Sola Fide — la justification par la foi seule

Sola Fide est le principe matériel de la Réforme selon lequel l'homme serait justifié par la foi seule, sans les œuvres. L'Église répond que la foi qui sauve est la foi vivante, agissant par la charité — doctrine fixée au concile de Trente en 1547 ; la Déclaration commune de 1999 établit un consensus différencié qui laisse intactes les divergences.

Ignispedia

La doctrine de la Sola Fide (« la foi seule ») affirme que l'homme est justifié devant Dieu par la foi seule, sans aucune coopération méritoire des œuvres. Elle constitue le principe matériel de la Réforme protestante du XVIᵉ siècle (la sola scriptura en étant le principe formel). Formulée par Martin Luther à partir de sa lecture des épîtres aux Romains et aux Galates, elle fut condamnée comme telle par le Concile de Trente en janvier 1547.

L'argument catholique central est triple : (1) la formulation est inscripturaire — saint Paul ne dit jamais « par la foi seule », et c'est Luther qui ajoute le mot « allein » à Romains 3, 28 en 1522 ; (2) la Bible enseigne explicitement le contraire — saint Jacques 2, 24 utilise précisément les termes « non par la foi seulement » (ouk ek pisteōs monon) pour nier la formule ; (3) Jésus lui-même fait reposer le Jugement dernier sur les œuvres (Mt 25, 31-46 ; Mt 7, 21).

Le présent article expose la formulation luthérienne, présente six objections protestantes classiques avec leurs réponses catholiques sourcées, détaille la réponse magistérielle de Trente et le dialogue œcuménique de la JDDJ 1999 (consensus différencié signé entre Rome et la Fédération luthérienne mondiale).

Formulation luthérienne

Romains 3, 28 et l'ajout d'« allein » (1522)

En traduisant l'épître aux Romains en allemand en 1522, Luther ajoute le mot « allein » (« seul ») à Romains 3, 28, qui devient : « Donc nous tenons que l'homme est justifié par la foi seule (allein), sans les œuvres de la Loi. » Ce mot ne figure pas dans le grec original (chōris ergōn nomou — sans les œuvres de la Loi, mais sans « sola »).

Dans son Sendbrief vom Dolmetschen (1530), Luther défendit son ajout :

Infographie originale Ignispedia créée par IA : Romains 3, 28 et le mot « allein » dans la traduction de Luther (1522).

« Le texte lui-même et le sens de saint Paul l'exigent et le demandent avec force. Car Paul traite à cet endroit du grand article principal de la doctrine chrétienne. » — Martin Luther, Sendbrief vom Dolmetschen, 1530[1]

L'argument est théologique, non philologique : pour Luther, Paul oppose si radicalement la foi aux œuvres que le « seul » est implicitement présent dans le texte. Les critiques (catholiques comme protestants modernes) observent que cette interpolation force le texte pour lui faire dire ce qu'il ne dit pas littéralement.

Simul iustus et peccator

Une formule clé de la théologie luthérienne est simul iustus et peccator — « à la fois juste et pécheur ». Luther la formule dans ses Cours sur l'épître aux Romains (1515-1516) :

« Ideo simul sum peccator et iustus, quia facio malum et odio malum quod facio. » (« Je suis donc à la fois pécheur et juste, parce que je fais le mal et je hais le mal que je fais. ») — Martin Luther, Vorlesung über den Römerbrief, 1515-1516, WA 56, 70[2]

Pour Luther, le justifié reste fondamentalement pécheur dans sa nature ; la justification est une imputation extrinsèque de la justice du Christ qui couvre le péché sans le supprimer.

Les Articles de Smalkalde (1537)

L'article II, 1 des Schmalkaldische Artikel (1536-1537) énonce solennellement :

« Que Jésus-Christ, notre Dieu et notre Seigneur, est mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification (Rm 4, 25), et qu'il est seul l'Agneau de Dieu qui porte les péchés du monde (Jn 1, 29). [...] Or, c'est par cette foi seule (allein solcher Glaube) que nous obtenons cette justification. »[3]

Six objections protestantes et leurs réponses catholiques

Voici les six grandes objections du protestantisme classique sur la doctrine de la justification, avec leurs réponses catholiques sourcées.

Objection 1 — « Romains 3, 28 et Galates 2, 16 enseignent que l'homme est justifié par la foi sans les œuvres : la sola fide est donc paulinienne »

Réponse : Saint Paul écrit « par la foi, sans les œuvres de la Loi » (ergōn nomou) — il vise spécifiquement les œuvres rituelles de la Loi mosaïque (circoncision, prescriptions alimentaires, observance du sabbat), non les œuvres de charité qui découlent de la grâce. Le mot « seule » est l'ajout luthérien (1522), absent du grec et absent de toute la tradition exégétique antérieure.

