Pourquoi l'Église dit-elle qu'elle est une, sainte, catholique et apostolique ?

« Je crois en l'Église, une, sainte, catholique et apostolique. » Cette phrase du Credo de Nicée-Constantinople (381) énonce les quatre notes de l'Église. Elles ne sont pas une autoproclamation : l'Église « ne les tient pas d'elle-même », c'est le Christ qui, par l'Esprit, les lui donne. Explication des quatre marques, de leur sens et des objections.

Ignispedia

Chaque dimanche, des centaines de millions de catholiques prononcent à la messe une phrase qu'ils ne s'arrêtent pas toujours à expliquer : « Je crois en l'Église, une, sainte, catholique et apostolique. » Ces quatre mots ne sont pas un slogan ni une médaille que l'Église se serait décernée à elle-même. Ils viennent d'un concile — celui de Constantinople, en 381 — et la théologie les appelle depuis des siècles les quatre notes (en latin notae), ou marques, de l'Église[1].

Une « note », au sens technique, est un trait reconnaissable qui permet d'identifier une réalité et de la distinguer de ce qui lui ressemble sans l'être. Affirmer que la véritable Église du Christ est une, sainte, catholique et apostolique, c'est donc dire deux choses à la fois : d'une part, que telle est son identité profonde, voulue par Dieu ; d'autre part, que ces quatre qualités sont des signes auxquels on peut la reconnaître au milieu des Églises et des communautés qui se réclament du Christ.

Le Catéchisme insiste sur un point décisif, qu'il faut poser avant tout le reste : « L'Église ne les tient pas d'elle-même ; c'est le Christ qui, par l'Esprit Saint, donne à son Église d'être une, sainte, catholique et apostolique. »[2] Les notes sont d'abord un don reçu, et seulement ensuite une tâche à accomplir. L'Église est une — et elle doit travailler à le rester ; elle est sainte — et elle doit se purifier ; elle est catholique — et elle doit le devenir jusqu'aux extrémités de la terre ; elle est apostolique — et elle doit garder fidèlement le dépôt reçu.

Cet article explique d'où vient la formule, pourquoi ces quatre attributs (et pas d'autres) ont été retenus, ce que chacun signifie exactement, comment ils sont « inséparablement liés entre eux »[3], et comment répondre aux objections les plus courantes — l'Église divisée, l'Église pécheresse, le mot « catholique » perçu comme sectaire, l'apostolicité des autres confessions.

D'où vient la formule « une, sainte, catholique et apostolique » ?

Une phrase du Credo de Nicée-Constantinople

Concile de Nicée, icône russe anonyme du XVIIIe siècle. Wikimedia Commons, domaine public.

La formule n'est pas une invention médiévale ni une trouvaille apologétique tardive : c'est une clause du Symbole de la foi que l'Église chante encore aujourd'hui. Dans le Credo dit de Nicée-Constantinople, après les articles sur le Père, le Fils, l'Esprit Saint, vient cet article sur l'Église : « Je crois en l'Église, une, sainte, catholique et apostolique. »[4] En latin : Et unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam.

Le verbe est important. On ne dit pas seulement « je crois qu'il existe une Église », comme on constaterait un fait sociologique ; on dit « je crois en » l'Église, en faisant de ces quatre notes un objet de foi. Le Catéchisme le souligne : « Seule la foi peut reconnaître que l'Église tient ces propriétés de sa source divine. Mais leurs manifestations historiques sont des signes qui parlent aussi clairement à la raison humaine. »[5] Les notes sont donc à la frontière de la foi et de la raison : crues comme un don divin, observables comme des signes.

De Nicée (325) à Constantinople (381) : l'ajout des notes

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Il faut être précis sur l'histoire, car on attribue souvent toute la formule au concile de Nicée. Le premier concile œcuménique, Nicée (325), réuni contre l'arianisme qui niait la divinité du Fils, avait rédigé un symbole centré sur le Christ « consubstantiel au Père », et s'achevait sobrement, sans développer l'article sur l'Église. C'est le premier concile de Constantinople (381), convoqué notamment pour défendre la divinité de l'Esprit Saint contre les pneumatomaques, qui a complété le Symbole et y a inséré la confession de foi en l'Église « une, sainte, catholique et apostolique »[6].

Ce déplacement n'est pas anodin. Les quatre notes apparaissent dans le sillage immédiat du dogme trinitaire : après avoir confessé un seul Dieu en trois Personnes, le Symbole confesse une seule Église, parce que, comme on le verra, l'unité de l'Église découle de l'unité même de la Trinité. La formule de 381 n'est donc pas un ajout décoratif : elle prolonge la foi trinitaire jusque dans sa conséquence ecclésiale.

La formule des quatre notes a une histoire repérable, des premiers Pères jusqu'au Catéchisme :

  1. IIe-Ve s.
    Les Pères de l'Église
    Le mot « catholique » avant la formule

    Ignace d'Antioche emploie déjà « Église catholique » vers 110 ; Cyrille de Jérusalem, Pacien de Barcelone et Vincent de Lérins en explicitent ensuite le sens (plénitude, universalité, foi de toujours).

  2. 325
    Concile de Nicée I
    Premier symbole œcuménique

    Rédigé contre l'arianisme, le symbole confesse le Christ « consubstantiel au Père » et s'achève sur la foi en l'Esprit Saint, sans développer l'article sur l'Église.

  3. 381
    Concile de Constantinople I
    Naissance de la formule

    Le Symbole est complété pour défendre la divinité de l'Esprit ; on y confesse désormais l'Église « une, sainte, catholique et apostolique ». C'est l'apparition officielle des quatre notes.

  4. XVIe s.
    Controverse de la Réforme
    Les notes comme signes

    Face aux ruptures protestantes, les théologiens catholiques — saint Robert Bellarmin notamment — systématisent les notae Ecclesiae comme critères permettant d'identifier la véritable Église.

