal New York World, le Dr Cushing signe une déposition affirmant n'avoir jamais jugé la blessure grave, ni jamais entendu parler d'une guérison miraculeuse[34]. L'Église du Christ, Scientiste réunira en retour plusieurs dépositions de voisins de Lynn et de Swampscott contredisant cette version tardive de Cushing[35] — mais le désaccord entre la source médicale contemporaine des faits et le récit ultérieur de la Fondatrice reste, à ce jour, documenté sans avoir été tranché.

La rédaction de Science and Health (1872-1875)

Après plusieurs années d'étude intensive des Écritures et de rédaction de notes personnelles à partir de 1867, Mrs. Eddy cesse en 1872 d'enseigner pour se consacrer entièrement à l'écriture de son livre[36]. Elle achève le manuscrit au printemps 1875 dans une chambre mansardée de sa maison du 8 Broad Street, à Lynn, et publie en octobre 1875 Science and Health, à mille exemplaires, aux frais de la Christian Scientist Publishing Company qu'elle a elle-même fondée[37]. L'ouvrage, rebaptisé plus tard Science and Health with Key to the Scriptures, connaîtra des dizaines de révisions jusqu'à peu avant sa mort et demeure, avec la Bible, l'unique texte de référence lu lors des offices de son Église[38].

La fondation de l'Église du Christ, Scientiste (1879)

Lynn, puis Boston : une organisation qui se structure vite

La Mother Church originale à Boston vers 1900, Detroit Photographic Company, Library of Congress — Wikimedia Commons, domaine public.

En avril 1879, Mrs. Eddy organise à Lynn l'Église du Christ (Scientiste) avec une douzaine de membres[39]. Le mouvement se réorganise en 1892 sous la forme définitive de The First Church of Christ, Scientist, dite « Mother Church », dont l'édifice de Boston est achevé en 1894[40]. En janvier 1881, elle obtient la charte d'État du Massachusetts Metaphysical College, où elle formera personnellement environ huit cents élèves entre 1882 et 1889 moyennant trois cents dollars de frais chacun — sa dernière classe, en mars 1889, comptant soixante-cinq étudiants avant la fermeture du collège la même année[41].

Les institutions de diffusion

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Mrs. Eddy multiplie ensuite les organes de diffusion de sa doctrine : The Christian Science Journal (mensuel, 1883), la Christian Science Publishing Society (1898), le Christian Science Sentinel (hebdomadaire), le Herald of Christian Science (éditions multilingues), et enfin, à l'âge de quatre-vingt-sept ans, le quotidien The Christian Science Monitor, lancé en 1908[42]. Ce journal, dont la vocation affichée dépasse la seule propagande religieuse, obtiendra sept prix Pulitzer entre 1950 et 2002, avant de voir son tirage papier chuter de deux cent vingt mille exemplaires en 1970 à cinquante-deux mille en 2008, puis basculer en 2009 vers une diffusion essentiellement numérique[43].

Chronologie de la fondation

  1. 16 juillet 1821
    Naissance à Bow (New Hampshire)

    Mary Morse Baker naît dans une famille congrégationaliste de fermiers.

  2. Décembre 1843 — juin 1844
    Premier mariage et veuvage

    Mariage à George Washington Glover, mort de la fièvre jaune six mois plus tard.

  3. 1853
    Mariage à Daniel Patterson

    Union avec un dentiste itinérant, qui l'abandonnera en 1866.

  4. Octobre 1862 — janvier 1866
    Disciple de Phineas Quimby

    Étude assidue de la méthode de guérison mentale du mesmériste de Portland.

  5. 1er février 1866
    La chute de Lynn

    Chute sur le verglas ; guérison revendiquée deux jours plus tard.

  6. Octobre 1875
    Publication de Science and Health

    Premier tirage à mille exemplaires du texte fondateur de la Science Chrétienne.

  7. 1er janvier 1877
    Mariage à Asa Gilbert Eddy

    Troisième mariage, avec l'un de ses élèves.

  8. Avril 1879
    Fondation de l'Église

    Organisation de l'Église du Christ (Scientiste) à Lynn, une douzaine de membres.

  9. Janvier 1881
    Massachusetts Metaphysical College

    Charte d'État obtenue ; environ 800 élèves formés jusqu'en 1889.

  10. 3 juin 1882
    Mort d'Asa Gilbert Eddy

    Mrs. Eddy attribue sa mort au « magnétisme animal malicieux ».

  11. 1894
    Édifice de la Mother Church

    Achèvement de la First Church of Christ, Scientist à Boston.

  12. Mars 1907
    Le Next Friends Suit

    Procédure judiciaire visant à la faire déclarer incapable.

  13. 1908
    Christian Science Monitor

    Lancement du quotidien, à l'âge de quatre-vingt-sept ans.

  14. 3 décembre 1910
    Mort à Chestnut Hill

    Mrs. Eddy meurt de pneumonie, à quatre-vingt-neuf ans.

La doctrine de la Science Chrétienne : la matière comme illusion

Une vulgarisation nécessaire avant les distinctions

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Pour comprendre la Science Chrétienne, il faut d'abord saisir une idée simple, sur laquelle tout le reste se construit : Mrs. Eddy enseigne que seul l'Esprit existe réellement, et que tout ce qui semble matériel — un corps, une maladie, une douleur, la mort elle-même — n'est qu'une croyance erronée, une sorte de rêve collectif qu'elle nomme « l'esprit mortel » (mortal mind). Guérir, dans ce système, ne consiste donc pas à soigner un corps réellement malade, mais à corriger une pensée fausse sur un corps qui, en vérité, ne peut pas être malade puisqu'il n'est pas véritablement matière. Cette image aide à entrer dans le système ; elle ne remplace pas l'examen précis de ses propres textes, auxquels on doit maintenant se référer directement.

