Quelle est l'origine de l'Église catholique ?

L'Église catholique n'a pas été inventée par les hommes ni fondée par l'empereur Constantin : née du dessein du Père, elle a été instituée par Jésus-Christ, manifestée à la Pentecôte et appelée « catholique » vers 107-110. D'où vient-elle vraiment ?

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Demander quelle est l'origine de l'Église catholique, c'est poser l'une des questions les plus décisives de la foi chrétienne. Derrière elle se cache souvent un soupçon : et si l'Église catholique n'était qu'une institution humaine parmi d'autres, née d'un concile, d'un empereur ou d'un rapport de forces politiques ? La réponse catholique est claire et vérifiable : l'Église n'a pas été inventée par les hommes. Elle a été instituée par Jésus-Christ, elle plonge ses racines dans le dessein éternel de Dieu, et elle a fait son entrée publique dans l'histoire le jour de la Pentecôte[1].

Le Catéchisme résume cette origine en cinq étapes : l'Église est « préfigurée dès l'origine du monde, merveilleusement préparée dans l'histoire du peuple d'Israël, instituée en ces temps qui sont les derniers, manifestée grâce à l'effusion de l'Esprit Saint et, au terme des siècles, consommée dans la gloire »[2]. Autrement dit, l'origine de l'Église n'est pas seulement une date : c'est une histoire qui commence dans le cœur du Père, se déploie à travers Israël, et culmine dans la vie, la mort et la résurrection du Christ.

Cet article répond à la question telle qu'elle se pose concrètement : qui a fondé l'Église, quand, et pourquoi porte-t-elle le nom de « catholique » ? Il examine aussi les deux objections les plus fréquentes — « l'Église catholique a été inventée par l'empereur Constantin » et « la véritable Église a disparu, puis a été restaurée à la Réforme » — pour montrer, sources anciennes à l'appui, que la communauté fondée par le Christ n'a jamais cessé d'exister. Pour les questions voisines — les quatre notes de l'Église, la succession apostolique, la nécessité du pape — on renvoie aux articles dédiés.

La question de l'origine : fondation divine ou institution humaine ?

Une origine qui n'est pas d'abord une date

Quand on demande l'origine d'un club, d'un parti ou d'une entreprise, on attend une date de fondation et le nom d'un fondateur. L'Église déborde ce cadre. Elle a bien un fondateur — le Christ — et un moment de manifestation publique — la Pentecôte —, mais son origine véritable remonte plus haut que tout événement daté : elle est enracinée dans le dessein de salut que Dieu porte de toute éternité[3]. C'est pourquoi le Catéchisme parle d'une « réalisation progressive dans l'histoire » plutôt que d'un acte de fondation isolé.

Il faut donc distinguer trois plans que l'on confond souvent. Il y a l'origine profonde de l'Église, dans la volonté du Père ; il y a l'institution de l'Église par le Christ, à travers sa prédication, l'appel des Douze et le don de sa vie sur la Croix ; il y a enfin la manifestation historique de l'Église, le jour de la Pentecôte, où elle apparaît publiquement et commence sa mission[4]. Répondre à la question de l'origine, c'est tenir ensemble ces trois plans, sans réduire l'Église à une simple organisation surgie un beau jour de l'histoire.

Ce que la foi affirme : le Christ fondateur

Le point central est simple : le fondateur de l'Église est Jésus-Christ lui-même, non un apôtre, un concile ou un pape postérieur. « Le Seigneur Jésus posa le commencement de son Église en prêchant l'heureuse nouvelle, l'avènement du Règne de Dieu promis dans les Écritures depuis des siècles »[5]. L'Église n'est donc pas une invention d'hommes pieux cherchant à prolonger le souvenir d'un maître disparu : elle est « le Règne du Christ déjà mystérieusement présent », voulu et bâti par lui[6].

Infographie Ignispedia — Les étapes de l'origine de l'Église selon Lumen Gentium 2 et le Catéchisme § 759. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Cette affirmation a une conséquence majeure. Si le Christ est vraiment le fondateur, alors l'Église n'est pas un simple moyen que les croyants pourraient réformer, remplacer ou abandonner à leur guise : elle appartient à la structure même du salut voulu par Dieu. C'est ce que la tradition exprime en disant que l'Église est « née du côté du Christ endormi sur la Croix »[7] : elle jaillit du sacrifice du Sauveur, comme Ève fut tirée du côté d'Adam. Nous y reviendrons ; retenons pour l'instant que la question de l'origine n'est pas d'abord historique, mais christologique : tout dépend de ce lien natif entre l'Église et le Christ.