Le jésuite américain Joseph A. Fitzmyer S.J. (1920-2016), ancien membre de la Commission biblique pontificale, dans son grand commentaire de Romains (Anchor Bible 33, Doubleday 1993), démontre par l'analyse philologique que la juxtaposition pistis / erga nomou chez Paul oppose la confiance dans le Christ à l'observance rituelle judaïsante — non la foi aux actes de charité animés par la grâce[4].

Le théologien anglican N. T. (Tom) Wright (St Andrews, Oxford), figure majeure de la New Perspective on Paul, redéfinit dans Justification: God's Plan and Paul's Vision (IVP Academic, 2009 — réponse à John Piper) le verbe grec dikaioō (« justifier ») non comme transaction juridique extrinsèque mais comme « la déclaration de Dieu selon laquelle quelqu'un appartient à la famille de l'Alliance »[5] (lecture ensuite développée dans son opus magnum Paul and the Faithfulness of God, Fortress Press, 2013[6]) :

« La justification est la déclaration que Dieu fait à la fois — toute personne qui partage cette foi appartient au Christ, à sa famille pardonnée de ses péchés, l'unique famille des juifs croyants et des païens croyants réunis, et est assurée d'une glorification finale. » — N. T. Wright, Justification: God's Plan and Paul's Vision, IVP Academic, 2009, p. 132[7] (traduction française de l'article)

Luther à Wartburg traduit l'épître aux Romains et ajoute le mot « allein » (« seul ») à Romains 3, 28 (1522), mot absent du grec original chōris ergōn nomou. Aquarelle générée par IA.

Cette lecture, venant d'un théologien anglican réformé, converge structurellement avec la position catholique de Trente : justification = entrée et persévérance dans la communauté de l'Alliance, où la foi et les œuvres ne s'opposent pas mais se complètent.

Objection 2 — « Saint Jacques (Jc 2, 24) contredit Paul ; Luther a raison de le qualifier d'"épître de paille" »

Réponse : Jacques 2, 24 énonce explicitement, dans le grec original :

« Vous le voyez : c'est par les œuvres que l'homme est justifié, et non par la foi seulement. » — Jacques 2, 24 (ouk ek pisteōs monon)

C'est la négation scripturaire explicite de la formule « foi seule ». Conscient de la difficulté, Luther qualifia Jacques d'« épître de paille » (strohern Epistel) dans sa Préface au Nouveau Testament (Vorrede zum Neuen Testament, 1522) :

« L'épître de saint Jacques est une véritable épître de paille (eyn rechte stroern Epistel) en comparaison [des autres], car elle n'a rien d'évangélique en elle. » — Martin Luther, Vorrede zum Neuen Testament, 1522, WA, Deutsche Bibel, vol. 6, p. 10[8]

Luther relégua à la fin de sa traduction du Nouveau Testament (Septembertestament, 1522), dans une section non numérotée, quatre écrits dans cet ordre : Hébreux, Jacques, Jude, Apocalypse — il ne les exclut pas du canon mais les marginalisa[9]. Cette marginalisation subordonne de fait le texte biblique à un schéma théologique préétabli. Le critère d'inspiration appliqué — was Christum treibet (« ce qui pousse au Christ ») — est lui-même extra-scripturaire et opère un canon dans le canon, défi direct au principe de sola scriptura.

Plus profondément : Jacques 2 et Romains 3 ne se contredisent pas. Paul vise les œuvres rituelles de la Loi mosaïque qui précèdent la grâce ; Jacques vise les œuvres de charité qui découlent de la grâce reçue. L'argumentation de Jacques (Jc 2, 14-26) utilise même l'exemple paulinien d'Abraham (Gn 15, 6) mais en y associant l'œuvre de sacrifice d'Isaac (Gn 22) : c'est la foi qui agit qui est « portée à sa perfection par les œuvres » (Jc 2, 22). C'est la même doctrine que Paul lui-même dans Galates 5, 6 : « Ce qui compte, c'est la foi qui agit par la charité. »

Objection 3 — « Salut par grâce, sans œuvres : Éphésiens 2, 8-9 enseigne clairement la sola fide »

Réponse : Voici le texte complet :

« C'est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est don de Dieu ; il ne vient pas des œuvres, car nul ne doit pouvoir se glorifier. Nous sommes en effet son ouvrage, créés dans le Christ Jésus en vue des bonnes œuvres que Dieu a préparées d'avance pour que nous les pratiquions. » — Éphésiens 2, 8-10 (Bible de Jérusalem)

La citation protestante s'arrête typiquement au verset 9. Mais le verset 10 — dans la même phrase — affirme que nous sommes créés « en vue des bonnes œuvres » (epi ergois agathois). La grâce n'exclut pas les œuvres : elle les rend possibles et les exige.

