Pape Grégoire XIV (1590-1591)

Niccolò Sfondrati, évêque réformateur de Crémone élu pape en 1590, régna dix mois. Pieux et charitable mais politiquement maladroit, il s'engagea dans les guerres de Religion françaises contre Henri de Navarre, défendit les indigènes des Philippines et lança la révision de la Vulgate.

Ignispedia

Grégoire XIV (Gregorius XIV), de son nom Niccolò Sfondrati, fut pape du 5 décembre 1590 au 15 octobre 1591 — un pontificat de dix mois et dix jours seulement. Milanais, fils d'un sénateur devenu cardinal, il avait été pendant trente ans l'évêque réformateur de Crémone et l'un des artisans discrets de l'application du concile de Trente avant de monter sur le Siège de Pierre.[1][2]

Homme d'une piété réputée austère, ami de saint Charles Borromée et de saint Philippe Néri, il fut élu malgré lui : on le trouva, dit-on, à genoux devant un crucifix lorsqu'on vint lui annoncer le résultat du conclave, et il aurait pleuré le lendemain en disant aux cardinaux : « Dieu vous pardonne ! Qu'avez-vous fait ? »[3]

Son court règne fut dominé par un choix lourd de conséquences : l'intervention dans les guerres de Religion françaises contre Henri de Navarre, le futur Henri IV, encore protestant. Grégoire XIV renouvela son excommunication, lui interdit le trône de France, lui envoya une armée et un subside mensuel — une politique qui, loin de servir la cause catholique, rallia au Béarnais bien des catholiques modérés.[4] À côté de cet échec politique, le même pape signa des actes plus durables : la défense des indigènes des Philippines, l'adoucissement des peines canoniques sur l'avortement, l'interdiction des paris sur les élections pontificales, et la mise en route de la révision de la Bible latine qui aboutira à la Vulgate clémentine de 1592.[5][6][7]

Le présent article retrace la biographie pontificale de Niccolò Sfondrati : sa formation, le conclave de 1590, ses grands dossiers, sa mort et sa postérité. Pour les sujets qui ont leur propre dossier — concile de Trente, guerres de Religion, histoire de la Vulgate, papes voisins — il renvoie par lien plutôt que de les redévelopper.

Pourquoi le pontificat de Grégoire XIV compte-t-il malgré sa brièveté ?

Dix mois et dix jours

Grégoire XIV règne moins d'un an. Sa mort survient avant qu'aucune de ses entreprises n'ait pu mûrir : l'intervention française tourne court, la révision de la Vulgate n'est pas achevée sous lui, et c'est son successeur Innocent IX, puis surtout Clément VIII, qui en recueilleront les fruits ou répareront les dégâts.[8] Un pontificat aussi bref pourrait sembler négligeable. Il ne l'est pas : il se situe à l'un des points de bascule des guerres de Religion, et il illustre, presque à l'état pur, une question qui traverse toute l'histoire de la papauté.

Un homme pieux dans une charge écrasante

Cette question est celle du décalage entre la vertu privée et l'art de gouverner. Avec Alexandre VI, dont la conduite privée est jugée sévèrement par l'historiographie, l'Église avait vu un pape habile administrateur. Avec Grégoire XIV, elle montre l'inverse : un homme d'une piété sincère, d'une charité réelle, d'une intention droite, peut voir sa politique échouer quand lui manquent l'expérience du gouvernement, la santé et la fermeté.[9][10] Les deux cas se répondent et délimitent ensemble ce que la foi catholique attend — et n'attend pas — d'un successeur de Pierre.

Ce que cet article traite

Pour ne pas empiéter sur les dossiers voisins, cet article concentre son propos sur la personne et le gouvernement de Grégoire XIV. La querelle théologique de la Vulgate, le détail des guerres de Religion, la doctrine tridentine et la vie des papes qui l'entourent sont renvoyés à leurs articles propres ; on y oriente le lecteur à chaque fois qu'une question dépasse le cadre biographique.

Niccolò Sfondrati avant la tiare

Une naissance milanaise dans une famille de juristes

Niccolò Sfondrati naît le 11 février 1535, probablement à Somma Lombardo, dans le duché de Milan alors gouverné par la couronne d'Espagne.[11] Sa mère, Anna Visconti, issue de la grande maison milanaise, meurt en 1538, alors que Niccolò n'a que trois ans.[12] Son père, Francesco Sfondrati, est un juriste illustre et un sénateur de Milan, homme de confiance de l'empereur Charles Quint.

La famille appartient à cette noblesse de robe lombarde qui fournit à l'Église et à l'État ses administrateurs les plus compétents. Niccolò étudie le droit à Pérouse puis à Padoue (1550-1555), où il est reçu docteur in utroque iure — en droit civil et canonique — le 2 mars 1555.[13][14] Très jeune, il reçoit en commende l'abbaye olivétaine de Civate, qu'il entreprend de réformer : trait significatif d'un caractère porté, dès l'origine, vers la rigueur et la discipline ecclésiale.

Le fils d'un sénateur devenu cardinal

La cathédrale de Crémone, où Niccolò Sfondrati fut évêque de 1560 à son élection — Wikimedia Commons.

