Quand un prêtre s'avance vers l'autel, il ne porte pas ses habits de ville. Il a revêtu, l'un après l'autre, une série de vêtements particuliers dont la forme n'a presque pas changé depuis quinze siècles : un linge sur les épaules, une longue tunique blanche, une corde nouée à la taille, une bande passée au cou, et par-dessus tout une vaste pièce d'étoffe ornée — la chasuble. Ce costume n'est pas un déguisement, ni un simple uniforme : c'est un langage.
Le sens que la liturgie elle-même donne à ces ornements tient en une phrase : « La diversité des fonctions se manifeste extérieurement par la diversité des vêtements sacrés. »[1] Le vêtement dit d'abord qui agit et à quel titre : il distingue l'évêque, le prêtre, le diacre, le simple servant. Mais il dit surtout que celui qui monte à l'autel n'y agit pas en son nom propre. En se revêtant, le prêtre se dépouille de lui-même pour endosser, au sens fort, la personne du Christ prêtre. C'est pourquoi chaque vêtement s'accompagne, dans la tradition, d'une prière d'habillement qui en déchiffre le symbole.
Cet article retrace le symbolisme des vêtements liturgiques : leur origine surprenante — non les habits du Temple de Jérusalem, mais le costume de la rue romaine que l'Église a figé pendant que la mode profane l'abandonnait —, leur lente fixation entre le IVᵉ et le XIIIᵉ siècle, le sens de chacun des six ornements de la messe, la catéchèse des prières d'habillement, puis les ornements propres au diacre, à l'évêque et au pape. La couleur de ces vêtements relève d'un autre langage, traité à part dans Le symbolisme des couleurs liturgiques ; ici, on regarde la forme, le tissu et le geste.
Qu'est-ce qu'un vêtement liturgique ?
Avant d'énumérer les pièces, il faut comprendre ce qu'est, au juste, un ornement sacré — et ce qu'il n'est pas. Trois idées simples ouvrent tout le sujet.
Un vêtement, pas un costume de théâtre
Un vêtement liturgique n'est pas un habit que l'on met pour « faire joli » ou pour jouer un rôle. La liturgie catholique repose sur des signes sensibles : de l'eau, de l'huile, du pain, du vin, des gestes, des paroles — et des vêtements. Comme l'enseigne Pie XII, en substance, le culte de l'Église se déploie par des éléments visibles qui expriment le culte intérieur, en nourrissent le zèle et en fortifient l'énergie ; rien n'y est arbitraire.[2] Le vêtement appartient à cette grammaire : il est fonctionnel et signifiant à la fois. Il couvre le ministre, certes, mais surtout il manifeste à l'assemblée que l'action en cours n'est pas un acte ordinaire.
C'est pourquoi l'Église a toujours veillé à ce que ces ornements soient dignes et beaux, confiés à l'orfèvrerie des tisserands comme l'autel l'est aux orfèvres. Une chasuble de soie brodée n'est pas un luxe mondain : elle dit, par sa matière même, que la liturgie est l'acte le plus précieux qui se puisse accomplir sur la terre.
« La diversité des fonctions se manifeste par la diversité des vêtements »
La première fonction du vêtement est de distinguer les ministères. Dans une célébration solennelle, on reconnaît du premier coup d'œil l'évêque à sa mitre et à sa crosse, le prêtre à sa chasuble, le diacre à sa dalmatique et à son étole portée en écharpe, les autres servants à leur aube ou à leur surplis. Le Missel romain en fait une règle explicite : les vêtements sacrés doivent être « un signe de la fonction propre à chaque ministre ».[3]
Cette diversité n'est pas une hiérarchie d'honneur mondaine : elle traduit visiblement l'ordre du Corps du Christ, où chaque membre a sa fonction propre (1 Co 12). Le vêtement rend visible l'invisible : la structure sacramentelle de l'Église.
Le vêtement du Christ, non du prêtre
Voici le sens le plus profond. Quand le prêtre revêt les ornements, il ne se met pas en valeur : il s'efface. La longue aube blanche recouvre entièrement ses habits personnels ; la chasuble l'enveloppe tout entier. À l'autel, ce n'est plus M. Untel qui parle, mais le Christ qui agit par ses mains et par sa voix — c'est le sens du fameux in persona Christi capitis, « en la personne du Christ Tête ».
Les commentateurs médiévaux ont aimé cette idée jusqu'à voir dans chaque ornement une vertu ou un mystère du Christ que le prêtre doit, en le revêtant, faire sien. La tradition la résume dans une parole de saint Paul que la liturgie ne cesse de reprendre : « Vous tous, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. »[4] Le prêtre qui s'habille pour la messe accomplit ce verset au sens le plus littéral.
Aux origines : du costume romain à l'ornement sacré
L'idée la plus répandue est fausse : les vêtements liturgiques chrétiens ne descendent pas des habits sacerdotaux décrits dans l'Exode pour Aaron et ses fils.[5] Leur véritable ancêtre est beaucoup plus humble — et beaucoup plus surprenant.
