Le grand Avertissement, appelé aussi illumination des consciences, désigne un événement intérieur et universel dont parlent plusieurs mystiques récents : chacun, croyant ou non, verrait soudain l'état réel de son âme telle que Dieu la voit, ses péchés, ses omissions et le bien non fait, afin de se repentir et de se convertir. Le nom le plus ancien dans ce dossier est celui de Garabandal, où la Vierge aurait annoncé à Conchita González un Aviso avant un Grand Miracle. D'autres voix, de don Stefano Gobbi à Sulema et à Luz de María de Bonilla, décrivent une expérience proche, parfois avec leurs mots propres.
Aucun texte du magistère n'enseigne un tel événement. L'Église enseigne le jugement particulier après la mort, le Jugement dernier et le retour glorieux du Christ ; elle laisse les révélations privées à leur place, qui est d'aider à vivre l'Évangile à une époque donnée sans rien ajouter au dépôt de la foi. C'est pourquoi cet article distingue partout ce que dit l'Écriture, ce que l'Église enseigne, ce qu'elle permet de croire avec prudence et ce qu'un mystique rapporte. Sa ligne est simple : un Avertissement est tout à fait possible, beaucoup de prophéties en parlent et on peut l'espérer comme une grâce ; mais on ne s'y arrête pas, on ne vit pas en l'attendant, et ce qui compte est d'aimer Dieu ici et maintenant, dans la prière, les sacrements et la charité.
Qu'est-ce que l'Avertissement ?
À Garabandal, l'Avertissement est annoncé à Conchita González aux Pins le 1er janvier 1965. Elle n'en a jamais eu de vision : la Vierge le lui a annoncé de vive voix, et la voyante l'a ensuite décrit par fragments, au fil de lettres et d'entretiens étalés sur vingt ans[1]. Les paroles les plus anciennes et les mieux établies dessinent un événement à la fois extérieur et intérieur. Dans une lettre du 2 juin 1965, Conchita rapporte ce que la Vierge lui a dit le 1er janvier :
« La Sainte Vierge m'a dit le premier janvier qu'un avertissement serait donné avant le miracle, pour que le monde s'amende. Cet avertissement, comme le châtiment, est une chose très redoutable pour les bons comme pour les méchants. Il rapprochera les bons de Dieu et il avertira les méchants que la fin des temps arrive et que ce sont les derniers avertissements. [...] Personne ne peut l'empêcher d'arriver. Il est certain, bien que je ne connaisse ni le jour ni la date. » Traduction de l'anglais de Pelletier[2].
Le 14 septembre 1965, répondant à dix-huit questions, Conchita précise que l'Avertissement sera comme une révélation de nos péchés, en donnant elle-même le fragment espagnol es como si revelase nuestros pecados, et qu'il sera vu et vécu également par les croyants, les non-croyants et les personnes de toute religion[3]. Le même entretien ajoute, sans rien cacher de la rudesse ressentie : ce sera une purification pour le Miracle, une sorte de catastrophe, au point que l'on préférerait être mort plutôt que de l'éprouver[4]. Trois mois plus tard, dans un rapport écrit du 10 décembre 1965 sur l'apparition du 13 novembre, elle tient ensemble la rudesse et la finalité miséricordieuse, dans un espagnol conservé par la note de son éditeur :
« C'est comme un châtiment. On verra ce que nous avons fait avec nos péchés. Je pense que cela nous fera beaucoup de bien, à ceux qui ne désespèrent pas, pour notre sanctification. » Traduction de l'espagnol conservé par Pelletier[5].
En octobre 1968, interrogée par M. et Mme Robert Froelich, Conchita ajoute que l'Avertissement est quelque chose de surnaturel, inexplicable par la science, qui sera vu et ressenti, et elle le nomme une correction de la conscience du monde[6]. La comparaison des deux étoiles qui se heurtent, souvent prêtée à la Vierge, est la sienne propre : elle la donne comme un exemple personnel en février 1977, puis en août 1980, en précisant qu'à cet instant chacun verra son âme, le mal fait et le bien non fait, sans dommage physique[7].
Le prêtre et historien du dossier Eusebio García de Pesquera a réuni ces fragments en une synthèse qu'il présente comme telle, et non comme une citation continue de Conchita. Sa formule a beaucoup servi, à condition de la citer pour ce qu'elle est, un résumé d'auteur :
« Il ne viendra pas en tant que châtiment, mais comme un prodigieux moyen de salut. [...] Ce sera un phénomène de portée universelle ; tous seront affectés, partout où ils se trouveront. [...] Tous le verront dans le ciel et en même temps chacun ressentira en lui-même la cruelle expérience de ce qu'est en vérité le péché : la perte de Dieu. [...] Il se produira certainement avant le Miracle. » Synthèse de Pesquera[8].
Conchita, sans date précise, va dans le même sens lorsqu'elle dit : « Il ne nous tuera pas. Ce sera une "correction" de notre conscience »[9]. Telle est la description de référence : universelle, intérieure, simultanée, douloureuse parce qu'elle montre le péché comme perte de Dieu, et ordonnée à la conversion. Les autres témoins réunis plus bas rejoignent ce noyau de manière très inégale : certains décrivent vraiment une illumination intérieure, d'autres parlent d'avertissements extérieurs ou d'un signe dans le ciel, et les recueils récents ont souvent fondu ces différences en un seul scénario. Cet article les garde distinctes.
Avertissement, Miracle, Châtiment : ne pas tout confondre
Le vocabulaire prophétique récent mélange volontiers cinq réalités que la foi catholique distingue. Les séparer évite presque toutes les confusions du dossier.
L'Avertissement espéré et le jugement particulier enseigné
L'Avertissement, tel que les mystiques le décrivent, serait une anticipation miséricordieuse : voir son âme comme Dieu la voit, mais de son vivant, avec la possibilité de se repentir. Le jugement particulier, lui, est un enseignement de l'Église : à la mort, chaque homme reçoit sa rétribution éternelle, purification, ciel ou damnation, selon ses œuvres et sa foi[10]. L'un est espéré par des révélations privées ; l'autre est enseigné. Les confondre fait d'une espérance privée un dogme, et d'un dogme une simple image.
Le Jugement dernier et le retour du Christ
Le Jugement dernier est la manifestation finale, lorsque le Christ reviendra dans la gloire et que les morts ressusciteront[11]. Le retour glorieux du Christ clôt l'histoire ; il ne se confond ni avec une illumination intérieure au cours de l'histoire, ni avec l'ère de paix dont parle la tradition patristique des sept âges. La distinction tient en une phrase que la maison répète : la fin des temps n'est pas la fin du monde. Les derniers temps sont déjà commencés depuis la venue du Christ[12], et ce qui est attendu avant la fin du monde est une purification et une restauration, non l'anéantissement.
Le Grand Miracle et le Châtiment conditionnel de Garabandal
À Garabandal, l'Avertissement précède un Grand Miracle visible aux Pins, un jeudi soir, que Conchita doit annoncer huit jours à l'avance, et un Châtiment seulement conditionnel, qui n'aurait pas lieu si le monde se convertit[13]. Mari Loli Mazón rattache les deux premiers événements dans le temps, avec trois formulations datées qu'il faut citer sans les fondre : l'Avertissement et le Miracle sont dans la même année (27 juillet 1975, période de douze mois selon la note de la rédaction espagnole) ; le Miracle aura lieu dans l'année qui suivra l'Avertissement (février 1977) ; les deux auront lieu dans les douze mois, l'Avertissement étant une purification et une préparation pour revenir à Dieu (29 septembre 1978, entretien transcrit seulement par un site dévot)[14]. Aucune de ces formules ne dit « moins d'un an » mot pour mot, et aucune ne donne de date.
Les trois jours de ténèbres
La tradition populaire des trois jours de ténèbres, souvent accolée à l'Avertissement dans les compilations, vient d'un autre fil : des ténèbres extérieures, non une lumière intérieure. La bienheureuse Anna Maria Taigi en est l'exemple traité plus bas : ses textes vérifiables parlent de ténèbres, jamais d'une illumination des consciences. Garder les deux fils séparés est une condition d'honnêteté : un même article peut les mentionner, il ne peut pas les présenter comme une seule prophétie.
Que dit l'Église sur l'Avertissement ?
L'Église ne dit rien d'un Avertissement universel, et ce silence a un sens précis. Les textes pontificaux publiés sur le site du Saint-Siège ne décrivent pas d'illumination des consciences universelle. Ce que l'Église dit, elle le dit des révélations privées en général, et c'est ce cadre qui s'applique ici.
