Kallistos Ware, né Timothy Richard Ware le 11 septembre 1934 à Bath, était un évêque de l'Église orthodoxe, théologien et traducteur, devenu l'un des visages les plus reconnus de l'orthodoxie en Occident au XXᵉ siècle. Élevé dans une famille anglicane, il se convertit à l'orthodoxie en 1958, devient moine sur l'île grecque de Patmos en 1966 sous le nom de Kallistos, puis enseigne pendant trente-cinq ans à l'université d'Oxford comme titulaire de la chaire Spalding d'études orthodoxes orientales. En 1982, il est consacré évêque de Diokleia — présenté par son obituaire du séminaire Saint-Vladimir comme le premier Anglais élevé à l'épiscopat orthodoxe depuis le grand schisme de 1054 — puis élevé au rang de métropolite en 2007.
Son influence dépasse largement le cadre de sa petite juridiction : son livre The Orthodox Church (1963), régulièrement révisé jusqu'à la fin de sa vie, est resté pendant six décennies la porte d'entrée en langue anglaise la plus lue vers le christianisme d'Orient, tandis que sa traduction, avec G. E. H. Palmer et Philip Sherrard, de la Philocalie — la grande anthologie de la spiritualité hésychaste — a fait connaître aux lecteurs occidentaux, catholiques compris, un trésor spirituel jusque-là accessible aux seuls hellénistes et slavisants.
Pour un lecteur catholique, Kallistos Ware est une figure attachante et complexe. Il fut, pendant plus de quarante ans, l'un des artisans les plus constants du dialogue entre Rome et l'orthodoxie — membre de la commission mixte internationale qui produisit la déclaration de Chieti en 2016 — et un homme dont la conversion elle-même racontait, mieux qu'un traité, la force d'attraction de la liturgie et de la tradition indivise des sept premiers conciles. Mais il fut aussi, dans les deux dernières décennies de sa vie, l'auteur de prises de position qui ont rouvert, non sans une vive controverse à l'intérieur même de l'orthodoxie, des questions que le magistère catholique tient pour closes ou encadrées avec précision : l'ordination des femmes, l'espérance du salut universel et l'accompagnement pastoral des personnes de tendance homosexuelle.
Raconter honnêtement sa vie, c'est donc saluer un intercesseur infatigable de l'unité chrétienne et un pédagogue hors pair de la beauté orthodoxe, sans taire les points où sa pensée, précisément parce qu'elle interrogeait, a suscité chez d'autres orthodoxes eux-mêmes une résistance ferme — et où l'enseignement catholique, lui, trace des limites plus nettes.
Un Anglais élevé dans l'anglicanisme évangélique
Bath, Westminster School et une âme éprise des Pères du désert
Timothy Ware naît le 11 septembre 1934 à Bath, dans le Somerset, au sein d'une famille anglicane de sensibilité évangélique[1]. Élève brillant, il est admis à Westminster School, l'une des grandes public schools de Londres, où, selon son propre témoignage tardif, la lecture à seize ans des travaux de la médiéviste Helen Waddell sur les Pères du désert égyptien exerce sur lui une attraction immédiate[2]. Ce goût précoce pour l'ascèse et la prière du silence — celle-là même que la Philocalie rassemblera plus tard sous sa plume de traducteur — annonce déjà, chez l'adolescent anglican, une sensibilité que l'anglicanisme d'après-guerre ne comblait pas entièrement.
Il poursuit ses études à Magdalen College, Oxford, où il obtient un double first — la plus haute mention — en lettres classiques, puis suit deux années de théologie[3][4]. C'est cette solide formation classique et patristique, acquise dans l'un des collèges les plus prestigieux d'Angleterre, qui lui permettra plus tard de lire dans le texte grec les Pères qu'il traduira.
La rencontre décisive à Saint-Philippe de Londres
Le tournant de sa vie survient un soir, alors qu'il est encore élève de Westminster : par curiosité, il pousse la porte de Saint-Philippe, une église russe-orthodoxe du centre de Londres aujourd'hui démolie, pendant un office de vigiles[5]. Il raconte lui-même, des décennies plus tard, l'impression saisissante de cette première rencontre avec la liturgie byzantine :
« Comme mes yeux s'accoutumaient à la pénombre, la première chose qui retint mon attention fut une absence [...] Je sentais que l'église, loin d'être vide, était pleine — pleine d'innombrables adorateurs invisibles. » — Kallistos Ware (alors Timothy Ware), Strange Yet Familiar: My Journey to the Orthodox Church[6]
Il y perçoit ce que les envoyés du prince Vladimir de Kiev avaient eux-mêmes rapporté, dix siècles plus tôt, de la liturgie de Sainte-Sophie de Constantinople : le sentiment d'avoir touché le « ciel sur la terre »[7]. Cette intuition d'une assemblée invisible qui déborde la petite communauté de fidèles visibles restera, tout au long de sa vie, l'un des thèmes centraux de son enseignement sur la liturgie orthodoxe comme icône du Royaume.
