Kateri Tekakwitha (1656-1680) est une vierge mohawk de la Nouvelle-France, première sainte amérindienne originaire du territoire des actuels États-Unis et Canada — après saint Juan Diego Cuauhtlatoatzin, canonisé par Jean-Paul II le 31 juillet 2002 au Mexique.[1] Née sur la terre même où, dix ans plus tôt, avait été martyrisé le jésuite Isaac Jogues, orpheline et défigurée par la variole dès l'enfance, elle traversa une vie brève et lumineuse : baptisée à vingt ans contre l'hostilité des siens, fugitive sur deux cents milles vers une mission chrétienne, vierge consacrée d'une pénitence héroïque.[2][3]
Morte le mercredi saint 17 avril 1680, à vingt-quatre ans, elle laissa derrière elle un signe que ses deux biographes jésuites, témoins oculaires, n'ont jamais cessé de raconter : quinze minutes après son dernier souffle, son visage marqué par la petite vérole devint subitement lisse, blanc et rayonnant de beauté.[4][5] Surnommée le « Lys des Mohawks », vénérée dès le XVIIᵉ siècle comme « la Geneviève du Canada », elle fut béatifiée par Jean-Paul II en 1980 et canonisée par Benoît XVI le 21 octobre 2012.[6][7]
Sa vie tient en une phrase de l'Évangile : le grain de blé tombé en terre porte beaucoup de fruit. Le sang des martyrs jésuites versé en pays iroquois n'avait pas coulé en vain ; il avait préparé, dans le secret, l'éclosion de cette fleur sauvage. Kateri est aujourd'hui patronne des peuples autochtones, des exilés, des orphelins et de tous ceux que le monde juge laids ou méprisables.[8]
Une enfant des Mohawks dans une terre de sang (1656-1666)
Ossernenon, terre des martyrs
Kateri Tekakwitha naît en 1656 à Ossernenon, bourgade mohawk de la vallée de la rivière du même nom, dans l'actuel État de New York — le site est aujourd'hui Auriesville.[9][10] Le lieu n'est pas anodin : c'est là même qu'avaient été suppliciés, dix ans plus tôt, le jésuite Isaac Jogues (18 octobre 1646) et le donné Jean de La Lande (19 octobre 1646) — après le frère René Goupil, mis à mort au même lieu le 29 septembre 1642.[11] La future sainte naît donc littéralement sur le sol arrosé par le sang des Martyrs nord-américains : coïncidence que la tradition catholique lira comme une moisson cachée.
Son père est un chef mohawk, païen ; sa nation appartient à la redoutable confédération iroquoise des Cinq-Nations, longtemps ennemie jurée des Hurons évangélisés et des Français.[12] Rien, dans ce berceau, ne destinait l'enfant au baptême.
Une mère chrétienne captive
Tout va pourtant se jouer par sa mère. Celle-ci est une Algonquine chrétienne, « élevée par les colons français à Trois-Rivières », c'est-à-dire baptisée et catéchisée avant d'être enlevée vers 1653 lors d'un raid mohawk et donnée pour épouse au chef.[13] Cette femme garde la foi en secret au cœur du pays ennemi. Elle meurt trop tôt pour instruire sa fille, mais elle lui transmet, par le sang et peut-être par les premières prières murmurées, une semence invisible. La sainteté de Kateri commence ainsi dans le silence d'une captive fidèle.
La variole et l'enfant marquée (vers 1660)
Vers 1660, une épidémie de petite vérole (variole) ravage le village. Elle emporte le père, la mère et le petit frère de Tekakwitha ; l'enfant, âgée de quatre ans environ, survit seule.[14][15] Mais elle paie ce sursis au prix fort : la maladie lui laisse le visage profondément grêlé de cicatrices et la vue gravement affaiblie, au point qu'elle supportera mal la lumière vive toute sa vie et devra souvent se couvrir la tête d'un pan d'étoffe.[16][17]
« Elle faillit elle-même mourir et resta marquée par la petite vérole, les yeux gravement atteints. » — Dictionary of Canadian Biography, notice Tekakwitha[18]
Orpheline, à demi aveugle, le visage abîmé : la petite fille est désormais doublement marginale. C'est cette enfant-là, et non une princesse de légende, que Dieu choisit.