Le Catéchisme de l'Église catholique rappelle que les révélations privées n'appartiennent pas au dépôt de la foi et que leur rôle est d'aider à vivre plus pleinement la révélation définitive à une époque de l'histoire[15]. Benoît XVI, dans l'exhortation Verbum Domini, précise qu'une approbation ecclésiastique signifie seulement que le message ne contient rien de contraire à la foi et aux mœurs et qu'une adhésion prudente est possible, sans obligation de s'en servir[16]. Les Normes du Dicastère pour la doctrine de la foi du 17 mai 2024 ajoutent qu'en règle générale ni l'évêque diocésain, ni les conférences épiscopales, ni le Dicastère ne déclareront que ces phénomènes sont d'origine surnaturelle, même lorsqu'un nihil obstat est accordé[17].
Il en résulte une position nette, qui est celle de cet article. Rien n'oblige à croire à un Avertissement à venir. Rien n'interdit non plus de l'espérer avec prudence, lorsque les voix qui l'annoncent ne contredisent pas la foi et portent des fruits de conversion. Ce que l'Église demande toujours, c'est le discernement : vérifier le statut exact de chaque phénomène, ne jamais mettre une révélation privée dans la bouche du magistère et ne jamais en faire le centre de sa vie chrétienne. Deux articles voisins traitent ce discernement pour lui-même : Faut-il croire aux révélations privées ? et Peut-on croire à une révélation privée non reconnue ?, avec la grille complète dans Critères de discernement des phénomènes surnaturels.
« Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul. » Évangile selon saint Matthieu 24, 36[18].
L'Avertissement a-t-il des racines dans l'Écriture ?
Plusieurs passages de l'Écriture sont rapprochés de l'Avertissement par les commentateurs. Aucun ne décrit, dans son sens premier, une illumination universelle avant la fin des temps : la plupart visent la prédication, la fin de la vie ou le Jugement. Les présenter comme des rapprochements, et jamais comme des preuves, est la seule manière honnête de les citer. Les traductions suivent la traduction liturgique en usage dans l'Église (AELF).
Le premier rapprochement vient de l'Évangile selon saint Jean : le Paraclet, quand il viendra, confondra le monde en matière de péché, de justice et de jugement[19]. Le second vient de la prophétie de Syméon à Marie : l'Enfant sera un signe de contradiction, afin que soient dévoilées les pensées intimes de bien des cœurs, parole que la tradition mariale relit volontiers à la lumière d'une manifestation des consciences[20]. L'Évangile selon saint Luc promet encore que rien de caché ne restera sans être connu et venu au grand jour[21], et la première lettre aux Corinthiens annonce que le Seigneur mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres et rendra manifestes les intentions des cœurs[22]. La lettre aux Hébreux décrit une parole de Dieu vivante qui juge les intentions et les pensées du cœur, devant laquelle toute créature est mise à nu[23]. L'Apocalypse, enfin, décrit au sixième sceau un bouleversement cosmique où chacun cherche à se cacher devant la face de Celui qui siège sur le trône[24], et le prophète Joël annonce l'effusion de l'Esprit sur toute chair, reprise par saint Pierre le jour de la Pentecôte[25].
Pris ensemble, ces textes disent quelque chose de vrai et de permanent : Dieu voit les cœurs, sa parole les met à nu et l'Esprit confond le monde au sujet du péché. Ils ne disent pas qu'un événement unique et daté réalisera cette manifestation pour tous les vivants avant la Parousie. Le pas qui mène des textes à l'Avertissement appartient aux révélations privées et à leurs commentateurs ; l'Écriture, elle, ordonne surtout chacun à se laisser dès maintenant éclairer par la parole de Dieu.
Quels mystiques annoncent l'Avertissement ?
Les témoins ne se valent pas et ne disent pas la même chose. Ils sont présentés ici dans l'ordre chronologique de leur annonce, chacun avec ce qu'il dit exactement, sa source et son statut ecclésial en une phrase claire.
Garabandal : la source du mot Aviso
Garabandal est la source du vocabulaire de tout le dossier. C'est là que la Vierge aurait annoncé un Avertissement (el Aviso) avant un Grand Miracle, avec la description intérieure détaillée plus haut. Le statut ecclésial doit être dit exactement : les notes des évêques de Santander de 1961 à 1968 concluent que la surnaturalité des faits n'est pas établie (formule du non constat de supernaturalitate ; dès le 26 août 1961, rien n'oblige à affirmer la surnaturalité des faits), celles de 1962 et de 1967 allant jusqu'à une explication naturelle, tandis que la doctrine n'a pas été censurée en 1965[26]. Mgr José Vilaplana a réaffirmé ce non constat après une lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi du 28 novembre 1992 (lettre type connue sous plusieurs dates, qu'il ne faut pas dater d'une seule année comme certaine), puis Mgr Manuel Sánchez Monge en 2022 a déclaré que l'évaluation de Rome reste en vigueur : il n'y a pas de signes de surnaturalité[27]. Le 19 septembre 2024, le cardinal Víctor Manuel Fernández a dit oralement, en réponse à une question de presse, que Garabandal pourrait correspondre au curatur des Normes de 2024, glosé par lui comme l'absence de culte public avec une prière privée possible : appréciation orale et au conditionnel, sans décret, le paragraphe 19 des Normes demandant seulement à l'évêque de ne pas encourager le phénomène[28]. À ce jour, le Dicastère et l'évêque de Santander n'ont publié aucune décision écrite nouvelle sur ce dossier.
Medjugorje : des avertissements sur la terre, non une illumination intérieure
À Medjugorje, dix secrets ont été confiés aux voyants et n'ont jamais été divulgués. La source écrite la plus ancienne qui parle d'avertissements est la lettre du père Tomislav Vlašić à Jean-Paul II du 2 décembre 1983, qui résume un récit de Mirjana sans citations mot à mot : c'est donc le résumé de Vlašić, et non la parole de Mirjana, qu'il faut citer.
« Avant que le signe visible soit donné à l'humanité, il y aura trois avertissements au monde. Les avertissements seront des événements sur la terre. Mirjana en sera témoin. Trois jours avant une des admonitions, elle avisera un prêtre librement choisi. Le témoignage de Mirjana sera une confirmation des apparitions. » Résumé du père Tomislav Vlašić, publié par René Laurentin en 1984[29].
Mirjana elle-même, dans un entretien publié par Jan Connell en 1990, dit en anglais qu'il y aura des événements sur la terre comme avertissements pour le monde avant que le signe visible ne soit donné à l'humanité (traduction signalée)[30]. Le point décisif est le suivant : ces avertissements sont décrits comme des événements sur la terre. Aucun texte de Medjugorje ne les décrit comme une illumination intérieure des consciences. Les relier à l'Avertissement de Garabandal est une interprétation de commentateurs, présentée ici comme telle. Le rôle du père Petar Ljubičić, prévenu dix jours avant selon des entretiens de Mirjana de 1996 et 2001 avec annonce publique trois jours avant, est rapporté ; Mirjana l'a elle-même relativisé en 2016 et 2018, et il ne doit pas être présenté comme désigné de façon définitive[31]. René Laurentin, pourtant favorable au dossier, écrivait des secrets qu'il serait imprudent de les tenir pour paroles d'Évangile[32].
Le statut est celui de la Note du Dicastère pour la doctrine de la foi La Reine de la Paix du 19 septembre 2024, approuvée par le pape François le 28 août 2024 : nihil obstat à l'expérience spirituelle, sans déclaration de surnaturalité, les fidèles n'étant pas obligés d'y croire[33]. La Note ne mentionne jamais les secrets ni des avertissements ; il ne faut lui prêter aucune parole sur eux. Ce qu'elle dit et qui éclaire cet article se trouve ailleurs : les messages sur la dernière fois et sur le signe promis ne doivent être reçus que comme un appel à ne pas différer la conversion, avec la parole de l'apôtre : voici maintenant le moment favorable, voici maintenant le jour du salut[34]. L'article voisin Depuis 150 ans, nous sommes entrés dans une nouvelle ère tient la même prudence : on ne peut pas attribuer aux secrets la teneur d'une illumination des consciences.
Maria Esperanza à Betania : des consciences secouées, un grand jour de lumière
Maria Esperanza (1928-2004), voyante de Betania au Venezuela, est rangée parmi les témoins de l'Avertissement pour une parole que les recueils lui attribuent : les consciences de ce peuple bien-aimé doivent être violemment secouées pour qu'il mette de l'ordre dans sa maison, un grand moment approche, un grand jour de lumière, l'heure de la décision pour l'humanité (traduction signalée)[35]. La chaîne de transmission doit être dite : la parole est citée par le père Joseph Iannuzzi, reprise par Mark Mallett en 2019 et mise à jour en 2021 ; elle est donc citée ici d'après cette chaîne de transmission[36]. Une autre parole rapportée par le même relais dit que la justice de Dieu commencera par le Venezuela[37]. La nuance compte : Betania parle de consciences secouées et d'un grand jour de lumière, sans décrire le comment. Secouer n'est pas illuminer, et le rapprochement avec l'Avertissement de Garabandal est, là encore, une interprétation de commentateurs.