Dieu, l'Esprit unique et infini

Le glossaire de Science and Health définit Dieu comme : « Le grand Je Suis ; celui qui sait tout, voit tout, agit en tout, aime tout, est infiniment sage et éternel ; Principe ; Mental ; Âme ; Esprit ; Vie ; Vérité ; Amour ; Substance ; Intelligence »[44]. Cette accumulation de qualificatifs vise à dissoudre toute distinction entre Dieu et ses attributs : Dieu n'est pas seulement vivant, il est la Vie ; il n'est pas seulement vrai, il est la Vérité. Le Mental (Mind) reçoit une définition rigoureusement identique : « Le seul "Je", ou "Nous" ; le seul Esprit, Âme, Principe, Substance, Vie, Vérité, Amour, l'Unique Dieu »[45]. Il n'existe donc, dans ce système, strictement aucune différence entre Dieu, l'Esprit, le Mental et l'Âme : tous ces mots désignent une seule et même réalité, infinie et exclusivement spirituelle.

La matière : « mythologie » et « croyance mortelle »

C'est de cette prémisse que découle la thèse la plus radicale de la Science Chrétienne. Le glossaire définit ainsi la matière : « Mythologie ; mortalité ; un autre nom pour l'esprit mortel ; une croyance matérielle, à savoir que l'Intelligence, la Substance et la Vie appartiennent à la non-intelligence et à la mortalité »[46]. La formule la plus célèbre du système, lue en clôture des offices dominicaux depuis 1896 sous le nom d'« énoncé scientifique de l'être », résume cette position en une phrase :

« Il n'y a ni vie, ni vérité, ni intelligence, ni substance dans la matière. Tout est Mental infini et sa manifestation infinie, car Dieu est Tout-en-tout. » — Mary Baker Eddy, Science and Health with Key to the Scriptures, chapitre XIV, « Recapitulation »[47]

Le corps humain lui-même, dans ce cadre, n'a d'existence qu'illusoire : la chair est définie comme « une erreur de croyance physique ; la supposition que la vie, la substance et l'intelligence sont dans la matière ; une illusion »[48].

Péché, maladie et mort : les « erreurs de l'esprit mortel »

Conséquence logique de cette métaphysique : la maladie n'est pas un mal réel affectant un corps réel, mais une croyance fausse qu'il suffit de corriger par la compréhension spirituelle. Un exemple souvent cité de Science and Health l'énonce sans détour : « La maladie est une croissance de l'illusion, naissant d'une graine de pensée — la vôtre ou celle d'un autre »[49]. La mort elle-même reçoit, dans le glossaire, une définition qui abolit purement et simplement sa réalité : « Une illusion, le mensonge de la vie dans la matière ; l'irréel et le faux ; l'opposé de la Vie »[50]. Quant au mal moral, la Science Chrétienne refuse d'y voir l'œuvre d'un être personnel : le Diable est défini comme « le Mal ; un mensonge ; l'erreur ; ni corporéité ni mental ; l'opposé de la Vérité ; une croyance au péché, à la maladie et à la mort »[51].

Une christologie qui sépare Jésus du Christ

Point doctrinal décisif pour l'appréciation catholique qui suivra : Mrs. Eddy distingue nettement l'homme historique Jésus du « Christ », qu'elle conçoit comme une manifestation divine impersonnelle plutôt que comme sa propre personne divine incarnée. Le glossaire définit ainsi le Christ : « La manifestation divine de Dieu, qui vient à la chair pour détruire l'erreur incarnée »[52] — formule que la doctrine du mouvement commente comme un « Principe divin » impersonnel, distinct de la personne historique de Jésus. Jésus, quant à lui, est défini comme « le plus haut concept humain et corporel de l'idée divine, qui réprimande et détruit l'erreur et met en lumière l'immortalité de l'homme »[53]. Cette distinction entre l'homme Jésus, simple concept humain de l'idée divine, et le Christ, manifestation divine impersonnelle qui se rend présente à travers lui, structure toute la sotériologie de la Science Chrétienne — et rejoint, comme on le verra, une erreur christologique ancienne déjà condamnée par la première génération chrétienne.

La croix et la résurrection réinterprétées : les Six Tenets

L'ensemble de cette doctrine est condensé dans les six Tenets de la Mother Church, professés lors de chaque office dominical depuis la publication du Manuel de l'Église en 1895 :

« 1. En tant qu'adhérents de la Vérité, nous prenons la Parole inspirée de la Bible comme notre guide suffisant vers la Vie éternelle. 2. Nous reconnaissons et adorons un Dieu suprême et infini unique. Nous reconnaissons son Fils, un seul Christ ; le Saint-Esprit ou divin Consolateur ; et l'homme à l'image et à la ressemblance de Dieu. 3. Nous reconnaissons le pardon de Dieu pour le péché dans la destruction du péché et la compréhension spirituelle qui chasse le mal comme irréel. Mais la croyance au péché est punie tant que dure cette croyance. 4. Nous reconnaissons l'expiation de Jésus comme la preuve de l'Amour divin et efficace, dévoilant l'unité de l'homme avec Dieu à travers le Christ Jésus le Montreur de Voie ; et nous reconnaissons que l'homme est sauvé par le Christ, par la Vérité, la Vie et l'Amour, comme démontré par le Prophète galiléen en guérissant les malades et en surmontant le péché et la mort. 5. Nous reconnaissons que la crucifixion de Jésus et sa résurrection ont servi à élever la foi pour comprendre la Vie éternelle, à savoir la totalité de l'Âme, de l'Esprit, et la néantité de la matière. 6. Et nous promettons solennellement de veiller et de prier pour que cet Esprit soit en nous qui était aussi dans le Christ Jésus ; de faire aux autres ce que nous voudrions qu'ils nous fassent ; et d'être miséricordieux, justes et purs. » — Mary Baker Eddy, Manual of The Mother Church, article VIII, section 4, « Tenets of The Mother Church »[54]

Le cinquième tenet mérite un arrêt particulier : la croix et la résurrection n'y sont pas confessées comme les moyens réels par lesquels le Christ répare le péché du monde et triomphe corporellement de la mort, mais comme des événements pédagogiques destinés à « élever la foi » vers une vérité plus haute — celle de la « néantité de la matière ». C'est précisément ce point que la théologie catholique ne peut recevoir, comme on le montrera plus loin.

Comparaison doctrinale : Science and Health face à la foi catholique

Le tableau suivant met en regard, terme à terme, les définitions du glossaire de Science and Health et l'enseignement correspondant du Catéchisme de l'Église catholique, afin de situer précisément l'écart doctrinal.