L'apôtre Paul, dans la même épître, écrit explicitement que le jugement final se fera selon les œuvres :

« [Dieu] rendra à chacun selon ses œuvres : à ceux qui par la persévérance dans le bien recherchent gloire, honneur et incorruptibilité, ce sera la vie éternelle ; aux autres, qui sont rebelles à la vérité et obéissent à l'injustice, ce sera colère et indignation. » — Romains 2, 6-8

Et trois versets plus loin :

« Ce ne sont pas les auditeurs de la Loi qui sont justes devant Dieu, mais les observateurs de la Loi qui seront justifiés. » — Romains 2, 13

Le verbe grec utilisé en Rm 2, 13 est δικαιωθήσονται (dikaiōthēsontai, « seront justifiés », futur indicatif passif) — le même verbe (δικαιόω, « justifier ») que Paul utilise en Rm 3, 28, où il figure à l'infinitif présent δικαιοῦσθαι (dikaioûsthai, « être justifié » : « λογιζόμεθα γὰρ δικαιοῦσθαι πίστει »). Le contexte paulinien tient ensemble une justification initiale par la foi sans les œuvres de la Loi mosaïque, et un jugement final selon les œuvres accomplies dans l'Esprit.

L'apôtre lui-même reconnaît son salut comme un but à atteindre, non comme une certitude acquise une fois pour toutes :

« Je poursuis ma course pour tâcher de saisir, ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus. […] J'oublie le chemin parcouru, je vais droit de l'avant, tendu de tout mon être, et je cours vers le but. » — Philippiens 3, 12-14

Et plus directement :

« Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement. » — Philippiens 2, 12

Objection 4 — « Jésus lui-même enseigne que la foi suffit ; les œuvres relèvent du pélagianisme »

Réponse : C'est précisément l'inverse. Le Christ fait reposer le Jugement dernier explicitement sur les actes de charité accomplis :

« Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui […] il séparera les hommes les uns des autres, comme le pasteur sépare les brebis des boucs. […] Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde. Car j'avais faim et vous m'avez donné à manger, j'avais soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez recueilli. […] En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. » — Matthieu 25, 31-40

Le tri n'est pas entre ceux qui ont cru et ceux qui n'ont pas cru — il est entre ceux qui ont fait et ceux qui n'ont pas fait. C'est la doctrine la plus explicite que le Christ ait laissée sur le Jugement dernier.

Le Jugement dernier (Mt 25, 31-46) : le Christ sépare les brebis des boucs selon les œuvres de charité accomplies, non selon la profession de foi seule. Aquarelle générée par IA d'après l'iconographie byzantine.

Et plus directement encore :

« Ce n'est pas en me disant : Seigneur, Seigneur, qu'on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c'est en faisant la volonté de mon Père. » — Matthieu 7, 21

« Le Fils de l'homme rendra à chacun selon sa conduite. » — Matthieu 16, 27

« Celui qui aura persévéré jusqu'à la fin sera sauvé. » — Matthieu 24, 13

Saint Pierre :

« Redoublez d'efforts pour confirmer l'appel, pour ne pas tomber. » — 2 Pierre 1, 10-11

Saint Paul (qui défend pourtant la justification par la foi en Romains et Galates) :

« J'aurais beau avoir toute la foi, une foi à transporter les montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. » — 1 Corinthiens 13, 2

Et saint Jean :

« N'aimons ni de mots ni de langue, mais en actes véritablement. » — 1 Jean 3, 18

Le cas du bon larron (Luc 23, 43)

Reste l'exemple le plus invoqué contre cette doctrine : le bon larron crucifié aux côtés du Christ, à qui Jésus promet le Paradis « aujourd'hui » sans qu'aucune œuvre ne soit mentionnée. L'objection se retourne pourtant contre elle-même, car le texte de Luc montre le larron agissant dans l'instant même de sa conversion : il reprend publiquement l'autre criminel (« Tu n'as donc aucune crainte de Dieu ! »), confesse sa propre culpabilité (« pour nous, c'est justice »), proclame l'innocence du Christ (« lui n'a rien fait de mal ») et s'humilie dans la supplication (« souviens-toi de moi »).

« Vraiment, je te le dis : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » — Luc 23, 43 (cf. Lc 23, 40-42 pour les paroles du larron)

En quelques secondes se trouvent réunis des actes de foi, d'espérance, de justice, de confession et de charité : c'est la foi vivante, non la foi seule. Le Concile de Trente répond précisément à ce type de cas en définissant que la justification ne confère pas la seule foi, mais les trois vertus théologales infusées ensemble :

« L'homme, par Jésus-Christ en qui il est greffé, reçoit dans cette justification, en même temps que la rémission des péchés, tous ces dons infusés à la fois : la foi, l'espérance et la charité. Car la foi, si l'espérance et la charité ne s'y ajoutent, n'unit pas parfaitement au Christ et ne fait pas de l'homme un membre vivant de son corps. » — Concile de Trente, Session VI, ch. 7 (Denzinger §§ 1530-1531)[10]

Le larron est donc justifié par la foi informée par la charité (fides caritate formata) dans l'acte même de sa mort, par un acte souverain du Christ encore en croix — il est, dans la tradition, le premier fruit de la Rédemption, non le contre-exemple de la doctrine du mérite.

