L'antitrinitarisme moderne désigne l'ensemble des doctrines nées à partir du XVIIIᵉ siècle qui nient la Trinité — un seul Dieu en trois personnes, Père, Fils et Saint-Esprit — définie par les conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381) et rappelée par le Catéchisme de l'Église catholique[1]. Il ne s'agit pas d'une école unique, mais de trois familles distinctes : l'unitarisme libéral issu du socinianisme, qui fait du Christ un grand homme inspiré ; l'arianisme renaissant, qui en fait une créature céleste inférieure à Dieu — position des Témoins de Jéhovah, de loin les plus nombreux ; et le modalisme unicitaire, qui ne voit dans le Père, le Fils et l'Esprit que trois masques d'un Dieu unique — position des pentecôtistes unitaires[2].
Aucun de ces mouvements ne se réclame de l'arianisme antique ni ne descend de lui par une chaîne continue : comme le rappelle l'article voisin, la filiation est rompue depuis le IVᵉ siècle, et l'erreur revient sous d'autres noms chaque fois que la divinité du Christ est niée[3]. Leur racine historique commune est plus proche : le socinianisme polonais du XVIᵉ-XVIIᵉ siècle — cénacle de Vicence (1546), Fauste Socin (1539-1604), académie de Raków (1602), Catéchisme de Raków (1605) — dont les exilés essaiment vers la Transylvanie, la Hollande et l'Angleterre après le bannissement de 1658[4]. Tout ce qui concerne cette matrice — doctrine de Socin, capitale de Raków, dispersion — appartient à l'article Socinianisme : on ne le reprend pas ici.
Le présent article commence donc là où le socinianisme s'arrête : à la greffe anglaise de l'unitarisme au XVIIᵉ siècle, à sa conquête de la Nouvelle-Angleterre au XIXᵉ, à l'irruption des Étudiants de la Bible de Charles Taze Russell dans les années 1870, et à la scission modaliste du pentecôtisme en 1913-1916. Il s'achève par la réponse catholique : ce que l'Écriture dit du Christ-Dieu, ce que Nicée a tranché, et comment l'Église juge aujourd'hui ces baptêmes et ces prédications[5].
Ce que recouvre — et ne recouvre pas — cet article
Trois négations différentes de la même Trinité
Le mot antitrinitarisme recouvre trois opérations doctrinales différentes, qu'il faut distinguer dès l'abord sous peine de tout confondre[6]. L'unitarisme garde le monothéisme strict et fait du Christ un homme — fût-il le plus grand des hommes, miraculeusement conçu, modèle de vertu ; c'est la ligne directe de Socin[7]. L'arianisme renaissant peuple le ciel : au-dessus des hommes, au-dessous de Dieu, un Fils créature — premier-né de la création, archange ou dieu subordonné ; c'est la ligne des Témoins de Jéhovah[8]. Le modalisme (ou unicitarisme) fait l'inverse : il ne divise pas Dieu, il confond les personnes — un seul Dieu qui se présente tour à tour comme Père, Fils et Saint-Esprit ; c'est la ligne des pentecôtistes unitaires[9]. Trois erreurs, trois histoires, trois sociologies : le tableau suivant les résume.
| Famille | Statut du Christ | Statut de l'Esprit | Mouvement type | Effectif indicatif |
|---|---|---|---|---|
| Unitarisme libéral | Homme inspiré, non Dieu | Force ou influence divine, non personne | Unitariens universalistes (UUA) | ~200 000 dans le monde |
| Arianisme renaissant | Créature céleste (archange Michel incarné) | Force active impersonnelle de Dieu | Témoins de Jéhovah | ~9 millions de proclamateurs |
| Modalisme unicitaire | Jésus est à la fois Père, Fils et Esprit | Jésus lui-même sous un autre mode | Église pentecôtiste unie (UPCI) | Plusieurs millions (ensemble des branches) |
| Trithéisme mormon (cas limite) | Un dieu séparé parmi d'autres | Un membre d'une divinité plurielle | Saints des derniers jours | ~17 millions revendiqués |
Ordres de grandeur début des années 2020, d'après les annuaires déclarés par chaque mouvement[10]. Le cas mormon est un cas limite — non pas négation de toute divinité du Christ, mais négation de l'unité de Dieu — traité en détail dans l'article Les mormons et seulement résumé ici.
Ce que cet article ne traite pas
Par discipline éditoriale, plusieurs sujets voisins ont leur article propre et ne sont ici que renvoyés. La Réforme du XVIᵉ siècle — Luther, Zwingli, Calvin, anabaptistes — appartient aux articles Luthéranisme, Zwinglianisme, Calvinisme et Anabaptisme radical : seule la sortie antitrinitarienne de cette Réforme (Servet, Sozzini) est rappelée en passant[11]. Le système socinien achevé — De Jesu Christo Servatore (1578), affaire Dávid (1579), académie de Raków — appartient à Socinianisme[12]. L'arianisme antique — Arius, Athanase, Nicée — appartient à Arianisme[13]. La vie de Charles Taze Russell appartient à Charles Taze Russell, et l'ensemble du dossier mormon à Les mormons[14]. Enfin les dérives contemporaines du dogme dans la théologie savante (théologie de la mort de Dieu, relativisme doctrinal, modernisme) ont leurs chantiers propres — Théologie de la mort de Dieu, Modernisme — et ne sont ici qu'esquissées[15].
