Saint Cyrille (v. 826/827-869)

Saint Cyrille (v. 826/827-869), connu de son vivant comme Constantin le Philosophe, est, avec son frère Méthode, l'apôtre des Slaves. Savant le plus réputé de Constantinople, bibliothécaire de Sainte-Sophie et maître de philosophie, il quitta les honneurs de l'Empire pour évangéliser les Sarrasins, les Khazars puis la Grande-Moravie, et inventa le premier alphabet slave (le glagolitique) afin que la Parole de Dieu pût s'écrire dans la langue du peuple. Mort à Rome en 869 sous l'habit monastique, il est aujourd'hui co-patron de l'Europe.

Ignispedia

Saint Cyrille (vers 826/827 – 869), connu de son vivant sous le nom de Constantin le Philosophe, est, avec son frère aîné Méthode, l'apôtre des Slaves. Savant le plus réputé de Constantinople, bibliothécaire de Sainte-Sophie et maître de philosophie, il quitta les honneurs de l'Empire pour porter l'Évangile aux confins du monde connu — chez les Sarrasins, chez les Khazars, puis chez les peuples slaves de Grande-Moravie. Pour ces derniers, il fit ce que nul n'avait osé : il inventa un alphabet, le glagolitique, afin que la Parole de Dieu pût s'écrire et se chanter dans leur propre langue.

Il mourut à Rome à quarante-deux ans, épuisé par les voyages et les combats, après avoir revêtu l'habit monastique et pris le nom sous lequel l'histoire le retient : Cyrille. De son alphabet naîtra plus tard le cyrillique, que portent encore aujourd'hui les langues et les liturgies de centaines de millions de chrétiens.

« Ne respirons-nous pas tous l'air de la même manière ? N'avez-vous pas honte de ne nommer que trois langues, et de condamner tous les autres peuples et toutes les autres tribus à rester aveugles et sourds ? » — saint Cyrille, à Venise, contre ceux qui refusaient la liturgie slave[1]

Cet article présente le saint et l'homme : l'enfant de Thessalonique qui rêva d'épouser la Sagesse, le génie précoce que Byzance appela « le Philosophe », le controversiste envoyé débattre avec les musulmans et les juifs, le père des lettres slaves, et le moine qui offrit sa vie à Rome pour l'universalité de l'Évangile. Pour la mission morave menée seize ans encore après sa mort, pour la lutte de son frère contre les évêques francs et pour l'histoire de la liturgie slave après 869, on renvoie à l'article Saint Méthode (v. 815-885), que celui-ci ne redouble pas.

Pourquoi saint Cyrille compte-t-il autant ?

Le savant devenu apôtre

Constantin aurait pu vivre et mourir professeur, entouré de livres, honoré à la cour de l'empereur. Il avait tout : l'intelligence, la formation, la place. Il choisit la route, la controverse et la fatigue des missions lointaines. Sa vie illustre une conviction rare : que la science la plus haute — celle de Dieu et de l'homme — ne se garde pas, elle se donne. C'est ce mouvement, de la bibliothèque de Sainte-Sophie aux steppes des Khazars puis aux villages moraves, qui fait de lui bien plus qu'un érudit : un apôtre.

Le père des lettres slaves

Les trois dons de Cyrille aux Slaves : alphabet, Bible et liturgie en langue compréhensible. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Avant Cyrille, les peuples slaves n'avaient pas d'écriture propre. Il leur en donna une, taillée sur mesure pour les sons de leur langue, et avec elle la première Bible et la première liturgie qu'ils pussent comprendre. Ce geste — apparemment technique — fonda une civilisation chrétienne entière. Tchèques, Slovaques, Bulgares, Serbes, Russes et Ukrainiens tiennent de lui, directement ou indirectement, leur foi lettrée. Peu d'hommes ont autant marqué l'histoire d'un continent avec aussi peu de moyens.

Le philosophe de la Sagesse

Enfin, Cyrille est le saint de la Sagesse (Sophia). Enfant, il rêva de la prendre pour épouse ; adulte, il en fit le programme de toute sa vie. Sa fameuse définition de la philosophie — « la connaissance des choses divines et humaines, dans la mesure où l'homme peut s'approcher de Dieu » — n'était pas une formule d'école : c'était le résumé de sa vocation. Il montre que l'intelligence, loin d'être l'ennemie de la foi, peut devenir son plus ardent serviteur.

L'enfant de Thessalonique et le songe de la Sagesse

Une famille d'officiers byzantins

Constantin naît vers 826/827 à Thessalonique, deuxième ville de l'Empire byzantin[2]. Il est le benjamin d'une fratrie de sept enfants ; son frère aîné est Michel, le futur Méthode[3]. Leur père, Léon, est un drongaire — un officier supérieur — au service du gouverneur militaire du thème de Thessalonique ; leur mère se nomme Maria[4]. Détail qui pèsera lourd : la région de Thessalonique comptait une importante population slave, si bien que les deux frères connaissaient le slave dès l'enfance, en plus du grec[5].