Le statut, lui, est le plus favorable de cette liste : les apparitions de Betania ont été déclarées authentiques par Mgr Pío Bello Ricardo, évêque de Los Teques, le 21 novembre 1987, en consultation avec le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et la cause de béatification de Maria Esperanza a été ouverte le 31 janvier 2010 : elle est Servante de Dieu[38]. Cette reconnaissance porte sur Betania ; elle ne transforme pas chaque parole rapportée de la voyante en enseignement de l'Église.
Don Stefano Gobbi : comme un jugement en petit
Le père Stefano Gobbi (1930-2011), fondateur du Mouvement sacerdotal marial, ne nomme jamais l'événement Avertissement. Ses locutions intérieures, réunies dans le Livre bleu, décrivent un éclairage des consciences que les commentateurs ont rapproché de Garabandal. Le texte le plus cité est le numéro 383, à Heede le 22 mai 1988 :
« Par son divin Amour, il ouvrira les portes des cœurs et éclairera toutes les consciences. Chaque homme se verra lui-même dans le feu brûlant de la divine Vérité. Ce sera comme un jugement en petit. » Don Stefano Gobbi, Livre bleu, numéro 383[39].
La même image revient au numéro 478 (Milan, 2 octobre 1992 : il y aura comme un jugement en réduction et chacun verra sa propre vie et toutes ses actions dans la lumière même de Dieu), au numéro 521 (Berlin, 22 mai 1994) et au numéro 546 (Vacallo, 4 juin 1995 : comme un jugement en plus petit qui ouvrira la porte du cœur pour recevoir le grand don de la miséricorde divine)[40]. L'expression jugement en petit est la contribution propre de Gobbi au vocabulaire du dossier : elle dit exactement l'intuition commune, un jugement particulier anticipé et miséricordieux, sans employer le mot de Garabandal.
Le statut demande la même précision. L'édition anglaise de 1998 porte un imprimatur d'édition de Mgr Donald W. Montrose, évêque de Stockton, qui vaut comme jugement de conformité doctrinale pour cette édition[41]. Mais une lettre de Mgr Gabriel Montalvo, nonce apostolique aux États-Unis, du 7 décembre 2000, rapporte l'avis de la Congrégation pour la doctrine de la foi : ces textes ne sont pas les paroles de la Sainte Vierge, mais les méditations privées du père Gobbi[42]. Sa cause de béatification a été ouverte à Côme le 1er mai 2024 (Serviteur de Dieu) ; elle porte sur sa vie, et non sur l'origine surnaturelle des messages[43].
Sainte Faustine Kowalska : un signe dans le ciel, et une âme qui se voit
Sainte Faustine Kowalska (1905-1938) est souvent citée parmi les prophètes de l'Avertissement. Son Petit Journal dit deux choses distinctes, qu'il faut garder distinctes. Au paragraphe 83, Jésus annonce un signe dans le ciel avant le jour de justice : toute lumière s'éteindra, les ténèbres régneront, le signe de la croix apparaîtra et de grandes lumières jailliront des plaies du Sauveur pour illuminer la terre quelque temps, peu avant le dernier jour[44].
« Avant de venir comme Juge équitable, je viens d'abord comme Roi de miséricorde. Avant que n'advienne le jour de justice, il sera donné aux hommes un signe dans le ciel. » Jésus à sainte Faustine, Petit Journal, paragraphe 83[45].
C'est un signe cosmique lié au retour du Christ en juge, et non une illumination intérieure des consciences. Le rapprochement avec l'Avertissement est le fait d'auteurs postérieurs ; il est présenté comme tel. Au paragraphe 36, sainte Faustine raconte autre chose : une expérience personnelle où elle a vu aussitôt l'état de son âme telle que Dieu la voit[46]. Ce n'est pas une prophétie d'un événement universel ; c'est le témoignage d'une âme qui s'est vue dans la lumière de Dieu, et c'est à ce titre qu'il éclaire, plus bas, la seconde lecture de l'Avertissement. Le statut est connu : notification de la Congrégation pour la doctrine de la foi du 15 avril 1978 levant les interdictions de 1959, canonisation le 30 avril 2000 ; le Petit Journal reste une révélation privée[47].
Sulema : des livres sans imprimatur connu, une Église qui reste neutre selon elle
Sulema, née au Salvador en 1954, vit à Sherbrooke au Québec avec son époux et dit recevoir en français, sa seconde langue, des messages de la Vierge Marie et de Jésus[48]. Ses livres s'intitulent Je viens vous préparer à cet événement : l'illumination des consciences, publiés aux Éditions Christian à Sherbrooke (première édition en 2012, puis deux volumes en 2012-2013), puis aux Éditions du Parvis en Suisse en trois volumes (volume 1, sixième édition en juin 2019 ; volume 2, troisième édition en mai 2016 ; volume 3, deuxième édition en mai 2015)[49]. Elle identifie elle-même son sujet à Garabandal dans un entretien à la revue Stella Maris : illumination des consciences ou avertissement, comme il a été dit à Garabandal, c'est la même chose[50].
Sur l'imprimatur qu'on lui prête parfois, les faits doivent être dits avec respect et sans ton de correction. Ses livres ne portent pas d'imprimatur connu : les notices de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec et les fiches des Éditions du Parvis ne mentionnent ni imprimatur ni nihil obstat[51]. La préface de son directeur spirituel, le père J. Rubén Riveros, telle que l'éditeur la présente, constate qu'il n'y a pas d'affirmation contraire à la foi catholique[52] : c'est l'avis d'un prêtre, et non un imprimatur, que seul l'Ordinaire du lieu peut donner selon le canon 824 du Code de droit canonique[53]. L'abbé Guy Giroux est présenté comme conseiller spirituel de l'œuvre[54]. Sulema elle-même disait en 2013 que son éditeur avait envoyé un livre à l'archevêché et qu'elle voyait que l'Église reste neutre, sans avoir condamné ni défendu la distribution du livre[55]. L'archidiocèse de Sherbrooke n'a publié aucune déclaration à ce sujet. L'imprimatur parfois évoqué à propos des recueils sur l'Avertissement concerne le livre de Christine Watkins qui cite Sulema dans son édition révisée, et il est contesté : le détail est donné dans la section sur les recueils. Un imprimatur, quel qu'il soit, ne dit jamais que des messages viennent du Ciel ; il dit seulement qu'un texte ne contient rien de contraire à la foi et aux mœurs.
Luz de María de Bonilla : un Aviso intérieur et personnel, avec des signes cosmiques
Luz de María de Bonilla publie ses messages sur son site officiel, en volumes annuels. Sa description de l'Aviso est l'une des plus proches de Garabandal par le vocabulaire, avec des ajouts cosmiques qui lui sont propres. Dans un message attribué à la Vierge le 10 août 2018, elle écrit que l'Aviso est intérieur et personnel, qu'il permettra à la conscience de montrer ce qu'ont été la vie et l'action de chacun, acte de miséricorde pour que chacun arrive à se voir tel qu'il est (espagnol cité en note, traduction signalée)[56]. Un message attribué au Christ le 18 septembre 2017 annonce que chacun se trouvera seul devant sa propre conscience et que ses actes lui seront révélés, même ceux qu'il ne se rappelle pas[57]. Ses messages ajoutent des signes dans le ciel, une croix et un cercle d'où descendrait un rayon de lumière, et un corps céleste de l'Aviso : ce registre cosmique et les recommandations matérielles qui l'accompagnent parfois sont mentionnés ici sobrement comme une différence, sans être repris, parce que la préparation que cet article propose est seulement celle du cœur.
Le statut doit être dit sans raccourci. Mgr Juan Abelardo Mata Guevara, évêque d'Estelí au Nicaragua, a accordé le 19 mars 2017 un imprimatur à ses publications en déclarant n'y avoir trouvé aucune erreur doctrinale contre la foi, la morale et les bonnes mœurs (texte espagnol en note)[58]. C'est un jugement doctrinal, sans reconnaissance de l'origine surnaturelle des messages. Sa compétence au regard du canon 824, qui réserve l'imprimatur à l'Ordinaire de l'auteur ou du lieu de publication, est présentée ici comme une question ouverte, l'auteur ne résidant pas de manière établie dans ce diocèse ; ses lettres suivantes sont signées comme évêque émérite après l'acceptation de sa renonciation le 6 juillet 2021, qualité qui ne figure pas parmi les Ordinaires du lieu au sens du canon 134[59]. Cet imprimatur ne vaut donc pas approbation de ses messages.