Le nom Tekakwitha
On l'appelle Tekakwitha. Les interprètes du nom varient, mais le sens reçu tourne autour de « celle qui avance en tâtonnant », « celle qui heurte les choses » — allusion probable à sa démarche hésitante d'enfant à la vue basse, cherchant son chemin les mains tendues.[19][20] L'image est saisissante : la sainte porte, inscrit dans son nom même, le geste de qui marche dans la pénombre vers une lumière qu'il devine sans encore la voir.
Recueillie par son oncle, devenu « premier chef du village et ennemi déclaré de la foi chrétienne », et par ses tantes, l'orpheline grandit dans une famille puissante mais farouchement hostile aux Robes Noires.[21]
L'appel silencieux (1667-1676)
Les Robes Noires à Gandaouagué
En 1666, l'expédition punitive du marquis de Tracy contraint les Mohawks à la paix ; Ossernenon est détruite puis rebâtie sur l'autre rive sous le nom de Gandaouagué.[22] Aux termes du traité, les Français obtiennent l'envoi de missionnaires. En septembre 1667, trois jésuites — les pères Jacques Frémin, Jacques Bruyas et Jean Pierron — sont reçus pour un séjour de trois jours dans la cabane même de l'oncle de Tekakwitha.[23] La fillette, alors âgée d'une dizaine d'années, est chargée de servir les hôtes. Le recueillement de ces hommes en noir, leur prière, leur douceur, la marquent profondément.[24] Une graine est semée ; elle germera lentement, dans le secret, pendant près de dix ans.
Le refus du mariage
Adolescente, Tekakwitha se distingue par une réticence obstinée au mariage, scandaleuse dans une société où l'union précoce était la norme et un devoir familial.[25][26] Ses tantes usent de toutes les ruses pour la fiancer ; un jour, on fait asseoir à ses côtés un jeune homme lors d'un repas, geste qui valait consentement : Tekakwitha se lève et s'enfuit. Ce refus lui vaut brimades et corvées supplémentaires. Sans formuler encore de motif chrétien, elle protège déjà, par instinct surnaturel, une virginité qu'elle ne sait pas nommer.
Jacques de Lamberville et le baptême (5 avril 1676)
L'occasion décisive vient d'une blessure. Immobilisée à la cabane par un pied blessé, Tekakwitha reçoit la visite du père Jacques de Lamberville, jésuite chargé de la mission, qui entre dans sa loge vers 1675.[27][28] L'entretien révèle une âme déjà mûre. Le missionnaire, frappé par sa ferveur et la pureté de ses désirs, accepte de la préparer au baptême — chose rare, car l'Église se montrait prudente avec les adultes amérindiens.
Le jour de Pâques 1676 (5 avril 1676), Tekakwitha est baptisée par le père de Lamberville et reçoit le nom de Catherine — Kateri dans la prononciation mohawk — en l'honneur de sainte Catherine de Sienne, la grande mystique dominicaine.[29][30] Elle a une vingtaine d'années.
« Le jour de Pâques 1676, elle reçut le baptême et le nom de Catherine, qui sera modifié en Kateri. » — Dictionary of Canadian Biography[31]
La grande fuite vers le Sault (1677)
La persécution au village
Le baptême fait de Catherine une paria. Refusant de travailler le dimanche, fuyant les danses et les beuveries, raillée comme « la chrétienne », elle est accablée de mépris et de menaces.[32][33] Le père de Lamberville comprend que la jeune néophyte ne pourra vivre sa foi à Gandaouagué : il lui conseille de gagner la mission chrétienne du Sault-Saint-Louis, près de Montréal, refuge des Iroquois convertis.
Deux cents milles vers Kahnawake
À l'automne 1677, profitant d'une absence de son oncle, Catherine s'enfuit « avec l'aide de trois néophytes autochtones ».[34] Commence alors une évasion d'environ deux cents milles à travers forêts, rivières et lacs, l'oncle lancé à leurs trousses, fusil chargé.[35] La petite troupe atteint enfin, après des semaines, la mission du Sault-Saint-Louis, appelée Kahnawake, dédiée à saint François Xavier.[36][37] Catherine y arrive libre, pauvre de tout, riche de Dieu seul.