TermeDéfinition dans Science and HealthDoctrine catholique correspondante
DieuPrincipe impersonnel identifié à l'Esprit, au Mental, à l'Âme — aucune distinction de Personnes[55]Dieu unique en trois Personnes distinctes, Père, Fils et Esprit Saint, personnel et vivant (CEC §§ 253-256)
Matière« Mythologie » ; croyance erronée sans réalité propre[56]Créature bonne, voulue par Dieu : « Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon » (Gn 1, 31 ; CEC § 299)
ChristPrincipe divin impersonnel, distinct de la personne de Jésus[57]Personne divine unique du Verbe, réellement incarné en Jésus de Nazareth (CEC §§ 456-459)
MortIllusion ; « le mensonge de la vie dans la matière »[58]Réalité authentique, terme du pèlerinage terrestre (CEC §§ 1007, 1013)
Résurrection« Spiritualisation de la pensée » ; idée nouvelle de l'immortalité[59]Corps réel du Christ ressuscité, authentique bien que glorifié (CEC § 647 ; 1 Co 15, 12-19)
Mal / Diable« Un mensonge » ; croyance impersonnelle sans réalité propre[60]Réalité du péché et de l'Adversaire personnel, vaincus par la Croix, non niés (CEC §§ 391-395)

Le Next Friends Suit et la fin d'une vie contestée (1906-1910)

La campagne du New York World et l'enquête de McClure's Magazine

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Le 28 octobre 1906, le New York World de Joseph Pulitzer — le journal qui a donné son nom au « journalisme jaune » — publie en une une attaque retentissante présentant Mrs. Eddy, alors âgée de quatre-vingt-cinq ans, comme sénile, mourante d'un mal caché, et prisonnière d'un entourage qui dilapiderait sa fortune[61]. Une série concurrente, tout aussi hostile, paraît simultanément dans McClure's Magazine de décembre 1906 à juin 1908, signée Georgine Milmine avec la collaboration rédactionnelle — longtemps restée anonyme — de la romancière Willa Cather[62]. Les archives de la New Hampshire Historical Society montrent que les initiateurs de la procédure judiciaire qui suivra et les journalistes de McClure's échangeaient directement leurs sources[63].

Le « Next Friends Suit » et l'examen de compétence (1907)

En mars 1907, des proches éloignés de Mrs. Eddy, financés par le New York World, engagent une action en justice — le « Next Friends Suit » — visant à la faire déclarer incapable de gérer ses propres affaires et à placer sa personne et sa fortune sous tutelle[64]. En août 1907, un juge et deux experts judiciaires, dont un psychiatre, l'interrogent personnellement à son domicile de Pleasant View, à Concord (New Hampshire) : ils concluent unanimement à sa pleine compétence mentale, et la procédure s'effondre[65].

Le jugement ambivalent de Mark Twain

Parmi les commentateurs les plus célèbres de l'époque, l'écrivain Mark Twain consacre à Mrs. Eddy tout un recueil d'essais, publié en 1907 sous le titre Christian Science. Son jugement, d'une ironie mordante, reste profondément ambivalent :

« Elle est la femme la plus intéressante qui ait jamais vécu, et la plus extraordinaire. » — Mark Twain, Christian Science, Harper & Brothers, New York, 1907[66]

Mais ailleurs, dans le même ouvrage, il la décrit en des termes autrement sévères, la qualifiant d'« avide, mesquine, avare, affamée de tout ce qu'elle voit — argent, pouvoir, gloire — vaniteuse, menteuse, jalouse, despotique, arrogante, insolente, impitoyable [...] inculte, superficielle, incapable de raisonner en dehors des lignes commerciales, immensément égoïste »[67]. Cette contradiction apparente traduit moins une inconstance de jugement chez Twain qu'un constat partagé par nombre de ses contemporains : Mrs. Eddy suscitait à la fois une fascination réelle pour son parcours hors norme et une défiance profonde envers les moyens de son ascension.

Le Christian Science Monitor et la mort (1910)

Monument funéraire à Mount Auburn, photographie de Bigbadswede, 9 août 2005 — Wikimedia Commons, domaine public.

En 1908, à quatre-vingt-sept ans, Mrs. Eddy fonde The Christian Science Monitor, quotidien qui gagnera une réputation journalistique dépassant largement le cercle de son Église[68]. Elle meurt de pneumonie le 3 décembre 1910, à quatre-vingt-neuf ans, dans sa maison du 400 Beacon Street, à Chestnut Hill (Newton, Massachusetts) — circonstance que plusieurs commentateurs catholiques relèveront comme une ironie amère au regard de sa propre doctrine sur l'irréalité de la mort et de la maladie[69]. Elle est inhumée le 8 décembre 1910 au cimetière de Mount Auburn, à Cambridge (Massachusetts)[70].

Une Église en déclin, une pratique qui tue

L'effondrement démographique du mouvement

L'Église fondée par Mrs. Eddy atteint son apogée démographique américaine en 1936, avec 268 915 membres recensés. Le déclin qui suit est continu et sévère :

AnnéeMembres américains recensés
1936 (pic)268 915[71]
1990Un peu plus de 100 000[72]
2009Moins de 50 000[73]
2008 (monde, chiffre revendiqué par l'Église)400 000 (estimation indépendante inférieure)[74]
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En 2015, l'Église ne compte plus que 1 249 praticiens certifiés dans le monde entier[75]. Les temples de la Science Chrétienne, dont le nombre avait continué de croître jusque vers 1960, se ferment ensuite en nombre croissant[76].

Les tribunaux face à la guérison par la foi seule : l'affaire Twitchell

La conséquence la plus grave de la doctrine — le refus de tout recours médical au nom de l'irréalité de la maladie — a produit des drames documentés devant les tribunaux américains. L'affaire la plus retentissante concerne Robyn Twitchell, deux ans, mort en 1986 d'une péritonite consécutive à une occlusion intestinale que les experts médicaux qualifient d'« aisément curable »[77]. Ses parents, David et Ginger Twitchell, pratiquants de la Science Chrétienne, sont poursuivis en 1988 et condamnés en 1990 pour homicide involontaire, avant que la Cour judiciaire suprême du Massachusetts n'annule leur condamnation en 1993 pour un vice de procédure technique — sans remettre en cause le constat médical des faits[78].