L'Église dans le dessein éternel du Père

« Un dessein né dans le cœur du Père »

Avant d'être une réalité visible, l'Église est un projet d'amour. Le Catéchisme, citant le concile Vatican II, enseigne que « le Père éternel, par la disposition absolument libre et mystérieuse de sa sagesse et de sa bonté, a créé l'univers ; il a décidé d'élever les hommes à la communion de sa vie divine », et que « tous ceux qui croient au Christ, le Père a voulu les appeler à former la sainte Église »[8]. L'Église est donc, à sa racine, la « famille de Dieu » que le Père rassemble à travers les âges.

« De même que la volonté de Dieu est un acte et qu'elle s'appelle le monde, ainsi son intention est le salut des hommes, et elle s'appelle l'Église. » — Saint Clément d'Alexandrie, Le Pédagogue, I, 6[9]

Cette phrase, vieille de dix-huit siècles, dit tout : l'Église n'est pas un accident de l'histoire, mais l'intention même de Dieu sur l'humanité. Les premiers chrétiens allaient jusqu'à dire, avec Hermas, que « le monde fut créé en vue de l'Église »[10] — non par orgueil, mais parce que Dieu a créé le monde pour y rassembler une multitude d'hommes appelés à partager sa vie.

Préfigurée dès l'origine du monde

L'Église est « préfigurée dès l'origine du monde »[11]. Le rassemblement du peuple de Dieu, expliquent les Pères, commence dès l'instant où le péché brise la communion des hommes avec Dieu : l'histoire du salut est comme la réaction de Dieu au chaos provoqué par la faute[12]. De la promesse faite à Adam et Ève après la chute jusqu'à l'appel d'Abraham, Dieu ne cesse de vouloir réunir ce que le péché disperse.

Ce thème donne à l'origine de l'Église une profondeur que n'ont pas les institutions humaines : elle n'est pas née pour combler un besoin d'organisation, mais pour réparer la rupture originelle entre Dieu et les hommes. Toute l'histoire biblique est déjà, secrètement, une histoire d'Église.

Préparée dans l'Ancienne Alliance : Israël, ébauche du peuple de Dieu

La préparation lointaine de l'Église commence avec la vocation d'Abraham, à qui Dieu promet de devenir « le père d'un grand peuple »[13]. La préparation immédiate commence avec l'élection d'Israël comme peuple de Dieu au Sinaï. Par cette élection, Israël devait être « le signe du rassemblement futur de toutes les nations »[14]. L'Église ne surgit donc pas de rien : elle est le prolongement et l'accomplissement de la vocation d'Israël.

Les prophètes eux-mêmes annonçaient une « alliance nouvelle et éternelle », au-delà des infidélités du peuple[15]. « Cette Alliance Nouvelle, le Christ l'a instituée », conclut le concile[16]. C'est pourquoi l'Église se comprend comme le nouvel Israël, non par rejet du peuple juif, mais comme la floraison de la promesse faite aux patriarches. Le choix par Jésus de Douze apôtres — exactement le nombre des douze tribus — scelle visiblement cette continuité[17].

L'Église instituée par le Christ

La prédication du Royaume : le commencement

L'institution de l'Église ne se fait pas en un seul geste, mais tout au long du ministère de Jésus. « Pour accomplir la volonté du Père, le Christ inaugura le Royaume des cieux sur la terre »[18]. Ce Royaume « brille aux yeux des hommes dans la parole, les œuvres et la présence du Christ », et « accueillir la parole de Jésus, c'est accueillir le Royaume lui-même »[19]. Autour de Jésus se forme un « petit troupeau » qui constitue le germe et le commencement de l'Église[20].

À ce petit troupeau, Jésus enseigne une manière d'agir nouvelle et une prière propre — le Notre Père — : dès l'origine, l'Église n'est pas d'abord une administration, mais une communauté de disciples qui apprennent du Christ à vivre et à prier[21].

Le choix des Douze et de Pierre

Le geste fondateur le plus visible est le choix des Douze. « Le Seigneur Jésus a doté sa communauté d'une structure qui demeurera jusqu'au plein achèvement du Royaume. Il y a avant tout le choix des Douze avec Pierre comme leur chef »[22]. Les Douze représentent les douze tribus d'Israël et sont appelés les « pierres d'assise de la nouvelle Jérusalem »[23]. Loin d'improviser, le Christ bâtit délibérément son Église en lui donnant une ossature destinée à durer.

Parmi les Douze, un seul reçoit un nom nouveau et une charge unique : Simon devient Pierre, le « roc ».

« Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. » — Évangile selon saint Matthieu 16, 18[24]

Ce verbe au futur — « je bâtirai » — dit clairement que Jésus a l'intention de fonder une communauté durable, et qu'il en confie le fondement visible à un homme précis. On ne fait pas d'un pêcheur « le roc » d'un édifice que l'on n'a pas l'intention de construire. Sur la charge propre de Pierre et de ses successeurs, on renvoie à l'article dédié ; ici, il suffit de noter que la structure de l'Église remonte au Christ lui-même, non à une évolution tardive.

Née du côté ouvert du Christ en croix

Si la prédication et l'appel des Douze préparent l'Église, sa naissance profonde a lieu sur la Croix. « L'Église est née principalement du don total du Christ pour notre salut, anticipé dans l'institution de l'Eucharistie et réalisé sur la Croix »[25]. Les Pères ont lu un sens mystérieux dans le sang et l'eau jaillissant du côté transpercé de Jésus (Jn 19, 34) : « C'est du côté du Christ endormi sur la Croix qu'est né l'admirable sacrement de l'Église tout entière »[26].

Infographie Ignispedia — La typologie ex latere Christi : l'Église naît du côté ouvert du Christ comme Ève du côté d'Adam. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Saint Ambroise y voit la figure de l'Église : du côté du Christ endormi dans la mort, Dieu tire comme une côte nouvelle ; le sang et l'eau qui en jaillissent donnent la vie au monde, et cette côte du Christ est la vie de l'Église, dont Ève, mère de tous les vivants, est la figure. — Résumé d'après saint Ambroise de Milan, Traité sur l'Évangile de saint Luc, II, 85-89[27]

Cette typologie éclaire toute la question de l'origine. L'Église n'est pas une association d'admirateurs de Jésus : elle jaillit de son côté ouvert, comme l'épouse tirée de l'époux. Voilà pourquoi saint Paul peut écrire que « le Christ a aimé l'Église et s'est livré pour elle, afin de la sanctifier »[28]. L'origine de l'Église est un acte d'amour rédempteur, non un projet institutionnel.

Manifestée à la Pentecôte : la naissance publique

L'Église, préparée et instituée, fait son entrée publique dans l'histoire le jour de la Pentecôte. « Une fois achevée l'œuvre que le Père avait chargé son Fils d'accomplir sur la terre, le jour de Pentecôte, l'Esprit Saint fut envoyé pour sanctifier l'Église en permanence. C'est alors que l'Église se manifesta publiquement devant la multitude et que commença la diffusion de l'Évangile avec la prédication »[29].

El Greco, La Pentecôte, vers 1600, Museo del Prado — reproduction domaine public, Wikimedia Commons.

C'est là que l'on peut, si l'on veut une « date de naissance », la situer : à Jérusalem, autour de l'an 30-33, lorsque les Apôtres, remplis de l'Esprit, se mettent à annoncer le Christ ressuscité et que trois mille personnes reçoivent le baptême le même jour (Ac 2, 41)[30]. Dès cet instant, l'Église est missionnaire par nature, « envoyée par le Christ à toutes les nations pour en faire des disciples »[31]. L'ordre du Ressuscité est explicite :

« Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » — Évangile selon saint Matthieu 28, 19[32]

Ainsi, dès son premier jour visible, l'Église possède déjà tout ce qui la constitue : la foi au Christ ressuscité, le baptême, l'Eucharistie, les Apôtres avec Pierre, et l'élan missionnaire vers toutes les nations. Rien d'essentiel n'y sera ajouté par la suite : les siècles ne feront que déployer et préciser ce qui est donné dès l'origine.

D'où vient le nom « catholique » ?

Le nom « chrétien » à Antioche

Avant même de s'appeler « catholique », la communauté fondée par le Christ a reçu le nom de « chrétienne ». Le livre des Actes précise le lieu et le moment : « C'est à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de chrétiens »[33]. Ce détail est précieux : il montre que, dès les années 40, la communauté née à la Pentecôte formait un groupe assez distinct et identifiable pour recevoir un nom propre, différent du judaïsme d'où elle était issue.

Ignace d'Antioche et la première « Église catholique »

Le mot « catholique » apparaît, lui, au tout début du IIᵉ siècle, sous la plume de saint Ignace d'Antioche, évêque martyr conduit à Rome pour y être livré aux bêtes vers 107-110. Écrivant aux chrétiens de Smyrne, il emploie pour la première fois dans la littérature chrétienne l'expression « l'Église catholique » :

« Là où paraît l'évêque, là soit la communauté, de même que là où est le Christ Jésus, là est l'Église catholique. » — Saint Ignace d'Antioche, Lettre aux Smyrniotes, VIII, 2[34]

Saint Ignace d'Antioche, tuile byzantine du Xe siècle, Walters Art Museum — domaine public, Wikimedia Commons.

