Socinianisme

De Vicence (1546) à Raków (1602-1638) : Fauste Socin systématise la négation de la Trinité, du péché originel et de la satisfaction — réfutée par Trente, bannie par la Pologne en 1658, mère de l'unitarisme.

Ignispedia

Le socinianisme est l'hérésie antitrinitarienne systématisée par Fauste Socin (1539-1604) et portée par les Frères polonais : un Dieu un sans Trinité, un Christ homme sans préexistence ni divinité, pas de péché originel, pas de satisfaction du Christ pour nos péchés, pas de baptême des enfants, pas d'enfer éternel[1]. Son nom vient de deux humanistes siennois, Lelio Sozzini (1525-1562) et son neveu Fauste, dont le nom latinisé Socinus a donné sociniens[2]. Sa capitale fut pendant près de soixante-dix ans la bourgade polonaise de Raków, avec son académie fondée en 1602, son imprimerie qui diffuse quelque cinq cents titres, et son Catéchisme de Raków publié en polonais en 1605[3].

Le cœur du système tient en une méthode : la Bible reste l'autorité suprême, mais elle doit être lue au seul tribunal de la raison — tout mystère que la raison ne saisit pas est écarté[4]. De ce principe découlent la négation de la Trinité, de la préexistence du Christ, du péché originel et de la rédemption comme satisfaction : le Christ devient un homme miraculeusement conçu, interprète de la volonté divine et modèle de vertu, dont la Passion est un exemple et un gage de pardon, non le prix de nos péchés[5]. Condamné par les conciles œcuméniques et réfuté canon par canon par le concile de Trente (1545-1563), chassé de Pologne par la diète de 1658, le mouvement se disperse vers la Transylvanie, la Hollande et l'Angleterre, où il enfante l'unitarisme moderne[6].

Des cénacles italiens à la Pologne (1546-1579)

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Le socinianisme naît en Italie, dans l'effervescence humaniste qui suit la Réforme, bien avant que Fauste Socin ne lui donne son visage définitif. Le détail des Réformes suisse et allemande appartient aux articles voisins — Zwinglianisme, Luthéranisme, Calvinisme — on n'en retient ici que le fil antitrinitarien.

Le cénacle secret de Vicence (1546)

En 1546, une société secrète tient des réunions à Vicence, dans la république de Venise, pour discuter entre autres de la doctrine de la Trinité[7]. Parmi ses membres figurent le médecin Giorgio Blandrata, Alciati, Giovanni Gentilis — décapité à Berne en 1566 — et Lelio Sozzini, prêtre de Sienne, ami intime de Bullinger, de Calvin et de Melanchthon[8]. L'objet de la société n'est pas encore le système socinien achevé, mais l'antitrinitarisme : le refus de la distinction des personnes dans la Divinité[9]. Les nominalistes, avec Abélard pour figure, en sont les lointains précurseurs intellectuels[10].

La société est dispersée et la plupart de ses membres fuient vers la Pologne ; Lelio, lui, vit surtout à Zurich, mais il reste l'âme du réseau, qui continue de se réunir à Cracovie pour débattre des questions religieuses[11]. Lelio meurt en 1562, et une période orageuse s'ouvre pour le parti : l'effet inévitable des principes de libre examen semés par la Réforme se fait sentir, et le schisme apparaît jusque dans les rangs antitrinitariens[12].

L'Ecclesia minor polonaise avant Fauste

Dès 1570 environ, les sociniens se séparent des autres courants et s'établissent à Raków, bourgade nouvelle fondée en 1569 qui devient leur refuge puis leur capitale[13]. En 1574, ils publient un Catéchisme des unitariens : Dieu y est longuement décrit dans sa nature et ses perfections, mais le silence est gardé sur les attributs mystérieux ; le Christ y est l'Homme promis, le Médiateur de la création — c'est-à-dire de la régénération[14]. C'est peu après la parution de ce catéchisme que Fauste entre en scène : il a mis la main sur les papiers de son oncle et arrive en Pologne en 1579[15]. Il y trouve les groupes de la secte divisés, et on lui refuse d'abord l'admission parce qu'il refuse de se soumettre à un second baptême — ironie durable : n'ayant jamais accepté ce rebaptême, il ne sera jamais formellement membre de l'Église qui portera son nom à l'étranger[16].

Fauste Socin, le systématisateur (1539-1604)

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Tout ce que le cénacle de Vicence avait esquissé, Fauste Socin le transforme en système complet — et il impose ce système d'une main ferme à des groupes jusque-là dispersés.

Bâle (1574-1578) : le De Jesu Christo Servatore

De 1574 à 1578, Socin réside à Bâle, où il perfectionne sa doctrine et rédige ses deux œuvres maîtresses : le De Jesu Christo Servatore et le De statu primi hominis ante lapsum[17]. La discussion avec le réformé Jacques Couet sur la doctrine du salut donne naissance au traité De Jesu Christo Servatore, achevé le 12 juillet 1578 : c'est le grand réquisitoire socinien contre la doctrine de la satisfaction du Christ, la pièce la plus redoutable de tout l'arsenal antitrinitarien contre l'expiation[18]. À la même période appartient son De auctoritate Sacrae Scripturae, où il rejette toute religion purement naturelle : pour lui, la Bible est tout — mais une Bible lue à la lumière de la seule raison[19].