De Raków à Boston : l'unitarisme anglais et américain
La greffe anglaise : Biddle, Emlyn, Priestley
Chassés de Pologne par la diète de 1658, les Frères polonais se dispersent vers la Transylvanie, la Hollande et l'Angleterre, emportant avec eux la Bibliotheca Fratrum Polonorum (1665-1669), qui met le socinianisme à la portée des lecteurs européens[16]. En Angleterre, le premier apôtre de l'unitarisme est John Biddle (1615-1662) : son Twelve Arguments (1647) nie la divinité du Saint-Esprit, et son catéchisme socinien lui vaut l'exil puis la prison, où il meurt[17]. Le Parlement Cromwellien répond par l'ordonnance de 1648, qui punit de mort la négation de la Trinité — preuve que le danger est pris au sérieux[18]. Thomas Emlyn (1663-1741), pasteur presbytérien de Dublin, est destitué et condamné en 1703 pour son Humble Inquiry antitrinitarien[19]. Au XVIIIᵉ siècle, le savant Joseph Priestley (1733-1804) — le découvreur de l'oxygène — donne à l'unitarisme anglais son arsenal historique : son History of the Corruptions of Christianity (1782) soutient que la Trinité est une corruption platonicienne de l'Évangile primitif[20]. Émeutes de Birmingham (1791) : sa maison et son laboratoire sont saccagés, et il finit exilé en Pennsylvanie[21].
Essex Street (1774) et l'émancipation légale (1813)
Le premier lieu de culte ouvertement unitarien d'Angleterre est la chapelle d'Essex Street à Londres, fondée en 1774 par Theophilus Lindsey (1723-1808), avec l'aide de Priestley[22]. Le British and Foreign Unitarian Association est fondé le 26 mai 1825 — le même jour, par coïncidence, que son homologue américain[23]. L'émancipation suit : le Trinity Act de 1813 (loi de Guillaume Smith, Unitarian Relief Act) légalise enfin la négation de la Trinité, jusque-là passible du Blasphemy Act de 1698[24]. L'unitarisme anglais reste minoritaire mais influent — chapelles, collèges (Manchester College, aujourd'hui Harris Manchester à Oxford), revues — avant de glisser au XXᵉ siècle vers un universalisme sans dogme[25].
- 1647-1662John Biddle, premier unitarien anglais
Twelve Arguments antitrinitaires, exils répétés, mort en prison. L'ordonnance de 1648 punit de mort la négation de la Trinité.
- 1703Condamnation de Thomas Emlyn
Le pasteur de Dublin est destitué et condamné pour son Humble Inquiry contre la Trinité.
- 1774Chapelle d'Essex Street, Londres
Theophilus Lindsey fonde le premier lieu de culte ouvertement unitarien d'Angleterre.
- 1782-1791Priestley puis l'exil
History of the Corruptions of Christianity ; émeutes de Birmingham (1791), exil en Amérique.
- 1813Émancipation légale
Le Trinity Act légalise la négation de la Trinité en Grande-Bretagne.
- 1819-1825Boston prend le relais
Sermon de Baltimore de Channing (1819), fondation de l'American Unitarian Association (1825).
- 1961Fusion UUA
Unitariens et universalistes américains fusionnent : l'Unitarian Universalist Association.
Boston (1819-1825) : Channing et la conquête de Harvard
En Nouvelle-Angleterre, le conflit couve dans les vieilles Églises congrégationalistes entre calvinistes trinitaires et libéraux. En 1805, les unitariens s'emparent des postes clés de Harvard — l'élection du professeur de théologie Henry Ware fait scandale[26]. Le manifeste public est le sermon de Baltimore : en 1819, William Ellery Channing (1780-1842), pasteur de la Federal Street Church de Boston, prêche à l'ordination de Jared Sparks et expose la position unitarienne — raison, unité de Dieu, humanité du Christ[27]. En 1825, les congrégations unitariennes s'organisent en American Unitarian Association, dont le siège est à Boston[28]. Puis vient le glissement : le transcendantalisme d'Emerson (Harvard Divinity School Address, 1838) dissout jusqu'au christianisme résiduel des unitariens[29] ; en 1961, la fusion avec les universalistes donne l'Unitarian Universalist Association (UUA), où la négation de la Trinité n'est plus qu'un souvenir parmi d'autres dans un pluralisme sans credo[30].
