Comment grandir dans la justice

Grandir dans la justice, ce n'est pas réclamer son droit, mais rendre à chacun le sien — à Dieu d'abord, puis au prochain. Voici la nature de la justice (vertu cardinale), ses espèces et ses parties selon saint Thomas, les moyens concrets pour la faire croître et les pièges à éviter.

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Grandir dans la justice n'est pas devenir plus sévère, ni plus procédurier, ni militer plus fort pour une cause : c'est laisser s'enraciner en soi la volonté constante de rendre à chacun ce qui lui est dû. La justice, dans la tradition catholique, n'est pas d'abord une indignation devant l'injustice du monde : elle est une vertu cardinale, une disposition stable de la volonté qui incline à donner son droit à Dieu d'abord, puis au prochain — sans tricher, sans préférence, sans masque.

La difficulté est qu'on confond presque toujours la justice avec autre chose : avec la loi, avec le sentiment d'avoir raison, avec la revendication de ses droits, ou avec la colère devant les torts subis. La vertu de justice est tout autre : elle regarde non ce qui m'est dû, mais ce que je dois — à Dieu, à mes parents, à l'État, à mon prochain, au pauvre, à l'ennemi même. Les saints ne se sont pas contentés d'en faire l'éloge : ils en ont décrit l'architecture (les espèces de justice de saint Thomas), les moyens de la faire croître, et les contrefaçons qui la ruinent — le légalisme des pharisiens, la rigueur sans miséricorde, la vengeance déguisée en droit.

Cet article est consacré à ce chemin pratique : comment la justice grandit, par quels moyens, en évitant quels pièges. Il porte sur la vertu humaine de justice ; pour l'attribut divin — la Justice de Dieu et son rapport à la Miséricorde —, voir Dieu de Justice et de Miséricorde. Pour la voix propre des saints sur cette vertu, voir Que disent les saints sur la justice. Pour les contresens courants, voir Les erreurs fréquentes concernant la justice. Pour la réparation des torts dans une perspective de guérison, voir La justice restaurative.

Pourquoi chercher à grandir dans la justice ?

Une faim que le Christ déclare bienheureuse

De toutes les dispositions du cœur, la soif de justice est l'une de celles que le Christ proclame heureuses. La quatrième béatitude en fait une faim bénie :

« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. » — Évangile selon saint Matthieu 5, 6[1]

Et il va plus loin : la justice du Royaume doit surpasser celle des spécialistes de la Loi : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le royaume des Cieux » (Mt 5, 20)[2]. Il y a donc une justice médiocre, extérieure, comptable, et une justice plus haute, à laquelle nous sommes appelés. Chercher à grandir dans la justice, ce n'est pas devenir tatillon : c'est avoir faim d'une droiture que Dieu seul peut rassasier. Le Christ scelle d'ailleurs sa liste par une seconde béatitude où la justice revient : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice » (Mt 5, 10)[3] — preuve que cette vertu vaut qu'on souffre pour elle.

La plus excellente des vertus morales

Parmi les quatre vertus cardinales — prudence, justice, force, tempérance —, la tradition donne à la justice un rang singulier. Saint Thomas d'Aquin enseigne qu'elle est la plus excellente des vertus morales, et il en donne deux raisons : elle réside dans la partie la plus noble de l'âme, la volonté (et non dans la sensibilité que règlent la force et la tempérance), et son objet n'est pas notre propre bien mais le bien d'autrui[4]. La justice est la seule vertu qui, par définition, nous fait sortir de nous-mêmes : on est tempérant et courageux pour soi, mais on n'est juste que pour un autre.

La justice, enseigne saint Thomas, est louée en ce que l'homme vertueux se comporte bien envers autrui : elle est ainsi, en quelque sorte, le bien d'autrui. — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, II-II, q. 58, a. 12 (sens du respondeo, formule condensée)[5]

C'est pourquoi grandir dans la justice est un test de maturité spirituelle plus sûr que beaucoup de dévotions : on peut se complaire dans une piété tournée vers ses propres consolations ; on ne grandit dans la justice qu'en se décentrant réellement vers les droits des autres — à commencer par les droits de Dieu.

« Rendez à César… et à Dieu » : la vertu qui ordonne toute la vie

La justice n'est pas un secteur de la vie morale parmi d'autres : elle traverse tous les rapports, du plus haut au plus humble. Le Christ en a donné la formule lapidaire devant le denier de l'impôt :

« Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » — Évangile selon saint Matthieu 22, 21[6]

Saint Paul prolonge le précepte jusque dans le détail des relations sociales : « Rendez à chacun ce qui lui est dû : à celui-ci l'impôt, à un autre la taxe, à celui-ci le respect, à un autre l'honneur » (Rm 13, 7)[7]. Toute la vie chrétienne peut se relire comme une immense dette à honorer : un dû envers Dieu (l'adoration, l'obéissance, l'amour), un dû envers les hommes (le respect, la vérité, l'aide, le pardon). Grandir dans la justice, c'est apprendre à voir partout cette dette et à l'acquitter — non par contrainte, mais par droiture du cœur.

