Que disent les saints sur la pureté du cœur

« Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5, 8) : pour les saints, la pureté du cœur dépasse la seule chasteté du corps. Voici la voix des Pères du désert (Cassien : « notre but, c'est la pureté du cœur »), de Grégoire de Nysse (l'âme-miroir), d'Augustin, de Faustine, de Luisa Piccarreta (pureté naturelle et pureté divine) et de Marthe Robin sur le cœur indivis, la pureté d'intention et la vision de Dieu.

Ignispedia

Quand l'Écriture proclame « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu »[1], elle ne promet pas d'abord la récompense de la continence corporelle : elle annonce une vision. Les saints l'ont compris ainsi. Pour eux, la pureté du cœur n'est pas un simple chapitre de la morale sexuelle, mais le nom même de la sainteté en marche : un cœur devenu si limpide, si entièrement tourné vers Dieu, qu'il en devient transparent à sa lumière. Cet article rassemble leur voix — Pères du désert, docteurs, mystiques — sur ce que signifie avoir le cœur pur, pourquoi cette pureté ouvre à la vision de Dieu, et par quels chemins ils l'ont eux-mêmes cherchée.

Il faut d'emblée situer le propos. La pureté du cœur inclut la chasteté, mais ne s'y réduit pas. Sur la vertu de chasteté du corps proprement dite, on renverra à Que disent les saints sur la chasteté et, pour la voie pratique, à Comment grandir dans la chasteté ; sur le combat contre le vice opposé, à Que disent les saints sur le combat contre la luxure. Le présent article prend la pureté du cœur au sens large des Pères et de la sixième béatitude : la limpidité du cœur indivis. Pour la mise en pratique concrète de cette limpidité, voir Comment grandir dans la pureté du cœur.

Qu'est-ce que la pureté du cœur ? Au-delà de la seule chasteté

Le cœur, siège de la personne tout entière

Dans le langage biblique, le cœur n'est pas le siège du sentiment, mais le centre de la personne : là où l'homme décide, juge, aime, croit. Le Catéchisme le rappelle d'un mot : « Le cœur est le siège de la personnalité morale »[2]. C'est pourquoi le Christ fait remonter au cœur l'origine du bien comme du mal : « C'est du cœur que viennent intentions mauvaises, meurtres, adultères et inconduites » (Mt 15, 19)[3]. Purifier son cœur ne consiste donc pas à corriger un comportement extérieur, mais à remettre de l'ordre à la source : dans les pensées, les désirs, les intentions, le regard intérieur.

De là découle l'ampleur de la notion. Le Catéchisme énumère trois domaines où se joue cette pureté :

« Les "cœurs purs" désignent ceux qui ont accordé leur intelligence et leur volonté aux exigences de la sainteté de Dieu, principalement en trois domaines : la charité, la chasteté ou rectitude sexuelle, l'amour de la vérité et l'orthodoxie de la foi. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2518[4]

La chasteté n'est donc qu'un des trois visages de la pureté du cœur, à côté de la charité et de la foi droite. Un homme peut être chaste de corps et garder un cœur impur d'orgueil, de duplicité, d'intentions tordues ou d'attachements désordonnés. Inversement, toute la tradition appelle pur de cœur celui dont la volonté ne cherche qu'une chose. C'est ce sens plénier que les saints développent.

« Purifier son cœur » : la prière de l'Écriture

Avant d'être une doctrine, la pureté du cœur est une prière. Le grand cri du Miserere, repris chaque semaine par l'Église dans sa liturgie, demande non pas une réparation extérieure mais une recréation intérieure :

« Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. » — Psaume 50 (51), 12[5]

Le verbe employé — créer (en hébreu bara, le verbe même de la création du monde en Gn 1, 1) — dit que la pureté du cœur n'est pas d'abord une conquête de l'homme mais une œuvre de Dieu : nul ne se rend pur par ses seules forces, il le demande. De même, le Psaume 23 (24) fait de la pureté du cœur la condition d'accès à la présence de Dieu :

« Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L'homme au cœur pur et aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles. » — Psaume 23 (24), 3-4[6]

La montagne du Seigneur, le sanctuaire, la vision de Dieu : déjà l'Ancien Testament lie la pureté du cœur à l'entrée dans l'intimité divine. La sixième béatitude ne fera que porter cette promesse à son accomplissement.

« Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu »

Pourquoi la pureté ouvre à la vision

Le lien entre pureté et vision n'est pas arbitraire. Saint Augustin l'a fixé dans une formule devenue classique, que le Catéchisme cite encore aujourd'hui. Croire, obéir, bien vivre, purifier son cœur, comprendre : ces cinq verbes s'enchaînent comme une montée :

« Les fidèles […] doivent croire les articles du Symbole afin qu'en croyant ils obéissent à Dieu, qu'en obéissant ils vivent bien, qu'en vivant bien ils purifient leur cœur, et qu'en purifiant leur cœur ils comprennent ce qu'ils croient. » — Saint Augustin, cité au Catéchisme § 2518[7]

La vision de Dieu n'est donc pas une faveur surajoutée à une vie pure : elle en est le fruit organique. Le péché aveugle ; la pureté rend la vue. Comme une eau remuée cesse de refléter le ciel et la retrouve dès qu'elle s'apaise, le cœur troublé par le désordre ne perçoit plus Dieu, et le cœur clarifié recommence à le voir. La pureté est, selon le mot du Catéchisme, ce qui « nous donne dès maintenant de voir selon Dieu »[8].

L'âme-miroir : saint Grégoire de Nysse

Aucun Père n'a creusé ce thème aussi profondément que saint Grégoire de Nysse (†395), dans sa sixième homélie Sur les Béatitudes. Sa thèse est audacieuse : voir Dieu, ce n'est pas regarder au-dehors un objet lointain, mais retrouver en soi l'image divine que le péché a recouverte. Dieu a gravé son empreinte dans l'âme comme un sceau dans la cire ; le mal l'a salie, mais ne l'a pas effacée :

« Il y a en toi, dans une certaine mesure, une aptitude à voir Dieu. […] Le mal s'est répandu sur l'empreinte divine. Il a rendu ce bien inutilisable pour toi en le cachant sous des voiles souillés. » — Saint Grégoire de Nysse, Homélies sur les Béatitudes, VI[9]

La purification consiste alors à gratter la rouille pour que reparaisse l'or :

« Si tu effaces de nouveau, par une vie soigneuse, la souillure qui s'est fixée sur ton cœur, la beauté divine resplendira à nouveau en toi. […] Ayant le cœur pur, il devient bienheureux, parce que, regardant sa propre pureté, il contemple dans l'image l'Archétype. » — Saint Grégoire de Nysse, Homélies sur les Béatitudes, VI[10]

L'âme-miroir selon saint Grégoire de Nysse : la purification rend au cœur sa capacité de refléter l'Archétype. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'âme purifiée est un miroir : limpide, elle reflète Dieu ; et en se regardant elle-même devenue limpide, elle y découvre les traits de Celui dont elle est l'image. La pureté du cœur n'ajoute donc rien à l'âme — elle lui rend sa transparence native, celle de la ressemblance divine.

Voir Dieu, déjà ici-bas

La promesse de la béatitude s'accomplira pleinement dans la vision face à face[11], mais elle commence dès cette vie. Le Catéchisme énumère les quatre conditions qui, dès maintenant, disposent à ce regard nouveau :

« Cette purification du cœur s'opère par la vertu et le don de chasteté […], par la pureté d'intention qui consiste à viser la fin véritable de l'homme […], par la pureté du regard, extérieur et intérieur, par la discipline des sentiments et de l'imagination […] ; la pureté du cœur réclame la prière. » — d'après le Catéchisme, § 2519 et 2520[12]

Chasteté, intention, regard, prière : ces quatre moyens — que le Catéchisme résume au § 2532 — structurent tout l'enseignement des saints sur la manière de devenir pur de cœur. On les retrouvera plus bas.

« Notre but, c'est la pureté du cœur » : Cassien et les Pères du désert

Le but et la fin : puritas cordis

C'est dans le désert d'Égypte, au IVᵉ siècle, que la pureté du cœur a reçu sa formulation la plus célèbre. Saint Jean Cassien (†435), rapportant l'enseignement de l'abbé Moïse dans la première de ses Conférences, distingue avec une précision décisive le but immédiat (en grec scopos) et la fin dernière (telos) de toute la vie chrétienne :

« La fin de notre profession consiste en le royaume de Dieu ou le royaume des cieux, il est vrai ; mais notre but est la pureté du cœur, sans laquelle il est impossible que personne atteigne à cette fin. » — Saint Jean Cassien, Conférences, I[13]

La distinction est capitale. La fin — le Ciel, la vie éternelle — ne dépend pas directement de nous ; elle est don. Mais le but, ce vers quoi nous tendons concrètement chaque jour, ce à quoi nous pouvons travailler ici et maintenant, c'est la pureté du cœur. Toute la vie spirituelle reçoit ainsi un critère pratique : est bon ce qui me rend le cœur plus pur, plus limpide, plus unifié vers Dieu ; est à fuir ce qui le trouble et le divise.

