Clément IX (Clemens IX), de son nom Giulio Rospigliosi, fut pape de 1667 à 1669. Toscan de Pistoia, poète de cour devenu diplomate, il avait servi l'Église comme nonce en Espagne puis comme secrétaire d'État avant de monter sur le Siège de Pierre au soir du 20 juin 1667.[1][2] Son pontificat ne dura que trente mois, mais il laissa le souvenir, rare dans le siècle, d'un pape doux, charitable et désintéressé, « l'idole des Romains ».[3]
Quatre dossiers occupèrent ce court règne. À l'intérieur de l'Église, Clément IX désamorça provisoirement la querelle du jansénisme par un compromis prudent passé à la postérité sous le nom de Paix clémentine (1669).[4][5] En Europe, il fit office d'arbitre entre la France et l'Espagne, ce qui contribua au traité d'Aix-la-Chapelle (1668), qui mit fin à la guerre de Dévolution.[6][7][8] En Méditerranée enfin, il épuisa les finances pontificales pour secourir Venise dans la défense de Candie, dernier bastion chrétien de Crète — en vain : la capitulation fut conclue au début de septembre 1669 et la reddition formelle eut lieu le 27 septembre, et la nouvelle, dit-on, précipita la mort du pape.[9][10] Enfin, après la paix de Lisbonne du 13 février 1668 entre le Portugal et l'Espagne, Clément IX réconcilia le Saint-Siège avec le Portugal indépendant et réorganisa l'Église portugaise.[11]
Le présent article retrace la biographie pontificale de Giulio Rospigliosi : sa formation et son parcours de poète-diplomate, son élection, son gouvernement charitable de Rome, la Paix clémentine, sa diplomatie européenne, le drame de Candie, ses canonisations et son mécénat. Pour la substance doctrinale de la crise janséniste — Jansénius, l'Augustinus, les cinq propositions condamnées —, il renvoie au dossier d'ensemble Ignispedia, dont il n'expose ici que la gestion par Clément IX.
📖 Voir aussi : Le jansénisme : doctrine, condamnations et héritage pour le fond doctrinal de la querelle.
Pourquoi Clément IX est-il resté « le pape bien-aimé des Romains » ?
Un pontificat de trente mois
Le règne de Clément IX compte parmi les plus courts du XVIIᵉ siècle : à peine deux ans et demi — trente mois, soit environ 900 jours, du 20 juin 1667 au 9 décembre 1669.[12] La brièveté n'a pourtant pas effacé sa mémoire. Là où tant de pontificats longs n'ont laissé qu'une administration grise, ces trente mois condensent une succession d'actes décisifs — paix religieuse, paix politique, croisade méditerranéenne, canonisations majeures — portés par un homme dont la bonté personnelle frappa les contemporains plus encore que l'habileté.
| Date | Repère du pontificat |
|---|---|
| 20 juin 1667 | Élection de Clément IX ; couronnement le 26 juin[13] |
| 1668 (date exacte discutée, voir la note) | Béatification de Rose de Lima, première bienheureuse des Amériques[14] |
| 2 mai 1668 | Médiation du traité d'Aix-la-Chapelle (guerre de Dévolution)[15] |
| Janvier-février 1669 | Paix clémentine avec les quatre évêques jansénistes[16] |
| 28 avril 1669 | Canonisations de Pierre d'Alcántara et Marie-Madeleine de Pazzi[17] |
| Septembre 1669 | Capitulation de Candie (reddition formelle le 27 septembre)[18][19] |
| 9 décembre 1669 | Mort du pape, après trente mois de règne[20] |
Le contraste avec les papes-princes
Au siècle des papes-mécènes fastueux et des grandes familles romaines — Barberini, Pamphili, Chigi —, Clément IX détonne par sa sobriété. La Catholic Encyclopedia résume le sentiment des Romains :
« Il fut l'idole des Romains, moins pour son érudition et son application aux affaires que pour son extrême charité et son affabilité envers les grands comme les petits. » — The Catholic Encyclopedia, notice « Pope Clement IX », 1913[21]
Loin d'utiliser la tiare pour enrichir sa parenté, il modéra le népotisme jusqu'à refuser que son nom fût gravé sur les monuments construits sous son règne.[22][23] Ce désintéressement, à l'opposé du faste d'un Alexandre VI ou des hésitations politiques d'un Clément VII, explique l'attachement durable que lui gardèrent les Romains.
Ce que cet article traite — et ce qu'il renvoie ailleurs
Conformément à l'angle « biographie pontificale » de la série Ignispedia sur les papes, cet article traite la personne et le gouvernement de Clément IX. La doctrine janséniste elle-même, ses condamnations dogmatiques et sa longue postérité jusqu'au XVIIIᵉ siècle relèvent d'un dossier doctrinal distinct, auquel on renverra. De même, l'histoire détaillée de la guerre de Candie ou des controverses missionnaires n'est évoquée ici que pour ce qui touche directement le pontificat.
