Saint Jean Leonardi (1541-1609)

Pharmacien lucquois devenu prêtre, Jean Leonardi inventa une catéchèse populaire des enfants et fonda en 1574 l'ordre des Clercs réguliers de la Mère de Dieu. Banni de Lucques en 1584, il devint à Rome l'ami de saint Philippe Néri et l'un des inspirateurs de la future Propagande de la Foi.

Ignispedia

Saint Jean Leonardi — en italien Giovanni Leonardi, 1541-1609 — fut pharmacien avant d'être prêtre, et réformateur avant d'être fondateur. Né dans un village de la campagne lucquoise, formé une décennie durant au métier d'apothicaire, il renonça à l'officine pour le sacerdoce et inventa, dans les rues de Lucques, une catéchèse populaire des enfants qui allait essaimer dans toute l'Italie.[1][2]

De cette œuvre naquit, le 1ᵉʳ septembre 1574, une petite compagnie de prêtres réformés qui deviendra l'ordre des Clercs réguliers de la Mère de Dieu. Mais Lucques ne pardonna pas à Leonardi son zèle réformateur : accusé de troubler l'ordre public, il fut banni à perpétuité de sa ville natale en 1584. Réfugié à Rome, il y devint l'ami et l'hôte de saint Philippe Néri, le réformateur des monastères bénédictins pour le compte de Clément VIII, et l'un des artisans, avec Mgr Juan Bautista Vives, du projet missionnaire qui allait inspirer la future Sacrée Congrégation de la Propagande de la Foi.[3][4]

Mort en 1609 d'une épidémie contractée au chevet des malades de Rome, il fut béatifié en 1861, canonisé en 1938, et proclamé patron des pharmaciens en 2006 — hommage tardif rendu à l'apothicaire qui avait quitté l'officine pour distribuer, selon la formule attribuée que Benoît XVI rapporte de lui, « le remède de Dieu », qui est le Christ crucifié et ressuscité.[5]

Sa vie appartient tout entière à ce que l'histoire appelle la Réforme catholique du XVIᵉ siècle finissant : non d'abord une controverse de doctrine, mais un mouvement de saints — Philippe Néri, Charles Borromée, Joseph Calasanz, Camille de Lellis — qui refondent de l'intérieur la vie du clergé et la charité populaire. Le présent article traite le saint lui-même ; l'ordre qu'il a fondé et le sanctuaire romain de Santa Maria in Campitelli font l'objet d'articles distincts vers lesquels il renvoie.

Diecimo, la pharmacie et l'appel

Une famille de la campagne lucquoise

Giovanni Leonardi naît en 1541 à Diecimo, hameau de la vallée de la Serchia aujourd'hui rattaché à la commune de Borgo a Mozzano, à quelques kilomètres de Lucques.[6][7] Une notice isolée avance 1543, mais l'ensemble des sources de référence — le Dicastère des Causes des Saints, Wikipédia, l'Encyclopedia.com — retient 1541.[8][9] Il est le dernier de sept enfants d'une famille de propriétaires terriens aisés, non noble mais d'une honnête aisance rurale.[10][11]

Vers 1558, encore adolescent, il participe à Lucques à une association de jeunesse pieuse inspirée par le bienheureux Giovanni Colombini, fondateur des Jésuates — mouvement de laïcs voués à la prière et au service des pauvres, marqué par la spiritualité savonarolienne et placé sous direction dominicaine.[12][13] Cette fréquentation précoce du milieu réformateur laïc lucquois annonce toute son œuvre future.

Dix années de pharmacie

De l’officine à l’autel. Infographie originale IA ; scènes évocatrices. D’après les notices biographiques citées dans cette section.

À dix-sept ans, son père l'inscrit à Lucques dans un cursus régulier d'apprentissage de pharmacien (speziale).[14][15] Pendant près d'une décennie, le jeune Leonardi étudie avec application les simples, les préparations et les remèdes, selon les normes strictes que la République de Lucques imposait à quiconque voulait ouvrir boutique.

L'humanité a un extrême besoin du Christ, seul remède véritable aux maux de l'homme. — Conviction attribuée à Jean Leonardi, dans l'image héritée de son métier de pharmacien. Benoît XVI rapporte qu'il « affirmait avec force » que l'humanité a un extrême besoin du Christ ; la tournure italienne parfois citée entre guillemets ne se retrouve au mot près ni dans les écrits du saint cités par les sources du présent article, ni dans cette catéchèse : c'est une formule attribuée, pas une citation vérifiée.[16]

En 1567, à vingt-six ans, il obtient la reconnaissance officielle qui l'autoriserait à tenir sa propre officine.[17][18] C'est précisément à ce moment — au seuil d'une carrière stable et honorable — qu'il choisit de tout abandonner. Il quitte la pharmacie et entreprend, vers 1568, l'étude de la théologie.[19][20]

L'ordination et la première messe

Le Dizionario Biografico degli Italiani documente précisément le cursus des ordinations de Leonardi : sous-diaconat le 11 mars 1570, diaconat le 31 mars 1571, ordination sacerdotale le 22 décembre de la même année (1571), ad titulum patrimonii.[21] Sa première messe suit à l'Épiphanie 1572 : Benoît XVI, dans sa catéchèse du 7 octobre 2009, rapporte qu'« il giorno dell'Epifania del 1572 celebrò la prima Messa ».[22] Deux dates isolées contredisent cette séquence, et elles sont fausses : le 22 décembre 1572 donné par Wikipédia (IT) pour l'ordination[23], et l'Épiphanie 1571 donnée par la page de l'archidiocèse de Lucques pour la première messe[24] — car une première messe ne peut ni précéder l'ordination, ni même précéder le diaconat. L'article ne retient que la combinaison possible : ordination le 22 décembre 1571, première messe à l'Épiphanie 1572.