Le scopos et le telos chez Cassien : la pureté du cœur oriente les actes et les pensées vers le Royaume. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

« Embrassons donc de toute notre énergie ce qui peut nous acheminer au but de la pureté du cœur ; évitons, au contraire, comme funeste et malfaisant, ce qui nous en écarterait. […] Si nous nous proposons ce but, toujours nos actes et nos pensées iront droit à l'obtenir. » — Saint Jean Cassien, Conférences, I[14]

Le cœur indivis : adhérer à Dieu seul

Pour Cassien, la pureté du cœur se confond pratiquement avec la charité : un cœur indivisé, qui n'a plus qu'un objet. Tout le reste — jeûnes, veilles, lectures, renoncements — n'est qu'instrument au service de ce but unique, jamais une fin en soi. Le cœur pur est celui qui ne s'attache à rien hors de Dieu :

« Ce doit être le but premier de nos efforts, l'immuable dessein et la passion constante de notre cœur : adhérer toujours à Dieu et aux choses divines. Tout ce qui s'éloigne de là, quelque grand qu'il puisse être, ne doit tenir dans notre estime que le second ou même le dernier rang. » — Saint Jean Cassien, Conférences, I[15]

On touche ici au cœur de toute la tradition : la pureté du cœur, c'est vouloir une seule chose. Le cœur impur est un cœur partagé, dispersé entre Dieu et mille attachements ; le cœur pur est rassemblé, simple, unifié. Cassien donne d'ailleurs à cette pureté une portée déjà mystique : c'est en elle que s'établit le règne de Dieu dans l'âme.

« Tout gît dans le sanctuaire profond de l'âme. Lorsque le diable en a été chassé et que les vices n'y règnent plus, conséquemment s'établit en nous le règne de Dieu. » — Saint Jean Cassien, Conférences, I[16]

La garde du cœur chez les Pères

Cette doctrine n'est pas propre à Cassien : elle est le bien commun des Pères du désert. Saint Pacôme (†348), père du cénobitisme, résume en quelques mots tout un programme d'unification intérieure :

« Sois parfaitement pur, maître de tes pensées, maître de ton corps, maître de ton cœur. Que ton esprit obéisse ! Reste petit dans ton cœur. » — Saint Pacôme[17]

La pureté du cœur suppose la garde des pensées (en grec nepsis, la sobriété vigilante), cette surveillance attentive du flux intérieur qui repousse les premières suggestions avant qu'elles ne prennent racine. Sur cette vigilance qui en est le nerf, voir Que disent les saints sur la vigilance spirituelle et Que disent les saints sur le silence intérieur.

La pureté du cœur, c'est vouloir une seule chose

Un cœur trop grand pour le monde

Si la pureté du cœur consiste à ne vouloir qu'une chose, c'est parce que le cœur humain a été fait pour Dieu seul et qu'aucune créature ne peut le combler. Léonie Martin, sœur de sainte Thérèse de Lisieux, l'exprimait avec une simplicité lumineuse :

« Notre cœur est fait uniquement pour Dieu, Lui seul peut le remplir pleinement ; il est trop grand pour le monde. » — Léonie Martin, lettre à sa sœur Thérèse, 15 octobre 1887[18]

D'où l'enseignement constant des maîtres spirituels : l'impureté du cœur, au sens le plus large, c'est le partage, l'attachement désordonné qui détourne une part du cœur vers les créatures. L'Imitation de Jésus-Christ en fait l'expérience amère de quiconque cherche ailleurs qu'en Dieu :

La pureté rassemble le cœur dispersé : vouloir une seule chose, Dieu. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

« Celui qui cherche autre chose que Dieu seul et le salut de son âme ne trouvera que tribulation et douleur. » — Thomas a Kempis, L'Imitation de Jésus-Christ, I, XVII[19]

La pureté d'intention : l'âme de toute pureté

Parmi les visages de la pureté du cœur, les saints insistent particulièrement sur la pureté d'intention : ne plus agir par habitude, vanité ou intérêt propre, mais uniquement pour plaire à Dieu. C'est elle qui transfigure les actions les plus ordinaires. Sainte Faustine Kowalska la chante comme un trésor :

« Ô trésor inépuisable de la pureté d'intention, qui rend toutes nos actions parfaites et si agréables à Dieu ! » — Sainte Faustine, Petit Journal, § 66[20]

À l'inverse, l'intention impure tare jusqu'aux bonnes œuvres. Le thème revient avec force dans les écrits de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta, où le Christ avertit que ce n'est pas la grandeur des actes qui compte, mais l'intention qui les anime :

« Qu'adviendra-t-il des âmes ayant fait tant d'actions, même bonnes, sans pureté d'intention, par habitude ou par égoïsme ? […] Ce n'est pas la grandeur des actions qui m'importe, mais l'intention avec laquelle elles sont faites. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 7 mai 1899[21]

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus dit la même chose dans sa langue à elle : « Jésus ne regarde pas tant à la grandeur des actions ni même à leur difficulté qu'à l'amour qui fait faire ces actes »[22]. La pureté d'intention est donc la pureté du cœur appliquée à l'agir : un même acte, selon qu'il naît de l'amour de Dieu ou de l'amour-propre, sera or pur ou métal terni.

