Saint Pierre Nolasque (1180-1256)

Marchand devenu apôtre des captifs, saint Pierre Nolasque fonde en 1218 à Barcelone, après une vision de la Vierge, l'ordre de la Merci (Mercédaires) voué au rachat des chrétiens réduits en esclavage par l'Islam — ses membres jurant de rester eux-mêmes en otage à la place des captifs.

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Saint Pierre Nolasque (vers 1180-1256) est, au cœur du XIIIᵉ siècle espagnol, le fondateur de l'ordre de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci — les Mercédaires —, voué au rachat des chrétiens réduits en esclavage par l'Islam sur les côtes de la Méditerranée. Marchand devenu apôtre des captifs, il met sa fortune, puis sa vie entière, au service de ceux que les corsaires musulmans et les royaumes musulmans d'Espagne retiennent dans les fers.[1][2]

Selon la tradition de l'ordre, c'est la Vierge Marie elle-même qui, dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 août 1218, apparaît à Pierre Nolasque pour lui demander de fonder une famille religieuse consacrée à la rédemption des captifs. La même nuit, dit la tradition, elle adresse la même requête au dominicain Raymond de Penyafort et au roi Jacques Iᵉʳ d'Aragon — c'est la fameuse triple vision. Le 10 août 1218, en la cathédrale de Barcelone, l'évêque Berenguer de Palou impose à Pierre l'habit blanc : l'ordre de la Merci est né.[3][4]

Ce qui fait l'originalité radicale des Mercédaires, c'est leur quatrième vœu : au-delà des trois vœux ordinaires, leurs membres s'engagent à donner tous leurs biens pour la rançon des chrétiens et, s'il le faut, à rester eux-mêmes en captivité, en otage, à la place de ceux dont la foi serait en péril. La charité y va jusqu'au don de soi.[5][6]

« [Les Mercédaires s'engagent] à employer tous leurs biens pour la rédemption des chrétiens captifs et, s'il le faut, à demeurer eux-mêmes en captivité à leur place. » — Catholic Encyclopedia, art. St. Peter Nolasco, sur le quatrième vœu mercédaire[7]

Cet article retrace la vie de Pierre Nolasque — le marchand au temps de la Reconquête, l'homme visité par Marie, le fondateur, le rédempteur des captifs —, puis sa spiritualité (Marie de la Merci, charité jusqu'au don de soi), enfin sa mort, son culte, sa canonisation, et la part respective de l'histoire et de la tradition. Il ne refait pas l'histoire complète de l'ordre de la Merci, ni celle de l'ordre frère du rachat des captifs, les Trinitaires de saint Jean de Matha.

Un marchand au temps de la Reconquête (vers 1180-1218)

Une naissance entre Languedoc et Catalogne

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Les origines de Pierre Nolasque sont débattues. La tradition la plus répandue, fixée par les chroniqueurs mercédaires du XVᵉ siècle (Nadal Gaver, Pedro Cijar), le fait naître vers 1189 — d'autres disent vers 1180-1182 — à Mas-Saintes-Puelles, près de Castelnaudary, dans le Lauragais languedocien.[8][9] Le récit hagiographique en fait un noble dont la famille aurait fui les troubles de la croisade albigeoise pour gagner la Catalogne ; mais l'historiographie contemporaine n'a pas ratifié ce portrait nobiliaire, et plusieurs sources le présentent plutôt comme le fils d'un marchand, Bernard Nolasque, formé au négoce.[10][11]

Ce qui est sûr, c'est qu'il se trouve adolescent à Barcelone : quelle que soit la vérité sur son berceau, c'est dans la capitale catalane que se joue sa vocation.[12] La tradition le rattache à la cour de Jacques Iᵉʳ d'Aragon, dont il aurait été le précepteur après la bataille de Muret (1213) — détail que la critique reçoit avec prudence.[13][14]

Barcelone, la course des corsaires et les captifs chrétiens

Le XIIIᵉ siècle méditerranéen est un monde de fers et de rançons. La Reconquête chrétienne avance, mais les royaumes musulmans d'Espagne — Valence, Murcie, Grenade — et les ports d'Afrique du Nord retiennent des milliers de captifs chrétiens : marins enlevés en mer, soldats faits prisonniers, habitants des côtes razziés par la course des corsaires musulmans. Beaucoup, privés de sacrements et pressés d'abjurer, risquent de perdre la foi.[15][16]

Marchand circulant entre terres chrétiennes et terres d'Islam, Pierre Nolasque voit de ses yeux cette détresse. La rançon des captifs devient l'affaire de sa vie.