La vie de Cyrille en sept étapes : de Thessalonique à Rome, une intelligence offerte à la mission. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La date exacte de naissance est discutée. La Catholic Encyclopedia place les deux frères en 826 et 827, faisant de Constantin le cadet, né en 827[6] ; d'autres références donnent « vers 826 »[7]. On retient ici « vers 826-827 » en signalant la variante.

Le songe de Sophia

La Vie de Constantin — l'hagiographie en vieux-slave rédigée peu après sa mort par ses disciples — rapporte un épisode d'enfance devenu célèbre. À sept ans, l'enfant fait un songe : le gouverneur (stratège) rassemble devant lui toutes les jeunes filles de la ville et lui ordonne de choisir son épouse. Constantin les observe une à une et arrête son regard sur la plus belle, au visage rayonnant, parée d'or et de perles : elle se nomme Sophia, c'est-à-dire Sagesse. Il la choisit[8].

« Choisis parmi elles celle que tu veux pour épouse et compagne. Les regardant toutes et les observant une à une, je discernai la plus belle de toutes, au visage rayonnant, richement parée de colliers d'or et de perles, et de toutes sortes de bijoux. Son nom était Sophia, c'est-à-dire Sagesse. Je la choisis. » — Vie de Constantin, ch. 3[9]

Le songe de Sophia : l'épisode hagiographique qui condense la vocation intellectuelle et spirituelle de Constantin. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Ses parents, en pieux chrétiens, interprètent le rêve dans un sens spirituel et lui appliquent la parole du Livre des Proverbes : « Dis à la Sagesse : Tu es ma sœur » (Pr 7, 4)[10]. Toute la vie de Cyrille tiendra dans cette image : il a épousé la Sagesse, et il lui restera fidèle jusqu'à la mort.

Constantin le Philosophe : la formation d'un génie

L'école impériale de Constantinople

Orphelin de père très jeune, le garçon fut remarqué pour son intelligence exceptionnelle. Le puissant logothète (chancelier) Théoctiste, régent de l'Empire, le fit venir à Constantinople pour l'éduquer aux côtés du jeune empereur Michel III[11]. Il y suivit l'enseignement de l'université impériale restaurée, où professaient les plus grands maîtres du temps : Léon le Mathématicien, l'un des esprits les plus universels de Byzance, et Photius, le futur patriarche de Constantinople[12][13]. Constantin y apprit la grammaire, la rhétorique, la dialectique, l'astronomie, la musique et les langues — « toutes les sciences de son temps », résume l'Église orthodoxe en Amérique, qui précise qu'il « connaissait aussi plusieurs langues »[14] ; l'hébreu, qu'il étudia plus tard à Cherson pour disputer avec les juifs, est la seule de ces langues que le récit principal de sa Vie nomme expressément[15].

« Saint Constantin étudia toutes les sciences de son temps et connaissait aussi plusieurs langues. » — Église orthodoxe en Amérique, Vies des saints[16]

« Le Philosophe », bibliothécaire de Sainte-Sophie

Sainte-Sophie de Constantinople, où Constantin fut bibliothécaire (chartophylax) avant son œuvre missionnaire. Photo Wikimedia Commons, licence libre.

Son génie précoce lui valut très tôt le surnom qui lui restera dans toute la chrétienté, à Byzance comme à Rome : « le Philosophe »[17]. Ordonné prêtre (ou du moins diacre, selon les sources), il fut nommé bibliothécaire — chartophylax — de la Grande Église de Sainte-Sophie, la charge la plus prestigieuse ouverte à un jeune clerc lettré[18][19]. Puis il enseigna lui-même la philosophie à l'école impériale. À moins de trente ans, Constantin était au sommet de la vie intellectuelle de l'Empire.

« Qu'est-ce que la philosophie ? »

Un jour, raconte sa Vie, le logothète Théoctiste lui demanda ce qu'était au juste la philosophie. La réponse de Constantin est restée comme une définition-programme, à la fois grecque et chrétienne :

« La connaissance des choses divines et humaines, dans la mesure où l'homme peut s'approcher de Dieu, et comment, par la vertu, il apprend à être à l'image et à la ressemblance de Celui qui l'a créé. » — Constantin le Philosophe, Vie de Constantin, ch. 4[20]

Cette phrase mérite d'être pesée. La philosophie n'y est pas un jeu de concepts, mais une science de salut : connaître Dieu et l'homme pour se rendre semblable à Dieu par la vertu. On y entend déjà la vocation missionnaire du saint : sa science n'était pas faite pour la gloire, mais pour conduire les âmes à la ressemblance divine. C'est le même homme qui, quelques années plus tard, franchira des milliers de kilomètres pour porter cette connaissance aux peuples qui l'ignoraient.