L'objection pélagienne — vouloir mériter le salut par sa propre force humaine sans la grâce — est, elle, condamnée par l'Église dès le concile de Carthage (418) sous l'influence de saint Augustin, puis au deuxième concile d'Orange (529) qui définit la nécessité absolue de la grâce prévenante pour le commencement même de la foi[11]. La doctrine catholique du mérite suppose toujours la grâce préalable : on ne mérite que parce que Dieu nous donne d'abord la grâce qui rend l'œuvre méritoire.

Objection 5 — « Trente impose la doctrine du mérite humain : c'est de la justification par les œuvres, à la limite du pélagianisme »

Réponse : La doctrine catholique du mérite n'est ni pélagienne ni inventée à Trente — elle reprend saint Augustin, treize siècles plus tôt, qui l'enseigna contre les pélagiens après le concile de Carthage (418), puis contre les moines d'Adrumetum (De gratia et libero arbitrio, 426-427[12]). Sa formule décisive figure dans la Lettre 194 à Sixte (vers 418) :

« Si ergo Dei dona sunt merita tua, non Deus coronat merita tua tamquam merita tua, sed tamquam dona sua. » (« Si donc tes mérites sont des dons de Dieu, Dieu ne couronne pas tes mérites comme étant tes mérites, mais comme étant ses dons. » — traduction de l'article) — Saint Augustin, Epistola 194 ad Sixtum, 5, 19[13]

Saint Augustin demeure la source majeure de la doctrine latine de la grâce : le mérite chrétien n'est jamais autonome, car Dieu couronne ses propres dons. Illustration aquarelle originale Ignispedia.

C'est exactement la doctrine de Trente, canon 32 (1547) :

« Si quelqu'un dit que les bonnes œuvres de l'homme justifié sont des dons de Dieu de telle sorte qu'elles ne soient pas aussi les mérites du justifié lui-même […] qu'il soit anathème. » — Concile de Trente, Session VI, canon 32 (Denzinger § 1582)[14]

Le mérite catholique n'est jamais une autosauvegarde pélagienne : il est la pleine reconnaissance que l'œuvre méritante est elle-même un don de Dieu, accomplie sous la motion de la grâce, et qui n'a de valeur méritoire que parce que le Christ y est uni à l'âme par la grâce sanctifiante. Le canon 32 condamne aussi bien le pélagianisme (qui croit pouvoir mériter sans grâce) que le luthéranisme (qui nie tout mérite). C'est la médiété catholique.

Le Catéchisme de l'Église catholique synthétise :

« Les mérites de nos bonnes œuvres sont des dons de la bonté divine (cf. Cc. Trente : DS 1548). "La grâce a précédé ; maintenant on rend ce qui est dû… Les mérites sont des dons de Dieu" (S. Augustin, serm. 298, 4-5 : PL 38, 1367). » — CEC § 2009

Objection 6 — « La JDDJ 1999 prouve que Rome a finalement cédé sur la sola fide »

Réponse : Lire effectivement la Joint Declaration on the Doctrine of Justification (signée à Augsbourg le 31 octobre 1999 — jour anniversaire des 95 thèses) suffit à constater l'inverse. Le texte établit un consensus différencié : les anathèmes mutuels du XVIᵉ siècle ne s'appliquent plus à la doctrine telle que présentée dans la JDDJ, mais le texte ne supprime pas les différences réelles entre les deux traditions[15].

Le cœur du texte (§ 15) énonce :

« Par la grâce seule, dans la foi en l'œuvre salvatrice du Christ et non en raison d'un quelconque mérite de notre part, nous sommes acceptés par Dieu et recevons l'Esprit Saint qui renouvelle nos cœurs, nous habilite et nous appelle aux bonnes œuvres. » — JDDJ, § 15[16]

Noter : « par la grâce seule » (sola gratia) — pas « par la foi seule » (sola fide). C'est une distinction théologique majeure. La grâce et la foi reçue appellent aux bonnes œuvres — l'opposé de la sola fide stricte.