Non pas les habits du Temple, mais la tunique de la rue
Les six premiers siècles ne connaissent aucun vêtement spécial pour le culte chrétien. Le clergé célèbre dans ses habits de tous les jours, simplement plus propres et réservés. Comme le résume The Catholic Encyclopedia, « les vêtements chrétiens n'ont pas pour origine la tenue sacerdotale de l'Ancien Testament ; ils se sont plutôt développés à partir du costume civil du monde gréco-romain. »[6] L'aube descend de la tunica longue, la chasuble de la paenula — ce vaste manteau de voyage, fermé tout autour, que portaient indistinctement le sénateur et le paysan —, l'étole et le pallium de l'écharpe ou du manteau drapé.
Ce point n'est pas un détail d'érudition : il dit quelque chose de l'Incarnation. Le christianisme n'a pas inventé un habit sacré tombé du ciel ; il a pris le vêtement ordinaire des hommes et l'a peu à peu consacré, comme le Verbe a pris la chair ordinaire des hommes pour la diviniser.
L'Église immobile dans un monde qui change de mode
Comment un habit civil est-il devenu un ornement religieux ? Par la fidélité de l'Église à ses formes anciennes au moment où la mode profane, elle, changeait. À partir du Vᵉ et du VIᵉ siècle, les invasions et l'influence des modes barbares font adopter aux laïcs des vêtements plus courts et ajustés. Le clergé, lui, garde la longue tunique et l'ample manteau d'autrefois. Ce qui était banal devient peu à peu distinctif : non parce qu'on a créé un costume sacré, mais parce qu'on a refusé de suivre la mode. L'ornement liturgique est né d'un conservatisme — une fidélité qui, avec les siècles, est devenue un symbole.
Les grandes étapes de la fixation (IVᵉ-XIIIᵉ siècle)
La constitution du costume liturgique occidental s'étale sur près de mille ans. The Catholic Encyclopedia distingue quatre époques : avant Constantin, aucune distinction ; du IVᵉ au IXᵉ siècle, l'apparition des ornements essentiels ; du IXᵉ au XIIIᵉ siècle, leur achèvement ; à partir du XIIIᵉ siècle, l'ornementation et l'évolution des rubriques.[7] Les grandes étapes méritent d'être suivies.
- Ier-IIIᵉ s.Le clergé célèbre en habits civils
Aucun vêtement liturgique propre. Les ministres portent leurs vêtements ordinaires, réservés et soignés pour le culte. La distinction est de propreté et de dignité, non de forme.
- IVᵉ-VIᵉ s.La fidélité aux formes anciennes
Tandis que la mode laïque raccourcit les tuniques sous l'influence barbare, le clergé conserve la longue tunique et la paenula. Premiers signes d'un costume devenu distinctif par conservatisme.
- VIᵉ-IXᵉ s.Apparition des ornements essentiels
Aube, chasuble, étole, manipule et amict se fixent comme vêtements propres du culte. Le concile de Tolède (633) atteste l'étole (orarium) et l'aube comme insignes des clercs.
- IXᵉ-XIIIᵉ s.Achèvement et premières interprétations
Le costume occidental est complet. Amalaire de Metz (IXᵉ s.), puis Innocent III et Durand de Mende, déploient l'interprétation allégorique et morale de chaque pièce.
- XIIIᵉ s.-1570Ornementation et fixation rubricale
L'orfèvrerie textile enrichit les ornements ; la chasuble se réduit peu à peu. Le Missel de saint Pie V (1570) fixe les formes et les prières d'habillement pour toute l'Église latine.
- 1969-aujourd'huiLa réforme de Paul VI
Le Missel de 1969 simplifie : le manipule devient facultatif, la chasuble retrouve son ampleur primitive, et la Présentation générale du Missel romain (n° 335-347) refixe l'usage des ornements.
Un point demande la prudence : l'interprétation symbolique est venue après le vêtement, non l'inverse. The Catholic Encyclopedia le souligne nettement : « ces considérations mystiques n'ont pas créé l'habit sacerdotal ; elles sont, au contraire, le résultat de l'apparition de ces vêtements. »[8] Autrement dit, l'Église n'a pas dessiné la chasuble pour signifier la charité ; elle a hérité de la paenula, puis a découvert dans sa forme un sens spirituel. Le symbole est réel — mais il est second, lu dans une matière reçue, ce qui n'enlève rien à sa vérité.
Les six ornements de la messe
Le prêtre revêt pour la messe, dans l'ordre, six ornements : amict, aube, cordon, étole, manipule et chasuble. La Présentation générale du Missel romain en confirme l'ossature : « le vêtement sacré commun à tous les ministres ordonnés et institués est l'aube, serrée à la taille par le cordon », sur laquelle on porte l'étole, puis, pour le prêtre, la chasuble.[9] Reprenons-les un à un.