Le destin de Niccolò est marqué par celui de son père. Veuf, Francesco Sfondrati entre dans les ordres et est créé cardinal par Paul III en 1544.[15][16] Le fils grandit donc dans l'entourage immédiat de la curie et du Sacré Collège, à une époque où l'Église, ébranlée par la Réforme protestante, cherche les hommes capables de porter sa propre réforme intérieure.

Cette ascendance explique la trajectoire rapide du jeune clerc. Ordonné prêtre, il est désigné dès 1560, à vingt-cinq ans, pour le siège épiscopal de Crémone, avec l'appui de Pie IV et du jeune archevêque de Milan, son métropolitain, Charles Borromée.[17]

L'évêque réformateur de Crémone

C'est à Crémone que Sfondrati révèle sa véritable stature. Pendant trente ans, il y est un évêque-modèle de la Réforme catholique : visites pastorales systématiques, réforme du clergé, prédication, charité. Surtout, par décret du 1ᵉʳ décembre 1566, il fonde le séminaire diocésain de Crémone — l'un des tout premiers d'Italie à appliquer le décret du concile de Trente qui imposait à chaque diocèse un séminaire pour la formation des prêtres.[18]

L'Enciclopedia dei Papi souligne la portée de ce geste : par ce décret du 1ᵉʳ décembre 1566, acte formel de fondation, Sfondrati se place parmi les premiers évêques italiens à appliquer concrètement le décret conciliaire sur les séminaires.[19]

Il tient des synodes diocésains et gouverne son Église avec une exigence qui en fait, aux yeux de ses contemporains, l'un des disciples les plus fidèles de l'esprit de saint Charles Borromée.[20] Là est le vrai Sfondrati : non l'homme d'État qu'on lui demandera plus tard d'être, mais un pasteur de diocèse scrupuleux et pieux.

Le concile de Trente et l'amitié de saint Charles Borromée

Évêque de fraîche date, Sfondrati participe à la troisième et dernière période du concile de Trente (1561-1563), l'assemblée qui clôt le grand œuvre de la réforme catholique.[21][22] Il y défend notamment l'obligation divine de la résidence épiscopale — la thèse selon laquelle un évêque est tenu, de droit divin, de résider dans son diocèse —, position réformatrice qui le met en délicatesse avec une partie de la curie romaine et lui vaut, dit-on, d'être longtemps écarté de la pourpre.[23]

À Trente comme à Milan, il se lie d'une amitié profonde avec saint Charles Borromée, l'âme de la réforme, et avec saint Philippe Néri, le fondateur de l'Oratoire de Rome.[24] Ces deux amitiés ne sont pas anecdotiques : elles disent l'univers spirituel d'où vient le futur pape — celui des grands saints réformateurs du XVIᵉ siècle, non celui des princes de la Renaissance.

Cardinal de Grégoire XIII (1583)

La consécration romaine arrive tard. Ce n'est que le 12 décembre 1583 que Grégoire XIII crée Niccolò Sfondrati cardinal-prêtre, avec le titre de Sainte-Cécile-du-Transtévère.[25][26][27] Sept ans plus tard, devenu pape, Sfondrati choisira son nom de règne précisément en mémoire de celui qui l'avait fait cardinal — geste de gratitude qui en dit long sur sa délicatesse personnelle.[28]

Comme cardinal, il continue de vivre dans la même austérité que comme évêque. Sa réputation de sainteté, sa science canonique et sa modération en font, à la mort du pape suivant, l'un des candidats que les grandes puissances peuvent accepter — ce qui, dans la Rome de 1590, est une qualité décisive.

Le conclave de 1590 : l'ombre de l'Espagne

Trois papes en moins d'un an

Infographie originale Ignispedia — l'« année des quatre papes » : la mort de Sixte V (27 août 1590), les douze jours d'Urbain VII, l'élection de Grégoire XIV (5 décembre 1590) et la brève succession d'Innocent IX.

L'élection de Grégoire XIV s'inscrit dans une crise de succession sans équivalent moderne. En un peu plus d'un an, le Siège de Pierre change quatre fois de titulaire. Le grand Sixte V meurt le 27 août 1590. Son successeur Urbain VII meurt douze jours après son élection, avant même d'avoir été couronné — le plus court pontificat de l'histoire.[29][30][31] Un nouveau conclave s'ouvre alors, qui durera plus de deux mois.

Cette instabilité affaiblit considérablement la papauté au moment précis où l'Europe catholique aurait eu besoin d'une direction ferme. Elle livre aussi le conclave aux pressions des puissances, et d'abord à celles de l'Espagne.

La liste de Philippe II et le poids espagnol

Le conclave de 1590 est l'un des plus marqués par l'ingérence des couronnes. L'ambassadeur d'Espagne, le comte d'Olivares, présente ouvertement aux cardinaux une liste de sept candidats jugés acceptables par Philippe II — et exclut implicitement tous les autres.[32] Niccolò Sfondrati figure sur cette liste : Milanais, sujet de fait de la couronne d'Espagne, réputé pieux et peu politique, il a tout pour convenir au Roi Catholique.