Les premières rédemptions (vers 1203)

Bien avant toute fondation officielle, Pierre commence, vers 1203, à réunir des aumônes et à racheter des prisonniers avec quelques compagnons. Il donne ses propres biens, quête, organise des collectes : pendant une quinzaine d'années, ce groupe informel agit déjà comme une confrérie de rachat avant la lettre.[17][18] L'ordre de 1218 ne naîtra donc pas d'une idée abstraite, mais de la maturation d'une œuvre déjà à l'épreuve.

La triple vision de Notre-Dame de la Merci (1ᵉʳ-2 août 1218)

La Vierge à Pierre Nolasque

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La tradition mercédaire place dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 août 1218 la vision fondatrice. La Sainte Vierge apparaît à Pierre Nolasque et lui demande d'instituer un ordre religieux spécialement voué à la rédemption des captifs. C'est la Madre de la Merced — Notre-Dame de la Merci —, mot qui signifie à la fois la miséricorde et la rançon versée pour libérer un esclave.[19][20]

Une même demande à Raymond de Penyafort et au roi Jacques Iᵉʳ

Le trait le plus célèbre de la tradition est que, la même nuit, la Vierge adresse la même requête à deux autres hommes : le grand canoniste dominicain Raymond de Penyafort, confesseur du roi, et le jeune roi Jacques Iᵉʳ d'Aragon, dit le Conquérant. Le lendemain, en se confiant l'un à l'autre, les trois hommes découvrent qu'ils ont reçu la même inspiration — confirmation, aux yeux de la tradition, de l'origine céleste du projet.[21][22] Le roi apportera sa protection, Raymond son génie juridique, Pierre son œuvre : la fondation unit ainsi le cloître, la couronne et le droit.

Le sens : Marie « de la Merci »

Le vocable choisi n'est pas neutre. En plaçant l'ordre sous le titre de Marie de la Merci, Pierre Nolasque enracine le rachat des captifs dans la maternité miséricordieuse de la Vierge : c'est elle qui, la première, a « payé la rançon » en donnant au monde le Rédempteur. L'esclave délivré devient l'image de l'âme rachetée par le Christ.[23]

« La Vierge apparut à Pierre Nolasque, à Raymond de Penyafort et au roi Jacques Iᵉʳ, leur signifiant à chacun sa volonté de fonder un ordre pour la rédemption des captifs. » — Tradition rapportée par les sources mercédaires sur la triple vision[24]

La fondation de l'ordre de la Merci (10 août 1218)

L'imposition de l'habit blanc à la cathédrale de Barcelone

La cathédrale de Barcelone dans son état actuel. Paolo da Reggio — Wikimedia Commons, Domaine public.

Le 10 août 1218, en la cathédrale de Barcelone (Sainte-Croix-et-Sainte-Eulalie), l'évêque Berenguer de Palou impose solennellement l'habit blanc à Pierre Nolasque et à une douzaine de compagnons, en présence du roi Jacques Iᵉʳ. Naît ainsi l'ordre de Sainte-Marie de la Merci pour la rédemption des captifs.[25][26] Les frères portent un habit blanc — symbole d'innocence — frappé de l'écusson de la Merci : la croix blanche du chapitre de la cathédrale de Barcelone sur les barres d'or et de gueules d'Aragon, que le roi les autorise à arborer.[27]

Le quatrième vœu : se livrer en otage

Au cœur de la nouveauté mercédaire se trouve un quatrième vœu, ajouté aux trois vœux religieux classiques (pauvreté, chasteté, obéissance). Les frères jurent d'employer tous leurs biens à la rançon des chrétiens et, si nécessaire, de demeurer eux-mêmes en captivité, en otage, à la place de ceux dont la foi est menacée.[28][29] Là où les Trinitaires de Jean de Matha consacrent un tiers de leurs revenus au rachat, les Mercédaires vont jusqu'à engager leur propre liberté : c'est la forme la plus extrême de la charité rédemptrice.