Giulio Rospigliosi avant la tiare
Une famille toscane de Pistoia
Giulio Rospigliosi naît le 27 janvier 1600 à Pistoia, en Toscane — il y est baptisé le lendemain, 28 janvier, en l'église San Ilario.[24] Sa famille, les Rospigliosi, est une lignée de marchands originaires de Lombardie, établie en Toscane depuis le Moyen Âge et enrichie dans le commerce de la laine, la draperie et la banque.[25] Son père, Girolamo Rospigliosi, fut gonfalonier de Pistoia ; sa mère se nommait Maria Caterina.[26] Ni grande aristocratie romaine ni dynastie cardinalice : Giulio appartient à la bourgeoisie patricienne d'une cité toscane, et devra tout à son talent et à son travail.
Formation : Collège romain et université de Pise
Élève des jésuites du Collège romain, Rospigliosi poursuit ses études à l'université de Pise, où il étudie la philosophie, la théologie et le droit : chargé en 1623 d'un cours extraordinaire de philosophie, il y est reçu docteur en philosophie sacrée et en théologie l'année suivante (1624).[27] Cette double empreinte — rigueur jésuite et culture humaniste pisane — fait de lui un lettré accompli, à l'aise dans la poésie et le théâtre autant que dans le droit et la théologie. C'est par cette réputation de savant et d'homme de lettres qu'il entre, en 1624, au service de la cour pontificale.
Le poète de la cour des Barberini
Arrivé à Rome sous le pontificat d'Urbain VIII (le Barberini Maffeo Barberini, lui-même poète), Rospigliosi entre dans la clientèle du cardinal Antonio Barberini et gravit les degrés de la curie : nommé à la Secrétairerie des Rites (1631), chanoine du chapitre de Sainte-Marie-Majeure puis référendaire des Deux Signatures (1632), secrétaire des Brefs aux princes (été 1635).[28] Mais c'est par une autre voie qu'il se distingue : il devient le librettiste attitré de la Rome Barberini.
Dans les théâtres du palais Barberini, ses drammi per musica font date. Le Sant'Alessio (sur saint Alexis), mis en musique par Stefano Landi sur des décors du jeune Gian Lorenzo Bernini, est l'un des premiers opéras consacrés à la vie d'un saint : créé en mars 1631 au palais des Giubbonari, il est repris pour l'inauguration du théâtre Barberini le 21 février 1632.[29] Avec Chi soffre speri (« Qui souffre espère »), créé en 1637 sur une musique de Mazzocchi puis imprimé à Rome en 1639, Rospigliosi introduit des personnages comiques dans le drame sérieux : cette veine comique, prolongée jusqu'au Dal male il bene (1653), fait de lui, pour l'historiographie de l'opéra, l'un des artisans des racines de l'opéra-comique.[30][31] Fait unique dans l'histoire de la papauté, le futur Clément IX fut donc, au sens propre, un auteur dramatique.
Selon la seule notice anglophone de Wikipedia — sans source primaire vérifiable —, le cardinal Francesco Albizzi aurait raillé le penchant musical de Rospigliosi ; cette anecdote est rapportée ici sous toute réserve, sans reprendre de citation invérifiable.[32]
Nonce en Espagne (1644-1653)
Ordonné évêque le 29 mars 1644 et fait archevêque titulaire de Tarse, Rospigliosi est envoyé comme nonce apostolique à Madrid, où il arrive à l'été 1644.[33][34] Sa mission, qui s'étend sur près de neuf ans, sous les pontificats d'Innocent X puis d'Alexandre VII, est dominée par les négociations de paix de la fin de la guerre de Trente Ans et par la gestion des incidents diplomatiques entre Rome et la couronne d'Espagne.[35] Il y acquiert une connaissance directe des cours, des ambassadeurs et des rouages de la diplomatie européenne qui le servira plus tard. Il quitte Madrid au début de janvier 1653 et, après un séjour en Toscane, regagne Rome au début de l'été.[36]
Secrétaire d'État d'Alexandre VII (1655-1667)
L'élection de Fabio Chigi comme Alexandre VII en 1655 ouvre à Rospigliosi le sommet de la curie. Nommé cardinal-secrétaire d'État dès avril 1655, il est créé cardinal le 9 avril 1657, avec le titre de San Sisto.[37][38] Pendant douze ans, il dirige la diplomatie pontificale, rencontrant le pape chaque jour pour examiner les affaires, maintenant l'équilibre entre les factions espagnole et française, et se tenant prudemment au-dessus des intrigues.[39] À la mort d'Alexandre VII, en mai 1667, il est l'un des hommes les mieux préparés du Sacré Collège pour lui succéder.
L'élection de 1667
Le conclave après Alexandre VII
À la mort d'Alexandre VII, le 22 mai 1667, le conclave s'ouvre dans un climat de pression des grandes couronnes. La candidature de Rospigliosi rallie pourtant un concours d'appuis exceptionnellement large : la France et l'Espagne à la fois, le parti des cardinaux indépendants surnommé l'escadron volant (squadrone volante), et la reine Christine de Suède, retirée à Rome après son abjuration.[40] Le soir du 20 juin 1667, après un interrègne bref, le cardinal Rospigliosi est élu — selon la Catholic Encyclopedia, par un vote pour ainsi dire unanime du Sacré Collège.[41] Il prend le nom de Clément IX et est couronné le 26 juin.
