Menno Simons (1496-1561)

Menno Simons, prêtre catholique frison qui rompit avec Rome en 1536 après le désastre de Münster et le massacre d'Oldeklooster, devint le chef de file de l'anabaptisme pacifique. Les Mennonites et les Amish portent aujourd'hui son nom.

Ignispedia

Menno Simons (1496-1561) est un ancien prêtre catholique frison devenu le principal artisan de l'anabaptisme pacifique aux Pays-Bas. Son nom est resté attaché, jusqu'à aujourd'hui, à des millions de croyants à travers le monde : les Mennonites, et par extension les Amish qui s'en séparèrent au XVIIᵉ siècle, tirent leur nom du sien.

Son parcours est marqué par un moment de rupture d'une violence rare dans l'histoire de la Réforme. Prêtre pendant plus de dix ans, rongé par le doute sur l'Eucharistie sans jamais oser le dire tout haut, Menno Simons bascule après le désastre sanglant de Münster (1534-1535) — la tentative de royaume théocratique et polygame de Jean de Leyde — et le massacre d'Oldeklooster, où périt Pierre Simons, présenté par une partie de la tradition comme son propre frère — parenté que la notice GAMEO d'Oldeklooster tient pour erronée[1]. Le 12 janvier 1536, il renonce à sa charge et à son statut ; il devient l'un des chefs les plus respectés d'un mouvement que ses contemporains regardaient comme une secte de fanatiques violents, et qu'il va s'employer, au prix de vingt-cinq années de fuite, à réorienter vers la non-violence et la discipline évangélique.

Ce qui distingue Menno Simons des grands réformateurs magistériels — Luther, Zwingli, Calvin — c'est qu'il n'a jamais eu de prince, de conseil municipal ni d'université pour appuyer sa réforme. Toute sa vie après 1536 se passe en fugitif, avec un prix sur sa tête, protégeant ceux qui le cachent au péril de leur vie, et fondant, de refuge en refuge, une Église sans État qui refuse le baptême des enfants, refuse le serment, refuse les armes — et qui, sur un point directement lié à la foi de l'Église en la Vierge Marie, professe une doctrine christologique que Rome ne pouvait laisser passer sans réponse : celle d'une « chair céleste » du Christ, qui n'aurait rien reçu du sein de Marie.

Cet article expose loyalement le parcours de Menno Simons, sa doctrine et sa place dans l'histoire de la Réforme dite « radicale », avant d'examiner ce que l'Église catholique en retient — et ce qu'elle ne peut recevoir.

Qui était Menno Simons avant sa rupture avec Rome ?

Un fils de Witmarsum, en Frise

Carte de repérage — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Menno Simons naît en 1496 à Witmarsum, petit bourg agricole de la province de Frise, alors sous l'autorité des ducs de Saxe puis des Habsbourg[2]. Son nom est un patronyme : « Simons » signifie « fils de Simon », son père se prénommant Simon. On sait peu de choses de sa famille, sinon qu'elle appartient au monde paysan de cette région de polders et de digues, marquée par une forte tradition d'autonomie communale[3].

Ordonné prêtre sans avoir lu l'Écriture

En mars 1524, à l'âge de vingt-huit ans, Menno Simons est ordonné prêtre à Utrecht et nommé vicaire de Pingjum, le village de son père, non loin de Witmarsum[4]. Un fait, qu'il confessera lui-même des années plus tard dans sa longue Réponse à Gellius Faber (1554), donne la mesure du climat spirituel du bas clergé néerlandais à la veille de la Réforme :

« L'un était mon curé, l'autre m'était inférieur en grade ; tous deux avaient en partie lu les Écritures, mais moi je ne les avais jamais touchées de ma vie, par crainte, si je venais à les lire, d'être égaré. » — Menno Simons, Reply to Gellius Faber, 1554[5]

Cet aveu — un prêtre qui redoute d'ouvrir la Bible — est capital pour comprendre la suite : ce n'est pas un théologien savant qui va rompre avec Rome, mais un vicaire de campagne médiocrement formé, dont la conscience va être travaillée, année après année, par un doute qu'il n'ose d'abord confier à personne.

Le doute sur l'hostie

Dès sa première année de sacerdoce, alors qu'il célèbre la messe, Menno est assailli par une pensée qu'il juge d'abord diabolique :

« Une pensée me vint à l'esprit […] que ce n'étaient pas la chair et le sang du Seigneur. Je considérai cela comme une suggestion du démon. » — Menno Simons, Reply to Gellius Faber, 1554[6]

Il confesse ce doute à plusieurs reprises, sans parvenir à s'en défaire. Ce trouble sur la présence réelle, il faut le noter avec honnêteté, n'est pas propre à Menno Simons : c'est très exactement le doute qui, ailleurs en Europe, pousse tant de clercs vers les thèses réformées. La différence, chez Menno, est qu'il met plus de dix ans avant d'en tirer une conclusion pratique — et qu'il continue, pendant tout ce temps, à célébrer la messe et à exercer son ministère.