Devenu prêtre, Leonardi ne renonce pas à son ancien métier : il le transfigure. Le pharmacien qui savait composer des remèdes pour le corps se voue désormais à distribuer, selon la formule attribuée que Benoît XVI rapporte de lui, le remède de Dieu, qui est le Christ — principe qui commandera toute son action pastorale future.[25] Benoît XVI donne à cette intuition sa formulation la plus dense : transmettre aux hommes, par une vie sainte, « la médecine de Dieu, qui est le Christ crucifié et ressuscité », lui que Leonardi appelait la « mesure de toutes choses ».[26]

L'invention d'une catéchèse populaire

Réunir les enfants dans les églises

Une catéchèse qui rayonne. Infographie originale IA ; scènes évocatrices. D’après Famiglia Cristiana et la New Catholic Encyclopedia, citées dans cette section.

Dès son ordination, le jeune prêtre se consacre à un chantier que le concile de Trente venait de désigner comme prioritaire : l'instruction religieuse des enfants. Il innove en réunissant les garçons de Lucques dans les églises pour un enseignement systématique de la doctrine chrétienne, méthode qui attire bientôt aussi des adultes.[27][28]

Cette Compagnia della Dottrina Cristiana (Compagnie de la Doctrine chrétienne), fondée à l'église San Giovanni della Magione, repose sur une pédagogie simple et répétitive — questions et réponses, mémorisation, dialogue public — qui séduit rapidement l'évêque de Lucques, lequel étend la méthode à toutes les paroisses de la cité.[29][30]

Une méthode qui essaime dans toute l'Italie

Le succès dépasse vite Lucques. La Compagnie de la Doctrine chrétienne, animée par des laïcs formés selon les principes de Leonardi, s'étend à Pescia, Pistoia, Sienne, Naples et Rome.[31] Selon l'Encyclopedia.com, Leonardi publie dès 1574 à Lucques un abrégé de doctrine chrétienne qui restera en usage jusqu'au XIXᵉ siècle, et fonde en 1579 une confrérie dédiée à cet enseignement.[32]

Cette intuition — que la réforme du peuple chrétien commence par les enfants — restera la marque de toute son œuvre. Elle rejoint, à la même génération, celle de saint Pierre Canisius en terres germaniques et de saint Joseph Calasanz, son futur ami romain, pour l'éducation populaire.

La fondation de Santa Maria della Rosa (1er septembre 1574)

Une petite compagnie de prêtres réformés

Santa Maria della Rosa, à Lucques, près de laquelle naît la compagnie de 1574. Photo : Sailko — Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0, sans modification.

Le 1ᵉʳ septembre 1574, près de l'église Santa Maria della Rosa de Lucques, Leonardi réunit deux ou trois compagnons — dont Giovanni Battista Cioni et Giorgio Arrighini — pour fonder la congrégation des Prêtres réformés de la Bienheureuse Vierge.[33][34] Le projet est net : renouveler la vie apostolique du clergé, enseigner la doctrine chrétienne, et préparer la diffusion de la foi au-delà des frontières de la chrétienté.[35]

Selon Santi e Beati, Leonardi définissait ainsi la finalité de sa compagnie naissante : le Seigneur les a appelés non seulement à s'occuper d'eux-mêmes, mais à chercher avec toute diligence le salut du prochain.[36]

Une reconnaissance construite pas à pas

L'histoire institutionnelle de la congrégation s'étend sur près d'un demi-siècle, bien au-delà de la mort du fondateur. Chaque étape est documentée par des actes précis :

  1. 1er septembre 1574
    Fondation à Lucques

    Giovanni Leonardi fonde, près de Santa Maria della Rosa, la congrégation des Prêtres réformés de la Bienheureuse Vierge, avec Giovanni Battista Cioni et Giorgio Arrighini.[37]

  2. 1583
    Érection canonique

    L'évêque de Lucques Alessandro Guidiccioni érige canoniquement la congrégation, avec l'aval du pape Grégoire XIII.[38][39]

  3. 1585
    Premiers statuts approuvés

    Les statuts initiaux de la jeune compagnie reçoivent l'approbation épiscopale.[40]

  4. 13 octobre 1595
    Bref pontifical Ex quo divina majestas

    Le pape Clément VIII confirme la congrégation par ce bref ; Leonardi prend alors le nom religieux de « Giovanni della Madre di Dio ».[41][42]

  5. 1601
    Siège romain à Santa Maria in Portico

    Le cardinal Bartolomeo Cesi donne à la congrégation l'église romaine de Santa Maria in Portico, qui devient son siège.[43]

  6. 1604
    Règle révisée par le cardinal Baronio

    La règle des disciples de Leonardi, révisée par le cardinal Cesare Baronio, est approuvée par Clément VIII.[44]

  7. 1614-1617
    Union puis séparation d'avec les piaristes

    Paul V unit un temps les Léonardins aux Clercs réguliers pauvres de la Mère de Dieu des Écoles pies (piaristes) de saint Joseph Calasanz ; l'union est rescindée trois ans plus tard.[45]

  8. 1619
    Constitutions approuvées

    Les constitutions définitives de la congrégation reçoivent l'approbation pontificale.[46]

  9. 3 novembre 1621
    Élévation en ordre religieux

    Par le bref In supremo Apostolatus, le pape Grégoire XV élève la congrégation au rang d'ordre religieux à vœux solennels, sous le nom de Clercs réguliers de la Mère de Dieu.[47]

Cette lenteur institutionnelle n'a rien d'exceptionnel pour l'époque : elle traduit la prudence de Rome face à toute nouvelle famille religieuse, prudence que Leonardi, mort en 1609, n'aura vu aboutir qu'en partie. L'élévation finale en ordre à vœux solennels, en 1621, survient douze ans après sa mort — signe que son œuvre le dépasse et continue de porter du fruit sans lui.