L'amict — le casque du salut
L'amict est un rectangle de toile blanche que le prêtre pose d'abord sur ses épaules et autour du cou, noué par deux cordons croisés sur la poitrine. À l'origine, il protégeait les autres ornements de la sueur et couvrait le col des habits de ville. La tradition médiévale, frappée par le geste de le poser un instant sur la tête avant de le rabattre, y a vu le casque du salut dont parle saint Paul.[10] La prière d'habillement le dit explicitement :
« Pose, Seigneur, sur ma tête le casque du salut, pour repousser les assauts du démon. »[11]
Le premier ornement est donc une arme défensive : avant tout, le prêtre demande d'être protégé dans le combat invisible qui entoure l'autel. L'amict couvre aussi la gorge — d'où une seconde lecture : la garde de la voix et de la parole, pour que rien d'oiseux ne sorte de la bouche du célébrant.
L'aube — le vêtement blanc des baptisés
L'aube (du latin alba, « blanche ») est la longue tunique de lin blanc qui descend jusqu'aux pieds et recouvre entièrement les habits personnels. C'est le vêtement de fond, commun à tous les ministres.[12] Sa blancheur évoque deux choses : la robe blanche du baptême, et le vêtement immaculé des élus que saint Jean voit dans l'Apocalypse, « lavé et blanchi dans le sang de l'Agneau ».[13] La prière de l'aube unit les deux images :
« Blanchis-moi, Seigneur, et purifie mon cœur ; afin que, blanchi dans le sang de l'Agneau, je jouisse des joies éternelles. »[14]
L'aube prolonge ainsi la grâce baptismale : le prêtre s'approche du sacrifice revêtu de la pureté qu'il a reçue à sa renaissance, et qu'il demande de retrouver. La blancheur est ici morale autant que matérielle.
Le cordon — la ceinture de pureté
Le cordon (ou cingulum) est la cordelette qui serre l'aube à la taille. Geste banal — empêcher l'ample tunique de flotter —, mais la tradition y lit la ceinture de la chasteté et de la continence, en écho à saint Pierre : « Ayez l'esprit en éveil, les reins ceints. »[15] La prière demande au Seigneur de ceindre le ministre du « cordon de pureté » et d'éteindre en lui le feu de la concupiscence.[16] Ceindre ses reins, dans tout l'Orient biblique, c'est se préparer à l'action et au combat : le célébrant se rassemble, se maîtrise, se tient prêt. Les vertus invoquées — continence, maîtrise de soi — sont des fruits de l'Esprit (Ga 5, 22-23).[17]
L'étole — l'insigne du ministre ordonné
L'étole est la longue bande d'étoffe que le prêtre passe autour du cou et laisse pendre sur la poitrine ; le diacre la porte en écharpe, sur l'épaule gauche et croisée sur le côté droit.[18] C'est l'insigne par excellence de l'ordre sacré : on ne la porte qu'une fois ordonné, et pour tout acte du ministère — confession, baptême, onction des malades. Elle distingue donc le ministre ordonné de tous les autres servants. La prière d'habillement lui donne une profondeur dramatique :
« Rends-moi, Seigneur, l'étole de l'immortalité, que j'avais perdue par la prévarication de notre premier père. »[19]
L'étole figure ainsi le vêtement de gloire et d'immortalité perdu par Adam au paradis et rendu par le Christ. Le prêtre qui s'en revêt porte sur ses épaules le poids et la dignité d'un ordre qui répare la chute. Sa manière même de la disposer — droite pour le prêtre, en écharpe pour le diacre — manifeste à l'œil la différence des deux degrés du sacrement de l'ordre.
Le manipule — le linge des larmes
Le manipule est une courte bande, semblable à une petite étole, que le prêtre portait au bras gauche. Il vient sans doute du mappula romain, le mouchoir ou linge que tenaient les personnages de qualité pour s'essuyer le visage. De cet objet utilitaire, la tradition a tiré l'un de ses symboles les plus émouvants : le linge des larmes du labeur apostolique, en écho au psaume du semeur. La prière est tout entière une promesse de moisson :
« Que je mérite, Seigneur, de porter le manipule des pleurs et de la douleur, afin de recevoir dans l'allégresse le salaire de mon travail. »[20]
C'est l'image du Psaume 126 : « Ils s'en vont, ils s'en vont en pleurant, ils portent la semence ; ils reviennent, ils reviennent dans la joie, ils rapportent leurs gerbes. »[21] Le manipule est devenu facultatif dans la liturgie réformée après le Concile : il n'apparaît plus dans le Missel de Paul VI, même s'il demeure dans la forme ancienne du rite.[22] Son symbolisme, lui, reste éclairant : le ministère est un travail qui passe par les larmes avant la récompense.