« Sidus olorum » : la légende des cygnes
La tradition rapporte que, durant le conclave, Rospigliosi occupait une cellule appelée la « chambre des cygnes », ce qui aurait répondu à la devise Sidus olorum (« l'astre des cygnes ») que la fameuse Prophétie de saint Malachie lui attribue.[42] Comme l'ensemble de cette prophétie — dont l'authenticité médiévale est sérieusement contestée et qui passe pour une compilation tardive du XVIᵉ siècle[43] —, l'anecdote relève du folklore curial plus que de l'histoire : on la mentionne ici pour mémoire, sans lui prêter de valeur surnaturelle établie.
Le gouvernement de Clément IX : un pape charitable
Confessions, hôpitaux et table des pauvres
Le trait qui domine tous les témoignages est la charité concrète du pape. Loin de se tenir reclus dans le palais, Clément IX descendait confesser les fidèles comme un simple prêtre :
« Deux jours par semaine, il occupait un confessionnal dans la basilique Saint-Pierre et entendait quiconque souhaitait se confesser à lui. Il visitait fréquemment les hôpitaux et était prodigue d'aumônes envers les pauvres. » — The Catholic Encyclopedia, 1913[44]
Selon une tradition rapportée par les notices encyclopédiques modernes — absente des passages vérifiés de la Catholic Encyclopedia cités ci-dessus —, il aurait fait chaque jour inviter treize pauvres à sa table et les aurait servis lui-même avant de prendre son propre repas après eux.[45] Cette image — un pape à genoux au confessionnal, un pape servant les indigents — fixa de son vivant une réputation de sainteté familière qui survécut à la brièveté du règne.
La réforme des finances et le refus du faste
Clément IX hérite d'un trésor obéré par les guerres et par les dépenses de ses prédécesseurs. Par une stricte économie, il rétablit l'ordre dans les finances pontificales, ce qui lui permit précisément de dégager les sommes considérables envoyées à Venise pour la défense de la Crète.[46] Son aversion pour la notoriété alla jusqu'à interdire que son nom fût inscrit sur les édifices élevés sous son pontificat — geste presque inouï à une époque où chaque pape signait Rome de ses armes.[47]
Un népotisme modéré
Comparé au népotisme massif des Barberini, des Pamphili ou des Chigi, celui de Clément IX paraît mesuré.[48] Sa parenté ne fut pas oubliée — son frère Camillo fut nommé général de l'armée pontificale, son neveu Vincenzo capitaine général des galères (il commanda les expéditions de secours à Candie), et son neveu Giacomo Rospigliosi fut créé cardinal —, mais le pape ne bâtit pas pour les siens la fortune scandaleuse que d'autres familles avaient amassée. L'historiographie souligne la retenue de ce népotisme, à la mesure du caractère du pontife.[49]
Réorganisations curiales
Administrateur méthodique, Clément IX retoucha plusieurs rouages de la curie : réorganisation de la Congrégation chargée de l'état des religieux (constitution Iniuncti, 11 avril 1668), réglementation de l'activité missionnaire (17 juin 1669), et surtout création de la Congrégation des Indulgences et des Reliques (6 juillet 1669, par le bref In ipsis pontificatus nostra primordiis), destinée à contrôler la diffusion des reliques et l'octroi des indulgences.[50] Ces mesures, sans éclat, témoignent du même souci d'ordre que sa gestion financière.
La Paix clémentine : l'apaisement du jansénisme (1669)
Le contexte : le Formulaire et les quatre évêques
Au moment où Clément IX monte sur le trône, la France catholique est déchirée par la querelle du jansénisme. Pour exiger des clercs la condamnation des cinq propositions tirées de l'Augustinus de Jansénius, le Saint-Siège avait imposé la signature d'un Formulaire, rendu obligatoire par la bulle Regiminis apostolici d'Alexandre VII (1665).[51][52] Quatre évêques français refusèrent de souscrire sans réserve, distinguant ce que l'Église pouvait imposer de ce qu'elle ne pouvait pas :
| Évêque | Siège |
|---|---|
| Nicolas Pavillon | Alet |
| François-Étienne de Caulet | Pamiers |
| Henri Arnauld | Angers |
| Nicolas Choart de Buzenval | Beauvais |
Le conflit menaçait de tourner au schisme gallican : Rome s'apprêtait à des procédures contre ces évêques, tandis que Louis XIV, soucieux de la paix de son royaume, cherchait une issue.[53]
La distinction du droit et du fait
Le nœud théologique tenait à une distinction classique, le droit et le fait (quaestio iuris / quaestio facti). Les jansénistes admettaient que l'Église, infaillible sur le droit, eût condamné comme hérétiques les cinq propositions ; mais ils contestaient le fait — à savoir que ces propositions se trouvassent réellement, au sens où l'Église les condamnait, dans le livre de Jansénius. Sur le fait, soutenaient-ils, on ne devait qu'un silence respectueux, non un assentiment de foi.[54] Les quatre évêques signèrent le Formulaire en glissant cette distinction dans le mandement par lequel ils le publiaient dans leurs diocèses.