Le détachement, condition de la limpidité

On ne peut vouloir une seule chose si l'on reste accroché à mille. C'est pourquoi les mystiques lient indissolublement pureté du cœur et détachement. La vénérable Marthe Robin énonce la loi avec rigueur :

« Toute imperfection, même la moindre, obscurcit la pureté de l'âme et retarde, si elle n'empêche, sa parfaite union avec Dieu. » — Vénérable Marthe Robin, Journal[23]

Cette loi n'est pas un rigorisme anxieux : elle décrit simplement la condition d'un miroir. La moindre poussière sur le verre brouille le reflet. Sur la voie du détachement comme telle, voir Que disent les saints sur le détachement. Ici, on retient seulement que le détachement n'est pas le but : il est au service de la limpidité, qui est elle-même au service de la vision et de l'amour.

La voix des mystiques : un cœur vidé pour que Dieu y demeure

Luisa Piccarreta : pureté naturelle et pureté divine

Les écrits de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947) offrent sur la pureté du cœur une distinction d'une grande finesse, entre une pureté naturelle — qui se contente d'éviter le mal — et une pureté divine, qui est jalousie d'amour pour Dieu jusque dans le moindre souffle :

« La pureté se contente de ne pas poser d'acte, de ne pas porter de regard, de ne pas entretenir de pensée et de ne pas prononcer de parole qui ne soit chaste. […] L'amour, lui, est jaloux de tout, même de la pensée et du souffle, même s'ils étaient chastes. […] Il donne à l'âme non pas la pureté naturelle, mais la pureté divine. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 10, 23 novembre 1910[24]

La pureté du cœur la plus haute n'est donc pas une abstention (ne pas faire le mal) mais une plénitude (tout vouloir pour Dieu). C'est pourquoi Luisa reçoit l'image de la fontaine, qui rejoint exactement le miroir de Grégoire de Nysse :

De l'évitement du mal au don total : la distinction entre pureté naturelle et pureté divine. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

« Les âmes vierges ressemblent à la pureté de la fontaine. Les eaux cristallines et pures sont leurs actes droits ; le soleil qui lance ses rayons perpendiculaires, c'est moi […]. Si je ne trouve pas dans une âme la pureté, la droiture et l'amour, elle ne peut pas être mon miroir. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 10, 3 février 1912[25]

Un cœur vidé pour que Dieu l'habite

L'autre grande image des mystiques est celle du vide : pour que Dieu vienne demeurer dans un cœur, il faut que ce cœur soit d'abord vidé de tout ce qui n'est pas Lui. La porte du cœur est étroite, et le moindre attachement la bloque :

« Mon Cœur est infiniment grand. Mais la porte pour y entrer est très étroite. Personne ne peut venir combler son vide, sauf les âmes dépouillées et simples. […] La moindre petite entrave, l'ombre d'un attachement, une intention qui n'est pas droite […] les empêche de venir s'y délecter. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 7 mai 1899[26]

La fontaine-miroir : les actes droits, la présence de Dieu et l'amour se répondent dans l'image reçue par Luisa Piccarreta. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La pureté du cœur apparaît ainsi sous son vrai jour : non d'abord une absence (de péché), mais une disponibilité — un cœur fait place nette pour son hôte divin. C'est la même intuition que l'on retrouve, sous d'autres mots, chez tous les maîtres : « Oublie tout, et toi — et qu'il n'y ait plus que Moi »[27].

Les moyens de la pureté du cœur selon les saints

Les quatre moyens résumés par le Catéchisme : prière, chasteté, pureté d'intention et pureté du regard. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Les saints ne se contentent pas de louer la pureté du cœur : ils en indiquent les chemins. Le Catéchisme les ramasse en quatre, qui recoupent exactement l'enseignement des maîtres spirituels[28].

