Les Cinq Solae — synthèse historique et théologique

Les Cinq Solae (Sola Scriptura, Sola Fide, Sola Gratia, Solus Christus, Soli Deo Gloria) résument la théologie de la Réforme protestante du XVIᵉ siècle. L'expression unifiée est pourtant une formulation tardive du XXᵉ siècle : aucun Réformateur n'a publié les cinq formules ensemble. La critique catholique : chaque formule porte une vérité partielle, mais le mot « seul » exclut ce que l'Église tient pour également vrai.

Ignispedia

Les Cinq Solae (du latin sola = « seul / seule ») désignent cinq principes théologiques fondamentaux résumant la doctrine de la Réforme protestante du XVIᵉ siècle. Exprimés en formules latines lapidaires, ils articulent ensemble la vision réformée de l'autorité religieuse, de la source du salut, du mode de réception, du médiateur et de la finalité ultime :

Fait historiographique surprenant : si les principes individuels ont été formulés et défendus par Martin Luther, Jean Calvin, Ulrich Zwingli, Philippe Mélanchthon et les autres Réformateurs du XVIᵉ siècle, l'expression « Les Cinq Solae » comme système unifié n'apparaît qu'au XXᵉ siècle[1]. Aucun écrit de Luther, Calvin, Mélanchthon, Zwingli ou Bucer ne présente les cinq formules ensemble comme une « théologie systématique » de la Réforme. Le luthérien Theodore Engelder (synode du Missouri) n'en retient encore que trois (Sola Scriptura, Sola Gratia, Sola Fides) dans son essai du volume commémoratif Four Hundred Years (1916)[2] ; le réformé suisse Emil Brunner emploie dans The Mediator (trad. Olive Wyon, Macmillan, New York, 1934) la triade sola gratia, sola fide, soli Deo gloria — Soli Deo Gloria y prenant la place tenue par Sola Scriptura chez Engelder —, triade citée p. 295 d'après la recension contemporaine du luthérien Theodore Engelder (Lehre und Wehre / Theological Monthly, vol. VII n° 2, février 1936)[3]. Le système unifié des cinq formules est donc une construction postérieure, enracinée dans l'évangélisme réformé contemporain.

L'architecture théologique classique des Cinq Solae distingue un principe formel, trois principes matériels et un principe finalisant :

  • Principe formel d'autorité : Sola Scriptura (comment connaître la vérité doctrinale)
  • Principes matériels du salut : Sola Fide (par quel moyen), Sola Gratia (par quelle source), Solus Christus (par quel médiateur)
  • Principe finalisant : Soli Deo Gloria (en vue de quelle fin)

La position catholique sur les Cinq Solae est nuancée : aucun des principes n'est entièrement faux — chacun exprime une vérité partielle que l'Église catholique tient également (l'Écriture est inspirée, la grâce est première, le Christ est l'unique Rédempteur, Dieu seul reçoit l'adoration). Mais le mot « seul » (sola) exclut systématiquement ce que l'Église tient pour également vrai par la Révélation et la Tradition : la Tradition apostolique aux côtés de l'Écriture, la coopération libre du libre arbitre aux côtés de la grâce, la médiation participée des saints aux côtés du Christ, la vénération relative des créatures glorifiées aux côtés de l'adoration absolue de Dieu.

Luther à la Diète de Worms (17-18 avril 1521) : « Ma conscience est captive de la Parole de Dieu » (traduction ; protocole allemand : Reichstagsakten II, p. 581-583) — profession d'autorité scripturaire et matrice de la sola scriptura. Aquarelle générée par IA.

Le présent article retrace l'histoire de la formulation des Cinq Solae (origines XVIᵉ siècle des principes individuels, naissance tardive XXᵉ siècle de l'expression unifiée), expose l'architecture théologique (1 formel + 3 matériels + 1 finalisant), présente une synthèse rapide de chaque principe (renvoyant aux articles détaillés Ignispedia), formule la critique catholique unifiée, et présente l'évaluation œcuménique contemporaine (Vatican II, JDDJ 1999 + extensions).

Histoire de la formulation des Cinq Solae

Les principes individuels au XVIᵉ siècle

Au XVIᵉ siècle, les Réformateurs développent les cinq principes — mais séparément et dans des contextes polémiques distincts, sans jamais les présenter ensemble comme un système doctrinal unifié.

Sola Scriptura est formulée par Luther dès l'Assertio omnium articulorum (1520, WA 7 p. 98-99)[4], reformulée à la Diète de Worms le 18 avril 1521[5], systématisée par Mélanchthon dans les Loci Communes (1521-1559)[6]. Voir article Sola Scriptura.

Sola Fide est formulée par Luther dans sa traduction allemande de Romains 3, 28 (1522, ajout du mot « allein » — « seul »)[7] et théorisée dans la Préface à l'épître aux Romains (1522), puis dans les Articles de Smalkalde (1537, partie II, art. 1)[8]. Voir article Sola Fide.

Sola Gratia est formulée par Luther dans De servo arbitrio (décembre 1525, WA 18 p. 600-787)[9] en réponse à la Diatribe sur le libre arbitre d'Érasme (septembre 1524)[10]. Calvin reprend dans l'Institutio II, 2-5[11]. Voir article Sola Gratia.

Solus Christus est préparée par Luther dans De captivitate Babylonica ecclesiae (octobre 1520, WA 6 p. 484-573)[12], où il ramène les sept sacrements au baptême et à la Cène (la pénitence occupant un statut intermédiaire). Confession d'Augsbourg (25 juin 1530), art. V et XIV[13]. Voir article Solus Christus.

Soli Deo Gloria trouve son application pratique chez Calvin (Institutio I, 11-12 : rejet des images)[14] et chez Luther (Articles de Smalkalde II, 2 : rejet de l'invocation des saints)[15]. Voir article Soli Deo Gloria.

Mais — fait historiographique crucial — aucun de ces Réformateurs ne présente les cinq formules ensemble comme un système coordonné. Les grandes confessions de foi protestantes du XVIᵉ-XVIIᵉ siècles — Confession d'Augsbourg (1530), Confession helvétique postérieure (1566), Confession gallicane (La Rochelle, 1559), Trente-neuf articles anglicans (1571), Canons de Dordrecht (1619) et Westminster Confession of Faith (1646-1648) — n'utilisent jamais l'expression « les cinq solae » comme catégorie unifiée[16]. Le médiéviste Heiko A. Oberman a même montré qu'aucune des quatre conceptions de la Tradition repérables dans la scolastique tardive ne correspondait à une sola scriptura stricte avant Luther[17].

La formulation tardive du « Cinq Solae » au XXᵉ siècle

L'expression « Les Cinq Solae » comme système doctrinal unifié apparaît au début du XXᵉ siècle, dans le cadre de l'évangélisme réformé qui cherche à formaliser pédagogiquement la théologie de la Réforme contre le libéralisme théologique du Modernism et contre l'apologétique catholique américaine post-Léon XIII.