Curé de Witmarsum, « sépulcre blanchi »

En 1531, Menno devient curé de sa paroisse natale de Witmarsum[7]. Sur ces années de ministère qu'il juge rétrospectivement hypocrites, son propre jugement est sans indulgence :

« Je faisais tout le mal. J'étais comme un sépulcre soigneusement blanchi. Au-dehors […] j'étais honnête, chaste, généreux […] mais au-dedans j'étais plein d'ossements de morts. » — Menno Simons, Reply to Gellius Faber, 1554[8]

Cette autocritique, empruntée à l'image évangélique du sépulcre blanchi (Mt 23, 27), doit être lue avec prudence : elle est écrite après coup, par un homme qui a rompu et qui construit le récit de sa propre conversion pour justifier son ministère anabaptiste devant ses adversaires. Elle n'en révèle pas moins un malaise de conscience réel et documenté, antérieur de plusieurs années à sa rupture effective.

L'événement déclencheur : Sicke Freerks Snijder (1531)

Le doute théorique sur l'Eucharistie ne suffit pas à faire basculer Menno Simons. C'est un second choc, d'une tout autre nature, qui va orienter ses interrogations vers la question du baptême.

Une décapitation à Leeuwarden

Le 20 mars 1531, un tailleur du nom de Sicke Freerks Snijder (ou Sikke Freerks) est décapité à Leeuwarden, capitale de la Frise, pour s'être fait rebaptiser comme adulte croyant[9]. Menno rapporte l'effet que cette exécution produisit sur lui :

« Cela me parut vraiment étrange, d'entendre parler d'un second baptême. » — Menno Simons, Reply to Gellius Faber, 1554[10]

L'expression est mesurée, presque neutre — mais elle marque le point de départ d'une recherche scripturaire intensive sur le baptême des petits enfants, que Menno mène désormais avec les Pères, les commentateurs et le Nouveau Testament, sans trouver, dit-il, de fondement biblique explicite à la pratique qu'il administre pourtant chaque jour à ses paroissiens[11].

Face aux anabaptistes révolutionnaires de Witmarsum

Frise synthétique — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Autour de 1534-1535, des prédicateurs anabaptistes gagnés par la fièvre millénariste de Münster viennent prêcher à Witmarsum même. Menno, encore curé, s'oppose publiquement à leurs excès — mais reconnaît, dans sa Réponse à Gellius Faber, que cette opposition sonnait creux, puisque lui-même, en conscience, ne faisait pas ce qu'il savait être juste[12]. Le prêtre qui prêche contre le désordre anabaptiste sait déjà, au fond de lui, qu'il partage certains de ses doutes.

Le drame de Münster et le massacre d'Oldeklooster (1534-1535)

La fièvre melchiorite aux Pays-Bas

Le mouvement anabaptiste des Pays-Bas, dans les années 1530, n'est pas le mouvement pacifique qu'incarnera plus tard Menno Simons. Il est alors largement dominé par les disciples de Melchior Hoffman, prédicateur allemand annonçant un règne imminent du Christ et une purification violente du monde par le glaive des « saints »[13]. Cette prédication millénariste enflamme une partie de la population frisonne et westphalienne, misérable et surtaxée par les guerres des Habsbourg.

Le royaume de Jean de Leyde à Münster

Les cages de Münster au clocher de Saint-Lambert, où furent exposés les corps des chefs anabaptistes exécutés en 1536. Photo : Dietmar Rabich, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

En 1534, des anabaptistes radicaux s'emparent de la ville épiscopale de Münster, en Westphalie, expulsent qui refuse le rebaptême et instaurent, sous la conduite de Jean de Leyde (Jan Beukelszoon), un royaume théocratique fondé sur la communauté des biens et la polygamie[14]. Assiégée par le prince-évêque, la ville tombe le 24 juin 1535 ; Jean de Leyde et deux autres chefs sont torturés et exécutés sur la place publique de Münster en janvier 1536, leurs corps exposés dans des cages de fer suspendues au clocher de l'église Saint-Lambert — cages toujours visibles aujourd'hui[15].

Oldeklooster : la mort de Pierre Simons (7 avril 1535)

Le contrecoup de Münster frappe à quelques kilomètres de la paroisse de Menno Simons. Le 7 avril 1535, un groupe d'anabaptistes radicaux s'empare du monastère d'Oldeklooster, près de Bolsward, à quelques kilomètres de Witmarsum, en soutien à la cause de Münster. La milice de l'empereur reprend le monastère après un assaut sanglant : environ 300 assiégés sont tués dans la bataille, 37 sont décapités sur place, et 132 autres, hommes et femmes, sont conduits à Leeuwarden, où 55 seront encore exécutés après un procès sommaire[16]. Parmi les morts d'Oldeklooster se trouve Pierre Simons, présenté par une partie de la tradition comme le propre frère de Menno — parenté toutefois contestée : la notice GAMEO d'Oldeklooster la tient pour erronée, tandis que la notice GAMEO de Menno Simons et l'étude de McGinnis ne la retiennent qu'au conditionnel (« may have been », « quite likely »)[17][18].