Les premières missions du Philosophe

Le débat contre les iconoclastes

La première épreuve publique de Constantin fut une controverse doctrinale, au cœur même de Byzance. La crise iconoclaste, qui avait ravagé l'Empire pendant plus d'un siècle, venait à peine de s'éteindre avec le rétablissement des saintes images en 843 (voir sainte-theodora-limperatrice et saint-tarasios-de-constantinople). Le jeune Philosophe fut chargé de disputer contre l'ancien patriarche iconoclaste déposé, Jean le Grammairien[21]. Selon sa Vie, Constantin défendit la légitimité de la vénération des images par un argument d'une grande finesse : une croix perd son sens si l'on en retranche une branche, mais l'icône d'un visage demeure l'image et la ressemblance de celui qu'elle représente[22]. Sa victoire dialectique le désigna comme le meilleur controversiste de sa génération.

La mission chez les Sarrasins (v. 851)

Aussi l'empereur l'envoya-t-il, vers 851, en ambassade auprès des Sarrasins — les musulmans du califat abbasside — pour un débat théologique sur la Trinité[23][24]. Les musulmans reprochaient aux chrétiens de « diviser » Dieu en trois. Constantin répondit par des images empruntées à la nature : de même que le soleil est un seul astre d'où procèdent à la fois la lumière et la chaleur, Dieu est un seul être en trois personnes. À ceux qui vantaient la simplicité de leur foi, il opposa la profondeur insondable de la foi chrétienne :

« Notre Dieu est comme l'immensité de la mer […] ; votre mer, elle, est trompeuse et à votre convenance : chacun, grand ou petit, peut la franchir d'un bond — car elle ne dépasse pas la mesure de l'homme. » — Constantin, à ses interlocuteurs sarrasins, Vie de Constantin, ch. 6[25]

« Il fut envoyé par l'empereur discuter de la Sainte Trinité avec les Sarrasins, et là encore il remporta la victoire. » — Église orthodoxe en Amérique[26]

La retraite de l'Olympe

De retour à Constantinople, Constantin renonça aux honneurs et se retira auprès de son frère Méthode, moine au mont Olympe de Bithynie[27][28]. Là, dans le silence et la prière, les deux frères — l'administrateur devenu moine et le professeur devenu ascète — se préparèrent sans le savoir à la grande œuvre de leur vie. Cette retraite est décisive : elle enracine dans la contemplation ce que Cyrille déploiera ensuite dans l'action.

La mission khazare et les reliques de saint Clément (860-861)

Débattre avec les juifs et les musulmans

Vers 860, une ambassade des Khazars — un peuple installé entre la mer Noire et la Caspienne, dont l'aristocratie s'était convertie au judaïsme — demanda à l'empereur un savant capable de disputer de la vraie foi, car juifs et musulmans se disputaient aussi ce royaume. L'empereur Michel III et le patriarche Photius envoyèrent Constantin, accompagné de Méthode[29][30]. En chemin, à Cherson (Chersonèse, en Crimée), le Philosophe apprit l'hébreu et étudia la langue et les Écritures des juifs pour mieux les convaincre.

Devant le khan et sa cour, Constantin soutint de longues controverses. À la question fondamentale — « Puisque Dieu est un, pourquoi le glorifiez-vous comme trois ? » — il répondit fermement :

« Ne proférez pas de tels blasphèmes. Car nous avons bien appris des prophètes, des Pères et des docteurs à glorifier la Trinité : le Père, le Verbe et l'Esprit, trois hypostases en un seul être. » — Constantin, devant les Khazars, Vie de Constantin[31]

Les grandes missions de Constantin-Cyrille : Sarrasins, Khazars, Grande-Moravie, Venise et Rome. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Sa Vie rapporte qu'il gagna ce débat et fit baptiser une partie du peuple[32][33]. La Catholic Encyclopedia note qu'« ils apprirent la langue khazare et convertirent beaucoup de gens »[34].

La découverte des reliques de saint Clément

C'est au cours de cette mission, à Cherson, que se produisit l'événement qui scellera le destin des deux frères. On y vénérait la mémoire du pape saint Clément Ier, troisième successeur de saint Pierre, traditionnellement martyrisé sous Trajan en étant jeté à la mer avec une ancre. Constantin, mû par la prière, entreprit de retrouver ses reliques :

« Je crois en Dieu et je place mon espérance en saint Clément : je le retrouverai et je le tirerai de la mer. » — Constantin, à Cherson, Vie de Constantin[35]

Le 30 janvier 861, après avoir prié et creusé, on découvrit les ossements du saint pape, accompagnés — dit la Vie — d'un grand parfum[36][37]. Les deux frères emportèrent ces reliques avec eux. Ce trésor, qu'ils rapporteront jusqu'à Rome, leur ouvrira plus tard les portes du pape et de la Ville éternelle.

L'invention de l'alphabet et la Parole en slave

Le glagolitique

En 862, le prince Rastislav de Grande-Moravie demanda à Constantinople des missionnaires capables d'enseigner la foi à son peuple dans sa langue. L'empereur se tourna de nouveau vers Constantin. Mais avant même de partir, le Philosophe posa le problème décisif : les Slaves n'avaient pas d'écriture propre, et ni l'alphabet grec ni l'alphabet latin n'épousaient les sons de leur langue. Il fallait donc créer une écriture nouvelle.