Pedro Régis à Anguera : voir toute sa vie comme dans un miroir
Pedro Régis, à Anguera dans l'État de Bahia au Brésil, emploie un vocabulaire variable où la révélation de la conscience est appelée tantôt Aviso, tantôt grande grâce, Miracle ou Signe, à l'inverse de Garabandal qui distingue l'Avertissement du Miracle[60]. Deux messages datés et numérotés suffisent à le situer brièvement. Le message numéro 2.852 du 19 juin 2007 dit que Dieu permettra que chacun voie toute sa vie, que tout lui sera montré comme dans un miroir et que Dieu donnera la chance du repentir, dans un phénomène présenté comme un Avertissement de Dieu (portugais cité en note, traduction signalée)[61]. Le message numéro 2.510 du 16 avril 2005 annonce qu'un grand avertissement sera donné à l'humanité[62]. Une lettre pastorale de Mgr Zanoni Demettino Castro, archevêque de Feira de Santana, du 13 mai 2024, met en garde contre ses prises de position contre le magistère du pape François, sans décision sur le surnaturel[63]. Il est cité ici brièvement et sans être mis en avant.
Ceux qu'on range à tort parmi les prophètes de l'Avertissement
La fiabilité de cet article tient aussi à ce qu'il retire. Quatre noms reviennent dans presque tous les recueils sur l'Avertissement ; leurs textes, relus à la source, ne disent pas ce qu'on leur fait dire. Les rectifier avec douceur, textes à l'appui, rend l'ensemble plus crédible que les compilations qui les alignent sans vérification.
Saint Edmond Campion : le Jugement, lieu commun de toute prédication
À son procès à Westminster le 20 novembre 1581, accusé d'avoir annoncé l'invasion de l'Angleterre par le pape et le roi d'Espagne, le jésuite Edmond Campion répond qu'il parlait du jour où le terrible Juge révélera toutes les consciences des hommes et éprouvera chacun selon sa religion (anglais cité en note)[64]. C'est le Jugement de Dieu, prêché dans toutes les chaires, et Campion ajoute que Dieu sait qu'il n'a rien voulu dire d'autre. Les formes au présent que diffusent les compilations, du type « je prononce » ou « tel est le jour que j'ai proclamé », ne se trouvent ni dans les State Trials ni dans la biographie de Richard Simpson : elles transforment une défense au passé en prophétie. Campion ne livre ni révélation privée ni annonce d'un événement avant la fin des temps.
Le bienheureux Pie IX : un grand prodige pour la délivrance de l'Église
En juin 1871, répondant aux jeunes du Cercle Saint-Pierre venus lui offrir des éventails de cérémonie, le bienheureux Pie IX aurait dit, selon un compte rendu de presse rapporté à peu près en ces termes, que le cœur de Dieu se prépare à accomplir au moment choisi un grand prodige qui remplira le monde d'étonnement[65]. Le contexte est la Question romaine : Rome occupée, le pape se disant prisonnier, et l'attente d'une délivrance extérieure de l'Église par une intervention de Dieu. Rien, dans ce propos rapporté, ne décrit une illumination intérieure des consciences. La longue version anglaise qui circule, où le prodige serait précédé par le triomphe de la révolution et par des souffrances extrêmes de l'Église, ne correspond à aucun texte publié du pontificat de Pie IX.
Élisabeth Kindelmann : une effusion de grâce qui aveuglera Satan
Le Journal d'Élisabeth Kindelmann (1913-1985), fondatrice de la Flamme d'amour du Cœur Immaculé de Marie, ne parle pas d'un Avertissement. Il annonce une effusion de grâce comparable à la Pentecôte qui aveuglera Satan (13 avril 1962 ; 27 mars 1963)[66]. L'imprimatur du cardinal Péter Erdő du 6 juin 2009 vaut comme jugement de conformité doctrinale, et non comme reconnaissance d'une origine surnaturelle[67]. L'effusion de grâce qu'elle décrit peut nourrir l'espérance d'un renouveau ; elle ne décrit pas chacun voyant son âme comme Dieu la voit.
La bienheureuse Anna Maria Taigi : des ténèbres, jamais une illumination
La bienheureuse Anna Maria Taigi (1769-1837, béatifiée par Benoît XV en 1920) est rangée par les recueils parmi les prophètes de l'Avertissement, alors que ses textes ne parlent jamais d'une illumination des consciences : ils parlent de ténèbres. La longue citation qui circule en anglais, avec trois jours et trois nuits de ténèbres intenses, des bougies bénites et l'interdiction d'ouvrir la fenêtre, est attribuée par des sites à un livre intitulé Private Prophecy ou Private Prophecies (Rome, 1863). Jimmy Akin, de Catholic Answers, a vérifié en 2023 qu'aucun livre de ce titre n'existe sur Archive.org ni sur Google Books, et que la mention des trois jours n'apparaît que vers 1863-1864, plus d'un quart de siècle après la mort de la bienheureuse, par son directeur spirituel Raffaele Natali[68]. Sa conclusion est qu'aucune citation mot à mot, surtout longue, ne peut être attribuée à Anna Maria Taigi sans document écrit de son vivant. De son vivant, elle décrivait un soleil mystique en forme d'orbe où elle disait voir l'avenir, ce que son procès de béatification a relevé sans juger de la validité des révélations : un procès de béatification vérifie la non-contradiction avec la foi, non la validité des révélations[69]. La longue citation n'est donc pas reprise ici comme une parole d'Anna Maria Taigi ; elle est seulement mentionnée comme une attribution sans document écrit du vivant de la bienheureuse.
Comment lire les recueils sur l'Avertissement ?
Depuis 2019, le thème circule surtout par un livre : The Warning: Testimonies and Prophecies of the Illumination of Conscience de Christine Watkins (Queen of Peace Media, septembre 2019), recueil de témoignages et de notices sur des prophètes de l'Avertissement[70]. L'édition de 2019, connue par sa traduction polonaise de 2020, aligne Campion, Taigi, Pie IX, Faustine, Heede, Kindelmann, Garabandal, Gobbi, Matthew Kelly, Janie Garza, Maria Esperanza, Luz de María et le père Michel Rodrigue ; six noms ont été ajoutés dans l'édition révisée, dont Sulema et Gisella Cardia, comme le montre l'édition espagnole Dipon de 2022[71]. La section précédente a montré ce que valent plusieurs de ces notices à la source. Un recueil se lit donc comme un point de départ, jamais comme une preuve : chaque nom demande sa vérification propre.
L'imprimatur parfois mis en avant pour ce livre demande la même vérification. Il a été lu sur la page de copyright de The Warning: The Concise Revised Edition (The Mary Foundation, décembre 2020) : imprimatur de Mgr Ramón C. Argüelles, archevêque émérite de Lipa aux Philippines, daté du 22 mai 2020[72]. Sulema ne figure pas dans la première édition de 2019 ; sa notice a été ajoutée dans l'édition révisée, vérifiée dans l'édition espagnole Dipon de 2022, qui ne porte pas d'imprimatur[73]. Cet imprimatur, s'il valait, porterait donc sur le livre de Christine Watkins, et non sur les messages de Sulema. Sa validité est contestée : Kevin Symonds, le 29 juillet 2020, objecte au regard du canon 824 paragraphe 1 qu'un évêque émérite n'est pas l'Ordinaire de l'auteur ni de l'éditeur, et qu'aucun censeur n'est nommé au regard du canon 830[74]. L'éditeur n'a pas publié de réponse à cette critique.
Ces recueils mêlent en outre des voix que leur évêque a désavouées, ce qu'il faut nommer sans jamais citer leurs messages. Le père Michel Rodrigue a été désavoué par l'évêque d'Amos ; une lettre de Mgr Gilles Lemay du 14 juillet 2020, reproduite par Kevin Symonds, dit que le père Michel ne lui a jamais soumis ses locutions et visions pour discernement ou approbation (anglais cité en note)[75]. Gisella Cardia, à Trevignano Romano, a été déclarée non surnaturelle en 2024 par le décret de son évêque confirmé par le Dicastère. Le cas de « Maria Divine Mercy », pseudonyme d'une voyante irlandaise présumée, sert d'école de discernement : l'archidiocèse de Dublin a déclaré le 15 avril 2014, dans un texte repris le 16 avril par la Conférence épiscopale irlandaise, que ces messages et visions présumés n'ont aucune approbation ecclésiastique, que beaucoup de leurs textes contredisent la théologie catholique et qu'ils ne doivent pas être promus ni utilisés dans les associations de l'Église (anglais cité en note)[76]. Cette voix a contribué à diffuser le thème sur Internet, avec un site intitulé TheWarningSecondComing.com relevé par Jimmy Akin en 2013[77]. La compilation de Jean-Claude et Christiane Laflamme, Messages phares vers l'illumination des consciences (Éditions du Parvis, 2021), fait de Campion un prophète de l'Avertissement et attribue les deux étoiles à la Vierge en 1962 : deux attributions que les sources démentent, comme on l'a vu[78]. Le ton juste pour lire ces livres est celui du discernement, sans moquerie : remercier pour les conversions qu'ils ont pu accompagner, et vérifier chaque affirmation avant de la reprendre.