Theodore Engelder (1865-1949), professeur au séminaire Concordia (synode luthérien du Missouri), compte parmi les premiers auteurs du XXᵉ siècle à regrouper les principes réformateurs sous des étiquettes en sola : son essai « The Three Principles of the Reformation : Sola Scriptura, Sola Gratia, Sola Fides » (volume commémoratif Four Hundred Years, 1916) n'en retient encore que trois, et son manuel Popular Symbolics (Concordia Publishing House, 1934), dont il fut le rédacteur en chef, ne présente pas davantage le système unifié des cinq formules[18].

L'acrostiche TULIP, mnémonique anglophone du XXᵉ siècle systématisé ultérieurement à partir des Canons de Dordrecht (13 novembre 1618 – 9 mai 1619)[19], relève d'une autre systématisation (voir article Prédestination calviniste).

L'enracinement populaire de l'expression « Cinq Solae » date des années 1950-1980, avec des théologiens réformés américains comme R. C. Sproul (Faith Alone: The Evangelical Doctrine of Justification, Baker Books 1995)[20] et John Piper (Desiring God, Multnomah 1986)[21] qui en font le cœur de leur prédication grand public. L'historien réformé Kenneth J. Stewart (Covenant College) va dans le même sens : selon lui, l'idée d'un bloc cohérent des « cinq solae » déjà constitué chez les Réformateurs est une rétroprojection — une construction pédagogique du XXᵉ siècle servant avant tout d'identité confessionnelle (paraphrase, non citation verbatim)[22].

Conséquence historiographique

Cette antériorité tardive de l'expression unifiée a deux conséquences importantes :

(1) Les théologiens contemporains du dialogue œcuménique catholique-protestant (Walter Kasper, Joseph Ratzinger, Geoffrey Wainwright, etc.) doivent distinguer :

  • Les principes individuels du XVIᵉ siècle (dont chacun peut être discuté précisément)
  • Le système unifié du XXᵉ siècle (qui projette rétrospectivement une cohérence absente des sources originelles)

(2) La formule unitaire « Les Cinq Solae » fonctionne aujourd'hui comme slogan identitaire de l'évangélisme réformé contemporain — souvent plus performatif et symbolique que strictement doctrinal. Les Réformateurs originels, eux, étaient en désaccord entre eux sur plusieurs points qui sont aujourd'hui présentés comme communs sous l'étiquette des Cinq Solae.

Architecture théologique : un principe formel, trois principes matériels et un principe finalisant

Architecture théologique classique des Cinq Solae : Sola Scriptura comme règle d'autorité, Sola Gratia / Solus Christus / Sola Fide pour le salut, Soli Deo Gloria comme finalité. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La théologie classique distingue dans les Cinq Solae une structure interne :

SolaeStatutQuestion répondueArticle détaillé
Sola ScripturaPrincipe formel d'autoritéComment connaître la vérité doctrinale ?Sola Scriptura
Sola FidePrincipe matériel — modePar quel moyen recevoir le salut ?Sola Fide
Sola GratiaPrincipe matériel — sourceD'où vient le salut ?Sola Gratia
Solus ChristusPrincipe matériel — médiateurQui rend le salut effectif ?Solus Christus
Soli Deo GloriaPrincipe finalisantEn vue de quelle fin ultime ?Soli Deo Gloria

Le principe formel : Sola Scriptura

Ce principe est dit formel parce qu'il définit la règle de la connaissance doctrinale — il porte sur la forme de l'autorité religieuse, non sur le contenu. Si la Sola Scriptura est fausse, alors toute la construction protestante perd son fondement épistémologique : il devient impossible de justifier les autres solae sans recourir à une autorité ecclésiale extra-biblique (ce que la Sola Scriptura exclut par définition). C'est pourquoi le principe est dit formel-fondateur.

Les principes matériels : Sola Fide, Sola Gratia, Solus Christus

Ces trois principes portent sur le contenu (la matière) du salut. Ils répondent ensemble à la question : comment l'homme est-il sauvé ? — en posant respectivement :

  • La source du salut (la grâce divine seule, sola gratia)
  • Le médiateur unique (le Christ seul, solus Christus)
  • Le mode de réception (la foi seule, sola fide)

Le principe finalisant : Soli Deo Gloria

Ce dernier principe est téléologique : il définit la fin ultime du salut et de toute action chrétienne. Toute la vie chrétienne ne doit avoir qu'un but : la gloire de Dieu seul. Conséquence pratique chez les Réformateurs : rejet de toute vénération créaturelle (Marie, saints, reliques, images).

Synthèse rapide des cinq solae

Les cinq solae représentées comme cinq piliers théologiques de la Réforme protestante : Sola Scriptura, Sola Fide, Sola Gratia, Solus Christus, Soli Deo Gloria. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Pour chacun des cinq principes, voici une version courte récapitulative — pour le développement complet (positions protestantes détaillées, réponses catholiques sourcées avec 6 objections numérotées chacune), suivre le lien « → Voir l'article détaillé ».

Sola Scriptura — l'Écriture seule

Position protestante : la Bible seule est l'autorité ultime ; la Tradition apostolique et le Magistère ne sont autorités qu'en tant qu'ils s'accordent à l'Écriture[23].

Réponse catholique en quatre points :

  1. La Bible elle-même n'enseigne nulle part qu'elle est l'unique autorité (1 Tm 3, 15 désigne l'Église comme « colonne et soutien de la vérité ») — c'est l'argument d'auto-réfutation classique[24] ;
  2. Saint Paul ordonne explicitement de « garder les traditions » orales (2 Th 2, 15) ; saint Vincent de Lérins établira au Vᵉ siècle la règle « quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est »[25] ;
  3. Le canon biblique (73 livres pour les catholiques, 66 livres reçus par les protestants) a été fixé par décision magistérielle des conciles de Rome (382), Hippone (393), Carthage (397) puis solennellement confirmé par le concile de Trente, session IV, le 8 avril 1546 (Denzinger §§ 1501-1504)[26] ;
  4. Conséquence empirique : environ 45 000 dénominations chrétiennes comptées pays par pays, toutes traditions confondues (dont ~9 000 protestantes au sens strict et ~22 000 « indépendantes » selon la ventilation de la World Christian Encyclopedia)[27] — la fragmentation prédite par 2 Pierre 3, 15-16 (« passages obscurs déformés par les gens sans instruction pour leur perdition »).

→ Voir l'article détaillé : Sola Scriptura — l'Écriture seule.

Sola Fide — la justification par la foi seule

Position protestante : l'homme est justifié par la foi seule, sans aucun mérite des œuvres (Luther ajoute « allein » à Romains 3, 28 dans sa Septembertestament de 1522)[28].