Le bref de 1669 et la « Paix de l'Église »
Plutôt que de briser ces évêques, Clément IX choisit l'apaisement. Au début de 1669, par un bref adressé aux évêques d'Alet, de Pamiers, d'Angers et de Beauvais (bref du 2 février — datation de Philippe Dieudonné, confirmée par Treccani —, après une réconciliation proclamée le 19 janvier selon Dieudonné ; les tractations parisiennes avaient été conduites par le nonce Bargellini et Hugues de Lionne, que Treccani désigne comme le véritable artisan de l'accord), il manifesta la « bienveillance du Saint-Siège » et accepta la soumission des prélats sans exiger qu'ils renonçassent explicitement à leur distinction.[55][56] Ce compromis, immédiatement appelé Paix clémentine (Pax Clementina) ou Paix de l'Église, rouvrit provisoirement le monastère de Port-Royal et fit retomber l'orage.[57]
« Par un doux compromis dans l'affaire du jansénisme français, connu sous le nom de Paix clémentine (Pax Clementina), il obtint une accalmie dans la tempête. » — The Catholic Encyclopedia, 1913[58]
Une paix réelle, mais fragile
La portée de cette paix a été diversement jugée. À Paris, on y vit une concession du pape ; à Rome, certains la lurent comme un signe de faiblesse devant la pression de Louis XIV.[59] L'historien Philippe Dieudonné, dans l'étude de référence sur la question, en a fait le titre même d'un paradoxe — « défaite et victoire du premier jansénisme français » —, soulignant que l'accalmie ne régla rien sur le fond : la querelle rebondira sous les pontificats suivants.[60] Mais pour le court règne de Clément IX, la Paix clémentine fut un succès pastoral réel, qui épargna à l'Église de France un schisme imminent. Le détail doctrinal de la controverse — les cinq propositions, l'Augustinus, la suite jusqu'au Cas de conscience et à la bulle Unigenitus — est traité dans le dossier consacré au jansénisme.
La diplomatie européenne : le traité d'Aix-la-Chapelle (1668)
La guerre de Dévolution
À peine élu, Clément IX dut affronter une crise européenne. En 1667, Louis XIV avait envahi les Pays-Bas espagnols au nom de prétendus droits de « dévolution » de son épouse Marie-Thérèse sur l'héritage de son père Philippe IV d'Espagne. La guerre de Dévolution menaçait de rallumer un conflit général entre les couronnes catholiques, au moment même où les Turcs pressaient la Chrétienté en Méditerranée.[61]
La médiation pontificale
Fidèle à la vocation d'arbitre du Saint-Siège, Clément IX offrit d'emblée sa médiation aux deux couronnes.[62][63] Selon l'historien François Guizot, le congrès qui s'ouvrit à Aix-la-Chapelle (Aachen) fut présidé par le nonce du nouveau pape — que le passage cité de Guizot ne nomme pas.[64]
Le traité du 2 mai 1668
Le traité d'Aix-la-Chapelle fut signé le 2 mai 1668. La France conservait une douzaine de places conquises dans les Pays-Bas espagnols — dont Lille, Tournai, Douai et Charleroi — mais restituait la Franche-Comté.[65] Côté français, l'acte fut signé par Hugues de Lionne, le ministre de Louis XIV.[66] Quelle que fût sa fragilité, cet arbitrage confirma le rôle de la papauté comme instance de conciliation entre les princes chrétiens, et il reste l'un des actes diplomatiques marquants du règne.[67]
La chute de Candie et la mort du pape (1669)
Vingt ans de siège
Depuis 1648, l'Empire ottoman assiégeait Candie (l'actuelle Héraklion), capitale de la Crète vénitienne et dernier grand bastion chrétien de la Méditerranée orientale. Le siège de Candie est l'un des plus longs de l'histoire : plus de vingt ans de blocus et d'assauts contre une place que Venise défendait à bout de forces.[68] Pour Clément IX, sauver la Crète était une affaire de Chrétienté, et il en fit l'un des grands objets de son pontificat.
L'effort de Clément IX pour Venise
Le pape engagea pour Candie des moyens hors de proportion avec la modestie de ses ressources : ventes de biens ecclésiastiques, jubilés extraordinaires, subsides en argent, et l'envoi de deux expéditions navales — au printemps-été 1668 puis à celui de 1669 — placées sous le commandement de son neveu Vincenzo Rospigliosi.[69][70] C'est précisément pour financer ce secours qu'il avait redressé les finances pontificales par une stricte économie.[71] Mais la coalition chrétienne resta divisée, les renforts français se révélèrent insuffisants, et l'effort vénitien, malgré une résistance héroïque, touchait à sa fin.
La capitulation de septembre 1669
Après plus de deux décennies de résistance, Venise dut capituler. Le provéditeur Francesco Morosini négocia la reddition au début de septembre 1669 ; l'évacuation vénitienne s'échelonna sur le mois et la reddition formelle au grand vizir Ahmed Köprülü eut lieu le 27 septembre 1669.[72][73] La perte de la Crète, dernier grand territoire vénitien d'Orient, fut ressentie dans toute la Chrétienté comme un désastre.