Ce témoignage est capital pour la question de l'origine. Il prouve que, dès le début du IIᵉ siècle, à peine une génération après les apôtres, l'Église se désignait déjà comme « catholique », avec des évêques, une communauté eucharistique unie et une conscience d'universalité. Le Catéchisme le note : « L'Église était, en ce sens fondamental, catholique au jour de la Pentecôte »[35] — le mot ne fait que nommer une réalité présente dès le commencement.

« Chrétien est mon nom, catholique mon surnom »

Au IVᵉ siècle, quand des dissidences et des sectes prétendent chacune représenter le vrai christianisme, le mot « catholique » devient le critère qui distingue l'Église fondée par le Christ des communautés séparées. Saint Pacien, évêque de Barcelone, résume cette conscience dans une formule restée célèbre :

« Chrétien est mon nom, catholique mon surnom. » — Saint Pacien de Barcelone, Lettre I à Sympronien[36]

Être chrétien et être catholique ne sont pas deux appartenances concurrentes : le second mot précise le premier. « Catholique » désigne l'Église une et universelle issue des Apôtres, par opposition aux groupes locaux qui, en se séparant, avaient perdu cette universalité.

Que veut dire « catholique » : universel selon la totalité

Le mot vient du grec katholikê, qui signifie « universel », au sens de « selon la totalité » ou « selon l'intégralité »[37]. Le Catéchisme distingue deux sens complémentaires. L'Église est catholique d'abord parce qu'« en elle le Christ est présent » avec « la plénitude des moyens de salut » — foi complète, sacrements, ministère ordonné dans la succession apostolique[38]. Elle est catholique ensuite parce qu'elle est « envoyée en mission par le Christ à l'universalité du genre humain », destinée à rassembler toutes les nations[39].

Sens du mot « catholique »Ce qu'il affirmeSource
Selon la totalité (qualitatif)L'Église possède la plénitude de la foi et des moyens de salut donnés par le ChristCatéchisme § 830 ; Ad Gentes 6
Universel (géographique et missionnaire)L'Église est envoyée à tous les peuples, de tous les tempsCatéchisme § 831 ; Lumen Gentium 13
Historique (première attestation)Le nom est employé vers 107-110 par Ignace d'AntiocheLettre aux Smyrniotes VIII, 2

Le nom « catholique » n'est donc ni une marque déposée tardive, ni un titre polémique : il exprime, dès l'Antiquité chrétienne, l'identité de l'Église fondée par le Christ — plénière et universelle.

Une continuité ininterrompue depuis les apôtres

L'apostolicité : bâtie sur le fondement des apôtres

L'un des traits qui rattachent l'Église d'aujourd'hui à son origine est l'apostolicité. L'Église est apostolique en un triple sens : elle a été et demeure « bâtie sur le fondement des apôtres » ; elle garde et transmet l'enseignement reçu d'eux ; elle continue d'être « enseignée, sanctifiée et dirigée par les apôtres jusqu'au retour du Christ » grâce à leurs successeurs, les évêques[40]. Cette continuité n'est pas une simple filiation d'idées : c'est une transmission vivante de personne à personne.

Le Nouveau Testament montre déjà les Apôtres organisant leur succession. Saint Clément de Rome, écrivant vers l'an 96, rappelle que les Apôtres « instituèrent des successeurs et disposèrent que, après leur mort, d'autres hommes éprouvés recueilleraient leur ministère »[41]. La chaîne des évêques n'est donc pas un ajout médiéval : elle est voulue par les Apôtres eux-mêmes, dès la première génération chrétienne. Sur ce point précis, on renvoie à l'article consacré à la succession apostolique.

« Subsiste dans l'Église catholique » : l'identité de l'Église du Christ

Comment savoir que l'Église fondée par le Christ est bien l'Église catholique d'aujourd'hui, et non une autre ? Le concile Vatican II répond par une formule précise : l'unique Église du Christ, « comme société constituée et organisée dans le monde, est réalisée dans (subsistit in) l'Église catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques qui sont en communion avec lui »[42]. L'Église que le Christ a remise à Pierre après sa Résurrection subsiste — c'est-à-dire continue d'exister concrètement et pleinement — dans la communion catholique.

Cette continuité était déjà, pour les anciens, le critère de la vraie foi. Saint Augustin en tirait cette conséquence forte :

« Pour moi, je ne croirais pas à l'Évangile si l'autorité de l'Église catholique ne m'y poussait. » — Saint Augustin, Contre la lettre de Mani dite « du Fondement », V, 6[43]

Augustin ne dit pas que l'Église est au-dessus de l'Évangile, mais que c'est par l'Église, gardienne apostolique, que nous parvient et que s'authentifie l'Évangile lui-même. L'origine apostolique de l'Église n'est donc pas un détail historique : elle est ce qui garantit la foi de tout chrétien.