« Nous croyons en un Dieu unique, le Père ; en un médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme Jésus-Christ ; et en un Saint-Esprit, non comme une personne, mais comme l'influence et la puissance divines. » — Résumé du credo unitarien de Boston, d'après la prédication de Channing et les confessions congrégationalistes libérales[31]
L'arianisme renaissant : Témoins de Jéhovah et mouvements frères
De Russell à Rutherford : la naissance d'un empire (1870-1931)
Le plus nombreux des antitrinitarismes modernes naît à Pittsburgh dans les années 1870 autour de Charles Taze Russell (1852-1916) — dont la biographie détaillée appartient à l'article Charles Taze Russell : groupes d'étude biblique dès 1870, revue Zion's Watch Tower lancée en juillet 1879, Société Watch Tower fondée en 1881-1884[32]. Russell enseigne déjà que le Christ est une créature — non Dieu, mais la première des créatures — et que l'Esprit Saint est la puissance impersonnelle de Dieu[33]. À sa mort (1916), Joseph Franklin Rutherford (1869-1942) prend la tête du mouvement, centralise l'autorité, impose le porte-à-porte systématique et donne au mouvement son nom définitif : en 1931, les Étudiants de la Bible deviennent les Témoins de Jéhovah, d'après Isaïe 43, 10 (« Vous êtes mes témoins »)[34]. Le siège mondial s'installe à Brooklyn (New York), avant son transfert à Warwick en 2016-2017[35].
La doctrine jéhoviste : un Dieu, une créature, une force
La théologie des Témoins tient en trois thèses. Premièrement, seul Jéhovah (le Père) est Dieu — « Jéhovah notre Dieu est un seul Jéhovah » ; adorer le Christ comme Dieu serait de l'idolâtrie[36]. Deuxièmement, le Christ est une créature : la première et la plus haute, identifiée à l'archange Michel, par qui Dieu a tout créé, puis incarnée en Jésus, mort sur un poteau, ressuscité en esprit[37]. Troisièmement, l'Esprit Saint n'est pas une personne mais la force active de Dieu, comparable à l'électricité[38]. La Traduction du Monde Nouveau (Nouveau Testament en anglais dès 1950, Bible complète en 1961) verrouille la doctrine dans le texte même : Jean 1, 1 y devient « la Parole était un dieu » — article indéfini ajouté contre tout l'usage grammatical reconnu[39]. De même, le mot grec kyrios appliqué au Christ est systématiquement rendu par « Seigneur » et réservé « Jéhovah » au Père, et la doxologie de Romains 9, 5 est coupée du Christ[40].
« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. » — Évangile selon saint Jean, 1, 1 (traduction catholique ; la Traduction du Monde Nouveau ajoute ici l'article indéfini : « la Parole était un dieu »)[41]
Le mouvement compte aujourd'hui quelque 9 millions de proclamateurs actifs dans plus de 230 pays, avec une littérature diffusée à des centaines de millions d'exemplaires (La Tour de Garde, Réveillez-vous !)[42]. Sa croissance repose sur la prédication de porte en porte, l'encadrement serré des fidèles (Salles du Royaume, Collège central) et un calendrier de fêtes expurgé — refus du sang transfusé, du service militaire, des anniversaires — qui soude la communauté[43].
Les mouvements frères : Christadelphiens, Iglesia ni Cristo, Voie internationale
Les Témoins ne sont pas seuls dans cette famille. Les Christadelphiens (« frères du Christ ») remontent à John Thomas (1805-1871), médecin anglais émigré en Amérique : sa tournée de conférences en Grande-Bretagne (1848-1850) et son livre Elpis Israel (1848) jettent les bases d'un mouvement qui nie la Trinité comme la préexistence personnelle du Christ et l'immortalité naturelle de l'âme — quelque 50 000 membres dans 120 pays[44]. L'Iglesia ni Cristo (« Église du Christ »), fondée aux Philippines et enregistrée par Felix Manalo (1886-1963) le 27 juillet 1914, enseigne que seul le Père est Dieu et que le Christ est un homme élu — la plus grande Église indépendante d'Asie, plusieurs millions de fidèles[45]. La Voie internationale (The Way International), fondée par Victor Paul Wierwille (1916-1985) dans l'Ohio, diffuse un unitarisme évangélique à grand tirage dans les années 1970-1980 (Jésus-Christ n'est pas Dieu, 1975)[46]. La Science chrétienne de Mary Baker Eddy (Science et santé, 1875) dissout quant à elle la Trinité dans un idéalisme où le mal et la matière sont irréels — négation d'un autre ordre, mais négation tout de même[47].
| Mouvement | Fondateur et date | Christ selon eux | Effectif indicatif |
|---|---|---|---|
| Témoins de Jéhovah | Russell (1879), Rutherford (1931) | Créature céleste, archange Michel incarné | ~9 millions |
| Christadelphiens | John Thomas (1848) | Homme sans préexistence personnelle | ~50 000 |
| Iglesia ni Cristo | Felix Manalo (1914) | Homme élu et exalté, non Dieu | Plusieurs millions |
| Science chrétienne | M. B. Eddy (1875) | Idée divine impersonnelle | ~100 000 |
| Voie internationale | V. P. Wierwille (1970s) | Homme, non Dieu | Dizaines de milliers |
D'après les annuaires déclarés par chaque mouvement et les estimations académiques[48].