Comprendre ce qu'on cherche à acquérir

Avant les moyens, une mise au point : on échoue à grandir dans la justice quand on en vise une contrefaçon. On la confond avec la loi, avec le sentiment d'avoir raison, ou avec la défense de ses propres intérêts. La justice chrétienne est tout autre chose, et la définir exactement est déjà la moitié du chemin.

Rendre à chacun son dû

Le Catéchisme en donne la définition canonique, à méditer mot à mot :

« La justice est la vertu morale qui consiste dans la constante et ferme volonté de donner à Dieu et au prochain ce qui leur est dû. La justice envers Dieu est appelée "vertu de religion". Envers les hommes, elle dispose à respecter les droits de chacun et à établir dans les relations humaines l'harmonie qui promeut l'équité à l'égard des personnes et du bien commun. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1807[8]

Cette définition vient en droite ligne des juristes romains, repris par saint Thomas — qui l'écrit avec unicuique là où Ulpien écrit cuique : iustitia est constans et perpetua voluntas ius suum unicuique tribuens — « la justice est la volonté constante et perpétuelle de rendre à chacun son droit »[9]. Deux mots y sont décisifs. Son dû : la justice ne donne pas n'importe quoi, ni selon le caprice, mais ce qui revient de droit à l'autre. Constante et ferme : elle n'est pas une humeur passagère mais une disposition stable, qui tient même quand cela coûte. La devise classique tient en deux mots latins, que le pape François rappelait : « unicuique suum », à savoir, à « chacun son droit »[10].

Une vertu de la volonté, non du sentiment

La justice ne réside pas dans la sensibilité mais dans la volonté[11]. C'est capital pour la croissance : on ne devient pas juste en ressentant davantage l'injustice du monde, mais en voulant fermement rendre son dû, ici et maintenant, même sans émotion. On peut s'indigner beaucoup et être profondément injuste de près ; on peut ne rien ressentir et payer scrupuleusement ce qu'on doit. La justice se mesure aux actes droits, non à l'intensité de l'indignation. Le pape François en a tracé le portrait le plus net :

« L'homme juste est droit, simple et franc, il ne porte pas de masque, il se présente tel qu'il est, il a un franc parler. » — Pape François, catéchèse du 3 avril 2024[12]

Cette droiture transparente — où le « oui » est un vrai oui et le « non » un vrai non (Mt 5, 37) — est le premier visage de la justice grandissante : une vie sans double fond.

Justice envers Dieu, justice envers le prochain

La définition du Catéchisme dirige la justice dans deux directions indissociables : vers Dieu et vers les hommes. Envers Dieu, la justice prend le nom de religion : rendre au Créateur l'adoration, l'action de grâce et l'obéissance qui lui sont dues. Envers les hommes, elle respecte les droits de chacun et travaille au bien commun. Or l'ordre compte : on ne peut être pleinement juste envers les hommes en étant injuste envers Dieu, car la première de toutes les dettes est celle de la créature envers son Créateur. C'est pourquoi grandir dans la justice commence en haut — par ce qu'on doit à Dieu — avant de descendre vers ce qu'on doit au prochain.

Ne pas confondre la vertu de justice et la « justice de Dieu »

Une distinction évite bien des confusions. Le mot justice a, dans l'Écriture, plusieurs sens. Tantôt il désigne la vertu cardinale dont traite cet article — rendre à chacun son dû. Tantôt il désigne la sainteté intérieure de l'homme rendu juste par la grâce — c'est la « justice » dont parle saint Paul quand il dit qu'Abraham « crut à Dieu, et cela lui fut compté comme justice » (Rm 4, 3) : il s'agit alors de la justification, œuvre gratuite de Dieu, et non de notre vertu. Tantôt enfin il désigne un attribut divin : la Justice de Dieu, qui rend à chacun selon ses œuvres et qui s'unit à sa Miséricorde. Cet article porte sur la première acception ; pour la troisième, voir Dieu de Justice et de Miséricorde. Garder ces sens distincts évite de transformer un traité de morale en débat sur la grâce — et inversement.

L'architecture de la justice : ses espèces et ses parties

L'architecture de la justice — selon saint Thomas d'Aquin, la justice a pour acte propre de rendre à chacun son dû ; elle se déploie en justice générale, justice particulière, justice commutative, justice distributive et vertus annexes comme la religion, la piété, la gratitude et la vérité. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La justice n'est pas un bloc indistinct : elle se déploie en plusieurs espèces, selon les rapports qu'elle règle. Saint Thomas, héritier d'Aristote, en distingue les grandes formes, auxquelles s'ajoutent des vertus « annexes ». Comprendre cette architecture aide à repérer où, concrètement, notre justice doit grandir.