MoyenCe qu'il purifieVoix des saints
La prièreLe cœur tout entier, par la grâce demandée« Crée en moi un cœur pur » (Ps 50, 12) ; on ne se purifie pas soi-même, on le demande
La chastetéLe corps et l'affectivitéQue disent les saints sur la chasteté
La pureté d'intentionL'agir, le motif des actesLe « trésor inépuisable » qui rend toute action agréable à Dieu[29] ; ce n'est pas la grandeur des actes qui compte, mais l'intention[30]
La pureté du regardLes sens et l'imaginationLa garde des yeux et des pensées (Pacôme, Job 31, 1)

La prière : demander un cœur nouveau

Le premier moyen est la prière, parce que la pureté du cœur est d'abord un don. « La pureté du cœur réclame la prière », dit le Catéchisme[31]. Nul ne se purifie soi-même par la seule volonté ; on demande le cœur nouveau que Dieu seul peut créer. C'est le sens de la prière du Miserere, et de l'aveu de tous les saints : la limpidité du cœur est une grâce à implorer chaque jour, non un capital acquis une fois pour toutes.

La garde du cœur et des sens

Le deuxième chemin est la garde du regard intérieur et extérieur : surveiller ce qui entre dans le cœur par les yeux, l'imagination, la mémoire. La tradition cite volontiers le pacte de Job : « J'avais conclu un pacte avec mes yeux »[32]. Il ne s'agit pas de mépriser le visible, mais d'empêcher que des images et des pensées étrangères ne troublent l'eau du cœur. C'est la nepsis des Pères, la sobriété vigilante, dont le silence intérieur est le climat naturel : voir Que disent les saints sur le silence intérieur.

Les sacrements : la source qui lave et nourrit

Le troisième chemin est sacramentel. La pureté du cœur reçue au Baptême[33] se restaure dans la confession, qui ne se contente pas d'effacer la faute mais rend au cœur sa limpidité, et se fortifie dans l'Eucharistie, où le Christ — la pureté même — vient demeurer dans l'âme. Sur ces sources, voir Que disent les saints sur la confession régulière et Que disent les saints sur la communion fréquente.

Marie, la Toute-Pure

Enfin, les saints renvoient sans cesse à Marie, l'Immaculée, comme au modèle et à la médiatrice de la pureté du cœur. Une religieuse du Sacré-Cœur résume cette voie mariale :

« Il faut avoir le cœur pur si nous voulons répondre à notre vocation de chrétiens. Il faut que nous portions en nous-mêmes la ressemblance de Jésus et de Marie. Sans cette pureté, il n'y a pas de bonheur sur terre. […] Prenant Marie pour modèle, nous devons tendre par des efforts journaliers à ce renouvellement complet de la nature. » — Sœur Marie du Sacré-Cœur Bernaud[34]

L'image placée en tête de l'Infobox est L'Immaculée Conception des Vénérables de Bartolomé Esteban Murillo (vers 1678), œuvre conservée au musée du Prado et reproduite ici depuis Wikimedia Commons, dans le domaine public.

Les fruits de la pureté du cœur

Voir Dieu — et le bonheur dès ici-bas

Les fruits de la pureté du cœur : discerner selon Dieu, aimer sans convoitise et refléter sa présence. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le premier fruit est celui de la béatitude elle-même : voir Dieu. Non seulement dans la vision du Ciel, mais dès maintenant, par une connaissance plus claire, plus savoureuse, des choses divines. Saint Jean Cassien le disait : la pureté du cœur ouvre « la pureté du cœur et la science spirituelle »[35], cette intelligence des réalités de Dieu qui ne se gagne pas par l'étude seule mais par la limpidité de l'âme. C'est aussi un bonheur : un cœur réconcilié avec lui-même, qui n'a plus à fuir son propre regard, goûte une paix que le cœur partagé ignore.

Aimer d'un cœur sans partage

Le second fruit est la capacité d'aimer purement. La chasteté, dit le Catéchisme, permet « d'aimer d'un cœur droit et sans partage »[36]. Le cœur pur, libéré de la convoitise et de l'amour-propre, devient capable du don total — envers Dieu et envers le prochain. Loin de durcir, la pureté rend tendre : elle ne supprime pas l'amour, elle le purifie de tout ce qui le faussait. C'est pourquoi les vertus sont liées : la pureté du cœur ne va jamais seule, elle appelle et soutient toutes les autres. Le Père éternel l'enseignait à sainte Catherine de Sienne :

« Aucune vertu ne peut être parfaite sans qu'on ait à un certain degré les autres ; car toutes les vertus sont liées ensemble. » — Le Père éternel à sainte Catherine de Sienne, Dialogue[37]

La transparence à Dieu

Le fruit ultime rejoint le point de départ : la pureté du cœur rend l'âme transparente à Dieu, miroir où Il se contemple et où, en retour, elle Le découvre. C'est l'achèvement de l'image de Grégoire de Nysse et de la fontaine de Luisa : un cœur si limpide que Dieu s'y reflète sans obstacle. Là est le terme de tout le chemin — non pas une performance morale, mais une ressemblance retrouvée, celle de la créature redevenue image fidèle de son Créateur.