« Ceci est ma demeure » — six années de mûrissement
L'expérience de Saint-Philippe ne conduit pas Timothy Ware à une conversion immédiate. Il lui faudra près de six ans de fréquentation, de lecture et de réflexion avant la réception formelle, en 1958[8][9]. Mais la conviction intérieure, elle, s'impose dès ce premier soir :
« Ceci est l'endroit où j'appartiens ; je suis rentré chez moi. » — Kallistos Ware, Strange Yet Familiar: My Journey to the Orthodox Church[10]
« Je n'ai pas trouvé l'orthodoxie archaïque, étrangère ou exotique. Pour moi, ce n'était rien d'autre que le simple christianisme. » — Kallistos Ware, Strange Yet Familiar: My Journey to the Orthodox Church[11]
Il ne renie pourtant jamais sa formation anglicane, à laquelle il rendra hommage jusqu'à la fin de sa vie :
« Je ne cesserai jamais d'être sincèrement reconnaissant pour mon éducation anglicane. Jamais je ne voudrais me livrer à une polémique négative contre la communion où j'ai d'abord appris à connaître le Christ comme mon Sauveur. » — Kallistos Ware, cité dans Premier Christianity, septembre 2022[12]
Pour lui, le passage à l'orthodoxie n'était pas un reniement mais un approfondissement : « la conversion, c'est au Christ »[13], la communion ecclésiale n'étant que le lieu où cette conversion trouve sa plénitude sacramentelle. Un évêque de l'Église grecque orthodoxe de Londres, Mgr Jacques (Virvos) d'Apamée, tente d'ailleurs de le dissuader et l'exhorte à demeurer anglican[14] — signe que la démarche du jeune Ware n'avait rien d'un engouement superficiel encouragé par le clergé orthodoxe local.
La réception dans l'Église orthodoxe (avril 1958)
C'est finalement en avril 1958, à l'âge de vingt-trois ans, que Timothy Ware est formellement reçu dans l'Église orthodoxe : ayant déjà reçu un baptême trinitaire dans l'Église d'Angleterre, il n'est pas rebaptisé mais chrismé, en la cathédrale grecque Sainte-Sophie de Bayswater (Londres), par Mgr Jacques (Virvos) d'Apamée[15] — l'évêque qui, auparavant, avait pourtant tenté de le dissuader et de le retenir dans l'anglicanisme. Il rejoint l'archevêché grec-orthodoxe de Thyateira et de Grande-Bretagne, sous la juridiction du patriarcat œcuménique de Constantinople[16][17] — la même juridiction que celle de Bartholomée Ier, dont le portrait Ignispedia retrace le parcours contemporain.
De Patmos à Oxford : la formation d'un moine savant
La tonsure monastique et le nom de Kallistos (1966)
Après sa réception, le jeune converti passe environ six mois dans un monastère de l'Église russe hors frontières au Canada[18][19], avant de trouver son véritable port d'attache spirituel sur l'île grecque de Patmos, au monastère de Saint-Jean-le-Théologien — le lieu même où la tradition situe la réception de l'Apocalypse par l'apôtre Jean. C'est là qu'en 1966, il reçoit la tonsure monastique et le nom de Kallistos, en hommage au théologien hésychaste byzantin du XIVᵉ siècle Kallistos Xanthopoulos[20][21]. La même année, il est ordonné prêtre par le patriarcat œcuménique[22].
L'higoumène Amphiloque et l'école spirituelle de Patmos
Sur Patmos, Kallistos se lie d'une affection filiale à l'higoumène Amphiloque Makris (1889-1970), qui deviendra plus tard une figure vénérée de la spiritualité grecque contemporaine et sera canonisé par le patriarcat œcuménique en 2018[23]. Kallistos Ware racontera lui-même, dans des conférences et des écrits ultérieurs, l'influence déterminante de ce père spirituel sur sa propre pratique de la prière et son sens de la paternité spirituelle — celle-là même qu'il exercera plus tard à Oxford auprès de générations d'étudiants[24].
Spalding Lecturer : trente-cinq ans d'enseignement à Oxford
De retour en Angleterre, le père Kallistos succède en 1966 à Nicolas Zernov comme Spalding Lecturer in Eastern Orthodox Studies à l'université d'Oxford, poste qu'il occupera pendant trente-cinq ans, jusqu'en 2001[25][26]. En 1970, il est admis comme Fellow de Pembroke College[27][28]. Il sert en parallèle comme prêtre desservant les paroisses grecque et russe d'Oxford et devient le père spirituel de la petite communauté orthodoxe de la ville, en particulier de la paroisse grecque-orthodoxe de l'Annonciation[29][30].
C'est dans cette double fonction — universitaire et pastorale — que Kallistos Ware exerce l'essentiel de son influence : au fil des décennies, des générations entières de doctorants américains, grecs, roumains, serbes et anglais viennent se former auprès de lui, parmi lesquels plusieurs deviendront des théologiens orthodoxes de premier plan, en relation étroite avec des figures comme les pères Jean Meyendorff et Alexandre Schmemann de l'institut Saint-Vladimir aux États-Unis[31]. Il enseigne également, après sa retraite d'Oxford, à l'Institute for Orthodox Christian Studies de Cambridge de 1999 à 2019[32].
« Gandalf » : le maître aimé de plusieurs générations
Sa silhouette — longue barbe blanche, habit monastique, humour discret — lui vaut, chez ses étudiants d'Oxford, le surnom affectueux de « Gandalf le Grand » (Gandalf the Great)[33]. Ses collègues gardent le souvenir d'un pédagogue hors pair :
« Un excellent conférencier dans la meilleure tradition d'Oxford, assaisonnant l'érudition d'humour. » — témoignage de collègue cité dans l'obituaire du Church Times, 2 septembre 2022[34]
Loin d'un érudit distant, Kallistos Ware conjuguait rigueur académique et attention pastorale : c'est précisément cette alliance qui explique pourquoi ses livres, écrits pour le grand public autant que pour l'université, ont eu un tel rayonnement.