Après deux mois de blocage, le candidat espagnol l'emporte. Le 5 décembre 1590, Niccolò Sfondrati est élu pape ; il est couronné le 8 décembre.[33][34] Le fait qu'il doive sa tiare, pour une large part, à la faveur de Philippe II pèsera lourdement sur tout son pontificat : sa grande politique — l'intervention en France — sera, de bout en bout, celle que l'Espagne souhaitait.

« Dieu vous pardonne ! Qu'avez-vous fait ? »

Le contraste est saisissant entre l'homme et la charge. Sfondrati n'a jamais brigué le pontificat. Le cardinal Alessandro Peretti di Montalto, venu lui annoncer son élection, le trouve « à genoux en prière devant un crucifix ».[35] Le lendemain, selon plusieurs témoins, le nouveau pape fond en larmes devant le Sacré Collège :

« Dieu vous pardonne ! Qu'avez-vous fait ? » (en anglais dans la Catholic Encyclopedia : « God forgive you! What have you done? ») — Grégoire XIV aux cardinaux, au lendemain de son élection, 6 décembre 1590[36]

Le mot n'est pas une formule de modestie convenue. Il dit la disproportion réelle entre un évêque de diocèse, plus à l'aise dans la prière et la visite pastorale que dans la diplomatie des cours, et le fardeau politique qui lui tombe dessus au cœur des guerres de Religion. Tout son règne en portera la marque.

Pourquoi le nom de Grégoire

Sfondrati prend le nom de Grégoire XIV en hommage explicite à Grégoire XIII, le pape de la réforme du calendrier qui l'avait élevé au cardinalat en 1583.[37] Le choix est aussi un programme : se placer dans le sillage d'un pontificat réformateur et appliqué, soucieux des missions et de la discipline ecclésiastique, plutôt que dans celui des grands papes politiques.

L'intervention dans les guerres de Religion françaises

Le problème : un héritier protestant pour le trône très-chrétien

Henri de Navarre (1553-1610), futur Henri IV, calviniste et héritier du trône de France à la mort d'Henri III — portrait patrimonial, Wikimedia Commons.

Le grand dossier du pontificat est français. Depuis l'assassinat d'Henri III en 1589, la couronne de France revient en droit à Henri de Bourbon, roi de Navarre — mais celui-ci est calviniste, donc inacceptable pour la Ligue catholique qui domine Paris et une grande partie du royaume.[38][39] La France est déchirée entre trois forces : les ligueurs ultracatholiques soutenus par l'Espagne, les protestants, et un parti croissant de catholiques modérés prêts à reconnaître Henri s'il se convertit.

Sixte V avait déjà, en 1585, excommunié Henri de Navarre et déclaré son inaptitude au trône. Mais Sixte V, méfiant à l'égard de l'hégémonie espagnole, avait peu à peu adouci sa position. Grégoire XIV, lui, va s'engager à fond du côté de la Ligue et de l'Espagne.

L'excommunication d'Henri de Navarre (1ᵉʳ mars 1591)

Infographie originale Ignispedia — l'engagement français de Grégoire XIV : excommunication renouvelée (mars 1591), subside mensuel de 15 000 écus, armée pontificale conduite par Ercole Sfondrati — et le résultat inverse de celui espéré.

Le 1ᵉʳ mars 1591, Grégoire XIV adresse au conseil de Paris une lettre monitoire qui renouvelle l'excommunication d'Henri de Navarre et reprend la sentence de Sixte V.[40][41] Le pape y ordonne au clergé, à la noblesse, aux magistrats et au Tiers État de France de renoncer à Henri, sous peine de censures sévères, tant que celui-ci demeure hérétique et impénitent.

Pour le pape, l'enjeu est doctrinal : un roi protestant ne peut, selon la conception du temps, présider aux destinées de la « fille aînée de l'Église ». Mais la France de 1591 n'est plus celle de 1585. Le légat envoyé porter le bref, Marsilio Landriano, se heurte à un refus : on ne lui permet même pas de présenter le document aux cardinaux français, et les parlements royalistes le déclarent abusif.[42]

L'argent et les armes

L'engagement de Grégoire XIV ne reste pas verbal. Le pape accorde à la ville de Paris, tenue par la Ligue, un subside mensuel de 15 000 écus d'or, et lève une véritable armée pontificale qu'il envoie en France sous le commandement de son neveu, Ercole Sfondrati.[43] C'est l'effort militaire le plus important consenti par la papauté dans les guerres de Religion françaises.

Cette intervention directe d'un pape, par les armes et l'argent, dans la succession d'un royaume souverain, marque l'un des derniers grands actes de la papauté temporelle d'Ancien Régime — et l'un des plus contestés, jusque dans le camp catholique.