Réponse catholique en cinq points :

  1. Le mot « seule » est absent du grec original de Romains 3, 28 (λογιζόμεθα γὰρ δικαιοῦσθαι πίστει ἄνθρωπον) — c'est une interpolation assumée par Luther, qui la défendra dans la Sendbrief vom Dolmetschen (1530) en disant : « Je l'ai voulu ainsi, je le veux, et ma volonté est ma raison »[29] ;
  2. Saint Jacques 2, 24 dit littéralement le contraire : « L'homme est justifié par les œuvres et non par la foi seule » — seule occurrence du couple « foi seule » dans toute la Bible, et c'est pour le nier. Luther voulut d'ailleurs exclure l'épître de Jacques du canon, la qualifiant d'« épître de paille » dans la préface de son NT 1522[30] ;
  3. Le Christ fait reposer le Jugement dernier sur les œuvres de charité (Mt 25, 31-46) ;
  4. Le concile de Trente, session VI, canon 9 (13 janvier 1547) condamne explicitement la sola fide stricte. La JDDJ de 1999 reformule en « par la grâce seule » — non « par la foi seule »[31] ;
  5. La doctrine catholique tient ensemble « la foi qui agit par la charité » (Ga 5, 6), formule reprise par le concile de Trente, Decretum de iustificatione, chapitre 7 (Denzinger § 1531)[32].

→ Voir l'article détaillé : Sola Fide — la justification par la foi seule.

Sola Gratia — la grâce seule

Position protestante : le salut est œuvre de la grâce seule, sans coopération du libre arbitre (Luther, De servo arbitrio, 1525[33] ; Calvin, Institutio II, 2-5[34] ; Canons de Dordrecht, 1618-1619[35], systématisés ultérieurement sous l'acronyme TULIP).

Réponse catholique en quatre points :

  1. L'Église catholique confesse également la sola gratia — la JDDJ 1999 § 15 énonce « par la grâce seule » commun aux deux traditions[36] ;
  2. Mais la grâce préalable (gratia praeveniens) n'exclut pas la coopération du libre arbitre — c'est l'enseignement de saint Augustin (De gratia et libero arbitrio XVII, 33, vers 426/427) cité littéralement par le CEC § 2001[37] :

« Celui qui t'a créé sans toi ne te sauvera pas sans toi. » — Saint Augustin, Sermon 169, XI, 13, vers 416, repris par le CEC § 1847[38]

  1. Le concile d'Orange II (3 juillet 529) condamne dogmatiquement le semi-pélagianisme mais affirme aussi le libre arbitre coopérant (canons 5-7, Denzinger §§ 375-377)[39] ;
  2. Trente Session VI, canons 4-5 (13 janvier 1547, Denzinger §§ 1554-1555) condamne explicitement la négation luthérienne du libre arbitre humain[40]. Le concile prend soin de tenir ensemble sola gratia et coopération libre — distinction soigneusement reprise par Alister McGrath, Iustitia Dei: A History of the Christian Doctrine of Justification (Cambridge University Press, 3ᵉ éd. 2005)[41].

→ Voir l'article détaillé : Sola Gratia — la grâce seule.

Solus Christus — Christ seul médiateur

Position protestante : 1 Tm 2, 5 lu strictement — Christ est l'unique médiateur, donc rejet de toute médiation mariale, hagiographique, sacerdotale, sacramentelle (Luther, De captivitate Babylonica ecclesiae, octobre 1520, WA 6 p. 484-573)[42].

Réponse catholique en trois points :

  1. La médiation rédemptrice du Christ est absolue et unique — l'Église catholique le confesse avec autant de force que les Réformateurs (CEC § 618)[43] ;
  2. Saint Thomas d'Aquin distingue rigoureusement médiation rédemptrice (Christ seul) et médiation participée (saints, sacerdoce, Marie selon LG 62)[44] — la seconde dérive de la première sans la concurrencer :

« On dit proprement médiateur celui qui unit les extrêmes [...] mais rien n'empêche que d'autres soient appelés en quelque manière médiateurs entre Dieu et l'homme, en tant qu'ils coopèrent à unir l'homme à Dieu d'une manière dispositive et ministérielle. » — Saint Thomas d'Aquin, Summa Theologiae III, q. 26, a. 1, Réponse, vers 1272[45]

  1. Le Christ délègue explicitement sa médiation dans le NT : clés à Pierre (Mt 16, 19), pouvoir de lier/délier aux Douze (Mt 18, 18), pouvoir de pardon (Jn 20, 22-23), « qui vous écoute m'écoute » (Lc 10, 16). Saint Ignace d'Antioche (vers 110) atteste déjà la hiérarchie tripartite évêque-presbytres-diacres[46].

→ Voir l'article détaillé : Solus Christus — Christ seul médiateur.

Soli Deo Gloria — à Dieu seul la gloire

Position protestante : seule la gloire de Dieu est légitime (Rm 11, 36 ; Is 42, 8) — donc rejet de toute vénération des saints, de Marie, des reliques, des images (Calvin, Institutio I, 11-12 et l'iconoclasme de la Réforme suisse)[47].

Réponse catholique en trois points :

  1. L'Église catholique confesse également que la gloire métaphysique absolue et l'adoration cultuelle (latreia, λατρεία) sont dues à Dieu seul — distinction codifiée dès saint Augustin (De civitate Dei X, 1)[48] ;
  2. La vénération des saints (dulia, δουλεία) et de Marie (hyperdulia, ὑπερδουλεία) est « honneur » — pas adoration — et passe au prototype, selon la règle posée par saint Basile :

« L'honneur rendu à l'image passe au prototype. » — Saint Basile de Césarée, De Spiritu Sancto, XVIII, 45, vers 375[49]

Cette règle est reprise solennellement par le deuxième concile de Nicée (24 septembre – 23 octobre 787) qui condamne l'iconoclasme byzantin (Denzinger §§ 600-603)[50] ; 3. Le VIIᵉ concile œcuménique de Nicée II (787) est reçu comme tel par catholiques et orthodoxes ; côté protestant, la réception est partagée selon les traditions : les luthériens en retiennent l'enseignement christologique mais la Confession d'Augsbourg (art. XXI) rejette l'invocation des saints, et les réformés rejettent la vénération des images définie par le concile (Confession helvétique postérieure, 1566, ch. IV) — on ne peut donc pas le présenter comme reconnu par « la majorité des protestants »[51].

Le Mur des Réformateurs au parc des Bastions à Genève (1909) — monument du protestantisme réformé. Les quatre statues colossales de Farel, Calvin, Bèze et Knox dominent un mur de 100 mètres. Érigé bien avant la popularisation de l'expression « Cinq Solae » comme système (années 1950-1980), il honore les Réformateurs eux-mêmes, non cette formulation tardive. Aquarelle générée par IA.

→ Voir l'article détaillé : Soli Deo Gloria — à Dieu seul la gloire.