Kolozsvár (1578-1579) : l'affaire Dávid et l'adoration du Christ

Blandrata, devenu l'homme d'influence de l'hétérodoxie entre Pologne et Transylvanie, invite Socin à Kolozsvár (Cluj) pour contrer l'évêque antitrinitarien Ferenc Dávid (1510-1579)[20]. Dávid refuse le dogme proprement socinien selon lequel le Christ, bien que non Dieu, doit être adoré : jeté en prison, il y meurt en 1579[21]. Une fois maître du terrain, Socin agit sans ménagements : Budny, qui tenait les positions de Dávid, est dégradé et excommunié en 1584 ; l'ancien catéchisme est supprimé et remplacé par le nouveau, celui de Raków[22]. C'est ici que se fixe la ligne de partage décisive : entre le socinianisme, qui adore un Christ homme déifié, et l'unitarisme conséquent, qui refusera cette adoration[23].

De Cracovie à Lusławice (1579-1604)

Rentré en Pologne, Socin réussit là où tous avaient échoué : malgré l'opposition initiale, il rallie à lui tous les partis et leur donne une unité jusque-là inconnue[24]. En 1598, une émeute le chasse de Cracovie — sa maison est saccagée et il est roué de coups ; des amis l'accueillent à Lusławice, à une cinquantaine de kilomètres à l'est, où il finit ses jours, miné par les coliques et la pierre[25]. En mars et octobre 1602, il tient à Raków des colloques — des séminaires théologiques pour les anciens de l'Église — où il expose sa doctrine et répond aux objections, notamment celles de Marcin Czechowic[26]. Il meurt à Lusławice le 3 mars 1604, sans avoir achevé le catéchisme qui lui tenait tant à cœur : ses fragments seront publiés après sa mort[27].

  1. 1546
    Le cénacle de Vicence

    Société secrète antitrinitarienne : Blandrata, Alciati, Gentilis, Lelio Sozzini. Dispersion vers la Pologne.

  2. 1562
    Mort de Lelio Sozzini

    L'âme du réseau meurt à Zurich ; ses papiers passent à son neveu Fauste. Période de divisions.

  3. 1566
    Supplice de Gentilis

    Giovanni Gentilis, du cénacle de Vicence, est décapité à Berne pour antitrinitarisme.

  4. 1574
    Catéchisme des unitariens

    Première confession : le Christ Homme promis, médiateur de la régénération. Silence sur les mystères.

  5. 12 juillet 1578
    De Jesu Christo Servatore

    À Bâle, Socin achève son réquisitoire contre la satisfaction du Christ, pièce maîtresse du système.

  6. Fin 1578-1579
    Kolozsvár et l'affaire Dávid

    Socin fait condamner Ferenc Dávid, qui refusait l'adoration du Christ ; Dávid meurt en prison.

  7. 1602
    Académie de Raków

    Fondation du Gymnasium Bonarum Artium : un millier d'étudiants au faîte, imprimerie de quelque cinq cents titres.

  8. 1605
    Catéchisme de Raków

    Parution polonaise posthume du catéchisme de Socin ; versions allemande (1608) puis latine (1609).

  9. 1638
    Fermeture de Raków

    Après un éclat entre étudiants et catholiques, la diète fait fermer l'école et confisquer la presse.

  10. 1658
    Bannissement

    La diète proscrit les Frères polonais : conversion ou exil, sous peine de mort dès 1660.

  11. 1665-1669
    Bibliotheca Fratrum Polonorum

    Les œuvres de Socin et de son école paraissent à Amsterdam et irriguent l'Angleterre et l'Europe.

Raków, capitale socinienne (1600-1638)

Maison des Frères polonais à Raków. Photo : Wikipek, Wikimedia Commons, domaine public.

Pendant près de quarante ans, Raków est bien plus qu'un refuge : une université, une imprimerie, des synodes — l'appareil complet d'une contre-Église savante.

L'académie et l'imprimerie

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Avec l'appui d'un seigneur converti, les Frères polonais fondent à Raków une académie en 1602 et y installent dès environ 1600 une presse qui publiera quelque cinq cents titres, réimpressions comprises, jusqu'à sa confiscation en 1638[28]. Le Gymnasium Bonarum Artium forme plus d'un millier d'étudiants ; avec Pińczów, Raków est le grand centre culturel du mouvement, tenant synodes et assemblées[29]. De cette presse sort une immense littérature religieuse de controverse et d'édification, collectée plus tard sous le titre de Bibliotheca Antitrinitarianorum par Christoph Sand[30].

Le Catéchisme de Raków (1605)

Le catéchisme nouveau, dressé par Socin lui-même, ne paraît qu'en 1605, un an après sa mort : d'abord en polonais, puis en allemand (1608) et en latin (1609), avec des rééditions révisées en latin (1665) et en néerlandais (1666), puis une traduction anglaise dès 1652[31]. C'est la charte du socinianisme, avec les écrits de Socin réunis plus tard dans la Bibliotheca Fratrum Polonorum : c'est de ces deux sources que se dégagent les doctrines fondamentales du système[32].