  5. 1870
    Concile Vatican I
    Motif de crédibilité

    Les notes sont présentées comme « un grand et perpétuel motif de crédibilité » de la mission divine de l'Église (DS 3013).

  6. 1964-1992
    Vatican II et Catéchisme
    Reprise magistérielle

    Lumen Gentium 8 reprend la formule ; le Catéchisme de l'Église catholique lui consacre les § 811-870.

Notes, marques, propriétés : un vocabulaire à clarifier

La théologie emploie plusieurs mots pour désigner ces quatre attributs, et il vaut la peine de les distinguer. On parle de propriétés quand on considère les notes comme des qualités intrinsèques que l'Église possède en vertu de son institution divine. On parle de notes ou de marques (notae, signa) quand on les considère comme des signes extérieurs, visibles, qui permettent de reconnaître l'Église véritable et de la discerner des contrefaçons.

Ce second usage s'est développé surtout à l'époque moderne. Devant la multiplication des confessions issues de la Réforme, chacune se réclamant de l'Évangile, les controversistes catholiques ont cherché des critères objectifs pour identifier la vraie Église du Christ. Saint Robert Bellarmin en dressera une liste fameuse, mais les quatre notes du Credo en restent le noyau le plus sûr, parce qu'elles ne sont pas une construction polémique : elles sont confessées dans le Symbole depuis 381. Vatican I a consacré cette dimension de signe en enseignant que l'Église, « en raison de sa sainteté, de son unité catholique, de sa constance invaincue, est elle-même un grand et perpétuel motif de crédibilité et une preuve irréfragable de sa mission divine »[7].

Quatre notes : un don du Christ, pas une autoproclamation

Avant d'examiner les notes une à une, il faut éviter un contresens fréquent. Quand l'Église se dit « sainte », l'auditeur moderne entend souvent une prétention orgueilleuse : « l'Église se croit parfaite ». C'est l'inverse. Les notes ne sont pas des compliments que l'institution se décerne ; elles décrivent ce que Dieu a fait d'elle.

« L'Église ne les tient pas d'elle-même »

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Le Catéchisme enracine les notes dans le mystère de Dieu, et non dans les mérites des hommes. L'Église est « une de par sa source » dans l'unité du Père, du Fils et de l'Esprit ; « une de par son Fondateur », le Fils incarné qui a réconcilié tous les hommes par sa Croix ; « une de par son âme », l'Esprit Saint qui habite les croyants[8]. De même, elle est sainte parce que « le Dieu très saint est son auteur ; le Christ, son Époux, s'est livré pour elle pour la sanctifier ; l'Esprit de sainteté la vivifie »[9]. Les notes sont donc des dons trinitaires, reçus, et non des performances humaines.

Cette précision change tout pour la suite. Si l'Église tenait sa sainteté de la vertu de ses membres, le moindre scandale la lui ferait perdre. Si elle tenait son unité de l'entente de ses fidèles, la moindre dispute la briserait. Mais parce que les notes viennent du Christ et de l'Esprit, elles subsistent malgré les péchés des hommes, tout en restant pour eux un appel permanent à la conversion. Don d'abord, tâche ensuite.

Des signes qui parlent à la raison

Les notes ne sont pas seulement crues : elles se vérifient historiquement. Une Église qui prétendrait à l'unité tout en éclatant en mille fragments inconciliables, ou à l'apostolicité tout en rompant toute continuité avec les apôtres, se contredirait visiblement. C'est pourquoi Vatican I a vu dans la persistance des notes, à travers vingt siècles de persécutions, d'hérésies et de faiblesses humaines, un motif rationnel de crédibilité : non une démonstration contraignante qui supprimerait la foi, mais un faisceau de signes convergents qui rend la foi raisonnable.

« Que tous soient un. Comme Toi, Père, Tu es en Moi et Moi en Toi, qu'eux aussi soient un en Nous, afin que le monde croie que Tu m'as envoyé. » — Jésus, Évangile selon saint Jean 17, 21[10]

Cette prière du Christ à l'heure de sa Passion éclaire toutes les notes : l'unité de l'Église est ordonnée à un but missionnaire — « afin que le monde croie ». Les notes ne sont pas un trésor que l'Église garderait pour elle ; elles sont les conditions de sa crédibilité devant le monde.

Pourquoi l'Église est-elle UNE ?

Une par sa source : la Trinité

La première note n'a pas sa racine dans une organisation administrative, mais dans le mystère de Dieu lui-même. Le décret conciliaire sur l'œcuménisme l'affirme : « De ce mystère, le modèle suprême et le principe est, dans la trinité des personnes, l'unité d'un seul Dieu, Père, et Fils, en l'Esprit Saint. »[11] L'Église est une parce que Dieu est un. Saint Clément d'Alexandrie s'émerveillait déjà de cette correspondance :

« Quel étonnant mystère ! Il y a un seul Père de l'univers, un seul Logos de l'univers et aussi un seul Esprit Saint, partout identique ; il y a aussi une seule vierge devenue mère, et j'aime l'appeler l'Église. » — Saint Clément d'Alexandrie, Le Pédagogue, I, 6[12]

L'unité de l'Église découle donc de l'unité trinitaire et de l'œuvre du Fils, qui « a réconcilié tous les hommes avec Dieu par sa Croix, rétablissant l'unité de tous en un seul Peuple et un seul Corps »[13]. C'est pourquoi cette unité est aussi une réalité du Corps mystique : un seul corps ne peut avoir qu'une seule vie.