Les premiers témoins : une Église déjà structurée

Loin d'être une reconstruction tardive, l'Église des premières générations apparaît déjà, dans les sources, avec ses évêques, ses sacrements et sa conscience d'unité. Une brève chronologie suffit à le montrer.

  1. vers l'an 30-33
    La Pentecôte à Jérusalem

    Effusion de l'Esprit Saint sur les Apôtres ; premier discours de Pierre ; environ trois mille baptêmes le même jour (Ac 2).

  2. vers l'an 40
    Le nom de « chrétiens » à Antioche

    La communauté est assez distincte pour recevoir un nom propre (Ac 11, 26).

  3. vers l'an 96
    Clément de Rome écrit à Corinthe

    Celui que la liste traditionnelle compte comme le troisième successeur de Pierre intervient avec autorité dans une autre Église et atteste la succession apostolique voulue par les Apôtres.

  4. vers l'an 107-110
    Ignace d'Antioche parle de « l'Église catholique »

    Première attestation écrite du nom, avec évêques, Eucharistie et unité (Lettre aux Smyrniotes VIII, 2).

  5. vers l'an 112
    Pline le Jeune décrit les chrétiens à Trajan

    Un gouverneur romain païen atteste des communautés chrétiennes organisées, se réunissant « un jour fixé » pour chanter le Christ « comme un dieu ».

  6. vers l'an 155
    Justin décrit la messe dominicale

    La Première Apologie décrit l'assemblée du dimanche, la liturgie de la Parole et l'Eucharistie, déjà fixées.

Cette continuité documentée est le socle des réponses aux deux grandes objections sur l'origine de l'Église.

L'Église catholique a-t-elle été inventée par Constantin ?

L'objection

C'est l'objection la plus répandue, popularisée par certains courants sceptiques et par une partie de la littérature anti-catholique : l'Église catholique n'aurait pas été fondée par le Christ, mais par l'empereur Constantin, soit par l'édit de Milan en 313 (qui met fin aux persécutions), soit par le concile de Nicée en 325 (première grande assemblée impériale de l'Église). Avant Constantin, il n'y aurait eu qu'un christianisme diffus, pluriel et non « catholique » ; l'Église romaine serait une construction politique du IVᵉ siècle.

Réponse : une Église déjà là bien avant 313

L'objection se heurte à un fait massif : toutes les pièces de l'Église catholique sont documentées bien avant Constantin. Le nom « catholique » est attesté vers 110 (Ignace), soit deux siècles avant l'édit de Milan[44]. Les évêques, l'Eucharistie, le baptême, la succession apostolique et l'autorité du siège de Rome sont décrits dès le Iᵉʳ siècle chez Clément de Rome[45]. Vers 155, Justin décrit une liturgie eucharistique dominicale déjà fixée[46]. Surtout, l'existence de communautés chrétiennes organisées est attestée par un témoin extérieur et païen : le gouverneur romain Pline le Jeune, vers 112, décrit à l'empereur Trajan des chrétiens se réunissant régulièrement pour chanter le Christ « comme un dieu », plus de deux siècles avant Constantin[47].

Le tableau suivant met en regard ces témoignages antérieurs à Constantin.

DateTémoinCe qu'il attesteSource
vers 96Clément de RomeSuccession apostolique, autorité de RomeÉpître aux Corinthiens
vers 110Ignace d'AntiocheLe nom « Église catholique », l'épiscopat, l'EucharistieLettre aux Smyrniotes VIII, 2
vers 112Pline le Jeune (païen)Communautés chrétiennes organisées, culte du ChristLettres X, 96
vers 155Justin martyrMesse dominicale déjà structuréePremière Apologie 65-67
313Constantin (édit de Milan)Fin des persécutions — pas fondation—
325Concile de NicéeFormulation d'une foi déjà reçueSymbole de Nicée
Infographie Ignispedia — Les témoins antérieurs à Constantin : succession apostolique, nom catholique, culte du Christ et messe dominicale. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Que fait alors Constantin ? Il arrête les persécutions (313) et convoque le concile de Nicée (325) — mais il ne fonde rien. Nicée ne crée pas une nouvelle religion : il définit, contre l'hérésie d'Arius, la foi déjà professée en la divinité du Christ, celle-là même que Pline notait chez les chrétiens deux siècles plus tôt. L'empereur trouve une Église déjà constituée, avec ses évêques, ses martyrs et son Credo ; il ne l'invente pas. Dire que Constantin a fondé l'Église catholique revient à confondre la sortie de la clandestinité avec la naissance — comme si l'on datait la naissance d'un homme du jour où il sort de prison.

