Paschal Baylon (en espagnol Pascual Baylón, 1540-1592) est un frère convers franciscain espagnol de la réforme alcantarine, resté dans la mémoire de l'Église comme le grand témoin populaire de la dévotion à l'Eucharistie. Ancien berger illettré des hautes terres d'Aragon, il fut d'abord refusé à la vie religieuse avant d'être admis, à vingt-quatre ans, comme frère lai — un état qu'il choisit délibérément en refusant l'ordination sacerdotale, pour se consacrer aux tâches les plus humbles du couvent.[1][2]
Portier, quêteur et parfois cuisinier pendant près de trente ans, il passait ses nuits en adoration silencieuse devant le Saint Sacrement, au point que ses contemporains le disaient parfois suspendu dans les airs par l'intensité de sa contemplation.[3][4] Envoyé en mission à Paris en 1576, en pleines guerres de Religion, il défendit la doctrine catholique de la présence réelle face à des prédicateurs calvinistes et faillit y laisser la vie sous les pierres d'une foule huguenote.[5][6]
Mort à Villarreal le jour de la Pentecôte — au lendemain de ses cinquante-deux ans —, il fut béatifié par Paul V en 1618, puis canonisé par Alexandre VIII le 16 octobre 1690.[7][8] En 1897, le pape Léon XIII le proclama patron universel des œuvres et congrès eucharistiques : un frère lai sans lettres devint ainsi, trois siècles après sa mort, le saint patron officiel de l'un des mouvements les plus internationaux de la piété catholique moderne.[9][10]
Sa fête est fixée au 17 mai, jour de sa mort. Il est aujourd'hui vénéré comme protecteur de sa ville natale de Torrehermosa, de Villarreal (Vila-real), du diocèse de Segorbe-Castellón, des bergers, des cuisiniers et — jusqu'aux Philippines, où son nom se confond dans la piété populaire avec le mot espagnol bailar, « danser » — des couples qui implorent un enfant.[11][12]
Un berger d'Aragon (1540-1564)
En quelques dates
- 16 mai 1540Naissance à Torrehermosa
Pascual Baylón naît à Torrehermosa, village d'Aragon, jour de la Pentecôte — d'où son prénom, « Pascual », donné en Espagne aux enfants nés à cette fête appelée localement la « Pâque du Saint-Esprit ».[13][14]
- Vers 1547-1560Berger à Alconchel de Ariza
De sept à environ vingt ans, il garde les troupeaux à Alconchel de Ariza (province de Saragosse), s'instruisant lui-même à lire dans des livres de piété.[15]
- Vers 1560Départ pour le royaume de Valence
- Vers 1560-1564La vision de l'Ermita de la Aparición
Près d'Orito, il reçoit une grâce mystique — une vision du Christ dans l'Eucharistie — à l'ermitage dit « de l'Apparition », qui achève de décider sa vocation religieuse.[18][19]
- 1564Vêture au couvent Saint-Joseph d'Elche
- 2 février 1565Profession religieuse à Orito
- 1576Mission eucharistique en France
Envoyé par le ministre général Christophe de Cheffontaines porter des messages à Paris, il traverse la France des guerres de Religion et défend la présence réelle contre les Huguenots.[24][25]
- 1580-1583Le couvent de Santa Ana del Monte
Il séjourne au couvent de Santa Ana del Monte, à Jumilla, l'un des nombreux postes qu'il occupe dans la province franciscaine d'Alicante.[26]
- 1587-1589Installation définitive à Villarreal
- 17 mai 1592Mort à Villarreal
Il meurt au moment de l'élévation de l'hostie, le dimanche de la Pentecôte, à cinquante-deux ans.[28][29]
- 29 octobre 1618Béatification
- 16 octobre 1690Canonisation
- 28 novembre 1897Patron des œuvres eucharistiques
Le pape Léon XIII le proclame patron universel des congrès et associations eucharistiques.[34][35]
L'enfant de la Pentecôte
Pascual — son nom de baptême dérive de Pascua de Pentecostés, la « Pâque de Pentecôte » en usage populaire espagnol — naît le 16 mai 1540 à Torrehermosa, modeste village situé à la frontière de la Castille et de l'Aragon.[36][37] Ses parents, Martín Baylón et Isabel (ou Elizabeth) Jubera, sont des paysans pauvres mais profondément pieux : c'est sa mère qui, la première, lui enseigne la vénération du Saint Sacrement — dévotion qui deviendra, selon tous les témoignages, le centre absolu de sa vie spirituelle.[38][39]
Dès l'âge de sept ans, l'enfant est mis au service d'un propriétaire pour garder les troupeaux, d'abord à Alconchel de Ariza, dans la province de Saragosse.[40] Illettré comme la plupart des enfants de sa condition, il apprend seul, dans la solitude des pâturages, à déchiffrer les livres de prière qu'il se procure — un exploit rare pour un jeune berger du XVIᵉ siècle, qui dit déjà la ténacité de son caractère.[41][42] Sa probité devient proverbiale : lorsque ses bêtes causaient des dégâts dans les champs voisins, il offrait spontanément de dédommager les propriétaires sur son propre salaire.[43][44] La Catholic Encyclopedia de 1911 résume : « de sa septième à sa vingt-quatrième année, il mena la vie d'un berger, et pendant toute cette période exerça une influence salutaire sur ses compagnons »[45].