Page du Codex Zographensis, manuscrit évangélique en vieux-slave et alphabet glagolitique. Wikimedia Commons, domaine public.

Vers 863, Constantin composa le glagolitique (glagolitsa), premier alphabet slave, conçu lettre par lettre pour la phonétique du vieux-slave[38][39]. Attention à une confusion tenace : l'alphabet cyrillique, qui porte aujourd'hui son nom, ne fut pas inventé par lui ; il fut mis au point plus tard par ses disciples en Bulgarie, et on lui donna le nom de Cyrille en hommage. L'alphabet propre de Cyrille est le glagolitique.

« Au commencement était le Verbe »

Muni de cet outil, Constantin se mit à traduire l'Évangile. Sa Vie rapporte que ce travail commença, comme toute son œuvre, par la prière — et que le premier verset qu'il écrivit en slave fut le prologue de saint Jean :

« Le Philosophe s'en alla et, selon son ancienne habitude, s'adonna à la prière avec ses compagnons. Dieu, qui écoute la prière de ses serviteurs, l'exauça bientôt, et aussitôt il composa les lettres et se mit à écrire les paroles de l'Évangile : "Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu"… » — Vie de Constantin, ch. 14[40]

Il y a là un symbole que la tradition n'a pas manqué de relever : le premier mot que les Slaves reçurent par écrit fut le Verbe — le Christ lui-même. Jean-Paul II soulignera la nouveauté radicale de ce travail de traduction, préparé « dans la langue paléoslave » avec « un alphabet nouveau, parfaitement adapté aux sons de cette langue »[41]. Sur la mission morave proprement dite, ses combats et ses fruits après la mort de Cyrille, voir Saint Méthode.

La querelle des trois langues et la dispute de Venise

L'« hérésie trilingue »

Le succès des deux frères se heurta vite à l'hostilité du clergé franc et bavarois, dont les sièges de Salzbourg et de Passau exerçaient leur juridiction sur la Moravie[42]. À l'argument de territoire s'ajoutait un argument doctrinal, que les frères nommèrent l'« hérésie trilingue » : l'idée que Dieu ne pouvait être loué que dans les trois langues de l'inscription placée par Pilate sur la Croix — l'hébreu, le grec et le latin. Toute autre langue liturgique serait, selon eux, illégitime.

« Ne respirons-nous pas tous le même air ? »

C'est à Venise, vers 867, devant une assemblée d'évêques, de prêtres et de moines latins, que Constantin livra sa réplique la plus célèbre. Sa Vie la rapporte comme un manifeste de l'universalité de l'Évangile :

« La pluie de Dieu ne tombe-t-elle pas également sur tous ? Le soleil ne brille-t-il pas aussi sur tous ? Ne respirons-nous pas tous l'air de la même manière ? N'avez-vous pas honte de ne nommer que trois langues, et de condamner tous les autres peuples et toutes les autres tribus à rester aveugles et sourds ? » — Constantin, à Venise, Vie de Constantin, ch. 16[43]

La querelle des trois langues : contre la restriction hébreu-grec-latin, Cyrille défend la louange de Dieu par tous les peuples. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

À l'appui, il aligna les Écritures : « Chantez au Seigneur, toute la terre » (Ps 95), « Que tout ce qui respire loue le Seigneur » (Ps 150)[44]. L'intuition de Constantin — que toute langue humaine est apte à recevoir et à dire la Parole de Dieu — est le cœur spirituel de son œuvre. Jean-Paul II y verra le fondement de ce que l'Église appelle aujourd'hui l'inculturation, et citera cette même argumentation comme un modèle[45][46].

Rome, la mort et le nom de Cyrille (868-869)

L'accueil d'Adrien II

Rome reçoit Cyrille : reliques de saint Clément, approbation des livres slaves et mort du moine Cyrille à San Clemente. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Pour faire trancher le conflit par la plus haute autorité, les deux frères entreprirent le grand voyage de Rome (867-868), emportant les reliques de saint Clément. Le pape Nicolas Ier mourut avant leur arrivée ; ils furent reçus par son successeur, Adrien II, qui leur fit un accueil triomphal — précisément à cause des reliques du pape martyr[47][48]. Surtout, le pape approuva solennellement les livres liturgiques slaves et les fit déposer sur l'autel de Sainte-Marie-Majeure[49]. Le siège de Pierre venait de donner raison aux deux Grecs contre le clergé franc.