Les livres qui ont fait connaître l'orthodoxie à l'Occident
The Orthodox Church (1963) : la porte d'entrée
Publié en 1963 alors qu'il n'est encore que laïc, The Orthodox Church (Penguin Books) devient, au fil de ses rééditions successives (1993, 2015), le livre de référence en langue anglaise pour découvrir l'histoire, la doctrine et la vie liturgique de l'Église orthodoxe[35][36]. L'Orthodox Church in America le qualifiera, après sa mort, de lecture « incontournable, en particulier pour les chercheurs de vérité »[37]. Peu de manuels universitaires peuvent se targuer d'avoir introduit, pour un public anglophone entier, une tradition chrétienne restée longtemps méconnue en Occident.
The Orthodox Way (1979) : une théologie du cœur
Là où The Orthodox Church expose l'histoire et la doctrine, The Orthodox Way (1979, Saint Vladimir's Seminary Press) déploie une véritable théologie spirituelle : la prière, le mystère trinitaire, la déification (theosis), le sens de la souffrance et de la mort à la lumière de la résurrection. Le livre, structuré en méditations doctrinales accessibles, devient à son tour un classique de la littérature spirituelle orthodoxe traduite dans de nombreuses langues[38].
La traduction de la Philocalie, du Triode de Carême et du Ménée des fêtes
L'apport le plus durable de Kallistos Ware à la connaissance occidentale de la spiritualité orientale reste sans doute son travail de traducteur. Avec G. E. H. Palmer et Philip Sherrard, il traduit en anglais l'intégralité de la Philocalie — l'anthologie monumentale de textes ascétiques et mystiques compilée au XVIIIᵉ siècle par saint Nicodème l'Hagiorite et saint Macaire de Corinthe, comprenant notamment des textes attribués aux Pères du désert et à saint Jean Climaque — dont les cinq volumes anglais paraissent entre 1979 et 2023, la parution du dernier volume étant posthume[39][40]. Avec la moniale Mère Marie, il traduit également le Ménée des fêtes (The Festal Menaion, 1969) et le Triode de Carême (The Lenten Triodion, 1978), les deux grands recueils liturgiques du cycle mobile byzantin[41][42].
| Traduction | Année(s) | Collaborateur(s) | Contenu |
|---|---|---|---|
| The Festal Menaion | 1969 | Mère Marie | Offices des grandes fêtes fixes du calendrier byzantin |
| The Lenten Triodion | 1978 | Mère Marie | Offices du Carême et de la Semaine sainte byzantins |
| The Philokalia (5 vol.) | 1979-2023 | G. E. H. Palmer, Philip Sherrard | Anthologie ascétique et mystique hésychaste (XVIIIᵉ s.) |
Ce travail de traduction a rendu accessible à des lecteurs catholiques eux-mêmes une part importante du trésor spirituel de l'hésychasme — la prière du cœur, la vigilance (nepsis), la théologie de la lumière incréée développée par Grégoire Palamas — sans lequel la théologie catholique de la grâce et de la contemplation aurait plus difficilement dialogué avec sa sœur orientale.
Premier évêque anglais depuis le grand schisme, selon son obituaire
La consécration de 1982 : le titre de Diokleia
En 1982, Kallistos est consacré à l'épiscopat comme évêque auxiliaire, avec le titre honorifique d'évêque de Diokleia (en Phrygie), au sein de l'archevêché de Thyateira et de Grande-Bretagne du patriarcat œcuménique[43][44]. Cette consécration fait de lui, selon son obituaire du séminaire Saint-Vladimir — seule source ouverte retrouvée à l'appui de cette affirmation —, le premier Anglais consacré évêque dans l'Église orthodoxe depuis le grand schisme de 1054[45] — un fait hautement symbolique pour l'histoire du grand schisme d'Orient et de sa lente cicatrisation.
- 11 septembre 1934Naissance à Bath
Timothy Richard Ware naît dans une famille anglicane du Somerset.
- avril 1958Réception dans l'Église orthodoxe
À 23 ans, il est chrismé à la cathédrale Sainte-Sophie de Bayswater et rejoint l'archevêché grec-orthodoxe de Thyateira et de Grande-Bretagne.
- 1966Tonsure monastique et sacerdoce
Tonsuré moine au monastère Saint-Jean-le-Théologien de Patmos sous le nom de Kallistos, puis ordonné prêtre ; il devient Spalding Lecturer à Oxford.
- 1970Fellow de Pembroke College
Il est admis comme Fellow de Pembroke College, Oxford.
- 1982Consécration épiscopale
Consacré évêque titulaire de Diokleia — présenté par son obituaire du séminaire Saint-Vladimir comme le premier Anglais élevé à l'épiscopat orthodoxe depuis 1054.
- 2001Retraite d'Oxford
Il quitte la chaire Spalding après trente-cinq ans d'enseignement.
- 30 mars 2007Élévation au rang de métropolite
Le Saint-Synode du patriarcat œcuménique élève le diocèse titulaire de Diokleia au rang de métropole.
- 21 septembre 2016Déclaration de Chieti
Membre de la commission mixte internationale, il salue le texte sur la synodalité et la primauté durant le premier millénaire.
- 24 août 2022Mort à Oxford
Il s'éteint à son domicile d'Oxford, à l'âge de 87 ans.
L'élévation au rang de métropolite (2007)
Le 30 mars 2007, le Saint-Synode du patriarcat œcuménique élève le diocèse titulaire de Diokleia au rang de métropole, et Kallistos devient métropolite titulaire de Diokleia[46]. Il conservera ce titre jusqu'à sa mort en 2022, continuant d'exercer son ministère épiscopal de manière essentiellement honorifique et pastorale, sans juridiction territoriale propre — une situation typique des évêques titulaires que compte, elle aussi, l'Église catholique pour ses évêques auxiliaires ou émérites.