Le sacrifice caché et le catéchisme des cloches
Le jeune berger avait trouvé, dans la solitude de la campagne, une méthode de prière rythmée par les cloches des églises lointaines : chaque fois qu'il entendait sonner l'élévation d'une messe, où qu'il se trouve, il s'arrêtait, se découvrait et adorait en silence, à genoux au milieu de son troupeau.[46][47] Cette discipline enfantine, apprise sans maître, préfigure déjà toute la physionomie spirituelle de l'homme qu'il deviendra : une dévotion eucharistique qui ne dépend d'aucune église visible, mais s'exerce partout où sonne l'appel du Christ présent.
Selon la tradition la mieux attestée, il sculptait lui-même, sur son bâton de berger, l'image de la Vierge Marie couronnée d'une hostie rayonnante — un objet de piété personnel qu'il plantait en terre pour prier devant lui comme devant un petit oratoire mobile.[48] Ce geste artisanal, typique de la piété populaire espagnole du Siècle d'or, condense en un seul objet les deux axes de toute sa vie : Marie et l'Eucharistie.
Le service à Monforte del Cid et la vision de l'Ermita de la Aparición
Vers sa vingtième année, Pascual quitte l'Aragon pour le royaume de Valence, où il entre au service du propriétaire terrien Aparicio Martínez, à Monforte del Cid, dans la province d'Alicante, poursuivant son office de berger.[49][50] C'est dans cette région, non loin du village voisin d'Orito, que se produit l'événement décisif de sa jeunesse : selon la tradition biographique la mieux établie, il reçoit à l'Ermita de la Aparición (« l'ermitage de l'Apparition ») une vision du Christ dans l'Eucharistie, grâce qui achève de le déterminer à quitter le monde.[51][52]
L'épisode, rapporté par plusieurs sources indépendantes bien que dans des termes parfois différents, s'accorde sur l'essentiel : un ange serait apparu au jeune berger au moment où sonnait l'élévation d'une messe lointaine, lui manifestant l'Hostie consacrée pour son adoration.[53] Quelle que soit la part exacte que l'hagiographie postérieure a pu enjoliver dans les détails, la tradition d'une expérience mystique décisive vécue près d'Orito, dans les années précédant son entrée en religion, est assez ancienne pour avoir donné son nom au lieu lui-même, resté depuis lors « ermitage de l'Apparition ».[54]
Le frère convers de la réforme alcantarine
Un premier refus, une vocation qui ne cède pas
À dix-neuf ou vingt ans, Pascual sollicite son admission au couvent franciscain le plus proche — les sources varient sur le lieu exact, entre Valence et Monforte —, mais il est refusé, en raison de son manque d'instruction et de son allure jugée trop rustique.[55][56] Loin de se décourager, il s'établit alors comme berger à proximité même du couvent, réglant ses heures de prière sur les sonneries des cloches conventuelles et assistant aux offices depuis l'extérieur de la chapelle, dans l'attente d'être un jour reçu.[57][58]
Sa persévérance finit par porter ses fruits. En 1564, après plusieurs années d'attente, il est enfin admis chez les Franciscains de la réforme alcantarine — la branche la plus austère de la famille franciscaine, issue de la réforme conduite par saint Pierre d'Alcantara, caractérisée par une pauvreté absolue, la marche pieds nus et un régime de pénitence continue.[59][60] Il reçoit l'habit au couvent Saint-Joseph d'Elche, puis prononce sa profession religieuse le 2 février 1565, jour de la Purification, au couvent d'Orito — celui-là même qui jouxtait l'ermitage de sa vision.[61]
Frère lai par choix, non par nécessité
Ce qui distingue d'emblée Pascual, c'est un choix délibéré : bien qu'encouragé par ses supérieurs à étudier pour le sacerdoce — la voie normale de promotion dans l'Ordre —, il refuse obstinément l'ordination et demande à demeurer frère convers, c'est-à-dire religieux non-prêtre, consacré aux travaux manuels et domestiques du couvent.[62][63] Ce refus n'est pas un renoncement par défaut : c'est un acte spirituel positif, une manière délibérée de choisir l'abaissement là où d'autres auraient cherché l'honneur clérical.
Pendant près de trois décennies, il occupe successivement les offices de portier, de cuisinier, de jardinier et de quêteur dans plusieurs maisons de la province franciscaine d'Alicante — notamment le couvent de Santa Ana del Monte, à Jumilla, où il réside de 1580 à 1583.[64][65] Son obéissance devient, dans la mémoire de ses frères, un modèle sans faille. Un jour, publiquement réprimandé pour une maladresse (la tradition évoque tantôt une assiette cassée, tantôt un excès de générosité dans les dons aux pauvres), il aurait accueilli la correction sans la moindre trace de ressentiment : la tradition hagiographique résume en substance sa réponse comme l'affirmation que le Saint-Esprit avait parlé par la bouche du supérieur.[66][67]
Cette réponse, transmise en substance par plusieurs notices hagiographiques, illustre une conviction centrale de sa spiritualité : l'autorité du supérieur, même exercée maladroitement, porte en elle la voix de Dieu pour qui sait l'entendre avec foi. De même, lorsqu'on lui confiait simplement une tâche, la tradition résume en substance son obéissance habituelle : il ferait ce que l'obéissance demanderait.[68][69]
La mission eucharistique en France (1576)
Le contexte des guerres de Religion
En 1576, la France est déchirée depuis quatorze ans par les guerres de Religion qui opposent catholiques et huguenots calvinistes. C'est dans ce climat de violence confessionnelle que le ministre général de l'Ordre des Frères mineurs, le Breton Christophe de Cheffontaines — qui dirige l'Ordre observant de 1571 à 1579 dans le droit fil du programme de réforme de Pie V —, envoie Pascual porter des messages à Paris.[70][71] Ce choix d'un simple frère convers, sans instruction théologique formelle, pour une mission aussi risquée dans un pays en pleine tourmente religieuse, dit la confiance que ses supérieurs plaçaient déjà dans sa solidité spirituelle.