La véritable Église a-t-elle disparu, puis été restaurée ?

L'objection de la « grande apostasie »

Une seconde objection, d'origine plus récente, vient de certains courants protestants et surtout des mouvements restaurationnistes : l'Église fondée par le Christ aurait rapidement dégénéré — corrompue par les pouvoirs, les philosophies païennes ou la hiérarchie —, au point de disparaître comme véritable Église. Il aurait fallu attendre la Réforme du XVIᵉ siècle, voire le XIXᵉ siècle, pour qu'elle soit restaurée dans sa pureté primitive. C'est la thèse de la « grande apostasie ».

Réponse : l'indéfectibilité promise par le Christ

Infographie Ignispedia — Grande apostasie ou indéfectibilité : la continuité visible promise par le Christ en Mt 16, 18 et Mt 28, 20. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Cette thèse se heurte d'abord à une promesse formelle du Christ. En fondant son Église sur Pierre, Jésus a déclaré que « les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle »[48], et il a promis d'être avec les siens « tous les jours, jusqu'à la fin du monde »[49]. Si l'Église avait totalement disparu ou sombré dans l'erreur pendant quinze siècles, cette promesse aurait été démentie — ce qui est théologiquement impossible. L'Église est donc indéfectible : elle peut connaître des membres pécheurs, des crises et des scandales, mais elle ne peut pas cesser d'exister ni perdre la foi qui la constitue.

Le critère : une continuité visible, pas une reconstruction

La thèse de la grande apostasie bute ensuite sur un problème historique. Pour affirmer que l'Église a disparu puis été restaurée, il faudrait pouvoir montrer le moment et le lieu de cette disparition — or l'histoire montre exactement l'inverse : une chaîne ininterrompue d'évêques, de conciles, de saints et de martyrs reliant sans rupture les Apôtres au IVᵉ siècle, puis au Moyen Âge, puis à aujourd'hui. On ne trouve nulle part le « trou » que suppose la théorie.

Le critère décisif est donc celui de la continuité visible. Le Christ n'a pas promis une Église idée, invisible, qui ressurgirait de loin en loin : il a fondé une communauté concrète, avec Pierre, les Apôtres et leurs successeurs, destinée à « durer jusqu'à la fin des siècles »[50]. Chercher la véritable Église, c'est donc chercher celle qui peut faire remonter sa foi et ses ministres, sans interruption, jusqu'aux Apôtres — ce que l'Église catholique, avec les Églises orthodoxes qui ont gardé la succession, peut faire, et ce qu'aucune communauté fondée au XVIᵉ ou au XIXᵉ siècle ne peut prétendre.

Une origine qui engage le présent

Au terme de ce parcours, la réponse à la question « quelle est l'origine de l'Église catholique ? » peut se dire d'une phrase : l'Église vient du Christ, dans le dessein du Père, par la force de l'Esprit — non des hommes, non d'un empereur, non d'une réforme. Elle a été préparée dans Israël, instituée par Jésus qui a choisi les Douze et Pierre, elle est née de son côté ouvert sur la Croix, et elle s'est manifestée publiquement à la Pentecôte. Le nom « catholique », attesté vers 107-110, ne fait que nommer ce qu'elle est depuis le premier jour : plénière et universelle.

Cette origine n'est pas un simple point de départ que l'on pourrait ranger dans le passé. Elle engage le présent : parce que l'Église vient du Christ, elle reste liée à lui, à sa Parole et à ses Apôtres, qu'elle ne peut ni changer ni contredire. Connaître l'origine de l'Église, c'est comprendre pourquoi elle ne s'appartient pas — pourquoi, à travers ses faiblesses mêmes, elle demeure « une, sainte, catholique et apostolique », jusqu'au jour où, selon la promesse, elle sera « consommée dans la gloire »[51].

« L'Église avance dans son pèlerinage à travers les persécutions du monde et les consolations de Dieu. » — Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVIII, 51[52]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Catéchisme de l'Église catholique, § 758, Librairie Éditrice Vaticane / Mame-Plon, Paris, 1992. « Pour scruter le mystère de l'Église, il convient de méditer d'abord son origine dans le dessein de la Très Sainte Trinité et sa réalisation progressive dans l'histoire. »

    1 3
  2. Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen Gentium, 21 novembre 1964, § 2, citée par le Catéchisme de l'Église catholique, § 759. L'Église y est décrite comme « préfigurée dès l'origine du monde, préparée dans l'histoire d'Israël, instituée en ces temps qui sont les derniers, manifestée grâce à l'effusion de l'Esprit Saint et consommée dans la gloire ».