Un artisan inlassable du rapprochement avec Rome
Le dialogue anglican-orthodoxe : Moscou (1976) et Dublin (1984)
Bien avant même sa consécration épiscopale, l'archimandrite Kallistos participe activement à la Commission doctrinale mixte anglo-orthodoxe, dont les travaux (1973-1976) aboutissent à la déclaration de Moscou (1976) sur la connaissance de Dieu, l'autorité de l'Écriture et de la Tradition, l'autorité des conciles et la question du Filioque[47]. Il en publie l'édition commentée avec le révérend Colin Davey[48]. Huit ans plus tard, la même commission produit la déclaration de Dublin (1984), consacrée au mystère de l'Église, à la Trinité et à la place du culte dans la tradition[49]. Ce travail de dialogue doctrinal entre anglicans et orthodoxes restera l'une des constantes de sa vie savante, aux côtés du dialogue avec Rome.
La commission mixte catholique-orthodoxe et la déclaration de Chieti (2016)
Kallistos Ware fut également, pendant de longues années, membre de la commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe[50] — il figure nommément parmi les membres orthodoxes de la XIVᵉ session plénière de Chieti[51]. C'est dans ce cadre que, selon son obituaire du Catholic Herald, il accueille avec faveur, en septembre 2016, le document connu sous le nom de déclaration de Chieti — Synodalité et primauté au cours du premier millénaire : vers une compréhension commune au service de l'unité de l'Église —, qui explore comment la primauté romaine et la synodalité orthodoxe pourraient se conjuguer, sur les plans local, régional et universel, à la lumière de la pratique commune des dix premiers siècles[52].
« [Un] ami constant mais critique — et donc véritable — » de l'Église catholique dans la recherche de l'unité chrétienne, selon la formule reprise à son sujet par le Catholic Herald[53].
La consultation pastorale catholique-orthodoxe de 2012
Au début des années 2010, il contribue au lancement en Angleterre d'une consultation pastorale catholique-orthodoxe, dont l'objet n'est plus seulement la théologie abstraite des commissions internationales, mais les questions concrètes qui touchent la vie quotidienne des fidèles des deux confessions vivant côte à côte — mariages mixtes, catéchèse, pastorale des migrants orthodoxes en terre occidentale[54][55]. Parrainée par le Fellowship of St Alban & St Sergius — dont il est coprésident orthodoxe et patron — et la Society of St John Chrysostom, cette consultation tient sa première rencontre à Oxford en février 2014, après près de deux ans de préparation[56]. Cette initiative de terrain, moins spectaculaire que les grandes déclarations théologiques, illustre une conviction constante chez lui : l'unité chrétienne se construit aussi dans la charité vécue, non uniquement dans les commissions savantes.
Ce qu'un catholique peut reconnaître chez Kallistos Ware
Pour un lecteur catholique, la figure de Kallistos Ware mérite un respect sincère sur plusieurs points précis. D'abord, sa conversion elle-même, racontée avec une telle franchise, témoigne de la force d'attraction qu'exerce, sur une âme sincèrement en recherche, la liturgie et la Tradition indivise des sept premiers conciles — celle-là même que catholiques et orthodoxes professent en commun. Ensuite, son travail inlassable de traducteur a permis à des générations de catholiques francophones et anglophones de goûter, par la Philocalie, une théologie de la prière et de la déification (theosis) qui rejoint profondément la théologie catholique de la grâce sanctifiante et de l'union transformante enseignée par les mystiques d'Occident. Enfin, son engagement de plusieurs décennies dans le dialogue théologique — anglican-orthodoxe puis catholique-orthodoxe — et son accueil du texte de Chieti montrent un homme qui ne se satisfaisait pas de la séparation et qui a œuvré, à sa mesure, pour que se referme la blessure de 1054.
Ce respect n'empêche cependant pas de reconnaître, avec la même honnêteté, que Kallistos Ware demeurait fermement attaché à l'ecclésiologie orthodoxe de la primauté d'honneur (primus inter pares) et au rejet de la primauté de juridiction universelle et de l'infaillibilité pontificale telles que les définit le concile Vatican I — la même divergence de fond que celle exposée à propos de Bartholomée Ier de Constantinople. Sur ce point structurant, son adhésion au texte de Chieti restait une étape de méthode partagée, non une reconnaissance de la primauté romaine telle que Rome la professe.
Les questions qu'il a rouvertes : ordination des femmes, salut universel, morale sexuelle
« Une question essentiellement ouverte » : le débat sur l'ordination des femmes
À partir de la fin des années 1990, Kallistos Ware prend position, avec prudence mais fermeté, en faveur d'une réouverture du débat sur l'ordination sacerdotale des femmes dans l'Église orthodoxe. Dans un essai intitulé Man, Woman and the Priesthood of Christ — version révisée d'un texte de 1978, reprise dans le volume collectif Women and the Priesthood dirigé par Thomas Hopko (1999) —, puis en l'an 2000 dans un ouvrage co-écrit avec la théologienne française Élisabeth Behr-Sigel, The Ordination of Women in the Orthodox Church (Conseil œcuménique des Églises, Genève), il qualifie la question d'« essentiellement ouverte », estimant qu'elle appelle un examen théologique renouvelé plutôt qu'une fermeture immédiate au nom de la seule coutume[57][58].