La traversée du royaume s'avère périlleuse. Dans les territoires tenus par les Huguenots, Pascual est lapidé à plusieurs reprises et connaît, selon certaines sources, deux arrestations ; il en garde une blessure permanente à l'épaule, séquelle physique qui l'accompagnera jusqu'à sa mort.[72][73]
L'affrontement d'Orléans : lapidé pour la présence réelle
L'épisode le plus documenté de cette mission se déroule aux abords d'Orléans. Interpellé par des prédicateurs calvinistes sur la doctrine catholique de la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie, Pascual — pourtant dépourvu de formation théologique académique — leur répond avec une telle assurance et une telle clarté doctrinale qu'ils ne trouvent, faute d'arguments, d'autre riposte que la violence physique. Une notice hagiographique française résume l'épisode en substance : confondus par ses réponses, ses contradicteurs n'auraient su lui répliquer que par des pierres.[74]
La lapidation lui laisse, outre la blessure à l'épaule, une marque au visage que la tradition décrit comme un rictus permanent, presque un sourire figé — cicatrice que les biographes ultérieurs liront comme le signe visible d'une joie intérieure plus forte que la douleur endurée pour la vérité de l'Eucharistie.[75]
« Dans le Ciel » : l'anecdote du cavalier huguenot
L'épisode le plus célèbre de cette mission, transmis par de nombreuses notices hagiographiques concordantes, se situe sur le chemin du retour vers l'Espagne. Un cavalier huguenot, croisant le frère franciscain sur la route, lui aurait pointé sa lance contre la poitrine en lui demandant où est Dieu ; Paschal lui aurait répondu, en substance, que Dieu est dans le Ciel.[76][77]
Le cavalier, désarçonné par cette réponse aussi simple qu'irréprochable du point de vue même de la théologie réformée, retire sa lance et s'éloigne sans un mot de plus. Pascual comprendra plus tard la portée de l'épisode : s'il avait ajouté que Dieu est également présent dans l'Eucharistie — affirmation qui l'aurait immédiatement identifié comme un défenseur intransigeant de la doctrine catholique la plus contestée par les calvinistes —, le cavalier l'aurait probablement transpercé sur-le-champ. La tradition rapporte qu'il vit dans cette épargne un signe que Dieu ne le jugeait pas encore digne de la couronne du martyre.[78]
Le retour et les écrits eucharistiques
De retour en Espagne, Pascual met par écrit le fruit de ses controverses avec les Calvinistes. La tradition lui attribue un petit livre de sentences, sorte de compendium défendant la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie et le pouvoir divin transmis au Souverain Pontife, qui lui vaudra dans certaines notices postérieures le titre honorifique de « théologien de l'Eucharistie » — titre d'autant plus frappant qu'il émane d'un homme resté toute sa vie frère convers illettré au sens académique.[79][80] On lui attribue également la rédaction de deux petits livres de dévotion personnelle : l'un aurait été offert au roi Philippe II, l'autre est conservé à la basilique de San Pascual de Villarreal ; leur contenu fut publié bien plus tard sous le titre d'Opúsculos de San Pascual Bailón.[81]
Le mystique de l'adoration perpétuelle
Les nuits devant le tabernacle
Au-delà de l'épisode français, c'est bien la dévotion eucharistique quotidienne qui structure toute la vie religieuse de Pascual. Les témoignages recueillis par ses contemporains décrivent un homme qui consacrait ses nuits, une fois ses tâches conventuelles achevées, à l'adoration silencieuse devant le Saint Sacrement — au point que certains le rapportaient parfois suspendu dans les airs, ravi en extase par l'intensité de sa contemplation.[82][83] La notice de Nominis résume l'essentiel : « il puisait sa force dans sa ferveur pour l'Eucharistie et passait de longues heures en adoration silencieuse devant le Saint Sacrement. »[84]
La tradition hagiographique résume en substance cette vie d'adoration : lorsqu'il ne pouvait se tenir corporellement devant le Très Saint Sacrement, il s'y tenait présent en esprit.[85]
La charité qui craint de renvoyer le Christ
Portier pendant de longues années, Pascual était chargé de gérer les aumônes distribuées aux pauvres qui se présentaient chaque jour à la porte du couvent. Ses supérieurs, inquiets de le voir dépasser régulièrement les limites raisonnables de la charité conventuelle, l'interrogèrent un jour sur cette générosité jugée excessive. La tradition rapporte en substance sa réponse, restée l'un des mots les plus cités de sa mémoire spirituelle : si douze pauvres se présentaient et qu'il n'en secourait que dix, il craignait que l'un de ceux qu'il renverrait ne fût précisément Jésus-Christ.[86][87]
Ce mot, transmis en substance par plusieurs notices françaises et espagnoles, rattache directement la charité de Pascual à sa foi eucharistique : adorer le Christ réellement présent sous les espèces du pain et le servir, selon la parole de l'Évangile, sous les traits du pauvre qui frappe à la porte procèdent pour lui d'une même foi. Sans confondre la présence sacramentelle, propre à l'Eucharistie, avec la rencontre du Seigneur dans le prochain, il vit les deux comme l'unique exigence du même amour.