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  3. Catéchisme de l'Église catholique, § 763, op. cit. « L'Église est le Règne du Christ déjà mystérieusement présent » (cf. Lumen Gentium § 3).

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  4. Concile Vatican II, Lumen Gentium, § 5, cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 763. « Le Seigneur Jésus posa le commencement de son Église en prêchant l'heureuse nouvelle, l'avènement du Règne de Dieu promis dans les Écritures depuis des siècles. »

    5
  5. Catéchisme de l'Église catholique, § 766, op. cit. « L'Église est née principalement du don total du Christ pour notre salut, anticipé dans l'institution de l'Eucharistie et réalisé sur la Croix. »

    7 25
  6. Catéchisme de l'Église catholique, § 759, op. cit., citant Lumen Gentium § 2. Sur le dessein du Père et l'Église comme « famille de Dieu ».

    8
  7. Saint Clément d'Alexandrie, Le Pédagogue (Pædagogus), I, 6, vers 198 (GCS 12 ; Sources Chrétiennes 70), cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 760. Texte grec : « Ὡς γὰρ τὸ θέλημα αὐτοῦ ἔργον ἐστί, καὶ τοῦτο κόσμος ὀνομάζεται, οὕτω καὶ τὸ βούλημα αὐτοῦ ἀνθρώπων ἐστὶ σωτηρία, καὶ τοῦτο ἐκκλησία κέκληται » — « car de même que sa volonté est œuvre, et qu'elle s'appelle le monde, ainsi son dessein est le salut des hommes, et il s'appelle l'Église ».

    9
  8. Catéchisme de l'Église catholique, § 760, op. cit. La formule « Le monde fut créé en vue de l'Église » est attribuée à Hermas, Le Pasteur, vision 2, 4, 1 (cf. Aristide, Apologie 16, 6 ; Justin, Apologie II, 7).

    10
  9. Catéchisme de l'Église catholique, § 761, op. cit. « Le rassemblement de l'Église est pour ainsi dire la réaction de Dieu au chaos provoqué par le péché. »

    12
  10. Catéchisme de l'Église catholique, § 762, op. cit., sur la préparation lointaine (vocation d'Abraham, cf. Gn 12, 2 ; 15, 5-6) et immédiate (élection d'Israël, cf. Ex 19, 5-6 ; Dt 7, 6) du peuple de Dieu.

    13 14
  11. Livre de Jérémie 31, 31-34 (Bible de Jérusalem), annonce de l'alliance nouvelle ; cf. Is 55, 3 et Catéchisme de l'Église catholique, § 762.

    15
  12. Concile Vatican II, Lumen Gentium, § 9. « Cette Alliance Nouvelle, le Christ l'a instituée. » Cf. Catéchisme de l'Église catholique, § 762.

    16
  13. Catéchisme de l'Église catholique, § 765, op. cit. « Le Seigneur Jésus a doté sa communauté d'une structure qui demeurera jusqu'au plein achèvement du Royaume. Il y a avant tout le choix des Douze avec Pierre comme leur chef » (cf. Mc 3, 14-15 ; Mt 19, 28 ; Ap 21, 12-14).

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  14. Catéchisme de l'Église catholique, § 764, op. cit., citant Lumen Gentium § 5. Sur le « petit troupeau » (Lc 12, 32), germe et commencement du Royaume.

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  15. Évangile selon saint Matthieu 16, 18 (Bible de Jérusalem). Cf. Catéchisme de l'Église catholique, §§ 552-553 et 881, sur le rôle de Pierre comme roc de l'Église.

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  16. Concile Vatican II, constitution Sacrosanctum Concilium, 4 décembre 1963, § 5, cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 766. « C'est du côté du Christ endormi sur la Croix qu'est né l'admirable sacrement de l'Église tout entière. »

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  17. Saint Ambroise de Milan, Expositio Evangelii secundum Lucam (Traité sur l'Évangile de saint Luc), II, 85-89 (PL 15, 1583-1586 ; éd. critique CCL 14), passage référencé par le Catéchisme de l'Église catholique, § 766 (« cf. S. Ambroise, Luc. 2, 85-89 »). Le texte voit dans la côte tirée du côté du Christ endormi — d'où jaillissent le sang et l'eau — la vie de l'Église, dont Ève, mère de tous les vivants, est la figure.

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  18. Saint Paul, Épître aux Éphésiens 5, 25-27 (Bible de Jérusalem). « Le Christ a aimé l'Église et s'est livré pour elle, afin de la sanctifier. » Cf. Lumen Gentium § 6.

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  19. Catéchisme de l'Église catholique, § 767, op. cit., citant Lumen Gentium § 4 et Ad Gentes § 4. « Le jour de Pentecôte... l'Église se manifesta publiquement devant la multitude. »

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  20. Actes des Apôtres 2, 1-41 (Bible de Jérusalem), récit de la Pentecôte et des premiers baptêmes. Cf. Catéchisme de l'Église catholique, §§ 1287 et 2623.