La Déclaration commune officielle (§ 1) jointe au texte précise :

« L'enseignement des Églises luthériennes présenté dans cette Déclaration ne tombe pas sous les condamnations du Concile de Trente, et les condamnations des Confessions luthériennes ne s'appliquent pas à l'enseignement de l'Église catholique présenté dans cette Déclaration. »[17]

Les divergences réelles que la JDDJ reconnaît explicitement — et qu'elle ne supprime pas — se laissent résumer point par point. Le tableau ci-dessous oppose la conception luthérienne et la doctrine catholique de Trente sur les six axes décisifs de la justification :

Point de doctrinePosition luthériennePosition catholique (Trente)
Nature de la justice reçueJustice imputée — extrinsèque, demeurant étrangère à l'hommeJustice infuse — réellement communiquée, inhérente à l'âme
État du justifiéSimul iustus et peccator : juste et pécheur à la foisRéellement renouvelé intérieurement, vraiment juste
Mérite des bonnes œuvresNié : aucune œuvre n'a de valeur méritoireAffirmé : l'œuvre faite sous la grâce mérite vraiment (canon 32)
Certitude du salutCertitude subjective du salut par la foiEspérance ferme, sans présomption ni certitude absolue
Perte de la justificationMaintenue tant que demeure la foiPerdue par tout péché mortel, recouvrée par la pénitence
Achèvement de la sanctificationJustification ponctuelle et déclarativeSanctification progressive, achevée au besoin au purgatoire

Le consensus de 1999 porte sur un point fondamental — le salut vient de la grâce et de la foi, non d'un mérite autonome ; il laisse intacte, en revanche, la divergence de structure entre une justice qui couvre l'homme de l'extérieur et une justice qui le transforme de l'intérieur.

La JDDJ a été ratifiée ensuite par la Communion mondiale d'Églises méthodistes (2006) et par la Communion mondiale des Églises réformées (2017). Elle représente un progrès œcuménique majeur — non une capitulation catholique sur la sola fide.

La réponse magistérielle : Concile de Trente (1547)

La justification — deux conceptions : pour Luther (Sola Fide, 1517), l'homme est justifié par la foi seule ; pour le Concile de Trente (Session VI, 1547), l'homme est justifié par la foi vivante qui agit par la charité (Gal 5, 6). Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le Concile de Trente consacra l'essentiel de sa Session VI (13 janvier 1547) à la question de la justification. Le décret comporte seize chapitres doctrinaux et trente-trois canons — c'est le décret le plus élaboré du concile, fruit de plus de six mois de débats théologiques intenses (juin 1546 – janvier 1547) entre théologiens dominicains (école thomiste) et franciscains (école scotiste)[18]. Texte intégral dans Denzinger-Hünermann §§ 1520-1583.

Chapitre 8 — la justification commence par la foi :

« Quand l'Apôtre dit que l'homme est justifié par la foi et gratuitement (Rm 3, 22.24), ces paroles doivent être comprises au sens où l'Église catholique les a tenues et exprimées par un consentement constant : nous sommes dits justifiés par la foi, parce que la foi est le commencement du salut de l'homme, le fondement et la racine de toute justification. » — Concile de Trente, Session VI, ch. 8 (Denzinger § 1532)[19]

Canon 9 — la condamnation directe de la sola fide :

« Si quelqu'un dit que le pécheur est justifié par la foi seule, en entendant que rien d'autre n'est requis pour coopérer à l'obtention de la grâce de la justification […] : qu'il soit anathème. » — Concile de Trente, Session VI, canon 9 (Denzinger § 1559)[20]

Canon 11 — contre la pure imputation extrinsèque :

« Si quelqu'un dit que les hommes sont justifiés soit par la seule imputation de la justice du Christ, soit par la seule rémission des péchés, à l'exclusion de la grâce et de la charité qui sont répandues dans leurs cœurs par le Saint-Esprit et qui leur sont inhérentes […] : qu'il soit anathème. » — Concile de Trente, Session VI, canon 11 (Denzinger § 1561)[21]

Session VI du Concile de Trente, 13 janvier 1547, à Trente (Trentin). Promulgation du Décret sur la justification : 16 chapitres et 33 canons fixant la doctrine catholique contre la sola fide luthérienne. Aquarelle générée par IA d'après l'iconographie tridentine.

C'est ici le cœur de la divergence : Trente affirme une justice infuse (la grâce sanctifiante habite réellement l'âme du juste) contre l'imputation extrinsèque luthérienne (la justice du Christ couvre le pécheur sans le transformer intérieurement).

Synthèse pastorale : la foi qui agit par la charité

La formule paulinienne décisive

L'apôtre Paul lui-même offre la synthèse magistrale en une phrase :

« Ce qui compte, ce n'est ni la circoncision ni l'incirconcision, mais la foi opérant par la charité. » — Galates 5, 6

C'est la doctrine constante de l'Église catholique : la foi vivante — celle qui agit dans la charité — sauve. La foi morte (sans œuvres), reconnue comme telle par Jacques (Jc 2, 17), ne sauve pas. Paul et Jacques ne se contredisent pas : ils enseignent un même mystère.