Dons, prodiges et charismes attribués
La tradition rapporte à Pascual plusieurs charismes extraordinaires : dons de lecture des cœurs, de prophétie, de guérison, et divers prodiges liés à sa charité — notamment la multiplication du pain pour les pauvres qui se pressaient à la porte du couvent.[88][89] Une anecdote, très populaire dans la tradition mexicaine ultérieure, rapporte qu'un ange serait venu achever la préparation d'un repas à sa place lorsque, absorbé par une prière trop fervente devant le tabernacle de la cuisine conventuelle, il en oubliait ses propres marmites.[90] C'est cette légende, associée à son office effectif de cuisinier dans plusieurs couvents, qui explique l'origine de son patronage populaire sur les cuisiniers, aujourd'hui encore vivace dans le monde hispanophone.[91]
Les dernières années à Villarreal (1587-1592)
Le couvent du Rosaire, mémorial de Lépante
Après plusieurs années passées dans divers couvents de la province franciscaine d'Alicante, Pascual rejoint, en 1587, le couvent Notre-Dame-du-Rosaire de Villarreal (aujourd'hui Vila-real, dans la province de Castellón), où il se fixe définitivement en 1589.[92] Le lieu n'est pas anodin : la chapelle primitive du couvent avait été fondée le 14 octobre 1571 par les habitants de Villarreal pour commémorer la victoire chrétienne de Lépante, remportée une semaine plus tôt contre la flotte ottomane ; les Franciscains déchaussés de la réforme alcantarine s'y étaient installés en novembre 1578, à peine dix ans avant l'arrivée de Pascual.[93]
C'est dans ce couvent tout jeune, chargé de la mémoire d'une victoire attribuée à l'intercession de la Vierge du Rosaire, que Pascual passe les cinq dernières années de sa vie, occupant les mêmes offices humbles qu'il avait toujours choisis : portier et distributeur d'aumônes pour les pauvres et les malades de la région.[94][95]
La mort à l'heure de l'élévation (17 mai 1592)
Au terme d'une brève maladie, Pascual, désormais trop affaibli pour ouvrir lui-même les portes de l'église dont il avait la charge, s'éteint le 17 mai 1592 — le dimanche de la Pentecôte, au lendemain de son cinquante-deuxième anniversaire de naissance (16 mai) selon la chronologie la mieux attestée.[96][97] Les récits concordants rapportent qu'il rendit l'âme au moment précis de l'élévation de la sainte hostie dans la chapelle du couvent, prononçant le nom de « Jésus » avec son dernier souffle.[98][99]
Un second prodige, distinct du précédent, se serait produit lors de sa messe funéraire célébrée peu après : plusieurs témoins affirmèrent avoir vu ses yeux s'ouvrir deux fois, précisément aux moments de l'élévation de l'hostie et du calice — comme si son corps déjà sans vie continuait, par-delà la mort, le geste d'adoration qui avait rempli toute son existence.[100][101]
Dès sa mort, sa tombe à Villarreal devint un lieu de pèlerinage : plus de quatre cents miracles auraient été recensés au cours des deux années qui suivirent, à mesure que s'ouvrait le procès de béatification.[102]
Béatification et canonisation
Paul V, 1618
Le procès de béatification, ouvert rapidement après la mort de Pascual tant l'estime populaire était vive, aboutit le 29 octobre 1618, lorsque le pape Paul V le déclare bienheureux à Rome.[103][104] Le roi Philippe II, qui avait approuvé le lancement du procès, ne verra pas son terme — c'est son fils Philippe III, monté sur le trône en 1598, qui poursuit le soutien de la couronne espagnole à la cause et se rend en personne au sanctuaire de Villarreal dès 1599, avant même la béatification.[105]
Alexandre VIII, 1690
Plus de sept décennies plus tard, le 16 octobre 1690, le pape Alexandre VIII procède à la canonisation solennelle de Pascual Baylon en la basilique Saint-Pierre de Rome.[106][107] La bulle de canonisation proprement dite ne sera publiée qu'un an plus tard, le 15 juillet 1691, sous le pontificat de son successeur Innocent XII — délai qui reflète la lenteur ordinaire des procédures curiales de l'époque plutôt qu'un doute quelconque sur la validité de la canonisation elle-même.[108]
| Étape | Date | Pape |
|---|---|---|
| Naissance à Torrehermosa | 16 mai 1540 | — |
| Vêture au couvent d'Elche | 1564 | — |
| Profession religieuse à Orito | 2 février 1565 | — |
| Mission eucharistique en France | 1576 | — |
| Mort à Villarreal | 17 mai 1592 | — |
| Béatification | 29 octobre 1618 | Paul V |
| Canonisation | 16 octobre 1690 | Alexandre VIII |
| Publication de la bulle de canonisation | 15 juillet 1691 | Innocent XII |
| Patron des œuvres eucharistiques | 28 novembre 1897 | Léon XIII |
| Titre de patron universel de l'adoration eucharistique, basilique mineure | 1996 | Jean-Paul II |
Patron universel des œuvres eucharistiques
Deux siècles après sa canonisation, le pape Léon XIII, particulièrement attentif au renouveau du mouvement des congrès eucharistiques internationaux nés en France en 1881, proclame le 28 novembre 1897 Pascual Baylon patron universel des œuvres et congrès eucharistiques — une décision qui consacre, à l'échelle de l'Église entière, la cohérence entre la vie du frère convers illettré et le grand mouvement de piété eucharistique moderne.[109][110] Certaines sources situent cette proclamation deux jours plus tôt, le 26 novembre 1897 ; la date du 28 novembre, attestée par la majorité des notices consultées, demeure la plus solidement documentée.[111]