Cette position, minoritaire au sein de l'épiscopat orthodoxe, ne l'a jamais conduit à ordonner ou à soutenir une ordination effective de femmes prêtres — l'Église orthodoxe n'a connu, à ce jour, aucune ordination sacerdotale féminine — mais elle a suffi à le distinguer nettement de la ligne magistérielle catholique, où le pape Jean-Paul II, dans la lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis (1994), a déclaré que l'Église n'a aucune autorité pour conférer l'ordination sacerdotale aux femmes et que ce jugement doit être tenu de manière définitive par tous les fidèles — une question que le magistère catholique ne considère précisément pas comme ouverte à un nouvel examen théologique.
« Osons-nous espérer le salut de tous ? » : Origène, Grégoire de Nysse et Isaac le Syrien
En 1998, Kallistos Ware publie un essai retentissant, Dare We Hope for the Salvation of All? (« Osons-nous espérer le salut de tous ? »), repris en 2000 dans le premier volume de ses œuvres complètes, The Inner Kingdom[59]. Il y examine la position d'Origène, de Grégoire de Nysse et d'Isaac le Syrien sur l'apocatastase — la restauration finale de toutes choses en Dieu — et soutient qu'une espérance qualifiée du salut de tous, dissociée des spéculations origéniennes sur la préexistence des âmes et la chute précosmique, demeure compatible avec l'orthodoxie stricte, puisque saint Grégoire de Nysse lui-même, jamais anathématisé par l'Église, a maintenu cette espérance jusqu'au bout[60].
L'enseignement catholique permet, lui aussi, d'espérer — sans jamais l'affirmer comme certitude — que tous les hommes puissent être sauvés : le Catéchisme rappelle que « L'Église prie pour que personne ne se perde » (CEC § 1058), et un théologien catholique aussi respecté que Hans Urs von Balthasar a défendu, dans Dare We Hope « That All Men Be Saved » ? (1988), une thèse d'inspiration comparable. Mais l'Église distingue nettement cette espérance priante de l'apocatastase au sens origéniste strict — la certitude doctrinale que l'enfer sera finalement vidé de tout damné, y compris les démons —, dont les excès furent condamnés par un synode réuni à Constantinople en 543 sous l'empereur Justinien, dont l'autorité doctrinale fut ensuite reprise dans la tradition conciliaire ultérieure[61]. Origène lui-même, dont l'æuvre reste immense et en partie recevable, a vu ses spéculations les plus audacieuses sur ce point écartées par l'Église, précisément pour préserver la gravité du jugement dernier et la liberté humaine de refuser Dieu jusqu'au bout. La nuance de Kallistos Ware — hope, non certitude — rejoint donc, sur ce point précis, une ligne que l'Église catholique elle-même reconnaît comme légitime, à condition de ne jamais transformer l'espérance en doctrine assurée du salut universel.
La controverse de 2018 sur l'accompagnement pastoral des personnes homosexuelles
En 2018, Kallistos Ware signe la préface d'un numéro de la revue The Wheel consacré à l'anthropologie chrétienne et à la sexualité, Being Human: Embodiment and Anthropology[62]. Il y écrit notamment :
« L'orientation homosexuelle, dirions-nous, est en effet contraire au dessein de Dieu pour l'humanité [...] mais les hommes et les femmes homosexuels ne sont pas personnellement coupables de leur orientation, parce que ce n'est pas quelque chose qu'ils ont choisi. » — Kallistos Ware, préface, The Wheel, n° 13/14, printemps-été 2018[63]
Il pose ensuite, sous forme de questions, plusieurs objections à la pratique pastorale courante, notamment sur le traitement différencié réservé au fidèle homosexuel engagé dans une relation stable et fidèle par rapport à celui dont la vie sexuelle serait occasionnelle et non engagée[64], et appelle à « enquêter plus rigoureusement sur les raisons » qui fondent l'enseignement traditionnel[65]. Ce texte, republié fin 2019 et largement commenté, suscite une controverse vive au sein même de l'orthodoxie : la recension d'Orthodox Life lui reproche d'introduire une ambiguïté pastorale dommageable là où l'enseignement traditionnel requiert la clarté, et de minorer le fait que le célibat, loin d'être un fardeau exceptionnel réservé aux seules personnes homosexuelles, demeure un chemin proposé à tout chrétien non marié[66].
L'enseignement catholique, formulé avec précision dans le Catéchisme, opère la même distinction de principe entre l'inclination et l'acte — « Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d'entre eux une épreuve » (CEC § 2358) et appelle au respect, à la compassion et à la délicatesse envers les personnes concernées — mais il maintient sans ambiguïté que les actes de sodomie sont « intrinsèquement désordonnés » et « contraires à la loi naturelle » (CEC § 2357), et que la chasteté, y compris par la continence, demeure la voie proposée à tout chrétien vivant hors du mariage (CEC § 2359), sans distinguer selon que la relation soit ou non stable et affectivement engagée. Pour le développement complet de cet enseignement, voir Que dit l'Église sur l'homosexualité ? et L'Église est-elle homophobe ?.
Regard catholique : reconnaître l'admirable, nommer l'erreur
Ce qui frappe, à l'examen de ces trois dossiers, c'est que Kallistos Ware n'a jamais prétendu changer unilatéralement la doctrine de son Église : sur l'ordination des femmes comme sur la sexualité, il posait des questions, appelait à un réexamen théologique, sans jamais affirmer détenir une nouvelle doctrine constituée ni encourager la désobéissance aux canons en vigueur. C'est précisément ce jeu de la question théologique, laissée ouverte par un ecclésiologue sans magistère personnel contraignant, qui a permis à ces débats de prospérer à l'intérieur de l'orthodoxie — une Église qui, comme le montre par ailleurs le cas de Bartholomée Ier face à la crise ukrainienne, ne dispose d'aucune instance unique capable de trancher rapidement et définitivement une controverse théologique interne.