Le moine Cyrille

Mais Constantin tomba malade à Rome. Sentant sa fin approcher, il renonça définitivement au monde et revêtit l'habit monastique, prenant alors le nom sous lequel l'histoire allait le retenir : Cyrille. Sa Vie décrit ce passage avec une grande sobriété lumineuse :

« Le lendemain, il revêtit le saint habit monastique et, recevant lumière sur lumière, se nomma Cyrille. Il vécut cinquante jours sous cet habit. » — Vie de Constantin, ch. 18[50]

La dernière prière et la mort

Sur son lit de mort, Cyrille pria pour l'Église et pour le peuple slave qu'il avait engendré à la foi, demandant à Dieu de garder son troupeau et de « détruire l'hérésie des trois langues »[51]. Il confia à son frère Méthode la charge de poursuivre seul l'œuvre commune, dans des paroles que sa Vie place sur ses lèvres et que Jean-Paul II reprend comme le testament des deux apôtres (Slavorum Apostoli, n° 6) :

« Voici, mon frère : nous avons partagé le même destin, labourant le même sillon ; à présent je tombe au champ, au terme de ma journée. » — dernières paroles prêtées à saint Cyrille par sa Vie, reprises par Jean-Paul II[52]

Il s'éteignit le 14 février 869, âgé de quarante-deux ans[53][54]. (La Catholic Encyclopedia donne la variante du 4 février ; on suit ici la date de la source primaire et du magistère récent[55].)

« Ainsi il s'endormit dans le Seigneur, à l'âge de 42 ans, le quatorzième jour du mois de février… » — Vie de Constantin, ch. 18[56]

La sépulture à San Clemente

La basilique San Clemente à Rome, lieu de sépulture de saint Cyrille auprès des reliques de saint Clément. Photo Wikimedia Commons, licence libre.

Selon sa Vie — récit hagiographique —, Méthode demanda d'abord au pape de ramener le corps de son frère au pays natal, selon le vœu fait à leur mère ; le pape fit sceller le cercueil et le garda sept jours, puis, devant l'insistance des évêques romains, déclara qu'il l'ensevelirait dans son propre tombeau, en l'église Saint-Pierre. Méthode obtint finalement qu'il reposât à Rome dans l'église Saint-Clément — auprès, justement, des reliques de saint Clément que Cyrille avait rapportées de Crimée[57][58]. C'est là, sous l'un des plus vénérables sanctuaires de Rome, que le corps du Philosophe attend la résurrection ; sa Vie affirme que de nombreux miracles y commencèrent aussitôt[59].

La spiritualité de saint Cyrille

L'amour de la Sagesse

La spiritualité de saint Cyrille : sagesse, prière et catholicité au service de la mission. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Toute la vie intérieure de Cyrille est placée sous le signe de la Sagesse épousée en songe. Il ne fut jamais un intellectuel désincarné : sa science visait Dieu. Sa définition de la philosophie — « être à l'image et à la ressemblance de Celui qui l'a créé »[60] — dit assez que, pour lui, connaître et devenir saint ne faisaient qu'un. C'est l'exemple d'une intelligence entièrement convertie, mise au service de la vérité révélée et non de la vanité humaine.

La prière au commencement de toute œuvre

Un trait revient dans sa Vie comme une signature : Cyrille prie avant d'agir. Avant de retrouver les reliques de saint Clément, il prie[61]. Avant d'inventer l'alphabet et de traduire l'Évangile, il « s'adonne à la prière selon son ancienne habitude »[62]. Sa mort même est une longue prière. L'œuvre gigantesque de Cyrille — un alphabet, une Bible, une liturgie, une civilisation — ne jaillit pas d'abord du génie, mais de la contemplation. C'est une leçon durable : les grandes œuvres apostoliques naissent à genoux.

L'universalité de l'Évangile

Enfin, Cyrille est le saint de la catholicité, au sens plein : l'Évangile est pour tous les peuples, dans toutes les langues. Contre l'orgueil des « trilinguistes », il affirma que l'air, le soleil et la pluie sont donnés à tous sans distinction, et que la Parole de Dieu ne l'est pas moins[63]. Grec de naissance, sujet de Byzance, mais mort à Rome dans l'obéissance au pape, il unit en lui les deux traditions de la chrétienté. Jean-Paul II en fera le symbole de l'Église qui respire de ses deux poumons, oriental et occidental[64].

« Cyrille et Méthode sont comme les anneaux de jonction, le pont spirituel entre les traditions orientale et occidentale, qui se rejoignent toutes deux dans l'unique grande Tradition de l'Église universelle. » — Jean-Paul II, Slavorum Apostoli, n° 27[65]

Le culte et l'héritage

De Constantin le Philosophe à saint Cyrille

Vénéré comme saint dès après sa mort, tant en Orient qu'en Occident, Constantin le Philosophe est passé à la postérité sous son nom de moine, Cyrille. La tradition byzantine l'honore, avec Méthode, du titre d'« égal aux Apôtres » (isapostolos) : non parce qu'il aurait converti des foules par le martyre, mais parce qu'il a fondé la foi lettrée de tout un monde. Son culte s'est répandu chez tous les peuples slaves comme celui de leur père spirituel.