La justice générale ou légale : le bien commun

La première forme regarde le tout social : c'est la justice par laquelle on rend à la communauté ce qu'on lui doit, en ordonnant ses actes au bien commun[13]. On l'appelle « légale » parce qu'elle accomplit ce que la juste loi requiert pour le bien de tous : payer l'impôt, respecter les institutions justes, ne pas frauder la collectivité. Le pape François en a donné la clé : il n'y a pas de vrai bien isolé.

« Il ne peut y avoir de vrai bien pour moi s'il n'y a pas aussi le bien de tous. » — Pape François, catéchèse du 3 avril 2024[14]

Grandir ici, c'est cesser de penser sa vie en termes purement privés et porter, à sa place, le souci du bien de tous — depuis la fraude évitée jusqu'au service rendu sans qu'on le doive légalement.

La justice commutative : l'égalité des échanges

La deuxième forme règle les rapports d'un particulier à un autre : c'est la justice des contrats, des échanges, des salaires, des dettes. Elle exige une égalité stricte : rendre exactement ce qu'on a reçu, payer le juste prix, tenir parole, ne pas léser. C'est la justice la plus exposée à nos petites trahisons quotidiennes — un travail bâclé qu'on fait payer plein tarif, une dette qu'on « oublie », une parole donnée qu'on reprend. Sa loi est simple et sans échappatoire : ce qui a été pris injustement doit être rendu. Le Catéchisme est formel :

« En vertu de la justice commutative, la réparation de l'injustice commise exige la restitution du bien dérobé à son propriétaire. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2412[15]

La justice distributive : la juste répartition

La troisième forme regarde l'inverse : ce que la communauté (ou celui qui détient l'autorité) doit à ses membres. Elle préside au partage des biens, des charges et des honneurs selon le mérite et le besoin, sans favoritisme ni acception de personnes. C'est la justice du chef de famille, du responsable, du supérieur : répartir équitablement, ne pas privilégier les siens, donner à chacun sa part. Là où la justice commutative demande l'égalité arithmétique (autant pour autant), la justice distributive demande une égalité proportionnée (à chacun selon ce qui lui revient).

Les vertus annexes : ce qu'on doit sans pouvoir l'égaler

À ces espèces strictes, saint Thomas adjoint un cortège de vertus annexes : elles rendent bien à autrui quelque chose de dû, mais sans pouvoir l'égaler parfaitement, car la dette y est en un sens infinie ou impossible à solder[16]. Telles sont :

  • la religion, qui rend à Dieu le culte dû — sans jamais pouvoir égaler ce qu'on doit au Créateur ;
  • la piété, qui rend aux parents et à la patrie ce qu'on leur doit — une dette qu'on n'acquitte jamais entièrement ;
  • la gratitude, qui rend grâce au bienfaiteur (voir Comment grandir dans la gratitude) ;
  • la vérité (ou véracité), qui « rend » à autrui le dû d'une parole sincère ;
  • et encore l'équité, la libéralité, l'affabilité, qui prolongent la justice là où la loi stricte ne suffit plus.
Forme de justiceCe qu'elle règleExigence propreExemple concret
Légale (générale)Le rapport de chacun au toutServir le bien communPayer l'impôt, respecter la juste loi
CommutativeLe rapport d'un particulier à un autreÉgalité stricte des échangesTenir parole, payer le juste prix, restituer
DistributiveLe rapport du tout à ses membresÉgalité proportionnéeRépartir sans favoritisme charges et biens
Vertus annexesCe qu'on doit sans pouvoir l'égalerRendre au mieux un dû « impayable »Adorer Dieu, honorer ses parents, rendre grâce, dire vrai

Lecture du tableau : ces formes ne s'opposent pas, elles s'emboîtent. Une même journée peut appeler les quatre : rendre à Dieu son culte (religion), payer honnêtement (commutative), traiter équitablement ceux qui dépendent de nous (distributive), porter le souci du bien de tous (légale). Grandir dans la justice, c'est les honorer toutes, sans en sacrifier une au profit des autres.

Les moyens concrets pour grandir dans la justice

Voici le cœur pratique de cet article. Les maîtres spirituels n'ont pas seulement loué la justice : ils ont indiqué des moyens précis, à la portée de chacun, pour la faire croître.

Rendre d'abord à Dieu son dû : la religion et l'adoration

Puisque la première dette est envers Dieu, le premier exercice de justice est l'adoration. Rendre à Dieu le culte, l'action de grâce et l'obéissance qui lui reviennent n'est pas une dévotion facultative : c'est l'acte de justice le plus fondamental, celui dont dépendent tous les autres[17]. Une vie qui « oublie » Dieu n'est pas seulement tiède : elle est injuste, car elle refuse au Créateur ce qui lui est strictement dû. Commencer chaque journée par un acte d'adoration, sanctifier le dimanche, communier et adorer le Saint-Sacrement, c'est s'acquitter, jour après jour, de la dette première. Voir Comment grandir dans l'adoration eucharistique.