Un événement pour tous ou ce que chacun vivra à sa mort ?
Deux lectures de l'illumination des consciences coexistent, et cet article ne tranche pas entre elles. La première attend un événement unique, universel et simultané, au cours de l'histoire, tel que Garabandal et ses héritiers le décrivent. La seconde rapproche cette illumination de ce que chacun vivra au moment de sa mort, au jugement particulier, lorsque l'homme est mis en pleine lumière du Christ et voit sa vie telle que Dieu la voit[79]. L'Église enseigne la seconde réalité ; elle n'enseigne pas la première. Présenter les deux sans trancher n'est pas une fuite : c'est la position exacte que commande l'état des sources.
L'expérience personnelle de sainte Faustine au paragraphe 36 de son Petit Journal donne à la seconde lecture un visage concret : une âme, de son vivant et par grâce, voit aussitôt l'état de son âme telle que Dieu la voit[80]. Prudemment, et seulement comme analogie, on peut encore rapprocher la « revue de vie » que rapportent certains récits d'expériences de mort imminente, où des personnes disent avoir revu leur vie entière dans une lumière d'amour et de vérité. L'analogie aide à imaginer ce que « se voir comme Dieu nous voit » peut signifier ; elle ne prouve ni un événement universel à venir, ni le contenu d'aucune prophétie. Dans les deux lectures, la conclusion pratique est la même, et elle fait l'objet de la dernière section : ne pas attendre pour se convertir.
Quand aura lieu l'Avertissement ?
Personne ne connaît le jour. L'Évangile le dit sans détour : quant à ce jour et à cette heure, nul ne les connaît, mais le Père seul[81], et le Christ ressuscité refuse aux apôtres de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité[82]. Toute date, toute année et tout compte à rebours sont donc exclus de cet article, selon la règle constante de la maison sur les prophéties.
Il reste un raisonnement, et un seul, qui peut être exposé parce qu'il est conditionnel de bout en bout et rattaché à la seule source qui l'autorise. Si Garabandal dit vrai, l'Avertissement viendra avant le Grand Miracle ; or Conchita González doit annoncer ce Miracle huit jours à l'avance ; tout cela se passerait donc de son vivant, c'est-à-dire au plus dans quelques décennies. Quatre conditions gardent ce raisonnement à sa place. Il est énoncé au conditionnel et rattaché à Garabandal, jamais comme un fait ni comme une prophétie de cette encyclopédie. Il ne contient aucune année, aucune date et aucun compte à rebours, et l'âge de Conchita n'y est jamais présenté comme un sablier : Conchita, Jacinta et Mari Cruz sont dites en vie selon les dernières sources consultées en octobre 2026, sans plus de précision[83]. Le statut exact de Garabandal est rappelé juste à côté, dans la section qui lui est consacrée : surnaturalité non établie, sans condamnation de la doctrine. Et la prudence que commande le dossier est nommée : Joey Lomangino, à qui Conchita avait écrit le 19 mars 1964 qu'il verrait le jour même du Miracle, est mort aveugle le 18 juin 2014 sans l'avoir vu[84]. Hors de ce raisonnement, aucune fourchette n'est avancée. La seule conclusion permise est celle que Benoît répète : on verra bien.
Comment se préparer à l'Avertissement ?
La préparation ne consiste pas à vivre en attendant un événement. Ce serait dommage, et ce serait manquer le seul bien certain du dossier : aimer Dieu dès maintenant. Il faut toujours rester préparé, et cette préparation est celle du cœur, jamais celle des provisions. Aucune consigne matérielle n'a donc sa place ici : pas de stock, pas de lieu refuge, pas d'objet protecteur à se procurer. La nouvelle arche, c'est Marie : on ne se réfugie pas dans un lieu, on se réfugie dans un cœur, et l'on se laisse former par elle à la prière et à la confiance.
Concrètement, la préparation est la vie chrétienne ordinaire, vécue sans délai. La prière quotidienne, qui met chaque jour le cœur devant Dieu. La confession régulière, précédée d'un examen sérieux, qui est déjà, à petite échelle, une illumination reçue dans la miséricorde plutôt que redoutée dans l'angoisse. L'examen de conscience chaque soir, comme une petite illumination de chaque jour : revoir sa journée dans la lumière de Dieu, remercier, regretter, demander pardon et décider un pas pour demain. L'Eucharistie, qui nourrit cette vie. Le chapelet de la Miséricorde divine et la parole de sainte Faustine, « Jésus, j'ai confiance en toi », qui tient ensemble la vérité sur soi et la confiance sans mesure. La charité envers le prochain, car c'est sur l'amour que chacun sera jugé. Le Catéchisme résume cette vigilance en citant l'apôtre : voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut[85].
« Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. [...] Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. » Évangile selon saint Matthieu 24, 42-44[86].
« Avant de venir comme Juge équitable, je viens d'abord comme Roi de miséricorde. » Jésus à sainte Faustine, Petit Journal, paragraphe 83[87].
Si un Avertissement doit venir, il trouvera prêt celui qui aime déjà. S'il ne vient pas sous la forme attendue, rien n'aura été perdu : une vie de prière, de confession et de charité n'attend aucun événement pour porter son fruit. C'est sur cette espérance, et non sur une attente, que cet article se termine : ce qui compte est d'aimer Dieu ici et maintenant.
Tableau comparatif des témoins
| Source | Années de l'annonce | Ce qui est annoncé | Mot employé | Statut ecclésial |
|---|---|---|---|---|
| Garabandal (Conchita González, Mari Loli) | 1965-1980 | Révélation intérieure et universelle de nos péchés avant le Grand Miracle | El Aviso, correction de la conscience | Surnaturalité non établie (non constat), doctrine non censurée ; appréciation orale de curatur en 2024, sans décret |
| Medjugorje (Mirjana, résumé de Vlašić) | 1983-1990 | Trois avertissements comme événements sur la terre avant le signe visible | Avertissements, admonitions | Nihil obstat à l'expérience spirituelle (2024), sans déclaration de surnaturalité ; secrets jamais mentionnés par la Note |
| Maria Esperanza (Betania) | Parole rapportée, relayée en 2019-2021 | Consciences secouées, grand jour de lumière, heure de la décision | Grand jour de lumière | Apparitions de Betania déclarées authentiques en 1987 ; Servante de Dieu, cause ouverte en 2010 ; parole présentée comme rapportée |
| Don Stefano Gobbi | 1988-1995 | Chacun se verra dans la lumière de Dieu | Jugement en petit | Imprimatur d'édition en 1998 ; avis rapporté de la Congrégation en 2000 (méditations privées) ; cause ouverte en 2024 sur sa vie |
| Sainte Faustine Kowalska | Petit Journal, années 1930 | Signe cosmique dans le ciel avant le jour de justice ; expérience personnelle de son âme vue par Dieu | Signe dans le ciel | Interdictions levées en 1978 ; canonisée en 2000 ; Petit Journal révélation privée ; rapprochement avec l'Avertissement postérieur |
| Sulema | Livres de 2012-2019 | Illumination des consciences identifiée à l'Avertissement de Garabandal | Illumination des consciences | Aucun imprimatur connu ; préface de son directeur spirituel sans contraire à la foi ; neutralité rapportée par elle en 2013 |
| Luz de María de Bonilla | Messages de 2017-2018 et suivants | Aviso intérieur et personnel, avec signes cosmiques ajoutés | El Aviso | Imprimatur doctrinal de Mgr Mata en 2017, sans reconnaissance du surnaturel ; compétence canonique présentée comme question ouverte |
| Pedro Régis (Anguera) | Messages de 2005 et 2007 | Voir toute sa vie comme dans un miroir, chance du repentir | Aviso de Dieu | Mise en garde pastorale de son archevêque en 2024, sans décision sur le surnaturel ; cité brièvement |
Pour aller plus loin
Articles Ignispedia connexes
- Garabandal : la source du mot Aviso, sa description par Conchita et le statut exact du dossier à Santander.
- Medjugorje : les dix secrets, la Note La Reine de la Paix de 2024 et la place réelle des avertissements dans ses textes.
- Sainte Faustine Kowalska : le Petit Journal, le signe dans le ciel du paragraphe 83 et la miséricorde avant le jugement.
- Bienheureuse Anna Maria Taigi : ce que ses textes disent des ténèbres, et pourquoi la longue citation qui circule ne repose sur aucun texte de son vivant.
- Faut-il croire aux révélations privées ? et Peut-on croire à une révélation privée non reconnue ? : le cadre de discernement qui s'applique à tout ce dossier.
- Critères de discernement des phénomènes surnaturels : la grille complète, avec les Normes de 2024.
- Les fins dernières : jugement particulier, Jugement dernier et retour du Christ, à ne pas confondre avec l'Avertissement espéré.
- Le retour glorieux du Christ : la Parousie, terme de l'histoire.