Les grands noms de la seconde génération

FigureDatesRôle dans l'école de Raków
Jan Crell (Johannes Crellius)† 1633Théologien de la raison religieuse ; son De Deo et ejus attributis fixe la règle des mystères soumis à la raison[33]
Jonas Schlichting (Jonasz Szlichtyng)1592-1661Théologien et controversiste, défenseur de la confession de Raków face aux réformés[34]
Samuel Przypkowski1592-1670Publiciste de la tolérance ; théoricien du pouvoir et de la liberté de conscience[35]
Andrzej Wiszowaty1608-1678De la descendance de Socin ; théologien de l'exil, éditeur et passeur vers la Hollande et l'Angleterre[36]

La doctrine socinienne

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La base du système, c'est le libre examen : les sociniens rejettent l'autorité et exigent le libre usage de la raison — sans pour autant rejeter la Révélation[37]. Socin, dans son De auctoritate Sacrae Scripturae, va jusqu'à rejeter toute religion purement naturelle : la Bible est donc tout, mais une Bible interprétée à la lumière de la raison, qui écarte tous les mystères[38]. La formule de Crell résume la méthode :

« Les mystères sont certes élevés au-dessus de la raison, mais ils ne la renversent pas ; ils n'éteignent nullement sa lumière, ils ne font que la parfaire. » — Jan Crell, De Deo et ejus attributis[39]

Formule vraie dans la bouche d'un catholique — qui y entend que la foi dépasse la raison sans la contredire — mais qui, dans la bouche socinienne, signifie que seuls les mystères saisissables par la raison seront reçus[40]. Aussi le Catéchisme de Raków comme les Institutiones religionis christianae de Socin n'insistent-ils que sur l'unité, l'éternité, la toute-puissance, la justice et la sagesse de Dieu, dont on peut se convaincre ; son immensité, son infinité, son omniprésence sont tenues pour hors de prise humaine, donc inutiles au salut[41].

Un Dieu un, sans Trinité

Dieu, disent les sociniens — et avec raison — est absolument simple ; or la distinction des personnes détruit cette simplicité : la doctrine de la Trinité serait donc mal fondée[42]. Il n'y a du reste aucune proportion entre le fini et l'infini, donc aucune incarnation possible de la Divinité, car elle exigerait une telle proportion ; et quand bien même, par impossible, il y aurait distinction de personnes en Dieu, aucune personne divine ne pourrait s'unir à une personne humaine, puisqu'il ne peut y avoir d'unité entre deux individualités[43]. La Catholic Encyclopedia juge ces arguments puérils, inexplicables autrement que par l'ignorance de l'enseignement catholique — renvoyant à saint Thomas (Somme I, q. 12, a. 1, ad 4) pour le premier et à Petau pour les autres[44]. Les sociniens ne deviennent ni ariens comme Campanus et Gentilis, ni trithéistes, ni à proprement parler unitariens : leur position est sui generis[45].

Un Christ homme, sans préexistence

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C'est sur la christologie que tout le socinianisme pivote. Pour Socin, le Christ est le Logos, mais sans préexistence : il est la Parole de Dieu en tant qu'interprète de la volonté divine (interpres divinae voluntatis)[46]. Les passages de saint Jean qui présentent le Verbe comme le moyen de la création sont expliqués de la seule régénération[47]. Le Christ est miraculeusement engendré : homme parfait, médiateur désigné, mais non Dieu — un homme déifié. Et c'est précisément à ce titre qu'il doit être adoré : là passe la ligne de partage avec l'unitarisme, qui niera la naissance miraculeuse et refusera l'adoration — plus logique, de l'aveu même des critiques, sur les principes posés[48].

Face à cette réduction, la foi catholique tient les textes au sens obvie :

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. [...] Et le Verbe s'est fait chair. » — Saint Jean, Prologue, Jn 1, 1.14[49]

« Avant qu'Abraham fût, Je Suis. » — Le Christ, Jn 8, 58[50]

« Mon Seigneur et mon Dieu ! » — Saint Thomas apôtre devant le Ressuscité, Jn 20, 28[51]

« Lui qui, possédant la condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu ; mais il s'anéantit lui-même, prenant la condition d'esclave. » — Saint Paul, Ph 2, 6-7[52]

Pas de péché originel, pas de satisfaction

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Pour Socin, la justice originelle signifiait simplement qu'Adam se trouvait de fait sans péché, non qu'il fût gratifié de dons particuliers : la doctrine du péché originel est donc niée entièrement[53]. Le péché humain n'est que l'imitation du péché d'Adam, et le salut l'imitation et l'adoption de la vertu du Christ[54]. La foi n'étant que confiance en Dieu, la justification au sens catholique est pareillement niée : un simple acte judiciaire de Dieu, sans justice imputée[55]. Étant purement homme, le Christ n'a pas opéré notre rédemption au sens d'une satisfaction pour nos péchés : sa Passion n'est pour nous qu'un exemple et un gage du pardon[56]. Tout cet enseignement se ramasse dans la doctrine de la Cène : elle n'est même pas commémorative de la Passion du Christ, mais plutôt un acte d'action de grâces pour elle[57].