Être exact dans le devoir d'état et les petites choses

La justice grandit moins dans les grandes occasions que dans la fidélité menue : le travail accompli avec soin, la parole tenue, l'heure respectée, la tâche faite jusqu'au bout. C'est la loi évangélique de la fidélité :

« Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande. » — Évangile selon saint Luc 16, 10[18]

Le devoir d'état — ce que ma place exacte (parent, employé, supérieur, citoyen) me commande — est le terrain ordinaire où la justice se forge. On ne devient pas juste en rêvant de réformer le monde, mais en rendant, aujourd'hui, le dû concret de son état.

Restituer et réparer

La justice commutative a une conséquence redoutable et libératrice : ce qui a été pris injustement doit être rendu. Tant qu'on garde le bien d'autrui — argent, réputation volée par une calomnie, dû non payé —, la conversion reste incomplète. Le modèle en est Zachée, dont la rencontre du Christ se traduit aussitôt en restitution :

« Si j'ai fait du tort à quelqu'un, je vais lui rendre quatre fois plus. » — Zachée, Évangile selon saint Luc 19, 8[19]

Réparer le tort causé — par la restitution, l'excuse, la rectification d'une calomnie — n'est pas une option de zélés : c'est l'exigence même de la justice. Sur la dimension de guérison de cette réparation, voir La justice restaurative et Comment grandir dans la réparation.

Dire la vérité et tenir parole

La véracité est une vertu annexe de la justice : on « doit » à autrui une parole vraie. Mentir, exagérer, calomnier, flatter, c'est priver le prochain d'un dû — la vérité à laquelle il a droit. Le Christ ramène la parole juste à sa nudité :

« Que votre parole soit "oui", si c'est "oui", "non", si c'est "non". Ce qui est en plus vient du Mauvais. » — Évangile selon saint Matthieu 5, 37[20]

Grandir dans la justice, c'est rendre sa parole fiable : tenir ses promesses, refuser le mensonge utile, ne pas détruire une réputation par des paroles. Une parole droite est déjà un acte de justice.

Rendre grâce : la gratitude

La gratitude, elle aussi, est une justice : elle rend au bienfaiteur — Dieu d'abord, puis les hommes — la reconnaissance qui lui est due. L'ingratitude est une injustice silencieuse, qui prend sans rendre. Cultiver l'action de grâce, remercier vraiment, ne pas oublier le bien reçu, c'est honorer une dette réelle. Voir Comment grandir dans la gratitude.

Joindre la miséricorde à la justice

La justice seule, poussée à bout, durcit. C'est pourquoi la tradition l'unit toujours à la miséricorde. Une maxime que saint Thomas reprend dans son commentaire de l'Évangile de Matthieu en fixe l'équilibre :

« La justice sans la miséricorde est cruauté ; la miséricorde sans la justice est mère de dissolution. » — Maxime reprise par saint Thomas d'Aquin, Commentaire sur l'Évangile de Matthieu, chap. 5, leçon 2 (sur Mt 5, 7)[21]

Le prophète Michée avait déjà résumé en une formule devenue programme de toute vie droite :

« Homme, répond le prophète, on t'a fait connaître ce qui est bien, ce que le Seigneur réclame de toi : rien d'autre que respecter le droit, aimer la fidélité, et t'appliquer à marcher avec ton Dieu. » — Michée 6, 8[22]

Grandir dans la justice, ce n'est donc pas devenir inflexible : c'est apprendre à rendre son dû sans renoncer à la douceur, et à tempérer la rigueur sans trahir le droit. Cette alliance trouve sa perfection dans la charité, qui couronne la justice (voir Comment grandir dans la charité).

Demander la grâce et s'unir au Christ « notre justice »

Enfin, la justice parfaite n'est pas une conquête de nos seules forces. Le chrétien la reçoit du Christ, que saint Paul appelle notre justice :

« C'est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes dans le Christ Jésus, lui qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification, rédemption. » — Première lettre aux Corinthiens 1, 30[23]

Demander chaque jour : « Seigneur, rends-moi juste, apprends-moi à rendre à chacun son dû », c'est déjà commencer à l'être. S'unir au Christ, recourir aux sacrements, c'est puiser la justice à sa source — car nul ne se rend juste tout seul.

Les pièges à éviter en cherchant la justice

Comme toute vertu, la justice a ses contrefaçons. Les connaître protège la croissance, car on peut dépenser beaucoup de zèle pour une fausse justice qui ne grandit en rien.