Co-patron de l'Europe

Glagolitique vers cyrillique : Cyrille fonde l'écriture slave que ses disciples prolongent en Bulgarie. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Au XIXᵉ siècle, le pape Léon XIII étendit à toute l'Église latine le culte des deux frères par l'encyclique Grande Munus (1880) et fixa d'abord leur fête au 5 juillet[66]. Un siècle plus tard, saint Jean-Paul II, pape slave, les proclama co-patrons de l'Europe aux côtés de saint Benoît, par la lettre apostolique Egregiae Virtutis (1980)[67], puis leur consacra l'encyclique Slavorum Apostoli (1985). Cyrille et Méthode ne sont donc pas seulement les apôtres d'un peuple : ils sont, aux yeux de l'Église, des patrons du continent tout entier.

L'alphabet cyrillique

Après la mort des deux frères, leurs disciples, chassés de Moravie, se réfugièrent en Bulgarie, où ils perfectionnèrent l'écriture et mirent au point, à partir du glagolitique et de la majuscule grecque, l'alphabet qu'ils nommèrent cyrillique en l'honneur de Cyrille. C'est cet alphabet — et non le glagolitique original — qu'écrivent aujourd'hui le russe, l'ukrainien, le bulgare, le serbe et bien d'autres langues, pour des centaines de millions de personnes. Peu de saints ont laissé une trace aussi concrète et aussi quotidienne dans la vie des peuples.

Fête liturgique

Statue de saints Cyrille et Méthode dans la basilique de Velehrad, haut lieu de leur mémoire liturgique en Europe centrale. Photo Wikimedia Commons, licence libre.

L'Église latine fête saint Cyrille et saint Méthode ensemble le 14 février, jour de la mort de Cyrille — date fixée par le calendrier post-conciliaire (1969). Jadis, la Bohême et la Moravie les célébraient le 9 mars ; Pie IX transféra la fête au 5 juillet, date reprise par Léon XIII pour toute l'Église (Grande Munus, 1880)[68][69] ; elle passa ensuite au 7 juillet (1887-1969)[70]. La tradition byzantine les commémore le 11 mai du calendrier julien, soit le 24 mai grégorien[71][72]. Où qu'il soit prié, Cyrille reste le saint de la Sagesse offerte à tous et de l'Évangile qui parle toutes les langues.

  1. v. 826/827
    Naissance à Thessalonique

    Constantin naît benjamin d'une fratrie de sept enfants, dans une famille d'officiers byzantins. Il connaît le slave dès l'enfance.

  2. v. 834
    Le songe de la Sagesse

    Enfant, il rêve de choisir Sophia (la Sagesse) pour épouse — programme de toute sa vie.

  3. v. 843-850
    Constantin « le Philosophe »

    Formé à Constantinople sous Léon le Mathématicien et Photius, il devient bibliothécaire de Sainte-Sophie puis professeur de philosophie.

  4. v. 851
    Mission chez les Sarrasins

    Envoyé débattre de la Trinité avec les musulmans du califat ; il en revient vainqueur.

  5. 860-861
    Mission chez les Khazars

    Débats avec juifs et musulmans ; découverte des reliques de saint Clément Ier à Cherson (30 janvier 861).

  6. v. 863
    L'alphabet glagolitique

    Il invente le premier alphabet slave et commence à traduire l'Évangile : « Au commencement était le Verbe. »

  7. v. 867
    La dispute de Venise

    Contre les « trilinguistes », il défend le droit de toute langue à louer Dieu.

  8. 868
    Rome et l'approbation du pape

    Adrien II approuve la liturgie slave et fait déposer les livres sur l'autel de Sainte-Marie-Majeure.

  9. 14 février 869
    Mort du moine Cyrille

    Devenu moine sous le nom de Cyrille, il meurt à Rome à 42 ans et est enseveli à San Clemente.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Vie de Constantin, ch. 16 (trad. Kantor, consulté le 3 juillet 2026). Dispute de Venise contre les « trilinguistes » / « pilatistes ». Texte anglais : « Does not God's rain fall upon all equally? And does not the sun shine also upon all? And do we not all breathe air in the same way? Are you not ashamed to mention only three tongues, and to command all other nations and tribes to be blind and deaf? » Suivi de citations des Psaumes (« O sing unto the Lord, all the earth »; « Let every thing that hath breath praise the Lord »). Traduction française de l'auteur.

    1 43 44 63
  2. Catholic Encyclopedia (New Advent), art. « Sts. Cyril and Methodius », newadvent.org/cathen/04592a.htm (consulté le 3 juillet 2026). Naissance des deux frères à Thessalonique « in 827 and 826 respectively » (Cyrille, le cadet, en 827) ; famille sénatoriale ; mission khazare (« They learned the Khazar language and converted many of the people ») ; invention de l'alphabet (« Cyril invented an alphabet and, with the help of Methodius, translated the Gospels and the necessary liturgical books into Slavonic ») ; mort à Rome donnée au « 4 Feb., 869 » — variante isolée par rapport à la date du 14 février retenue par la Vie et le magistère récent ; sur les fêtes : « Formerly the feast of Saints Cyril and Methodius was celebrated in Bohemia and Moravia on March 9; but Pius IX changed the date to July 5. Leo XIII, by his Encyclical "Grande Munus" of September 30, 1880, extended the feast to the universal Church. » Source encyclopédique de 1908.