Un échec politique

L'effet fut l'inverse de celui escompté. Loin d'abattre Henri de Navarre, l'intervention pontificale précipita vers lui les catholiques modérés, choqués de voir le pape et l'Espagne disposer du trône de France au mépris de la loi salique et de l'indépendance du royaume.[44] L'historiographie est sévère :

L'historiographie de langue anglaise est sévère : l'Encyclopædia Britannica (11e éd., 1911) juge cette incursion du pape dans la politique active désastreuse — l'excommunication d'Henri et les menaces contre ses partisans n'auraient eu pour effet que de rallier les catholiques modérés au soutien du Béarnais.[45]

Deux ans après la mort de Grégoire XIV, Henri IV abjurera le protestantisme (1593) et sera reconnu roi par l'immense majorité des catholiques français ; c'est Clément VIII qui lèvera son excommunication en 1595. L'entreprise de Grégoire XIV n'aura donc servi à rien — sinon à montrer les limites d'une papauté trop liée aux intérêts d'une couronne.

Les actes du pontificat

Cum sicuti : la liberté des indigènes des Philippines

Infographie originale Ignispedia — l'œuvre législative de 1591 : Cum sicuti (liberté des indigènes des Philippines), Sedes Apostolica (avortement), Cogit nos (paris sur le conclave), Cum alias (droit d'asile).

L'acte le plus honorable du pontificat est lointain. Le 18 avril 1591, Grégoire XIV adresse à l'évêque de Manille le bref Cum sicuti, qui ordonne aux Espagnols des Philippines de libérer tous les esclaves indigènes des îles, sous peine d'excommunication, et de réparer les dommages causés aux personnes et aux biens des autochtones.[46] Le pape y réaffirme les condamnations de l'esclavage des indigènes déjà portées par ses prédécesseurs, notamment Paul III dans la bulle Sublimis Deus (1537).[47][48]

Ce texte, presque jamais cité dans les histoires générales, inscrit Grégoire XIV dans la tradition pontificale de défense des peuples colonisés — celle qui court de Sublimis Deus de Paul III (1537) jusqu'aux condamnations modernes de l'esclavage. Le pape le plus politiquement maladroit de son siècle fut aussi, sur ce point, l'un des plus fidèles à la conscience morale de l'Église.

Sedes Apostolica : l'adoucissement de la loi sur l'avortement

Infographie originale Ignispedia — d'Effraenatam (Sixte V, 1588) à Sedes Apostolica (Grégoire XIV, 1591) : l'adoucissement des peines canoniques, sans rien céder sur la gravité morale du péché.

Un autre acte de Grégoire XIV touche un point doctrinal sensible : la discipline pénale de l'avortement. Son prédécesseur Sixte V avait promulgué en 1588 la bulle Effraenatam, qui frappait d'excommunication tout avortement, à n'importe quel stade de la grossesse, en l'assimilant à un homicide.[49] Cette sévérité s'était révélée pastoralement intenable.

Le 31 mai 1591, Grégoire XIV publie la bulle Sedes Apostolica, qui révise la loi de Sixte V : l'excommunication n'est désormais réservée qu'à l'avortement d'un fœtus animé — c'est-à-dire, selon la distinction aristotélicienne et scolastique alors reçue, déjà doté d'une âme, repérée par les premiers mouvements perçus.[50] Il faut souligner ce que cette mesure ne fait pas : elle ne déclare jamais l'avortement précoce licite. Le pape maintient qu'il reste un péché grave ; il en allège seulement la sanction canonique, jugeant la peine de Sixte V disproportionnée par rapport à la pratique pénitentielle de l'Église.[51] Cette discipline restera en vigueur jusqu'à ce que Pie IX, en 1869, par la constitution Apostolicae Sedis Moderationi, rétablisse l'excommunication pour tout avortement direct, abandonnant la distinction du fœtus animé.[52]

Cogit nos : l'interdiction de parier sur le conclave

Témoin du climat de Rome au temps des conclaves à répétition, Grégoire XIV promulgue le 21 mars 1591 la bulle Cogit nos, qui interdit, sous peine d'excommunication, tous les paris portant sur l'élection d'un pape, sur la durée d'un pontificat ou sur la création de nouveaux cardinaux.[53] La pratique des paris romains sur la vie du pape et l'issue des scrutins était devenue un scandale public ; le pieux Sfondrati y met fin d'autorité.

Ce texte mineur en apparence dit quelque chose de son auteur : la volonté constante de protéger la dignité de la fonction pontificale contre la familiarité cynique du milieu romain. C'est le même esprit qui, à Crémone, l'avait fait réformer son clergé.

Cum alias : la limitation du droit d'asile

Le 24 mai 1591, par la constitution Cum alias, Grégoire XIV précise et restreint le droit d'asile ecclésiastique — l'immunité dont jouissaient les criminels réfugiés dans les églises.[54] Dans une Rome et des États pontificaux gangrenés par le banditisme, l'asile servait trop souvent à protéger les coupables ; le pape en limite la portée pour ne pas faire de l'Église la complice involontaire du crime. La mesure prolonge l'effort de Sixte V contre les bandits et témoigne d'un souci concret de justice et d'ordre public.

La révision de la Vulgate sixtine

La Vulgate sixtine de 1590, édition voulue par Sixte V mais entachée d'erreurs, dont Grégoire XIV lança la révision — page de titre, Wikimedia Commons.

Grégoire XIV hérite enfin d'un dossier délicat : celui de la Bible latine officielle. En 1590, Sixte V avait publié à la hâte, et en partie de sa propre main, une édition de la Vulgate — la Vulgata Sixtina — entachée de nombreuses erreurs d'impression et de jugement.[55] À la mort de Sixte V, le Sacré Collège avait aussitôt suspendu la vente de cette édition fautive.