AffaireAnnée du décèsVictimeCause médicaleIssue judiciaire
Sheridan1967Fillette (pneumonie)Pneumonie traitée par la prière seuleCondamnation pour homicide involontaire[79]
Twitchell1986Robyn Twitchell, 2 ansPéritonite sur occlusion intestinale, « aisément curable »Condamnation en 1990, annulée en 1993 pour vice de procédure[80]
Walker1984Shauntay Walker, 4 ansMéningite bactérienne, 17 jours après les premiers symptômesPoursuites pour homicide involontaire[81]

D'autres drames documentés et l'exemption religieuse

Au-delà de ces affaires emblématiques, des chercheurs et journalistes documentent qu'environ une douzaine d'enfants meurent chaque année aux États-Unis de pathologies hautement soignables, lorsque leurs parents recourent à la seule guérison par la foi plutôt qu'à la médecine[82]. En 2016, trente-quatre États américains maintenaient encore une exemption religieuse dispensant spécifiquement les parents adeptes de la Science Chrétienne de poursuites pour négligence médicale envers leurs enfants[83]. L'Église réplique aujourd'hui que ses membres restent libres de choisir un recours médical, tout en reconnaissant que certains fidèles ayant fait ce choix témoignent avoir été mis à l'écart par leur communauté[84].

Le regard catholique sur Mary Baker Eddy et la Science Chrétienne

Ce que l'on peut reconnaître de sincère

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Une lecture catholique honnête de la vie de Mary Baker Eddy ne peut se limiter à une condamnation sèche. Sa quête de guérison naît d'une souffrance réelle et prolongée, dans un contexte médical américain du XIXe siècle où les traitements disponibles — saignées, mercure, opiacés administrés sans discernement — pouvaient être aussi dangereux que les maux qu'ils prétendaient soigner[85]. Son insistance sur le pouvoir de l'espérance et de la foi dans le processus de guérison touche, sans le savoir précisément, à une réalité aujourd'hui bien étudiée par la médecine elle-même — l'influence de l'état psychique sur certains processus physiologiques — même si la Science Chrétienne en tire une conclusion métaphysique radicalement excessive en niant purement et simplement la réalité de la matière. Sa revendication d'un ministère féminin à part entière, dans une Amérique protestante encore largement fermée à la prédication des femmes, rejoint d'ailleurs, sur ce point précis, celle de sa contemporaine Catherine Booth. Enfin, son Église a produit, avec le Christian Science Monitor, un journalisme de qualité reconnue qui dépasse largement le strict cadre religieux de sa fondation.

Une matière niée contre la bonté de la création

Le point où la Science Chrétienne s'écarte le plus radicalement de la foi catholique concerne le statut même de la matière. Le récit de la création affirme, à chacune de ses étapes, la bonté intrinsèque de tout ce que Dieu a fait :

« Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon. » — Genèse 1, 31[86]

Le Catéchisme de l'Église catholique enseigne que Dieu a créé, dans un même acte libre, « à la fois les créatures spirituelles et les créatures corporelles »[87], et met explicitement en garde contre les conceptions dualistes et manichéennes qui posent deux principes éternels en lutte — le Bien et le Mal, la Lumière et les Ténèbres — et jugent le monde matériel mauvais en lui-même, produit d'une chute, donc à rejeter ou à surmonter[88]. Or c'est très précisément cette structure que reproduit la Science Chrétienne lorsqu'elle définit la matière comme « mythologie » et « croyance mortelle »[89] : elle ne nie pas seulement la maladie ou la mort, elle nie la bonté même de la création corporelle voulue par Dieu — fût-ce, à la différence du dualisme antique, en affirmant que cette matière n'existe même pas, plutôt qu'en la déclarant mauvaise. Le résultat pratique converge pourtant : dans les deux cas, le corps cesse d'être un don à recevoir et à soigner selon l'ordre voulu par le Créateur.

Une christologie qui sépare Jésus du Christ

La distinction que la Science Chrétienne établit entre « la personne de l'homme Jésus » et « le Christ », principe divin impersonnel et distinct de lui[90], reproduit une structure que la première génération chrétienne a déjà identifiée et condamnée comme une erreur grave. L'apôtre Jean écrit :

« Reconnaissez à ceci l'Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n'est pas de Dieu : c'est celui de l'Antéchrist. » — 1 Jean 4, 2-3[91]

Cette insistance de saint Jean à unir étroitement les deux termes — « Jésus-Christ venu en chair » — vise précisément à combattre l'erreur, plus tard nommée docétisme, qui dissout ou sépare l'homme Jésus du Christ divin, comme si ce dernier ne s'était uni à lui que temporairement ou en apparence[92]. Le Catéchisme, avec le symbole de Nicée-Constantinople, confesse au contraire que le Verbe lui-même, personne divine unique, « pour nous les hommes et pour notre salut, [...] a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme »[93] — non un principe impersonnel descendu sur un homme distinct de lui, mais Dieu le Fils lui-même réellement devenu chair, pour nous sauver en nous réconciliant avec Dieu, pour nous révéler son amour, et pour être notre modèle vivant de sainteté[94].

Une résurrection vidée de son corps

Le cinquième Tenet de la Mother Church l'affirme sans détour : la résurrection de Jésus n'a servi qu'à « élever la foi » vers « la néantité de la matière »[95] — et le glossaire de Science and Health définit d'ailleurs la résurrection elle-même comme une simple « spiritualisation de la pensée »[96], non comme le relèvement réel d'un corps réellement mort. L'Église catholique enseigne au contraire que le corps du Christ ressuscité est authentique et réel, quoique revêtu des propriétés nouvelles d'un corps glorieux — non plus circonscrit par l'espace et le temps, mais souverainement libre de se manifester où et quand il le veut, y compris sous des traits inhabituels pour éveiller la foi de ses disciples[97]. Saint Paul avait déjà averti que l'enjeu de cette réalité corporelle n'est pas secondaire : « Si le Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, vaine aussi votre foi » (1 Co 15, 14). Une résurrection réduite à une « spiritualisation de la pensée » n'est, dans cette perspective, précisément plus une résurrection — elle en vide le contenu tout en en gardant le nom.