Dogme catholiquePosition socinienneRéponse de l'Église
Trinité : un Dieu en trois personnesUn Dieu sans distinction de personnesSix premiers conciles ; symbole Quicumque dit d'Athanase[58]
Préexistence et divinité du ChristChrist homme, sans existence avant MarieChalcédoine et le Tome de saint Léon le Grand[59]
Adoration du Christ DieuAdoration d'un homme déifiéIXᵉ canon du Vᵉ concile œcuménique[60]
Péché originel transmisAdam sans dons, péché par imitationTrente, Vᵉ session (17 juin 1546), canons sur le péché originel[61]
Rédemption par satisfactionPassion-exemple, sans expiationTrente, VIᵉ session sur la justification (13 janvier 1547)[62]
Baptême des petits enfantsRejeté, seuls deux sacrements inefficacesTrente, VIIᵉ session, canon 13 sur le baptême[63]
Enfer éternelAnéantissement des méchantsMagistère constant sur la rétribution éternelle[64]

Écriture, sacrements, fins dernières

Il n'y a que deux sacrements, tenus pour de simples stimulants de la foi, sans efficacité intrinsèque ; le baptême des enfants est évidemment rejeté[65]. Il n'y a pas d'enfer : les méchants sont anéantis[66]. L'immortalité naturelle de l'âme est niée — certains sociniens vont jusqu'au matérialisme — et le Saint-Esprit n'est qu'une opération de Dieu, une puissance de sanctification, comme chez Paul de Samosate et Sabellius, dont Socin a bien des affinités[67]. Notons un trait d'abord pacifique : les fondateurs de Raków prônent la non-violence, même si plusieurs Frères du XVIIᵉ siècle justifieront la guerre défensive sur ordre du magistrat civil[68].

Condamnations et répression (XVIIᵉ siècle)

Inutile de dire que les thèses sociniennes ont été condamnées de façon répétée par l'Église : comme antitrinitariens, les sociniens contredisent l'enseignement exprès des six premiers conciles, et leur christologie heurte ces mêmes conciles — singulièrement Chalcédoine et le Tome (lettre 28) de saint Léon le Grand —, les divers symboles, surtout celui dit de saint Athanase, ainsi que le IXᵉ canon du Vᵉ concile œcuménique pour l'adoration du Christ[69]. Leurs vues ont aussi bien des affinités avec l'adoptianisme[70].

La réponse dogmatique : Trente et les controversistes

Sans viser nommément des Frères polonais encore à naître, le concile de Trente frappe par avance chacune de leurs négations : le décret sur le péché originel (Vᵉ session, 17 juin 1546), le décret sur la justification (VIᵉ session, 13 janvier 1547), les canons sur le baptême — dont le canon 13, qui anathématise qui nie que les petits enfants baptisés soient comptés parmi les fidèles — et sur l'eucharistie (XIIIᵉ session, 11 octobre 1551)[71]. Le détail de ces définitions appartient à l'article Concile de Trente. Au XVIIᵉ siècle, les controversistes catholiques prennent le relais : le jésuite Denis Petau (Petavius) réfute pied à pied les arguments sociniens dans ses Dogmata theologica, et Bossuet fait du socinianisme une pièce de son réquisitoire dans l'Histoire des variations des Églises protestantes (1688)[72]. La Réforme elle-même n'est pas tendre : à Genève, l'exécution de Michel Servet le 27 octobre 1553 — dossier traité dans l'article Calvinisme — montre que le refus de la Trinité est alors passible du bûcher des deux côtés de la fracture religieuse[73].

Pologne (1638), Hollande, Angleterre : la répression civile

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En 1638, les catholiques de Pologne exigent le bannissement des sociniens : l'école et la presse de Raków sont fermées, et la dispersion commence[74]. Le coup de grâce vient de la diète de 1658, en pleine Contre-Réforme et après les ravages qui ont ensanglanté le royaume : l'Ecclesia minor est proscrite, ses membres doivent se convertir ou s'exiler, sous peine de mort dès 1660 pour qui demeure[75]. L'Europe protestante n'accueille pas les exilés à bras ouverts : on lit dans Bayle combien la secte est redoutée, au point que plusieurs princes passent pour la favoriser en secret et qu'on prédit qu'elle submergera l'Europe[76]. En 1639, sur proposition de l'ambassadeur d'Angleterre, tous les États de Hollande sont avertis de l'arrivée probable des sociniens après leur expulsion de Pologne, et en 1653 des décrets très sévères sont pris contre eux[77]. En Angleterre, où la secte n'a jamais eu grande vogue — les protestants, moins logiques peut-être mais plus conservateurs, n'étant pas prêts à aller aussi loin que les réformateurs continentaux — on trouve dès 1612 les noms de Legate et Wightman, condamnés à mort pour avoir nié la divinité du Christ[78].

Dispersion et postérité unitarienne

Page de titre d'un ouvrage de Socin dans la Bibliotheca. Photo : Arianus, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Chassés de Pologne, les Frères se dispersent : Transylvanie, Prusse, Hollande — Amsterdam surtout — et Angleterre[79]. Leurs écrits survivent à leur Église : la Bibliotheca Fratrum Polonorum, publiée à Amsterdam de 1665 à 1669, fait circuler largement en Angleterre et ailleurs les œuvres de Socin et de son école[80]. C'est par ce canal que le socinianisme irrigue l'unitarisme naissant.