Le 7 février 1591, Grégoire XIV institue une commission de cardinaux chargée de réviser le texte, présidée par Marcantonio Colonna, suivant l'avis du théologien jésuite Robert Bellarmin.[56] Cette commission ne put achever son travail sous Grégoire XIV ni sous Innocent IX ; mais elle prépara directement l'édition corrigée que promulguera Clément VIII en 1592, la Vulgate clémentine, qui restera la Bible officielle de l'Église latine pendant près de quatre siècles.

📖 Voir le dossier détaillé : La Vulgate sixto-clémentine : la Bible latine officielle de l'Église

Le pasteur : charité, réforme et famine

Le soulagement de la famine romaine

Le règne de Grégoire XIV coïncide avec une grave crise alimentaire. En 1590-1591, la famine et la peste frappent Rome et les États pontificaux.[57] Fidèle à son tempérament d'évêque charitable, le pape fit venir du blé pour Rome, multiplia les aumônes et fit ouvrir des lazarets pour les pestiférés.[58] Là où l'intervention française grevait lourdement les finances pontificales pour un résultat nul, l'aumône romaine de Grégoire XIV correspondait au meilleur de l'homme : un pasteur attentif à la misère de son peuple.[59]

L'application de Trente et la faveur aux ordres nouveaux

Dans la ligne de tout son épiscopat, Grégoire XIV travaille à l'application du concile de Trente. Il élargit les pouvoirs de la Congrégation du Concile, l'organe romain chargé d'interpréter et de faire appliquer les décrets tridentins.[60] Il favorise les ordres religieux nouveaux, nés de la réforme catholique : il marque une faveur particulière pour la Compagnie de Jésus, et il érige en ordre religieux, le 21 septembre 1591, la congrégation des Clercs réguliers ministres des infirmes — les Camilliens de saint Camille de Lellis, voués au service des malades.[61][62] Il chercha même à attirer dans le Sacré Collège son vieil ami Philippe Néri, qui déclina l'honneur.[63][64]

Le népotisme de Paolo Emilio Sfondrati

L'ombre au tableau est le népotisme. Dès le 19 décembre 1590, deux semaines après son élection, Grégoire XIV crée cardinal son neveu Paolo Emilio Sfondrati, âgé de trente ans, et lui confie de fait la charge de secrétaire d'État et la direction des affaires.[65][66] Le pontificat tout entier est ainsi conduit par un pape pieux mais affaibli et un jeune neveu inexpérimenté — combinaison qui explique en partie les errements de la politique française.

Ce népotisme reste sans commune mesure avec celui d'Alexandre VI : il s'agit ici de la pratique, alors ordinaire, du « cardinal-neveu » chargé de seconder un pape affaibli, non d'un système dynastique. Il n'en a pas moins pesé sur la qualité du gouvernement.

La mort de Grégoire XIV (15 octobre 1591)

La maladie et la fin

Grégoire XIV avait une santé fragile avant même son élection ; le fardeau du pontificat l'acheva vite. Au cœur de l'effort français, il tombe gravement malade.[67] Il meurt le 15 octobre 1591 — dans la nuit du 15 au 16 octobre selon l'Enciclopedia dei Papi —, après dix mois et dix jours de règne, emporté, selon les sources, par un gros calcul (lithiase) qui le faisait cruellement souffrir.[68][69] Il est inhumé dans la basilique Saint-Pierre.

Innocent IX et la succession

Sa mort rouvre aussitôt le cycle des conclaves rapprochés. Le Sacré Collège, toujours sous la pression espagnole, élit le 29 octobre 1591 un vieux cardinal, Giovanni Antonio Facchinetti, qui prend le nom d'Innocent IX — et meurt à son tour deux mois plus tard, le 30 décembre 1591.[70] Ce n'est qu'avec l'élection de Clément VIII, en janvier 1592, que la papauté retrouve la durée et la stabilité, dénoue le dossier français en réconciliant Henri IV converti, et publie la Vulgate corrigée.

Que retenir du pontificat de Grégoire XIV ?

La piété personnelle ne suffit pas au gouvernement

Le cas de Grégoire XIV est l'exact contraire de celui d'Alexandre VI. Avec le Borgia, un pontife à la vie contestée s'était révélé habile politique ; avec Sfondrati, un homme de prière et de charité se montre un gouvernant inexpérimenté. Le rapprochement est instructif : il rappelle que l'office pontifical requiert, pour son exercice temporel, des qualités — discernement politique, fermeté, santé — qui ne se confondent pas avec la sainteté, et que la grâce d'état ne supplée pas mécaniquement.

Ce que la foi attend — et n'attend pas — d'un pape

C'est ici que l'histoire éclaire la doctrine. La promesse faite à Pierre n'est ni celle de l'impeccabilité des papes, ni celle de leur infaillibilité dans le gouvernement temporel. Grégoire XIV put se tromper lourdement dans sa politique française sans que l'Église en fût atteinte dans sa foi : il ne définit aucun dogme erroné, n'altéra ni la doctrine ni les sacrements, et ses actes les plus durables — défense des indigènes, révision de la Bible latine — relèvent du meilleur de la tradition catholique. Ses fautes furent celles d'un prince temporel maladroit, non d'un docteur de la foi.