Une mort niée qui, dans les faits, tue réellement

Le point le plus grave, sur le plan pratique et non plus seulement théorique, concerne les conséquences documentées de cette métaphysique sur la santé et la vie des adeptes eux-mêmes, en particulier des enfants qui n'ont pas choisi cette doctrine pour eux-mêmes. Le Catéchisme rappelle que la mort « est la fin du pèlerinage terrestre de l'homme, du temps de grâce et de miséricorde que Dieu lui offre »[98] — une réalité à traverser dans la foi, non à nier par un tour de langage métaphysique. Or l'histoire même de la Fondatrice illustre cette contradiction interne dès son origine : elle attribue la mort de son propre mari, Asa Gilbert Eddy, à un « magnétisme animal malicieux » plutôt qu'à la défaillance cardiaque que son médecin lui montre pourtant de ses propres yeux[99] ; et elle meurt elle-même, en 1910, d'une pneumonie parfaitement réelle[100]. Ce que Mgr Rutler nomme un « dualisme manichéen »[101] ne demeure donc pas une curiosité philosophique sans conséquence : il s'est traduit, dans plusieurs affaires judiciaires documentées comme celle de Robyn Twitchell, par la mort d'enfants atteints de maladies parfaitement curables, faute d'un recours médical refusé au nom de l'irréalité doctrinale de la maladie[102]. La théologie catholique distingue ici trois niveaux de jugement : la thèse est fausse, puisqu'elle contredit la bonté de la création et la réalité de l'Incarnation et de la Résurrection ; elle est moins explicative que la foi catholique, qui reconnaît la réalité de la souffrance tout en lui donnant un sens rédempteur uni à la Croix du Christ plutôt que de la nier par principe ; et elle demeure psychologiquement séduisante parce qu'elle promet une libération immédiate de la souffrance sans exiger d'elle qu'on la traverse — séduction dont le prix, dans les cas documentés ci-dessus, s'est révélé littéralement mortel.

Postérité et diffusion

Malgré son déclin démographique continu depuis 1936, l'Église fondée par Mrs. Eddy conserve une empreinte culturelle disproportionnée à son effectif actuel, portée notamment par la réputation journalistique du Christian Science Monitor[103]. Sa doctrine a également irrigué, sans s'y confondre institutionnellement, le courant plus large du New Thought américain (Phineas Quimby, puis Ralph Waldo Trine), lui-même à l'origine du développement personnel contemporain — la Science Chrétienne s'en distingue toutefois nettement en refusant catégoriquement toute identification avec ce mouvement, Mrs. Eddy considérant sa propre révélation comme « unique et définitive »[104]. Elle demeure, dans l'histoire religieuse américaine du XIXe siècle, l'une des figures majeures d'une génération de fondateurs de nouvelles religions — aux côtés de Joseph Smith pour le mormonisme, d'Ellen G. White pour l'adventisme, de Charles Taze Russell pour les Témoins de Jéhovah, et d'Helena Blavatsky pour la théosophie — et, selon le National Women's Hall of Fame qui l'a intronisée en 1995, la seule Américaine fondatrice d'une religion durable d'origine américaine[105].

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. « Mary Baker Eddy », in Wikipedia, The Free Encyclopedia, consulté en juillet 2026 — chronologie croisée avec Britannica et la Mary Baker Eddy Library : famille (Mark Baker et Abigail Barnard Ambrose Baker, six enfants), réception dans l'Église congrégationaliste de Tilton le 26 juillet 1838, mariage à George Washington Glover (décembre 1843), mort de celui-ci en juin 1844, naissance de George Washington Glover II le 12 septembre 1844, mort de la mère en novembre 1849 puis du fiancé John Bartlett trois semaines plus tard, mariage à Daniel Patterson en 1853 (abandon en 1866, divorce en 1873), lettre de Daniel Patterson à Phineas Quimby du 14 octobre 1861, première visite à Quimby en octobre 1862, mort de Quimby le 16 janvier 1866, lettre de Mrs. Eddy à Julius Dresser du 14 février 1866, mariage à Asa Gilbert Eddy le 1er janvier 1877, mort de celui-ci le 3 juin 1882 et accusation de « magnétisme animal malicieux », mort le 3 décembre 1910, inhumation le 8 décembre 1910 au cimetière de Mount Auburn. URL : en.wikipedia.org/wiki/Mary_Baker_Eddy.

    1 7 8 11 14 16 18 19 20 23 33 70 99
  2. « The Life of Mary Baker Eddy », Mary Baker Eddy Library (source officielle de l'Église du Christ, Scientiste), consulté en juillet 2026 — mariage à George Washington Glover en décembre 1843, remariage au dentiste itinérant Daniel Patterson en 1853, rencontre avec Phineas Quimby à Portland (Maine) en 1862, chute sur le verglas de 1866 et lecture guérissante de Matthieu 9, publication de Science and Health with Key to the Scriptures en 1875, mariage à Asa Gilbert Eddy en 1877 (« soutien indéfectible », mort en 1882), charte de l'Église du Christ, Scientiste en 1879, fondation du Massachusetts Metaphysical College en 1881 (environ 800 élèves formés jusqu'en 1889, dernière classe de 65 élèves en mars 1889, fermeture la même année), édifice de la Mother Church achevé à Boston en 1894, Manuel de l'Église publié en 1895, Christian Science Publishing Society fondée en 1898, lancement du Christian Science Monitor en 1908 à l'âge de 87 ans. URL : marybakereddylibrary.org/mary-baker-eddy/the-life-of-mary-baker-eddy/.