- L'examen de conscience, La confession et Comment faire une bonne confession ? : la préparation quotidienne proposée par cet article.
- Les expériences de mort imminente : la revue de vie rapportée, citée ici comme analogie et jamais comme preuve.
- Les apparitions mariales se multiplient depuis le XIXe siècle, Depuis 150 ans, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, Marie nous prépare à la fin des temps et Les messages et prophéties de la Vierge Marie : les pages voisines de ce dossier dans le sommaire.
Sources de référence
Les références complètes, avec édition et page, sont données dans les notes ci-dessous. Les textes du magistère cités sont le Catéchisme de l'Église catholique, l'exhortation Verbum Domini de Benoît XVI et les Normes du Dicastère pour la doctrine de la foi du 17 mai 2024 avec la Note La Reine de la Paix du 19 septembre 2024, tous publiés par le Saint-Siège. Pour Garabandal, la source de référence des paroles des voyantes est Joseph A. Pelletier, Our Lady Comes to Garabandal (1971), lu avec la synthèse assumée comme telle d'Eusebio García de Pesquera, Garabandal, faits et dates (Résiac, 1992).
Notes et références
Joseph A. Pelletier, Our Lady Comes to Garabandal, 1971, p. 148, note 3 : la Vierge a donné l'information sur l'Avertissement de vive voix le 1er janvier 1965 ; Conchita n'en a jamais eu de vision (déclaration de Conchita du 10 août 1971 rapportée par l'éditeur).
1Joseph A. Pelletier, Our Lady Comes to Garabandal, 1971, p. 148 : lettre de Conchita González du 2 juin 1965 rapportant l'annonce du 1er janvier 1965. Texte anglais : "The Blessed Virgin told me on the first of January that a warning would be given before the miracle so that the world might amend itself. This warning, like the chastisement, is a very fearful thing for the good as well as for the wicked. It will draw the good closer to God and it will warn the wicked that the end of time is coming and that these are the last warnings. [...] No one can stop it from happening. It is certain, although I know nothing concerning the day or the date." Traduction de l'anglais. "The end of time" est rendu par « la fin des temps », jamais par « la fin du monde ».
2Joseph A. Pelletier, Our Lady Comes to Garabandal, 1971, p. 148 : réponses de Conchita González du 14 septembre 1965. Fragment espagnol original conservé : "es como si revelase nuestros pecados". Même page : "a purification for the miracle", "a sort of a catastrophe", "we would prefer to be dead than to experience the warning". Traductions signalées dans le corps de l'article.
3 4Joseph A. Pelletier, Our Lady Comes to Garabandal, 1971, p. 149 et note 6 : rapport écrit par Conchita González le 10 décembre 1965 sur l'apparition du 13 novembre 1965. Espagnol original en note : "Es como un castigo. Se verá lo que hemos hecho nosotros con nuestros pecados. Yo pienso que nos vendrá muy bien, para los que no se desesperen, para nuestra santificación." Traduction de l'espagnol par l'auteur de l'article ; le mot anglais "consequences" chez Pelletier est une traduction libre.
5Joseph A. Pelletier, Our Lady Comes to Garabandal, 1971, pp. 149-150 : entretien d'octobre 1968 avec M. et Mme Robert Froelich. Anglais : "The warning is something supernatural and will not be explained by science. It will be seen and felt" ; "The warning will be a correction of the conscience of the world". Traduction signalée.
6Conchita González, entretien de février 1977, Needles, juillet-septembre 1977, repris dans l'édition spéciale de la revue Garabandal (Workers of Our Lady of Mount Carmel, vers 1984-1985) : "I have always given as an example that of two stars that collide. This phenomenon will not cause physical damage, but it will horrify us because at that very moment we will see our souls and the harm we have done" ; entretien d'août 1980, Garabandal, janvier-mars 1984 : "you're going to see everything wrong that you're doing", "you're going to see the good that you're not doing". Comparaison personnelle de Conchita, jamais parole de la Vierge. Traduction signalée.
7Eusebio García de Pesquera, Garabandal, faits et dates, Résiac, 1992, pp. 132-133 : synthèse en sept points proposée par l'auteur à partir des déclarations dispersées de Conchita, présentée par lui comme un résumé et non comme une citation continue.
8Conchita González, sans date, rapporté dans Xavier Ayral, tome 2, p. 90 : « Il ne nous tuera pas. Ce sera une "correction" de notre conscience » (formule rapportée).
9Catéchisme de l'Église catholique, numéros 1021-1022 : le jugement particulier, rétribution éternelle reçue par l'âme immortelle dès sa mort.
10 79Catéchisme de l'Église catholique, numéros 1038-1041 : résurrection des morts, Jugement dernier, ignorance de l'heure et du jour connus du Père seul et appel au temps favorable.
11Lettre aux Hébreux 1, 2 (« en ces jours qui sont les derniers ») ; Première lettre de saint Jean 2, 18 (« c'est la dernière heure ») ; Actes des Apôtres 2, 17 citant Joël 3, 1 (« Dans les derniers jours, je répandrai mon Esprit »). Traduction liturgique AELF.
12Eusebio García de Pesquera, Garabandal, faits et dates, Résiac, 1992, p. 130 : compte rendu de López Retenaga (avril 1963) pour le Miracle un jeudi soir annoncé huit jours à l'avance par Conchita ; trilogie Avertissement, Grand Miracle, Châtiment conditionnel telle que présentée dans l'article Ignispedia Garabandal.
13Mari Loli Mazón : entretien du 27 juillet 1975, Needles, automne 1975 ("The Warning and the Miracle are within the same year", note de la rédaction espagnole : période de douze mois) ; entretien de février 1977, Needles, juillet-septembre 1977 ("within a year after the Warning") ; entretien avec le père Francis Benac, s.j., le 29 septembre 1978, The Call of Garabandal, avril-juin 1984 ("the "Two" will take place within 12 months. The Warning will be a purification and preparation to return to God"), ce dernier transcrit seulement par un site dévot, où elle dit en outre connaître l'année sans le jour : mentionné comme rapporté, sans spéculation. Traductions signalées.
14Catéchisme de l'Église catholique, numéro 67 : les révélations privées « n'appartiennent cependant pas au dépôt de la foi » ; elles aident « à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l'histoire ».
15Benoît XVI, exhortation apostolique Verbum Domini (30 septembre 2010), numéro 14 : approbation ecclésiastique, conformité à la foi et aux mœurs, adhésion prudente, sans obligation de s'en servir.
16Dicastère pour la doctrine de la foi, Normes pour procéder au discernement de présumés phénomènes surnaturels (17 mai 2024), numéro 23 : « ni l'Évêque diocésain, ni les Conférences épiscopales, ni le Dicastère, en règle générale, ne déclareront que ces phénomènes sont d'origine surnaturelle, même lorsqu'un Nihil obstat est accordé ». Texte publié par le Saint-Siège.
17Évangile selon saint Matthieu 24, 36. Traduction liturgique AELF. Voir aussi Actes des Apôtres 1, 7.
18 81Évangile selon saint Jean 16, 8 : le Paraclet confondra le monde en matière de péché, de justice et de jugement. Rapprochement présenté comme tel ; le sens premier vise l'action du Paraclet, non un événement daté.
19Évangile selon saint Luc 2, 35 : prophétie de Syméon, dévoilement des pensées intimes des cœurs. Rapprochement présenté comme tel.
20Évangile selon saint Luc 12, 2-3 : rien de caché qui ne doive être connu. Rapprochement présenté comme tel ; le sens premier vise la manifestation finale et la prédication sans crainte.
21Première lettre aux Corinthiens 4, 5 : le Seigneur mettra en lumière ce qui est caché et manifestera les intentions des cœurs. Le sens premier vise le Jugement.
22Lettre aux Hébreux 4, 12-13 : parole vivante qui juge les intentions du cœur, créature mise à nu devant Dieu.
23Apocalypse 6, 12-17 : sixième sceau, bouleversement cosmique et fuite devant le trône. Le sens premier vise le Jugement.
24Joël 3, 1-5 cité en Actes des Apôtres 2, 17-21 : effusion de l'Esprit sur toute chair dans les derniers jours.
25Notes des évêques de Santander de 1961 à 1968 : 26 août 1961, « Nada, hasta el presente, nos obliga a afirmar la sobrenaturalidad de los hechos » ; 1962 et 1967, explication naturelle ; 1965, surnaturalité non établie et doctrine non censurée. Formule d'ensemble : non constat de supernaturalitate. Textes reproduits avec leurs références au Boletín Oficial del Obispado.
26Mgr Manuel Sánchez Monge, évêque de Santander, ACI Prensa, 19 octobre 2022 : « sigue vigente la valoración de Roma: 'No hay signos de sobrenaturalidad' ». Réaffirmation du non constat par Mgr José Vilaplana après la lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi du 28 novembre 1992 (lettre type connue sous plusieurs dates).
27Cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, réponse orale à une question de presse le 19 septembre 2024, rapportée par ACI Prensa le 20 septembre 2024 : Garabandal « puede corresponder » au curatur des Normes de 2024, glosé comme absence de culte public et prière privée possible. Appréciation orale et au conditionnel, sans décret ; le numéro 19 des Normes demande seulement à l'évêque de ne pas encourager le phénomène. Le Dicastère et l'évêque de Santander n'ont publié aucune décision écrite nouvelle à ce sujet.
28Lettre du père Tomislav Vlašić à Jean-Paul II, 2 décembre 1983, résumant un récit de Mirjana « sans citations mot à mot ». Texte français publié dans René Laurentin, La Vierge apparaît-elle à Medjugorje ?, O.E.I.L., 1984 : « trois avertissements au monde. Les avertissements seront des événements sur la terre. Mirjana en sera témoin. Trois jours avant une des admonitions, elle avisera un prêtre librement choisi. » Des livres plus tardifs impriment « dix jours » : variante retouchée, non citée comme texte de la lettre.
29Mirjana Dragičević, entretien publié par Jan Connell, Queen of the Cosmos, Paraclete Press, 1990 : "There will be events on the earth as warnings to the world before the visible sign is given to humanity". Traduction signalée dans le corps de l'article.
30Rôle du père Petar Ljubičić rapporté par des entretiens de Mirjana de 1996 et 2001 (prévenu dix jours avant, annonce publique trois jours avant), relativisé par Mirjana elle-même en 2016 et 2018 : ne pas le présenter comme désigné de façon définitive.
31René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Fayard, 3e édition, 1991, p. 84 : « Il serait donc imprudent de les tenir pour paroles d'Évangile » (à propos des secrets).
32Dicastère pour la doctrine de la foi, Note La Reine de la Paix (19 septembre 2024, approuvée par le pape François le 28 août 2024), paragraphe 38 : nihil obstat à l'expérience spirituelle sans déclaration de surnaturalité ; « les fidèles ne sont pas obligés d'y croire ». La Note ne mentionne jamais les secrets ni des avertissements. Texte français publié par le Saint-Siège.
33Dicastère pour la doctrine de la foi, Note La Reine de la Paix, paragraphes 28, 30, 34 et 39 : paragraphe 28, les messages sur la dernière fois et le signe ne doivent être acceptés que comme un appel à ne pas différer la conversion, avec Deuxième lettre aux Corinthiens 6, 2 (« Voici maintenant le moment favorable, voici maintenant le jour du salut ») et le message du 15 décembre 1983 contre les prédictions catastrophiques datées ; paragraphe 30, les messages donnant des ordres sur des dates et des lieux sont d'origine surnaturelle improbable ; paragraphe 34, l'attention excessive aux événements extraordinaires n'est pas fidèle à l'esprit de Medjugorje ; paragraphe 39, discernement des messages à venir par le Visiteur apostolique.
34Parole attribuée à Maria Esperanza : "The consciences of this beloved people must be violently shaken so that they may "put their house in order"… A great moment is approaching, a great day of light… it is the hour of decision for mankind." Traduction signalée dans le corps de l'article. Présentée comme rapportée.
35Chaîne de transmission : parole citée par le père Joseph Iannuzzi, Antichrist and the End Times, p. 37, reprise par Mark Mallett, « The Great Day of Light », 6 mai 2019, mis à jour le 7 juin 2021. La parole est citée à partir de cette chaîne de transmission.
36Parole rapportée par Mark Mallett : "[God's] justice will begin in Venezuela", d'après The Bridge to Heaven: Interviews with Maria Esperanza of Betania (Michael H. Brown), p. 73. Présentée comme rapportée.
37Apparitions de Betania déclarées authentiques par Mgr Pío Bello Ricardo, évêque de Los Teques, le 21 novembre 1987, en consultation avec le cardinal Joseph Ratzinger ; cause de béatification de Maria Esperanza ouverte le 31 janvier 2010 par Mgr Paul Bootkoski à Metuchen (New Jersey) : Servante de Dieu.
38Don Stefano Gobbi, Aux prêtres, fils de prédilection de la Vierge (Livre bleu), numéro 383, Heede, 22 mai 1988, édition française : « Par son divin Amour, il ouvrira les portes des cœurs et éclairera toutes les consciences. Chaque homme se verra lui-même dans le feu brûlant de la divine Vérité. Ce sera comme un jugement en petit. » Italien : "Sarà come un giudizio in piccolo". L'édition française imprime « répandra » là où l'italien porte un verbe signifiant apporter.
39Don Stefano Gobbi, Livre bleu : numéro 478, Milan, 2 octobre 1992 (« Il y aura comme un jugement en réduction et chacun verra sa propre vie et toutes ses actions dans la Lumière même de Dieu ») ; numéro 521, Berlin, 22 mai 1994 ; numéro 546, Vacallo, 4 juin 1995 (« Ce sera comme un jugement en plus petit qui ouvrira la porte de votre cœur pour recevoir le grand don de la Miséricorde divine »). Il ne nomme jamais cet événement « Avertissement » : le rapprochement vient des commentateurs.
40Imprimatur d'édition de Mgr Donald W. Montrose, évêque de Stockton, pour l'édition anglaise de 1998 du Livre bleu : jugement de conformité doctrinale pour cette édition.
41Lettre de Mgr Gabriel Montalvo, nonce apostolique aux États-Unis, 7 décembre 2000, rapportant l'avis de la Congrégation pour la doctrine de la foi : "has advised that they are not the words of our Blessed Mother, but his private meditations". Traduction : ces textes ne sont pas les paroles de la Sainte Vierge, mais ses méditations privées.
42Cause de béatification de don Stefano Gobbi ouverte à Côme le 1er mai 2024 : Serviteur de Dieu. Elle porte sur sa vie, non sur les messages.
43Sainte Faustine Kowalska, Petit Journal, paragraphe 83, traduction officielle, Misericordia, 2017, p. 85 : « Avant de venir comme Juge équitable, je viens d'abord comme Roi de miséricorde. Avant que n'advienne le jour de justice, il sera donné aux hommes un signe dans le ciel. Toute lumière dans le ciel s'éteindra et les ténèbres régneront sur toute la terre. Alors, le signe de la croix apparaîtra dans le ciel, et, des plaies des mains et des pieds du Sauveur, jailliront de grandes lumières qui, pendant quelque temps, illumineront la terre. Ceci adviendra peu de temps avant le dernier jour. » Signe cosmique lié au retour du Christ en juge ; le rapprochement avec l'Avertissement est postérieur.
44 45 87Sainte Faustine Kowalska, Petit Journal, paragraphe 36, traduction officielle, Misericordia, 2017, p. 56 : expérience personnelle (« Aussitôt, j'ai vu l'état de mon âme telle que Dieu la voit »). Jamais une prophétie de l'Avertissement.
46 80Notification de la Congrégation pour la doctrine de la foi du 15 avril 1978 levant les interdictions de 1959 ; canonisation de sainte Faustine Kowalska le 30 avril 2000 par saint Jean-Paul II. Le Petit Journal reste une révélation privée.
47Sulema, née au Salvador en 1954, vivant à Sherbrooke (Québec) avec son époux, disant recevoir en français des messages de la Vierge Marie et de Jésus. Éléments biographiques tels que présentés par son éditeur et ses entretiens.
48Sulema, Je viens vous préparer à cet événement : l'illumination des consciences, Éditions Christian (Sherbrooke), 1re édition [2012], puis 2 volumes 2012-2013 ; Éditions du Parvis (Suisse), 3 volumes : volume 1, 6e édition juin 2019, ISBN 9782880223540 ; volume 2, 3e édition mai 2016, ISBN 9782880223656 ; volume 3, 2e édition mai 2015, ISBN 9782880223793. Notices de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec et fiches des Éditions du Parvis.
49Sulema, entretien, Stella Maris : « Illumination des consciences ou "avertissement" comme il a été dit à Garabandal, c'est la même chose ».
50Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Éditions du Parvis, notices et fiches des volumes de Sulema : aucune mention d'imprimatur ni de nihil obstat.
51Préface du père J. Rubén Riveros, directeur spirituel de Sulema, telle que présentée par les Éditions du Parvis : « je constate qu'il n'y a pas d'affirmation contraire à la foi catholique ». Avis d'un prêtre, non un imprimatur.
52Code de droit canonique, canon 824 paragraphe 1 : l'imprimatur relève de l'Ordinaire du lieu de l'auteur ou de l'Ordinaire du lieu où les livres sont publiés. Canon 830 : rôle du censeur. Canon 134 : les Ordinaires du lieu ne comprennent pas l'évêque émérite en tant que tel.