La critique catholique unifiée des Cinq Solae

Le problème structurel : le mot « seul »

Le problème théologique central des Cinq Solae n'est pas ce qu'ils affirment positivement — chacun des cinq principes énonce une vérité que l'Église catholique tient également par la Révélation et la Tradition :

  • L'Écriture sainte est bien inspirée et fait autorité (Sola Scriptura ↔ Dei Verbum 11-13)
  • La foi est bien nécessaire au salut (Sola Fide ↔ Hb 11, 6 ; Trente Session VI ch. 8)
  • La grâce préalable est bien première et absolue (Sola Gratia ↔ Trente Session VI ch. 5 ; Orange II 529)
  • Le Christ est bien l'unique Médiateur rédempteur (Solus Christus ↔ 1 Tm 2, 5 ; CEC § 618)
  • Dieu seul mérite la latrie (adoration cultuelle absolue) (Soli Deo Gloria ↔ Nicée II 787)

Le problème vient du mot « seul » (sola) qui ajoute une exclusion absolue de tout autre élément :

  • Sola Scriptura exclut la Tradition apostolique et le Magistère
  • Sola Fide exclut les œuvres de charité au Jugement
  • Sola Gratia exclut la coopération du libre arbitre
  • Solus Christus exclut la médiation participée des saints et de Marie
  • Soli Deo Gloria exclut la vénération relative des créatures glorifiées
Lecture catholique des Cinq Solae : l'Église reconnaît les vérités chrétiennes affirmées, mais conteste l'exclusion absolue introduite par le mot seul. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

C'est cette exclusion absolue que l'Église catholique conteste. Le cardinal Walter Kasper (président du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens de 2001 à 2010) résume ainsi la position catholique — paraphrase d'après That They May All Be One: The Call to Unity Today (Burns & Oates, Londres, 2004, p. 89 de l'édition anglaise)[52] : le problème des solae n'est pas leur affirmation positive, légitime en elle-même, mais l'exclusion introduite par le mot « seul » — car l'Écriture vit dans l'Église, la foi opère par la charité, la grâce libère le libre arbitre, le Christ médie à travers son Corps mystique, et Dieu reçoit gloire dans la gloire des saints.

La cohérence interne fragile : auto-réfutation logique

Argument philosophique majeur contre la Sola Scriptura : le principe lui-même n'est pas enseigné dans l'Écriture. Si seule l'Écriture fait autorité, alors la Sola Scriptura — qui n'est nulle part dans l'Écriture — ne peut pas faire autorité. C'est l'argument d'auto-réfutation classique. Voir article Sola Scriptura, Objection 1.

Conséquence en cascade pour les autres solae : sans la Sola Scriptura, les quatre autres principes perdent leur fondement épistémologique. Si la Tradition apostolique et le Magistère sont également sources de la Révélation (comme l'enseigne Dei Verbum 9-10), alors la Sola Fide doit être confrontée à Jacques 2, 24, la Sola Gratia à Trente Session VI canon 4, etc. — toutes choses que l'Église catholique a effectivement faites depuis 500 ans.

L'érosion historique des dogmes communs des Réformateurs

Un fait peu rappelé mais empiriquement vérifiable : Luther et Calvin tenaient au XVIᵉ siècle des doctrines aujourd'hui massivement abandonnées par leur descendance protestante :

Cinq siècles plus tard, aucune de ces doctrines n'est universellement tenue par le protestantisme contemporain. Le mécanisme des Cinq Solae — chaque génération relisant l'Écriture seule sans Tradition — produit une érosion doctrinale chronique dont l'historien protestant Brad S. Gregory (The Unintended Reformation, Harvard UP 2012) a montré la portée séculière : selon lui, les sociétés occidentales modernes hyperpluralistes sont l'enfant involontaire de la Réforme — en substituant l'interprétation individuelle de l'Écriture à l'autorité ecclésiale partagée, les Réformateurs auraient ouvert sans le vouloir la voie au subjectivisme religieux, puis au subjectivisme moral, et finalement à la sécularisation (paraphrase, non citation verbatim)[59].

Cette analyse rejoint celle de John Henry Newman dans son Essai sur le développement de la doctrine chrétienne (1845), qui concluait sa conversion au catholicisme par la formule devenue célèbre : « Être pénétré d'histoire, c'est cesser d'être protestant. »[60]

La fragmentation empirique : la conséquence pratique

La fragmentation du protestantisme — quelque 9 000 dénominations protestantes au sens strict et environ 22 000 Églises « indépendantes » selon la ventilation de la World Christian Encyclopedia, au sein d'un total d'environ 45 000 dénominations chrétiennes comptées pays par pays toutes traditions confondues (CSGC — voir ci-dessus)[61] — est la conséquence empirique directe, dans ce périmètre protestant, des Cinq Solae appliqués sans Magistère ni Tradition vivante. Le sociologue Christian Smith (Notre-Dame), ancien évangélique devenu catholique, parle d'un « pervasive interpretive pluralism » structurellement engendré par le biblicisme protestant[62].

À comparer avec :

  • Une seule Église catholique unie en communion avec le successeur de Pierre (~1,39 milliard de fidèles au 31 décembre 2022, selon l'Annuario Pontificio 2024)[63]
  • Les Églises orthodoxes orientales (séparées de Rome en 1054 mais sans avoir adopté les Cinq Solae) qui n'ont jamais connu cette fragmentation comparable

Voir article hub Réponses au protestantisme pour le détail empirique.

Les meilleurs arguments protestants en faveur des Cinq Solae

L'honnêteté intellectuelle commande de présenter d'abord les arguments les plus forts en faveur des Cinq Solae, avant la critique. Les meilleurs défenseurs réformés contemporains (R. C. Sproul, Michael Horton, John Piper, Carl R. Trueman) avancent trois arguments principaux :

  • Argument scripturaire — un noyau dur de textes pauliniens (Rm 3, 28 ; Ga 2, 16 ; Ep 2, 8-9 ; Tt 3, 5) semble exclure les œuvres comme cause de la justification. Réponse catholique : ces textes opposent les œuvres de la Loi mosaïque (circoncision, sacrifices, lois alimentaires) à la grâce, non les œuvres de la charité chrétienne (cf. Joseph Fitzmyer S.J., Romans, Anchor Bible 33, 1993, p. 337-340)[64].
  • Argument historique — la corruption ecclésiale tardive du Moyen Âge (commerce des indulgences, simonie, papes Borgia) montrerait l'incapacité du Magistère à se réformer sans l'arme de la sola scriptura. Réponse catholique : la Réforme catholique antérieure à Luther (Bernardin de Sienne, Catherine de Sienne, Savonarole) et la réforme tridentine postérieure démontrent que l'Église dispose des ressources internes de purification — sans rupture dogmatique.
  • Argument expérimental — la « certitude du salut » que procurerait la sola fide contre l'angoisse luthérienne devant Dieu. Réponse catholique : cette certitude subjective est une présomption au regard de Trente (Session VI, canon 16), et la doctrine catholique de l'espérance théologale (CEC § 1817-1821) répond à l'angoisse sans tomber dans la fausse sécurité[65].
Le débat Érasme-Luther (1524-1525) sur le libre arbitre — moment fondateur de la sola gratia. Symbole de la fracture intellectuelle entre humanisme catholique modéré (qui maintient la coopération du libre arbitre) et radicalisme réformateur (qui la nie absolument). Aquarelle générée par IA.

L'apologiste Robert Sungenis a synthétisé cette analyse dans Not by Scripture Alone (Queenship 1997), montrant que la lecture catholique reprend chacun des cinq principes dans sa vérité partielle tout en refusant l'exclusion absolue introduite par le mot seul[66].