    2 13 17 32 40 41 42 68
  3. « Christian Science », in Wikipedia, The Free Encyclopedia, consulté en juillet 2026 — statistiques d'adhésion : pic d'environ 268 915 membres américains en 1936, un peu plus de 100 000 en 1990, moins de 50 000 en 2009, 400 000 adhérents revendiqués dans le monde en 2008 (chiffre indépendant jugé inférieur) ; 1 249 praticiens certifiés dans le monde en 2015 ; nombre de temples croissant jusque vers 1960 puis en déclin ; rejet explicite par les responsables de l'Église de toute identification au New Thought, Mrs. Eddy considérant sa révélation comme « unique et définitive » ; poursuites judiciaires pour négligence ou homicide involontaire entre les années 1880 et 1990 liées au refus de soins médicaux, l'Église affirmant que ses membres restent libres de recourir à la médecine ; Christian Science Monitor : sept prix Pulitzer entre 1950 et 2002, tirage passé de 220 000 exemplaires en 1970 à 52 000 en 2008, bascule numérique en 2009. URL : en.wikipedia.org/wiki/Christian_Science.

    3 5 38 43 71 72 73 74 75 76 84 103 104
  4. « Mary Baker Eddy », National Women's Hall of Fame, womenofthehall.org, consulté en octobre 2026 — « Year Honored: 1995 » ; « The only American woman to found a lasting American-based religion, the Church of Christ (Scientist). »

    4 105
  5. « Commonwealth v. Twitchell », in Wikipedia, The Free Encyclopedia, consulté en juillet 2026 — 416 Mass. 114, 617 N.E.2d 609 (Cour judiciaire suprême du Massachusetts, 11 août 1993) : David et Ginger Twitchell, pratiquants de la Science Chrétienne, poursuivis en 1988 pour la mort en 1986 de leur fils Robyn, deux ans, d'une péritonite consécutive à une occlusion intestinale qualifiée d'« aisément soignable » par les experts médicaux ; condamnation pour homicide involontaire en 1990 (dix ans de probation, soins pédiatriques obligatoires pour leurs autres enfants) ; annulation de la condamnation en 1993 par la Cour judiciaire suprême du Massachusetts pour un vice de procédure technique, sans remise en cause du constat médical. URL : en.wikipedia.org/wiki/Commonwealth_v._Twitchell.

    6 77 78 80 102
  6. « Mary Baker Eddy », in Encyclopædia Britannica, consulté en juillet 2026 — biographie de référence : naissance le 16 juillet 1821 à Bow (New Hampshire), maladies infantiles, veuvage à vingt-deux ans après le mariage à George Glover, remariage à Daniel Patterson en 1853, mort de pneumonie le 3 décembre 1910 à Chestnut Hill (Massachusetts). URL : britannica.com/biography/Mary-Baker-Eddy.

    9 12 15
  7. « Mary Baker Eddy », Catholic Answers Magazine, édition imprimée, consulté en juillet 2026 — sur les incompatibilités doctrinales entre la Science Chrétienne et la foi catholique (Dieu personnel, Trinité, divinité du Christ, réalité du péché et de Satan, résurrection corporelle, ciel et enfer, remplacés selon l'article par un « vague panthéisme ») ; sur le contexte médical du XIXe siècle (morphine et hypnose comme traitements de l'enfance maladive de Mrs. Eddy) ; sur les accusations de plagiat visant Science and Health, empruntant selon l'article à Quimby et, pour une part de la terminologie hégélienne, à Francis Lieber — accusation rapportée par cette source mais non vérifiée de façon indépendante dans le présent article, qui la mentionne donc avec la prudence requise ; sur la mort de Mrs. Eddy le 3 décembre 1910 « de pneumonie, en dépit des affirmations de sa doctrine sur l'irréalité de la mort ». URL : catholic.com/magazine/print-edition/mary-baker-eddy.

    10 69 85 100
  8. Catherine L. Albanese, A Republic of Mind and Spirit: A Cultural History of American Metaphysical Religion, Yale University Press, New Haven, 2007, p. 290 — l'ouvrage y caractérise le « magnétisme animal malicieux » comme résurgence du diable calviniste sous une surface métaphysique ; référence d'ouvrage et de page identifiées via l'article « Mary Baker Eddy » de Wikipedia qui cite cet ouvrage à cette page exacte, l'ouvrage lui-même n'ayant pu être consulté directement — d'où une paraphrase et non une citation entre guillemets.

    21
  9. Mgr George W. Rutler, « Coincidentally: Animal Magnetism », Crisis Magazine, consulté en juillet 2026 — sur la mort d'Asa Gilbert Eddy en 1882, attribuée par Mrs. Eddy au « magnétisme animal malicieux » plutôt qu'à une cause naturelle : l'auteur y voit l'exemple d'un « dualisme manichéen » (Manichaean dualism) qui refuse in fine de reconnaître la mort elle-même, préférant rationaliser les faits gênants par l'abstraction métaphysique plutôt que d'affronter la réalité matérielle. URL : crisismagazine.com/vault/coincidentally-animal-magnetism.

    22 101
  10. « The Quimby-Eddy Controversy », in The Quimby Manuscripts, éd. Horatio W. Dresser, Thomas Y. Crowell Company, New York, 1921, chap. 21, texte intégral consultable sur selfdefinition.org et sacred-texts.com — Mary Baker Patterson devient l'élève de Phineas Parkhurst Quimby, guérisseur mesmériste de Portland (Maine), à partir d'octobre 1862, jusqu'à la mort de celui-ci le 16 janvier 1866 ; Quimby fait recopier ses manuscrits par ses élèves ; Mrs. Eddy conserve une copie annotée de sa main d'un texte intitulé Extracts from P. P. Quimby's Writings, dont un fac-similé paraît dans le New York Times du 10 juillet 1904 en colonnes parallèles avec des passages de Science and Health ; les manuscrits de Quimby lui-même ne sont publiés qu'en 1921 par Horatio Dresser, cinquante-cinq ans après sa mort.

    24 25 26 27
  11. Gillian Gill, Mary Baker Eddy, Perseus Books, Cambridge (Massachusetts), 1998, cité dans Gillian Gill et Caroline Fraser, recension croisée « Mrs. Eddy's Voices », The New York Review of Books, 29 juin 2000 — conclusion que la preuve d'un fondement quimbyen massif de la théologie de guérison d'Eddy est « not only weak but largely rigged » (« non seulement faible, mais largement biaisée ») ; position nuancée par J. Gordon Melton, Encyclopedia of American Religions, Gale, Detroit — qui reconnaît qu'« Eddy partageait certes des idées avec Quimby » (« certainly Eddy shared some ideas with Quimby ») mais qu'« elle différait de lui sur des points clés, notamment les techniques de guérison » et « ne partageait pas l'hostilité de Quimby envers la Bible et le christianisme ».