Le légalisme : la justice des pharisiens

Premier piège : réduire la justice à l'observance extérieure de la règle, en négligeant l'essentiel. C'est le reproche le plus dur du Christ aux pharisiens :

« Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous payez la dîme sur la menthe, le fenouil et le cumin, mais vous avez négligé ce qui est le plus important dans la Loi : la justice, la miséricorde et la fidélité. » — Évangile selon saint Matthieu 23, 23[24]

On peut être irréprochable sur le détail et profondément injuste sur le fond. La justice véritable n'est pas un solde de cases cochées : elle est une droiture du cœur. Sur ces contresens, voir Les erreurs fréquentes concernant la justice.

La justice sans miséricorde : la rigueur qui devient cruauté

Deuxième piège, déjà nommé : la rigueur glacée qui exige son droit sans pitié. Réclamer la stricte justice pour soi tout en la refusant aux autres, appliquer la règle sans regarder les personnes, c'est faire de la justice une arme. « La justice sans la miséricorde est cruauté » : une vertu de justice qui durcit le cœur a déjà cessé d'être chrétienne.

Confondre justice et vengeance

Troisième piège : déguiser le ressentiment en soif de justice. Vouloir « que justice soit faite » peut masquer le désir de faire payer, de se venger, de rabaisser. Or l'Écriture réserve la vindicte à Dieu :

« Bien-aimés, ne vous faites pas justice vous-mêmes, mais laissez agir la colère de Dieu. Car l'Écriture dit : C'est à moi de faire justice, c'est moi qui rendrai à chacun ce qui lui revient, dit le Seigneur. » — Lettre aux Romains 12, 19[25]

La justice vertueuse veut le rétablissement du droit, non la souffrance de l'adversaire. Dès qu'on jouit du mal d'autrui, ce n'est plus la justice qui parle, mais la vengeance.

L'injustice envers Dieu : l'impiété pratique

Quatrième piège, le plus invisible : être scrupuleux envers les hommes et oublier Dieu. On se croit juste parce qu'on paie ses dettes et respecte autrui, mais on refuse au Créateur l'adoration, l'obéissance et la reconnaissance qui lui sont dues. C'est une injustice de fond, car elle néglige la première créance. Une justice qui s'arrête à l'horizontal, sans rendre à Dieu son dû, est une justice amputée.

Militer pour « la justice » en étant injuste de près

Dernier piège : s'enflammer pour la justice abstraite — les grandes causes, l'humanité, les opprimés lointains — tout en étant dur, déloyal ou injuste envers les proches concrets. La vertu de justice ne se prouve pas dans les indignations générales, mais dans l'exactitude envers le collègue, le conjoint, le subordonné, le voisin réel. Comme la charité, la justice se mesure au prochain donné, non au prochain rêvé.

Les fruits d'une justice grandissante

À quoi reconnaît-on qu'on grandit réellement dans la justice ? Non à un sentiment d'avoir raison, mais à des fruits stables.

La paix

Le premier fruit, annoncé par Isaïe, est la paix — car les conflits naissent de l'injustice, et la justice rétablie les apaise :

« L'œuvre de la justice sera la paix, et la pratique de la justice, le calme et la sécurité pour toujours. » — Isaïe 32, 17[26]

Le pape François l'affirme avec insistance — par deux fois : « Sans justice, il n'y a pas de paix »[27]. Là où l'on rend à chacun son dû, les rivalités s'éteignent ; là où l'on triche, la guerre couve. Une justice qui grandit pacifie d'abord celui qui la pratique, puis tout ce qui l'entoure.

La droiture et la simplicité

Deuxième fruit : la rectitude transparente. L'homme juste, disait François, « ne porte pas de masque » : il devient simple, franc, fiable. Sa parole vaut. On peut compter sur lui. Cette unité intérieure — où l'on est le même au-dehors et au-dedans — est une liberté : plus de double jeu à entretenir, plus de comptes truqués à cacher.

L'amitié sociale et le bien commun

Troisième fruit : la justice crée du lien. En rendant à chacun son dû et en portant le souci du bien de tous, le juste tisse, autour de lui, la confiance qui rend la vie commune possible. Le pape François parle de ces justes comme « des rêveurs qui gardent dans leur cœur le désir d'une fraternité universelle »[28] — non des utopistes, mais des hommes droits dont la fidélité quotidienne bâtit, pierre à pierre, une société plus humaine. L'Écriture le promet : « Qui poursuit justice et fidélité trouvera la vie et la gloire ! » (Pr 21, 21)[29].

La justice dans la Divine Volonté

La spiritualité de la Divine Volonté, transmise à la Servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947), donne à la justice son accent le plus élevé. Au-delà de la justice envers les hommes, elle met au premier plan la dette de la créature envers son Créateur : rendre à Dieu la gloire, l'amour et l'adoration que toute la création lui doit et que le péché lui a refusés.