Mourir de chagrin
La nouvelle frappa Clément IX au cœur. La Catholic Encyclopedia est explicite :
« La nouvelle de sa chute, après une vaillante résistance de vingt ans, hâta la mort du pape. » — The Catholic Encyclopedia, 1913[74]
Frappé d'une première attaque d'apoplexie dans la nuit du 25 au 26 octobre 1669, dont il se remit, puis d'une seconde, plus grave, dans la nuit du 28 au 29 novembre, le pape s'éteignit à Rome le 9 décembre 1669, après deux ans, cinq mois et dix-neuf jours de pontificat.[75] La tradition a retenu qu'il mourut, selon le mot souvent répété, « le cœur brisé » par la chute de Candie et le sang des chrétiens versé en Crète — lien causal que les sources contemporaines citées ici ne documentent pas au-delà du constat de la Catholic Encyclopedia.[76]
Le pape des saints : béatifications et canonisations
Malgré la brièveté de son règne, Clément IX inscrivit au calendrier de l'Église plusieurs figures majeures de la sainteté de la Contre-Réforme.
Rose de Lima, première fleur des Amériques
Clément IX béatifia Rose de Lima, la première bienheureuse — et bientôt la première sainte — du Nouveau Monde.[77] La notice « Pope Clement IX » de la Catholic Encyclopedia et le New Catholic Dictionary datent l'acte du 15 avril 1668, mais la notice « St. Rose of Lima » de la même Catholic Encyclopedia le place en 1667 : en l'absence d'acte pontifical vérifié, aucune date n'est retenue ici et l'incertitude est maintenue (voir la note). Dominicaine du tiers-ordre, mystique et pénitente péruvienne, Rose deviendra la patronne de l'Amérique latine et des Philippines.[78] Sa béatification par Clément IX, suivie de sa canonisation par Clément X en 1671, marque la reconnaissance solennelle de la sainteté américaine par Rome, à peine plus d'un siècle après l'évangélisation du continent.
Pierre d'Alcántara et Marie-Madeleine de Pazzi
Le 28 avril 1669, Clément IX canonisa deux grandes figures de la spiritualité du XVIᵉ siècle : Pierre d'Alcántara, franciscain réformateur, ami et conseiller de Thérèse d'Ávila,[79] et Marie-Madeleine de Pazzi, carmélite florentine mystique.[80] En honorant ces maîtres de l'oraison et de la pénitence, le pape lettré et charitable rejoignait, par-delà ses talents de diplomate, le cœur contemplatif de l'Église qu'il gouvernait.
Clément IX mécène : Bernin, l'opéra et Rome
Les anges du pont Saint-Ange
Resté l'ami des artistes, Clément IX confia à Gian Lorenzo Bernin l'embellissement du pont Saint-Ange (Ponte Sant'Angelo), l'accès solennel au château et à la basilique Saint-Pierre. Bernin et son atelier y dressèrent la célèbre série d'anges portant les instruments de la Passion, qui transforma le pont en une Via Dolorosa sculptée menant le pèlerin vers le tombeau de l'Apôtre.[81][82] Le même pape soutint l'achèvement de la colonnade de la place Saint-Pierre, chef-d'œuvre du Bernin.
Le premier théâtre d'opéra de Rome
Cohérent avec sa jeunesse de librettiste, le projet du premier théâtre public de Rome, le Teatro Tordinona, fut porté par Christine de Suède, retirée dans la ville : ouvert en janvier 1671, un an après la mort de Clément IX — donc sous Clément X, qui s'en inquiéta —, il fut inauguré avec le Scipione affricano de Francesco Cavalli.[83][84][85] Le pape qui avait écrit Sant'Alessio et Chi soffre speri laissait ainsi à sa ville une institution durable : la rencontre, en sa personne, du prêtre, du diplomate et de l'artiste est sans véritable équivalent dans l'histoire de la papauté.
Postérité et héritage
Le tombeau de Sainte-Marie-Majeure
Clément IX fut inhumé dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, dont il avait été chanoine du chapitre depuis 1632. Son successeur Clément X lui fit élever un monument funéraire richement orné, œuvre de l'architecte Carlo Rainaldi (1671).[86][87] Ce tombeau, dans l'une des quatre basiliques majeures de Rome, perpétue la mémoire d'un pape que la ville avait aimé.
Un « petit » pontificat au grand renom
Trente mois, quatre dossiers, une réputation de sainteté : le pontificat de Clément IX illustre qu'un règne court peut compter davantage que bien des règnes longs. Pape de la paix — paix religieuse avec les jansénistes, paix politique entre la France et l'Espagne, réconciliation avec le Portugal —, pape de la charité au confessionnal — et, selon la tradition, à la table des pauvres —, pape de la dernière croisade pour la Crète, il a laissé l'image, rare dans son siècle, d'un pasteur plus soucieux des âmes que de sa gloire. Que son nom n'ait été gravé sur aucun de ses monuments est peut-être le plus juste de ses épitaphes.