    2 6 33 34 39 47 55 68
  3. Wikipedia (en), art. « Cyril and Methodius » (consulté le 3 juillet 2026) : Thessalonique ; père Léon, drongaire ; fratrie de sept enfants ; population slave de la région ; retraite au mont Olympe ; mission khazare (860) ; requête de Rastislav et mission morave (862-863) ; alphabet glagolitique de Cyrille ; opposition de Salzbourg et Passau ; voyage à Rome et accueil d'Adrien II ; sépulture de Cyrille à San Clemente ; mise au point ultérieure de l'alphabet cyrillique en Bulgarie par les disciples (Clément d'Ohrid, Naum) ; chronologie des fêtes : 14 février (calendrier latin actuel), 5 juillet (calendrier latin 1880-1886), 7 juillet (calendrier latin 1887-1969), 11 mai en Orient (24 mai grégorien pour les Églises au calendrier julien). Source tertiaire, faits recoupés avec les sources primaires et le magistère.

    3 4 28 29 38 42 48 70 72
  4. Encyclopedia.com (reprenant la New Catholic Encyclopedia), art. « Cyril (Constantine) and Methodius, Ss. » (consulté le 3 juillet 2026). Naissance « c. 826 » ; maîtres à l'université impériale « Leo the Mathematician and Photius, the future patriarch » ; épithète « the Philosopher » reçue « both at Byzantium and at Rome » ; charge de bibliothécaire patriarcal (chartophylax) de Sainte-Sophie ; connaissance du slave par les deux frères ; découverte des reliques de saint Clément à Cherson le 30 janvier 861 ; profession comme moine basilien et nouveau nom de Cyrille ; mort à Rome « 50 days later on 14 February 869 ».

    5 7 12 17 18 24 36
  5. Vie de Constantin, ch. 3 (trad. Kantor, macedonia.kroraina.com, consulté le 3 juillet 2026). Le songe d'enfance. Texte anglais : « Choose her whom you wish as your wife and helpmate from among them. Gazing upon them and taking note of each one, I discerned the most beautiful of all, with a radiant face, richly adorned in gold necklaces and pearls, and all manner of finery. Her name was Sophia, that is, Wisdom. I chose her. » Les parents appliquent ensuite à l'enfant la parole de Pr 7, 4 (« Say unto Wisdom, Thou art my sister »). Traduction française de l'auteur.

    8 9 10
  6. Orthodox Church in America (OCA), « Equals of the Apostles and Teachers of the Slavs, Cyril and Methodius », oca.org (consulté le 3 juillet 2026). Formation de Constantin (« studied all the sciences of his time, and also knew several languages ») ; surnom de « Philosophe » ; maîtres (l'empereur Michel et « Saint Photius, the future Patriarch of Constantinople ») ; ordination et charge de bibliothécaire à Sainte-Sophie puis d'« instructor in philosophy » ; mission sarrasine (« sent by the emperor to discuss the Holy Trinity with the Saracens, and again he gained the victory ») ; débat khazare gagné contre juifs et musulmans ; découverte des reliques de saint Clément ; alphabet slave (863) ; tonsure monastique sous le nom de Cyrille ; mort le 14 février 869 à 42 ans ; commémoration byzantine au 11 mai ; sur la sépulture : « Saint Methodius entreated the Pope to send the body of his brother for burial in their native land, but the Pope ordered the relics of Saint Cyril to be placed in the church of Saint Clement, where miracles began to occur from them. »

    11 13 14 16 19 23 26 27 30 32 54 58 71
  7. Vita Constantini (Vie de Constantin/Cyrille), texte hagiographique en vieux-slave rédigé peu après la mort du saint par ses disciples, principale source primaire de sa biographie. Traduction anglaise utilisée : Marvin Kantor, Medieval Slavic Lives of Saints and Princes (University of Michigan, 1983), reproduite sur macedonia.kroraina.com/en/kmsl/kmsl_1.htm (consulté le 3 juillet 2026). Rapporte le songe d'enfance, la formation à Constantinople, le débat contre l'iconoclaste Jean le Grammairien, la mission sarrasine, la mission khazare, la découverte des reliques de saint Clément (« I believe in God and place my hope in St. Clement, that I shall find him and take him from the sea »), l'invention de l'alphabet, la dispute de Venise et la mort à Rome. Sur les Khazars, réponse trinitaire de Constantin : « Do not speak such despicable blasphemies. For well have we learned from the prophets and fathers and teachers to glorify the Trinity, the Father, the Word and the Spirit, three hypostases in one being. » Source primaire hagiographique, à distinguer des données strictement historiques ; traductions françaises de l'auteur d'après le texte anglais.

    15 21 22 31 35 37 61
  8. Vie de Constantin, ch. 4 (trad. Kantor, consulté le 3 juillet 2026). Définition de la philosophie donnée au logothète Théoctiste. Texte anglais : « The knowledge of matters divine and human, to what extent man can approach God and how, through virtue, man is taught to be in the image and likeness of the One who created him. » Traduction française de l'auteur.