La catéchèse de Benoît XVI (26 novembre 2008)

Lors de l'Année paulinienne (juin 2008 – juin 2009), Benoît XVI consacra ses audiences générales des 19 et 26 novembre 2008 à la question de la justification. Le 26 novembre, il définit la foi qui justifie :

« Cette foi est communion avec le Christ, que le Seigneur nous donne et elle devient donc vie, elle se conforme à Lui. Ou, en d'autres termes, si la foi est vraie, si elle est réelle, elle devient amour, elle devient charité, elle s'exprime dans la charité. Une foi sans charité, sans ce fruit, ne serait pas une vraie foi. Ce serait une foi morte. » — Benoît XVI, audience générale du 26 novembre 2008[22]

Et il écarte toute contradiction entre Paul et Jacques :

« Envisagée dans cette perspective, la place centrale de la justification sans les œuvres, objet primordial de la prédication de Paul, n'entre pas du tout en contradiction avec la foi agissant dans l'amour ; au contraire, elle exige que notre foi elle-même s'exprime dans une vie selon l'Esprit. » — Benoît XVI, audience générale du 26 novembre 2008[23]

Saint Thomas d'Aquin — la grâce comme don habituel

Saint Thomas d'Aquin enseigne dans la Summa theologiae (Iª-IIae, q. 110, De gratia Dei quantum ad eius essentiam) que la grâce met quelque chose dans l'âme (a. 1 : utrum gratia ponat aliquid in anima) : la grâce sanctifiante est une qualité réelle infuse dans l'âme (a. 2 : utrum gratia sit qualitas animae ; donum habituale, qualité inhérente à l'âme), distincte de la simple faveur extérieure de Dieu[24].

Cette position thomiste, reprise par Trente, s'oppose frontalement à la conception luthérienne de la justice extrinsèque.

Catherine de Gênes — la sanctification continue au-delà de la mort

Le purgatoire est doctrinalement lié à la conception catholique de la justification. Le CEC §§ 1030-1032 enseigne que les âmes qui meurent dans la grâce de Dieu mais imparfaitement purifiées subissent une purification finale. Cette doctrine implique que la justification n'est pas un acte purement instantané et juridique (comme dans la sola fide luthérienne) mais bien un processus progressif de sanctification s'étendant au-delà de la mort.

La sainte mystique italienne Catherine de Gênes (1447-1510) consacra son Trattato del Purgatorio (vers 1500) à montrer que cette purification, loin d'être une peine imposée extérieurement, est l'achèvement intérieur de l'œuvre de sanctification commencée ici-bas — la foi qui devient amour parfait, jusqu'au face-à-face avec Dieu[25].

C. S. Lewis — l'image des ciseaux

Même dans la pensée anglicane, la tension entre foi et œuvres est reconnue comme insurmontable selon la sola fide stricte. C. S. Lewis, dans Mere Christianity (1952), formule l'image devenue classique :

Allégorie de la justification catholique : la grâce descend en don gratuit, et la main de l'homme s'élève en libre coopération — « la foi qui agit par la charité » (Ga 5, 6). Aquarelle générée par IA.

« Les chrétiens se sont souvent demandé si ce qui ramène le chrétien à la maison est plutôt les bonnes actions ou la foi en Christ. […] Cela me semble être comme demander quelle est, des deux lames d'une paire de ciseaux, celle qui est la plus nécessaire. » — C. S. Lewis, Mere Christianity, livre III, ch. 12, Geoffrey Bles, Londres, 1952[26]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Martin Luther, Sendbrief vom Dolmetschen (« Lettre ouverte sur la traduction »), 8 septembre 1530, passage sur Rm 3, 28. Texte critique dans D. Martin Luthers Werke (Weimarer Ausgabe, WA), Hermann Böhlau Nachfolger, Weimar, 1909, vol. 30/II, p. 627-646. Traduction française de l'article.

    1
  2. Martin Luther, Vorlesung über den Römerbrief 1515-1516, scholion sur Rm 7. Édition critique : Johannes Ficker (éd.), D. Martin Luthers Werke, Hermann Böhlau, Weimar, 1938, vol. 56, p. 70 (cité par convention « WA 56, 70 »). Traduction française de l'article.

    2
  3. Martin Luther, Schmalkaldische Artikel, rédigés en décembre 1536, publiés en 1538. Texte allemand de référence dans Die Bekenntnisschriften der evangelisch-lutherischen Kirche, 12ᵉ éd., Vandenhoeck und Ruprecht, Göttingen, 1998, p. 415 sq. Traduction française dans Le Livre de Concorde, Olivétan, Lyon, 2008. Voir aussi le texte sur le site de l'Église luthérienne unie : egliselutherienne.org.