L'effet sur Menno, encore curé de Witmarsum, est décrit par lui-même en termes bouleversés :

« Le sang de ces gens […] devint pour moi un tel fardeau que je ne pouvais plus le supporter ni trouver de repos dans mon âme. » — Menno Simons, Reply to Gellius Faber, 1554[19]

Il ajoute, examinant sa propre responsabilité de pasteur resté en place malgré ses doutes :

« Si je continue ainsi et ne suis pas la Parole du Seigneur […] comment leur sang versé ne s'élèvera-t-il pas contre moi au jugement ? » — Menno Simons, Reply to Gellius Faber, 1554[20]

La rupture avec Rome (12 janvier 1536)

« Mon cœur tremblait dans mon corps »

Neuf mois après le massacre d'Oldeklooster, aux alentours du 30 janvier 1536 — la date exacte de la scène décisive qu'il rapporte est le 12 janvier 1536 pour l'abandon formel de sa charge[21] —, Menno Simons franchit le pas. Il décrit sa propre bascule intérieure dans les mêmes termes que sa terreur devant le sang versé :

« Mon cœur tremblait dans mon corps. » — Menno Simons, Reply to Gellius Faber, 1554[22]

Il commence à prêcher ouvertement la repentance, dénonçant ce qu'il appelle désormais « l'idolâtrie et le faux culte » — visant la messe, le baptême des enfants et sa propre vie passée, qu'il juge « inutile »[23]. Le 12 janvier 1536, il renonce formellement à son bénéfice ecclésiastique et à son sacerdoce :

« Je renonçai volontairement à mon bon nom, à mon honneur et à ma réputation […] et me soumis librement à l'errance et à la pauvreté sous la croix de mon Seigneur Jésus-Christ. » — Menno Simons, Reply to Gellius Faber, 1554[24]

Le baptême et l'ordination anabaptiste par Obbe Philips

Peu après sa rupture, Menno Simons est rebaptisé — la date exacte n'est pas connue avec certitude, mais elle se situe au début de 1536, peu après son départ de Witmarsum[25]. Vers 1537, il est ordonné ancien (elder) du mouvement anabaptiste par Obbe Philips, l'un des rares chefs du mouvement néerlandais à avoir déjà pris ses distances avec la violence de Münster[26]. Obbe Philips et son frère Dirk Philips seront, avec Menno, les artisans d'un anabaptisme néerlandais recentré sur la non-violence[27].

Vingt-cinq ans de fuite : la vie d'un proscrit

Contre les frères violents : Jan van Batenburg

Itinéraire de fuite — infographie originale Ignispedia créée par IA.

La rupture de Menno avec Rome ne le place pas seulement en délicatesse avec les autorités catholiques et impériales : elle l'oppose aussi à l'aile la plus radicale du mouvement anabaptiste lui-même. Après l'écrasement de Münster, un groupe dit des Batenburgers, du nom de son chef Jan van Batenburg, perpétue le millénarisme violent et polygame, se jugeant autorisé à user de la force contre quiconque n'appartient pas à sa secte[28]. Menno Simons, Obbe et Dirk Philips consacrent une part de leur prédication à combattre ces « frères du glaive » (zwaardgeesten), qu'ils jugent une trahison meurtrière de l'Évangile[29]. C'est ce combat interne, autant que la persécution catholique et luthérienne, qui façonne l'insistance de Menno sur la non-résistance absolue.

Une œuvre écrite dans la clandestinité

Dès 1539-1540, en pleine clandestinité, Menno publie son ouvrage majeur, le Fondement de la doctrine chrétienne (voir plus bas), suivi de nombreux autres traités et pamphlets, rédigés de cachette en cachette à travers les Pays-Bas et l'Allemagne du Nord : Groningue, la Frise orientale (Emden), puis plus au sud, la région de Cologne[30].

Le prix mis sur sa tête (2 décembre 1542)

Le 2 décembre 1542, avec l'appui de l'empereur Charles Quint, les autorités des Pays-Bas mettent officiellement sa tête à prix : cent florins d'or, assortis d'une grâce pour tout crime passé, sont promis à qui livrerait Menno Simons[31]. Un édit impérial menace en outre de peines sévères quiconque l'hébergerait ou l'aiderait[32]. La répression frappe en effet ceux qui le protègent bien plus durement que lui-même : Tjard Reynders, qui lui avait donné le gîte, est roué vif ; un passeur qui l'avait fait traverser la Meuse est exécuté[33]. En 1541 déjà, les autorités de Leeuwarden avaient offert la grâce à tout anabaptiste emprisonné qui le dénoncerait — offre qu'aucun prisonnier n'accepta[34].