Les liens visibles de l'unité

L'unité de l'Église n'est pas seulement spirituelle et invisible ; elle s'exprime par des liens concrets. Le Catéchisme en énumère trois, par-dessus lesquels règne la charité, « le lien de la perfection » (Col 3, 14)[14] :

Lien d'unitéEn quoi il consisteRéférence
Une seule foiLa profession d'une même foi reçue des apôtresCEC 815[15]
Un seul culteLa célébration commune du culte divin, surtout des sacrementsCEC 815
Une seule successionLa succession apostolique par le sacrement de l'ordre, qui maintient la concorde fraternelleCEC 815

Ces trois liens ne sont pas interchangeables avec une simple bonne entente affective : ils sont structurels. C'est pourquoi l'Église ne conçoit pas l'unité chrétienne comme un vague sentiment de fraternité entre croyants de toutes obédiences, mais comme une communion « dans la profession d'une seule foi, la célébration commune du culte et la succession apostolique ». Sur la nécessité du ministère de Pierre pour garder cette unité, voir pourquoi le pape est-il nécessaire ?.

L'unité blessée : hérésie, schisme et frères séparés

Infographie originale Ignispedia créée par IA

L'histoire chrétienne est pourtant marquée par des ruptures. Le Catéchisme ne les masque pas : « Dans cette seule et unique Église de Dieu apparurent dès l'origine certaines scissions », et au cours des siècles « des communautés considérables furent séparées de la pleine communion de l'Église catholique »[16]. La théologie distingue trois manières de blesser l'unité : l'hérésie (rejet obstiné d'une vérité de foi), l'apostasie (rejet de la foi chrétienne elle-même) et le schisme (refus de la soumission au Pape ou de la communion avec les membres de l'Église)[17].

Mais l'Église catholique pose ici une distinction de charité que l'on oublie souvent. Ceux qui naissent aujourd'hui dans des communautés séparées et qui vivent la foi au Christ « ne peuvent être accusés de péché de division » ; baptisés et croyant au Christ, « ils portent à juste titre le nom de chrétiens, et les fils de l'Église catholique les reconnaissent à bon droit comme des frères dans le Seigneur »[18]. Il existe hors des frontières visibles de l'Église « beaucoup d'éléments de sanctification et de vérité »[19] : c'est pourquoi l'Église parle de « frères séparés » et non d'étrangers (voir ce que dit l'Église sur les protestants et sur les orthodoxes).

L'unité reste donc à la fois un don inamissible — « nous croyons qu'elle subsiste de façon inamissible dans l'Église catholique »[20] — et un but vers lequel tout le mouvement œcuménique tend, par la conversion du cœur, la prière commune et la fidélité plus grande à l'Évangile. Cette tension est la forme propre de la première note : l'Église est une, et elle prie pour le redevenir pleinement.

Pourquoi l'Église est-elle SAINTE ?

Sainte par son Auteur, son Époux et son âme

Infographie originale Ignispedia créée par IA

La deuxième note est sans doute la plus exposée aux moqueries : comment une institution traversée de scandales ose-t-elle se dire « sainte » ? La réponse catholique ne consiste pas à nier les péchés, mais à préciser d'où vient la sainteté de l'Église. Elle ne vient pas de la vertu de ses membres ; elle vient de Dieu. « L'Église est aux yeux de la foi indéfectiblement sainte. En effet le Christ, Fils de Dieu, qui, avec le Père et l'Esprit, est proclamé "seul Saint", a aimé l'Église comme son épouse, il s'est livré pour elle afin de la sanctifier. »[21]

La sainteté de l'Église est donc d'abord objective : elle réside dans sa Tête, le Christ ; dans sa doctrine, sans erreur ; dans ses sacrements, qui communiquent réellement la grâce ; dans sa vocation, qui appelle tous ses membres à la perfection. « Sur terre, l'Église est parée d'une sainteté véritable, bien qu'imparfaite »[22]. Elle est sainte parce qu'elle possède « la plénitude des moyens de salut », même quand ses membres en usent mal.

« La sans-péché faite de pécheurs »

Le Catéchisme retient une formule saisissante, qu'il faut bien comprendre pour ne pas trébucher : l'Église est « la sans-péché faite de pécheurs »[23]. Comment tenir les deux ? Parce que la sainteté n'est pas la propriété morale moyenne de ses membres, mais la vie de grâce qui circule en elle :

« L'Église est sainte tout en comprenant en son sein des pécheurs, parce qu'elle n'a elle-même d'autre vie que celle de la grâce : c'est en vivant de sa vie que ses membres se sanctifient ; c'est en se soustrayant à sa vie qu'ils tombent dans les péchés. » — Paul VI, Credo du Peuple de Dieu, 19[24]

Le Christ, « saint, innocent, sans tache », n'a pas connu le péché ; mais l'Église, « qui renferme des pécheurs dans son propre sein, est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement »[25]. Tous ses membres, « ses ministres y compris, doivent se reconnaître pécheurs ». La sainteté de l'Église n'est donc pas démentie par les scandales : elle est le remède par lequel l'Église « a le pouvoir de guérir ses enfants par le sang du Christ et le don de l'Esprit Saint ».

Les saints et Marie : la sainteté qui brille

S'il fallait une preuve visible que la sainteté de l'Église n'est pas qu'un principe abstrait, ce serait la foule des saints. En canonisant certains fidèles, l'Église « reconnaît la puissance de l'Esprit de sainteté qui est en elle » et les donne « comme modèles et intercesseurs »[26]. La sainteté de l'Église se mesure moins à la statistique de ses pécheurs qu'à la fécondité de ses saints — c'est en eux « que brille sa sainteté »[27].