Évaluation œcuménique contemporaine

Vatican II — Unitatis Redintegratio (1964)

Le décret Unitatis Redintegratio sur l'œcuménisme (21 novembre 1964) reconnaît les protestants comme « frères séparés » et atteste la présence d'« éléments de sanctification » dans les communautés ecclésiales issues de la Réforme — y compris dans leur attachement aux principes sola mal interprétés mais authentiquement chrétiens dans leur intention positive[67] :

« Les Frères séparés, comme communautés, bien qu'imparfaitement unies à nous, possèdent aussi une vraie signification dans le mystère du salut. L'Esprit du Christ ne refuse pas en effet de se servir d'elles comme de moyens de salut, dont la force dérive de la plénitude même de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Église catholique. » — Unitatis Redintegratio, § 3, Paul VI, 21 novembre 1964[68]

JDDJ 1999 et son extension : la cascade œcuménique des Cinq Solae

Le 31 octobre 1999 à Augsbourg, la Joint Declaration on the Doctrine of Justification (JDDJ) signée entre l'Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale établit un consensus différencié sur la Sola Fide[69]. Le texte du § 15 énonce :

« Par la grâce seule, dans la foi en l'œuvre salvatrice du Christ et non en raison d'un quelconque mérite de notre part, nous sommes acceptés par Dieu et recevons l'Esprit Saint qui renouvelle nos cœurs, nous habilite et nous appelle aux bonnes œuvres. » — JDDJ, § 15, signée à Augsbourg le 31 octobre 1999 par le cardinal Edward Cassidy (Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens) et l'évêque Christian Krause (Fédération luthérienne mondiale)[70]

Notez la formulation : « par la grâce seule, dans la foi » — la sola gratia est commune et acceptée par les catholiques (« par la grâce seule ») tandis que la sola fide stricte est nuancée en « dans la foi » (qui « habilite et appelle aux bonnes œuvres »).

La JDDJ a ensuite été progressivement étendue :

  • Méthodistes — Séoul, 18 juillet 2006 (World Methodist Council, plus de 80 millions de membres)[71]
  • Réformés — Wittenberg, 5 juillet 2017 (WCRC, quelque 80 millions de réformés)[72]
  • Anglicans — résolution 16.17 du Conseil consultatif anglican (Lusaka 2016), démarche formalisée en 2017[73]

Soit, en additionnant les trois communions pleinement associées — environ 77 millions de luthériens de la FLM[74], plus de 80 millions de méthodistes et quelque 80 millions de réformés — plus de 230 millions de protestants en consensus différencié explicite avec Rome sur la doctrine de la justification (les anglicans n'ayant fait qu'associer formellement leur démarche) — la pièce centrale doctrinale qui avait déclenché la rupture en 1517. Le théologien méthodiste Geoffrey Wainwright salue ce rapprochement comme un tournant œcuménique majeur (paraphrase, non citation verbatim)[75].

Lund 2016 et l'horizon œcuménique

La déclaration commune de Lund (cathédrale luthérienne de Lund, Suède, 31 octobre 2016), signée par le pape François et l'évêque Munib Younan, président de la Fédération luthérienne mondiale, marque l'aboutissement pratique de l'œcuménisme catholique-protestant sur les Cinq Solae[76] :

La déclaration confesse et déplore que luthériens et catholiques ont blessé l'unité visible de l'Église (paraphrase), avant de constater :

« Beaucoup de membres de nos communautés aspirent à recevoir l'Eucharistie à une seule table, comme une expression concrète de la pleine unité. » (traduction française de la déclaration officielle) — Déclaration commune signée par le pape François et l'évêque Munib Younan, cathédrale de Lund, 31 octobre 2016[77]

L'horizon œcuménique contemporain n'est plus la réfutation des Cinq Solae ni la capitulation à eux — c'est une réception critique différenciée où chaque tradition reconnaît les vérités partielles que l'autre porte, tout en maintenant les divergences réelles subsistantes. Le cardinal Walter Kasper résume cette posture dans son Manuel d'œcuménisme spirituel (2007) : l'unité ne viendra ni d'une capitulation ni d'un syncrétisme, mais d'une purification mutuelle des mémoires et d'un retour commun aux sources (paraphrase)[78].

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Kenneth J. Stewart, Ten Myths About Calvinism: Recovering the Breadth of the Reformed Tradition, IVP Academic, Downers Grove (Illinois), 2011, 320 p., ISBN 978-0-8308-3898-1. Stewart, professeur de théologie historique au Covenant College (Lookout Mountain, Géorgie), soutient que l'expression « Cinq Solae » comme système unifié est une formulation typiquement américaine du XXᵉ siècle, étrangère aux Réformateurs originels. Le résumé donné dans le corps de l'article est une paraphrase en français, non une citation verbatim.

    1 16 22
  2. Theodore Engelder (1865-1949), professeur au séminaire Concordia (Springfield, Illinois, synode luthérien du Missouri), « The Three Principles of the Reformation : Sola Scriptura, Sola Gratia, Sola Fides », dans Four Hundred Years: Commemorative Essays on the Reformation of Dr. Martin Luther and Its Blessed Results (1916), p. 97-109 (cf. p. 99) — texte intégral sur archive.org. L'essai ne retient que trois principes, non cinq. Voir aussi Popular Symbolics: The Doctrines of the Churches of Christendom and of Other Religious Bodies Examined in the Light of Scripture (Concordia Publishing House, Saint-Louis, 1934), dont Engelder fut le rédacteur en chef. Ni l'essai de 1916 ni le manuel de 1934 ne présentent le système unifié des cinq solae. En revanche, l'attribution parfois rencontrée de la popularisation des cinq formules au presbytérien Loraine Boettner (The Reformed Doctrine of Predestination, Wm. B. Eerdmans, Grand Rapids, 1932) n'est confirmée par aucune source trouvée : l'ouvrage traite de la prédestination, non des solae. Pour l'histoire de la réception : Kenneth J. Stewart, Ten Myths About Calvinism: Recovering the Breadth of the Reformed Tradition, IVP Academic, Downers Grove (Illinois), 2011, 320 p., ISBN 978-0-8308-3898-1. Stewart démontre que l'expression « Cinq Solae » comme système unifié est une formulation typiquement américaine du XXᵉ siècle, étrangère aux Réformateurs originels.

    2 18
  3. Emil Brunner (1889-1966), théologien réformé suisse, The Mediator: A Study of the Central Doctrine of the Christian Faith (trad. Olive Wyon, Macmillan, New York, 1934, 621 p. ; éd. allemande 1927 ; éd. Londres : James Clarke & Co.). La triade sola gratia, sola fide, soli Deo gloria y figure p. 295 : « Brunner adopts the "well-known phrases sola gratia, sola fide, soli Deo gloria" (p. 295) » — attestation donnée par la recension contemporaine du luthérien Theodore Engelder, « The Principles and Teachings of the Dialectical Theology », Lehre und Wehre / Theological Quarterly-Theological Monthly (Séminaire Concordia, Saint-Louis), vol. VII, n° 2, février 1936. Le contrôle direct de l'édition 1934 reste souhaitable, mais la page est désormais identifiée via cette recension contemporaine. La littérature secondaire signale aussi que, commentant plus tard le système théologique de Karl Barth, Brunner y ajoute Christus solus en laissant de côté sola scriptura — sous la même réserve que précédemment.