En résumé : ce que disent les saints sur la pureté du cœur

VoixApport propre sur la pureté du cœur
PsaumesLa pureté du cœur se demande (« crée en moi un cœur pur ») et donne accès à la montagne du Seigneur
Saint AugustinCroire → bien vivre → purifier le cœur → comprendre : la vision est le fruit de la pureté
Saint Grégoire de NysseL'âme-miroir : purifiée, elle reflète Dieu et contemple en elle l'Archétype
Saint Jean CassienLa pureté du cœur est le but (scopos) de toute la vie chrétienne ; le Ciel en est la fin
Saint PacômeMaîtrise des pensées, du corps, du cœur ; rester petit
Sainte FaustineLa pureté d'intention, « trésor inépuisable » qui rend toute action agréable à Dieu
Luisa PiccarretaDistinction pureté naturelle (éviter le mal) / pureté divine (tout pour Dieu, jaloux du moindre souffle)
Marthe RobinLa moindre imperfection obscurcit la pureté et retarde l'union à Dieu
CatéchismeTrois domaines (charité, chasteté, foi) ; quatre moyens (prière, chasteté, intention, regard)

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Évangile selon saint Matthieu 5, 8, traduction liturgique officielle (AELF) : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » Sixième des huit Béatitudes du Sermon sur la montagne (Mt 5, 1-12).

    1
  2. Catéchisme de l'Église catholique, § 2517 : « Le cœur est le siège de la personnalité morale : "C'est du cœur que viennent intentions mauvaises, meurtres, adultères et inconduites" (Mt 15, 19). Le combat contre la convoitise charnelle passe par la purification du cœur et la pratique de la tempérance. »

    2 3
  3. Catéchisme de l'Église catholique, § 2518 : « La sixième béatitude proclame : "Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu" (Mt 5, 8). Les "cœurs purs" désignent ceux qui ont accordé leur intelligence et leur volonté aux exigences de la sainteté de Dieu, principalement en trois domaines : la charité, la chasteté ou rectitude sexuelle, l'amour de la vérité et l'orthodoxie de la foi. »

    4
  4. Psaume 50 (51), 12, traduction liturgique officielle (AELF) : « Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. » Le verbe hébreu bara (« créer ») est celui de Gn 1, 1 : la pureté du cœur est présentée comme une re-création opérée par Dieu seul. Psaume Miserere, prière pénitentielle reprise chaque vendredi aux Laudes.

    5
  5. Psaume 23 (24), 3-4, traduction liturgique officielle (AELF) : « Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L'homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles. » La pureté du cœur y est la condition d'accès au sanctuaire et à la présence de Dieu.

    6
  6. Saint Augustin (354-430), De fide et symbolo, 10, 25, cité au Catéchisme de l'Église catholique § 2518 : « afin qu'en croyant ils obéissent à Dieu, qu'en obéissant ils vivent bien, qu'en vivant bien ils purifient leur cœur, et qu'en purifiant leur cœur ils comprennent ce qu'ils croient. » La chaîne croire-obéir-bien vivre-purifier-comprendre fait de la vision de Dieu le terme d'une purification progressive du cœur.

    7
  7. Catéchisme de l'Église catholique, § 2519 : « Aux "cœurs purs" est promis de voir Dieu face-à-face et de Lui être semblables (cf. 1 Co 13, 12 ; 1 Jn 3, 2). La pureté du cœur est le préalable de la vision. Dès maintenant elle nous donne de voir selon Dieu […]. »

    8
  8. Saint Grégoire de Nysse (vers 335-395), Homélies sur les Béatitudes, VIᵉ homélie (sur Mt 5, 8) : « Il y a en toi, dans une certaine mesure, une aptitude à voir Dieu. […] Le mal s'est répandu sur l'empreinte divine. Il a rendu ce bien inutilisable pour toi en le cachant sous des voiles souillés. » Trad. française d'après patristique.org ; texte critique dans Sources Chrétiennes (Grégoire de Nysse, Les Béatitudes). L'image du sceau divin gravé dans l'âme et recouvert par le péché structure toute l'homélie.

    9
  9. Saint Grégoire de Nysse, Homélies sur les Béatitudes, VIᵉ homélie : « Si tu effaces de nouveau, par une vie soigneuse, la souillure qui s'est fixée sur ton cœur, la beauté divine resplendira à nouveau en toi. […] Ayant le cœur pur, il devient bienheureux, parce que, regardant sa propre pureté, il contemple dans l'image l'Archétype. » Trad. d'après patristique.org. C'est le célèbre thème de l'âme-miroir : l'âme purifiée voit Dieu en se voyant elle-même redevenue image fidèle.