L'Église catholique, en revanche, a tranché ces trois questions avec une clarté que confère précisément le charisme pétrinien de confirmer les frères dans la foi (Lc 22, 32) : l'ordination sacerdotale est réservée aux hommes de façon définitive (Ordinatio Sacerdotalis, 1994), l'espérance du salut universel reste permise mais jamais assurée comme doctrine (CEC § 1058), et l'enseignement sur la chasteté distingue clairement l'inclination — jamais coupable en elle-même — et l'acte, dont la nature reste fixée par la loi naturelle (CEC §§ 2357-2359). Un catholique peut ainsi admirer, chez Kallistos Ware, l'honnêteté d'un chercheur qui refusait la facilité et la fermeture prématurée du débat théologique — tout en constatant que cette même liberté de questionnement, propre à une ecclésiologie sans magistère universel contraignant, a produit chez lui des positions que l'Église catholique, elle, a précisément pour mission de trancher et de garder.
La mort et la postérité
Oxford, 24 août 2022
Kallistos Ware s'éteint à son domicile d'Oxford dans la nuit du 24 août 2022, à l'âge de 87 ans, après plusieurs années d'une santé déclinante[67][68]. Il est inhumé au cimetière de Wolvercote, à Oxford, le 1er septembre 2022[69]. Sa mort suscite des hommages venus de tout le monde orthodoxe — patriarcat œcuménique, Église orthodoxe en Amérique, séminaire Saint-Vladimir, Église de Roumanie — mais aussi d'institutions catholiques et anglicanes, signe de l'ampleur véritablement œcuménique de son rayonnement[70][71][72].
Deux ouvrages posthumes paraissent en 2025 : le second volume de ses œuvres complètes, In the Image of the Father, et un volume de souvenirs personnels, Reminiscences and Recollections[73] — signe que son œuvre continuait, trois ans après sa mort, d'être éditée et transmise.
Un pont entre l'Orient et l'Occident
Kallistos Ware restera dans l'histoire comme le théologien qui a le plus contribué, en langue anglaise, à faire connaître l'orthodoxie hors de ses terres traditionnelles — sans jamais cesser de se présenter, selon sa propre formule, comme devenu « non moins anglais, mais plus authentiquement anglais »[74] en embrassant l'orthodoxie. Traducteur de la Philocalie, auteur de deux classiques toujours réédités, artisan patient du dialogue avec Canterbury puis avec Rome, il incarne à sa manière la question posée par le cas de Bartholomée Ier : une Église peut-elle, sans principe visible d'unité doctrinale, contenir en son sein des débats aussi vifs que ceux qu'il a lui-même ouverts, sans jamais parvenir à les trancher ? Le catholique qui referme ce portrait garde de Kallistos Ware une image double et vraie : celle d'un pédagogue et d'un pont admirables entre deux mondes chrétiens, et celle d'un théologien dont les audaces rappellent, par contraste, pourquoi l'Église catholique tient tant à son magistère unifié.
Pour aller plus loin
La figure de Kallistos Ware s'éclaire par l'histoire de la séparation entre Orient et Occident et par la spiritualité hésychaste qu'il a contribué à faire connaître.
- Sur un autre grand artisan contemporain du dialogue avec Rome : Bartholomée Ier de Constantinople (1940-).
- Sur la rupture fondatrice entre Rome et Constantinople : Le grand schisme d'Orient (1054).
- Sur la théologie de la lumière incréée et l'hésychasme que documente la Philocalie : Grégoire Palamas.
- Sur l'un des Pères dont la pensée nourrit le débat sur l'espérance universelle : Origène et saint Grégoire de Nysse.
- Sur la réponse catholique aux objections orientales : Réponses aux objections orthodoxes et Que dit l'Église sur les orthodoxes ?.
- Sur l'enseignement catholique complet concernant les questions rouvertes par Kallistos Ware : Que dit l'Église sur l'homosexualité ? et L'Église est-elle homophobe ?.
Notes et références
Harry Oldmeadow, "Metropolitan Kallistos Ware (1934-2022): A Sketch", Sacred Web, 2022 — précise la lecture décisive de Helen Waddell sur les Pères du désert à seize ans, la localisation de la première rencontre liturgique à l'église russe Saint-Philippe de Londres (aujourd'hui démolie), le délai de six ans avant la réception formelle en 1958, le séjour à Patmos, et la fonction de père spirituel des communautés grecque et russe d'Oxford. Texte : https://www.sacredweb.com/tribute/metropolitan-kallistos-ware/
1 2 5 9 19 30 40 42 68"Kallistos Ware", Wikipedia (encyclopédie en ligne, version anglaise), consulté en juillet 2026 — synthèse biographique et bibliographie : naissance le 11 septembre 1934, double first à Magdalen College (Oxford), tonsure monastique et ordination sacerdotale en 1966, Spalding Lecturer 1966-2001, consécration épiscopale en 1982, élévation au rang de métropolite le 30 mars 2007, séjour au monastère russe hors frontières au Canada, publications posthumes 2025 (In the Image of the Father, Reminiscences and Recollections), inhumation au cimetière de Wolvercote le 1ᵉʳ septembre 2022. Texte : https://en.wikipedia.org/wiki/Kallistos_Ware
3 18 22 25 28 36 39 41 43 46 67 69 73Kallistos, évêque de Diokleia [Timothy Ware], "Strange Yet Familiar: My Journey to the Orthodox Church", repris dans The Inner Kingdom: Collected Works, vol. 1, St Vladimir's Seminary Press, Crestwood (NY), 2000 — récit autobiographique de la première visite à l'église Saint-Philippe de Londres et de la maturation de sa conversion. Texte original anglais : http://www.myriobiblos.gr/texts/english/wear_journey1.html. Texte original : "As my eyes grew accustomed to the gloom, the first thing that caught my attention was an absence [...] I felt that the church, so far from being empty, was full — full of countless unseen worshipers.", "This is where I belong; I have come home.", "I did not find Orthodoxy archaic, foreign or exotic. To me it was nothing other than simple Christianity."