La Règle de saint Augustin et les constitutions

L'ordre adopte la Règle de saint Augustin, et ses premières constitutions sont élaborées avec l'aide décisive de Raymond de Penyafort, juriste de premier ordre.[30][31] À l'origine fortement laïque et militaire — beaucoup de premiers frères sont de jeunes nobles capables de défendre les rédempteurs sur les routes —, l'ordre évoluera peu à peu vers une majorité de religieux clercs. Pierre Nolasque lui-même demeurera toute sa vie frère laïc, jamais ordonné prêtre.[32][33]

Le tableau suivant compare les deux grands ordres du rachat des captifs, nés à vingt ans d'intervalle, pour situer l'originalité propre de Pierre Nolasque.

Trait distinctifTrinitaires (Jean de Matha)Mercédaires (Pierre Nolasque)
Fondation1198, approuvé par Innocent III1218 (Barcelone), confirmé par Grégoire IX en 1235
Lieu d'origineCerfroid, en Brie (royaume de France)Barcelone (couronne d'Aragon)
EmblèmeCroix rouge et bleue sur fond blancCroix de la cathédrale de Barcelone + barres d'Aragon
Part consacrée au rachatUn tiers de tous les revenus de l'ordreTous les biens, jusqu'au don de sa propre liberté
Vœu spécifiqueService désarmé de la rédemptionQuatrième vœu : rester en otage à la place du captif
Patronage marialLa Très Sainte TrinitéNotre-Dame de la Merci

L'approbation pontificale (1235)

D'Honorius III à Grégoire IX

L'œuvre de Barcelone reçoit d'abord des encouragements de la papauté sous Honorius III, puis sa confirmation solennelle sous son successeur. La Catholic Encyclopedia situe cette approbation vers 1230 ; l'historiographie de l'ordre, appuyée sur les archives, retient la bulle de 1235.[34][35] L'écart s'explique : l'ordre existait et agissait avant sa reconnaissance canonique formelle.

La bulle Devotionis vestrae (17 janvier 1235)

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Le 17 janvier 1235, à Pérouse, le pape Grégoire IX incorpore canoniquement l'ordre de la Merci à l'Église universelle par la bulle Devotionis vestrae. Le document est adressé au maître — Pierre Nolasque — et à ses frères, qui forment alors la maison de Sainte-Eulalie de Barcelone. La Règle de saint Augustin est prescrite ; les usages antérieurs deviennent les constitutions de l'ordre.[36][37] Pierre Nolasque, dit la tradition, reçoit la nouvelle de la confirmation pontificale depuis son couvent de Barcelone.

Le rédempteur des captifs

Valence, Grenade, Alger

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Fidèle à son vœu, Pierre Nolasque ne se contente pas d'organiser : il part lui-même racheter des captifs. La tradition lui attribue des rédemptions dans le royaume de Valence, à Grenade, et jusqu'à un voyage maritime à Alger, au péril de sa vie, parmi les corsaires.[38][39] Le rédempteur mercédaire est un homme qui négocie en pays d'Islam, paie les rançons, et ramène vers la liberté ceux que personne ne réclamait.

Les chiffres de la rédemption

Les sources, souvent tardives, donnent des chiffres variables qu'il faut recevoir avec prudence : on parle d'environ 2 700 captifs rachetés du vivant du fondateur, ou de près de 3 920 délivrances en vingt-sept ans, l'ordre tout entier en revendiquant des dizaines de milliers au fil des siècles.[40][41] Quelle que soit l'exactitude des nombres, l'ampleur de l'œuvre est attestée : un courant continu d'hommes rendus à la liberté et à la foi.

Les compagnons : Raymond Nonnat et les premiers martyrs

L'œuvre fait des émules. Le plus célèbre est saint Raymond Nonnat, disciple de Pierre Nolasque, qui lui succède comme grand rédempteur et qui, selon la tradition, se livre lui-même en otage et a les lèvres percées d'un cadenas pour avoir continué de prêcher en captivité. L'ordre compte aussi très tôt des martyrs, tel saint Sérapion.[42][43] La sainteté mercédaire, dès l'origine, porte la marque du sang et du don de soi.