Le bannissement de Lucques (1584)

« Ennemi de la patrie »

La reconnaissance de la famille léonardine, de 1574 à 1621. Infographie originale IA ; illustrations symboliques. Repères repris de la chronologie précédente.

Le zèle réformateur de Leonardi ne fait pas que des disciples. À Lucques, des notables et une partie du clergé local, hostiles à cette discipline nouvelle et à l'ingérence perçue d'un simple prêtre dans les affaires de la cité, portent contre lui des accusations de troubler l'ordre public.[48][49] En 1584, pendant que Leonardi se trouve à Rome pour obtenir des approbations pontificales, le Sénat de Lucques décrète son bannissement perpétuel, le désignant comme « ennemi de la patrie ».[50][51]

Une enquête, que Leonardi réclame lui-même pour laver son nom, ne trouve aucune preuve contre lui — mais la situation n'en est pas modifiée pour autant : le décret d'exil demeure.[52] Certaines sources évoquent aussi des soupçons d'avoir servi d'informateur au Saint-Office, accusation jamais prouvée mais qui envenime durablement ses relations avec sa ville natale.[53]

L'humilité face à l'injustice

La réaction de Leonardi face à cette persécution est restée, dans la tradition de son ordre, un trait marquant de sa sainteté. Loin de nourrir ressentiment ou récriminations publiques, il fait preuve, selon les biographes anciens, d'une magnanimité et d'une charité constantes envers ses persécuteurs.[54] Il ne reverra jamais Lucques : c'est de Rome, désormais, qu'il continuera de gouverner et de faire grandir son œuvre.

Cette épreuve, loin de briser son élan, l'oriente vers un théâtre plus vaste. Rome, où il n'était venu que pour solliciter des approbations, devient le lieu où sa mission trouvera sa pleine dimension.

Rome : réformateur, ami des saints, prophète missionnaire

L'hôte et l'ami de saint Philippe Néri

Philippe Néri, par Carlo Dolci (1645-1646). The Met, reproduction Wikimedia Commons, CC0.

Exilé à Rome, Leonardi trouve un soutien décisif en la personne de saint Philippe Néri, déjà vénéré comme l'apôtre de la Rome de la Contre-Réforme. Selon l'Enciclopedia Treccani, Leonardi devient l'« hôte et ami » de Néri (« ospite e amico di s. Filippo Neri »), qui le présente au pape Clément VIII et devient, aux dires de plusieurs biographes, une manière de directeur spirituel officieux pour lui.[55][56] Ce compagnonnage rattache Leonardi au cœur même du réseau des grands réformateurs romains de son temps.

Visiteur apostolique des monastères bénédictins

Clément VIII confie à Leonardi une mission délicate : celle de visiteur apostolique, chargé de réformer des congrégations religieuses et de remettre en ordre des monastères relâchés dans leur observance.[57][58] Nommé en 1596 commissaire apostolique pour la réforme des bénédictins du Mont-Vergine, puis chargé en 1601, par le cardinal protecteur de cet ordre, d'une œuvre semblable auprès des Vallombrosains, il applique aux communautés bénédictines une discipline stricte : suppression des monastères comptant moins de douze membres, uniformisation des vêtements, du mobilier et des provisions selon le vœu de pauvreté, suppression des ingérences laïques dans la vie conventuelle.[59][60]

« Le Christ d'abord. » — Devise de Jean Leonardi, résumant le principe qui inspire toutes ses réformes : le Christ au centre du cœur, au centre de l'histoire et du cosmos ; « ou le Christ, ou rien » (anglais : « Christ first of all » ; « Either Christ or nothing! »)[61]

Le cardinal Baronio et la règle définitive

Cesare Baronio. Gravure attribuée à Nicolas de Larmessin et Esme de Boulonois, 1682. Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 selon la notice ; sans modification.

Le cardinal Cesare Baronio, célèbre auteur des Annales ecclésiastiques et proche collaborateur de saint Philippe Néri, devient le protecteur de la congrégation de Leonardi. C'est lui qui révise la règle des disciples du fondateur, révision que Clément VIII approuve en 1604.[62] Baronio va plus loin : selon Famiglia Cristiana, il nomme Leonardi supérieur général de sa propre congrégation en 1603 — geste qui, venant d'une autorité aussi respectée, vaut réhabilitation publique face aux accusations lucquoises.[63]

Le Mémorial à Paul V : un programme de réforme (1608)

Parmi les écrits qui ont le plus marqué la postérité de Leonardi figure son Mémorial adressé au pape Paul V, daté de mars 1608, rédigé conjointement avec Mgr Juan Bautista Vives et le jésuite Martín de Funes.[64][65] Ce texte propose un véritable programme de réforme ecclésiale : la célébration régulière de synodes provinciaux et nationaux permettant un diagnostic précis des maux affligeant l'Église, le renforcement de la catéchèse des enfants dans la pureté de la foi, et le renouvellement de la vie du clergé, condition jugée nécessaire à toute réforme des laïcs.[66]

Leonardi y propose, avec ce que ses biographes qualifient volontiers de « voix prophétique », une réorganisation de la structure ecclésiastique : des conciles provinciaux et régionaux convoqués périodiquement pour traiter des questions pastorales, dont les conclusions remonteraient vers des conciles nationaux célébrés à Rome en présence du pape.[67] Plusieurs de ces intuitions — synodalité régulière, primauté de la formation du clergé, catéchèse enfantine systématique — annoncent, à quatre siècles de distance, des orientations que l'Église retrouvera au concile de Trente déjà en cours d'application et, bien plus tard, dans ses réformes ultérieures.