    28 29
  12. « 1866-1889 », Longyear Museum (institution consacrée à la documentation historique de la vie de Mary Baker Eddy), consulté en juillet 2026 — chronologie détaillée : chute du 1er février 1866 sur un trottoir verglacé de Lynn (Massachusetts), guérison relatée le 3 février 1866, premiers élèves dès 1867 (Hiram Crafts), enseignement à Stoughton (Massachusetts) à partir de septembre 1868, arrêt de l'enseignement en 1872 pour se consacrer à la rédaction, rédaction de Science and Health de 1872 à 1875 au 8 Broad Street, Lynn, publication en octobre 1875 par la Christian Scientist Publishing Company, mariage à Asa Gilbert Eddy en janvier 1877, organisation de l'Église du Christ (Scientiste) à Lynn en avril 1879 avec une douzaine de membres, charte du Massachusetts Metaphysical College en janvier 1881, réouverture du collège à Boston (569 Columbus Avenue) en 1882, fondation du Journal of Christian Science bimensuel en 1883, dernière classe de soixante-cinq élèves en mars 1889, fermeture du collège et départ pour Concord (New Hampshire) en 1889. URL : longyear.org/mary-baker-eddy/founder/.

    30 36 37 39
  13. « Neighbor Recalls Mrs. Eddy's 1866 Healing », Longyear Museum, consulté en juillet 2026 — sur l'accident du 1er février 1866 : le Dr Alvin M. Cushing, médecin homéopathe de Lynn appelé au chevet de Mary Patterson, diagnostique une commotion et une possible luxation vertébrale ; en 1908, sollicité par des adversaires du mouvement liés au journal New York World, Cushing signe une déposition affirmant n'avoir jamais jugé la blessure grave ni entendu parler d'une guérison miraculeuse ; l'Église du Christ, Scientiste réunit en retour plusieurs dépositions de voisins de Lynn et de Swampscott contredisant cette version tardive. URL : longyear.org/learn/research-archive/neighbor-recalls-mrs-eddys-1866-healing/.

    31 34 35
  14. Mary Baker Eddy, Science and Health with Key to the Scriptures, édition de 1889, chapitre « Glossary », entrée « God », texte intégral sur Wikisource (en.wikisource.org) — « The great I Am; the all-knowing, all-seeing, all-acting, all-loving, and eternal; Principle; Mind; Soul; Spirit; Life; Truth; Love; Substance; Intelligence. »

    44 55
  15. Mary Baker Eddy, Science and Health with Key to the Scriptures, édition de 1889, chapitre « Glossary », entrée « Mind », Wikisource — « The only "I," or "Us"; the only Spirit, Soul, Principle, Substance, Life, Truth, Love, the one God. »

    45
  16. Mary Baker Eddy, Science and Health with Key to the Scriptures, édition de 1889, chapitre « Glossary », entrée « Matter », Wikisource — « Mythology; mortality; another name for mortal mind; a material belief, viz., that Intelligence, Substance, and Life belong to non-intelligence and mortality. »

    46 56 89
  17. Mary Baker Eddy, Science and Health with Key to the Scriptures, chapitre XIV, « Recapitulation », « Scientific Statement of Being » — texte lu en clôture des offices dominicaux de la Science Chrétienne depuis l'annonce de Mrs. Eddy en 1896 ; passage également reproduit dans la section « The scientific statement of being and correlative scripture », christianscience.com. Texte original anglais : « There is no life, truth, intelligence, nor substance in matter. All is infinite Mind and its infinite manifestation, for God is All-in-all. » Traduction française par nos soins.

    47
  18. Mary Baker Eddy, Science and Health with Key to the Scriptures, édition de 1889, chapitre « Glossary », entrée « Flesh », Wikisource — « An error of physical belief; a supposition that life, substance, and intelligence are in matter; an illusion; a belief that matter has sensation. »

    48
  19. Mary Baker Eddy, Science and Health with Key to the Scriptures, 16e édition, p. 182 — « Sickness is a growth of illusion, springing from a seed of thought, — either your own thought or another's », passage repris dans la rubrique « Questions and Answers » des Miscellaneous Writings (1883-1896) et cité notamment par Plainfield Christian Science Church, Independent (articles.plainfieldcs.com) ; les éditions autorisées postérieures portent « Sickness is a growth of error » (« La maladie est une croissance de l'erreur »).

    49
  20. Mary Baker Eddy, Science and Health with Key to the Scriptures, édition de 1889, chapitre « Glossary », entrée « Death », Wikisource — « An illusion, the lie of life in matter; the unreal and untrue; the opposite of Life. »

    50 58
  21. Mary Baker Eddy, Science and Health with Key to the Scriptures, édition de 1889, chapitre « Glossary », entrée « Devil », Wikisource — « Evil; a lie; error; neither corporeality nor mind; the opposite of Truth; a belief in sin, sickness, and death. »

    51 60
  22. Mary Baker Eddy, Science and Health with Key to the Scriptures, édition de 1889, chapitre « Glossary », entrée « Christ », Wikisource — « The divine manifestation of God, which comes to the flesh to destroy incarnate error » (formule que la doctrine du mouvement commente comme un « Divine Principle » impersonnel, distinct de la personne historique de Jésus).

    52 57 90
  23. Mary Baker Eddy, Science and Health with Key to the Scriptures, édition de 1889, chapitre « Glossary », entrée « Jesus », Wikisource — « The highest human corporeal concept of the divine idea, rebuking and destroying error and bringing to light man's immortality. »

    53
  24. Mary Baker Eddy, Manual of The Mother Church, The First Church of Christ, Scientist, in Boston, Massachusetts, article VIII, section 4, « Tenets of The Mother Church », texte intégral sur Wikisource (en.wikisource.org/wiki/Manual_of_The_Mother_Church/Tenets) et Project Gutenberg (gutenberg.org/ebooks/18039) — texte intégral des six articles de foi lus lors de chaque office dominical de la Science Chrétienne, publiés pour la première fois dans le Manuel de l'Église de 1895. Traduction française par nos soins.