La spiritualité de Pierre Nolasque

Marie, Mère de la Merci

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Toute la spiritualité de Pierre Nolasque est mariale. Il ne fonde pas seulement une œuvre caritative : il met une armée de la miséricorde sous le manteau de Marie de la Merced. Racheter un captif, c'est imiter la Vierge qui, en donnant le Sauveur, a rendu possible le rachat de tous les hommes. La rançon matérielle devient le signe d'une rédemption spirituelle.[44][45]

La charité jusqu'au don de soi

Le quatrième vœu fait de la charité mercédaire une charité sans reprise : se dépouiller de tout, puis, s'il le faut, se livrer soi-même. C'est l'application littérale de la parole du Christ sur l'amour qui donne sa vie pour ses amis. Là est le génie spirituel de Pierre Nolasque : non pas seulement secourir le prochain, mais prendre sa place dans les chaînes.[46]

« Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. » — Jésus-Christ, Évangile selon saint Jean 15, 13[47]

Un laïc au cœur de l'Église

Que le fondateur d'un grand ordre soit demeuré frère laïc n'est pas un détail. Pierre Nolasque montre que la sainteté et la mission ne sont pas réservées aux clercs : un homme du négoce, un laïc, peut être au principe d'une œuvre d'Église qui traversera les siècles. C'est une leçon de vocation baptismale avant la lettre.[48][49]

Mort, reliques et canonisation

La mort : Noël 1256 ou 6 mai 1256 ?

Après avoir résigné sa charge de maître — vers la fin des années 1240 —, Pierre Nolasque se retire dans la prière. Il meurt à Barcelone en 1256. La tradition fixe sa mort au jour de Noël, le 25 décembre, image éloquente pour un homme voué à racheter des captifs au nom du Rédempteur né à Bethléem ; mais des études des archives royales de Barcelone proposent plutôt le 6 mai 1256.[50][51] Il est inhumé dans la chapelle du couvent de la Mercè, à Barcelone.

Le culte et la canonisation par Urbain VIII (1628)

Apparition de saint Pierre apôtre à saint Pierre Nolasque. Francisco de Zurbarán (1629), musée du Prado — Wikimedia Commons, Domaine public.

Vénéré dès sa mort par les Mercédaires, Pierre Nolasque est canonisé par le pape Urbain VIII le 30 septembre 1628, à la basilique Saint-Pierre de Rome.[52][53] Son nom est inscrit au Martyrologe romain. Sa canonisation coïncide avec l'âge d'or espagnol : c'est pour le couvent mercédaire de Séville que Francisco de Zurbarán peint, vers 1628-1634, une célèbre série consacrée au saint — dont l'Apparition de saint Pierre Apôtre à saint Pierre Nolasque et la Vision de la Jérusalem céleste, aujourd'hui au musée du Prado.[54]

La fête : du 31 au 28 janvier

Sa fête fut d'abord fixée au 31 janvier. Lorsque la réforme du calendrier de 1969 attribua cette date à saint Jean Bosco, la mémoire de Pierre Nolasque fut reportée au 28 janvier.[55][56] L'ordre de la Merci, lui, célèbre son fondateur au 6 mai, conformément à la date de mort retenue par les archives.[57]

Histoire et tradition : ce que les sources assurent

Le noyau historique

Le socle de la vie de Pierre Nolasque est solide : son action de rachat des captifs dès le début du XIIIᵉ siècle, la fondation de l'ordre de la Merci à Barcelone, son approbation pontificale par la bulle de Grégoire IX (1235), l'existence de l'ordre et de son quatrième vœu, sa mort à Barcelone en 1256 et sa canonisation en 1628.[58][59][60] Ces faits reposent sur des documents — bulles, archives royales, constitutions — et non sur les seuls récits édifiants.

Les amplifications hagiographiques

En revanche, une part du récit traditionnel vient d'hagiographies tardives (XVᵉ-XVIIᵉ siècles) qui ont enrichi, et parfois inventé, certains détails : l'origine noble fuyant les Albigeois, le préceptorat du roi, des chiffres précis de rédemptions, des prodiges. L'historiographie contemporaine n'a pas ratifié plusieurs de ces éléments et discute jusqu'à la date exacte de naissance et de mort.[61][62] Il faut donc lire ces sources avec discernement.