4 6 7 8 10 11 14 15"Kallistos Ware (1934-2022): The evangelical 'convert' to Orthodoxy was a father in the faith to many", Premier Christianity, septembre 2022 — récit de la rencontre décisive à l'église Saint-Philippe de Londres, citation sur la gratitude envers l'anglicanisme ("I shall never cease to be sincerely grateful for my Anglican upbringing...", donnée comme tirée de The Inner Kingdom) et distinction entre conversion au Christ ("Conversion is to Christ") et transfert ecclésial, surnom de « Gandalf le Grand » parmi les étudiants. L'obituaire situe la réception sept ans après la première visite ; le corps de l'article retient ici le chiffre du récit autobiographique de Ware lui-même — "Before being actually received, however, I waited for nearly six years" (Strange Yet Familiar). Texte : https://www.premierchristianity.com/obituaries/kallistos-ware-1934-2022-the-evangelical-convert-to-orthodoxy-was-a-father-in-the-faith-to-many/13734.article
12 13 16 33"Timeline of Orthodoxy in the British Isles", OrthodoxWiki, consulté en juillet 2026 — mentionne la conversion de Timothy Ware de l'Église d'Angleterre vers l'Église grecque-orthodoxe en 1958. Texte : https://orthodoxwiki.org/Timeline_of_Orthodoxy_in_the_British_Isles
17"Remembering Kallistos Ware, Revered Orthodox Theologian", Religion News Service, repris par la Greek Orthodox Archdiocese of America (goarch.org), septembre 2022 — tonsure monastique en 1966 au monastère Saint-Jean-le-Théologien de Patmos, nom monastique choisi en hommage au théologien hésychaste byzantin Kallistos Xanthopoulos. Texte : https://www.goarch.org/-/remembering-kallistos-ware-revered-orthodox-theologian-religion-news-service-2022
20"In Memoriam: Metropolitan Kallistos (Ware)", St Vladimir's Orthodox Theological Seminary, septembre 2022 — qualifie Kallistos Ware de premier Anglais consacré évêque orthodoxe depuis le grand schisme, détaille son doctorat honorifique de 2011, ses liens avec les pères Jean Meyendorff et Alexandre Schmemann, et le succès durable de The Orthodox Way. Texte : https://www.svots.edu/headlines/memoriam-metropolitan-kallistos-ware
21 26 35 38 44 45 71"Amphilochios (Makris) of Patmos", OrthodoxWiki, et "Full of Grace and Truth: Bishop Kallistos (Ware) on his Spiritual Father, St. Amphilochios of Patmos" (2019) — higoumène du monastère Saint-Jean-le-Théologien de Patmos (1889-1970), canonisé par le patriarcat œcuménique en 2018, père spirituel de Kallistos Ware durant sa formation monastique. Textes : https://orthodoxwiki.org/Amphilochios_(Makris)_of_Patmos et http://full-of-grace-and-truth.blogspot.com/2019/04/bishop-kallistos-ware-on-his-spiritual.html
23 24"Obituary: Metropolitan Kallistos Ware", Church Times, 2 septembre 2022 — témoignages de collègues d'Oxford sur son enseignement, fonction de père spirituel de la paroisse grecque-orthodoxe de l'Annonciation à Oxford, admission comme Fellow de Pembroke College en 1970. Texte : https://www.churchtimes.co.uk/articles/2022/2-september/gazette/obituaries/obituary-metropolitan-kallistos-ware
27 29 34"In Memoriam: Metropolitan Kallistos (Ware) of Diokleia", Orthodox Church in America, septembre 2022 — qualifie The Orthodox Church de lecture incontournable, relations avec Jean Meyendorff et Alexandre Schmemann, don de mentorat pour les doctorants orthodoxes américains. Texte : https://www.oca.org/news/headline-news/in-memoriam-metropolitan-kallistos-ware-of-diokleia
31 37 70"True Man: Kallistos of Oxford as Orthodoxy's First Universal Teacher of the Global Age", Public Orthodoxy, 6 septembre 2022 — enseignement à l'Institute for Orthodox Christian Studies de Cambridge (1999-2019), citation "in embracing Orthodoxy… I am convinced, I have become not less English but more genuinely so", position de 2000 sur l'ordination des femmes comme « question essentiellement ouverte », tensions autour du concile de Crète (2016). Texte : https://publicorthodoxy.org/2022/09/06/true-man-kallistos-of-oxford-as-orthodoxys-first-universal-teacher-of-the-global-age/
32 58 74Archimandrite Kallistos Ware et révérend Colin Davey (éd.), Anglican-Orthodox Dialogue: The Moscow Statement Agreed by the Anglican-Orthodox Joint Doctrinal Commission, 1976 (with introductory and supporting material), SPCK, Londres, 1977 — déclaration issue des travaux de la commission doctrinale mixte anglo-orthodoxe (1973-1976) sur la connaissance de Dieu, l'Écriture, la Tradition, l'autorité des conciles et le Filioque.