    10
  10. Première lettre aux Corinthiens 13, 12, traduction liturgique (AELF) : « Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. » Cf. 1 Jn 3, 2 : « nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu'il est. » Sources scripturaires de la vision béatifique promise aux cœurs purs.

    11
  11. Catéchisme de l'Église catholique, § 2520 : « Le Baptême confère à celui qui le reçoit la grâce de la purification de tous les péchés. Mais le baptisé doit continuer à lutter contre la concupiscence de la chair et les convoitises désordonnées. Avec la grâce de Dieu il y parvient : par la vertu et le don de chasteté, car la chasteté permet d'aimer d'un cœur droit et sans partage ; par la pureté d'intention qui consiste à viser la fin véritable de l'homme […] ; par la pureté du regard, extérieure et intérieure ; par la discipline des sentiments et de l'imagination […] ; par la prière. » Liste canonique des moyens de la pureté du cœur.

    12 31 36
  12. Saint Jean Cassien (vers 360-435), Conférences, I (l'abbé Moïse), 4, Sources Chrétiennes 42 bis, Cerf, 2008, p. 95 : « La fin de notre profession consiste en le royaume de Dieu ou le royaume des cieux, il est vrai ; mais notre but est la pureté du cœur, sans laquelle il est impossible que personne atteigne à cette fin. » Distinction classique entre le telos (la fin dernière : le Royaume) et le scopos (le but immédiat : la puritas cordis).

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  13. Saint Jean Cassien, Conférences, I, Sources Chrétiennes 42 bis, Cerf, 2008, p. 97 : « Embrassons donc de toute notre énergie ce qui peut nous acheminer au but de la pureté du cœur ; évitons, au contraire, comme funeste et malfaisant, ce qui nous en écarterait. […] Si nous nous proposons ce but, toujours nos actes et nos pensées iront droit à l'obtenir. » La pureté du cœur devient le critère pratique du discernement de toute action.

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  14. Saint Jean Cassien, Conférences, I, Sources Chrétiennes 42 bis, Cerf, 2008, p. 103 : « Ce doit être le but premier de nos efforts, l'immuable dessein et la passion constante de notre cœur d'adhérer toujours à Dieu et aux choses divines. Tout ce qui s'éloigne de là, quelque grand qu'il puisse être, ne doit tenir dans notre estime que le second ou même le dernier rang, voire être considéré comme un danger. »

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  15. Saint Jean Cassien, Conférences, I, Sources Chrétiennes 42 bis, Cerf, 2008, p. 113 : « Tout gît dans le sanctuaire profond de l'âme. Lorsque le diable en a été chassé et que les vices n'y règnent plus, conséquemment s'établit en nous le règne de Dieu. »

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  16. Saint Pacôme (vers 292-348), Conseils à un moine rancunier, Saint-Léger Éditions, 2017, p. 31 : « Sois parfaitement pur, maître de tes pensées, maître de ton corps, maître de ton cœur. Que ton esprit obéisse ! Reste petit dans ton cœur. » Père du cénobitisme égyptien ; la pureté du cœur y est liée à la maîtrise des pensées (nepsis).

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  17. Léonie Martin (1863-1941), sœur de sainte Thérèse de Lisieux, lettre à sa sœur Thérèse, 15 octobre 1887 : « Notre cœur est fait uniquement pour Dieu, Lui seul peut le remplir pleinement ; il est trop grand pour le monde ; aussi quelle folie d'avoir trop d'attachement pour les créatures. » Servante de Dieu (cause de béatification ouverte en 2015).

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  18. Thomas a Kempis (vers 1380-1471), L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. XVII, 2 : « Celui qui cherche autre chose que Dieu seul et le salut de son âme ne trouvera que tribulation et douleur. » Le cœur partagé est un cœur tourmenté ; la pureté du cœur est unification.

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  19. Sainte Faustine Kowalska (1905-1938), Petit Journal, § 66 : « Ô trésor inépuisable de la pureté d'intention, qui rend toutes nos actions parfaites et si agréables à Dieu ! » La pureté d'intention est la pureté du cœur appliquée au motif de l'agir.

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  20. Jésus à Luisa Piccarreta (1865-1947), Le Livre du Ciel, tome 2, 7 mai 1899 : « Ma fille, qu'adviendra-t-il des âmes ayant fait tant d'actions, même bonnes, sans pureté d'intention, par habitude ou par égoïsme ? […] Ce n'est pas la grandeur des actions qui m'importe, mais l'intention avec laquelle elles sont faites. » Éditions Centro Studi Piccarreta. Passage vérifié mot pour mot sur l'exemplaire du tome 2 (bibliothèque Via Divina).