Deux expressions, ici, demandent à être définies, car tout le sujet tient dans leur différence. Faire la volonté de Dieu, c'est obéir à Dieu en gardant deux volontés — la nôtre, que l'on soumet, et la sienne, que l'on suit —, comme un serviteur fidèle. Vivre dans la Divine Volonté, c'est tout autre chose : notre volonté s'efface pour laisser la Volonté de Dieu agir elle-même en nous — une seule volonté agissante —, comme un fils qui possède ce qui est au Père. De même, le Fiat — ce mot par lequel Dieu crée — désigne ici l'acte même de Dieu : un acte posé dans la Divine Volonté n'est plus seulement notre petit acte humain, c'est Dieu qui le pose en nous, et c'est pourquoi il a une valeur infinie.

Luisa Piccarreta — photographie d'archive publiée sur Wikimedia Commons. Dans la perspective de la Divine Volonté, la justice commence par rendre à Dieu ses droits de Créateur, de Sauveur et de Père.

Le Christ lui-même, dans les dictées reçues par Luisa, rattache sa propre Rédemption à cette restitution des droits divins : en substance, Jésus lui confie qu'il est venu sur terre pour former à la fois la Rédemption de l'homme et le Royaume de sa Volonté, afin de retrouver les droits qui lui sont dus en justice comme Créateur — et que, dans la Rédemption, il s'est soumis aux humiliations et jusqu'à la croix pour restituer à sa demeure toute la splendeur avec laquelle il l'avait formée[30].

Dans cette lumière, vivre dans la Divine Volonté, c'est accomplir la justice suprême : restituer à Dieu tous ses droits sur l'homme et sur le monde, en s'unissant au Fiat éternel par lequel le Christ rend au Père une gloire et un amour infinis. La créature, de elle-même, ne peut égaler ce qu'elle doit ; mais en entrant dans la Volonté divine, elle rend à Dieu, avec le Christ, l'honneur qui lui revient — et la justice atteint alors sa forme la plus pure : non plus seulement « rendre à César ce qui est à César », mais « rendre à Dieu ce qui est à Dieu » dans toute son ampleur. Grandir dans la justice, à ce sommet, c'est désirer que Dieu soit reconnu, aimé et glorifié par tous, comme il le mérite — et offrir sa propre vie à ce rétablissement.

Saint Joseph et le Christ, maîtres de la justice

Saint Joseph, l'homme juste — Guido Reni, Saint Joseph and the Christ Child, œuvre patrimoniale conservée en reproduction sur Wikimedia Commons. Joseph montre que la justice chrétienne n'est pas dureté froide, mais fidélité concrète à Dieu et aux personnes confiées.

On ne grandit pas dans une vertu en la fixant comme un idéal abstrait, mais en contemplant ceux qui l'ont vécue parfaitement. La justice a, elle aussi, ses maîtres.

Saint Joseph, « l'homme juste »

L'Évangile décerne à Joseph un seul qualificatif, mais décisif :

« Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. » — Évangile selon saint Matthieu 1, 19[31]

Sa justice n'est pas une rigueur froide : devant le mystère de Marie, elle se fait discrète, respectueuse, ouverte à la voix de Dieu. Joseph est juste parce qu'il veut faire ce qui est droit et parce qu'il refuse de blesser ; sa justice se laisse instruire par l'ange et obéit aussitôt. Il montre que la vraie justice n'écrase pas : elle cherche le bien, écoute Dieu, et agit sans bruit. C'est le modèle exact d'une justice qui a faim du droit sans perdre la miséricorde.

Le Christ, « notre justice »

Mais le maître suprême est le Christ lui-même. Saint Augustin, définissant les quatre vertus comme autant de formes de l'amour de Dieu, donne de la justice la définition la plus haute :

« La justice est l'amour qui ne sert que Dieu et, pour cela, gouverne bien tout le reste, soumis à l'homme. » — Saint Augustin, Les Mœurs de l'Église catholique, I, 15, 25[32]

La justice, à sa racine, n'est donc pas séparable de la charité : elle est l'amour qui rend à Dieu son dû et, à partir de là, met tout en ordre. Voilà pourquoi grandir dans la justice et grandir dans l'amour sont, finalement, un seul et même chemin. Le Christ, qui a tout rendu — au Père l'obéissance jusqu'à la Croix, aux hommes le salut — est la justice faite chair ; et c'est en lui, « notre justice » (1 Co 1, 30), que la nôtre s'achève.

Un chemin concret, jour après jour

La justice ne grandit pas par grandes proclamations, mais par une exactitude fidèle et répétée. On peut résumer les moyens étudiés en un programme simple, du plus fondamental au plus exigeant :

FréquenceExercice de justiceCe qu'il travaille
Chaque jourUn acte d'adoration : rendre à Dieu son dûLa religion, première justice
Chaque jourAccomplir avec soin le devoir d'étatLa fidélité dans les petites choses
Aux occasionsRestituer, réparer, rectifier un tortLa justice commutative
SouventTenir parole, dire vrai, ne pas calomnierLa véracité
Chaque jourRemercier Dieu et les hommesLa gratitude
RégulièrementTempérer la rigueur par la miséricordeL'équilibre du juste
SouventDemander : « Seigneur, rends-moi juste »La justice reçue du Christ

Lecture du tableau : aucun de ces exercices n'est spectaculaire ; c'est leur répétition fidèle qui rend droit. On commence par le premier — rendre à Dieu son dû —, et tout le reste s'ordonne à partir de là.