L'Angleterre de Biddle

Sous le Commonwealth, John Biddle se fait le champion des principes sociniens ; Cromwell le bannit aux Sorlingues, mais il revient sous un writ d'habeas corpus et devient ministre d'une église indépendante à Londres[81]. Après la Restauration, il est de nouveau jeté en prison, où il meurt en 1662[82]. Les unitariens sont souvent identifiés aux sociniens, mais leurs doctrines diffèrent sur des points fondamentaux — à commencer par la naissance miraculeuse et l'adoration du Christ, que l'unitarisme conséquent abandonne[83].

Un héritage qui dure

L'unitarisme de Transylvanie subsiste jusqu'à aujourd'hui comme Église constituée, dernier rameau institutionnel direct de la Réforme radicale du XVIᵉ siècle[84]. En Angleterre puis en Amérique, l'héritage socinien — Bible souveraine, raison juge, Jésus modèle moral — nourrit l'unitarisme des Lumières et du XIXᵉ siècle, jusqu'à peser sur les débats américains sur la liberté religieuse et la séparation de l'Église et de l'État[85]. Thèse d'historiens à manier avec prudence, mais indice révélateur : c'est au nom de la liberté de conscience théorisée dans l'épreuve que les petits-fils spirituels de Raków ont marqué les constitutions modernes[86].

Le regard catholique

Le socinianisme est l'exemple achevé de ce que produit le libre examen quand il se fait juge de la Révélation : en voulant purifier la foi de ses mystères, il la vide de son objet — un Dieu Trinité qui se donne, un Christ qui sauve en payant le prix, des sacrements qui communiquent la grâce[87]. L'Église n'a jamais varié : un seul Dieu en trois personnes égales, un Christ vrai Dieu et vrai homme, une rédemption par satisfaction offerte sur la Croix, un baptême à donner aussi aux petits enfants, une rétribution éternelle[88]. Mais elle distingue les hommes et l'erreur : les Frères polonais, souvent savants, sincères et persécutés — Socin roué de coups à Cracovie, Dávid mort en prison, Biddle mort en prison — forcent le respect humain jusque dans la fermeté du jugement doctrinal[89]. Comme pour les autres confessions issues de la Réforme — Luthéranisme, Calvinisme, Anabaptisme radical — le dialogue contemporain retient tout ce qui s'y trouve de véritablement chrétien : l'amour de l'Écriture, l'exigence morale, le zèle missionnaire, sans jamais transiger sur les définitions des conciles[90].

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. « Socinianism », Catholic Encyclopedia (1912), vol. 14 — le corps de doctrine de l'une des sectes antitrinitariennes nées de la Réforme ; négation de la Trinité, de la divinité du Christ, du péché originel, de la satisfaction, du baptême des enfants. Texte : https://www.newadvent.org/cathen/14113a.htm

    1
  2. « Socinianism », ibid. — Lelio Sozzini (1525-1562) et son neveu Fausto Sozzini (1539-1604), Siennois ; forme latine Socinus d'usage courant.

    2
  3. Britannica, art. « Socinians » — Raków, centre intellectuel, université et imprimerie à succès ; A. Hessayon, « The Supposed Burning of the Racovian Catechism in 1614 », History (2022) — académie fondée en 1602, presse installée dès 1600, quelque 500 titres jusqu'à la confiscation de 1638 ; GAMEO, art. « Socinianism » — Catéchisme polonais 1605, allemand 1608, latin 1609, néerlandais 1659, réimpressions révisées latine 1665 et néerlandaise 1666.

    3
  4. Routledge Encyclopedia of Philosophy, art. « Socinianism » — élévation de la raison dans l'interprétation de l'Écriture contre les symboles, les traditions et l'autorité ecclésiale ; « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — libre examen pour base, rejet de l'autorité, libre usage de la raison.

    4
  5. Routledge, art. cit. — refus explicite de la Trinité, du péché originel, de la satisfaction et de l'immortalité naturelle de l'âme ; moralisme centré sur le rôle prophétique du Christ ; tolérance religieuse.

    5
  6. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — dispersion après 1638, crainte européenne lue dans Bayle, mesures hollandaises, Angleterre ; « Racovian Catechism », Wikipedia — Ecclesia minor proscrite par la diète en 1658, Bibliotheca Fratrum Polonorum d'Amsterdam (1665) et diffusion en Angleterre.

    6
  7. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — en 1546, société secrète à Vicence (diocèse de Venise) pour discuter entre autres de la Trinité.

    7
  8. « Socinianism », ibid. — Blandrata, Alciati, Gentilis et Lelio Sozzini ; Lelio, prêtre de Sienne, ami intime de Bullinger, Calvin et Melanchthon.

    8
  9. « Socinianism », ibid. — objet de la société : non les principes sociniens achevés, mais l'antitrinitarisme, soit le refus de la distinction des personnes dans la Divinité.

    9
  10. « Socinianism », ibid. — les nominalistes, représentés par Abélard, vrais ancêtres des antitrinitariens de la Réforme.

    10
  11. « Socinianism », ibid. — société dispersée, fuite de la plupart vers la Pologne ; Lelio vivant surtout à Zurich, âme de la société, qui continue ses réunions à Cracovie.

    11
  12. « Socinianism », ibid. — Lelio meurt en 1562, ouvrant une période orageuse ; effet inévitable des principes de la Réforme, schisme jusque chez les antitrinitariens.