Au cœur de cette sainteté, une figure achève déjà ce que les autres espèrent. « En la personne de la bienheureuse Vierge, l'Église atteint déjà à la perfection qui la fait sans tache ni ride »[28] : en Marie, l'Église est déjà « la toute sainte ». Et l'âme de cette sainteté, ce qui fait agir tous les membres, c'est la charité, comme l'a compris sainte Thérèse de Lisieux :

« Je compris que l'Église avait un Cœur, et que ce Cœur était brûlant d'amour. Je compris que l'Amour seul faisait agir les membres de l'Église, que si l'Amour venait à s'éteindre, les apôtres n'annonceraient plus l'Évangile, les martyrs refuseraient de verser leur sang... Je compris que l'Amour renfermait toutes les vocations. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit B[29]

Pourquoi l'Église est-elle CATHOLIQUE ?

Que veut dire « catholique » ?

C'est la note la plus mal comprise, parce que le mot « catholique » est devenu, dans l'usage courant, le nom d'une confession parmi d'autres. Or son sens premier est tout autre. « Catholique » vient du grec katholikos, qui signifie « universel », au sens de « selon la totalité » ou « selon l'intégralité »[30]. Dire que l'Église est catholique, c'est d'abord dire qu'elle est plénière et universelle, avant de désigner une appartenance confessionnelle.

Le terme est ancien : c'est saint Ignace d'Antioche, vers l'an 110, qui en livre la première attestation chrétienne connue, dans une phrase devenue classique :

« Là où est le Christ Jésus, là est l'Église catholique. » — Saint Ignace d'Antioche, Lettre aux Smyrniotes, 8, 2[31]

Le double sens : plénitude et universalité

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Le Catéchisme distingue précisément deux raisons pour lesquelles l'Église est dite catholique[32].

Premièrement, par plénitude : l'Église est catholique « parce qu'en elle le Christ est présent » et qu'elle reçoit de lui « la plénitude des moyens de salut » — une « confession de foi droite et complète, une vie sacramentelle intégrale et un ministère ordonné dans la succession apostolique »[33]. En ce sens, l'Église était déjà pleinement catholique « au jour de la Pentecôte », alors même qu'elle tenait tout entière dans une seule pièce de Jérusalem : la catholicité, ici, n'est pas une question de nombre mais d'intégralité du don reçu.

Deuxièmement, par universalité : l'Église est catholique « parce qu'elle est envoyée en mission par le Christ à l'universalité du genre humain »[34]. « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19). La catholicité est alors un dynamisme missionnaire : l'Église « est, de par sa nature même, missionnaire »[35], destinée à se dilater « aux dimensions de l'univers entier et à toute la suite des siècles ».

Sens de « catholique »Ce qu'il affirmeConséquence
Plénitude (intensif)L'Église possède la totalité des moyens de salutCatholique dès la Pentecôte, même petite
Universalité (extensif)L'Église est envoyée à tous les peuples, tous les tempsMission, et donc catholicité encore inachevée

Cyrille de Jérusalem : les raisons d'un nom

Le Greco, La Pentecôte, vers 1600, musée du Prado. Wikimedia Commons, domaine public.

Dès le IVe siècle, saint Cyrille de Jérusalem expliquait aux catéchumènes pourquoi l'Église porte ce nom, en déployant toute la richesse du mot :

« On l'appelle catholique parce qu'elle est répandue par toute la terre, d'une extrémité à l'autre ; parce qu'elle enseigne universellement et sans rien omettre toutes les vérités que les hommes doivent connaître ; parce qu'elle soumet à la vraie religion tout le genre humain, gouvernants et gouvernés, savants et ignorants ; et parce qu'elle soigne et guérit universellement toute espèce de péchés et possède en elle toute forme de vertu. » — Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèses, XVIII, 23[36]

La catholicité, chez Cyrille, est donc à la fois géographique (toute la terre), doctrinale (toutes les vérités), sociale (tous les hommes) et morale (tous les péchés guéris, toutes les vertus). Ce n'est pas un drapeau identitaire : c'est une plénitude offerte à tous.

« Chrétien mon nom, catholique mon surnom »

Faut-il alors opposer « chrétien » et « catholique », comme si le second était un sectarisme ajouté au premier ? La tradition répond par la formule lapidaire de saint Pacien de Barcelone, au IVe siècle :

« Chrétien est mon nom, catholique mon surnom. Le premier me donne un nom, le second me distingue. » — Saint Pacien de Barcelone, Lettre I à Sympronien, 4[37]

Le « surnom » catholique n'ajoute rien d'étranger au nom chrétien : il précise de quel christianisme on parle — celui qui garde la foi entière et la communion universelle, par opposition aux christianismes partiels des sectes. Être catholique, ce n'est pas être plus que chrétien ; c'est être pleinement chrétien.

Le canon de saint Vincent de Lérins

Comment reconnaître concrètement ce qui appartient à la foi « catholique », c'est-à-dire crue partout, et ce qui n'est qu'une nouveauté de secte ? Saint Vincent de Lérins, vers 434, a proposé un critère resté célèbre, le « canon de Lérins » :

« Dans l'Église catholique elle-même, nous devons veiller avec le plus grand soin à tenir ce qui a été cru partout, toujours et par tous. » — Saint Vincent de Lérins, Commonitorium, II[38]

Universalité (quod ubique), antiquité (quod semper), consentement général (quod ab omnibus) : ces trois critères ne fabriquent pas la vérité, mais ils aident à discerner la doctrine reçue des apôtres des inventions particulières. La catholicité de la foi est ainsi son étendue dans l'espace et dans le temps : ce que l'Église croit n'est pas l'opinion d'une école, mais la foi de toujours et de partout.

Catholique ne veut pas dire « sans frontières doctrinales »

Une précision s'impose pour éviter un malentendu moderne. « Catholique » signifie « selon la totalité » — pas « selon n'importe quoi ». L'universalité de l'Église n'est pas un relativisme qui accueillerait toutes les croyances : elle est l'ouverture à tous les hommes d'une foi intègre et complète. C'est pourquoi la catholicité va de pair avec la mission : l'Église annonce « la totalité de la foi » et « porte en elle et administre la plénitude des moyens de salut »[39], précisément parce qu'elle a quelque chose de complet à offrir à tous. Sur ce que devient celui qui cherche Dieu sans connaître l'Église, voir peut-on être chrétien sans Église ?.