L'essentiel est de ne pas viser la justice en général, mais de saisir, aujourd'hui, la dette concrète à honorer — ce dû à payer, cette parole à tenir, cette adoration à rendre, ce tort à réparer. Car la justice est la plus excellente des vertus morales, celle dont le Christ déclare la faim bienheureuse, et dont l'œuvre est la paix. « Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice » (Mt 6, 33)[33] : chaque dû exactement rendu est un pas vers ce Royaume, et vers la sainteté, qui n'est que la justice parvenue à sa plénitude dans l'amour.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Évangile selon saint Matthieu 5, 6, traduction liturgique officielle (AELF). Quatrième des Béatitudes (Mt 5, 3-12). La « justice » désigne ici à la fois la droiture morale et l'accomplissement de la volonté de Dieu.

    1
  2. Évangile selon saint Matthieu 5, 20, traduction liturgique officielle (AELF). La justice du Royaume doit « surpasser » la justice purement extérieure des scribes et des pharisiens.

    2
  3. Évangile selon saint Matthieu 5, 10, traduction liturgique officielle (AELF). Huitième Béatitude : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice. »

    3
  4. Saint Thomas d'Aquin (1225-1274), Somme théologique, II-II, q. 58, a. 12 : la justice est la plus excellente des vertus morales, pour deux raisons — elle réside dans la volonté (faculté supérieure) et son objet est le bien d'autrui, donc un bien plus universel. Édition de référence : Summa Theologiae, Éditions du Cerf. Le corps de l'article en donne une formule condensée, non une citation latine au mot près (texte léonin non collationnable dans cette passe).

    4 5
  5. Évangile selon saint Matthieu 22, 21, traduction liturgique officielle (AELF). Réponse du Christ sur l'impôt à César : rendre à chacun, y compris à Dieu, ce qui lui revient.

    6
  6. Lettre de saint Paul aux Romains 13, 7, traduction liturgique officielle (AELF). Application de la justice aux rapports sociaux : « Rendez à chacun ce qui lui est dû »

    7
  7. Catéchisme de l'Église catholique, § 1807. Définition canonique de la justice comme vertu cardinale, distinguant la justice envers Dieu (« vertu de religion ») et la justice envers les hommes. Édition officielle française, Mame/Plon, 1992.

    8
  8. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, II-II, q. 58, a. 1 : reprenant la définition d'Ulpien (Digeste 1, 1, 10, pr. ; Institutes 1, 1, pr. : « iustitia est constans et perpetua voluntas ius suum cuique tribuens », avec cuique), que saint Thomas cite sous la forme « ius suum unicuique tribuens » — « la justice est la volonté constante et perpétuelle de rendre à chacun son droit ».

    9
  9. Pape François, audience générale du 3 avril 2024, catéchèse sur la vertu de justice (cycle « Les vices et les vertus », n° 13) : on y cite la devise de la justice, « unicuique suum », à savoir, à « chacun son droit ».

    10
  10. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, II-II, q. 58, a. 4 : la justice a son siège dans la volonté (appétit rationnel) et non dans la sensibilité, car rendre à autrui son dû relève d'un acte rationnel et libre.

    11
  11. Pape François, audience générale du 3 avril 2024 : « L'homme juste est droit, simple et franc, il ne porte pas de masque » (suivi de : « il se présente tel qu'il est, il a un franc parler »), en écho à Mt 5, 37 (« Que votre parole soit "oui", si c'est "oui", "non", si c'est "non" »).

    12
  12. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, II-II, q. 58, a. 5-6 : la justice « générale » ou « légale » ordonne les actes des vertus au bien commun ; elle se distingue de la justice « particulière », qui règle les rapports entre individus.

    13
  13. Pape François, audience générale du 3 avril 2024 : « Il ne peut y avoir de vrai bien pour moi s'il n'y a pas aussi le bien de tous. »

    14
  14. Catéchisme de l'Église catholique, § 2412, sur la restitution : « En vertu de la justice commutative, la réparation de l'injustice commise exige la restitution du bien dérobé à son propriétaire. » Développement du septième commandement.

    15
  15. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, II-II, q. 80 (les « parties potentielles » de la justice) : sont annexées à la justice les vertus qui rendent à autrui un dû sans pouvoir l'égaler parfaitement — religion (envers Dieu), piété (envers parents et patrie), observance, gratitude, vindication, vérité (les six de Cicéron, reprises par saint Thomas) ; le traité qui suit y joint notamment l'affabilité (q. 114), la libéralité (q. 117) et l'équité (q. 120).