La chasuble — le joug suave de la charité
La chasuble est le grand vêtement qui enveloppe tout le reste : c'est l'ornement propre du prêtre célébrant, porté par-dessus l'aube et l'étole.[23] Son nom latin, casula, signifie « petite maison » — car, dans sa forme primitive, elle entourait entièrement le corps comme une tente, fermée de toutes parts, percée d'un seul trou pour la tête. La tradition y voit le symbole de la charité, « le lien de la perfection » (Col 3, 14), qui enveloppe et couronne toutes les autres vertus comme la chasuble enveloppe tous les autres vêtements. La prière reprend la parole du Christ sur son joug léger :
« Seigneur, toi qui as dit : "Mon joug est doux et mon fardeau léger", fais que je puisse le porter de telle sorte que j'obtienne ta grâce. »[24]
Le sens est limpide : porter la chasuble, c'est porter le joug du Christ, qui n'écrase pas parce qu'il est le joug de l'amour. La forme du vêtement et la parole de l'Évangile se répondent : la charité est à la fois un fardeau (elle coûte) et une douceur (elle console). Au cours des siècles, la chasuble s'est progressivement réduite pour la commodité — des « chasubles-violon » baroques aux épaules dégagées — avant que la réforme de Paul VI n'encourage le retour à son ampleur primitive.
Les prières d'habillement : une catéchèse cousue dans le vêtement
On l'a vu pièce par pièce : à chaque ornement répond une prière d'habillement (en latin preces ad induendum). Dans la forme tridentine du rite, le prêtre les récite à la sacristie en revêtant chaque vêtement ; elles figurent dans le Missel romain depuis saint Pie V.[25] Ces prières ne sont pas un ornement pieux ajouté de l'extérieur : elles sont la clé de lecture que la liturgie elle-même donne de ses vêtements.
Lues d'affilée, elles dessinent un itinéraire spirituel complet. Le prêtre commence par se protéger (l'amict, casque du salut), se purifie (l'aube, blanchie dans le sang de l'Agneau), se maîtrise (le cordon, ceinture de pureté), reçoit la dignité perdue par Adam (l'étole de l'immortalité), accepte la peine du ministère (le manipule des larmes) et la couronne par la charité (la chasuble, joug suave). De la défense contre le démon jusqu'à l'amour parfait : c'est, en six gestes, tout le chemin de la sainteté sacerdotale. S'habiller pour la messe devient ainsi une préparation intérieure autant qu'extérieure — le contraire d'un automatisme.
Cette catéchèse cousue dans le vêtement explique pourquoi la tradition a tant tenu à ces prières : elles transforment un geste matériel en acte de foi, et rappellent au célébrant, chaque jour, qui il représente et à quel prix.
Les autres vêtements liturgiques
Au-delà des six ornements de la messe, la liturgie connaît d'autres vêtements, propres à d'autres ministres ou à d'autres actions sacrées.
Le surplis et le rochet
Le surplis est une tunique de lin blanc, plus courte que l'aube et à manches larges, que portent les clercs et les servants pour les offices qui ne sont pas la messe — vêpres, processions, administration des sacrements hors messe. Son nom, superpelliceum, signifie « par-dessus la fourrure » : on le passait autrefois sur les vêtements fourrés que l'on portait dans les églises froides du Nord. Le rochet, voisin du surplis mais à manches étroites, est réservé aux évêques et à certains prélats : il marque une dignité. L'un et l'autre dérivent de l'aube et en partagent le symbolisme de pureté, sous une forme allégée pour les fonctions hors du sacrifice.
La chape
La chape (pluviale) est un grand manteau ouvert sur le devant, agrafé sur la poitrine, sans rapport avec la chasuble. Le prêtre la revêt « dans les processions et lors d'autres actions sacrées », selon les rubriques[26] : bénédictions solennelles, vêpres, salut du Saint-Sacrement, funérailles. Héritière, elle aussi, d'un manteau de pluie antique (d'où son nom), elle enveloppe le ministre de solennité sans être liée au sacrifice de la messe. C'est le grand vêtement de la prière publique et du faste liturgique.
La dalmatique et la tunique
La dalmatique est le vêtement propre du diacre, porté sur l'aube et l'étole.[27] Tunique ample à manches larges, venue de Dalmatie (d'où son nom), elle fut d'abord un vêtement d'honneur romain avant de devenir l'ornement diaconal. Sa prière d'habillement, dans le rite ancien, la nomme « vêtement de salut et habit de joie »[28] — car le diacre est ministre de la charité et de la joie de l'Évangile. La tunique (ou tunicelle), presque identique, était le vêtement du sous-diacre. La dalmatique « peut être omise par nécessité ou en raison d'un moindre degré de solennité »[29], mais sa présence signale toujours une célébration plus solennelle.
Le voile huméral
Le voile huméral est une longue écharpe d'étoffe précieuse que le prêtre pose sur ses épaules et dont il enveloppe ses mains pour tenir l'ostensoir à la bénédiction du Saint-Sacrement, ou pour porter le ciboire en procession. Le geste a un sens fort : on ne touche pas directement le Très-Saint-Sacrement de ses mains nues — le voile dit la révérence et marque que c'est le Christ, et non le prêtre, qui bénit. Le même respect entoure ailleurs l'autel et le tabernacle : voir Le symbolisme de l'autel et Le symbolisme du tabernacle.