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  21. Évangile selon saint Matthieu 28, 18-20 (Bible de Jérusalem), envoi missionnaire du Ressuscité et promesse de sa présence « jusqu'à la fin du monde ». Cf. Catéchisme de l'Église catholique, § 767.

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  22. Actes des Apôtres 11, 26 (Bible de Jérusalem). « C'est à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de chrétiens. »

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  23. Saint Ignace d'Antioche, Lettre aux Smyrniotes, VIII, 2, vers 107-110 (Sources Chrétiennes 10, éd. P.-Th. Camelot, Cerf). Première attestation dans la littérature chrétienne de l'expression « l'Église catholique ». Texte grec : « Ὅπου ἂν φανῇ ὁ ἐπίσκοπος, ἐκεῖ τὸ πλῆθος ἔστω, ὥσπερ ὅπου ἂν ᾖ Χριστὸς Ἰησοῦς, ἐκεῖ ἡ καθολικὴ ἐκκλησία » — « là où paraît l'évêque, là soit la multitude, de même que là où est le Christ Jésus, là est l'Église catholique ».

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  24. Catéchisme de l'Église catholique, § 830, op. cit. « Le mot catholique signifie universel dans le sens de selon la totalité ou selon l'intégralité... L'Église était, en ce sens fondamental, catholique au jour de la Pentecôte. » Cite S. Ignace d'Antioche, Smyrn. 8, 2.

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  25. Saint Pacien de Barcelone, Lettre I à Sympronien, 4, vers 375-390 (Sources Chrétiennes 410, éd. C. Granado, Cerf, 1995). Texte original latin : « Christianus mihi nomen est, catholicus vero cognomen. »

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  26. Catéchisme de l'Église catholique, § 831, op. cit., citant Lumen Gentium § 13. L'Église est catholique « parce qu'elle est envoyée en mission par le Christ à l'universalité du genre humain ».

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  27. Catéchisme de l'Église catholique, § 857, op. cit. L'Église est apostolique « parce qu'elle est fondée sur les apôtres », en un triple sens (fondement, dépôt de la foi, succession des évêques). Cf. Ep 2, 20 ; Ap 21, 14.

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  28. Saint Clément de Rome, Épître aux Corinthiens (1 Clément), 42 et 44, vers 95-96 (Sources Chrétiennes 167, éd. A. Jaubert, Cerf, 1971), cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 861. Les Apôtres « instituèrent des successeurs et disposèrent que, après leur mort, d'autres hommes éprouvés recueilleraient leur ministère ».

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  29. Catéchisme de l'Église catholique, § 816, op. cit., citant Lumen Gentium § 8. « Cette Église... est réalisée dans (subsistit in) l'Église catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques qui sont en communion avec lui. »

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  30. Saint Augustin, Contra epistolam Manichaei quam vocant Fundamenti (Contre la lettre de Mani dite du Fondement), V, 6, vers 396-397 (PL 42, 176). Texte original latin : « Ego vero Evangelio non crederem, nisi me catholicae Ecclesiae commoveret auctoritas. »

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  31. Saint Justin martyr, Première Apologie, 65-67, vers 155 (Sources Chrétiennes 507, éd. C. Munier, Cerf, 2006), description de l'assemblée eucharistique dominicale : liturgie de la Parole, prières, offrande du pain et du vin, communion.

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  32. Pline le Jeune, Lettres, X, 96 (lettre à l'empereur Trajan), vers 112 (Les Belles Lettres, coll. Budé). Le gouverneur de Bithynie décrit les chrétiens se réunissant « un jour fixé, avant le lever du soleil » pour chanter un hymne au Christ « comme à un dieu » (« carmenque Christo quasi deo dicere ») — témoignage païen d'une Église organisée un siècle avant Constantin.

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  33. Catéchisme de l'Église catholique, § 860, op. cit., citant Lumen Gentium § 20. « La mission divine confiée par Jésus aux apôtres est destinée à durer jusqu'à la fin des siècles. »

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  34. Catéchisme de l'Église catholique, § 769, op. cit., citant Lumen Gentium §§ 48 et 8. « L'Église n'aura sa consommation que dans la gloire céleste, lors du retour glorieux du Christ. »

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  35. Saint Augustin, La Cité de Dieu (De civitate Dei), XVIII, 51, entre 413 et 426 (Bibliothèque augustinienne 36), cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 769. « L'Église avance dans son pèlerinage à travers les persécutions du monde et les consolations de Dieu. »

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