Le cas limite mormon : non pas un Dieu nié, mais un Dieu multiplié
Les Saints des derniers jours ne rentrent dans aucune des trois cases : ils ne nient pas la divinité du Christ, ils nient l'unité de Dieu. Père, Fils et Saint-Esprit y sont trois dieux séparés, et l'homme fidèle peut lui-même devenir dieu — « tel que l'homme est, Dieu fut autrefois ; tel que Dieu est, l'homme peut devenir » (formule de Lorenzo Snow, 5ᵉ président)[49]. C'est un polythéisme pratique revêtu de vocabulaire chrétien, condamné comme tel. Le dossier complet — Livre de Mormon (1830), King Follett Discourse (1844), exaltation, baptême des morts — appartient à l'article Les mormons ; on retient seulement ici que la Congrégation pour la doctrine de la foi a déclaré invalide le baptême mormon (réponse du 5 juin 2001), faute de foi trinitaire véritable[50].
Le modalisme renaissant : les pentecôtistes unitaires
Arroyo Seco (1913) : la « nouvelle question »
Le modalisme — l'erreur inverse de l'arianisme : non pas diviser Dieu, mais confondre les personnes — avait été condamné dès le IIIᵉ siècle en la personne de Sabellius. Il renaît au cœur du pentecôtisme américain. En 1913, lors d'un camp pentecôtiste à Arroyo Seco (Californie), le prédicateur canadien R. E. McAlister fait remarquer que les baptêmes du Nouveau Testament sont administrés au seul nom de Jésus — et non selon la formule trinitaire de Matthieu 28, 19[51]. John Scheppe affirme avoir reçu une révélation pendant la nuit ; Frank Ewart et Glenn Cook se font rebaptiser en 1914 « au nom de Jésus-Christ » et rebaptisent à leur tour[52]. La « nouvelle question » (New Issue) divise le jeune mouvement : les Assemblées de Dieu, réunies en concile à Saint-Louis en 1916, excluent la doctrine unicitaire et confessent la Trinité[53]. Les exclus s'organisent : Assemblées apostoliques, Assemblée pentecôtiste de Jésus-Christ, Église pentecôtiste incorporée — puis la fusion de 1945 donne l'Église pentecôtiste unie internationale (UPCI), forte de quelques centaines d'Églises, aujourd'hui plusieurs millions de fidèles avec ses branches sœurs (Assemblées pentecôtistes du monde, PAW)[54].
La doctrine unicitaire : Jésus seul
La théologie unicitaire tient en une phrase : Jésus est à la fois le Père, le Fils et le Saint-Esprit — trois noms, trois modes de manifestation, une seule personne[55]. Le baptême n'est valide que s'il est donné au seul nom de Jésus (Actes 2, 38 : « que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ »), avec la glossolalie comme signe ordinaire de la réception de l'Esprit[56]. Le prédicateur William Branham (1909-1965), dont l'influence dépasse largement les frontières unicitaires, diffuse une variante où le modalisme se mêle à la doctrine de la Semence du serpent — condamnée par tous, y compris par de nombreux unicitaires[57]. Face à ces lectures, l'exégèse catholique rappelle que les récits de baptême « au nom de Jésus » désignent l'autorité du baptême chrétien face au baptême de Jean, non une formule concurrente de celle que le Christ lui-même a instituée en Matthieu 28, 19 — formule attestée dès la Didachè (VII) et par tout l'usage antique[58].
« Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » — Évangile selon saint Matthieu, 28, 19[59]
L'érosion savante : quand la théologie libérale vide la Trinité
Schleiermacher, Harnack : le dogme comme sentiment ou hellénisation
Parallèlement aux Églises antitrinitariennes, la théologie libérale protestante vide le dogme de l'intérieur sans toujours le nier frontalement. Friedrich Schleiermacher (1768-1834) relègue la Trinité en appendice de sa Glaubenslehre (1821-1822) : le dogme n'est plus une vérité révélée sur Dieu, mais l'expression seconde d'un sentiment de dépendance[60]. Adolf von Harnack (1851-1930) popularise la thèse de l'hellénisation : le dogme de Nicée serait l'intrusion de la métaphysique grecque dans le simple Évangile de Jésus — « le dogme est par sa conception et sa construction une œuvre de l'esprit grec sur le sol de l'Évangile »[61]. Cette thèse, réfutée par la patristique du XXᵉ siècle (les Pères n'empruntent pas à la philosophie, ils la convertissent), prépare pourtant les esprits à traiter la Trinité comme un accident historique plutôt qu'une donnée révélée[62]. Les formes extrêmes — théologie de la mort de Dieu (Altizer, Hamilton, années 1960), négation pure et simple — appartiennent au chantier voisin Théologie de la mort de Dieu et au dossier du Modernisme : on n'y entre pas ici[63].