Les ornements de l'évêque et du pape
L'évêque, qui possède la plénitude du sacerdoce, porte des ornements supplémentaires qui manifestent sa charge de pasteur et de successeur des apôtres. À la messe pontificale solennelle, il revêt par-dessus les ornements ordinaires plusieurs insignes propres.
La mitre, la crosse et l'anneau
La mitre est la coiffe à deux pointes (cornua) que porte l'évêque. Ses deux pointes ont été interprétées comme les deux Testaments, l'Ancien et le Nouveau, dont l'évêque doit être le gardien et l'interprète. La crosse (baculus pastoralis), bâton recourbé, est le houlette du berger : elle signifie l'autorité pastorale de l'évêque sur son troupeau, son devoir de guider, de redresser et de défendre. L'anneau, enfin, passé au doigt le jour du sacre, est le signe de la fidélité et des noces mystiques de l'évêque avec son Église, comme un époux avec son épouse.
À ces insignes s'ajoutent la croix pectorale portée sur la poitrine — qui contient parfois une relique —, et les gants et sandales (ou caligae) liturgiques, vestiges du costume d'apparat antique, dont l'usage à la messe pontificale tridentine soulignait la dignité épiscopale.
Le pallium — la laine de l'agneau retrouvé
Le pallium est l'insigne le plus chargé de sens : une étroite bande circulaire de laine blanche, large de deux doigts, posée sur les épaules par-dessus la chasuble, d'où descendent deux pendants — l'un sur la poitrine, l'autre sur le dos — qui lui donnent une forme de Y. Six croix noires l'ornent.[30] Le pape le porte de droit ; il le confère aux archevêques métropolitains comme signe de leur participation à l'autorité pontificale et de leur communion avec le Siège de Rome.
Son symbolisme est entièrement pastoral. La laine du pallium est filée à partir d'agneaux bénis chaque 21 janvier, en la fête de sainte Agnès — dont le nom évoque l'agneau (agnus) — puis tissée par des religieuses.[31] Posé sur les épaules, le pallium figure la brebis perdue que le bon Pasteur charge sur ses épaules pour la ramener au bercail (Lc 15, 4-6). L'archevêque qui le reçoit porte ainsi, au sens littéral, son peuple sur ses épaules, à l'image du Christ. Les six croix lui rappellent les croix qu'il devra porter à la suite du Maître.
Le rational
Insigne devenu très rare, le rational est une sorte de large collier ou plastron orné que portent encore, par privilège, les évêques de quelques diocèses (Eichstätt, Paderborn, Cracovie, Toul-Nancy). Il est l'équivalent chrétien du pectoral du grand prêtre d'Israël, le rationale judicii d'Aaron orné de douze pierres (Ex 28, 15-30). Sa survivance, marginale mais réelle, rappelle que le sacerdoce chrétien accomplit et dépasse le sacerdoce de l'Ancienne Alliance : non en copiant ses habits — on a vu qu'il n'en descend pas —, mais en réalisant ce qu'ils annonçaient.
La couleur, l'autre langage du vêtement
Tout ce qui précède concerne la forme et le tissu des ornements. Mais un second langage s'y superpose : la couleur. Blanc des fêtes du Christ et des saints non martyrs, rouge de la Passion, de la Pentecôte et des martyrs, vert du temps ordinaire, violet de l'Avent et du Carême, rose de deux dimanches de joie — la Présentation générale du Missel romain en fixe l'usage (n° 346).[32] Ce code chromatique mérite à lui seul une étude : on le traite à part dans Le symbolisme des couleurs liturgiques. Retenons seulement ici que la même chasuble dit deux choses à la fois — par sa forme, la charité et le sacerdoce du Christ ; par sa couleur, le mystère que l'Église célèbre ce jour-là.
Le sens spirituel : se revêtir de l'homme nouveau
Au terme de ce parcours, on peut rassembler le sens de tout vêtement liturgique. Les grands commentateurs médiévaux — Amalaire de Metz au IXᵉ siècle, le pape Innocent III dans son De sacro altaris mysterio, Guillaume Durand de Mende dans son Rationale — ont proposé plusieurs niveaux de lecture que The Catholic Encyclopedia récapitule.[33]
Les quatre lectures de la tradition
La tradition lit les vêtements selon quatre registres complémentaires. Le registre moral voit en chaque ornement une vertu que le ministre doit revêtir (l'aube, la pureté ; le cordon, la continence ; la chasuble, la charité). Le registre typico-dogmatique y lit des vérités sur le Christ et sa double nature. Le registre typico-représentatif y voit le mémorial de la Passion — l'amict, le voile dont on couvrit la face du Christ ; le cordon et le manipule, les liens et les cordes de la flagellation ; la chasuble, la pourpre de la dérision. Le registre allégorique, enfin, présente le prêtre comme un soldat spirituel revêtant son armure pour le combat (Ép 6, 11-17). Ces lectures ne se contredisent pas : elles se superposent, comme les ornements eux-mêmes.