La mission Saint-François-Xavier
La réduction du Sault-Saint-Louis était un village d'Iroquois chrétiens, organisé par les jésuites comme un laboratoire de vie évangélique : prière commune, messe quotidienne, confréries, travail et catéchèse. C'est là que Catherine va, en moins de trois ans, parcourir tout le chemin de la sainteté. Son confesseur sera le père Pierre Cholenec, qui l'accueille à son arrivée du pays mohawk ; le père Claude Chauchetière, jeune missionnaire, deviendra l'autre témoin de sa vie.[38][39]
Le « Lys des Mohawks » : une sainteté fulgurante (1677-1680)
Anastasie et Marie-Thérèse
À Kahnawake, Catherine est confiée à Anastasie Tegonhatsiongo, chrétienne fervente qui avait connu sa mère et devient sa « guide spirituelle ».[40][41] Elle se lie aussi d'une amitié ardente avec Marie-Thérèse Tegaiaguenta, jeune veuve éprouvée : ensemble, elles rivalisent de prière et de pénitence.[42] Loin de l'image d'une dévote solitaire, Kateri vit sa sainteté dans une communion d'âmes, entourée de femmes amérindiennes qui cherchent Dieu avec elle.
La première communion et la Sainte-Famille
Sa ferveur brûle les étapes. Dès Noël 1677, fait exceptionnel pour une néophyte de quelques mois, elle est admise à la première communion.[43] Au printemps 1678, elle entre dans la Confrérie de la Sainte-Famille, réservée aux chrétiens les plus avancés.[44] L'Eucharistie devient le centre de gravité de sa vie : on la voit, à l'aube glaciale, attendre la première messe à la porte de la chapelle, puis y demeurer après la dernière.
Les pénitences
Catherine se livre à des mortifications extrêmes, dans la ligne des grands ascètes du désert : jeûnes prolongés, veilles, flagellations, et jusqu'à mêler des épines à sa natte de couchage ou marcher pieds nus dans la neige.[45][46] Ses directeurs durent parfois modérer ses austérités, qui ruinaient une santé déjà minée par la variole. Cette violence sur elle-même n'était pas haine du corps, mais désir brûlant de s'unir aux souffrances du Christ et de réparer pour la conversion de son peuple.
« Ses mortifications furent extrêmes, et Chauchetière dit qu'elle avait atteint l'union la plus parfaite avec Dieu dans la prière. » — Catholic Encyclopedia, Catherine Tekakwitha[47]
Le vœu de virginité (25 mars 1679)
Le sommet de sa vie spirituelle est un acte d'une audace inouïe dans son monde. Le 25 mars 1679, en la fête de l'Annonciation, Catherine est autorisée à prononcer en privé le vœu de virginité perpétuelle, se donnant tout entière au Christ comme épouse.[48][49] C'est, à la connaissance des missionnaires, le premier vœu de ce genre chez les Iroquois : une jeune femme amérindienne, dans une culture où le célibat consacré n'existait pas, invente pour ainsi dire la vie religieuse au cœur de la forêt.
« Le 25 mars 1679, en la fête de l'Annonciation, elle fut autorisée à prononcer en privé le vœu de chasteté perpétuelle. » — Dictionary of Canadian Biography[50]
Elle voulut un temps fonder, avec Marie-Thérèse, une communauté de vierges autochtones ; les jésuites, prudents, la dissuadèrent. Mais le geste annonçait déjà ce que deviendraient, plus tard, les vocations religieuses amérindiennes.
La mort et le miracle du visage (17 avril 1680)
Le mercredi saint
L'hiver 1679-1680 achève d'épuiser son corps. Catherine décline rapidement. Le mercredi de la Semaine sainte, 17 avril 1680, elle rend l'âme à la mission du Sault-Saint-Louis, à vingt-quatre ans.[51][52][53]
« Jésus, Marie, je vous aime »
Ses dernières paroles, prononcées dans un souffle, furent les noms de Jésus et de Marie — selon la tradition dévotionnelle : « Jésus, Marie, je vous aime. »[54][55] Toute sa brève existence se résumait dans ce double nom.