Un siècle plus tard, en 1996, le pape saint Jean-Paul II élève le sanctuaire de Villarreal au rang de basilique mineure et confère à Pascual Baylon le titre de « patron universel de l'adoration eucharistique » — reconnaissance ultime d'un culte qui n'a cessé de croître depuis sa mort.[112]
Vénération, reliques et postérité
La profanation de 1936 et le retour des reliques
Le 13 août 1936, en pleine guerre civile espagnole, des révolutionnaires anticléricaux profanent la tombe de Pascual à Villarreal et brûlent son corps resté incorrompu depuis plus de trois siècles.[113][114] Les ossements calcinés, sauvés de la destruction totale, sont recueillis et déposés dans une nouvelle châsse le 3 juin 1952.[115][116] Après une longue reconstruction du sanctuaire — entamée en 1949, avec une première étape achevée en 1971 —, les reliques sont solennellement transférées dans la nouvelle Real Capilla (chapelle royale) le 12 mai 1992, en présence du roi Juan Carlos Iᵉʳ.[117]
La basilique de San Pascual à Vila-real
Le lieu de sa mort est aujourd'hui un vaste ensemble de pèlerinage comprenant un temple votif eucharistique international (élevé au rang de basilique mineure en 1996), la Real Capilla abritant le tombeau du saint, un musée et un couvent de Clarisses.[118] Ce sanctuaire, qui possède sa propre histoire architecturale et son propre carillon de plus de quatre-vingts cloches, mériterait un article Ignispedia à part entière ; il n'est ici que mentionné, sans développement, l'angle de cet article restant centré sur la personne du saint lui-même.
Patronages multiples
Au fil des siècles, la dévotion populaire a multiplié les patronages attachés à Pascual Baylon : sa ville natale de Torrehermosa, Alconchel de Ariza, Villarreal (Vila-real) et le diocèse de Segorbe-Castellón en Espagne ; les bergers, en souvenir de sa jeunesse pastorale ; les cuisiniers, en lien avec ses années de service en cuisine conventuelle ; et les vocations sacerdotales et religieuses.[119][120] Dans le monde hispanophone, un dicton populaire résume cette dernière dévotion culinaire : « San Pascual Bailón, atiza mi fogón, y concédeme buena sazón » — « Saint Pascal Bailón, attise mon fourneau, et donne-moi bon assaisonnement ».[121]
Obando, aux Philippines : la fête populaire du « Bailón »
La diffusion la plus singulière de son culte se trouve aux Philippines, dans la ville d'Obando (province de Bulacan), où des missionnaires franciscains introduisirent sa vénération au XVIIIᵉ siècle. Par un jeu de mots populaire sur son patronyme — Baylón évoquant le verbe espagnol bailar, « danser » —, la tradition locale a fait de lui, aux côtés de sainte Claire d'Assise et de Notre-Dame de Salambao, l'un des trois saints invoqués lors d'une fête dansante annuelle (du 17 au 19 mai) pour obtenir la fécondité, la naissance d'un enfant — les couples sans enfant y implorent particulièrement un fils — et l'abondance des récoltes et des pêches.[122] Cette fête, mélange singulier de rites préchrétiens locaux et de dévotion catholique importée, illustre la façon dont un culte hagiographique espagnol du XVIᵉ siècle a pu se recomposer, sans rien perdre de son ancrage catholique, au contact d'une culture entièrement différente.
L'iconographie du saint de l'Eucharistie
L'art religieux représente presque toujours Pascual Baylon en adoration, agenouillé devant une hostie rayonnante posée sur un ostensoir ou soutenue par des anges — traduction picturale directe de son charisme central.[123][124] Il porte l'habit gris des franciscains, serré d'une corde à la taille, sans autre attribut que le regard tourné vers le Saint Sacrement. Deux églises de Rome portent aujourd'hui son nom, signe de la diffusion rapide de son culte dans la Ville éternelle après sa canonisation.[125]
Ce que disent les sources, et où elles hésitent
Par honnêteté encyclopédique, il convient de signaler que les sources anciennes et modernes ne s'accordent pas toutes sur le jour exact de la naissance et de la mort de Pascual Baylon. La Catholic Encyclopedia de 1911 avance une naissance le 24 mai 1540 et une mort le 15 mai 1592 ; plusieurs notices hagiographiques françaises datent au contraire sa naissance du 17 mai, jour même de sa mort et de sa fête liturgique — une coïncidence qui a pu favoriser, avec le temps, une confusion entre date de naissance et date de fête.[126][127] La majorité des sources encyclopédiques contemporaines les mieux recoupées — Wikipédia dans ses versions anglophone et hispanophone, le site officiel des Franciscains (ofm.org), Franciscan Media et la paroisse française de Verneuil — convergent cependant sur le 16 mai 1540 pour la naissance et le 17 mai 1592 pour la mort, dates retenues comme les plus solidement attestées dans le présent article.[128][129][130][131] Ce qui ne fait, en tout état de cause, aucun doute est que Pascual naquit et mourut tous deux un dimanche de Pentecôte — coïncidence liturgique qui domine, plus que la précision calendaire du jour exact, toute la piété populaire attachée à ce saint.