Comment lire la tradition mercédaire

Ce constat critique n'oblige pas à tout rejeter. L'amplification d'une vie de saint par la piété postérieure est un phénomène constant, qui n'efface pas le fait premier : un homme a réellement fondé, au début du XIIIᵉ siècle, un ordre voué au rachat des captifs, et cet ordre a réellement délivré des esclaves pendant des siècles. La juste attitude n'est ni le scepticisme qui nierait le saint sous prétexte que sa légende a grossi, ni la crédulité qui prendrait chaque détail tardif pour un fait avéré : c'est de distinguer les degrés de certitude, en gardant à l'œuvre elle-même son poids historique et spirituel.

La postérité de Pierre Nolasque

La Vierge de la Merci, patronne de Barcelone

Basilique de la Mercè, Barcelone. Jordiferrer — Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Le titre de Notre-Dame de la Merci (Mare de Déu de la Mercè) a débordé l'ordre pour devenir celui d'une dévotion populaire majeure. La Vierge de la Merci est aujourd'hui la patronne de Barcelone, fêtée chaque 24 septembre par la Mercè, l'une des plus grandes fêtes de la ville. La basilique de la Mercè abrite son image vénérée.[63]

L'ordre de la Merci dans le Nouveau Monde

L'ordre de la Merci se répandit dans toute l'Espagne, intimement lié à la Reconquête, puis passa au Nouveau Monde : les Mercédaires furent parmi les premiers religieux à évangéliser l'Amérique espagnole, où leur nom marque encore villes, paroisses et sanctuaires. L'œuvre du rachat des captifs se prolongea, sous des formes nouvelles, jusqu'à l'époque moderne.[64][65]

Pierre Nolasque dans l'art

Au-delà de Zurbarán, Pierre Nolasque est représenté en habit blanc, l'écusson de la Merci sur la poitrine, souvent rachetant des captifs ou recevant la vision de Marie. Une statue le figure parmi les fondateurs d'ordres sur la colonnade de la basilique Saint-Pierre de Rome — preuve de la place que la mémoire de l'Église a réservée au « père des captifs ».[66][67]

« Tout ce que vous avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. » — Jésus-Christ, Évangile selon saint Matthieu 25, 40 — parole qui résume l'œuvre de Pierre Nolasque[68]

Pour aller plus loin

  • Sources et notices de référence : Catholic Encyclopedia (New Advent), art. « St. Peter Nolasco » et « Mercedarians » ; Wikipédia (FR et EN), art. « Pierre Nolasque / Peter Nolasco » et « Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci » ; Encyclopædia Britannica, art. « Saint Peter Nolasco » ; Martyrologe romain.
  • Sources de l'ordre : histoire officielle de l'ordre de la Merci (orderofmercymen.org) et province mercédaire d'Aragon (mercedaragon.org), pour la bulle Devotionis vestrae (1235) et la chronologie de la fondation.
  • Dévotion mariale : notices espagnoles sur la Virgen de la Merced (es.catholic.net, corazones.org) — la triple vision du 1ᵉʳ août 1218 et la Vierge de la Merci, patronne de Barcelone (fête du 24 septembre).
  • Art et lieux : la série de Francisco de Zurbarán pour le couvent mercédaire de Séville (musée du Prado, vers 1629-1634) ; la cathédrale et la basilique de la Mercè à Barcelone.
  • Articles liés sur Ignispedia : l'ordre frère du rachat des captifs, les Trinitaires de saint Jean de Matha ; saint Raymond de Penyafort, confesseur de Jacques Iᵉʳ et rédacteur des constitutions ; saint Raymond Nonnat, disciple et grand rédempteur mercédaire ; les grands fondateurs contemporains saint Dominique et saint François d'Assise ; saint Louis et le temps des croisades.