« Elle mourut le 17 avril 1680, à peine âgée de 24 ans, en prononçant les noms de Jésus et de Marie. » — Dictionary of Canadian Biography[56]
Le visage transfiguré
C'est alors que se produisit le fait que ses deux biographes, témoins oculaires, rapportent d'un même accord et qui frappa toute la mission. Environ un quart d'heure après sa mort, le visage de Catherine, grêlé et noirci par la variole depuis l'enfance, changea subitement : les cicatrices s'effacèrent, et il devint, selon le père Pierre Cholenec, « en un moment si beau et si blanc » que les assistants en furent saisis.[57][58]
« Son visage, qui avait été marqué par la petite vérole, devint en un instant si beau et si blanc — un quart d'heure environ après sa mort. » — Pierre Cholenec, s.j., La Vie de Catherine Tegakouita (1696)[59]
Pour les jésuites, ce blanchissement du visage fut comme le premier sceau visible de sa gloire : le corps lui-même rendait témoignage à la pureté de l'âme qui venait de le quitter. C'est l'un des premiers prodiges attribués à la sainte, et l'origine de son culte immédiat.
Les apparitions
Dans les jours qui suivirent, plusieurs personnes de la mission affirmèrent avoir vu Catherine rayonnante de gloire — apparitions que rapportent aussi ses deux biographes jésuites, les PP. Cholenec (1696) et Chauchetière (1695).[60][61] La planche dévotionnelle de l'exposition Carlo Acutis les raconte à sa manière : le père Claude Chauchetière, sa mère spirituelle Anastasie et son amie l'auraient aperçue « toute lumineuse », une croix éclatante entre les mains ; à Anastasie, réveillée par une voix dans la nuit, elle aurait dit en lui montrant la croix — selon cette source secondaire : « Ma mère, regardez cette croix, qu'elle est belle ! Elle fut tout mon bonheur pendant ma vie ; je vous conseille d'en faire aussi le vôtre. »[62] Bouleversé, Chauchetière entreprit de peindre son portrait et de rédiger sa vie : c'est à lui qu'on doit la première image de la sainte.[63]
De la mémoire à l'autel
Les deux biographes jésuites
La gloire de Kateri repose sur un socle documentaire exceptionnel pour une Amérindienne du XVIIᵉ siècle : deux biographies écrites par des témoins directs, qui se recoupent et se complètent.
| Biographe | Rôle auprès de Kateri | Œuvre | Année |
|---|---|---|---|
| Claude Chauchetière, s.j. | Missionnaire au Sault, témoin de sa vie et de ses apparitions ; auteur de son portrait peint | La Vie de la B. Catherine Tegakouita | 1695 |
| Pierre Cholenec, s.j. | Confesseur de Kateri à Kahnawake dès son arrivée (1677), supérieur de la mission | La Vie de Catherine Tegakouita, première vierge iroquoise | 1696 |
Ces deux récits, nourris de l'observation quotidienne et des dépositions de la mission, sont la source primaire de tout ce que l'Église sait de la sainte.[64][65][66]
Le culte et les reliques
Le culte naît sur-le-champ. Dès 1688, Mgr de Saint-Vallier, deuxième évêque de Québec, appelle Catherine « la Geneviève du Canada », la comparant à la patronne de Paris.[67] Les pèlerins affluent à Kahnawake ; on attribue des guérisons à son intercession. Ses reliques sont conservées à Kahnawake, où son tombeau demeure un lieu de pèlerinage vivant.[68][69] On lui donne bientôt le nom qui la résume : le « Lys des Mohawks » — la fleur blanche de la pureté poussée sur une terre de guerre.