Pour aller plus loin
Articles Ignispedia liés
- Pape Alexandre VII — son prédécesseur, dont il fut le secrétaire d'État.
- Pape Clément X — son successeur, qui acheva son tombeau et canonisa Rose de Lima.
- Le jansénisme — la doctrine, les condamnations et la longue postérité de la querelle apaisée par la Paix clémentine.
- Pape Clément VII — un autre pape lettré confronté aux déchirements politiques de son temps.
- Pape Alexandre VI — l'envers Renaissance du désintéressement clémentin.
Sources principales
- James Loughlin, « Pope Clement IX », dans The Catholic Encyclopedia, vol. IV, Robert Appleton Company, New York, 1908 (texte en ligne : https://www.newadvent.org/cathen/04028a.htm) : notice de référence en anglais, source des jugements sur la charité du pape, la Paix clémentine et la mort après Candie.
- Enciclopedia dei Papi, Istituto della Enciclopedia Italiana (Treccani), notice « Clemente IX » : biographie critique détaillée (famille, formation, nonciature, secrétariat d'État, pontificat, népotisme modéré, congrégations).
- Philippe Dieudonné, La Paix clémentine. Défaite et victoire du premier jansénisme français sous le pontificat de Clément IX (1667-1669), Bibliotheca Ephemeridum Theologicarum Lovaniensium 167, Leuven University Press / Peeters, 2003 : étude académique de référence sur la Paix clémentine.
- Ludwig von Pastor, Histoire des papes depuis la fin du Moyen Âge, vol. XXXI (Alexandre VII, Clément IX, Clément X) : récit critique de référence sur la période, fondé sur les archives vaticanes.
- Margaret Murata, Operas for the Papal Court, 1631-1668, UMI Research Press, Ann Arbor, 1981 : étude musicologique de référence sur les livrets d'opéra de Giulio Rospigliosi.
- New Advent / Catholic Encyclopedia : notices « St. Rose of Lima », « St. Peter of Alcantara » et « St. Malachy » pour les canonisations clémentines et la Prophétie des papes.
Notes et références
James Loughlin, "Pope Clement IX", dans The Catholic Encyclopedia, vol. IV, Robert Appleton Company, New York, 1908, texte intégral : https://www.newadvent.org/cathen/04028a.htm (page vérifiée en session). Citations vérifiées : « He was the idol of the Romans, not so much for his erudition and application to business, as for his extreme charity and his affability towards great and small » ; « Two days each week he occupied a confessional in St. Peter's church and heard any one who wished to confess to him. He frequently visited the hospitals, and was lavish in his alms to the poor » ; « By a mild compromise in the affair of French Jansenism, known as the Clementine Peace (Pax Clementina), he procured a lull in the storm » ; « The news of its fall, after a gallant resistance of twenty years, hastened the pope's death » ; « On 15 April, 1668, he declared blessed, Rose of Lima, the first American saint » ; canonisations du 28 avril 1669 (Marie-Madeleine de Pazzi et Pierre d'Alcántara). Traductions françaises de l'auteur de l'article ; originaux anglais ci-dessus.
1 3 5 6 9 11 13 17 21 22 41 44 46 47 58 62 71 74 80Luciano Osbat et Raoul Meloncelli, notice « Clemente IX » de l'Enciclopedia dei Papi (treccani.it), texte intégral relu en session, avec pièces d'archives citées (Archivio Rospigliosi-Pallavicini, Archivio della Curia vescovile de Pistoia, Vat. lat.) ; et Giampiero Brunelli, notice « Giulio Rospigliosi » dans le Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 61 (Treccani), 2004. Famille Rospigliosi (marchands toscans de Pistoia, laine/draperie/banque) ; naissance le 27 janvier 1600 à Pistoia, baptême le 28 en l'église San Ilario, parents Girolamo et Maria Caterina ; études de philosophie, théologie et droit à Pise, lecteur extraordinaire de philosophie en 1623, docteur en philosophie sacrée et théologie en 1624 ; au service des Barberini dès 1624, Secrétairerie des Rites (1631), chapitre de Sainte-Marie-Majeure et référendaire des Deux Signatures (1632), secrétaire des Brefs aux princes (été 1635) ; nonce à Madrid (nomination printemps 1644, arrivée ~20 juillet 1644, départ début janvier 1653, retour à Rome début été 1653) ; secrétaire d'État d'Alexandre VII (avril 1655), cardinal le 9 avril 1657 (titre de San Sisto) ; élection du 20 juin 1667 avec l'appui de la France, de l'Espagne, du squadrone volante et de Christine de Suède ; bref du 2 février 1669 aux quatre évêques, tractations parisiennes du nonce Bargellini et de Lionne ; congrégations réorganisées (constitution Iniuncti, état des religieux, 11 avril 1668 ; missions, 17 juin 1669 ; Indulgences et Reliques, 6 juillet 1669 — date confirmée par le New Catholic Dictionary, 1910 : « Created by Pope Clement IX, July 6, 1669 ») ; népotisme mesuré (Camillo général de l'armée pontificale, Vincenzo capitaine général des galères et commandant des expéditions de Candie, Giacomo cardinal) ; deux expéditions navales pour Candie (printemps-été 1668 et 1669), reddition vénitienne du 6 septembre 1669 ; Sant'Alessio (Landi, décors Bernin) créé en mars 1631 et repris le 21 février 1632, Chi soffre speri créé en 1637 (Mazzocchi) et imprimé en 1639 ; dix anges du pont Saint-Ange (Bernin ou d'après ses dessins) ; attaques d'apoplexie des 25-26 octobre et 28-29 novembre 1669, mort le 9 décembre 1669 ; tombeau de Carlo Rainaldi (1671) à Sainte-Marie-Majeure.