Pourquoi l'Église est-elle APOSTOLIQUE ?

Bâtie sur le fondement des apôtres

La quatrième note ancre l'Église dans l'histoire. Elle n'est pas une idée intemporelle ni une communauté qui se réinventerait à chaque génération : elle est bâtie sur les apôtres, ces hommes précis que le Christ a choisis et envoyés. Le Catéchisme précise que l'Église est apostolique « en un triple sens »[40] :

Sens de l'apostolicitéContenuVerbe-clé
OrigineElle demeure bâtie sur « le fondement des apôtres » (Ep 2, 20), témoins choisis et envoyés par le ChristFonder
DoctrineElle garde et transmet « le bon dépôt, les saines paroles entendues des apôtres » (cf. 2 Tm 1, 13-14)Transmettre
SuccessionElle continue d'être dirigée par les apôtres à travers leurs successeurs, le collège des évêques uni au successeur de PierreSuccéder

Ces trois sens se tiennent. L'apostolicité d'origine sans la fidélité au dépôt serait une simple revendication généalogique ; le dépôt sans la succession vivante resterait un texte mort. C'est l'ensemble — fondement, doctrine, succession — qui fait l'apostolicité.

Les évêques, successeurs des apôtres

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Le cœur de la note apostolique est la succession apostolique : la transmission ininterrompue de la charge des apôtres à leurs successeurs. « Pour que la mission qui leur avait été confiée pût se continuer après leur mort, les apôtres donnèrent mandat, comme par testament, à leurs coopérateurs immédiats d'achever leur tâche. »[41] L'Église enseigne ainsi que « les évêques, en vertu de l'institution divine, succèdent aux apôtres, comme pasteurs de l'Église »[42].

Cette continuité n'est pas qu'historique ; elle est garante de la vérité. C'est par elle que la foi reçue des apôtres ne se corrompt pas en se transmettant. Le détail de ce mécanisme — imposition des mains, validité, lignées épiscopales — est traité dans l'article dédié : pourquoi l'Église catholique parle-t-elle de succession apostolique ?. Disons seulement ici qu'elle fait de l'Église une réalité « infailliblement tenue dans la vérité », gouvernée par le Christ « par Pierre et les autres apôtres, présents en leurs successeurs, le Pape et le collège des évêques »[43].

Tout baptisé est appelé à l'apostolat

L'apostolicité n'est pourtant pas réservée à la hiérarchie. « Toute l'Église est apostolique en tant qu'elle est "envoyée" dans le monde entier ; tous les membres de l'Église, toutefois de diverses manières, ont part à cet envoi. »[44] La vocation chrétienne est « par nature vocation à l'apostolat » : tout baptisé reçoit, avec la foi des apôtres, la mission de la transmettre.

« Le Christ, envoyé par le Père, étant la source et l'origine de tout l'apostolat de l'Église, il est évident que la fécondité de l'apostolat dépend de l'union vitale avec le Christ. » — Concile Vatican II, Apostolicam actuositatem, 4[45]

C'est « toujours la charité, puisée surtout dans l'Eucharistie, qui est comme l'âme de tout apostolat »[46]. L'apostolicité rejoint ainsi la sainteté : on ne transmet vraiment la foi des apôtres qu'en vivant de la charité du Christ.

Les quatre notes sont-elles séparables ?

Une dernière question, théologiquement décisive : peut-on avoir une note sans les autres ? Le Catéchisme répond clairement que les quatre attributs sont « inséparablement liés entre eux »[47]. On ne peut pas être pleinement une sans être apostolique (l'unité passe par la succession des apôtres), ni pleinement catholique sans être sainte (la plénitude des moyens de salut est ordonnée à la sanctification), et ainsi de suite. Les notes forment un tout organique : elles se tiennent ou tombent ensemble.

NoteDon reçuSource divineTâche correspondante
UneUn seul Corps, une seule foi, un seul BaptêmeL'unité de la TrinitéTravailler à l'unité des chrétiens
SainteLa vie de grâce, les sacrements, les saintsLe Christ Époux, l'Esprit de saintetéSe convertir, faire pénitence
CatholiqueLa plénitude des moyens de salutLe Christ présent en elleÉvangéliser tous les peuples
ApostoliqueLe dépôt et la succession des apôtresLe Christ qui envoie les DouzeGarder fidèlement la foi reçue

C'est cette cohésion qui fait des quatre notes, prises ensemble, un « motif de crédibilité » : une seule note isolée pourrait se contrefaire, mais leur convergence sur vingt siècles est un signe que la raison peut peser. L'Église confesse enfin que cette identité ne sera pleinement manifestée qu'à la fin des temps : elle est « une, sainte, catholique et apostolique dans son identité profonde et ultime » parce qu'en elle se prépare déjà le Royaume des cieux[48].

Objections fréquentes

« L'Église est divisée : où est donc son unité ? »

C'est l'objection la plus immédiate : il y a des catholiques, des orthodoxes, des protestants — où est l'unité ? La réponse catholique distingue deux choses. L'unité donnée par le Christ à son Église subsiste de façon « inamissible » dans l'Église catholique[49] ; ce qui est blessé, ce n'est pas l'unité de l'Église elle-même, mais la pleine communion de tous les chrétiens avec elle. Les divisions sont réelles et douloureuses, mais elles ne prouvent pas que le Christ a échoué : elles manifestent le poids du péché des hommes, contre lequel l'Église prie sans cesse « afin que tous soient un ».