    12
  13. « Polish Brethren », Wikipedia — Raków, site de la principale presse arienne et de l'académie racovienne ; Britannica, art. cit. — Raków au nord de Cracovie, université et imprimerie sociniennes.

    13
  14. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — en 1574, Catéchisme des unitariens : nature et perfection de la Divinité longuement traitées, silence sur les attributs mystérieux ; le Christ Homme promis, Médiateur de la création, c'est-à-dire de la régénération.

    14
  15. « Socinianism », ibid. — Fauste, en possession des papiers de son oncle, vient en Pologne en 1579.

    15
  16. « Socinianism », ibid. — admission d'abord refusée pour refus d'un second baptême ; « Polish Brethren », Wikipedia — sans se soumettre au baptême, Socin ne put jamais formellement rejoindre l'Église qui porterait son nom à l'étranger.

    16
  17. « Socinus, Faustus », Cyclopedia of Biblical, Theological and Ecclesiastical Literature (McClintock-Strong) — 1574-1578 à Bâle, perfectionnement du système ; rédaction du De Jesu Christo Servatore et du De statu primi hominis ante lapsum.

    17
  18. 1911 Encyclopaedia Britannica, art. « Socinus » — discussion avec Jacques Couet sur le salut, donnant le De Jesu Christo servatore (achevé le 12 juillet 1578) ; A. W. Gomes, « De Jesu Christo Servatore: Faustus Socinus on the Satisfaction of Christ », Westminster Theological Journal 55:2 (1993) — écrit en 1578, traité capital contre la satisfaction du Christ.

    18
  19. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — dans le De auctoritate Sacrae Scripturae, Socin va jusqu'à rejeter toute religion purement naturelle : la Bible est tout, mais interprétée à la lumière de la raison.

    19
  20. J. M. Erdo, Transylvanian Unitarian Church (IARF) — Blandrata fait venir le théologien antitrinitarien ; Socinian.org, « Faustus Socinus » — voyage à Kolozsvár (Cluj) en novembre 1578, à l'invitation de Blandrata, médecin de cour en Pologne et Transylvanie.

    20
  21. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — invité à Siebenbourg contre l'évêque antitrinitarien Ferenc Dávid (1510-1579) ; Dávid, refusant l'adoration socinienne du Christ non-Dieu, est jeté en prison, où il meurt.

    21
  22. « Socinianism », ibid. — action autoritaire une fois maître : Budny, tenant des vues de Dávid, dégradé et excommunié en 1584 ; ancien catéchisme supprimé, nouveau catéchisme (celui de Raków) publié.

    22
  23. « Socinianism », ibid. — ligne de partage socinianisme / unitarisme : le premier adore un Christ miraculeusement né ; le second nie la naissance surnaturelle et refuse l'adoration — plus logique sur les principes posés.

    23
  24. « Socinianism », ibid. — malgré l'opposition initiale, Fauste rallie tous les partis et leur assure une unité jusque-là inconnue.

    24
  25. « Fausto Sozzini », Wikipedia — en 1598, une foule le chasse de Cracovie, saccage sa maison et le roue de coups ; accueil d'amis à Lusławice, à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Cracovie.

    25
  26. R. Mazurkiewicz (trad. J. Frydrych), « Fausto Sozzini in Poland (1579-1604) », Roczniki Filozoficzne — colloques de mars et d'octobre 1602 à Raków, séminaires théologiques pour les anciens, exposant et défendant sa doctrine, notamment face à Marcin Czechowic.

    26
  27. R. Mazurkiewicz (trad. J. Frydrych), « Fausto Sozzini in Poland (1579-1604) », Roczniki Filozoficzne — mort à Lusławice le 3 mars 1604, miné par les coliques et la pierre ; la gravure de 1739 reproduite dans l'Infobox porte la même date (« Den. A. 1604. d. 3. Martij ») ; « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — le catéchisme, qui lui tenait à cœur, inachevé, fragments publiés après sa mort.

    27
  28. A. Hessayon, art. cit. (2022) — académie fondée en 1602 avec l'appui d'un seigneur converti ; presse installée dès 1600, quelque 500 titres avec réimpressions jusqu'à la confiscation de 1638.

    28
  29. « Polish Brethren », Wikipedia — Pińczów et Raków, grands centres culturels ; presse arienne principale et Gymnasium Bonarum Artium fondé en 1602 et fermé en 1638, plus de mille étudiants formés.

    29
  30. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — immense littérature religieuse sortie de la presse de Raków, collectée sous le titre de Bibliotheca Antitrinitarianorum par Sandius (Christoph Sand).

    30
  31. GAMEO, art. « Socinianism » — Catéchisme : polonais 1605, allemand 1608, latin 1609, néerlandais 1659, réimpressions révisées latine 1665 et néerlandaise 1666 ; texte anglais : The Racovian Catechisme (1652), éd. EEBO-TCP A91721.

    31
  32. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — doctrines fondamentales tirées du Catéchisme de Raków et des écrits de Socin réunis dans la Bibliotheca Fratrum Polonorum.

    32
  33. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — Jan Crell († 1633), De Deo et ejus attributis.

    33
  34. « Jonasz Szlichtyng », Wikipedia — Jonas Schlichting (1592, Bukowiec – 1661, Sulechów), théologien des Frères polonais ; GAMEO, art. « Socinianism » (mort en 1661) — controversiste de l'exil après 1658.