2 8 20 24 25 26 27 28 29 30 33 35 36 37 39 40 48 49 50 52 55 59 67 69 75 82 87Philippe Dieudonné, La Paix clémentine. Défaite et victoire du premier jansénisme français sous le pontificat de Clément IX (1667-1669), Bibliotheca Ephemeridum Theologicarum Lovaniensium 167, Leuven University Press / Peeters, Louvain, 2003 (ISBN 90-429-1238-3). Étude académique de référence : contexte du Formulaire imposé par la bulle Regiminis apostolici d'Alexandre VII (1665) ; refus des quatre évêques (Nicolas Pavillon d'Alet, François-Étienne de Caulet de Pamiers, Henri Arnauld d'Angers, Nicolas Choart de Buzenval de Beauvais) ; distinction du droit et du fait et « silence respectueux » ; signature avec restriction ; réconciliation de janvier 1669 et bref pontifical ; réouverture provisoire de Port-Royal ; portée ambivalente (« défaite et victoire »). Recension de l'ouvrage : Journal of Ecclesiastical History (Cambridge University Press, en ligne : https://www.cambridge.org/core/journals/journal-of-ecclesiastical-history/article/abs/la-paix-clementine-defaite-et-victoire-du-premier-jansenisme-francais-sous-le-pontificat-de-clement-ix-16671669-par-p-dieudonne/).
4 16 51 53 54 56 57 60Traité d'Aix-la-Chapelle (Aachen), 2 mai 1668, mettant fin à la guerre de Dévolution (1667-1668) entre la France et l'Espagne. Rôle pontifical : la Catholic Encyclopedia (notice « Pope Clement IX ») écrit que Clément IX « brought about, as arbiter, the Peace of Aix-la-Chapelle » ; François Guizot (A Popular History of France) précise : « A congress was opened at Aix-la-Chapelle, presided over by the nuncio of the new pope, Clement IX » ; de même, Beck's (France in the Era of Louis XIV) parle d'un « peace treaty mediated by Pope Clement IX ». Termes : la France conserve une douzaine de places des Pays-Bas espagnols (dont Lille, Tournai, Douai, Charleroi) mais restitue la Franche-Comté. Côté français, la signature fut celle d'Hugues de Lionne (« Signed Lewis, and underneath De Lionne » : Articles of peace between the two crowns of France and Spain concluded at Aix-la-Chapelle, the second of May, 1668). Voir aussi Britannica, « Treaty of Aix-la-Chapelle, 1668 ».
7 15 61 63 64 65 66Siège de Candie (1648-1669) : blocus et assauts ottomans contre Candie (Héraklion), capitale de la Crète vénitienne, l'un des plus longs sièges de l'histoire. La capitulation, négociée par le provéditeur Francesco Morosini au début de septembre 1669 (« surrendered the city to the Turks on September 6, 1669 » : Emerging Infectious Diseases, CDC, vol. 21, n° 12, décembre 2015, en ligne : https://wwwnc.cdc.gov/eid/article/21/12/13-0822_article ; le récit détaillé de la guerre de Candie date la reddition de la ville au 5 septembre 1669), aboutit à la reddition formelle devant le grand vizir Ahmed Köprülü le 27 septembre 1669 (notice « Siege of Candia », https://en.wikipedia.org/wiki/Siege_of_Candia) ; l'évacuation vénitienne s'échelonna sur septembre. Effort de secours pontifical de Clément IX (subsides, jubilés, escadre du neveu Vincenzo Rospigliosi ; cf. l'étude Terlinden citée en note).