    3
  4. Joseph A. Fitzmyer S.J., Romans: A New Translation with Introduction and Commentary, Anchor Bible 33, Doubleday, New York, 1993, 793 p., ISBN 978-0-385-49633-8. Fitzmyer (1920-2016), professeur émérite de Bible à la Catholic University of America, membre de la Commission biblique pontificale (1969-1973 et 1984-1995). Édition révisée chez Yale University Press, 2008.

    4
  5. N. T. Wright, Justification: God's Plan and Paul's Vision, IVP Academic, Downers Grove (Illinois), 2009, 280 p., ISBN 978-0-8308-3863-9. Ouvrage de débat publié en réponse à John Piper, The Future of Justification: A Response to N. T. Wright (Crossway 2007). La citation figure p. 132 ; traduction française de l'article.

    5 7
  6. N. T. (Tom) Wright, Paul and the Faithfulness of God, Fortress Press, Minneapolis, 2013, 2 vol., 1660 p., ISBN 978-0-8006-2683-9. Wright (né 1948), évêque anglican de Durham (2003-2010), puis professeur de Nouveau Testament à St Andrews puis à Wycliffe Hall (Oxford). Sa redéfinition de dikaiosynē (« justice ») comme « faithfulness to the covenant » est centrale au § 10.

    6
  7. Martin Luther, Vorrede zum Neuen Testament, Septembertestament, septembre 1522 (formule absente des préfaces révisées ultérieures). Édition critique : D. Martin Luthers Werke. Die Deutsche Bibel, Hermann Böhlau, Weimar, 1931, vol. 6, p. 10. Traduction anglaise dans Luther's Works, vol. 35 (Word and Sacrament I), Fortress Press, Philadelphie, 1960, p. 362. L'ordre de fin du Septembertestament (Hébreux, Jacques, Jude, Apocalypse, non numérotés) est établi par l'exemplaire de 1522 lui-même.

    8 9
  8. Concile de Trente, Session VI, Décret sur la justification, chapitre 7 (« De ce qu'est la justification de l'impie et de ses causes »), 13 janvier 1547. Denzinger-Hünermann §§ 1528-1531. Texte latin : « … in ipsa iustificatione cum remissione peccatorum haec omnia simul infusa accipit homo per Iesum Christum, cui inseritur: fidem, spem et caritatem. Nam fides, nisi ad eam spes accedat et caritas, neque unit perfecte cum Christo, neque corporis eius vivum membrum efficit. » Traduction française dans Les conciles œcuméniques, dir. Giuseppe Alberigo, Cerf, Paris, 1994, t. II/2.

    10
  9. Deuxième concile d'Orange, 3 juillet 529, présidé par saint Césaire d'Arles, vingt-cinq canons condamnant le semi-pélagianisme et affirmant la nécessité absolue de la grâce prévenante (y compris pour le initium fidei, le commencement de la foi). Canons confirmés par le pape Boniface II (lettre Per filium nostrum, 25 janvier 531), ce qui leur confère une autorité magistérielle. Texte dans Denzinger-Hünermann §§ 370-397.

    11
  10. Saint Augustin, De gratia et libero arbitrio ad Valentinum et cum illo monachos Hadrumetinos liber unus, rédigé en 426-427 et adressé aux moines d'Adrumetum (actuelle Sousse, Tunisie). Texte latin de référence : Patrologia Latina 44, col. 881-912 (J.-P. Migne, Paris, 1865). Traduction française : Œuvres de saint Augustin, série « Bibliothèque augustinienne » n° 24, Études Augustiniennes, Paris, 1962.

    12
  11. Saint Augustin, Epistola 194 ad Sixtum presbyterum (vers 418), chapitre 5, § 19 : « Si ergo Dei dona sunt merita tua, non Deus coronat merita tua tamquam merita tua, sed tamquam dona sua. » Texte latin dans Patrologia Latina 33, col. 874-891. Édition critique : Corpus Scriptorum Ecclesiasticorum Latinorum (CSEL) 57, p. 176-214, Vienne, 1911. Traduction française de l'article. Cette lettre, écrite peu après le concile anti-pélagien de Carthage de 418, est la formulation la plus complète de la doctrine augustinienne du mérite gratuit ; le Catéchisme (§ 2009) en reprend la doctrine via le sermon 298, 4-5 (PL 38, 1367).