« Avec ses scandales, comment peut-elle être sainte ? »

Cette objection confond la sainteté de l'Église avec la perfection morale de ses membres. Or l'Église ne s'est jamais prétendue composée d'impeccables : elle se sait « faite de pécheurs ». Sa sainteté tient à son Auteur, à sa doctrine, à ses sacrements et à ses saints, non à la vertu moyenne de ses fidèles ou de ses ministres. Les scandales contredisent la sainteté à laquelle l'Église appelle ; ils ne contredisent pas la sainteté qu'elle reçoit du Christ. C'est même parce qu'elle est sainte qu'elle reconnaît le péché comme péché, fait pénitence et offre le pardon.

« "Catholique" ne veut-il pas dire sectaire ? »

L'objection inverse le sens du mot. « Catholique » signifie « universel, selon la totalité » : c'est exactement le contraire d'une secte, qui se définit par ce qu'elle retranche. La secte choisit une partie (hairesis, en grec, signifie « choix ») ; l'Église catholique garde le tout. Loin d'être un repli, la catholicité est l'ouverture la plus large possible : à tous les peuples, tous les temps, toutes les vérités de la foi. « Chrétien mon nom, catholique mon surnom », disait Pacien : le surnom ne rétrécit pas le nom, il en garantit la plénitude.

« Les autres confessions n'ont-elles rien d'apostolique ? »

L'Église catholique ne dit pas cela. Elle reconnaît que « beaucoup d'éléments de sanctification et de vérité » — l'Écriture, le Baptême, la foi, la grâce — existent hors de ses frontières visibles[50], et que les Églises orthodoxes, en particulier, gardent une succession apostolique valide et de vrais sacrements. Ce qu'elle affirme, c'est que la plénitude des moyens de salut et la garantie de l'unité subsistent dans l'Église gouvernée par le successeur de Pierre[51]. Les quatre notes ne nient pas les richesses des autres : elles désignent où se trouve leur source et leur achèvement.

Pour aller plus loin

Les quatre notes de l'Église sont la clé de l'ecclésiologie catholique : elles commandent la manière de comprendre l'unité des chrétiens, la sainteté de l'Institution, sa mission universelle et sa fidélité aux apôtres. Pour en approfondir les prolongements, voir :

Notes et références

  1. Concile Vatican II, constitution Lumen Gentium, 8 (1964), repris au Catéchisme de l'Église catholique § 811 : « C'est là l'unique Église du Christ, dont nous professons dans le symbole qu'elle est une, sainte, catholique et apostolique. » La théologie classique nomme ces quatre attributs les notae Ecclesiae (notes ou marques de l'Église).

    1
  2. Catéchisme de l'Église catholique, § 811 : « L'Église ne les tient pas d'elle-même ; c'est le Christ qui, par l'Esprit Saint, donne à son Église, d'être une, sainte, catholique et apostolique, et c'est Lui encore qui l'appelle à réaliser chacune de ces qualités. »

    2
  3. Catéchisme de l'Église catholique, § 811 : ces quatre attributs sont « inséparablement liés entre eux » (cf. Denzinger-Schönmetzer 2888).

    3 47
  4. Symbole de Nicée-Constantinople (concile de Constantinople I, 381), traduction liturgique : « Je crois en l'Église, une, sainte, catholique et apostolique. » Texte latin : « Et unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam. » Cf. CEC § 750 et le texte intégral du Symbole donné au compendium du Credo.

    4
  5. Catéchisme de l'Église catholique, § 812 : « Seule la foi peut reconnaître que l'Église tient ces propriétés de sa source divine. Mais leurs manifestations historiques sont des signes qui parlent aussi clairement à la raison humaine. »

    5
  6. Le symbole de Nicée (325), dirigé contre l'arianisme, s'achevait sur la foi en l'Esprit Saint sans développer l'article ecclésiologique. C'est le premier concile de Constantinople (381), réuni notamment contre les pneumatomaques (adversaires de la divinité de l'Esprit), qui a complété le Symbole en y confessant l'Église « une, sainte, catholique et apostolique ». Le texte est dès lors appelé Symbole de Nicée-Constantinople.

    6
  7. Concile Vatican I, constitution dogmatique Dei Filius (1870), citée au CEC § 812 (Denzinger-Schönmetzer 3013) : « L'Église, en raison de sa sainteté, de son unité catholique, de sa constance invaincue, est elle-même un grand et perpétuel motif de crédibilité et une preuve irréfragable de sa mission divine. »

    7
  8. Catéchisme de l'Église catholique, § 813 : l'Église est une « de par sa source » (l'unité trinitaire), « de par son Fondateur » (le Fils incarné qui réconcilie tous les hommes par sa Croix) et « de par son âme » (l'Esprit Saint, « principe de l'Unité de l'Église »).

    8
  9. Catéchisme de l'Église catholique, § 867 : « Le Dieu très saint est son auteur ; le Christ, son Époux, s'est livré pour elle pour la sanctifier ; l'Esprit de sainteté la vivifie. »

    9
  10. Évangile selon saint Jean 17, 21 (trad. liturgique AELF), cité au CEC § 820 : « Que tous soient un. Comme Toi, Père, Tu es en Moi et Moi en Toi, qu'eux aussi soient un en Nous, afin que le monde croie que Tu M'as envoyé. »

    10
  11. Concile Vatican II, décret Unitatis redintegratio, 2 (1964), cité au CEC § 813 : « De ce mystère [de l'unité de l'Église], le modèle suprême et le principe est, dans la trinité des personnes, l'unité d'un seul Dieu Père, et Fils, en l'Esprit Saint. »

    11
  12. Saint Clément d'Alexandrie, Le Pédagogue (Pæd.), I, 6, cité au CEC § 813 : « Quel étonnant mystère ! Il y a un seul Père de l'univers, un seul Logos de l'univers et aussi un seul Esprit Saint, partout identique ; il y a aussi une seule vierge devenue mère, et j'aime l'appeler l'Église. »