    3
  4. Martin Luther, Assertio omnium articulorum M. Lutheri per bullam Leonis X. novissimam damnatorum, Wittenberg, décembre 1520. Texte critique dans D. Martin Luthers Werke, kritische Gesamtausgabe (Weimarer Ausgabe, WA), Hermann Böhlau Nachfolger, Weimar, 1897, vol. 7, p. 94-151. Défense formelle de Luther contre la bulle Exsurge Domine de Léon X (15 juin 1520). La thèse de l'autorité exclusive de l'Écriture y est formulée explicitement (WA 7, 98-99) avant la Diète de Worms.

    4 23
  5. Discours de Martin Luther à la Diète de Worms, 18 avril 1521. Texte allemand contemporain dans Reichstagsakten, jüngere Reihe, vol. 2, p. 581-583. La formule « Hier stehe ich, ich kann nicht anders » est probablement un ajout littéraire des éditions imprimées de 1521 — les protocoles oraux n'en conservent pas la trace exacte (cf. Heiko A. Oberman, Luther: Man Between God and the Devil, Yale University Press, New Haven, 1989, p. 39-40, ISBN 0-300-03735-0). Reste authentique : « Ma conscience est captive de la Parole de Dieu. »

    5
  6. Philippe Mélanchthon, Loci Communes rerum theologicarum seu hypotyposes theologicae, Wittenberg, 1521, remanié dans les éditions de 1535 et 1543-1559. Édition critique : Melanchthons Werke in Auswahl (Studienausgabe), édition Robert Stupperich, Gütersloher Verlagshaus, Gütersloh, 1952-1975, 7 vol. Premier exposé systématique de la dogmatique luthérienne.

    6
  7. Martin Luther, Septembertestament (Nouveau Testament en allemand), Wittenberg, septembre 1522. Romains 3, 28 est traduit « So halten wir nun dafür, dass der Mensch gerecht werde ohne des Gesetzes Werke, allein durch den Glauben ». L'adjectif « allein » (seul) n'a aucun équivalent dans le texte grec original. Luther justifie cette insertion dans la Sendbrief vom Dolmetschen (1530, WA 30/II, 632-646).

    7 28
  8. Martin Luther, Articuli Smalcaldici (Articles de Smalkalde), rédigés à Wittenberg en décembre 1536, signés à Smalkalde en février 1537, publiés en 1538. Texte dans Die Bekenntnisschriften der evangelisch-lutherischen Kirche (BSLK), Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen, 12ᵉ éd. 1998, ISBN 978-3-525-52109-3. Partie II, art. 1 : formulation classique de la sola fide. Partie II, art. 2 : condamnation de l'invocation des saints.

    8 15
  9. Martin Luther, De servo arbitrio (Du serf arbitre), Wittenberg, décembre 1525. WA, vol. 18, p. 600-787. Réponse polémique à la Diatribe de libero arbitrio d'Érasme. Édition française : Albert Jundt, Du serf-arbitre, Labor et Fides, Genève, 2001, ISBN 978-2-8309-1015-3.

    9 33
  10. Érasme de Rotterdam, De libero arbitrio diatribē sive collatio, Bâle, septembre 1524. Édition critique : Opera omnia (ASD, Amsterdam-Studienausgabe), vol. IV-1, North-Holland, Amsterdam, 1969. Érasme y défend une position augustinienne modérée : la grâce est première mais le libre arbitre coopère.

    10
  11. Jean Calvin, Institutio Christianae Religionis, Bâle/Genève, 1ʳᵉ éd. 1536, dernière éd. latine 1559. Livre II, chapitres 2-5. Édition française moderne : Institution de la religion chrétienne, Labor et Fides, Genève, 1955-1958, 5 vol., ISBN 978-2-8309-1206-5.

    11 34
  12. Martin Luther, De captivitate Babylonica ecclesiae praeludium, Wittenberg, octobre 1520. WA, vol. 6, p. 484-573 (texte du traité p. 497-573). Luther y annonce d'abord trois sacrements (baptême, pénitence, Cène) puis les ramène à deux (baptême et Cène), et reformule l'Eucharistie en consubstantiation.

    12 42
  13. Confession d'Augsbourg (Confessio Augustana), présentée à l'empereur Charles Quint à la Diète d'Augsbourg le 25 juin 1530. Rédigée par Philippe Mélanchthon. Texte latin/allemand dans Die Bekenntnisschriften der evangelisch-lutherischen Kirche (BSLK), 12ᵉ éd. 1998. Article V (du ministère ecclésial), article XIV (de l'ordre ecclésiastique), article IX (du baptême — affirmant le baptême des enfants contre les anabaptistes).

    13 58
  14. Jean Calvin, Institutio Christianae Religionis, livre I, chapitres 11-12 (édition 1559). Calvin rejette les images dans le culte chrétien comme une forme d'idolâtrie. Cette doctrine fondera l'iconoclasme calviniste des XVIᵉ-XVIIᵉ siècles (Beeldenstorm aux Pays-Bas en 1566).

    14 47
  15. Heiko A. Oberman, The Harvest of Medieval Theology: Gabriel Biel and Late Medieval Nominalism, Harvard University Press, Cambridge MA, 1963, ISBN 978-0-674-37105-7. Oberman identifie quatre conceptions de la Tradition dans la théologie médiévale (T0, T1, T2, T3), dont la « Tradition 0 » (sola scriptura stricte) ne se trouve chez aucun théologien médiéval avant la Réforme.

    17
  16. Synode de Dordrecht (Dordrecht, Pays-Bas), 13 novembre 1618 – 9 mai 1619. Les Canons de Dordrecht définissent les cinq points de la doctrine réformée stricte : Total depravity, Unconditional election, Limited atonement, Irresistible grace, Perseverance of the saints — systématisés ultérieurement sous l'acronyme anglophone TULIP, mnémonique du XXᵉ siècle postérieur aux Canons. Voir article Prédestination calviniste.

    19 35
  17. R. C. Sproul (1939-2017), Faith Alone: The Evangelical Doctrine of Justification, Baker Books, Grand Rapids, 1995, 221 p., ISBN 978-0-8010-1130-4. Fondateur de Ligonier Ministries.

    20
  18. John Piper, Desiring God: Meditations of a Christian Hedonist, Multnomah Press, Portland, 1986, 256 p., ISBN 978-1-60142-410-2. Piper articule sa théologie réformée autour du Soli Deo Gloria entendu comme « God is most glorified in us when we are most satisfied in Him ».

    21
  19. Robert A. Sungenis (dir.), Not By Scripture Alone: A Catholic Critique of the Protestant Doctrine of Sola Scriptura, Queenship Publishing, Santa Barbara (Californie), 1997, 629 p., ISBN 978-1-579-18055-3. Synthèse catholique des trois objections fondamentales : auto-réfutation logique, insuffisance matérielle, fragmentation herméneutique.

    24 66
  20. Saint Vincent de Lérins (mort vers 445), Commonitorium, II, 6, rédigé vers 434. Édition critique : R. Demeulenaere, Corpus Christianorum, Series Latina (CCSL) 64, Brepols, Turnhout, 1985, p. 147-195. La règle « quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est » est devenue le critère classique de la tradition catholique.