Wismar, l'expulsion, et vingt ans d'errance

À partir du milieu des années 1540, Menno séjourne quelque temps dans la région de Wismar, sur la Baltique, où il rencontre notamment le réformateur Martin Micron ; il en est expulsé en 1544[35]. Pendant près de vingt ans, de refuge en refuge, il continue à prêcher, écrire, ordonner des ministres et arbitrer les différends internes du mouvement qui commence, de son vivant même, à porter son nom : dès 1544, des lettres officielles parlent de « mennistes » ou « mennonites » pour désigner ses disciples[36].

Le havre de Fresenburg-Wüstenfelde (1554-1561)

En 1554, à cinquante-huit ans, après plus de vingt ans de cavale, Menno Simons trouve enfin un asile stable : le noble Bartholomäus von Ahlefeldt, qui avait vu dans sa jeunesse l'exécution d'anabaptistes qu'il jugeait innocents de toute sédition, lui offre refuge sur ses terres du Holstein, au hameau de Wüstenfelde, près de Fresenburg[37]. Ahlefeldt fait même construire une maison pour une petite imprimerie, installée à Fresenburg, où quatre des ouvrages de Menno — dont une nouvelle édition révisée de son Fondement — sont imprimés entre 1554 et 1556[38]. Cette maison, la Menno-Kate, est aujourd'hui un musée d'histoire religieuse près de Bad Oldesloe[39].

La Menno-Kate, maison-musée liée au refuge final de Menno Simons en Holstein. Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

C'est là, entouré de son épouse Geertruydt et de leurs trois enfants — dont une fille lui survivra —, que Menno Simons meurt le 31 janvier 1561, à soixante-quatre ou soixante-cinq ans[40]. Il est enseveli dans son jardin ; sa dépouille sera plus tard transférée à Bad Oldesloe[41].

Que professait Menno Simons ?

Synthèse doctrinale — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Pour juger honnêtement une doctrine, il faut d'abord l'exposer avec exactitude. La théologie de Menno Simons, consolidée dans ses écrits des années 1539-1558, est cohérente et pastorale : elle vise moins la spéculation que la constitution d'une Église visible de croyants engagés, séparée du monde et de la violence.

Le Fondement de la doctrine chrétienne (1539-1540)

L'ouvrage-somme de Menno, Dat Fundament des Christelycken leers (« Fondement de la doctrine chrétienne »), paraît en néerlandais en 1539-1540, peu après le désastre de Münster[42]. Il traite, dans l'ordre, du temps de la grâce, de la vraie repentance, de la foi, du baptême apostolique, de la Cène, de la séparation d'avec le monde et des vrais ministres, avant de se clore par des appels distincts aux autorités, aux savants, au peuple, aux « hérétiques » et à « l'épouse du Christ »[43]. Ce livre devient, pour les anabaptistes pacifiques des Pays-Bas orphelins du désastre de Münster, le manuel de référence qui les distingue définitivement des révolutionnaires de Jean de Leyde[44].

Le baptême des croyants contre le baptême des enfants

Le point de départ pratique de tout le système de Menno reste le refus du baptême des petits enfants. Pour lui, l'Église véritable ne peut être composée que de croyants ayant volontairement et consciemment embrassé la foi et scellé cet engagement par le baptême ; l'enfant, incapable de foi personnelle, ne peut recevoir un sacrement qui suppose la conversion du cœur[45]. Sur le fondement biblique et patristique de la pratique inverse — le baptême des tout-petits, attesté dès le IIᵉ siècle chez saint Irénée, Origène et saint Cyprien, bien avant toute controverse anabaptiste —, on se reportera à l'article Le baptême des bébés, une pratique sans fondement ?, qui traite la question en détail et n'a pas à être redoublée ici.

L'Église des purs et la discipline du ban

Menno organise ses communautés autour d'une discipline stricte : le ban (excommunication) frappe tout membre en faute manifeste et non repentant, et s'accompagne d'un évitement (Meidung) — y compris, dans sa forme la plus dure défendue par certains de ses disciples, entre époux[46]. Cette rigueur, destinée à garder l'Église « sans tache », deviendra l'une des causes principales des schismes internes qui diviseront le mouvement mennonite après sa mort, entre partisans d'un ban souple (Waterlandais) et partisans d'un ban intransigeant (Frisons et Flamands)[47].

Groupe réformateurSujet du baptêmeFondement invoquéRapport à l'Église visible
Église catholiqueNouveau-nés et adultesAlliance nouvelle substituée à la circoncision (Col 2, 11-12) ; tradition apostolique continueÉglise mixte, « froment et ivraie » (Mt 13, 24-30), jusqu'au jugement
Luthériens et réformés (Luther, Zwingli, Calvin)Nouveau-nés, maintenuContinuité de l'Alliance ; rejet de la nouveauté anabaptisteÉglise territoriale, unie au magistrat civil
Menno Simons et les MennonitesAdultes croyants seulsAucun exemple néotestamentaire de baptême d'enfantÉglise de purs, séparée de l'État et du monde

Lecture du tableau : sur la question du sujet du baptême, Menno Simons ne rejoint aucun des grands courants de la Réforme magistérielle — catholiques, luthériens et réformés s'accordent tous, malgré leurs autres désaccords, à maintenir le baptême des enfants.