    12
  13. Concile Vatican II, constitution Gaudium et spes, 78, § 3, cité au CEC § 813 : « Car le Fils incarné en personne a réconcilié tous les hommes avec Dieu par sa Croix, rétablissant l'unité de tous en un seul Peuple et un seul Corps. »

    13
  14. Catéchisme de l'Église catholique, § 815, citant Col 3, 14 : « Par-dessus tout [c'est] la charité, qui est le lien de la perfection. »

    14
  15. Catéchisme de l'Église catholique, § 815 : l'unité de l'Église pérégrinante est assurée par des liens visibles de communion : « la profession d'une seule foi reçue des apôtres ; la célébration commune du culte divin, surtout des sacrements ; la succession apostolique par le sacrement de l'ordre, maintenant la concorde fraternelle de la famille de Dieu » (cf. UR 2 ; LG 14 ; CIC, can. 205).

    15
  16. Catéchisme de l'Église catholique, § 817, citant Unitatis redintegratio 3 : « Dans cette seule et unique Église de Dieu apparurent dès l'origine certaines scissions... au cours des siècles suivants naquirent des dissensions plus amples, et des communautés considérables furent séparées de la pleine communion de l'Église catholique. »

    16
  17. Catéchisme de l'Église catholique, § 817, citant le Code de droit canonique (can. 751) : on distingue, parmi les ruptures qui blessent l'unité du Corps du Christ, « l'hérésie, l'apostasie et le schisme ».

    17
  18. Catéchisme de l'Église catholique, § 818, citant Unitatis redintegratio 3 : ceux qui naissent dans des communautés séparées et vivent la foi au Christ « ne peuvent être accusés de péché de division, et l'Église catholique les entoure de respect fraternel et de charité... ils portent à juste titre le nom de chrétiens, et les fils de l'Église catholique les reconnaissent à bon droit comme des frères dans le Seigneur. »

    18
  19. Catéchisme de l'Église catholique, § 819, citant LG 8 et UR 3 : « beaucoup d'éléments de sanctification et de vérité » existent en dehors des limites visibles de l'Église catholique — « la parole de Dieu écrite, la vie de la grâce, la foi, l'espérance et la charité, d'autres dons intérieurs du Saint-Esprit et d'autres éléments visibles ».

    19 50
  20. Catéchisme de l'Église catholique, § 820, citant Unitatis redintegratio 4 : l'unité « subsiste de façon inamissible dans l'Église catholique » et l'on espère « qu'elle s'accroîtra de jour en jour jusqu'à la consommation des siècles ».

    20 49
  21. Catéchisme de l'Église catholique, § 823, citant Lumen Gentium 39 : « L'Église est aux yeux de la foi indéfectiblement sainte. En effet le Christ, Fils de Dieu, qui, avec le Père et l'Esprit, est proclamé "seul Saint", a aimé l'Église comme son épouse, il s'est livré pour elle afin de la sanctifier. »

    21
  22. Catéchisme de l'Église catholique, § 825, citant Lumen Gentium 48 : « Sur terre, l'Église est parée d'une sainteté véritable, bien qu'imparfaite. »

    22
  23. Catéchisme de l'Église catholique, § 867 : encore qu'elle comprenne des pécheurs, l'Église « est "la sans-péché faite de pécheurs" ».

    23
  24. Paul VI, Solemni hac liturgia (Credo du Peuple de Dieu), 30 juin 1968, n° 19, cité au CEC § 827 : « L'Église est sainte tout en comprenant en son sein des pécheurs, parce qu'elle n'a elle-même d'autre vie que celle de la grâce : c'est en vivant de sa vie que ses membres se sanctifient ; c'est en se soustrayant à sa vie qu'ils tombent dans les péchés et les désordres qui empêchent le rayonnement de sa sainteté. »

    24
  25. Catéchisme de l'Église catholique, § 827, citant Lumen Gentium 8 : « Le Christ saint, innocent, sans tache... n'a pas connu le péché ; l'Église, elle, qui renferme des pécheurs dans son propre sein, est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement. » Tous ses membres, « ses ministres y compris, doivent se reconnaître pécheurs ».

    25
  26. Catéchisme de l'Église catholique, § 828, citant Lumen Gentium 40 et 48-51 : en canonisant certains fidèles, l'Église « reconnaît la puissance de l'Esprit de sainteté qui est en elle et elle soutient l'espérance des fidèles en les leur donnant comme modèles et intercesseurs ».

    26
  27. Catéchisme de l'Église catholique, § 867 : « Dans les saints brille sa sainteté ; en Marie elle est déjà la toute sainte. »

    27
  28. Catéchisme de l'Église catholique, § 829, citant Lumen Gentium 65 : « En la personne de la bienheureuse Vierge l'Église atteint déjà à la perfection qui la fait sans tache ni ride... en elle, l'Église est déjà la toute sainte. »

    28
  29. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit autobiographique B, 3v° (1896), cité au CEC § 826 : « Je compris que l'Église avait un Cœur, et que ce Cœur était brûlant d'amour. Je compris que l'Amour seul faisait agir les membres de l'Église... Je compris que l'Amour renfermait toutes les vocations. »

    29
  30. Catéchisme de l'Église catholique, § 830 : « Le mot "catholique" signifie "universel" dans le sens de "selon la totalité" ou "selon l'intégralité". » Du grec katholikos (kath' holou, « selon le tout »).

    30
  31. Saint Ignace d'Antioche, Lettre aux Smyrniotes (Smyrn.), 8, 2 (vers 110), cité au CEC § 830 : « Là où est le Christ Jésus, là est l'Église catholique. » C'est la première attestation chrétienne connue de l'expression « Église catholique ».