Pour aller plus loin
- Saint Pierre d'Alcantara (1499-1562) — le fondateur de la réforme franciscaine alcantarine dont Paschal Baylon fut l'un des fils spirituels les plus populaires.
- La présence réelle eucharistique — le dossier doctrinal sur la doctrine catholique que Paschal Baylon défendit à Orléans face aux prédicateurs calvinistes.
- Le concile de Trente (1545-1563) — le concile contemporain qui redéfinit solennellement la doctrine eucharistique face à la Réforme protestante.
- La Réforme catholique — le grand mouvement de régénération spirituelle de l'Église dont la réforme alcantarine fut l'une des expressions les plus austères.
- Saint Jean de la Croix (1542-1591) — mystique espagnol exactement contemporain, dont la vie recoupe par son austérité et sa profondeur d'oraison celle de Paschal Baylon.
- Saint Félix de Cantalice (1515-1587) — autre grand frère convers de la Réforme catholique, également ancien berger illettré devenu figure spirituelle populaire.
Notes et références
Notes et références
Wikipedia (EN), « Paschal Baylón » : en.wikipedia.org. Notice de référence recoupant naissance (16 mai 1540, Torrehermosa), entrée en religion en 1564 en tant que frère lai (refus de l'ordination), rôles conventuels (portier, cuisinier, jardinier, quêteur), mission française et incident avec les Huguenots, mort le 17 mai 1592 à Villarreal, béatification le 29 octobre 1618 par Paul V, canonisation le 16 octobre 1690 par Alexandre VIII, bulle de canonisation publiée le 15 juillet 1691 par Innocent XII, proclamation comme patron des congrès eucharistiques le 28 novembre 1897 par Léon XIII, profanation de la tombe le 13 août 1936, transfert des reliques le 12 mai 1992, patronages (Villarreal, Torrehermosa, Alconchel de Ariza, Obando, cuisiniers, bergers, vocations sacerdotales, diocèse de Segorbe-Castellón).
1 8 9 11 30 32 34 62 103 106 108 109 119 128Wikipedia (ES), « Pascual Baylón » : es.wikipedia.org. Source de référence pour l'itinéraire biographique précis : naissance le 16 mai 1540 à Torrehermosa, parents Martín Baylón et Isabel Yubera, enfance de berger à Alconchel de Ariza (Saragosse) de sept à vingt ans, émigration au royaume de Valence au service de don Aparicio Martínez à Monforte del Cid (Alicante), vision eucharistique à l'Ermita de la Aparición à Orito, entrée dans la réforme alcantarine en 1564 (habit au couvent Saint-Joseph d'Elche), profession à Orito le 2 février 1565, séjour au couvent de Santa Ana del Monte à Jumilla (1580-1583), mort le 17 mai 1592 à Villarreal, béatification par Paul V (19 octobre 1618 selon cette notice — probable coquille pour le 29 octobre, date majoritairement attestée et retenue dans le corps de l'article), canonisation par Alexandre VIII le 16 octobre 1690, patronages (congrès eucharistiques, cuisiniers, diocèse de Segorbe-Castellón).
2 13 15 16 18 20 22 26 33 37 40 42 49 51 54 59 61 63 64 89 107 129Franciscan Tradition (CFIT), « Saint Paschal Baylón: Devoted to the Eucharist » : franciscantradition.org. Notice détaillant la spiritualité eucharistique : écoute de la cloche de la consécration pendant l'enfance pastorale, entrée dans la « Discalced Reform of St. Peter of Alcantara » à vingt-quatre ans, longues heures de prière devant le Saint Sacrement, mission de 1576 chargée de porter des lettres à la direction franciscaine, mauvais traitements et blessure à l'épaule d'origine huguenote, reconnaissance comme mystique et conseiller spirituel, mort à Vila-Real le jour de la Pentecôte 1592.
3 47 69 73 75 80 82 123Réflexion chrétienne, « Saint Pascal Baylon, Frère Mineur. Fête le 17 Mai » : reflexionchretienne.fr. Notice hagiographique détaillée : naissance donnée au 17 mai 1540 à Torre-Hermosa (variante de date signalée dans le corps de l'article), mortifications précoces (marche pieds nus, cilice), premier refus au couvent proche de Monforte pour allure jugée trop rustique et manque d'éducation, citations textuelles (« Le Saint-Esprit a parlé par la bouche de notre supérieur », « Je ferai ce que l'obéissance ordonne »), mission française vers 1570 avec coups, menaces d'emprisonnement et blessure à l'épaule, controverse d'Orléans sur l'Eucharistie et lapidation, bâton de berger sculpté d'une image mariale surmontée d'une hostie rayonnante, mort le 15 mai 1592 (variante de date) alors qu'il ne pouvait plus ouvrir les portes de l'église, prononciation du nom de Jésus au moment de l'élévation, profanation de la tombe le 13 août 1936, réinhumation en 1952 à la basilique de Villareal.