    34
  35. « Samuel Przypkowski », Wikipedia — Samuel Przypkowski (1592 – 19 avril 1670, Königsberg), théologien socinien ; Socinian.org, « From the Polish Socinians to the American Constitution » (1592-1670) — publiciste de la tolérance (Dissertatio de pace et concordia ecclesiae, Amsterdam, 1628) et théoricien de la liberté de conscience.

    35
  36. « Polish Brethren », Wikipedia ; Socinian.org — Andrzej Wiszowaty (1608-1678), de la descendance de Socin, théologien de l'exil, éditeur et passeur vers la Hollande et l'Angleterre.

    36
  37. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — pour base le jugement privé ; rejet de l'autorité, exigence du libre usage de la raison, sans rejet de la Révélation.

    37
  38. « Socinianism », ibid. — Bible souveraine mais interprétée à la lumière de la raison ; tous les mystères écartés.

    38
  39. J. Crell, De Deo et ejus attributis, cité par la Catholic Encyclopedia, ibid. — texte anglais : « Mysteries are indeed exalted above reason, but they do not overturn it; they by no means extinguish its light, but only perfect it. » (trad. Ignispedia).

    39
  40. « Socinianism », ibid. — formule vraie pour un catholique, mais qui dans la bouche socinienne signifie que seuls les mystères saisissables par la raison sont reçus.

    40
  41. « Socinianism », ibid. — dans le Catéchisme comme dans les Institutiones religionis christianae, seules l'unité, l'éternité, la toute-puissance, la justice et la sagesse sont imposées ; immensité, infinité, omniprésence hors de prise, donc inutiles au salut.

    41
  42. « Socinianism », ibid. — Dieu absolument simple ; la distinction des personnes détruirait cette simplicité ; la Trinité serait donc mal fondée.

    42
  43. « Socinianism », ibid. — nulle proportion entre fini et infini, donc nulle incarnation possible ; et nulle union possible entre deux individualités, même en supposant la distinction des personnes.

    43
  44. « Socinianism », ibid. — renvoi à saint Thomas, Somme théologique I, q. 12, a. 1, ad 4, et à Petau (Petavius) pour les autres arguments.

    44
  45. « Socinianism », ibid. — ni ariens comme Campanus et Gentilis (décapité à Berne en 1566), ni trithéistes, ni proprement unitariens : position sui generis.

    45
  46. « Socinianism », ibid. — le Christ Logos sans préexistence, Parole de Dieu comme interprète de la volonté divine (interpres divinae voluntatis).

    46
  47. « Socinianism », ibid. — les passages johanniques sur le Verbe moyen de la création expliqués de la seule régénération.

    47
  48. « Socinianism », ibid. — Christ miraculeusement engendré, homme parfait, médiateur désigné, non Dieu mais homme déifié, à ce titre adoré ; là la ligne de partage avec l'unitarisme.

    48
  49. Jn 1, 1.14 — le Verbe Dieu et le Verbe fait chair, fondement scripturaire de la préexistence et de l'incarnation.

    49
  50. Jn 8, 58 — le Je Suis absolu du Christ avant Abraham, nom divin d'Ex 3, 14.

    50
  51. Jn 20, 28 — confession de Thomas devant le Ressuscité.

    51
  52. Ph 2, 6-7 — préexistence dans la condition divine et anéantissement dans la chair.

    52
  53. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — justice originelle réduite au fait d'être sans péché, sans dons particuliers ; doctrine du péché originel entièrement niée.

    53
  54. American Cyclopaedia (1879), vol. 15, art. « Socinus » — le péché humain imitation du péché d'Adam, le salut imitation et adoption de la vertu du Christ ; Bible interprétée par la raison humaine.

    54
  55. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — la foi réduite à la confiance en Dieu ; justification niée au sens catholique, simple acte judiciaire de Dieu ; C. Buck, Theological Dictionary, art. « Socinians » — négation de la satisfaction et de la justice imputée.

    55
  56. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — le Christ purement homme n'ayant pas satisfait pour nos péchés, sa Passion n'est qu'exemple et gage du pardon.

    56
  57. « Socinianism », ibid. — la Cène pas même commémorative de la Passion, plutôt action de grâces pour elle.

    57
  58. Six premiers conciles œcuméniques ; symbole Quicumque dit de saint Athanase ; cf. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid.

    58
  59. Concile de Chalcédoine (451) et Tome à Flavien (lettre 28) de saint Léon le Grand ; cf. « Socinianism », ibid.

    59
  60. IXᵉ canon du Vᵉ concile œcuménique (Constantinople II, 553) ; cf. « Socinianism », ibid.

    60
  61. Concile de Trente, Vᵉ session (17 juin 1546), décret sur le péché originel ; cf. article Concile de Trente.

    61
  62. Concile de Trente, VIᵉ session (13 janvier 1547), décret sur la justification ; cf. article Concile de Trente.

    62
  63. Concile de Trente, VIIᵉ session (3 mars 1547), canons sur le baptême, canon 13 ; cf. article Concile de Trente.

    63
  64. Magistère constant sur la rétribution éternelle ; cf. Catéchisme de l'Église catholique, n° 1033-1037.

    64
  65. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — deux sacrements seulement, simples stimulants de la foi sans efficacité intrinsèque ; baptême des enfants rejeté.