« Revêtez-vous donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, de tendresse compatissante, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience [...]. Et par-dessus tout cela, la charité, en laquelle se noue la perfection. »[34]
Cette parole de saint Paul aux Colossiens est le programme même de l'habillement liturgique : sous les vêtements de tissu, c'est de vertus que le prêtre doit se revêtir.
Revêtir le Christ
Le sens ultime déborde le seul prêtre. Pour saint Paul, tout baptisé « revêt le Christ » (Ga 3, 27), comme on revêt un vêtement neuf. La robe blanche de l'aube renvoie d'ailleurs directement au vêtement blanc du baptême, donné à chaque chrétien. En ce sens, les ornements du célébrant ne sont que la forme visible et solennelle d'une vérité qui concerne toute l'Église : la vie chrétienne est un dévêtement du vieil homme et un revêtement de l'homme nouveau, créé selon Dieu (Ép 4, 22-24). Ce que le prêtre fait à la sacristie, chaque fidèle est appelé à le faire dans son âme.
Le célébrant configuré au Christ Prêtre
Voilà pourquoi le vêtement liturgique n'est jamais un déguisement. En revêtant l'amict, l'aube, l'étole et la chasuble, le prêtre est configuré au Christ Prêtre : il s'efface pour que paraisse l'unique Médiateur. La beauté de l'ornement n'est pas pour lui ; elle est pour le mystère qu'il sert. Quand l'assemblée voit s'avancer un célébrant tout enveloppé de blanc et de soie, elle ne regarde pas un homme : elle regarde, sous le voile du signe, le grand Prêtre de la nouvelle Alliance qui, par des mains d'homme, renouvelle son sacrifice. Le vêtement, en cachant l'homme, révèle le Christ — et c'est là, dans ce paradoxe, que tient tout le symbolisme des ornements sacrés.
Pour aller plus loin
- Le symbolisme des couleurs liturgiques — l'autre langage du vêtement : blanc, rouge, vert, violet, rose.
- Le symbolisme de l'autel — la pierre qui figure le Christ, que le célébrant vêtu encense et baise.
- Le symbolisme de l'encens — le parfum qui honore l'autel, les offrandes et le ministre revêtu.
- Le symbolisme des cierges — la lumière du culte, cierge pascal et flamme de l'autel.
- Le symbolisme du tabernacle — la présence eucharistique devant laquelle s'incline le célébrant.
- Les reliquaires dans l'art chrétien — l'orfèvrerie sacrée, parente des trésors d'ornements.
- Les mosaïques de Ravenne — où l'on voit le clergé du VIᵉ siècle revêtu de ses premiers ornements.
- L'art paléochrétien — le monde gréco-romain d'où sont issus les vêtements liturgiques.
- L'architecture d'une cathédrale — l'espace sacré où se déploie la liturgie ornée.
Notes et références
Présentation générale du Missel romain (Institutio Generalis Missalis Romani, éd. 2002), n° 335 : « Dans l'Église, Corps du Christ, tous les membres n'ont pas la même fonction. Cette diversité des fonctions se manifeste extérieurement, dans la célébration de l'Eucharistie, par la diversité des vêtements sacrés. Ceux-ci doivent donc être un signe de la fonction propre à chaque ministre. Mais il convient aussi que ces vêtements contribuent à la beauté de l'action sacrée. » Texte vérifié sur vatican.va et le site de la Conférence des évêques.
1 3Pie XII, lettre encyclique Mediator Dei (20 novembre 1947), sur la sainte liturgie, n° 23 — paraphrase : le culte rendu par l'Église doit être à la fois intérieur et extérieur, et le culte extérieur manifeste l'unité du Corps mystique, nourrit son zèle et fortifie son énergie. Texte officiel sur vatican.va.
2Épître aux Galates 3, 27 (Bible de Jérusalem) : « Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. » Texte fondateur de la lecture du vêtement liturgique comme « revêtement du Christ ».
4Exode 28 (Bible de Jérusalem) : prescription des vêtements sacrés d'Aaron et de ses fils — éphod, pectoral du jugement (rationale) orné de douze pierres gravées des noms des tribus, robe, tunique, turban, tiare et ceinture, « pour la gloire et la majesté ». Ces ornements de l'Ancienne Alliance préfigurent le sacerdoce, mais les vêtements chrétiens n'en descendent pas historiquement (cf. note « Vestments »).
5The Catholic Encyclopedia (1907-1912), article « Vestments » (Joseph Braun), newadvent.org/cathen/15388a.htm : les vêtements liturgiques chrétiens ne dérivent pas de la tenue sacerdotale de l'Ancien Testament mais du costume civil gréco-romain ; quatre périodes de développement (avant Constantin ; IVᵉ-IXᵉ s. ; IXᵉ-XIIIᵉ s. ; à partir du XIIIᵉ s.) ; l'interprétation symbolique (morale, typico-dogmatique, typico-représentative, allégorique) est postérieure à l'apparition des vêtements et non l'inverse. Joseph Braun, S.J., est l'auteur de référence sur l'histoire des ornements (Die liturgische Gewandung im Occident und Orient, 1907).