La non-résistance : rendre le bien pour le mal

Face au traumatisme de Münster et des Batenburgers, Menno fait de la non-résistance un pilier absolu de sa doctrine : le chrétien ne doit ni porter les armes, ni occuper de charge publique impliquant la contrainte (magistrature, justice criminelle), ni prêter serment, en obéissance littérale au Sermon sur la montagne[48]. Un travail académique récent souligne que Menno alla, sur ce terrain, plus loin que la plupart de ses contemporains : il en vint à récuser jusqu'à l'exécution des criminels par le pouvoir civil, position rare pour son époque[49]. Cette non-résistance intégrale, si elle part d'un dégoût compréhensible pour le sang versé à Münster, aboutit à une conception de la société civile en rupture avec l'enseignement traditionnel de l'Église sur la légitimité du glaive temporel (Rm 13, 1-4).

La chair céleste du Christ : une christologie qui inquiète

Le point le plus problématique de la théologie de Menno Simons, du point de vue de la foi catholique, touche non pas la discipline ecclésiale mais le cœur même du mystère de l'Incarnation. À la suite de Melchior Hoffman, dont il reprend et systématise l'enseignement, Menno soutient que la chair du Christ n'a pas été tirée de la substance de Marie, mais créée directement par Dieu et seulement portée par elle, sans qu'elle y contribue de sa propre nature — Marie n'étant, selon cette doctrine, « pas plus active qu'un verre d'eau à travers lequel passe un rayon de soleil »[50]. Menno et son collègue Dirk Philips appuient cette thèse sur une lecture de Jean 6 et de 1 Corinthiens 15, ainsi que sur une conception aristotélicienne selon laquelle la semence maternelle serait purement passive dans la génération[51].

Schéma christologique — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Cette doctrine, parfois qualifiée par des théologiens contemporains d'apparentée au docétisme ancien — l'hérésie qui niait la réalité de la chair du Christ —, n'a pas de précédent exact dans l'histoire de l'Église, mais elle en prolonge un très ancien réflexe : celui qui, pour préserver la pureté divine du Sauveur, finit par soustraire sa véritable humanité à sa Mère. On en trouve un lointain ancêtre chez Marcion de Sinope, qui, au IIᵉ siècle, niait déjà que le Christ eût pris une chair véritablement humaine et charnelle. Il est notable qu'au fil des générations suivantes, cette « christologie de la chair céleste » perdit du terrain jusqu'à disparaître de la théologie mennonite ordinaire, à mesure que les mennonites hollandais se rapprochaient des anabaptistes suisses, restés étrangers à cette spéculation[52].

Le regard catholique sur Menno Simons et l'anabaptisme

Un article d'Ignispedia ne se contente pas de raconter : il doit aussi juger, à la lumière de la foi reçue de l'Église.

Ce que l'Empire et l'Église ont condamné

Dès le 23 avril 1529, la Diète de Spire, réunissant dans un accord rare catholiques et luthériens, décrète la peine de mort contre quiconque rebaptise ou se laisse rebaptiser, sans jugement ecclésiastique préalable — loi renouvelée en 1544 puis à la diète d'Augsbourg en 1551[53]. C'est dans ce climat que Sicke Freerks est décapité en 1531, et que la tête de Menno Simons lui-même sera mise à prix en 1542.

Le concile de Trente, qui répond doctrinalement aux crises sacramentelles de la Réforme. Œuvre attribuée à Pasquale Cati, Wikimedia Commons, domaine public.

Sur le fond doctrinal, le concile de Trente, dans sa VIIᵉ session (1547), consacre un canon entier à la question soulevée par le mouvement dont Menno devient le chef :

« Si quelqu'un dit que les petits enfants, parce qu'ils n'ont pas l'usage de la foi, ne doivent pas, après avoir reçu le baptême, être comptés parmi les fidèles, et que pour cette raison ils doivent être rebaptisés lorsqu'ils sont parvenus à l'âge de raison […] qu'il soit anathème. » — Concile de Trente, session VII (1547), canon 13 sur le baptême[54]

Le même concile réaffirme, dans un autre canon de la même session, que le baptême imprime sur l'âme un caractère indélébile qui interdit toute répétition du sacrement[55]. Sur les fondements bibliques et patristiques de cette doctrine, largement antérieurs à toute polémique anabaptiste, voir Le baptême des bébés, une pratique sans fondement ?.

La perte : l'unité du baptême et la vraie maternité de Marie

Deux points, aux yeux de l'Église catholique, marquent la doctrine de Menno Simons d'une perte réelle, et non d'une simple divergence de sensibilité.

Le premier est l'unité du baptême. En estimant nul le baptême reçu dans l'enfance, Menno ne propose pas seulement une discipline différente : il nie, de fait, que Dieu ait pu agir efficacement dans le baptême d'un nourrisson par la seule foi de l'Église qui le présente — position que Trente juge incompatible avec l'unique baptême confessé depuis les origines (Ep 4, 5)[56].