Notes et références

  1. Wikipedia (EN), art. « Peter Nolasco » : naissance vers 1189 (ou 1182) à Mas-Saintes-Puelles, Languedoc ; débat France/Espagne mais présence assurée à Barcelone dès l'adolescence ; précepteur de Jacques Iᵉʳ d'Aragon après Muret ; pèlerinage à Montserrat ; rachat de captifs dès ~1203 ; fondation de l'« Ordre royal et militaire de Notre-Dame de la Merci pour la rédemption des captifs » (1218) ; habit blanc, écusson aux armes d'Aragon autorisé par le roi ; quatrième vœu (se faire otage à la place des captifs) ; rédemptions à Valence, Grenade, Alger ; ~70 000 délivrances de l'ordre dont ~2 700 du vivant du fondateur ; Raymond Nonnat lui succède comme rédempteur ; mort en 1256 (tradition 25 décembre, archives de Barcelone 6 mai) ; canonisation par Urbain VIII le 30 septembre 1628 ; fête au 31 janvier puis 28 janvier (Don Bosco), 6 mai chez les Mercédaires ; frère laïc jamais ordonné prêtre.

    1 8 12 13 27 32 38 40 42 49 50 52 55 62 67
  2. Catholic Encyclopedia (New Advent), art. « St. Peter Nolasco » (cathen/11770b.htm) : « Born at Mas-des-Saintes-Puelles, near Castelnaudary, France, in 1189 (or 1182) » ; il distribue ses biens aux pauvres, fait vœu de virginité, gagne Barcelone pour fuir l'influence albigeoise ; « moved also by a heavenly vision, he resolved to found a religious order (1218)... whose chief object would be the redemption of Christian slaves » ; quatrième vœu : « to employ all their substance for the redemption of captive Christians, and if necessary, to remain in captivity in their stead » ; encouragé par saint Raymond de Penyafort et Jacques Iᵉʳ d'Aragon ; ordre approuvé par Grégoire IX (1230) sous la Règle de saint Augustin ; mort à Barcelone « on Christmas Day, 1256 (or 1259) » ; fête au 31 janvier, transférée au 28 janvier en 1969.

    2 6 9 11 29 33 39 48 56
  3. Sources espagnoles sur la Virgen de la Merced (es.catholic.net, art. « Nuestra Señora de la Merced » ; corazones.org ; gaudiumpress.org) : selon la tradition, dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 août 1218, la Vierge apparaît à Pedro Nolasco, à Raimundo de Peñafort et au roi Jaime I d'Aragon, manifestant à chacun sa volonté de fonder un ordre pour la rédemption des captifs (triple vision) ; le 10 août 1218, en la cathédrale de Barcelone, l'évêque Berenguer de Palou impose l'habit blanc à Pedro Nolasco et à douze compagnons en présence du roi.

    3 19 21 24 25
  4. Histoire officielle de l'ordre de la Merci (orderofmercymen.org, « In Its First Century, 1218-1317 ») et province mercédaire d'Aragon (mercedaragon.org) : confrérie de rachat antérieure à la fondation ; fondation à Barcelone en 1218 ; maison de Sainte-Eulalie de Barcelone ; incorporation canonique par Grégoire IX, bulle Devotionis vestrae, 17 janvier 1235 à Pérouse, adressée au maître Pierre Nolasque et à ses frères ; Règle de saint Augustin, constitutions issues des usages antérieurs ; ampleur des rédemptions (plusieurs milliers de captifs).

    4 16 18 22 26 31 35 37 41 45 65
  5. Catholic Encyclopedia (New Advent), art. « St. Peter Nolasco », sur le quatrième vœu mercédaire : « to employ all their substance for the redemption of captive Christians, and if necessary, to remain in captivity in their stead ». Traduction française dans le corps : employer tous leurs biens à la rançon des chrétiens captifs et, s'il le faut, demeurer eux-mêmes en captivité à leur place. Élément distinctif de l'ordre de la Merci.

    5 7 28 46
  6. Wikipédia (FR), art. « Pierre Nolasque » : naissance vers 1180-1182 à Mas-Saintes-Puelles (Lauragais, Aude), débat sur l'année 1189 ; présenté comme fils d'un marchand, Bernard Nolasque, formé au négoce ; installation de la famille à Barcelone ; rachat de captifs dès ~1203 par une confrérie informelle d'une quinzaine d'années ; vision de la nuit du 1ᵉʳ-2 août 1218 ; fondation officielle le 10 août 1218 à la cathédrale de Barcelone ; quatrième vœu ; Règle de saint Augustin accordée par l'évêque Berenguer de Palou ; appui de Jacques Iᵉʳ et de Raymond de Penyafort ; bulle de Grégoire IX (17 janvier 1235) ; mort à Barcelone (1256). L'article signale que le portrait nobiliaire fuyant la croisade albigeoise, donné par le Bréviaire romain du XVIIᵉ siècle, « n'a pas été ratifié par l'historiographie contemporaine ».