    20 60
  9. Vie de Constantin, ch. 6 (trad. Kantor, consulté le 3 juillet 2026). Mission chez les Sarrasins (v. 851), débat sur la Trinité et sur la profondeur respective des deux fois. Image de la mer. Texte anglais de Kantor, vérifié de visu : « Our God is like the breadth of the sea […] your sea is deceptive and self-serving, so that anyone, great and small can leap across. For it is not beyond the wonts of man but something one can easily do. » Traduction française de l'auteur, fidèle à ce texte.

    25
  10. Vie de Constantin, ch. 14 (trad. Kantor, consulté le 3 juillet 2026). Prière avant la composition de l'alphabet et première phrase traduite en slave. Texte anglais : « The Philosopher went and, following his old habit, gave himself up to prayer together with his other associates. Hearing the prayer of His servants, God soon appeared to him. And immediately Constantine composed letters and began to write the language of the Gospel, that is: "In the beginning was the Word, and the Word was with God, and the Word was God," and so forth. » Traduction française de l'auteur.

    40 62
  11. Jean-Paul II, encyclique Slavorum Apostoli (2 juin 1985), n° 5, Vatican.va (consulté le 3 juillet 2026). Sur la préparation des textes liturgiques : « they took with them the texts of the Sacred Scriptures needed for celebrating the Sacred Liturgy, which they had prepared and translated into the Old Slavonic language » ; sur l'approbation romaine : « approved the Slavonic liturgical books, which he ordered to be solemnly placed on the altar in the Church of Saint Mary ad Praesepe, today known as Saint Mary Major » ; sur la mort de Cyrille : « he died shortly afterwards, on 14 February 869 in Rome » (les dernières paroles adressées à Méthode figurent au n° 6, cf. [^slavorum-6]). Traduction française d'après le texte officiel.

    41 49
  12. Slavorum Apostoli, n° 17 (Vatican.va, consulté le 3 juillet 2026), citant la réplique de Constantin (Cyrille) aux tenants de l'« hérésie trilingue » : « Do not all breathe the air in the same way? » Jean-Paul II y voit l'affirmation de l'universalité de l'Évangile pour toutes les langues.

    45
  13. Slavorum Apostoli, n° 27 (Vatican.va, consulté le 3 juillet 2026) : « Cyril and Methodius are as it were the connecting links or spiritual bridge between the Eastern and Western traditions, which both come together in the one great Tradition of the universal Church. » Traduction française de l'auteur.

    46 64 65
  14. Vie de Constantin, ch. 18 (trad. Kantor, consulté le 3 juillet 2026). Prise de l'habit monastique et nom de Cyrille : « On the following day he put on holy monastic dress and, receiving light to light, called himself Cyril. He spent fifty days in that dress. » Mort : « And thus he reposed in the Lord at 42 years of age, on the 14th day of the month of February… » Dernière prière (extrait : demande de garder le troupeau fidèle et de « détruire l'hérésie des trois langues »). Sépulture, séquence complète : demande de Méthode (« Our mother adjured us that the one of us first to pass away be brought to his brother's monastery to be buried there. »), cercueil scellé gardé sept jours, intervention des évêques romains, proposition du pape (« For the sake of his saintliness and charity I shall transgress Roman custom and bury him in my tomb, in the Church of the Holy Apostle Peter. »), puis solution retenue sur la demande du frère (« Since you do not heed me and do not give him up, let him, if it pleases you, rest in the Church of St. Clement, for he came here with him. » — « And the Apostolic Father commanded that this be done. »), où « de nombreux miracles commencèrent à se produire ». Traductions françaises de l'auteur.

    50 51 53 56 57 59
  15. Jean-Paul II, encyclique Slavorum Apostoli (2 juin 1985), n° 6, Vatican.va (consulté le 4 octobre 2026) : « Saint Methodius remained faithful to the words which Cyril had said to him on his deathbed: "Behold, my brother, we have shared the same destiny, ploughing the same furrow; I now fall in the field at the end of my day..." » — paroles rapportées par la Vie de Constantin et reprises par le pape, non parole magistérielle. Traduction française de l'auteur.

    52
  16. Léon XIII, encyclique Grande Munus (30 septembre 1880), Vatican.va (consulté le 3 juillet 2026) : étend à toute l'Église latine le culte de saints Cyrille et Méthode et fixe leur fête au 5 juillet, dans la perspective du rapprochement des peuples slaves avec le Siège apostolique.

    66 69
  17. Jean-Paul II, lettre apostolique Egregiae Virtutis (31 décembre 1980), proclamant Cyrille et Méthode co-patrons de l'Europe aux côtés de saint Benoît (déclaré patron de l'Europe par Paul VI en 1964). Texte de référence : « We constitute and declare Saints Cyril and Methodius to be Heavenly Co-Patrons before God of all Europe » (original latin aux Acta Apostolicae Sedis 73, 1981). Consulté le 3 juillet 2026.

    67