Le second, plus grave encore dans son objet, touche la christologie. En professant que la chair du Christ n'est pas véritablement issue de Marie, Menno prive, sans le vouloir, la Vierge de sa véritable maternité divine : Marie n'est plus la Mère selon la chair du Verbe fait homme, mais un simple réceptacle. L'Église, depuis le concile d'Éphèse (431) qui proclama Marie Theotokos — Mère de Dieu —, tient au contraire que le Fils de Dieu a reçu de Marie une chair véritablement humaine, consubstantielle à la nôtre, condition même de notre rédemption réelle : ce que le Verbe n'a pas assumé, il ne l'a pas sauvé. Sur ce point précis, la doctrine de la « chair céleste » n'est pas une nuance disciplinaire mais une atteinte, non déclarée comme telle par Menno mais réelle dans ses conséquences, au cœur du mystère de l'Incarnation.

Ce qu'un catholique peut reconnaître

L'honnêteté oblige pourtant à reconnaître, chez Menno Simons, des traits qui forcent le respect. Son courage face à vingt-cinq années de proscription, sa constance à refuser la violence — y compris contre ses propres coreligionnaires les plus radicaux —, son horreur sincère du sang versé à Münster et à Oldeklooster, et le soin pastoral avec lequel il a organisé des communautés de croyants dévoués, tout cela n'est pas rien. Contrairement à beaucoup de ses adversaires — catholiques comme protestants — qui répondirent à l'anabaptisme par le bûcher, la roue ou la noyade, Menno Simons choisit, à chaque étape de son ministère, de répondre à la persécution par la seule prédication et la seule plume. Le tragique de son histoire est celui de tant de figures de la Réforme : un zèle réel et une souffrance réelle, mis au service d'une rupture qui, sur des points essentiels du dépôt de la foi, s'éloigne de ce que l'Église a reçu et gardé.

Repères chronologiques

  1. 1496
    Naissance à Witmarsum

    Naissance de Menno Simons dans un bourg agricole de Frise, fils d'un paysan prénommé Simon.

  2. Mars 1524
    Ordination sacerdotale

    Ordonné prêtre catholique à Utrecht à vingt-huit ans ; nommé vicaire de Pingjum. Premiers doutes sur la présence réelle dans l'Eucharistie.

  3. 20 mars 1531
    Décapitation de Sicke Freerks

    Exécution à Leeuwarden d'un tailleur rebaptisé ; Menno entame une recherche intensive sur le baptême des enfants.

  4. 1531
    Curé de Witmarsum

    Menno devient curé de sa paroisse natale ; il s'oppose publiquement, sans conviction intime, aux anabaptistes de Münster.

  5. 1534-1535
    Le royaume de Münster

    Jean de Leyde instaure à Münster un royaume théocratique et polygame ; la ville tombe le 24 juin 1535, ses chefs sont torturés et exécutés en janvier 1536.

  6. 7 avril 1535
    Le massacre d'Oldeklooster

    Répression sanglante du monastère occupé par des anabaptistes radicaux près de Bolsward ; parmi les morts, Pierre Simons, présenté par une partie de la tradition comme le frère de Menno — parenté contestée.

  7. 12 janvier 1536
    Rupture avec Rome

    Menno renonce à son sacerdoce et à son bénéfice ; il est rebaptisé peu après et rejoint le mouvement anabaptiste pacifique.

  8. Vers 1537
    Ordination comme ancien

    Ordonné elder anabaptiste par Obbe Philips ; début de son ministère itinérant et clandestin.

  9. 1539-1540
    Le Fondement de la doctrine chrétienne

    Publication de son ouvrage majeur, qui devient le manuel de référence de l'anabaptisme pacifique néerlandais après Münster.

  10. 2 décembre 1542
    Prix sur sa tête

    Édit impérial promettant cent florins d'or et une grâce pénale à qui livrerait Menno Simons.

  11. 1544-1554
    Wismar, puis errance

    Expulsion de la région de Wismar ; poursuite d'un ministère itinérant à travers l'Allemagne du Nord.

  12. 1554-1561
    Refuge à Fresenburg-Wüstenfelde

    Accueil par le noble Bartholomäus von Ahlefeldt en Holstein ; installation d'une imprimerie ; dernières années de rédaction.

  13. 31 janvier 1561
    Mort à Wüstenfelde

    Mort à soixante-quatre ou soixante-cinq ans, entouré de son épouse et de ses enfants ; inhumation dans son jardin.

Pour aller plus loin

Menno Simons ne se comprend pleinement que replacé dans la constellation des réformateurs du XVIᵉ siècle et des débats doctrinaux qu'ils ont rouverts.