La réponse catholique : l'Écriture, Nicée, la vie baptismale
Ce que le Nouveau Testament dit du Christ-Dieu
La foi trinitaire ne repose pas sur un verset isolé, mais sur la convergence de tout le Nouveau Testament[64]. Jean ouvre son évangile par l'identité de la Parole avec Dieu — « la Parole était Dieu » (Jn 1, 1) — et le clôt par la confession de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20, 28), que Jésus reçoit au lieu de la corriger[65]. Paul applique au Christ le Nom divin : « afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse » (Ph 2, 10, citant Isaïe 45, 23, où tout genou fléchit devant Yahvé), et l'hymne aux Colossiens fait de lui l'auteur de « toutes choses » (Col 1, 16-17)[66]. L'épître aux Hébreux applique au Fils le Psaume 44 : « Ton trône, ô Dieu, est pour les siècles des siècles » (He 1, 8)[67]. Et le Christ ressuscité commande de baptiser « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19) — un seul Nom pour trois[68].
« Mon Seigneur et mon Dieu ! » — Saint Thomas, confessant le Christ ressuscité, Évangile selon saint Jean, 20, 28[69]
« Lui qui, existant en forme de Dieu, n'a pas considéré comme une proie à saisir d'être égal à Dieu, mais s'est anéanti lui-même, prenant la forme d'esclave. » — Saint Paul, Épître aux Philippiens, 2, 6-7[70]
Les versets d'abaissement — « le Père est plus grand que moi » (Jn 14, 28), « le Fils ne sait pas » (Mc 13, 32) — se lisent, depuis Athanase, selon l'humanité assumée : c'est l'homme Jésus qui grandit, ignore, souffre et meurt ; c'est le Verbe Dieu qui ressuscite et juge[71]. C'est cette lecture qui permet de tenir ensemble tous les versets sans en amputer aucun — là où chaque antitrinitarisme choisit ses versets et sacrifie les autres[72].
Nicée (325) et Constantinople (381) : le verrou dogmatique
Face à Arius, qui faisait du Fils « une créature, tirée du néant », le concile de Nicée (325) confesse le Fils consubstantiel (homoousios) au Père — « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu » — et frappe d'anathème les formules ariennes[73]. Le concile de Constantinople (381) achève le symbole en confessant le Saint-Esprit « Seigneur et vivifiant, qui procède du Père », adoré et glorifié avec le Père et le Fils[74]. Le Catéchisme de l'Église catholique résume la règle de foi :
« Le mystère de la Très Sainte Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne. Dieu seul peut nous le faire connaître en se révélant comme Père, Fils et Saint-Esprit. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 261[75]
« Nous ne confessons pas trois dieux, mais un seul Dieu en trois personnes : “la Trinité consubstantielle”. Les personnes divines ne se partagent pas l'unique divinité, mais chacune d'elles est Dieu tout entier. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 253[76]
Comment l'Église juge ces baptêmes et ces prédications
Le jugement de l'Église est à deux degrés : fermeté sur le dogme, charité pour les personnes[77]. Sur le dogme : tout baptême conféré sans foi trinitaire véritable — avec une formule corrompue (« au nom de Jésus seul ») ou une intention qui exclut la Trinité — est invalide, et le converti doit être baptisé : c'est le sens de la réponse de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur les mormons (5 juin 2001) et de la pratique constante envers les Témoins de Jéhovah[78]. Sur les personnes : les baptisés de ces communautés qui cherchent Dieu de bonne foi restent des frères à accueillir, non des ennemis à mépriser — le dialogue œcuménique et l'apologétique de terrain (à la porte, en famille, au travail) supposent de connaître leurs arguments verset par verset, sans caricature[79]. Le chrétien désarmé face à un Témoin bien entraîné découvre vite que la foi trinitaire ne se défend pas par slogans : elle se reçoit de l'Écriture entière, des conciles et de la vie baptismale de l'Église[80].
Pour aller plus loin
- La matrice du XVIᵉ-XVIIᵉ siècle : Socinianisme.
- L'erreur antique et sa réfutation par Athanase : Arianisme.
- La Réforme dont l'antitrinitarisme est sorti : Luthéranisme, Zwinglianisme, Calvinisme, Anabaptisme radical.
- Le fondateur des Étudiants de la Bible : Charles Taze Russell.
- Le cas limite du Dieu multiplié : Les mormons.
- Les dérives savantes du dogme : Théologie de la mort de Dieu, Modernisme.
Notes et références
Catéchisme de l'Église catholique, §§ 232-267 (la Trinité) ; Concile de Nicée I (325), symbole, in Denzinger, Enchiridion symbolorum, éd. Herder, §§ 125-126 ; Concile de Constantinople I (381), symbole, §§ 150-151.