    31
  32. Catéchisme de l'Église catholique, § 830-831 : « L'Église est catholique dans un double sens » — par la présence en elle du Christ et de la plénitude des moyens de salut (§ 830), et par son envoi en mission à l'universalité du genre humain (§ 831).

    32
  33. Catéchisme de l'Église catholique, § 830, citant Ad gentes 6 et 4 : en l'Église subsiste « la plénitude du Corps du Christ uni à sa Tête », ce qui implique qu'elle reçoive « la plénitude des moyens de salut » — « confession de foi droite et complète, vie sacramentelle intégrale et ministère ordonné dans la succession apostolique ». L'Église était catholique en ce sens « au jour de la Pentecôte ».

    33
  34. Catéchisme de l'Église catholique, § 831, citant Mt 28, 19 et Lumen Gentium 13 : l'Église est catholique « parce qu'elle est envoyée en mission par le Christ à l'universalité du genre humain » ; ce Peuple « est destiné à se dilater aux dimensions de l'univers entier et à toute la suite des siècles ».

    34
  35. Catéchisme de l'Église catholique, § 868, citant Ad gentes 2 : l'Église « annonce la totalité de la foi ; elle porte en elle et administre la plénitude des moyens de salut ; elle est envoyée à tous les peuples ; elle s'adresse à tous les hommes ; elle embrasse tous les temps ; "elle est, de par sa nature même, missionnaire" ».

    35
  36. Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèses (Cat.), XVIII, 23 (IVe siècle). Texte (trad. de la version grecque) : « It is called Catholic then because it extends over all the world, from one end of the earth to the other ; and because it teaches universally and completely one and all the doctrines which ought to come to men's knowledge... and because it brings into subjection to godliness the whole race of mankind, governors and governed, learned and unlearned ; and because it universally treats and heals the whole class of sins... and possesses in itself every form of virtue. » (NPNF, 2e série, vol. 7).

    36
  37. Saint Pacien de Barcelone, Lettre I à Sympronien (Epistola I ad Sympronianum), 4 (« Sur le nom catholique », IVe siècle) : « Christianus mihi nomen est, catholicus vero cognomen. Illud me nuncupat, istud ostendit » — « Chrétien est mon nom, catholique mon surnom : le premier me donne un nom, le second me distingue. »

    37
  38. Saint Vincent de Lérins, Commonitorium (vers 434), II : « In ipsa item catholica ecclesia magnopere curandum est ut id teneamus quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est » — « Dans l'Église catholique elle-même, il faut veiller avec le plus grand soin à tenir ce qui a été cru partout, toujours et par tous. » C'est le célèbre « canon de Lérins » (universalité, antiquité, consentement).

    38
  39. Catéchisme de l'Église catholique, § 868 : l'Église catholique « annonce la totalité de la foi » et « porte en elle et administre la plénitude des moyens de salut ».

    39
  40. Catéchisme de l'Église catholique, § 857 : l'Église est apostolique « en un triple sens » — elle est bâtie sur « le fondement des apôtres » (Ep 2, 20 ; Ap 21, 14) ; elle garde et transmet « le bon dépôt, les saines paroles entendues des apôtres » (cf. 2 Tm 1, 13-14) ; elle continue d'être dirigée par les apôtres à travers leurs successeurs, « le collège des évêques » uni au successeur de Pierre.

    40
  41. Catéchisme de l'Église catholique, § 861, citant Lumen Gentium 20 et saint Clément de Rome : « Pour que la mission qui leur avait été confiée pût se continuer après leur mort, les apôtres donnèrent mandat, comme par testament, à leurs coopérateurs immédiats d'achever leur tâche et d'affermir l'œuvre commencée par eux. »

    41
  42. Catéchisme de l'Église catholique, § 862, citant Lumen Gentium 20 : « Les évêques, en vertu de l'institution divine, succèdent aux apôtres, comme pasteurs de l'Église, en sorte que, qui les écoute, écoute le Christ, qui les rejette, rejette le Christ et celui qui a envoyé le Christ. »

    42
  43. Catéchisme de l'Église catholique, § 869 : « Elle est infailliblement tenue dans la vérité : le Christ la gouverne par Pierre et les autres apôtres, présents en leurs successeurs, le Pape et le collège des évêques. »

    43
  44. Catéchisme de l'Église catholique, § 863, citant Apostolicam actuositatem 2 : « Toute l'Église est apostolique en tant qu'elle est "envoyée" dans le monde entier ; tous les membres de l'Église, toutefois de diverses manières, ont part à cet envoi. La vocation chrétienne est aussi par nature vocation à l'apostolat. »

    44
  45. Concile Vatican II, décret Apostolicam actuositatem, 4, cité au CEC § 864 : « Le Christ envoyé par le Père étant la source et l'origine de tout l'apostolat de l'Église, il est évident que la fécondité de l'apostolat, celui des ministres ordonnés comme celui des laïcs, dépend de leur union vitale avec le Christ. »

    45
  46. Catéchisme de l'Église catholique, § 864, citant Apostolicam actuositatem 3 : c'est « toujours la charité, puisée surtout dans l'Eucharistie, qui est comme l'âme de tout apostolat ».

    46
  47. Catéchisme de l'Église catholique, § 865 : « L'Église est une, sainte, catholique et apostolique dans son identité profonde et ultime, parce que c'est en elle qu'existe déjà et sera accompli à la fin des temps "le Royaume des cieux", "le Règne de Dieu". »

    48
  48. Catéchisme de l'Église catholique, § 870, citant Lumen Gentium 8 : « L'unique Église du Christ, dont nous professons dans le Symbole qu'elle est une, sainte, catholique et apostolique... c'est dans l'Église catholique qu'elle existe, gouvernée par le successeur de Pierre et par les évêques qui sont en communion avec lui, encore que des éléments nombreux de sanctification et de vérité subsistent hors de ses structures. »

    51