    13
  12. Concile de Trente, Session VI, canon 32, Denzinger § 1582. Traduction française de l'article d'après le latin de Denzinger. Texte latin : « Si quis dixerit, hominis iustificati bona opera ita esse dona Dei, ut non sint etiam bona ipsius iustificati merita, aut ipsum iustificatum bonis operibus, quae ab eo per Dei gratiam et Iesu Christi meritum (cuius vivum membrum est) fiunt, non vere mereri augmentum gratiae, vitam aeternam et ipsius vitae aeternae (si tamen in gratia decesserit) consecutionem, atque etiam gloriae augmentum: anathema sit. »

    14
  13. Joint Declaration on the Doctrine of Justification by the Lutheran World Federation and the Catholic Church, Augsbourg, 31 octobre 1999. Texte officiel (version anglaise en ligne) sur le site du Dicastère pour l'unité des chrétiens ; traduction française officielle. Signataires : pour Rome, le cardinal Edward Cassidy ; pour la LWF, l'évêque Christian Krause. Adhésion de la Communion méthodiste mondiale en 2006 et de la Communion mondiale des Églises réformées en 2017.

    15
  14. JDDJ, § 15 : traduction française officielle, contrôlée mot à mot sur le texte officiel anglais en ligne (« Together we confess: By grace alone, in faith in Christ's saving work and not because of any merit on our part, we are accepted by God and receive the Holy Spirit, who renews our hearts while equipping and calling us to good works »). Texte intégral : « Ensemble, nous confessons : c'est par la grâce seule, dans la foi en l'œuvre salvatrice du Christ et non en raison d'un quelconque mérite de notre part, que nous sommes acceptés par Dieu et recevons l'Esprit Saint qui renouvelle nos cœurs, nous habilite et nous appelle aux bonnes œuvres. »

    16
  15. JDDJ, Déclaration commune officielle (Official Common Statement), § 1, jointe à la JDDJ et signée le même jour (texte officiel en ligne). Traduction française officielle. Cette déclaration est nécessaire à la validité de la JDDJ : elle est l'engagement formel des deux Églises sur le texte.

    17
  16. Hubert Jedin, A History of the Council of Trent, vol. II : The First Sessions at Trent, 1545-1547, trad. Ernest Graf, Thomas Nelson, Londres et Édimbourg, 1961, ch. IX-XI (sur l'élaboration du décret de la Session VI). Édition originale : Geschichte des Konzils von Trient, Band II, Herder, Fribourg-en-Brisgau, 1957. Le débat sur la justification s'étendit de juin 1546 à janvier 1547.

    18
  17. Concile de Trente, Session VI, Décret sur la justification, chapitre 8, 13 janvier 1547. Texte latin dans Heinrich Denzinger et Peter Hünermann, Enchiridion symbolorum, definitionum et declarationum de rebus fidei et morum, 44ᵉ édition, Herder, Fribourg-en-Brisgau, 2014, § 1532, ISBN 978-3-451-37804-1. Traduction française dans Les conciles œcuméniques, dir. Giuseppe Alberigo, Cerf, Paris, 1994, t. II/2, p. 1525-1545.

    19
  18. Concile de Trente, Session VI, canon 9, Denzinger § 1559. Traduction française de l'article d'après le latin de Denzinger.

    20
  19. Concile de Trente, Session VI, canon 11, Denzinger § 1561. Traduction française de l'article d'après le latin de Denzinger.

    21
  20. Benoît XVI, audiences générales sur saint Paul du 19 novembre 2008 et du 26 novembre 2008, dans le cadre de l'Année paulinienne (juin 2008 – juin 2009). Textes officiels français sur vatican.va et vatican.va. Catéchèses recueillies dans Catéchèses sur saint Paul, Bayard, Paris, 2009.

    22 23
  21. Saint Thomas d'Aquin, Summa theologiae, Iª-IIae, q. 110 (De gratia Dei quantum ad eius essentiam), articles 1-4. Texte latin de référence : édition léonine, Rome, 1888-1906. Traduction française : Cerf, Somme théologique, Paris, plusieurs éditions. L'argumentation thomiste sur la grâce comme qualitas inhaerens animae est au fondement de la position tridentine.

    24
  22. Sainte Catherine de Gênes (Caterina Fieschi Adorno, 1447-1510), Trattato del Purgatorio, rédigé vers 1500, publié à Gênes en 1551 par son confesseur Cattaneo Marabotto. Édition critique italienne : Umile Bonzi da Genova (éd.), S. Caterina Fieschi Adorno, 2 vol., Marietti, Turin, 1960-1962. Traduction française : Traité du Purgatoire, Téqui, Paris, 1990, ISBN 978-2-85244-787-2. Sainte canonisée le 18 juin 1737 par Clément XII.

    25
  23. C. S. Lewis (1898-1963), Mere Christianity, Geoffrey Bles, Londres, 1952, livre III, ch. 12 (« Faith ») : l'image des deux lames de ciseaux y est littérale (« asking which blade in a pair of scissors is most necessary »). L'ouvrage rassemble les conférences de la BBC données en 1941-1944. Édition de référence : HarperOne, San Francisco, 2001, 227 p., ISBN 978-0-06-065292-0. Traduction française de l'article.

    26