    54 95
  25. Mary Baker Eddy, Science and Health with Key to the Scriptures, édition de 1889, chapitre « Glossary », entrée « Resurrection », Wikisource — « Spiritualization of thought; a new and higher idea of immortality, or spiritual existence; material belief yielding to spiritual understanding. »

    59 96
  26. « Next Friends Suit (1907) », Longyear Museum, consulté en juillet 2026 — action en justice engagée en mars 1907 par des proches éloignés de Mrs. Eddy, financée par le New York World de Joseph Pulitzer (campagne de presse initiée le 28 octobre 1906), visant à faire déclarer Mrs. Eddy incapable de gérer ses affaires ; enquête menée en août 1907 par un juge et deux experts judiciaires, dont un psychiatre, qui concluent à sa pleine compétence mentale après l'avoir interrogée à son domicile de Pleasant View, Concord (New Hampshire) ; la procédure s'effondre à la suite de cette conclusion. URL : longyear.org/learn/research-archive/next-friends-suit-1907/.

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  27. Gillian Gill et Caroline Fraser, recension croisée « Mrs. Eddy's Voices », The New York Review of Books, 29 juin 2000 — sur la coordination entre les initiateurs du Next Friends Suit et les journalistes de la série The Life of Mary Baker G. Eddy and the History of Christian Science, publiée dans McClure's Magazine de décembre 1906 à juin 1908 par Georgine Milmine avec la collaboration rédactionnelle, longtemps non créditée, de la romancière Willa Cather ; documents des archives de la New Hampshire Historical Society montrant des échanges directs de matériel entre les plaignants du procès et les journalistes de McClure's. URL : nybooks.com/articles/2000/06/29/mrs-eddys-voices/.

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  28. Mark Twain, Christian Science, Harper & Brothers, New York, 1907, texte intégral sur Project Gutenberg (gutenberg.org/ebooks/3187) — recueil d'essais rassemblant notamment un article publié dans Cosmopolitan en 1899. Texte original anglais : « She is the most interesting woman that ever lived, and the most extraordinary. » ; et, dans un autre passage du même ouvrage : « grasping, sordid, penurious, famishing for everything she sees — money, power, glory — vain, untruthful, jealous, despotic, arrogant, insolent, pitiless [...] illiterate, shallow, incapable of reasoning outside of commercial lines, immeasurably selfish. »

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  29. « Christian Scientists in the Courts », Harvard Divinity School — Religion and Public Life (rpl.hds.harvard.edu), et « When Faith Healing Kills Kids », The Daily Beast, consultés en juillet 2026 — cas documentés : Dorothy Sheridan, adepte de la Science Chrétienne, condamnée en 1967 pour homicide involontaire après avoir traité la pneumonie de sa fille par la prière plutôt que par des antibiotiques ; Laurie Walker, poursuivie en 1984 après la mort de sa fille Shauntay, quatre ans, d'une méningite bactérienne dix-sept jours après l'apparition des symptômes ; environ une douzaine d'enfants meurent chaque année aux États-Unis de pathologies hautement soignables lorsque leurs parents recourent à la guérison par la foi plutôt qu'à la médecine ; en 2016, trente-quatre États américains maintenaient encore une exemption religieuse dispensant les parents adeptes de la Science Chrétienne de poursuites pour négligence médicale envers leurs enfants.

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  30. Catéchisme de l'Église catholique, § 299 — sur la bonté de la création : citant Genèse 1, 31 (« Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon ») et Denzinger-Hünermann n° 3002 (Concile Vatican I, constitution Dei Filius) : Dieu, en son dessein tout à fait libre, a créé de rien, dans un même acte depuis le commencement du temps, à la fois les créatures spirituelles et corporelles.

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  31. Catéchisme de l'Église catholique, § 285 — sur les conceptions dualistes et manichéennes qui posent deux principes éternels en lutte, le Bien et le Mal, la Lumière et les Ténèbres, et jugent le monde matériel (au moins) mauvais en lui-même, produit d'une chute, donc à rejeter ou à surmonter ; la foi chrétienne s'oppose à cette lecture en affirmant la bonté fondamentale de toute la création voulue par Dieu.

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  32. 1 Jean 4, 2-3 — « Reconnaissez à ceci l'Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n'est pas de Dieu : c'est celui de l'Antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde. » Verset traditionnellement lu par les Pères de l'Église contre l'erreur ultérieurement nommée docétisme, qui sépare l'homme Jésus du Christ divin uni à lui de façon seulement temporaire ou apparente.

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  33. Catéchisme de l'Église catholique, §§ 456-459 — avec le Symbole de Nicée-Constantinople, l'Église confesse que le Verbe, « pour nous les hommes et pour notre salut, [...] est descendu du ciel ; par l'Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme » (§ 456) ; le Verbe s'est fait chair réellement pour nous sauver en nous réconciliant avec Dieu (§ 457), pour nous faire connaître ainsi l'amour de Dieu (§ 458), et pour être notre modèle de sainteté (§ 459).

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  34. Catéchisme de l'Église catholique, § 647 — sur la résurrection du Christ : personne n'a été témoin oculaire de l'événement lui-même, qu'aucun évangéliste ne décrit ; le corps ressuscité du Christ est authentique et réel, mais revêtu des propriétés nouvelles d'un corps glorieux, non plus circonscrit dans l'espace et le temps ; c'est pourquoi le Ressuscité demeure souverainement libre de se manifester comme il veut, y compris sous des traits différents de ceux que ses disciples connaissaient, pour éveiller leur foi.

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  35. Catéchisme de l'Église catholique, §§ 1007 et 1013 — la mort est le terme de la vie terrestre : « la fin du pèlerinage terrestre de l'homme, du temps de grâce et de miséricorde que Dieu lui offre pour réaliser sa vie terrestre selon le dessein divin et pour décider de son destin ultime » (§ 1013) ; « nos vies sont mesurées par le temps, au cours duquel nous changeons, nous vieillissons et [...] la mort apparaît comme la fin normale de la vie » (§ 1007).

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