Béatification et canonisation
Le procès, longtemps porté par les évêques canadiens et américains et par les peuples autochtones eux-mêmes, aboutit en plusieurs étapes :
| Étape | Date | Pape |
|---|---|---|
| Déclarée vénérable | 3 janvier 1943 | Pie XII |
| Béatifiée | 22 juin 1980 | saint Jean-Paul II |
| Canonisée | 21 octobre 2012 | Benoît XVI |
Le 21 octobre 2012, place Saint-Pierre, Benoît XVI inscrivait Kateri Tekakwitha au catalogue des saints : elle devenait la première sainte amérindienne originaire du territoire des actuels États-Unis et Canada — après saint Juan Diego au Mexique[70] —, honneur attendu depuis trois siècles par les nations autochtones d'Amérique du Nord.[71][72]
Le miracle de Jake Finkbonner
Le miracle retenu pour la canonisation est celui de Jake Finkbonner, jeune garçon de l'État de Washington, descendant de la nation Lummi.[73][74] En 2006, à cinq ans, il contracte une bactérie « mangeuse de chair » (fasciite nécrosante) après une blessure ; les médecins le jugent perdu. Sa famille et toute une communauté autochtone implorent l'intercession de Kateri ; une religieuse, sœur Kateri Mitchell, dépose une relique de la sainte sur l'enfant. L'infection s'arrête net dès le lendemain, et l'enfant guérit complètement. La guérison fut reconnue inexplicable et authentifiée par le Vatican le 19 décembre 2011, ouvrant la voie à la canonisation.[75]
Spiritualité de sainte Kateri
La virginité au cœur de la forêt
La grandeur de Kateri n'est pas dans l'extraordinaire de ses pénitences, mais dans la liberté absolue de son don. Dans une culture où une femme se définissait par le mariage et la maternité, elle choisit, seule et sans modèle, de se consacrer vierge au Christ. Son vœu du 25 mars 1679 est un acte de foi pur : croire que l'union au Dieu vivant vaut plus que tout ce que sa société pouvait lui offrir. C'est la même intuition que celle de Thérèse d'Avila ou de Rose de Lima, surgie cette fois d'une cabane d'écorce.
Une inculturation avant la lettre
Kateri n'a renié ni sa langue, ni son peuple, ni les forêts qu'elle aimait. Elle priait en mohawk, façonnait des croix d'écorce dans les bois, mêlait à l'Évangile la sobriété et l'endurance de sa nation.[76] Elle est, à ce titre, une figure exemplaire de ce que l'Église appellera plus tard l'inculturation : la grâce ne détruit pas la nature, elle l'élève. Son visage transfiguré dit cela mieux qu'un traité : ce n'est pas une Européenne déguisée que Dieu a glorifiée, mais une jeune Mohawk, telle qu'elle était, jusque dans sa chair.
Patronne des méprisés et de la création
Orpheline, étrangère par sa mère, défigurée, raillée, exilée : Kateri a connu toutes les formes du rejet. C'est pourquoi l'Église la donne pour patronne des peuples autochtones, des exilés, des orphelins et de tous ceux que le monde trouve laids ou insignifiants.[77] Son lien intime avec la forêt et les saisons en a fait aussi, dans la dévotion contemporaine, une patronne de l'écologie et du respect de la création — non par mode, mais parce qu'elle a su lire dans la beauté du monde la signature de son Créateur.
Le « Lys des Mohawks » rappelle à chaque chrétien que la sainteté n'attend ni la culture, ni la santé, ni la beauté, ni l'approbation des siens : elle n'attend qu'un cœur libre de dire oui.
Pour aller plus loin
- Saint Isaac Jogues (1607-1646) — le jésuite martyrisé à Ossernenon, sur la terre même où naquit Kateri dix ans plus tard.
- Saint Jean de Brébeuf (1593-1649) — le « géant » des missions huronnes, l'un des huit Martyrs nord-américains dont le sang prépara la moisson iroquoise.
- Saint François Xavier (1506-1552) — le patron des missions, sous le nom duquel fut placée la mission du Sault où Kateri vécut sa sainteté.
- Sainte Catherine de Sienne — la mystique dominicaine dont Kateri reçut le nom au baptême.
- Saint Ignace de Loyola (1491-1556) — fondateur de la Compagnie de Jésus, dont les fils évangélisèrent la Nouvelle-France.
- Le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré — haut lieu de pèlerinage du Canada catholique, proche de la mémoire des saints de la Nouvelle-France.
- La Contre-Réforme catholique (1517-1648) — le grand élan missionnaire dont les réductions de Nouvelle-France et la vie de Kateri sont des fruits.