    10 17 61
  7. Encyclopædia Britannica, art. « Saint Peter Nolasco » : notice de synthèse — fondateur, avec l'appui de Jacques Iᵉʳ d'Aragon et le conseil de Raymond de Peñafort, de l'ordre de Notre-Dame de la Merci (Mercédaires) pour le rachat des captifs chrétiens ; canonisation par Urbain VIII. Référence générale en anglais.

    14
  8. Catholic Encyclopedia (New Advent), art. « Mercedarians » (cathen/10197b.htm) : Pierre Nolasque reçoit de la Sainte Vierge la demande de fonder un ordre « especially devoted to the ransom of captives » ; fondation en 1218 ; protection de Jacques Iᵉʳ d'Aragon ; « St Raymond of Pennafort, the canon of Barcelona, encouraged and assisted him » et rédige la règle ; approbation par Grégoire IX (1230), bulle de confirmation et Règle de saint Augustin ; mort du fondateur en 1256, sept ans après avoir résigné sa charge ; diffusion de l'ordre en France, Angleterre, Allemagne, Portugal et Espagne (Montpellier, Perpignan, Toulouse, Vich).

    15 30 34 43 59 64
  9. Notices sur la Mare de Déu de la Mercè / Virgen de la Merced (es.catholic.net, corazones.org) : le titre de Notre-Dame de la Merci enracine le rachat des captifs dans la maternité miséricordieuse de Marie ; la Vierge de la Merci est patronne de Barcelone, fêtée le 24 septembre (la Mercè) ; le mot merced/mercè signifie à la fois miséricorde et rançon.

    20 23 44 63
  10. Bulle Devotionis vestrae du pape Grégoire IX, 17 janvier 1235, donnée à Pérouse, incorporant canoniquement l'ordre de la Merci à l'Église universelle, lui prescrivant la Règle de saint Augustin. Document fondateur cité par l'histoire officielle de l'ordre (orderofmercymen.org). Le titre latin est conservé ; traduction de l'objet dans le corps.

    36 58
  11. Évangile selon saint Jean, 15, 13 : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. » Parole du Christ, traduction française courante (cf. Bible de Jérusalem / liturgie). Citée pour éclairer le quatrième vœu mercédaire.

    47
  12. Sur la date de mort : la tradition la fixe au jour de Noël 1256 (Catholic Encyclopedia : « Christmas Day, 1256, or 1259 ») ; des études des archives royales de Barcelone proposent le 6 mai 1256, date retenue aujourd'hui par l'ordre de la Merci pour la fête de son fondateur (cf. Wikipédia EN/FR). Divergence assumée entre tradition liturgique et critique archivistique.

    51 57
  13. Martyrologe romain et notices de canonisation : Pierre Nolasque, fondateur de l'ordre de la Merci, canonisé par le pape Urbain VIII le 30 septembre 1628 à Saint-Pierre de Rome ; inscrit au Martyrologe romain ; mémoire au 28 janvier (jadis 31 janvier).

    53 60
  14. Francisco de Zurbarán, série peinte pour le couvent de la Merci Chaussée (Merced Calzada) de Séville, vers 1628-1634, à l'occasion de la canonisation de Pierre Nolasque : notamment l'Apparition de saint Pierre Apôtre à saint Pierre Nolasque et la Vision de la Jérusalem céleste (la « Nouvelle Jérusalem »), conservées au musée du Prado (Madrid). Cf. notices du musée du Prado. Une statue de Pierre Nolasque figure parmi les fondateurs d'ordres sur la colonnade de Saint-Pierre de Rome.

    54 66
  15. Évangile selon saint Matthieu, 25, 40 : « En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. » Parole du Christ sur le jugement dernier, traduction française courante (cf. Bible de Jérusalem / liturgie). Citée comme clé évangélique de l'œuvre de rachat des captifs.

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