Cofondateur du projet à l'origine de la Propagande de la Foi

Le projet et son accomplissement après la mort de Leonardi. Infographie originale IA ; scènes évocatrices. D’après le Dicastère des Causes des Saints, cité dans cette section.

À partir de 1603, Leonardi collabore avec Mgr Juan Bautista Vives et le père Martín de Funes à la conception d'un séminaire pour la propagation de la foi, destiné à former des missionnaires pour des terres où le christianisme restait inconnu, en particulier l'Amérique du Sud.[68][69] Entre 1607 et 1608, les trois hommes précisent le projet d'une nouvelle congrégation romaine spécifiquement vouée aux missions.[70]

Il faut ici mesurer les mots avec exactitude, car la mémoire populaire tend à simplifier : Leonardi meurt en 1609, treize ans avant que le pape Grégoire XV n'érige officiellement, en 1622, la Sacrée Congrégation de la Propagande de la Foi, et dix-huit ans avant que Vives ne fonde, en 1627 sous Urbain VIII, le Collège urbain de la Propagande — la future université Urbanienne. Leonardi n'a donc pas personnellement fondé ces institutions ; mais le Dicastère des Causes des Saints, source officielle du Saint-Siège, est formel : il « planifia et contribua à l'institution » de cette future congrégation missionnaire et à la « future naissance » du Collège urbain.[71] Il en est, au sens strict, l'un des inspirateurs et des artisans préparatoires, non le fondateur institutionnel.

Cette œuvre inachevée de son vivant portera un fruit considérable : le Collège urbain de la Propagande formera, sur des siècles, des milliers de prêtres missionnaires, dont un grand nombre deviendront martyrs sur les terres de mission.[72]

Mort et sépulture (1609)

La grippe de Campitelli

Santa Maria in Campitelli, lieu de conservation des reliques depuis 1667. Photo : Lalupa — Wikimedia Commons, domaine public, sans modification.

Au début de l'automne 1609, une épidémie — décrite selon les sources comme une grippe ou une fièvre contagieuse — frappe le quartier romain de Campitelli, atteignant aussi des membres de la propre congrégation de Leonardi.[73][74] Fidèle à l'esprit de charité qui avait marqué toute sa vie, le vieux fondateur, âgé de soixante-huit ans, se dépense au chevet des malades et contracte lui-même le mal.[75][76]

Il meurt le 9 octobre 1609, dans la maison de Santa Maria in Portico à Rome.[77][78] Une synthèse de Santi e Beati situe alternativement sa mort au 8 octobre — divergence mineure, courante pour cette période, que l'article signale par honnêteté sans pouvoir la trancher avec certitude absolue ; la date du 9 octobre, retenue par le Dicastère des Causes des Saints, par Wikipédia et par la paroisse même où il mourut, sert de fête liturgique et fait consensus ; le martyrologe officiel de l'Église l'y inscrit à ce jour.[79]

« L'intense journée terrestre de Leonardi s'était achevée quelques décennies plus tôt, le 9 octobre 1609, dans la maison de Santa Maria in Portico à Rome. » — Paroisse Santa Maria in Portico in Campitelli, rappelant la mort du fondateur[80] (italien : « L'intensa giornata terrena del Leonardi si era chiusa qualche decennio prima il 9 ottobre del 1609 nella casa di Santa Maria in Portico a Roma »)

De Santa Maria in Portico à Santa Maria in Campitelli

Enseveli d'abord près de l'église de Santa Maria in Portico, siège romain de son ordre depuis 1601, Leonardi voit ses restes transférés en 1667 dans la nouvelle église de Santa Maria in Campitelli, bâtie pour abriter l'icône mariale vénérée par sa congrégation.[81][82] C'est là que ses reliques demeurent aujourd'hui, sous l'autel d'une chapelle qui lui est dédiée.

En 1627, dix-huit ans après la mort du fondateur, le pape Urbain VIII procède à la définition canonique définitive de la congrégation.[83] L'œuvre inachevée d'un vivant devient ainsi, par étapes successives, une institution stable de l'Église.

Béatification, canonisation, patronage

Une chronologie aux dates parfois divergentes

Comme pour beaucoup de fondateurs de cette période, transmis autant par la mémoire de leur ordre que par des archives complètes, certaines dates de la vie de Leonardi varient selon les sources consultées. L'article les signale honnêtement plutôt que de forcer une fausse unanimité :

ÉtapeDate retenueVariantes / remarques
Naissance1541, Diecimo1543 dans une notice isolée (Wikipédia IT, page sur l'ordre)[84]
Fin de l'apprentissage de pharmacien1567à 26 ans, selon l'Archidiocèse de Lucques[85]
Ordination sacerdotale22 décembre 157122 décembre 1572 sur Wikipédia (IT) : date erronée, qui rendrait toute première messe de 1571 ou 1572 impossible[86][87]
Première messeÉpiphanie 1572 (6 janvier)Épiphanie 1571 sur la page du diocèse de Lucques : date erronée, antérieure à l'ordination et même au diaconat[88][89]
Fondation à Lucques1ᵉʳ septembre 1574date convergente entre toutes les sources[90][91]
Bannissement de Lucques1584pendant un séjour à Rome pour obtenir des approbations[92]
Mort9 octobre 16098 octobre 1609 dans une synthèse de Santi e Beati[93]
Béatification10 novembre 1861convergence totale des sources[94][95]
Canonisation17 avril 1938convergence totale des sources[96][97]