Notes et références
Saint Juan Diego Cuauhtlatoatzin : canonisé le 31 juillet 2002 par Jean-Paul II en la basilique Notre-Dame de Guadalupe (Mexico) — premier autochtone des Amériques porté aux autels : Britannica ; USCCB (« the first indigenous American saint ») ; Franciscan Media.
1 70Dictionary of Canadian Biography / Dictionnaire biographique du Canada, notice « TEKAKWITHA (Tekaouïta, Tagaskouïta, Tegakwitha), Kateri (baptisée Catherine) » : biographi.ca. Notice de référence : née en 1656 à Ossernenon (Auriesville, N.Y.) ; mère algonquine chrétienne élevée par les Français à Trois-Rivières puis capturée vers 1653, père mohawk ; parents et jeune frère morts de la petite vérole en 1660, Tekakwitha survivante mais marquée et à la vue affaiblie ; élevée par son oncle, « premier chef du village et ennemi déclaré de la foi » ; après l'expédition de Tracy (1666), Ossernenon rebâtie sous le nom de Gandaouagué ; arrivée des PP. Frémin, Bruyas et Pierron en septembre 1667 (séjour de trois jours) ; Jacques de Lamberville entre dans sa loge en 1675 ; baptême le jour de Pâques 1676, nom de Catherine → Kateri ; fuite à l'automne 1677 « avec l'aide de trois néophytes autochtones » vers la mission Saint-François-Xavier du Sault-Saint-Louis (Kahnawake) ; Anastasie Tegonhatsiongo guide spirituelle ; première communion dès Noël 1677 ; Confrérie de la Sainte-Famille au printemps 1678 ; vœu de chasteté perpétuelle le 25 mars 1679 (Annonciation) ; mort le 17 avril 1680, à peine 24 ans, en prononçant les noms de Jésus et de Marie ; Cholenec observe que ses traits marqués par la variole « devinrent remarquablement beaux » après la mort ; Mgr de Saint-Vallier l'appelle « la Geneviève du Canada » dès 1688 ; vénérable le 3 janvier 1943, bienheureuse le 22 juin 1980, canonisée le 21 octobre 2012 ; reliques conservées à Kahnawake.
2 4 9 12 13 14 16 18 21 22 23 25 27 29 31 32 34 36 40 43 44 48 50 51 54 56 58 66 67 68Wikipedia (EN), « Kateri Tekakwitha » : en.wikipedia.org. Recoupement : née en 1656 à Ossernenon ; père chef mohawk (Kenneronkwa), mère algonquine chrétienne (Kahenta) instruite à Trois-Rivières ; variole vers l'âge de quatre ans emportant ses parents et son frère, la laissant grêlée et à la vue faible ; nom Tekakwitha (« celle qui avance en tâtonnant / heurte les choses ») ; premier contact avec les jésuites Frémin, Bruyas et Pierron en 1667 ; baptisée le jour de Pâques 1676 (5 avril 1676) par Jacques de Lamberville, nom Catherine d'après Catherine de Sienne ; persécutée par les siens (refus du travail dominical, accusations) ; fuite en 1677 sur ~200 milles vers Sault-Saint-Louis (Kahnawake) ; pénitences (épines sur la natte) ; vœu de virginité perpétuelle le 25 mars 1679 (Annonciation) ; mort le 17 avril 1680 (mercredi saint), à 23-24 ans, dernières paroles invoquant Jésus et Marie ; transformation de son visage grêlé un quart d'heure après la mort selon Pierre Cholenec ; apparitions posthumes (Anastasie Tegonhatsiongo, Marie-Thérèse Tegaiaguenta, Claude Chauchetière) ; surnom « Lily of the Mohawks » ; béatifiée le 22 juin 1980 par Jean-Paul II, canonisée le 21 octobre 2012 par Benoît XVI ; miracle de Jake Finkbonner (fasciite nécrosante, 2006), authentifié par le Vatican le 19 décembre 2011 ; fête le 14 juillet (États-Unis) et le 17 avril (Canada). Cf. aussi Wikipédia (FR) « Kateri Tekakwitha » : fr.wikipedia.org.