6 7 8 33Présentation générale du Missel romain (éd. 2002), n° 336 : « Le vêtement sacré commun à tous les ministres ordonnés et institués, de tout grade, est l'aube, serrée à la taille par le cordon, à moins qu'elle ne soit faite de telle manière qu'elle puisse s'ajuster au corps sans cordon. Si l'aube ne couvre pas parfaitement le vêtement ordinaire autour du cou, on emploiera un amict avant de revêtir l'aube. L'aube ne peut être remplacée par le surplis [...] quand on doit revêtir la chasuble ou la dalmatique. » Texte vérifié sur vatican.va.
9 12Épître aux Éphésiens 6, 17 (Bible de Jérusalem) : « Prenez le casque du salut et le glaive de l'Esprit, qui est la Parole de Dieu. » Verset cité par la prière d'habillement de l'amict (le « casque du salut »), dans le contexte de l'armure spirituelle (Ép 6, 11-17).
10Missel romain (forme tridentine, Praeparatio ad Missam — preces ad induendum), prière de l'amict : « Impone, Domine, capiti meo galeam salutis, ad expugnandos diabolicos incursus. » (« Pose, Seigneur, sur ma tête le casque du salut, pour repousser les assauts du démon. ») La traduction française est donnée dans le corps, le latin en note conformément à l'usage. Texte vérifié sur les ressources liturgiques (EWTN, Liturgical Vestments and the Vesting Prayers).
11Apocalypse 7, 14 (Bible de Jérusalem) : à propos de la foule immense vêtue de robes blanches : « Ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve : ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l'Agneau. » Source biblique de la prière de l'aube (dealbatus in sanguine Agni).
13Missel romain (forme tridentine, preces ad induendum), prière de l'aube : « Dealba me, Domine, et munda cor meum ; ut, in sanguine Agni dealbatus, gaudiis perfruar sempiternis. » (« Blanchis-moi, Seigneur, et purifie mon cœur ; afin que, blanchi dans le sang de l'Agneau, je jouisse des joies éternelles. ») Cf. Ap 7, 14. Texte vérifié (EWTN).
14Première lettre de saint Pierre 1, 13 (Bible de Jérusalem) : « C'est pourquoi, l'esprit éveillé, en hommes sobres, mettez toute votre espérance dans la grâce qui doit vous être apportée par la révélation de Jésus Christ. » La Vulgate porte succincti lumbos mentis vestrae (« les reins de votre esprit ceints »), source de la symbolique du cordon comme ceinture de pureté et de vigilance.
15Missel romain (forme tridentine, preces ad induendum), prière du cordon : « Praecinge me, Domine, cingulo puritatis, et exstingue in lumbis meis humorem libidinis ; ut maneat in me virtus continentiae et castitatis. » (« Ceins-moi, Seigneur, du cordon de pureté, et éteins dans mes reins le foyer de la concupiscence, afin que demeurent en moi la vertu de continence et de chasteté. ») Cf. 1 P 1, 13. Texte vérifié (EWTN).
16Pour mémoire, Galates 5, 22-23 (Bible de Jérusalem) : « Le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi. » La continence et la chasteté invoquées par la prière du cordon comptent parmi ces fruits.
17Présentation générale du Missel romain (éd. 2002), n° 340 : le prêtre porte l'étole « autour du cou et pendante sur la poitrine » ; le diacre la porte « de l'épaule gauche à travers la poitrine jusqu'au côté droit du corps, où elle est fixée ». Cette différence de port distingue à l'œil les deux degrés de l'ordre. Texte vérifié sur vatican.va.
18Missel romain (forme tridentine, preces ad induendum), prière de l'étole : « Redde mihi, Domine, stolam immortalitatis, quam perdidi in praevaricatione primi parentis ; et, quamvis indignus accedo ad tuum sacrum mysterium, merear tamen gaudium sempiternum. » (« Rends-moi, Seigneur, l'étole de l'immortalité que j'avais perdue par la prévarication de notre premier père ; et, bien qu'indigne de m'approcher de ton saint mystère, que je mérite cependant la joie éternelle. ») Texte vérifié (EWTN).
19Missel romain (forme tridentine, preces ad induendum), prière du manipule : « Merear, Domine, portare manipulum fletus et doloris ; ut cum exsultatione recipiam mercedem laboris. » (« Que je mérite, Seigneur, de porter le manipule des pleurs et de la douleur, afin de recevoir dans l'allégresse le salaire de mon travail. ») Cf. Ps 125 (126). Texte vérifié (EWTN).