Inscrit au Martyrologe romain par Léon XIII (1893) — un cas rare

Fait peu banal dans l'histoire des causes de canonisation : selon l'Encyclopedia.com, le nom du bienheureux Leonardi est inscrit dans le Martyrologe romain par le pape Léon XIII dès 1893 — un geste sans précédent pour une figure alors seulement béatifiée et non encore canonisée.[98] Ce privilège exceptionnel, accordé quarante-cinq ans avant sa canonisation officielle, témoigne de la place déjà considérable que Leonardi occupait dans la mémoire liturgique romaine, notamment en raison du rayonnement de l'œuvre missionnaire qu'il avait contribué à préparer.

Béatification (1861) et longue attente jusqu'à la canonisation (1938)

Le pape Pie IX béatifie Giovanni Leonardi le 10 novembre 1861, plus de deux siècles et demi après sa mort.[99][100] Il faudra attendre encore près de soixante-dix-sept ans pour que le pape Pie XI procède à sa canonisation, le 17 avril 1938, en la basilique Saint-Pierre de Rome.[101][102] Ce long délai, fréquent pour les causes anciennes rouvertes après des siècles, n'a rien d'un signe de doute : il tient aux aléas propres de l'histoire des procès de canonisation, dont l'instruction pouvait s'interrompre puis reprendre au gré des circonstances politiques et ecclésiales.

Patron des pharmaciens (2006)

Près de quatre siècles et demi après avoir quitté son officine de Lucques pour le sacerdoce, Jean Leonardi reçoit un hommage qui referme le cercle de sa propre vocation : le 8 août 2006, la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements le proclame patron de tous les pharmaciens.[103][104] Le jeune apothicaire lucquois, qui avait renoncé à la pharmacie terrestre pour dispenser le seul remède qu'il jugeait vraiment souverain, devient ainsi le protecteur céleste de ceux qui exercent aujourd'hui le métier qu'il avait lui-même appris.

Proposé en modèle aux prêtres (2009)

Trois ans plus tard, pour le quatrième centenaire de sa mort et en pleine Année sacerdotale, Benoît XVI consacre à Jean Leonardi sa catéchèse de l'audience générale du 7 octobre 2009 : il salue en lui une « lumineuse figure sacerdotale » à proposer en exemple à tous les prêtres, et rappelle à partir de sa vie que toute réforme touche certes les structures, mais doit d'abord porter ses fruits dans le cœur des croyants : seuls les saints renouvellent l'Église.[105][106] Le National Catholic Register résume alors son héritage d'un mot : le « pourvoyeur de la médecine de Dieu » — provider of God's medicine.[107]

La spiritualité de saint Jean Leonardi

Le Christ, seul remède véritable

Le Christ d’abord : quatre dimensions de sa vie spirituelle. Infographie originale IA ; scènes évocatrices. Synthèse des sources citées dans cette section.

Toute la spiritualité de Leonardi tient dans une conviction unique, héritée directement de son passé de pharmacien : le Christ est l'unique remède dont l'humanité a un besoin extrême.[108] Sa devise, « Cristo innanzitutto » — le Christ d'abord —[109], résume un principe qu'il applique sans relâche à chacune de ses réformes : la vie du clergé, celle des religieux, celle des laïcs ne se mesurent qu'à leur fidélité concrète au Christ, jamais à des habitudes, des privilèges ou des traditions humaines devenues des obstacles.

La réforme par la base : enfants et clergé

Contrairement à d'autres réformateurs de son temps, davantage tournés vers les structures ou la doctrine savante, Leonardi choisit de réformer par la base : d'abord les enfants, par une catéchèse simple et répétée ; ensuite le clergé, par une discipline de vie exigeante. Son Mémorial à Paul V l'exprime sans détour : le renouvellement du clergé est la « prémisse nécessaire » à toute réforme des laïcs.[110] Cette conviction — que l'Église ne se réforme jamais d'abord par ses lois mais par la sainteté concrète de ceux qui l'incarnent — traverse toute son œuvre, de la Compagnie de la Doctrine chrétienne jusqu'à la visite des monastères bénédictins.

La douceur envers les persécuteurs

Le bannissement injuste de 1584 aurait pu nourrir chez un homme moins vertueux amertume et esprit de revanche. La tradition retient au contraire chez Leonardi une magnanimité et une charité constantes envers ceux qui l'avaient calomnié et chassé de sa propre ville.[111] Cette capacité à traverser l'injustice sans aigreur, à continuer de servir l'Église depuis l'exil plutôt que de se replier sur son ressentiment, est l'un des traits les plus discrètement héroïques de sa vie — et l'un des moins souvent racontés.

Une piété eucharistique et pénitentielle

La tradition de son ordre retient également que Leonardi encouragea la pratique des Quarante-Heures d'adoration et de la communion fréquente, insistant sur la discipline monastique et la fidélité au vœu de pauvreté au sein des communautés qu'il visitait ou réformait.[112] Rien chez lui d'un simple organisateur : la réforme extérieure des structures n'a de sens, pour lui, que si elle s'enracine dans une vie sacramentelle intense et une pauvreté réellement vécue.