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  21. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (1873-1897), Lettre 65 (à Céline, juillet 1889) : « Jésus ne regarde pas tant à la grandeur des actions ni même à leur difficulté qu'à l'amour qui fait faire ces actes. » Édition des Lettres (Cerf-DDB). Écho thérésien de la pureté d'intention.

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  22. Vénérable Marthe Robin (1902-1981), Journal : décembre 1929 - novembre 1932, Éditions Foyer de Charité, 2012, p. 38 : « Il est à conclure que toute imperfection, même la moindre, obscurcit la pureté de l'âme et retarde, si elle n'empêche, sa parfaite union avec Dieu. »

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  23. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 10, 23 novembre 1910 : « La pureté se contente de ne pas poser d'acte, de ne pas porter de regard, de ne pas entretenir de pensée et de ne pas prononcer de parole qui ne soit chaste. Elle tolère le restant. […] L'amour est jaloux de tout, même de la pensée et du souffle, même s'ils étaient chastes. […] Il donne à l'âme non pas la pureté naturelle, mais la pureté divine. » Éditions Centro Studi Piccarreta. Passage vérifié mot pour mot sur l'exemplaire du tome 10 (bibliothèque Via Divina).

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  24. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 10, 3 février 1912 : « Les âmes vierges ressemblent à la pureté de la fontaine. Les eaux cristallines et pures sont leurs actes droits ; le soleil qui lance ses rayons perpendiculaires, c'est moi ; les variétés des couleurs, c'est l'amour. Or si je ne trouve pas dans une âme la pureté, la droiture et l'amour, elle ne peut pas être mon miroir. » Éditions Centro Studi Piccarreta. Passage vérifié mot pour mot sur l'exemplaire du tome 10 (bibliothèque Via Divina). L'image de la fontaine-miroir rejoint celle de Grégoire de Nysse.

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  25. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 7 mai 1899 : « Mon Cœur est infiniment grand. Mais la porte pour y entrer est très étroite. Personne ne peut venir combler son vide, sauf les âmes dépouillées et simples. […] La moindre petite entrave, l'ombre d'un attachement, une intention qui n'est pas droite, une action qui n'a pas pour but de me plaire, les empêche de venir s'y délecter. » Éditions Centro Studi Piccarreta. Passage vérifié mot pour mot sur l'exemplaire du tome 2 (bibliothèque Via Divina).

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  26. Jésus à sœur Marie de la Trinité (1903-1980), Consens à n'être rien, Éditions Arfuyen, 2004, p. 44 : « Oublie tout, et toi — et qu'il n'y ait plus que Moi. » Carmélite de Tour ; formule de la simplification du cœur jusqu'à l'unique nécessaire.

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  27. Catéchisme de l'Église catholique, § 2532 : « La purification du cœur exige la prière, la pratique de la chasteté, la pureté de l'intention et du regard. » Récapitulatif des quatre moyens développés aux § 2520 et 2519.

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  28. Livre de Job 31, 1, traduction liturgique officielle (AELF) : « J'avais conclu un pacte avec mes yeux : comment, alors, aurais-je fixé du regard une jeune fille vierge ? » Source biblique classique de la « garde des yeux » comme moyen de la pureté du cœur.

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  29. Catéchisme de l'Église catholique, § 2520 : « Le Baptême confère à celui qui le reçoit la grâce de la purification de tous les péchés. » La pureté du cœur est d'abord un don baptismal, à garder et à restaurer.

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  30. Sœur Marie du Sacré-Cœur Bernaud, citée dans Geneviève Vignes, Demeurez dans son Amour, Éditions du Sacré-Cœur, 2018, p. 17 : « Il faut avoir le cœur pur si nous voulons répondre à notre vocation de chrétiens. Il faut que nous portions en nous-mêmes la ressemblance de Jésus et de Marie. Sans cette pureté, il n'y a pas de bonheur sur terre. […] Prenant Marie pour modèle, nous devons tendre par des efforts journaliers à ce renouvellement complet de la nature. »

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  31. Saint Jean Cassien, Conférences, I, Sources Chrétiennes 42 bis, Cerf, 2008, p. 119 : « On possède [le royaume] de Dieu par la pratique des vertus, dans la pureté du cœur et la science spirituelle. » La science spirituelle (l'intelligence savoureuse des choses divines) est présentée comme un fruit de la pureté du cœur.

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  32. Le Père éternel à sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Le Livre des Dialogues, Traité de la Discrétion : « Aucune vertu ne peut être parfaite sans qu'on ait à un certain degré les autres ; car toutes les vertus sont liées ensemble, et chaque vertu est le commencement et le principe des autres. » La pureté du cœur n'est jamais isolée : elle appelle et soutient toutes les vertus.

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