Notes et références

  1. « Oldeklooster (Friesland, Netherlands) », Global Anabaptist Mennonite Encyclopedia Online (GAMEO) — « Among the victims of Oldeklooster was Peter Simons, who is erroneously said to have been a brother of Menno Simons » ; à comparer avec la notice « Menno Simons (1496-1561) » du même GAMEO, qui ne retient la parenté qu'au conditionnel (« Peter Simons, who may have been Menno's brother »), comme S. McGinnis, « Menno Simons and the Sword » (2024) (« quite likely the Peter Simons »). Texte : https://gameo.org/index.php?title=Oldeklooster_(Friesland,_Netherlands)

    1 17
  2. « Menno Simons (1496-1561) », Global Anabaptist Mennonite Encyclopedia Online (GAMEO), consulté en 2026 — notice biographique de référence académique mennonite : naissance à Witmarsum en 1496, milieu paysan, rupture avec Rome le 12 janvier 1536, ordination comme ancien par Obbe Philips vers 1537, usage du terme « menniste »/« mennonite » attesté dès 1544, mort le 31 janvier 1561 à Wüstenfelde (Holstein), inhumation dans son jardin puis transfert à Bad Oldesloe. Texte : https://gameo.org/index.php?title=Menno_Simons_(1496-1561)

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  3. John Horsch, Menno Simons: His Life, Labors, and Teachings, Herald Press, Scottdale (Pennsylvanie), 1916, chap. I — biographie de référence mennonite citant les propres écrits de Menno Simons : ordination à Utrecht en mars 1524 à vingt-huit ans, nomination comme vicaire de Pingjum, doutes récurrents sur la présence réelle dans l'Eucharistie durant sa première année de sacerdoce, autocritique du « sépulcre blanchi » concernant son ministère à Witmarsum (curé à partir de 1531). Texte : https://www.mennosimons.net/horsch01.html

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  4. Menno Simons, A Reply to a Publication of Gellius Faber, 1554, cité dans J. Horsch, Menno Simons: His Life, Labors, and Teachings, op. cit., chap. I — confession de Menno n'avoir « jamais touché » les Écritures avant sa crise de conscience, par crainte d'être « égaré » par leur lecture. Texte anglais complet : The Complete Works of Menno Simon, trad. Léonard Verduin (éd. J. C. Wenger), Herald Press, 1956, disponible sur Wikisource : https://en.wikisource.org/wiki/The_Complete_Works_of_Menno_Simons/A_Reply_to_a_Publication_of_Gellius_Faber

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  5. John Horsch, Menno Simons: His Life, Labors, and Teachings, op. cit., chap. I, citant la Reply to Gellius Faber de Menno Simons — décapitation du tailleur Sicke Freerks Snijder à Leeuwarden le 20 mars 1531 pour rebaptême ; effet de cet événement sur Menno (« cela me parut vraiment étrange ») et recherche scripturaire intensive qui s'ensuit sur le fondement biblique du baptême des enfants ; opposition publique mais intérieurement peu convaincue de Menno, curé de Witmarsum, face aux prédicateurs anabaptistes radicaux. Texte : https://www.mennosimons.net/horsch01.html

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  6. Scott McGinnis, « Menno Simons and the Sword: From Oldeklooster to Wüstenfelde », Religions, vol. 15, n° 11, article 1356, MDPI, 2024 — article académique retraçant l'évolution de la doctrine de non-résistance de Menno Simons : contexte melchiorite et münstérite (prise de Münster en 1534, royaume théocratique et polygame de Jean de Leyde, chute de la ville le 24 juin 1535, exécution de ses chefs en janvier 1536), séjour et expulsion de Wismar (1544), installation finale à Wüstenfelde sous la protection de Bartholomäus von Ahlefeldt, et position de Menno allant jusqu'au refus de l'exécution des criminels par le pouvoir civil. Texte : https://www.mdpi.com/2077-1444/15/11/1356

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  7. John Horsch, Menno Simons: His Life, Labors, and Teachings, op. cit., chap. I, citant la Reply to Gellius Faber — récit de la prise du monastère d'Oldeklooster près de Bolsward le 7 avril 1535 (environ 300 tués dans l'assaut, 37 décapités sur place, 132 prisonniers conduits à Leeuwarden dont 55 exécutés), mort de Pierre Simons parmi les victimes — que Horsch donne pour le frère de Menno, parenté tenue pour erronée par la notice GAMEO d'Oldeklooster ; réaction de conscience de Menno Simons, alors encore curé de Witmarsum. Texte : https://www.mennosimons.net/horsch01.html

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  8. John Horsch, Menno Simons: His Life, Labors, and Teachings, op. cit., chap. I-II, citant la Reply to Gellius Faber — récit de la rupture de Menno Simons avec l'Église catholique fin janvier-12 janvier 1536 : trouble intérieur (« mon cœur tremblait dans mon corps »), prédication publique de repentance, renoncement formel à son bénéfice ecclésiastique le 12 janvier 1536, acceptation de la pauvreté et de la clandestinité. Texte : https://www.mennosimons.net/horsch01.html