Infographie originale Ignispedia — le bilan d'un pontificat de dix mois : dépendance espagnole, intervention française et népotisme d'un côté ; défense des indigènes, révision de la Vulgate et charité romaine de l'autre.

En synthèse, pour reprendre le portrait concordant des grandes synthèses : un évêque pieux promu trop tard à une charge trop lourde — on peut blâmer sa politique, sans pouvoir suspecter ni sa piété, ni sa droiture, ni sa charité.[71][72][73]

📖 Pour la doctrine de fond : Les objections contre la papauté et L'infaillibilité pontificale : ce qu'elle est et ce qu'elle n'est pas

Chronologie du pontificat

DateÉvénementPortée
11 février 1535Naissance à Somma LombardoMaison Sfondrati
1560Évêque de CrémoneDébut de trente ans de réforme diocésaine
1561-1563Père au concile de TrenteDéfense de la résidence épiscopale
1566Fondation du séminaire de CrémoneApplication précoce de Trente
12 décembre 1583Cardinal de Sainte-CécileCréé par Grégoire XIII
5 décembre 1590Élection au pontificatDevient Grégoire XIV
1ᵉʳ mars 1591Excommunication d'Henri de NavarreEngagement dans les guerres de Religion
21 mars 1591Bulle Cogit nosInterdiction des paris sur le conclave
18 avril 1591Bref Cum sicutiLiberté des indigènes des Philippines
31 mai 1591Bulle Sedes ApostolicaAdoucissement des peines sur l'avortement
21 septembre 1591Érection des Camilliens en ordreFaveur aux ordres nouveaux
15 octobre 1591Mort à RomeFin du pontificat
  1. 5 décembre 1590
    Élection au pontificat

    Après un conclave de plus de deux mois marqué par l'influence espagnole, l'évêque de Crémone Niccolò Sfondrati est élu pape sous le nom de Grégoire XIV.

  2. 1ᵉʳ mars 1591
    Excommunication d'Henri de Navarre

    Le pape renouvelle l'excommunication du roi protestant et ordonne aux Français de ne pas le reconnaître — décision qui ralliera au contraire les catholiques modérés au Béarnais.

  3. 18 avril 1591
    Cum sicuti

    Le bref ordonne la libération des esclaves indigènes des Philippines et la réparation des torts, sous peine d'excommunication.

  4. 31 mai 1591
    Sedes Apostolica

    Le pape adoucit la loi pénale de Sixte V sur l'avortement, réservant l'excommunication au seul avortement d'un fœtus animé.

  5. 15 octobre 1591
    Mort à Rome

    Emporté par la maladie après dix mois et dix jours de règne, Grégoire XIV est inhumé à Saint-Pierre ; Innocent IX lui succède.

Sources

Sources encyclopédiques de référence

  • M. Ott, "Pope Gregory XIV", The Catholic Encyclopedia, vol. VII, Robert Appleton Company, New York, 1910 (New Advent) — notice biographique de référence ; l'anglais original de la parole aux cardinaux (« God forgive you! What have you done? ») y est vérifié.[74]
  • Enciclopedia dei Papi (Treccani), notice « Gregorio XIV » — la source italienne la plus détaillée sur la formation, l'épiscopat de Crémone et le pontificat.[75]
  • Encyclopædia Britannica, 11e éd. (1911), vol. 12, p. 600, notice « Gregory XIV » — jugement synthétique sur l'intervention française, original anglais vérifié in extenso.[76]

Sources savantes modernes

AuteurRéférenceApport
Ludwig von PastorHistoire des papes depuis la fin du Moyen Âge, t. XXII, pp. 351-408 (éd. anglaise, Londres, Kegan Paul, 1932 ; pages exactes via la bibliographie de la NCE — tome non ouvert en extenso, synthèse explicite)Synthèse explicite d'après la bibliographie de la NCE : élection du 5 décembre 1590, monitoire du 1ᵉʳ mars 1591, subside de 15 000 écus, Ercole Sfondrati, Landriano, Camilliens, mort du 15 octobre 1591
J. N. D. Kelly & M. J. WalshThe Oxford Dictionary of Popes, Oxford University Press, 2010Chronologie pontificale et crise de succession de 1590
Salvador MirandaThe Cardinals of the Holy Roman Church, FIUCardinalat de Sfondrati (1583) et nipote Paolo Emilio
Embryo Project Encyclopedia"Pope Gregory XIV (1535-1591)", Arizona State UniversityLa bulle Sedes Apostolica et la question de l'avortement
Latin Vulgate / études bibliquesHistoire de la Vulgate sixto-clémentineLa commission de révision de 1591

Pour aller plus loin

  • Pape Urbain VII (1590) — le prédécesseur immédiat, au pontificat de douze jours, le plus court de l'histoire.
  • Pape Innocent IX (1591) — le successeur, mort deux mois après son élection.
  • Pape Grégoire XIII (1572-1585) — le pape de la réforme du calendrier, qui fit Sfondrati cardinal et dont il prit le nom.
  • Pape Sixte V (1585-1590) — l'auteur d'Effraenatam et de la Vulgate sixtine, dont Grégoire XIV révisa l'œuvre.
  • Le concile de Trente (1545-1563) — l'assemblée réformatrice à laquelle participa l'évêque de Crémone.
  • La Vulgate sixto-clémentine — la Bible latine officielle issue de la commission lancée en 1591.
  • Les objections contre la papauté — la question des papes faillibles et l'indéfectibilité de l'Église.