20Psaume 126 (125), 5-6 (Bible de Jérusalem) : « Ceux qui sèment dans les larmes moissonnent dans la joie : ils s'en vont, ils s'en vont en pleurant, ils portent la semence ; ils reviennent, ils reviennent dans la joie, ils rapportent leurs gerbes. » Source de la symbolique du manipule des larmes du labeur apostolique.
21Le manipule n'est plus prescrit dans le Missel romain de Paul VI (1969) : il n'apparaît pas dans la Présentation générale du Missel romain et son usage a cessé d'être obligatoire après la réforme liturgique (instruction Tres abhinc annos, 1967, et Missel de 1969). Il demeure en usage dans la forme tridentine (Missel de 1962). Sa disparition relève d'une simplification, non d'un rejet de son symbolisme.
22Présentation générale du Missel romain (éd. 2002), n° 337 : « Le vêtement propre du prêtre célébrant, à la messe et dans les autres actions sacrées qui sont en lien direct avec la messe, est la chasuble, sauf disposition contraire, revêtue par-dessus l'aube et l'étole. » Texte vérifié sur vatican.va.
23Missel romain (forme tridentine, preces ad induendum), prière de la chasuble : « Domine, qui dixisti : Iugum meum suave est, et onus meum leve : fac, ut istud portare sic valeam, quod consequar tuam gratiam. Amen. » (« Seigneur, toi qui as dit : "Mon joug est doux et mon fardeau léger", fais que je puisse le porter de telle sorte que j'obtienne ta grâce. Amen. ») Cf. Mt 11, 30 ; la charité comme vinculum perfectionis, Col 3, 14. Texte vérifié (EWTN).
24Les prières d'habillement (preces ad induendum sacerdotem) figurent dans le Missel romain de saint Pie V (1570) au début de la Praeparatio ad Missam. Récitées à la sacristie en revêtant chaque ornement, elles constituent la lecture symbolique que la liturgie donne elle-même de ses vêtements. Ensemble vérifié sur EWTN (Liturgical Vestments and the Vesting Prayers) et les éditions du Missel tridentin.
25Présentation générale du Missel romain (éd. 2002), n° 341 : « La chape (ou pluvial) est portée par le prêtre dans les processions et au cours d'autres actions sacrées, selon les rubriques propres à chaque rite. » Texte vérifié sur vatican.va.
26Présentation générale du Missel romain (éd. 2002), n° 338 : « Le vêtement propre du diacre est la dalmatique, revêtue par-dessus l'aube et l'étole ; cependant la dalmatique peut être omise par nécessité ou en raison d'un moindre degré de solennité. » Texte vérifié sur vatican.va.
27 29Pontifical / Missel romain (forme tridentine), prière de la dalmatique : « Indue me, Domine, indumento salutis et vestimento laetitiae ; et dalmatica iustitiae circumda me semper. » (« Revêts-moi, Seigneur, du vêtement du salut et de l'habit de la joie ; et entoure-moi toujours de la dalmatique de la justice. ») Récitée par l'évêque (ou le diacre) revêtant la dalmatique. Texte vérifié (EWTN, Vesting Prayers).
28The Catholic Encyclopedia (1907-1912), article « Pallium », newadvent.org/cathen/11427a.htm : description du pallium (bande circulaire de laine blanche d'environ deux doigts de large, deux pendants formant un Y, six croix noires) ; confection à partir de la laine d'agneaux bénis à la fête de sainte Agnès (21 janvier) ; insigne de l'autorité métropolitaine conféré par le pape, signe de communion avec le Siège apostolique et symbole du bon Pasteur portant la brebis sur ses épaules.
30La laine du pallium provient d'agneaux bénis chaque 21 janvier, fête de sainte Agnès (dont le nom rappelle agnus, l'agneau), en l'église Sainte-Agnès-hors-les-murs à Rome ; les agneaux sont ensuite confiés à des religieuses qui tissent les pallia. Ceux-ci sont déposés une nuit près du tombeau de saint Pierre avant d'être conférés. Source : Catholic Encyclopedia, art. « Pallium » ; notices du Bureau des célébrations liturgiques pontificales.
31Présentation générale du Missel romain (éd. 2002), n° 346 : règles de la couleur des ornements — blanc (temps pascal et de Noël, fêtes du Seigneur non de sa Passion, de la Vierge, des anges et des saints non martyrs) ; rouge (dimanche de la Passion, Vendredi saint, Pentecôte, fêtes de la Passion, des apôtres et martyrs) ; vert (temps ordinaire) ; violet (Avent, Carême) ; rose (dimanches Gaudete et Laetare) ; le noir peut être employé aux messes des défunts. Détail développé dans l'article le-symbolisme-des-couleurs-liturgiques. Texte vérifié sur vatican.va.
32Épître aux Colossiens 3, 12-14 (Bible de Jérusalem) : « Vous donc, les élus de Dieu, ses saints et ses bien-aimés, revêtez des sentiments de tendre compassion, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience [...]. Et par-dessus tout cela, la charité, en laquelle se noue la perfection. » La charité comme vinculum perfectionis fonde la symbolique de la chasuble.
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