    65
  66. « Socinianism », ibid. — pas d'enfer, anéantissement des méchants.

    66
  67. « Socinianism », ibid. — Saint-Esprit simple opération de Dieu, puissance de sanctification ; affinités avec Paul de Samosate et Sabellius ; Routledge, art. cit. — négation de l'immortalité naturelle de l'âme, certains sociniens matérialistes.

    67
  68. A. Hessayon, art. cit. (2022) — fondateurs de Raków généralement partisans de la non-violence ; au XVIIᵉ siècle, plusieurs Frères justifient la guerre défensive sur ordre du magistrat civil.

    68
  69. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — thèses maintes fois condamnées par l'Église ; opposition à l'enseignement exprès des six premiers conciles, à Chalcédoine et au Tome de saint Léon, aux symboles surtout celui dit de saint Athanase, au IXᵉ canon du Vᵉ concile pour l'adoration du Christ.

    69
  70. « Socinianism », ibid. — affinités nombreuses avec l'adoptianisme.

    70
  71. Concile de Trente : décret sur le péché originel (Vᵉ session, 17 juin 1546), sur la justification (VIᵉ session, 13 janvier 1547), canons sur le baptême (VIIᵉ session, 3 mars 1547, canon 13) et sur l'eucharistie (XIIIᵉ session, 11 octobre 1551) ; cf. article Concile de Trente.

    71
  72. « Socinianism », ibid. — renvoi à Petau (Petavius) pour la réfutation scolastique ; J.-B. Bossuet, Histoire des variations des Églises protestantes, Paris, 1688.

    72
  73. M. Servet brûlé à Champel (Genève) le 27 octobre 1553 ; cf. article Calvinisme, section « L'affaire Servet (1553) ».

    73
  74. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — en 1638, les catholiques de Pologne exigent le bannissement, école et presse fermées, dispersion ; A. Hessayon, art. cit. — confiscation de la presse en 1638.

    74
  75. « Racovian Catechism », Wikipedia — Ecclesia minor proscrite par la diète polonaise en 1658, en pleine Contre-Réforme ; appartenance passible de mort après le délai (1660).

    75
  76. P. Bayle, Dictionnaire, lu par la Catholic Encyclopedia, ibid. — secte redoutée dans toute l'Europe, princes soupçonnés de la favoriser en secret, prédiction d'un déferlement socinien ; Bayle dissipe ces craintes par les mesures prises, notamment en Hollande.

    76
  77. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — en 1639, sur proposition de l'ambassadeur britannique, les États de Hollande avertis de l'arrivée probable des sociniens ; en 1653, décrets très sévères contre eux.

    77
  78. « Socinianism », ibid. — en Angleterre, Legate et Wightman condamnés à mort en 1612 pour négation de la divinité du Christ.

    78
  79. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. ; « Polish Brethren », Wikipedia — exil vers la Transylvanie, la Prusse, la Hollande (Amsterdam) et l'Angleterre.

    79
  80. « Racovian Catechism », Wikipedia — Bibliotheca Fratrum Polonorum publiée à Amsterdam en 1665 (et années suivantes), largement diffusée en Angleterre et ailleurs grâce à la place donnée aux écrits de Fauste Socin après sa mort.

    80
  81. « Socinianism », Catholic Encyclopedia, ibid. — sous le Commonwealth, John Biddle champion des principes sociniens ; banni aux Sorlingues par Cromwell, revenu par habeas corpus, ministre d'une église indépendante à Londres.

    81
  82. « Socinianism », ibid. — après la Restauration, de nouveau emprisonné, mort en prison en 1662.

    82
  83. « Socinianism », ibid. — unitariens souvent identifiés aux sociniens, mais différences fondamentales de doctrine.

    83
  84. J. M. Erdo, Transylvanian Unitarian Church (IARF) — Église unitarienne de Transylvanie subsistant comme Église constituée.

    84
  85. Socinian.org, « From the Polish Socinians to the American Constitution » — esprit de liberté religieuse des sociniens polonais et formulations avancées sur la liberté humaine et les relations Église-État, jusqu'aux débats américains.

    85
  86. Thèse d'historiens (cf. note précédente) : influence réelle mais indirecte, à ne pas durcir en filiation juridique directe.

    86
  87. Synthèse Ignispedia : le libre examen juge de la Révélation vide la foi de son objet trinitaire et rédempteur.

    87
  88. Foi catholique constante : un Dieu en trois personnes, le Christ vrai Dieu et vrai homme, la rédemption par satisfaction, le baptême des petits enfants, la rétribution éternelle ; cf. Catéchisme de l'Église catholique, n° 253-256, 464-467, 615-617, 1250-1252, 1033-1037. Texte : https://www.vatican.va/archive/FRA0013/_INDEX.HTM

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  89. Socin roué de coups à Cracovie en 1598, Dávid mort en prison en 1579, Biddle mort en prison en 1662 : fermeté doctrinale et respect des personnes ; cf. notes ci-dessus.

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  90. Dialogue contemporain avec les confessions issues de la Réforme : fermeté sur les définitions conciliaires, reconnaissance de tout ce qui s'y trouve de véritablement chrétien ; cf. articles Luthéranisme, Calvinisme, Anabaptisme radical.

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