    25
  21. Concile de Trente, session IV, Decretum de canonicis Scripturis, 8 avril 1546. Texte latin dans Heinrich Denzinger et Peter Hünermann, Enchiridion symbolorum, 44ᵉ éd., Herder, Fribourg-en-Brisgau, 2014, §§ 1501-1504, ISBN 978-3-451-37804-1. Le concile confirme définitivement le canon catholique des 73 livres.

    26
  22. Center for the Study of Global Christianity, Gordon-Conwell Theological Seminary, South Hamilton (Massachusetts), tableau Status of Global Christianity, 2024 (protestants : 625 606 000 ; « indépendants » : 421 689 000 ; total des chrétiens : 2 631 941 000) et World Christian Database, édition 2024. Le tableau additionne lui-même les deux catégories sous le label « Wider Protestant total including Independents » (1 047 295 000) : l'addition reprise dans le corps de l'article est donc celle du CSGC lui-même, non un calcul propre. Le total d'environ 45 000 dénominations compte une même Église dans chaque pays où elle est présente, toutes traditions confondues ; la ventilation (~9 000 protestantes au sens strict, ~22 000 indépendantes) est celle publiée par la World Christian Encyclopedia (Barrett, Kurian, Johnson, Oxford University Press, 2ᵉ éd. 2001, reprise en 3ᵉ éd. 2020). Voir gordonconwell.edu/center-for-global-christianity.

    27 61
  23. Martin Luther, Ein Sendbrief vom Dolmetschen und Fürbitte der Heiligen (Lettre ouverte sur l'art de traduire), Wittenberg, 12 septembre 1530. WA, vol. 30/II, p. 632-646. « Sic volo, sic iubeo, sit pro ratione voluntas » (formule de Juvénal, Satires VI, 223) reprise par Luther pour défendre son insertion d'allein sans support textuel.

    29
  24. Martin Luther, préface à l'épître de Jacques dans le Septembertestament (1522). WA, Die Deutsche Bibel, vol. 6, p. 10. La formule « eyne rechte stroherne Epistel » (« une véritable épître de paille ») fut atténuée dans les éditions ultérieures mais conservée jusqu'à 1545.

    30
  25. Joint Declaration on the Doctrine of Justification (JDDJ), signée à Augsbourg le 31 octobre 1999 par le cardinal Edward Cassidy et l'évêque Christian Krause. Texte officiel français sur vatican.va — JDDJ. Le texte établit un « consensus différencié ».

    31 36 69 70
  26. Concile de Trente, session VI, Decretum de iustificatione, chapitre 7, 13 janvier 1547. Denzinger § 1531. La justification est définie comme « non solum est peccatorum remissio, sed et sanctificatio et renovatio interioris hominis per voluntariam susceptionem gratiae et donorum ».

    32
  27. Catéchisme de l'Église catholique, § 2001 : « La préparation de l'homme à l'accueil de la grâce est déjà œuvre de la grâce. » Citation de saint Augustin, De gratia et libero arbitrio, XVII, 33 (PL 44, 901), traité écrit vers 426-427 contre les semi-pélagiens.

    37
  28. Saint Augustin, Sermo 169, XI, 13 (PL 38, 923), vers 416. Repris au CEC § 1847. Édition française : Sermons dans la collection Bibliothèque Augustinienne.

    38
  29. IIᵉ concile d'Orange, 3 juillet 529, présidé par saint Césaire d'Arles. Vingt-cinq canons. Texte critique : Charles De Clercq, Concilia Galliae A. 511 – A. 695, Corpus Christianorum, Series Latina 148A, Brepols, Turnhout, 1963, p. 53-76. Denzinger §§ 370-397. Le pape Boniface II confirme les actes en 531.

    39
  30. Concile de Trente, session VI, Decretum de iustificatione et Canones de iustificatione, 13 janvier 1547. Texte latin dans Denzinger-Hünermann, 44ᵉ éd., 2014, §§ 1520-1583. Les canons 4-5 condamnent la doctrine luthérienne de la suppression du libre arbitre humain. Référence : Hubert Jedin, Geschichte des Konzils von Trient, Herder, Fribourg, 4 vol., 1949-1975 (trad. fr. Histoire du concile de Trente, Desclée, Paris, 1955-1981).

    40
  31. Alister E. McGrath, Iustitia Dei: A History of the Christian Doctrine of Justification, Cambridge University Press, 3ᵉ éd. 2005, 480 p., ISBN 978-0-521-82648-5. McGrath, théologien anglican évangélique de l'Université d'Oxford, démontre que la doctrine luthérienne de la justification « imputée » (Christus pro nobis) constitue une rupture conceptuelle sans précédent dans la tradition chrétienne (vol. I, p. 217-219).

    41
  32. Catéchisme de l'Église catholique, § 618 : « Il n'y a qu'un seul Médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus qui s'est livré en rançon pour tous (1 Tm 2, 5-6). » Disponible sur vatican.va — CEC § 618.

    43
  33. Lumen Gentium, constitution dogmatique sur l'Église, Paul VI, 21 novembre 1964, § 62. Texte sur vatican.va — Lumen Gentium.

    44
  34. Saint Thomas d'Aquin, Summa Theologiae, IIIᵃ pars, q. 26, a. 1, « Utrum Christo competat esse mediatorem Dei et hominum », rédigée vers 1272-1273 à Naples. Édition de référence : Léonine, Opera Omnia, Rome, 1903 ; édition française : Somme théologique, Cerf, Paris, 1984-1986, 4 vol., ISBN 978-2-204-02156-7.

    45
  35. Saint Ignace d'Antioche (mort vers 107-117), Lettres aux Magnésiens 6, 1 ; aux Tralliens 3, 1 ; aux Philadelphiens 7, 2 ; aux Smyrniotes 8, 1. Édition critique : Pierre-Thomas Camelot, Ignace d'Antioche – Polycarpe de Smyrne, Lettres, Sources Chrétiennes n° 10 bis, Cerf, Paris, 4ᵉ éd. 1969, ISBN 978-2-204-02246-5.

    46
  36. Saint Augustin, De civitate Dei (La Cité de Dieu), livre X, chapitres 1-4, vers 413-426. Édition critique : Sources Chrétiennes n° 374 (livre X), 1992. Distinction classique entre latreia (culte dû à Dieu seul) et douleia (vénération des saints).

    48
  37. Saint Basile de Césarée, De Spiritu Sancto, XVIII, 45, vers 375. Édition critique : Benoît Pruche, Sur le Saint-Esprit, Sources Chrétiennes n° 17 bis, Cerf, Paris, 2ᵉ éd. 1968, ISBN 978-2-204-02292-2.

    49
  38. Deuxième concile œcuménique de Nicée (Nicée II), 24 septembre – 23 octobre 787, présidé par le patriarche Taraise sous l'impératrice Irène et son fils Constantin VI. Horos dogmatique condamnant l'iconoclasme byzantin. Denzinger §§ 600-603. Septième concile œcuménique reçu par catholiques et orthodoxes ; réception partagée côté protestant (voir corps) : Confession d'Augsbourg, art. XXI (1530) ; Confession helvétique postérieure (1566), ch. IV « Des idoles, images de Dieu, du Christ et des saints ».