4 67 127France Catholique, « Pascal Baylon, amoureux de l'Eucharistie » : france-catholique.fr. Notice française détaillée : dévotion mariale au sanctuaire proche de son lieu de service, bâton de berger sculpté d'une image de Marie couronnée d'une hostie rayonnante, premier refus au couvent des Franciscains de Valence à dix-neuf ans, persévérance en s'établissant berger près du monastère, entrée en février 1564 dans la réforme alcantarine, vœux perpétuels à vingt-cinq ans, mission française avec blessure à l'épaule « dont il souffrit tout le reste de sa vie », lapidation près d'Orléans après défense de la présence réelle, apparitions d'hostie flottante rapportées à des bergers, multiplication miraculeuse de légumes au jardin conventuel, deux églises romaines portant son nom.
5 21 25 41 48 53 55 57 60 65 83 85 87 125O. Staniforth, « St. Pascal Baylon », dans The Catholic Encyclopedia, vol. 11, Robert Appleton Company, New York, 1911 : newadvent.org. Source de référence ancienne : naissance à Torre-Hermosa en Aragon (donnée le 24 mai 1540 dans cette édition), parents Martin Baylon et Elizabeth Jubera qualifiés de « vertueux paysans », vie de berger de la septième à la vingt-quatrième année exerçant « une influence salutaire sur ses compagnons », entrée comme frère lai chez les Franciscains de la réforme alcantarine, défense de la présence réelle « contre les blasphèmes d'un prédicateur calviniste » lors d'un voyage en France avec échappée de justesse à la mort sous une foule huguenote, mort le 15 mai 1592 (Pentecôte) à Villa Reale, béatification en 1618, canonisation en 1690, Léon XIII le déclarant protecteur de tous les congrès et associations eucharistiques.
6 39 43 45 126Paroisse Sainte-Marie du Pays de Verneuil, « 17 mai, saint Pascal Baylon, 16 mai 1540 à Terra-Hermosa, 17 mai 1592 à Villa-Réal » : paroisse-verneuil-sur-avre.com. Notice paroissiale française confirmant les dates de naissance (16 mai 1540) et de mort (17 mai 1592, dimanche de Pentecôte, au moment de l'élévation), l'enfance de berger dévoué à la vénération eucharistique, l'entrée en 1564 au couvent franciscain avec vœux perpétuels le jour de la Purification 1565, le refus délibéré du sacerdoce, la réprimande pour une assiette cassée et la réponse sur le Saint-Esprit parlant par la bouche du supérieur, la mission française sous le ministre général Christophe de Cheffontaines avec lapidations et deux arrestations, l'anecdote du cavalier huguenot (« Où est Dieu ? » / « Dans le ciel »), la béatification par Paul V le 29 octobre 1618 étendue par Grégoire XV en 1621, la canonisation par Alexandre VIII le 16 octobre 1690.
7 28 31 38 76 96 104 131La Teología, « San Pascual Bailón » : lateologia.com. Notice détaillant les écrits attribués au saint : rédaction, au retour de sa mission française, d'un petit livre de sentences défendant la présence réelle et le pouvoir pontifical, attribution de deux devoirs personnels dont l'un offert au roi Philippe II, publication ultérieure sous le titre Opúsculos de San Pascual Bailón ; décret pontifical de patronage de Léon XIII situé au 28 novembre 1897 (avec mention d'une variante au 26 novembre) ; plus de 400 miracles recensés dans les deux années suivant la mort du saint ; béatification le 19 octobre 1618, canonisation le 16 octobre 1690.
10 17 35 50 79 81 99 101 102 110 111 116Wikipedia (EN), « Obando Fertility Rites » : en.wikipedia.org. Notice sur la fête philippine : introduction de la vénération du saint par des missionnaires franciscains au XVIIIᵉ siècle à Obando (Bulacan), interprétation populaire de son patronyme « Baylón » comme dérivé du verbe espagnol bailar (« danser »), fête dansante annuelle du 17 au 19 mai invoquant Paschal Baylon, sainte Claire d'Assise et Notre-Dame de Salambao pour la fécondité, la naissance d'un enfant (avec préférence populaire pour un fils) et l'abondance des récoltes et des pêches.
12 122Réflexion chrétienne et France Catholique (sources citées supra), corroborant l'usage espagnol traditionnel consistant à prénommer « Pascual » les enfants nés le jour de la Pentecôte (Pascua de Pentecostés, localement appelée « Pâque du Saint-Esprit »).
14ACI Prensa, « Cada 17 de mayo es la fiesta de San Pascual Bailón, el santo protector ante los accidentes de cocina » : aciprensa.com. Notice rapportant la vision mystique de Jésus-Christ dans l'Eucharistie survenue à l'Ermita de la Aparición, expérience qui approfondit sa vocation apostolique ; entrée au couvent de frères mineurs franciscains à Albatera à vingt-quatre ans ; longues nuits de prière devant le Saint-Sacrement.