Notes et références

  1. M. Ott, "Pope Gregory XIV", The Catholic Encyclopedia, vol. VII, Robert Appleton Company, New York, 1910 (New Advent) : Niccolò Sfondrati né le 11 février 1535 à Somma près de Milan, fils du cardinal Francesco Sfondrati ; études à Pérouse et Padoue ; évêque de Crémone (1560) ; concile de Trente (1561-1563) ; cardinal le 12 décembre 1583 ; élu le 5 décembre 1590 après un conclave de plus de deux mois ; trouvé à genoux en prière devant un crucifix par le cardinal Montalto (« kneeling in prayer before a crucifix »), puis parole aux cardinaux, en anglais original : « God forgive you! What have you done? » ; amitiés avec Charles Borromée et Philippe Néri (dont il tenta vainement de faire un cardinal) ; intervention française et excommunication d'Henri de Navarre (lettre monitoire du 1ᵉʳ mars 1591), subside de 15 000 écus, neveu Ercole Sfondrati à la tête des troupes ; érection des Camilliens en ordre (21 septembre 1591) ; bulle Cogit nos (21 mars 1591) ; décret du 18 avril 1591 pour les indigènes des Philippines ; commissions de révision de la Vulgate et du Bréviaire (premières sessions les 7 février et 21 avril 1591) ; mort à Rome le 15 octobre 1591, après 10 mois et 10 jours de règne. URL : https://www.newadvent.org/cathen/07004a.htm.

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  2. Enciclopedia dei Papi, « Gregorio XIV » (Treccani, article en ligne sans pagination ; texte italien vérifié in extenso, revérifié le 4 octobre 2026) : naissance le 11 février 1535 de Francesco Sfondrati et Anna Visconti, probablement à Somma Lombardo ; Francesco veuf en 1538 ; études à Padoue (1550-1555), doctorat in utroque iure le 2 mars 1555 (« Il 2 marzo di quell'anno terminava i suoi studi, addottorandosi "in utroque iure" ») ; évêque de Crémone (1560) ; séminaire fondé par décret du 1ᵉʳ décembre 1566 (« decreto vescovile del 1° dicembre 1566, che ne costituisce il formale atto di fondazione » — Sfondrati « tra i primi vescovi italiani » à appliquer le décret conciliaire) ; à Trente, au printemps 1562, défense de l'origine divine de l'obligation de résidence (« tesi dell'origine divina dell'obbligo della residenza ») ; cardinal le 12 décembre 1583 ; liste des sept cardinaux soutenus par Philippe II publiée par l'ambassadeur Olivares avant le conclave ; Urbain VII mort le 27 septembre après douze jours de pontificat ; neveu Paolo Emilio, « trentenne abate promosso cardinale sin dal 19 dicembre 1590 », placé à la tête de la Secrétairerie pontificale (bref du 31 décembre 1590) ; famine, peste et aumônes romaines de 1591 ; Camilliens approuvés le 21 septembre 1591 ; Philippe Néri (et Baronio pour Senigallia) déclinent les honneurs proposés ; révision de la Vulgate sur l'avis de Bellarmin (commission Colonna, première réunion le 7 février 1591) ; constitution Cum alias (24 mai 1591) sur le droit d'asile ; attaque de calculs en septembre, mort dans la nuit du 15 au 16 octobre 1591. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/gregorio-xiv_(Enciclopedia-dei-Papi)/.

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  3. Encyclopædia Britannica, 11e éd. (1911), vol. 12, p. 600, notice « Gregory XIV » — texte anglais original vérifié in extenso sur le scan (Wikisource) le 4 octobre 2026 : « Gregory was completely subservient to Philip II.; he aided the league, excommunicated Henry of Navarre, and threatened his adherents with the ban; but the effect of his intervention was only to rally the moderate Catholics to the support of Henry, and to hasten his conversion. » La page actuelle du site britannica.com (même URL) est protégée par un contrôle anti-robot et n'a pas pu être ouverte directement ; son résumé moderne, plus bref, ne reprend pas ce jugement. URL : https://www.britannica.com/biography/Gregory-XIV.

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  4. Grégoire XIV, bref Cum sicuti à l'évêque de Manille, 18 avril 1591 : le latin original n'a pu être vérifié en extenso (aucune transcription accessible en ligne ; vérification tentée le 4 octobre 2026) — aucune citation latine n'est donnée, et le corps de l'article n'en propose qu'une synthèse secondaire explicite, confirmée par deux sources concordantes : la Catholic Encyclopedia (M. Ott : décret du 18 avril 1591 ordonnant réparation et libération sous peine d'excommunication ; page vérifiée in extenso le 4 octobre 2026) et l'Embryo Project Encyclopedia (A. Lopez, 22 juin 2010 : libération des esclaves indigènes et réparations ; page vérifiée in extenso le 4 octobre 2026). Le bref réaffirme les condamnations antérieures (notamment Paul III, Sublimis Deus, 1537).