    16
  16. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, II-II, q. 81, a. 6 : la religion est la première des vertus morales annexées à la justice, parce qu'elle rend à Dieu — principe de tout — le culte qui lui est dû ; cf. CEC § 2095-2096.

    17
  17. Évangile selon saint Luc 16, 10, traduction liturgique officielle (AELF). Être digne de confiance « dans la moindre chose » comme mesure de la confiance « dans une grande ».

    18
  18. Évangile selon saint Luc 19, 8, traduction liturgique officielle (AELF). Zachée, au moment de sa conversion, restitue au quadruple ce qu'il a pris injustement — modèle évangélique de la restitution.

    19
  19. Évangile selon saint Matthieu 5, 37, traduction liturgique officielle (AELF). La parole droite : « Que votre parole soit "oui", si c'est "oui", "non", si c'est "non". »

    20
  20. Saint Thomas d'Aquin, Super Evangelium S. Matthaei lectura, chap. 5, leçon 2 (n. 422), sur Mt 5, 7 (« Bienheureux les miséricordieux ») : « Iustitia sine misericordia crudelitas est ; misericordia sine iustitia mater est dissolutionis » — « la justice sans la miséricorde est cruauté ; la miséricorde sans la justice est mère de dissolution ».

    21
  21. Michée 6, 8, traduction liturgique officielle (AELF). Synthèse prophétique de la religion authentique : respecter le droit, aimer la fidélité, marcher avec Dieu.

    22
  22. Première lettre aux Corinthiens 1, 30, traduction liturgique officielle (AELF). Le Christ « devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification, rédemption » : la justice du chrétien s'enracine dans la justice reçue du Christ.

    23
  23. Évangile selon saint Matthieu 23, 23, traduction liturgique officielle (AELF). Reproche aux pharisiens : minutie sur la dîme, négligence de « la justice, la miséricorde et la fidélité ».

    24
  24. Lettre aux Romains 12, 19, traduction liturgique officielle (AELF), citant Dt 32, 35. La vindicte appartient à Dieu, non à la vengeance privée.

    25
  25. Isaïe 32, 17, traduction liturgique officielle (AELF) ; Vulgate : « et erit opus iustitiae pax ». La paix comme fruit de la justice — formule devenue, dit le pape François, « un célèbre mot d'ordre, adopté [...] par le pape Pie XII » (Opus iustitiae pax, devise pontificale ; homélie à Sarajevo, 6 juin 2015).

    26
  26. Pape François, audience générale du 3 avril 2024 : « Sans justice, il n'y a pas de paix. Sans justice, il n'y a pas de paix. En effet, si la justice n'est pas respectée, cela engendre des conflits. »

    27
  27. Pape François, audience générale du 3 avril 2024 : les justes sont « des rêveurs qui gardent dans leur cœur le désir d'une fraternité universelle ».

    28
  28. Livre des Proverbes 21, 21, traduction liturgique officielle (AELF) : « Qui poursuit justice et fidélité trouvera la vie et la gloire ! » — verset également cité par le pape François dans sa catéchèse du 3 avril 2024, dans une autre traduction : « qui poursuit la justice et la miséricorde trouvera vie, justice et honneur ».

    29
  29. Jésus à Luisa Piccarreta (Servante de Dieu, 1865-1947), Le Livre du Ciel, tome 33, dictée du 31 mai 1935 : paraphrase (texte italien et traduction non recollés au tome 33, corpus inaccessible dans cette passe) — Jésus y rattache sa venue sur terre à un double dessein, former la Rédemption de l'homme et former en même temps le Royaume de sa Volonté, afin de retrouver les droits qui lui sont dus en justice comme Créateur ; dans la Rédemption, il s'est soumis aux humiliations et à la croix pour restituer à sa demeure toute sa splendeur première. Degré d'autorité : révélation privée reçue — « Jésus a dit à… », non un enseignement du magistère.

    30
  30. Évangile selon saint Matthieu 1, 19, traduction liturgique officielle (AELF). Joseph « homme juste » : sa justice est à la fois fidélité au droit et refus de blesser, ouverte à la volonté de Dieu.

    31
  31. Saint Augustin (354-430), De moribus Ecclesiae catholicae, I, 15, 25 : définissant les quatre vertus comme des formes de l'amour de Dieu, il écrit que « la justice est l'amour qui ne sert que Dieu et, pour cela, gouverne bien tout le reste, soumis à l'homme » (iustitia est amor Deo tantum serviens, et ob hoc bene imperans ceteris, quae homini subiecta sunt — libellé complet, cité dans les mêmes termes par saint Thomas, Somme théologique, II-II, q. 57, a. 1, obj. 3).

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  32. Évangile selon saint Matthieu 6, 33, traduction liturgique officielle (AELF). « Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. »

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