3 7 17 19 26 30 33 35 42 45 52 55 72 73 75Pierre Cholenec, s.j., La Vie de Catherine Tegakouita, première vierge iroquoise (1696), biographie écrite par son confesseur au Sault-Saint-Louis. Source primaire du témoignage sur la transfiguration du visage : les traits de Catherine, marqués par la petite vérole, devinrent « en un moment si beaux et si blancs » environ un quart d'heure après sa mort. Cholenec accueillit Kateri à son arrivée du pays mohawk à l'automne 1677 et fut son directeur ; supérieur de la mission iroquoise de 1695 à 1699. Cf. Dictionary of Canadian Biography, notice « CHOLENEC, PIERRE » : biographi.ca.
5 38 57 59 60 64Conférence des évêques catholiques du Canada (CCCB / CECC), « St. Kateri Tekakwitha (1656-1680): The Lily of the Mohawks » : cccb.ca. Notice officielle des évêques canadiens : surnom « Lys des Mohawks » ; béatification 1980, canonisation le 21 octobre 2012 (première sainte amérindienne originaire de l'actuel territoire États-Unis/Canada, après saint Juan Diego au Mexique) ; reliques et tombeau à Kahnawake ; patronne invoquée des peuples autochtones, de l'écologie, des exilés et des personnes raillées ; miracle de Jake Finkbonner retenu pour la canonisation.
6 8 69 71 74 77Catholic Encyclopedia (New Advent), « Catherine Tekakwitha » : newadvent.org. Recoupement : née en 1656 à Ossernenon ou Gandaouagué ; mère algonquine chrétienne captive, père mohawk ; parents et frère morts de la petite vérole vers ses quatre ans, la laissant marquée au visage et à la vue affaiblie ; baptisée par le père Jacques de Lamberville à sa demande pressante ; vie « d'une vertu remarquable », mortifications extrêmes ; « Chauchetière dit qu'elle avait atteint l'union la plus parfaite avec Dieu dans la prière » ; morte le 17 avril 1680 à Caughnawaga (Kahnawake), Canada.
10 15 28 46 47Wikipedia (EN), « Canadian Martyrs » : en.wikipedia.org. Tableau des martyrs : René Goupil, 29 septembre 1642, Ossernenon ; Isaac Jogues, 18 octobre 1646, Ossernenon ; Jean de Lalande, 19 octobre 1646, Ossernenon.
11The Canadian Encyclopedia, « Saint Kateri Tekakwitha » : thecanadianencyclopedia.ca. Recoupement sur l'enfance, le sens du nom Tekakwitha, l'impression laissée par les jésuites en 1667, la vie de prière mêlée aux usages mohawks et la portée de sa canonisation comme première sainte autochtone originaire de l'actuel territoire États-Unis/Canada.
20 24 76Exposition Carlo Acutis (ressource locale, planche « Bienheureuse Catherine Tekakwitha, 1656-1680 »). Sources dévotionnelles : baptême le jour de Pâques 1676 ; vœu de chasteté perpétuelle le 25 mars 1679 ; refuge à la mission Saint-François-Xavier du Sault, première communion et vie de prière (récitation du chapelet en parcourant la campagne) ; mort le 17 avril 1680 à 24 ans ; béatification par Jean-Paul II le 22 juin 1980 ; apparitions posthumes — à une personne vertueuse le lundi de Pâques, puis à sa mère spirituelle Anastasie (« Ma mère, regardez cette croix, qu'elle est belle ! Elle fut tout mon bonheur pendant ma vie ; je vous conseille d'en faire aussi le vôtre »), puis à une amie. À signaler : la planche indique « Fort Orange » comme lieu de naissance, ce qui est inexact (Fort Orange est le poste hollandais d'Albany) ; le lieu retenu par les notices critiques est Ossernenon.
37 41 49 53 62Claude Chauchetière, s.j., La Vie de la B. Catherine Tegakouita (1695), première biographie de la sainte ; auteur également du premier portrait peint de Kateri (vers 1696). Missionnaire au Sault-Saint-Louis, témoin de sa vie et bénéficiaire d'une apparition posthume. Cf. Dictionary of Canadian Biography, notice « CHAUCHETIÈRE, CLAUDE » et Wikipedia (EN), « Claude Chauchetière » : en.wikipedia.org.
39 61 63 65