10 18 68 72Notices encyclopédiques « Clément IX » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Clément_IX) et « Pope Clement IX » (https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Clement_IX), recoupées entre elles et avec la Catholic Encyclopedia et Treccani (pages vérifiées en session). Détails biographiques et anecdotiques, recoupés avec Treccani — en cas de divergence, la présente version suit Treccani (né le 27, baptisé le 28 janvier 1600 ; mère Maria Caterina ; lecteur de philosophie en 1623, docteur en 1624 ; Rites en 1631) : durée du pontificat (2 ans, 5 mois et 19 jours, soit environ 900 jours) ; refus de faire graver son nom sur les monuments ; treize pauvres invités et servis à sa table ; livrets Sant'Alessio (musique de Stefano Landi, décors de Bernini, mars 1631 puis 21 février 1632) et Chi soffre speri (créé en 1637, imprimé en 1639) ; mot prêté au cardinal Francesco Albizzi sur le penchant musical de Rospigliosi (retranscrit dans la notice anglophone d'après Pope Clement IX: Proceedings of the Conclave…, Pickle Publishing, 2005) ; devise Sidus olorum de la Prophétie de saint Malachie et « chambre des cygnes » ; commande à Bernin des anges du pont Saint-Ange ; Teatro Tordinona (premier théâtre public de Rome fondé par Christine de Suède, inauguré en janvier 1671 avec le Scipione affricano de Cavalli — voir aussi la notice « Tor di Nona ») ; canonicat de Sainte-Marie-Majeure depuis 1632 (selon Treccani) ; mort « le cœur brisé » après Candie (tradition) ; tombeau à Sainte-Marie-Majeure par Carlo Rainaldi.
12 23 32 34 38 42 45 76 81 83 86Edward Aymé, "St. Rose of Lima", dans The Catholic Encyclopedia, vol. XIII, Robert Appleton Company, New York, 1912, texte intégral : https://www.newadvent.org/cathen/13192c.htm (page relue en session : « patroness of America » ; « beatified by Clement IX, in 1667, and canonized in 1671 by Clement X, the first American to be so honoured »). Rose de Lima y est appelée « patronne de l'Amérique » et présentée comme la première Américaine élevée aux honneurs des autels — béatifiée sous Clément IX, puis canonisée en 1671 par Clément X. Divergence non tranchée : la notice « Pope Clement IX » de la même Catholic Encyclopedia (vol. IV, 1908, page relue en session : « On 15 April, 1668, he declared blessed, Rose of Lima ») et le New Catholic Dictionary (1910 : « Beatified on April 15, 1668; canonized on April 2, 1671 ») datent l'acte du 15 avril 1668, tandis que la notice « St. Rose of Lima » le place « in 1667 » et Wikipedia (EN) au 10 mai 1667 ; Treccani (Enciclopedia dei Papi, notice « Clemente IX ») situe la béatification en 1668, sans jour. Le 10 mai 1667 correspond, dans plusieurs notices modernes, à la déclaration de Rose vénérable — distincte de la béatification —, ce qui explique vraisemblablement la confusion. Le Bullarium n'ayant pu être rouvert en session, aucune date n'est retenue : l'année 1668 seule est donnée, avec l'incertitude maintenue.
14 77 78Vicomte Charles Terlinden, Le pape Clément IX et la guerre de Candie, Bruxelles, 1904 (étude reprise dans la bibliographie de la notice « Clément IX » de Wikipédia en français) : référence en français sur l'effort pontifical pour secourir Venise en Crète — subsides, jubilés, escadre confiée au neveu Vincenzo Rospigliosi.
19 70 73Margaret Murata, Operas for the Papal Court, 1631-1668, Studies in Musicology, UMI Research Press, Ann Arbor, 1981 (ouvrage cité dans les références de la notice anglophone « Pope Clement IX »). Étude musicologique de référence sur les drammi per musica écrits par Giulio Rospigliosi pour la cour Barberini (dont Sant'Alessio, musique de Stefano Landi, et Chi soffre speri, 1637) et sur son rôle pionnier dans l'opéra à sujet sacré et l'introduction de personnages comiques dans le drame en musique — racine de l'opéra-comique et arrière-plan du Teatro Tordinona. Corroboré par Roger Parker (éd.), The Oxford Illustrated History of Opera, Oxford University Press, 1994, p. 18, et l'article « Mazzocchi, Virgilio » du Grove Music Online (références citées par la notice anglophone).
31 84"St. Malachy", dans The Catholic Encyclopedia, vol. IX, Robert Appleton Company, New York, 1910, texte sur New Advent : https://www.newadvent.org/cathen/09565a.htm.
43"St. Peter of Alcantara", dans The Catholic Encyclopedia, vol. XI, Robert Appleton Company, New York, 1911, texte sur New Advent : https://www.newadvent.org/cathen/11770c.htm. Franciscain réformateur (alcantarins), ami, conseiller et directeur spirituel de sainte Thérèse d'Ávila ; béatifié par Grégoire XV en 1622 et canonisé par Clément IX le 28 avril 1669.
79Notices « Tor di Nona » (https://en.wikipedia.org/wiki/Tor_di_Nona) et « Angelica Quadrelli » (https://en.wikipedia.org/wiki/Angelica_Quadrelli), vérifiées en session : en janvier 1671 ouvrit à Rome le premier théâtre public, le Teatro Tordinona, fondé par Christine de Suède et inauguré avec le Scipione Affricano de Francesco Cavalli (avec Antonia Coresi et Angelica Quadrelli). Sur la « Prophétie des papes » attribuée à saint Malachie : document resté inconnu jusqu'à sa découverte en 1590 et publié par Arnold de Wyon, dont l'authenticité (prédiction véritable ou faux tardif du XVIᵉ siècle) est « beaucoup discutée » — d'où le caractère purement folklorique de la devise Sidus olorum rattachée à Clément IX.
85