1Distinction classique des manuels : unitarisme (le Christ homme), arianisme (le Christ créature céleste), modalisme/sabellianisme (les personnes confondues) ; cf. W. Barry, « Arianism », Catholic Encyclopedia, New York, Appleton, 1907, vol. 1 ; J. J. Griffin, « Socinianism », ibid., 1912, vol. 14.
2Aucune chaîne continue entre l'arianisme antique et les antitrinitarismes modernes : ressemblance doctrinale, non filiation historique ; cf. W. Barry, « Arianism », ibid.
3Cénacle de Vicence (1546), Fauste Socin (1539-1604), académie de Raków (1602), Catéchisme de Raków (pol. 1605, lat. 1609), bannissement de 1658 ; voir article Socinianisme et J. J. Griffin, « Socinianism », ibid.
4Plan du présent article : §1 définitions et périmètre ; §2 unitarisme anglais et américain ; §3 arianisme renaissant ; §4 modalisme unicitaire ; §5 érosion savante ; §6 réponse catholique.
5J. N. D. Kelly, Early Christian Doctrines, Londres, Black, 5ᵉ éd. 1977, ch. sur la Trinité : les trois négations types (subordinationniste, adoptioniste, modaliste) structurent déjà les hérésies antiques et leurs résurgences.
6Fauste Socin, De Jesu Christo Servatore (achevé le 12 juillet 1578, Bâle) : le Christ homme, sans préexistence ni divinité, modèle de vertu ; cf. J. J. Griffin, « Socinianism ».
7Arius, Thalie (fragments) : le Fils « tiré du néant » ; résurgence moderne chez les Témoins : Tour de Garde, Que Dieu soit reconnu pour vrai (1946, rév. 1952), ch. sur la Trinité.
8Sabellius (condamné par le pape Calixte I, ~220) : un seul Dieu sous trois masques ; résurgence moderne : théologie unicitaire de l'UPCI, Affirmation de foi (1945, rév.).
9Ordres de grandeur : Témoins ~9 millions de proclamateurs (Annuaire des Témoins de Jéhovah 2024) ; UUA ~200 000 membres ; UPCI et branches sœurs : plusieurs millions ; Saints des derniers jours : ~17 millions revendiqués (Statistical Report, conf. gén. 2024).
10Voir les articles voisins Luthéranisme, Zwinglianisme, Calvinisme, Anabaptisme radical pour la Réforme magistérielle et radicale.
11Voir Socinianisme pour De Jesu Christo Servatore (1578), l'affaire Dávid (1579) et l'académie de Raków (1602-1638).
12Voir Arianisme pour Arius, Athanase et le concile de Nicée (325).
13Voir Charles Taze Russell et Les mormons pour les dossiers biographique et mormon complets.
14Chantiers voisins en cours : Théologie de la mort de Dieu, Modernisme, Relativisme doctrinal.
15Diète polonaise de 1658 : bannissement des Frères polonais ; Bibliotheca Fratrum Polonorum (Amsterdam, 1665-1669) ; cf. J. J. Griffin, « Socinianism ».
16John Biddle (1615-1662), Twelve Arguments Drawn Out of Scripture (1647) ; emprisonnements répétés, mort en détention ; cf. H. McLachlan, Socinianism in Seventeenth-Century England, Oxford University Press, 1951, ch. 2.
17Ordonnance du Parlement (mai 1648) contre les hérésies : la négation de la Trinité punie de mort ; cf. McLachlan, ibid., ch. 1.
18Thomas Emlyn (1663-1741), An Humble Inquiry into the Scripture-Account of Jesus Christ (1702) ; procès de Dublin (1703), destitution, amende et prison ; cf. Dictionary of National Biography, vol. 17.
19Joseph Priestley (1733-1804), An History of the Corruptions of Christianity (Birmingham, 1782), 2 vol. : la Trinité comme corruption platonicienne.
20Émeutes de Birmingham (juillet 1791) : chapelle, maison et laboratoire de Priestley saccagés ; exil en Pennsylvanie (1794) ; cf. J. Priestley, Memoirs (1806).
21Theophilus Lindsey (1723-1808), chapelle d'Essex Street (Londres, 1774), premier lieu de culte ouvertement unitarien ; cf. H. McLachlan, The Unitarian Movement 1760-1900, Manchester, 1933.
22British and Foreign Unitarian Association, fondée le 26 mai 1825 — même jour que l'AUA américaine, par coïncidence.
23Trinity Act (1813, 53 Geo. III c. 160, loi de William Smith, Unitarian Relief Act) : abrogation des peines contre les négateurs de la Trinité.
24R. W. Free, travaux sur l'unitarisme anglais au XXᵉ siècle : chapelles, Manchester College (Harris Manchester, Oxford), glissement vers l'universalisme sans credo.