19 52El Tiempo, « San Pascual Bailón: esta es la historia del santo patrono de los cocineros » : eltiempo.com. Notice sur le patronage culinaire : naissance le 16 mai 1540 à Torrehermosa, vie de berger de sept à vingt-quatre ans avec la tour de l'église comme repère de prière, premier refus au couvent en raison de son illettrisme, offices de portier, messager et cuisinier, réponse à la réprimande pour une assiette cassée (« C'est le Saint-Esprit qui a parlé par la bouche du Supérieur »), envoi en mission à Paris par le ministre général Christophe de Cheffontaines pendant les guerres de Religion, lapidations répétées et deux arrestations, blessure à l'épaule, anecdote du cavalier huguenot demandant « Où est Dieu ? » et recevant la réponse « Dans le ciel », mort le 17 mai 1592 au couvent Notre-Dame-du-Rosaire de Villa-Réal au moment de l'élévation, béatification par Paul V le 29 octobre 1618 puis extension par Grégoire XV en 1621, canonisation par Alexandre VIII le 16 octobre 1690, légende de l'ange achevant ses plats pendant qu'il priait, origine du patronage des cuisiniers, prix mexicain « Premio San Pascual Bailón » récompensant la gastronomie.
23 24 36 44 46 56 58 66 70 72 77 90 91 95 120 121Wikipedia (EN), « Sanctuary of St. Paschal Baylon » : en.wikipedia.org. Notice sur le sanctuaire de Vila-real : origine du couvent en 1575 (autorisation du pape Grégoire XIII), installation des Franciscains déchaussés en 1578 dans un ermitage dédié à Notre-Dame du Rosaire fondé le 14 octobre 1571 pour commémorer la victoire de Lépante (7 octobre 1571), arrivée du saint en 1589 et mort en 1592, soutien du roi Philippe II au procès de béatification et visite de Philippe III en 1599, destruction de l'église et de la chapelle royale baroque par un groupe anarchiste en août 1936, reconstruction entamée en 1949 (première étape achevée en 1971), nouvelle chapelle royale ouverte en 1992 et conçue par le sculpteur Vicente Lloréns Poy, statut de basilique mineure accordé par Jean-Paul II en 1996 avec le titre de « patron universel de l'adoration eucharistique », carillon de 84 cloches.
27 92 93 94 105 112 113 117 118Christ-Roi (over-blog), « Saint Pascal Baylon, Confesseur, Patron des Œuvres eucharistiques (1592) » : christroi.over-blog.com. Notice hagiographique donnant les citations textuelles en français : « Taisez-vous, le Saint-Esprit a parlé par la bouche de notre supérieur » ; « Je ferai comme l'obéissance dira » ; « S'il se présente douze pauvres et que je donne à dix, il est bien à craindre que l'un de ceux que je renvoie ne soit précisément Jésus-Christ » ; le récit de la controverse d'Orléans (« il les confondit de telle sorte, qu'ils ne purent lui répliquer qu'à coups de pierres ») ; le récit de la mort au moment de l'élévation (« au moment de l'élévation de la sainte hostie dans la chapelle du couvent ») ; le prodige des funérailles (« on vit ses yeux s'ouvrir deux fois, à l'élévation de l'Hostie et du Calice ») ; la profanation de 1936 (« sa tombe fut ignoblement profanée par les bêtes féroces révolutionnaires espagnoles qui brûlèrent sa dépouille incorrompue ») et la réinhumation du 3 juin 1952.
29 68 74 78 88 97 98 100 114 115Encyclopedia.com, notice « Cheffontaines, Christophe de » : encyclopedia.com. Notice biographique confirmant que Christophe de Cheffontaines, franciscain observant breton né en 1512, fut élu ministre général de l'Ordre des Frères mineurs observants en 1571 et exerça cette charge jusqu'en 1579, dans le cadre du programme de réforme post-tridentin du pape Pie V, avant de devenir évêque auxiliaire de Sens puis archevêque de Césarée ; il meurt à Rome en 1595.
71Nominis (Conférence des évêques de France), « Saint Pascal Baylon » : nominis.cef.fr. Notice liturgique : naissance en Aragon dans une famille de cultivateurs très modestes, enfance de berger consacrée à la prière silencieuse, premier refus au couvent pour manque d'instruction, entrée comme frère convers occupant l'office de portier, rayonnement par son amabilité, recherche de ses conseils par des prédicateurs, mauvais traitements des Huguenots pardonnés lors de la mission en France, force puisée dans la ferveur eucharistique et longues heures d'adoration silencieuse, multiplication des miracles après sa mort à Vila-real en 1592, proclamation comme patron des Congrès eucharistiques par Léon XIII.
84 124Wikipédia (FR), « Pascal Baylon » : fr.wikipedia.org. Notice biographique donnant notamment la citation textuelle en français : « S'il se présente douze pauvres et que je donne à dix, il est bien à craindre que l'un de ceux que je renvoie ne soit précisément Jésus-Christ. »
86Frati Francescani (OFM), « St Paschal Baylón » : ofm.org. Notice de l'Ordre franciscain : naissance le 16 mai 1540 à Torrehermosa, Aragon, dans une famille de bergers pauvres, vocation liée à l'écoute de la cloche de la consécration pendant qu'il gardait les troupeaux, entrée dans la réforme déchaussée de saint Pierre d'Alcantara à vingt-quatre ans, mission de 1576 avec lettres pour les supérieurs franciscains, traversée du territoire huguenot où il fut « moqué et même lapidé », blessure permanente à l'épaule, mort à Vila-Real le jour de la Pentecôte 1592.
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