53Abbé Guy Giroux présenté comme conseiller spirituel de l'œuvre de Sulema (Éditions du Parvis, Stella Maris).
54Sulema, Stella Maris 501 (2013) : « Notre éditeur Christian Laflamme a envoyé un livre à l'Archevêché à l'attention du vicaire général [...] Je vois que l'Eglise reste neutre. Au moins ils n'ont pas condamné ou défendu la distribution du livre. » L'archidiocèse de Sherbrooke n'a publié aucune déclaration à ce sujet.
55Luz de María de Bonilla, message attribué à la Vierge, 10 août 2018, volume annuel officiel 2018, pp. 206-207 : "El Aviso es interno y personal, permitirá que la conciencia les muestre lo que ha sido el vivir y actuar personal. Esto hijos, es un acto de Misericordia para que individualmente lleguen al estado en donde se miren tal cual son". Traduction signalée dans le corps de l'article.
56Luz de María de Bonilla, message attribué au Christ, 18 septembre 2017, volume annuel officiel 2017, pp. 315-316 : "EN DONDE CADA UNO SE ENCONTRARÁ SOLO ANTE SU PROPIA CONCIENCIA". Même message : signes d'une croix et d'un cercle dans le ciel. Traduction signalée.
57Mgr Juan Abelardo Mata Guevara, évêque d'Estelí, lettre du 19 mars 2017 : "no he encontrado ningún error Doctrinal que atente contra la fe, la moral y las buenas costumbres, por lo cual concedo EL IMPRIMATUR a estas publicaciones". Jugement doctrinal, sans reconnaissance du surnaturel.
58Compétence au regard du canon 824 paragraphe 1 présentée comme question ouverte : aucun domicile ni lieu d'édition établi à Estelí. Renonciation de Mgr Mata acceptée le 6 juillet 2021 (Bulletin du Saint-Siège) ; lettres suivantes signées comme évêque émérite, qualité absente des Ordinaires du lieu au sens du canon 134.
59Analyse des messages officiels d'Anguera : vocabulaire variable (Aviso, grande grâce, Miracle, Sinal) pour la révélation de la conscience ; à l'inverse de Garabandal qui distingue Avertissement et Miracle. Les mots techniques « illumination des consciences » et « Garabandal » sont absents de l'ensemble analysé.
60Pedro Régis, message numéro 2.852, 19 juin 2007 : "Ele permitirá e vós vereis toda a vossa vida. Tudo vos será mostrado como em um espelho. Deus vos dará a chance do arrependimento. [...] Será um Aviso de Deus." Traduction signalée dans le corps de l'article.
61Pedro Régis, message numéro 2.510, 16 avril 2005 : "Um grande aviso será dado à humanidade". Traduction : un grand avertissement sera donné à l'humanité.
62Mgr Zanoni Demettino Castro, archevêque de Feira de Santana, lettre pastorale du 13 mai 2024 sur les présumées apparitions d'Anguera : mise en garde contre des prises de position contre le magistère du pape François, sans décision formelle sur le surnaturel ni interdiction explicite.
63Procès d'Edmond Campion, Westminster, 20 novembre 1581, State Trials, volume I, 1809, colonne 1063 : "wherein the terrible Judge should reveal all men's consciences". Réponse à l'accusation d'avoir annoncé une invasion ; lieu commun du Jugement prêché en toute chaire. Les State Trials et Richard Simpson, Edmund Campion: A Biography (1867 ; 2e édition 1896), rapportent sa réponse au passé, sans les formes au présent diffusées par les compilations.
64Réponse du bienheureux Pie IX aux jeunes du Cercle Saint-Pierre, juin 1871, rapportée « à peu près en ces termes » par L'Univers et reprise dans l'abbé J.-M. Curicque, Voix prophétiques, 1872, tome II, p. 431 : Dieu dont le cœur « se prépare, me semble-t-il, à accomplir, au moment qu'il a choisi, un grand prodige, qui remplira le monde d'étonnement ». Contexte : Question romaine et délivrance de l'Église. La longue version anglaise (« preceded by the triumph of revolution… ») ne correspond à aucun texte publié du pontificat.
65Élisabeth Kindelmann, Journal : effusion de grâce comparable à la Pentecôte qui « aveuglera Satan » (13 avril 1962, édition 2018, p. 60 ; 27 mars 1963, p. 203). Aucune annonce d'un Avertissement au sens d'une illumination des consciences.
66Imprimatur du cardinal Péter Erdő du 6 juin 2009 pour le Journal d'Élisabeth Kindelmann : conformité doctrinale, non reconnaissance de surnaturalité.
67Jimmy Akin, Catholic Answers, « Will There Be Three Days of Darkness ? », 27 octobre 2023 : aucun livre intitulé Private Prophecy ou Private Prophecies (Rome, 1863) sur Archive.org ni Google Books ; mention des trois jours seulement vers 1863-1864 par Raffaele Natali, plus de vingt-cinq ans après la mort d'Anna Maria Taigi ; aucune citation mot à mot longue attribuable avec confiance sans document de son vivant. Aucune apparition approuvée ne mentionne trois jours de ténèbres.
68Procès de béatification de la bienheureuse Anna Maria Taigi (béatifiée par Benoît XV en 1920) : le « soleil mystique » en forme d'orbe y est relevé sans jugement sur la validité des révélations ; un procès de béatification vérifie la non-contradiction avec la foi, non la validité des révélations (Jimmy Akin, Catholic Answers, 2023).
69Christine Watkins, The Warning: Testimonies and Prophecies of the Illumination of Conscience, Queen of Peace Media, septembre 2019. Liste de 2019 établie d'après sa traduction polonaise de 2020.
70Édition révisée de The Warning : six notices ajoutées, dont Sulema et Gisella Cardia, vérifiées dans l'édition espagnole Dipon de 2022. Sulema est absente de la première édition de 2019.
71Page de copyright de The Warning: The Concise Revised Edition, The Mary Foundation, décembre 2020, lue en aperçu éditeur : « Imprimatur, Ramón C. Argüelles, archevêque émérite de Lipa (Philippines), 22 mai 2020 ». Aucun nihil obstat ni censeur nommé sur cette page.
72Notice sur Sulema ajoutée dans l'édition révisée de The Warning, vérifiée dans l'édition espagnole Dipon de 2022, qui ne porte pas d'imprimatur.
73Kevin Symonds, « Christine Watkins Imprimatur », 29 juillet 2020 : objection au regard du canon 824 paragraphe 1 (un évêque émérite n'est pas l'Ordinaire de l'auteur ni de l'éditeur) et du canon 830 (aucun censeur nommé). L'éditeur n'a pas publié de réponse à cette objection.
74Lettre de Mgr Gilles Lemay, évêque d'Amos, 14 juillet 2020, reproduite par Kevin Symonds : "Fr Michel never submitted to me any of his locutions and visions for discernment or approval." Traduction : le père Michel ne lui a jamais soumis ses locutions et visions pour discernement ou approbation. Le père Michel Rodrigue a été désavoué par l'évêque d'Amos. Aucun message de cette voix n'est cité dans cet article.
75Archidiocèse de Dublin, déclaration du 15 avril 2014, reprise le 16 avril 2014 par la Conférence épiscopale irlandaise, sur la prétendue voyante « Maria Divine Mercy » : "these messages and alleged visions have no ecclesiastical approval and many of the texts are in contradiction with Catholic theology. These messages should not be promoted or made use of within Catholic Church associations." Aucun message de cette voix n'est cité ; aucune personne privée derrière le pseudonyme n'est nommée.
76Jimmy Akin, National Catholic Register, 3 mars 2013 : site « TheWarningSecondComing.com » et diffusion du thème de l'Avertissement sur Internet. Formulation retenue : a contribué à diffuser le thème, sans en faire un fait de popularisation établi par une étude.
77Jean-Claude et Christiane Laflamme, Messages phares vers l'illumination des consciences, Éditions du Parvis, 2021 : Campion présenté comme prophète de l'Avertissement (pp. 12 et 100) et deux étoiles attribuées à la Vierge en 1962 (p. 71), attributions démenties par les sources citées dans cet article ; délai « moins d'un an » attribué à Conchita (p. 187), formule absente du texte de Pelletier.
78Actes des Apôtres 1, 7 : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. »
82Conchita González, Jacinta González et Mari Cruz González sont en vie en octobre 2026 ; Mari Loli Mazón (1949-2009).
83Lettre de Conchita González à Joey Lomangino du 19 mars 1964 : il verra le jour même du Miracle. Joey Lomangino est mort aveugle le 18 juin 2014.
84Catéchisme de l'Église catholique, numéro 1041, citant la Deuxième lettre aux Corinthiens 6, 2 : « voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut ». Voir aussi Évangile selon saint Matthieu 25, 13 (« Veillez »).
85Évangile selon saint Matthieu 24, 42-44 et 25, 13. Traduction liturgique AELF.
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