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  9. « Batenburgers » et « Names Given to the Anabaptists-Mennonites in the Netherlands », Global Anabaptist Mennonite Encyclopedia Online (GAMEO) — mouvement radical dirigé par Jan van Batenburg après la chute de Münster, perpétuant le millénarisme violent et la polygamie, opposé par Menno Simons, Obbe Philips et Dirk Philips au nom de la non-résistance ; usage attesté du terme « mennoniste »/« menniste » dans des lettres officielles dès 1544. Texte : https://gameo.org/index.php?title=Batenburgers

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  10. « Menno Simons », GAMEO et J. Horsch, Menno Simons: His Life, Labors, and Teachings, op. cit. — édit impérial du 2 décembre 1542, soutenu par Charles Quint, offrant cent florins d'or et une grâce pénale à qui livrerait Menno Simons ; exécution de Tjard Reynders (roué) et d'un passeur pour l'avoir hébergé ou aidé à fuir ; offre de grâce faite en 1541 par les autorités de Leeuwarden à tout anabaptiste emprisonné qui le dénoncerait, restée sans effet. Texte : https://gameo.org/index.php?title=Menno_Simons_(1496-1561)

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  11. « Ahlefeldt family », GAMEO, et S. McGinnis, « Menno Simons and the Sword », art. cit. — accueil de Menno Simons en 1554 sur les terres du noble Bartholomäus von Ahlefeldt à Wüstenfelde, près de Fresenburg (Holstein) ; installation d'une imprimerie à Fresenburg entre 1554 et 1556 (quatre ouvrages publiés, dont une édition révisée du Fondement) ; la maison d'imprimerie, dite Menno-Kate, est aujourd'hui un musée près de Bad Oldesloe. Texte : https://gameo.org/index.php?title=Ahlefeldt_family

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  12. « Foundation and Plain Instruction of the Saving Doctrine of Our Lord Jesus Christ », Global Anabaptist Mennonite Encyclopedia Online (GAMEO) — présentation du Fundamentboek / Dat Fundament des Christelycken leers de Menno Simons (1539-1540) : plan de l'ouvrage (temps de la grâce, vraie repentance, foi, baptême apostolique, Cène, séparation du monde, vrais ministres, appels finaux), rôle de guide de référence pour les anabaptistes pacifiques néerlandais après le désastre de Münster. Texte : https://gameo.org/index.php?title=Foundation_and_Plain_Instruction_of_the_Saving_Doctrine_of_Our_Lord_Jesus_Christ

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  13. « Ban », Global Anabaptist Mennonite Encyclopedia Online (GAMEO) — doctrine et pratique du ban (excommunication) et de l'évitement (Meidung) chez Menno Simons et ses disciples ; controverse sur l'application du ban aux conjoints non repentants ; rôle de cette question dans les schismes ultérieurs du mouvement mennonite (Waterlandais contre Frisons/Flamands). Texte : https://gameo.org/index.php?title=Ban

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  14. Leonard G. Friesen, « The Doctrine of Incarnation According to Menno Simons », Journal of Mennonite Studies, Université de Winnipeg — étude académique de la christologie de la « chair céleste » de Menno Simons, héritée de Melchior Hoffman : le Christ n'aurait pas reçu sa chair de la substance de Marie, mais l'aurait reçue directement de Dieu, Marie n'étant qu'un canal passif (« comme un verre d'eau à travers lequel passe un rayon de soleil ») ; fondement allégué dans Jean 6 et 1 Corinthiens 15 et dans une conception aristotélicienne de la génération ; déclin progressif de cette doctrine dans le mennonisme ultérieur, à mesure du rapprochement avec les anabaptistes suisses. Texte : https://jms.uwinnipeg.ca/index.php/jms/article/download/656/656/0

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  15. « Diet of Speyer (1529) », Global Anabaptist Mennonite Encyclopedia Online (GAMEO) — décret impérial du 23 avril 1529, adopté avec l'accord conjoint des princes catholiques et luthériens, ordonnant la mise à mort par le fer ou le feu de tout rebaptiseur ou rebaptisé sans jugement ecclésiastique préalable ; loi renouvelée à la diète de Spire de 1544 puis à la diète d'Augsbourg de 1551. Texte : https://gameo.org/index.php?title=Diet_of_Speyer_(1529)

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  16. Concile de Trente, VIIᵉ session (3 mars 1547), Décret sur les sacrements — Canons sur le baptême, canon 13 — Denzinger-Hünermann, n° 1626 : « Si quelqu'un dit que les petits enfants, parce qu'ils n'ont pas l'usage de la foi, ne doivent pas, après avoir reçu le baptême, être comptés parmi les fidèles, et que pour cette raison ils doivent être rebaptisés lorsqu'ils sont parvenus à l'âge de raison […] qu'il soit anathème. » Le canon 9 de la même session affirme par ailleurs le caractère indélébile imprimé par le baptême, la confirmation et l'ordre, qui interdit leur répétition. Texte latin et traduction : Canons and Decrees of the Council of Trent, session VII ; voir aussi Symboles et définitions de la foi catholique (Denzinger), Paris, Cerf.

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