25Élection d'Henry Ware à la chaire de théologie de Harvard (1805) : bascule unitarienne de l'université ; cf. D. Robinson, The Unitarians and the Universalists, Westport, Greenwood, 1985, ch. 2.
26William Ellery Channing (1780-1842), sermon d'ordination de Jared Sparks, Baltimore, 1819 (Unitarian Christianity) ; pasteur de la Federal Street Church (Boston) ; cf. W. E. Channing, Works, Boston, American Unitarian Association, 1848.
27American Unitarian Association, fondée à Boston le 26 mai 1825, siège à Boston.
28R. W. Emerson, Harvard Divinity School Address (1838) : rupture transcendantaliste avec le christianisme unitarien résiduel.
29Fusion de 1961 : Unitarian Universalist Association (UUA) ; le credo trinitaire n'y est plus qu'un souvenir.
30Résumé d'après la prédication de Channing (1819) et les confessions congrégationalistes libérales de Boston (années 1820).
31Groupes d'étude de Pittsburgh (dès 1870), Zion's Watch Tower and Herald of Christ's Presence (juillet 1879), Watch Tower Society (1881, chartée 1884) ; voir Charles Taze Russell.
32C. T. Russell, Études des Écritures, vol. 5 (La réconciliation entre Dieu et l'homme, 1899) : le Christ première des créatures, l'Esprit puissance impersonnelle.
33Nom de Témoins de Jéhovah adopté en 1931 (assemblée de Columbus, Ohio), d'après Isaïe 43, 10-12 ; J. F. Rutherford (1869-1942) : Millions Now Living Will Never Die (1920), centralisation, porte-à-porte.
34Siège mondial à Brooklyn (124 Columbia Heights, 1909 ; complexe Adams Street) jusqu'au transfert à Warwick (New York) en 2016-2017.
35Tour de Garde, Que Dieu soit reconnu pour vrai (1946, rév. 1952), ch. 3 : seul Jéhovah est Dieu ; cf. Que pouvons-nous attendre d'un paradis sur terre ? (Brooklyn, 1958).
36Identification du Christ à l'archange Michel (1 Th 4, 16 ; Jude 9 ; Ap 12, 7) : Que Dieu soit reconnu pour vrai, ch. 5 ; mort sur un poteau (stauros), résurrection en esprit.
37L'Esprit Saint comme force active (Que Dieu soit reconnu pour vrai, ch. 4 ; image de l'électricité dans La Tour de Garde, 1ᵉʳ juin 1952).
38New World Translation of the Christian Greek Scriptures (Brooklyn, 1950 ; Bible complète 1961) : Jn 1, 1 rendu « the Word was a god » ; cf. la réfutation grammaticale classique : C. F. D. Moule, An Idiom Book of New Testament Greek, Cambridge, 1953, sur l'attribut antéposé sans article.
39Traitement de kyrios et de Rm 9, 5 dans la TMN ; cf. B. M. Metzger, « The Jehovah's Witnesses and Jesus Christ », Theology Today, vol. 10 (1953), pp. 65-85.
40Jn 1, 1 : « En arche ên ho logos, kai ho logos ên pros ton theon, kai theos ên ho logos » — « Au commencement était la Parole… et la Parole était Dieu » (Bible de Jérusalem).
41Annuaire des Témoins de Jéhovah 2024 : ~9 millions de proclamateurs, 230+ pays ; tirages de La Tour de Garde parmi les plus élevés au monde.
42Salles du Royaume, Collège central, refus du sang (dès 1945), neutralité militaire, refus des fêtes : Annuaire 1993 (Les Témoins de Jéhovah, prédicateurs du Royaume de Dieu), pp. 150-152.
43John Thomas (1805-1871), tournée britannique (mai 1848-octobre 1850), Elpis Israel (1848) ; ~50 000 membres dans ~120 pays (estimation BBC, 2009).
44Felix Y. Manalo (1886-1963), enregistrement officiel le 27 juillet 1914 (Manille) ; le Christ homme élu ; plus grande Église indépendante d'Asie.
45V. P. Wierwille (1916-1985), Jesus Christ Is Not God (New Knoxville, Ohio, 1975) ; essor de The Way International dans les années 1970-1980.
46M. B. Eddy, Science and Health with Key to the Scriptures (1875) : idéalisme niant la réalité du mal et de la matière ; la Trinité dissoute dans le Principe impersonnel.
47Synthèse des annuaires déclarés et des estimations académiques (World Christian Encyclopedia, 3ᵉ éd., Edinburgh, 2020).
48Lorenzo Snow (1814-1901), 5ᵉ président : couplet « As man now is, God once was: As God now is, man may be » (1840) ; King Follett Discourse de Joseph Smith (7 avril 1844).
49Congrégation pour la doctrine de la foi, réponse ad propositum dubium sur la validité du baptême mormon, 5 juin 2001 (approuvée par Jean-Paul II) : baptême invalide.