L'héritage : de Lucques à l'université Urbanienne

Une génération de saints réformateurs

Leonardi appartient à cette génération romaine de saints qui, entre le concile de Trente et le premier XVIIᵉ siècle, refondent la vie apostolique de l'Église non par la polémique mais par l'exemple concret : saint Philippe Néri, son ami et hôte à Rome ; saint Charles Borromée, réformateur de Milan ; saint Camille de Lellis, serviteur des malades ; saint Joseph Calasanz, dont l'ordre des piaristes fut un temps uni au sien sous Paul V ; saint Pierre Canisius, autre pionnier de la catéchèse. À la même époque encore, saint François de Sales réforme la pastorale du diocèse d'Annecy, tandis que sainte Thérèse d'Avila et saint Jean de la Croix réforment le Carmel. Benoît XVI lui-même, présentant Leonardi comme modèle aux prêtres en 2009, l'inscrit dans cette constellation de témoins lumineux : Charles Borromée, Philippe Néri, Ignace de Loyola, Joseph Calasanz, Camille de Lellis et Louis de Gonzague.[113] Partout, la réponse catholique à la crise du XVIᵉ siècle passe d'abord par la sainteté agissante plutôt que par la seule controverse théologique.

L'ordre aujourd'hui

Les Clercs réguliers de la Mère de Dieu, élevés en ordre à vœux solennels par Grégoire XV en 1621, poursuivent aujourd'hui leur mission dans plusieurs pays, sur les fondements posés par leur fondateur : formation du clergé, catéchèse, service apostolique.[114][115] L'ordre et le sanctuaire de Santa Maria in Campitelli font l'objet d'articles dédiés, vers lesquels renvoie le présent texte.

Le Collège urbain, semence de martyrs

L'intuition missionnaire que Leonardi partagea avec Vives et de Funes, formalisée après sa mort en la Sacrée Congrégation de la Propagande de la Foi (1622) puis le Collège urbain (1627), devint l'une des pépinières les plus fécondes de missionnaires de l'histoire moderne de l'Église — dont un grand nombre payèrent de leur vie leur fidélité à la mission qu'ils y avaient reçue.[116] Le pharmacien banni de Lucques n'aura vu de son vivant qu'une esquisse de cette œuvre ; il en reste l'un des inspirateurs les plus discrets et les plus décisifs.

Que retenir de saint Jean Leonardi ?

Saint Jean Leonardi offre le portrait rare d'un homme qui quitte une carrière assurée — la pharmacie, à vingt-six ans, au moment même où elle s'ouvrait pleinement à lui — pour se consacrer à une réforme dont il ne verra jamais l'achèvement : ni l'érection définitive de son ordre en 1621, ni la naissance de la Propagande de la Foi en 1622, ni celle du Collège urbain en 1627.

« Le pharmacien qui avait appris à composer des remèdes pour les corps passa sa vie à distribuer le seul remède qu'il jugeait souverain : le Christ. » — Résumé de la trajectoire de Jean Leonardi, entre l'officine de Lucques et l'autel de Rome

Banni injustement de sa propre ville, il ne cède ni à l'amertume ni au repli, mais transforme l'exil en fécondité romaine : ami des saints de son temps, réformateur des monastères, inspirateur d'une œuvre missionnaire qui formera des générations de martyrs. Patron des pharmaciens depuis 2006, il demeure la figure discrète mais décisive d'une Réforme catholique qui a préféré, à chaque tournant, la sainteté concrète à la seule controverse.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Wikipédia (IT), « Giovanni Leonardi » : naissance à Diecimo (Borgo a Mozzano), province de Lucques, en 1541, de propriétaires terriens aisés ; apprentissage de pharmacien dès 17 ans à Lucques auprès de la confrérie laïque des Colombini, proche de la spiritualité savonarolienne sous direction dominicaine ; exercice de la pharmacie pendant environ dix ans ; vers 1568, décision d'étudier la théologie ; ordonné prêtre le 22 décembre 1572 ; fondation le 1ᵉʳ septembre 1574 près de l'église Santa Maria della Rosa de Lucques de la congrégation des Prêtres réformés de la Bienheureuse Vierge, avec Giovanni Battista Cioni et Giorgio Arrighini ; bannissement perpétuel de Lucques en 1584 sur accusation de troubler l'ordre public ; renommée croissante à Rome, où Clément VIII le charge de réorganiser des congrégations religieuses et de réformer des monastères.

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  2. Santi e Beati (santiebeati.it, n° 29500), « San Giovanni Leonardi » : envoyé par sa famille apprendre le métier de pharmacien à Lucques ; fondation de la Compagnia della Dottrina Cristiana en l'église San Giovanni della Magione, sur l'instruction systématique des enfants ; reconnaissance des Chierici Regolari della Madre di Dio par Grégoire XV en 1621 ; accusations de « troubler l'ordre public » et exil décrété par le Sénat de Lucques ; visiteur apostolique, ami de saint Joseph Calasanz, médiateur de plusieurs conflits ecclésiaux ; contribution vers 1603 à la fondation de la congrégation de la Propagande de la foi pour la formation de missionnaires destinés aux « Indes » ; mort du fondateur (résumé synthétique donnant le 8 octobre 1609) ; la notice résume la finalité assignée par Leonardi à sa compagnie — chercher avec diligence le salut du prochain autant que le sien propre — sans citer de texte verbatim du fondateur (aucune œuvre, page ou chapitre indiqués dans cette notice).