47 48Commission doctrinale mixte anglo-orthodoxe, Anglican-Orthodox Dialogue: The Dublin Agreed Statement, 1984, 1984 — deuxième déclaration commune, consacrée au mystère de l'Église, à la Trinité et à la place du culte et de la Tradition.
49"Metropolitan Kallistos: Orthodoxy's first global-age teacher", The Catholic Herald, septembre 2022 — le qualifie d'« ami constant mais critique — et donc véritable — » de l'Église catholique, détaille son appartenance à la commission mixte internationale catholique-orthodoxe, son accueil du texte de Chieti (2016) et la fondation en 2012 d'une consultation pastorale catholique-orthodoxe en Angleterre. Texte : https://thecatholicherald.com/article/orthodoxys-first-universal-teacher
50 53 54 72Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe, Synodality and Primacy during the First Millennium: Towards a Common Understanding in Service to the Unity of the Church, Chieti, 21 septembre 2016. Texte officiel (PDF, dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens) : http://www.christianunity.va/content/unitacristiani/en/dialoghi/sezione-orientale/chiese-ortodosse-di-tradizione-bizantina/commissione-mista-internazionale-per-il-dialogo-teologico-tra-la/documenti-di-dialogo/testo-in-inglese1.pdf — l'ancien lien vatican.va vers ce document ne répond plus (404 constaté en octobre 2026). Le communiqué de la XIVᵉ session plénière (même rubrique officielle) liste nommément « His Eminence Metropolitan Dr. Kallistos of Diokleia » parmi les membres orthodoxes : http://www.christianunity.va/content/unitacristiani/it/dialoghi/sezione-orientale/chiese-ortodosse-di-tradizione-bizantina/commissione-mista-internazionale-per-il-dialogo-teologico-tra-la/sessioni-plenarie/2016-sessione-plenaria-della-commissione--chieti---comunicato-st/testo-in-inglese.pdf
51 52Conférence des évêques catholiques d'Angleterre et du pays de Galles, « Catholic-Orthodox Pastoral Consultation in England », 29 septembre 2014 — première rencontre à Oxford en février 2014 après près de deux ans de préparation, sous le parrainage conjoint du Fellowship of St Alban & St Sergius et de la Society of St John Chrysostom ; le métropolite Kallistos de Diokleia y figure comme coprésident orthodoxe et patron du Fellowship. Texte : https://www.cbcew.org.uk/catholic-orthodox-pastoral-consultation-in-england/
55 56Élisabeth Behr-Sigel et Kallistos Ware, The Ordination of Women in the Orthodox Church, Conseil œcuménique des Églises (WCC Publications, coll. Risk), Genève, 2000 — Kallistos Ware y qualifie la question de l'ordination sacerdotale des femmes de question « essentiellement ouverte » pour la théologie orthodoxe, sans jamais l'avoir vue mise en pratique par une Église orthodoxe. Son essai Man, Woman and the Priesthood of Christ y est repris (p. 49-96) : version révisée d'un texte de 1978, déjà publiée dans Thomas Hopko (éd.), Women and the Priesthood, St Vladimir's Seminary Press, Crestwood (NY), éd. révisée, 1999, p. 5-53.
57Kallistos Ware, "Dare We Hope for the Salvation of All?", initialement paru dans Theology Digest 45, n° 4, 1998, repris dans The Inner Kingdom: Collected Works, vol. 1, St Vladimir's Seminary Press, Crestwood (NY), 2000, p. 193-215 — examen de la position d'Origène, de Grégoire de Nysse et d'Isaac le Syrien sur l'apocatastase, et défense d'une espérance qualifiée du salut de tous, dissociée des thèses origéniennes sur la préexistence des âmes.
59 60Sur la condamnation des thèses origénistes relatives à la préexistence des âmes et à la restauration universelle (apocatastase), voir le synode de Constantinople de 543 sous l'empereur Justinien, dont les quinze anathématismes contre Origène sont traditionnellement rattachés par la théologie postérieure au cinquième concile œcuménique (Constantinople II, 553) — cf. Henri Crouzel, Origène et la « connaissance mystique », Desclée de Brouwer, Paris, 1961, et Denzinger-Hünermann, Symboles et définitions de la foi catholique, éd. de référence, n° 403-411.
61Kallistos Ware, préface, The Wheel, n° 13/14 (« Being Human: Embodiment and Anthropology »), printemps-été 2018, republiée sur Orthodoxy in Dialogue, 28 décembre 2019 — citations : "Homosexual orientation, we would say, is indeed contrary to God's plan for humankind… But homosexual men and women are not personally guilty of their orientation, because this is not something they have chosen" ; "The homosexual committed to a stable and loving relationship is treated more harshly than the homosexual who is casual and promiscuous" ; "We do need to enquire more rigorously into the reasons that lie behind it." Texte : https://orthodoxyindialogue.com/2019/12/28/on-same-sex-love-by-metropolitan-kallistos-ware/
62 63 64 65Dn Peter Markevich, « Ambiguity Serves No One: Metropolitan Kallistos on Homosexuality », Orthodox Life, 15 juin 2018 — recension critique de la préface de Kallistos Ware au n° 13/14 de The Wheel : reproche d'ambiguïté pastorale dommageable et rappel que le célibat, loin d'être un fardeau réservé à quelques-uns, est exigé de tout chrétien non marié. Texte : https://orthodoxlife.org/contemporary-issues/kallistos-ware-homosexuality-humphrey/
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