50R. E. McAlister, intervention au camp d'Arroyo Seco (1913) sur les baptêmes « au nom de Jésus » ; cf. D. A. Reed, In Jesus' Name : The History and Beliefs of Oneness Pentecostals, BridgePoint, 2008, ch. 1.
51Frank Ewart et Glenn Cook, rebaptêmes mutuels « au nom de Jésus-Christ » (1914) ; cf. Reed, ibid., ch. 2.
52Assemblées de Dieu, concile de Saint-Louis (1916) : Statement of Fundamental Truths, exclusion de la doctrine unicitaire, confession de la Trinité.
53Fusion de 1945 (Pentecostal Church Incorporated + Pentecostal Assemblies of Jesus Christ) : United Pentecostal Church International (617 Églises en 1946) ; cf. Reed, ibid., ch. 4.
54UPCI, Affirmation de foi : Jésus-Christ à la fois Père, Fils et Saint-Esprit ; cf. D. K. Bernard, The Oneness of God, Hazelwood, Word Aflame Press, 1983.
55Baptême par immersion au seul nom de Jésus (Ac 2, 38), glossolalie comme signe ordinaire : Affirmation de foi UPCI ; Bernard, ibid.
56William Branham (1909-1965) : modalisme mêlé à la doctrine de la Semence du serpent ; condamné par l'ensemble des Églises, y compris unicitaires.
57Didachè, VII (baptême trinitaire, fin Iᵉʳ siècle) ; J. Daniélou, Théologie du Judéo-christianisme, Tournai, Desclée, 1958, sur les formules baptismales.
58Mt 28, 19 (Bible de Jérusalem).
59F. Schleiermacher (1768-1834), Der christliche Glaube (Glaubenslehre, 1821-1822) : la Trinité reléguée en appendice (§§ 170-172).
60A. von Harnack (1851-1930), Lehrbuch der Dogmengeschichte (1886-1890) et Das Wesen des Christentums (1900) : hellénisation du simple Évangile ; trad. fr. L'essence du christianisme, Paris, Fischbacher, 1907.
61Réfutation patristique : J. Pelikan, The Christian Tradition, vol. 1 (The Emergence of the Catholic Tradition), Chicago, 1971 ; H. de Lubac sur la conversion de la philosophie par les Pères.
62Voir les chantiers Théologie de la mort de Dieu et Modernisme pour les formes extrêmes des années 1960.
63Méthode : la doctrine trinitaire comme convergence de tout le Nouveau Testament, non comme un verset-preuve ; cf. L. Bouyer, Le Père invisible, Paris, Cerf, 1976, 1ʳᵉ partie.
64Jn 1, 1 et Jn 20, 28 (Thomas) ; cf. R. E. Brown, The Gospel According to John, Anchor Bible, New York, Doubleday, 1966-1970, vol. 1 (Prologue) et vol. 2 (Thomas).
65Ph 2, 10 citant Is 45, 23 ; Col 1, 16-17 ; cf. J. Daniélou - H. Marrou, Nouvelle histoire de l'Église, vol. 1, Paris, Seuil, 1963.
66He 1, 8 appliquant le Ps 44, 7 au Fils ; cf. A. Vanhoye, La structure littéraire de l'Épître aux Hébreux, Paris, Desclée, 1963.
67Mt 28, 19 : eis to onoma (au singulier) tou patros kai tou huiou kai tou hagiou pneumatos — un seul Nom pour trois.
68Jn 20, 28 (Bible de Jérusalem).
69Ph 2, 6-7 (Bible de Jérusalem).
70Lecture selon l'humanité assumée : Athanase d'Alexandrie, Discours contre les ariens, I-III (éd. Sources chrétiennes n° 318, 324, 1998 ; trad. A. Rousseau) ; sur Jn 14, 28 et Mc 13, 32.
71Principe : tenir ensemble tous les versets ; chaque antitrinitarisme choisit les siens (versets d'abaissement) et sacrifie les autres (versets d'adoration).
72Nicée I (325) : homoousios, « Dieu né de Dieu… », anathématismes ; Denzinger §§ 125-126.
73Constantinople I (381) : le Saint-Esprit « Seigneur et vivifiant… » ; Denzinger §§ 150-151.
74Catéchisme de l'Église catholique, § 261.
75Catéchisme de l'Église catholique, § 253.
76Principe : fermeté sur le dogme, charité pour les personnes ; cf. Concile Vatican II, Unitatis redintegratio, § 3 (frères séparés) ; CEC § 817-819.
77CDF, 5 juin 2001 (mormons) ; pratique constante pour les Témoins (formule et foi trinitaire faisant défaut) ; cf. CIC can. 869 (baptême sous condition).
78Accueil des personnes, connaissance verset par verset des arguments adverses, sans caricature ; cf. Unitatis redintegratio, §§ 4-5 (dialogue œcuménique).
79La foi trinitaire se reçoit de l'Écriture entière, des conciles et de la vie baptismale de l'Église : CEC §§ 232-267.
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