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  3. Dicastère des Causes des Saints — Saint-Siège (causesanti.va), notice « Giovanni Leonardi (1541-1609) » : naissance à Diecimo en 1541, dernier de sept enfants d'une famille de propriétaires terriens ; formation de pharmacien puis ordination sacerdotale ; fondation de la Compagnia della Dottrina Cristiana puis de la congrégation des Prêtres réformés de la Bienheureuse Vierge (1ᵉʳ septembre 1574) ; bannissement perpétuel de Lucques en 1584 comme « ennemi de la patrie » ; visiteur apostolique réformateur des monastères bénédictins à Rome pour Clément VIII ; conception avec Mgr Juan Bautista Vives et le P. Martín de Funes, entre 1607 et 1608, d'une nouvelle congrégation pour la propagation de la foi, à l'origine de la future Sacrée Congrégation de la Propagande de la Foi et du futur Collège urbain de la Propagande ; mort le 9 octobre 1609 de la grippe contractée en soignant les malades du quartier romain de Campitelli ; béatifié le 10 novembre 1861 par Pie IX ; canonisé le 17 avril 1938 par Pie XI en la basilique Saint-Pierre ; proclamé patron des pharmaciens le 8 août 2006.

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  4. Famiglia Cristiana, « Giovanni Leonardi, un profeta al tempo della Riforma cattolica » : naissance à Diecimo près de Lucques en 1541 ; débuts comme pharmacien puis sacerdoce à 26 ans, première messe en 1571 ; catéchèse innovante réunissant enfants puis adultes ; Compagnia della Dottrina Cristiana étendue à Pescia, Pistoia, Sienne, Naples et Rome ; fondation en 1574 de la Confraternita dei preti Riformati ; cofondation en 1603 du Collège urbain de la Propagande avec Mgr G.B. Vivès et le P. Martín de Funes ; décret de bannissement perpétuel de Lucques pour « troubler l'ordre public », malgré une enquête n'ayant trouvé aucune preuve ; Memoriale a Paolo V (mars 1608) proposant synodes provinciaux et nationaux, renforcement de la catéchèse enfantine et réforme du clergé comme « prémisse nécessaire » à la réforme des laïcs ; amitié avec saint Philippe Néri, qui le présente à Clément VIII ; le cardinal Baronio, collaborateur de Néri et protecteur de la congrégation, révise sa règle (approuvée en 1604) et le nomme supérieur général en 1603 ; magnanimité et charité envers ses persécuteurs ; promotion des Quarante-Heures et de la communion fréquente ; béatifié en 1861, canonisé en 1938.

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  5. Benoît XVI, Audience générale du 7 octobre 2009 (place Saint-Pierre), catéchèse donnée pour le quatrième centenaire de la mort de saint Jean Leonardi (vatican.va) : naissance à Diecimo en 1541, dernier de sept enfants ; une dizaine d'années d'apprentissage d'apothicaire à Lucques puis première messe le jour de l'Épiphanie 1572 ; fondation le 1ᵉʳ septembre 1574 de la congrégation des Prêtres réformés de la Bienheureuse Vierge ; « la médecine de Dieu, qui est le Christ crucifié et ressuscité », appelé la « mesure de toutes choses » ; « le Christ d'abord » et « ou le Christ, ou rien » comme recettes de toute réforme ; « lumineuse figure sacerdotale » proposée en exemple à tous les prêtres pendant l'Année sacerdotale ; canonisé le 17 avril 1938, choisi comme patron des pharmaciens le 8 août 2006 (anglais : « the medicine of God, which is the Crucified and Risen Jesus Christ, the "measure of all things" » ; « Christ first of all » ; « Either Christ or nothing! » ; « a luminous priestly figure whom I like to point out as an example to all presbyters in this Year for Priests » ; italien : « fu ordinato sacerdote e il giorno dell'Epifania del 1572 celebrò la prima Messa » ; « E di Cristo – affermava con forza – l'umanità ha estremo bisogno », rapporté au style indirect, sans guillemets d'authenticité ; « Cristo innanzitutto » ; « O Cristo o niente »).

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  6. Enciclopedia Treccani, Dizionario Biografico degli Italiani, « Giovanni Leonardi, santo » : naissance à Diecimo, Borgo a Mozzano, en 1541 (parfois 1543 selon une notice isolée) ; cursus des ordinations (sous-diaconat le 11 mars 1570, diaconat le 31 mars 1571, ordination sacerdotale le 22 décembre de la même année, ad titulum patrimonii) ; fondation de la congrégation en 1574 à Lucques ; établissement d'une compagnia della dottrina cristiana ; installation à Rome où Leonardi devient « ospite e amico di s. Filippo Neri » (hôte et ami de saint Philippe Néri) ; action inscrite dans le mouvement de la Réforme catholique du XVIᵉ siècle.

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  7. Encyclopedia.com (d'après la New Catholic Encyclopedia), « Leonardi, John, St. » : naissance à Diecimo près de Lucques vers 1541 ; apprentissage de pharmacien avant l'ordination vers 1572 ; formation immédiate de laïcs catéchistes après l'ordination ; établissement de la confrérie de la doctrine chrétienne en 1579 ; publication à Lucques en 1574 d'un abrégé de doctrine chrétienne resté en usage jusqu'au XIXᵉ siècle ; approbation épiscopale de la congrégation en 1583, approbation pontificale en 1595 ; ordre formellement établi comme Clercs réguliers de la Mère de Dieu en 1621 ; cofondation en 1603 d'un séminaire pour les missions étrangères ; mort après avoir soigné des confrères pendant une épidémie de grippe ; nom inscrit au Martyrologe romain par Léon XIII dès 1893, fait sans précédent pour un simple bienheureux ; béatifié en 1861, canonisé en 1938 ; reliques à Santa Maria in Campitelli ; proclamé patron des pharmaciens le 8 août 2006 par la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements ; fête le 9 octobre.