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  5. Angel Lopez, « Pope Gregory XIV (1535-1591) », Embryo Project Encyclopedia, Arizona State University, 22 juin 2010 (page vérifiée in extenso) : la bulle Sedes Apostolica (31 mai 1591) révise la bulle Effraenatam de Sixte V (1588) ; là où Sixte V frappait d'excommunication l'avortement à tout stade de la grossesse, Grégoire XIV réserve l'excommunication au seul avortement d'un fœtus « animé » (ensouled), selon la distinction aristotélicienne du quickening ; l'avortement précoce demeure un péché grave mais sans excommunication ; discipline maintenue jusqu'à Pie IX (1869). Sources de la notice : Delaney-Tobin, Dictionary of Catholic Biography ; Jones, The Soul of the Embryo ; Ott, « Gregory XIV ». URL : https://embryo.asu.edu/pages/pope-gregory-xiv-1535-1591.

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  6. Révision de la Vulgate sixtine : l'Enciclopedia dei Papi (Treccani, texte vérifié in extenso) précise que Grégoire XIV, suivant l'avis du jésuite Roberto Bellarmin, confia la correction à une commission présidée par le cardinal M. A. Colonna, réunie pour la première fois le 7 février 1591 (puis resserrée autour de Colonna et du cardinal Allen, révision achevée début juillet) ; la Catholic Encyclopedia (M. Ott) confirme les deux commissions (Vulgate et Bréviaire) et leurs premières sessions des 7 février et 21 avril 1591 ; l'édition corrigée paraîtra sous Clément VIII en 1592 (Vulgate clémentine).

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  7. « Gregory XIV, Pope », New Catholic Encyclopedia (via Encyclopedia.com, texte vérifié in extenso, revérifié le 4 octobre 2026) : élection du 5 décembre 1590 après un conclave de plus de deux mois, due au parti espagnol ; neveu Paolo Emilio secrétaire d'État et cardinal le 19 décembre 1590 (donné pour 29 ans) ; subside mensuel de 15 000 écus d'or à Paris, Ercole Sfondrati à la tête des troupes, Marsilio Landriano nonce spécial, bref refusé par les Français ; famine, peste et banditisme romains ; Camilliens ; commissions de la Vulgate et du Bréviaire ; constitution du 24 mai 1591 sur le droit d'asile ; bibliographie : Pastor, t. 22, pp. 351-408. URL : https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/gregory-xiv-pope.

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  8. Salvador Miranda, « SFONDRATI, Niccolò », The Cardinals of the Holy Roman Church, Florida International University : création cardinalice de Sfondrati par Grégoire XIII au consistoire du 12 décembre 1583 (titre de Sainte-Cécile-du-Transtévère) ; la notice « SFONDRATI, Paolo Emilio » (consistoire du 19 décembre 1590 ; les deux notices vérifiées in extenso, revérifiées le 4 octobre 2026) donne le neveu né le 21 mars 1560 à Milan — donc 30 ans à sa création cardinalice, en accord avec le « trentenne » de Treccani (la New Catholic Encyclopedia donne 29 ans par approximation). URL : https://cardinals.fiu.edu/bios1583.htm et https://cardinals.fiu.edu/bios1590.htm.

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  9. J. N. D. Kelly et Michael J. Walsh, The Oxford Dictionary of Popes, 2ᵉ éd., Oxford University Press, 2010, notice « Gregory XIV » : ouvrage de référence sur la chronologie pontificale ; situe l'élection de Sfondrati dans la crise de succession de 1590-1591 (mort de Sixte V, douze jours d'Urbain VII, conclave bloqué de plus de deux mois) et confirme le caractère pieux mais politiquement inadapté du pape.

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  10. Paul III, bulle Sublimis Deus, 1537 : déclare que les peuples indigènes des terres nouvellement découvertes sont de véritables hommes, capables de recevoir la foi, qui ne doivent en aucune manière être réduits en esclavage ni privés de leurs biens. C'est le précédent magistériel que Grégoire XIV réactive en 1591 par Cum sicuti en faveur des indigènes des Philippines. Cf. New Advent (Catholic Encyclopedia) et études sur la doctrine catholique de l'esclavage.

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  11. Pie IX, constitution apostolique Apostolicae Sedis Moderationi, 12 octobre 1869 : réorganisation générale des censures latae sententiae ; elle abandonne la distinction entre fœtus animé et inanimé reçue depuis Sedes Apostolica de Grégoire XIV (1591) et rétablit l'excommunication pour tout avortement direct, à n'importe quel stade — terme de la discipline atténuée en vigueur pendant près de trois siècles. L'Embryo Project Encyclopedia (ASU) confirme que cette discipline resta en place jusqu'à son abandon par Pie IX en 1869.

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