    50 51
  39. Walter Kasper, That They May All Be One: The Call to Unity Today, Burns & Oates / Continuum, Londres, 2004, ISBN 978-0-86012-378-5 (p. 89 de l'édition anglaise). Cardinal Walter Kasper (né 1933 à Heidenheim), président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens de 2001 à 2010, théologien fondateur de la JDDJ. L'ouvrage synthétise la position catholique officielle sur l'œcuménisme contemporain — incluant l'évaluation critique des Cinq Solae. Le résumé donné dans le corps de l'article est une paraphrase en français, non une citation verbatim.

    52
  40. Martin Luther, sermon du 11 août 1532, WA vol. 36, p. 287. Voir aussi le Commentaire sur Galates (1535), WA 40/I, p. 71-72. Doctrine partagée par tous les Réformateurs majeurs (Luther, Calvin, Zwingli), massivement abandonnée par le protestantisme évangélique américain du XXᵉ siècle.

    53
  41. Colloque de Marbourg, 1-4 octobre 1529, organisé par le landgrave Philippe Iᵉʳ de Hesse. Quatorze articles communs signés (Articles de Marbourg) ; le quinzième, sur la Présence réelle eucharistique, ne put être agréé. Édition critique : WA, vol. 30/III, p. 92-159.

    54
  42. Jean Calvin, Institutio Christianae Religionis, livre IV, chapitres 17-18 (édition 1559) — théorie de la « présence pneumatique » du Christ dans la Cène. Position intermédiaire entre Zwingli (mémorialisme) et Luther (consubstantiation).

    55
  43. Martin Luther, Predigten (Sermons) 1527, WA vol. 17/II, p. 280. Luther tient l'Immaculée Conception comme « pieuse et probable » (le dogme ne sera proclamé qu'en 1854 par Pie IX, bulle Ineffabilis Deus, Denzinger § 2803).

    56
  44. Martin Luther, Das Magnificat verdeutscht und ausgelegt, Wittenberg, 1521. WA, vol. 7, p. 538-604. Commentaire spirituel mariologique dédié au prince Jean Frédéric de Saxe.

    57
  45. Brad S. Gregory, The Unintended Reformation: How a Religious Revolution Secularized Society, Belknap Press of Harvard University Press, Cambridge MA, 2012, 592 p., ISBN 978-0-674-04563-7. Gregory, Dorothy G. Griffin Professor of Early Modern European History à l'Université Notre-Dame, soutient que les Cinq Solae appliqués sans Tradition vivante ont engendré le pluralisme religieux contemporain et la sécularisation moderne — l'opposé exact du but réformateur. Voir spécifiquement le chapitre 4 « Subjectivizing Morality » sur l'érosion doctrinale chronique post-Réforme. Le résumé donné dans le corps de l'article est une paraphrase en français, non une citation verbatim.

    59
  46. John Henry Newman, An Essay on the Development of Christian Doctrine, James Toovey, Londres, 1845 ; édition révisée 1878. La sentence « To be deep in history is to cease to be a Protestant » figure dans l'introduction, § 5, p. 8 de l'édition de 1845. Texte intégral sur Project Gutenberg — Newman. Newman fut reçu dans l'Église catholique le 9 octobre 1845. Canonisé par le pape François le 13 octobre 2019.

    60
  47. Christian Smith, The Bible Made Impossible: Why Biblicism Is Not a Truly Evangelical Reading of Scripture, Brazos Press, Grand Rapids, 2011, 220 p., ISBN 978-1-58743-303-5. Christian Smith, William R. Kenan Jr. Professor of Sociology à l'Université Notre-Dame, ancien méthodiste devenu catholique en 2011. L'expression « pervasive interpretive pluralism » figure pp. 16-25.

    62
  48. Annuario Pontificio 2024 et Annuarium Statisticum Ecclesiae 2022, Libreria Editrice Vaticana, Cité du Vatican, mars-avril 2024 (données arrêtées au 31 décembre 2022). Le nombre de catholiques baptisés dans le monde est estimé à 1,389 milliard à fin 2022 (contre 1,378 milliard à fin 2021).

    63
  49. Joseph A. Fitzmyer S.J., Romans: A New Translation with Introduction and Commentary, Anchor Bible Commentary vol. 33, Doubleday, New York, 1993, 793 p., ISBN 978-0-385-23980-4. Sur Rm 3, 28 : Fitzmyer montre que « les œuvres de la Loi » chez Paul désignent spécifiquement les œuvres prescrites par la Torah mosaïque, et non les œuvres morales chrétiennes (p. 337-340).

    64
  50. Concile de Trente, session VI, canon 16 (De certitudine perseverantiae), 13 janvier 1547. Denzinger § 1566. Condamnation de la doctrine de la « certitude absolue » du salut.

    65
  51. Vatican II, Unitatis Redintegratio (Décret sur l'œcuménisme), promulgué par Paul VI le 21 novembre 1964. § 3 sur les « éléments de sanctification » présents dans les communautés issues de la Réforme. Texte officiel français sur vatican.va — Unitatis Redintegratio.

    67 68
  52. Conseil mondial méthodiste, Methodist Affirmation of the Joint Declaration on the Doctrine of Justification, signée à Séoul le 18 juillet 2006. Adhésion formelle du World Methodist Council (plus de 80 millions de membres dans plus de 80 Églises et 138 pays).

    71
  53. World Communion of Reformed Churches (WCRC), Wittenberg Witness, signée à Wittenberg le 5 juillet 2017 dans le cadre du 500ᵉ anniversaire de la Réforme. Adhésion de la WCRC (~80 millions de réformés calvinistes-presbytériens).

    72
  54. Anglican Consultative Council, Resolution 16.17 (associating with the JDDJ), Lusaka 2016, formalisée en 2017. Voir aussi Walking Together on the Way, document de la Anglican Roman Catholic International Commission (ARCIC), 2018.

    73
  55. Fédération luthérienne mondiale (Lutheran World Federation, Genève) : plus de 77 millions de luthériens dans 99 pays (chiffre officiel de la FLM, repris en 2024-2025). C'est cette communion qui a signé la JDDJ avec l'Église catholique à Augsbourg le 31 octobre 1999.

    74
  56. Geoffrey Wainwright (1939-2020), théologien méthodiste britannique, professeur à Duke University, co-président du dialogue catholique-méthodiste : Embracing Purpose: Essays on God, the World and the Church, Epworth Press, Londres, 2007, ISBN 978-0-7162-0609-2. Le résumé donné dans le corps de l'article est une paraphrase en français, non une citation verbatim — l'expression de « renversement copernicien » précédemment attribuée entre guillemets n'a pas pu être vérifiée à la page exacte et a donc été retirée.

    75
  57. Déclaration commune signée par le pape François et l'évêque Munib Younan (président de la Fédération luthérienne mondiale), cathédrale luthérienne de Lund (Suède), 31 octobre 2016. Texte intégral sur vatican.va — Lund 2016.

    76 77
  58. Cardinal Walter Kasper, Manuel pratique de l'œcuménisme spirituel, Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, 2007. Texte français sur vatican.va.

    78