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  8. Wikipédia (EN), « John Leonardi » : né en 1541 à Diecimo (aujourd'hui Borgo a Mozzano), dernier de sept enfants d'une famille de la classe moyenne ; dix années de formation de pharmacien à Lucques dès l'âge de 17 ans ; ordonné en 1572 comme clerc apostolique de Saint-Jérôme ; ministère de formation chrétienne des adolescents et engagement de laïcs dans les hôpitaux et les prisons ; association reconnue par l'évêque de Lucques avec approbation pontificale de Grégoire XIII en 1583 ; congrégation confirmée par Clément VIII en 1595, le fondateur prenant le nom religieux de « Giovanni della Madre di Dio » ; cofondateur en 1603, avec le cardinal J. Vivès, d'un séminaire pour la Propagande de la foi ; communauté officiellement désignée « Clercs réguliers de la Mère de Dieu » en 1621 ; ami de saint Philippe Néri, devenu à Rome une manière de directeur spirituel ; commissaire apostolique nommé en 1596 pour la réforme des bénédictins du Mont-Vergine, puis chargé en 1601 par le cardinal protecteur de cet ordre d'une mission semblable auprès des Vallombrosains ; mort le 9 octobre 1609 à Rome de la grippe contractée en assistant des confrères malades ; béatifié le 10 novembre 1861 par Pie IX ; canonisé le 17 avril 1938 par Pie XI ; reliques en l'église Santa Maria in Campitelli.

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  9. Archidiocèse de Lucques (diocesilucca.it), « San Giovanni Leonardi » : naissance à Diecimo en 1541 ; vers 1558, fondation d'une association de jeunesse inspirée par le bienheureux Giovanni Colombini ; abandon de la pharmacie en 1567 à 26 ans pour étudier ; première messe à l'Épiphanie 1571 ; rédaction des premières Constitutions en 1584 ; départ pour Rome en 1587 ; approbation des Constitutions par Clément VIII en 1604 ; mort le 9 octobre 1609 à Santa Maria in Portico, pendant une épidémie ; définition canonique de la congrégation par Urbain VIII en 1627 ; transfert des restes à Santa Maria in Campitelli en 1667 ; canonisation le 17 avril 1938 par Pie XI ; amitié avec saint Joseph Calasanz ; collaboration au projet missionnaire de la Propagande de la foi vers 1603.

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  10. Wikipédia (IT), « Chierici regolari della Madre di Dio » : fondation à Lucques par Giovanni Leonardi avec Giovanni Battista Cioni et Giorgio Arrighini, le 1ᵉʳ septembre 1574, de la congrégation des Prêtres réformés de la Bienheureuse Vierge ; érection canonique par l'évêque Alessandro Guidiccioni en 1583, statuts approuvés en 1585 ; approbation pontificale par Clément VIII par le bref Ex quo divina majestas du 13 octobre 1595 ; don en 1601 par le cardinal Bartolomeo Cesi de l'église Santa Maria in Portico à Rome comme siège romain ; union temporaire par Paul V, en 1614, avec les Clercs réguliers pauvres de la Mère de Dieu des Écoles pies (piaristes de Joseph Calasanz), dissoute trois ans plus tard ; constitutions approuvées en 1619 ; élévation en ordre religieux à vœux solennels par Grégoire XV par le bref In supremo Apostolatus du 3 novembre 1621 ; présence actuelle en Italie, au Chili, en Inde et au Nigeria.

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  11. Paroisse Santa Maria in Portico in Campitelli (santamariainportico.it), « San Giovanni Leonardi » : mort le 9 octobre 1609 en la maison de Santa Maria in Portico à Rome (« L'intensa giornata terrena del Leonardi si era chiusa qualche decennio prima il 9 ottobre del 1609 nella casa di Santa Maria in Portico a Roma ») ; transfert des restes mortels en l'église Santa Maria in Campitelli en 1667, où ils sont toujours vénérés aujourd'hui.

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  12. Martyrologium Romanum, le martyrologe officiel de l'Église catholique : saint Jean Leonardi, prêtre et fondateur des Clercs réguliers de la Mère de Dieu, y est inscrit au 9 octobre, jour anniversaire de sa mort à Rome (1609) et de sa fête liturgique.

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  13. Catholic News Agency, page « St. John Leonardi » (catholicnewsagency.com) : fondateur d'un ordre religieux et artisan du dicastère devenu la Congrégation pour l'évangélisation des peuples ; déclaré patron des pharmaciens en 2006 en raison de son premier métier ; salué par Benoît XVI lors de l'audience générale de 2009 comme une « lumineuse figure sacerdotale » et un modèle pour le clergé contemporain.

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  14. National Catholic Register, « St. John Leonardi, Provider of God's Medicine » (ncregister.com, à l'occasion du quatrième centenaire de 2009) : canonisé le 17 avril 1938, proclamé patron des pharmaciens le 8 août 2006, resté dans les mémoires pour son grand zèle missionnaire.

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  15. Ordre des Clercs réguliers de la Mère de Dieu — site officiel (ordinedellamadredidio.org), qui perpétue la mémoire du fondateur et la vie actuelle de la famille religieuse née le 1ᵉʳ septembre 1574 et élevée en ordre à vœux solennels en 1621.

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